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00:007h45, c'est l'invité d'ici matin, Simon, c'est donc le préfet des Pyrénées-Orientales.
00:05Bonjour Pierre-Régnot de Lamotte.
00:06Bonjour.
00:06Avec vous, on va évidemment parler des leçons à tirer après les terribles incendies de cet été dans les Pyrénées
00:11-Orientales.
00:11Il y a eu beaucoup de réunions ces dernières semaines autour des ceintures de protection que vous voulez mettre en
00:15place
00:15autour des communes les plus souvent touchées.
00:17Mais d'abord, le plan d'aide du gouvernement pour les agriculteurs.
00:20Un milliard d'euros annoncés la semaine dernière.
00:23Lundi, dans ce studio, le président de la FDSEA 66, le principal syndicat agricole,
00:28Bruno Villa a expliqué que les agriculteurs des PO ne pourraient pas toucher ces aides
00:32ou alors seulement des miettes parce qu'il y a des critères trop restrictifs.
00:35On n'a pas assez touché, disait-il, par les canicules et les incendies cet été chez nous.
00:40Qu'est-ce que vous pouvez lui répondre ?
00:42Effectivement, il n'y aura que des miettes pour les agriculteurs catalans ?
00:44Non, il y aura un vrai plan.
00:46Comme vous l'avez dit, c'est un plan à l'échelle nationale qui fait un milliard d'euros.
00:50Il n'y a aucun autre secteur économique pour lequel, évidemment, on met en place un plan pareil.
00:54Et d'ailleurs, il n'y a aucun autre pays d'Europe qui a mis en place un tel plan
00:58d'aide pour ces agriculteurs.
01:00Donc, il fait un milliard d'euros.
01:02Il y a plein d'éléments dans ce plan.
01:05C'est vrai que les agriculteurs, quand ils font des remarques critiques comme ça sur une mesure d'aide,
01:10il faut les écouter.
01:11En général, ce sont des gens avisés et pragmatiques.
01:14Donc, c'est vrai que sur certains aspects, il y a des débats sur des critères ou des conditions.
01:18On les traite et on traite ça aussi au niveau national.
01:21Combien pour les Pyrénées-Orientales ?
01:22Vous savez, dans ce plan, il y a ce qu'on appelle un fonds de réarmement agricole
01:26qui est un plan d'aide à la trésorerie des exploitations qui ont le plus souffert.
01:30Au niveau national, dans ce fonds de réarmement agricole, il y a 235 millions d'euros.
01:35Dans les Pyrénées-Orientales, sur ces 235 millions, on aura 3,8 millions.
01:40Et ça va se répartir de la manière suivante.
01:42Sur ces 3,8 millions d'euros, il y en a 2,7 millions qui iront pour les exploitants agricoles
01:48qui ont été impactés par le feu de Tréviac.
01:51Ça, j'y tenais beaucoup.
01:52Et je remercie à la fois notre préfet de région et la ministre de l'Agriculture
01:56qui ont entendu nos messages sur l'importance d'aider les exploitants qui ont subi le feu de Tréviac.
02:02Donc, 2,7 pour eux.
02:03Et puis, 1,1 million qui permettra d'aider les autres exploitants agricoles
02:08qui ont pu souffrir des chaleurs importantes, de la sécheresse.
02:112,7 millions pour les agriculteurs touchés par le feu de Tréviac.
02:14La FDSEA chiffre les dégâts à 30 millions d'euros.
02:17Il faudrait 10 fois plus.
02:18C'est vrai qu'il y aura de toute façon toujours un décalage
02:22entre l'importance des pertes et ce que l'État pourra aider.
02:26Mais ce fonds, il va se cumuler aussi avec d'autres aides.
02:30Il y a les systèmes d'indemnisation de solidarité nationale.
02:34Il va y avoir des dégrèvements de taxes foncières.
02:36On va avoir, avec nos interlocuteurs des syndicats agricoles,
02:41on va avoir dans les prochaines semaines à discuter du taux
02:44et des modalités de dégrèvement de taxes foncières.
02:46Donc, en fait, ce fonds, il va quand même s'ajouter à d'autres dispositifs.
02:49C'est vrai qu'à la fin, je ne pourrais jamais prétendre
02:53que l'État a compensé à l'euro près toutes les pertes
02:56parce qu'en fait, ça n'arrive jamais.
02:58Et dans l'état actuel des finances publiques, je ne suis pas sûr que ce soit possible.
03:02Mais ça veut dire que certains agriculteurs, peut-être, ne se relèveront pas malgré les aides.
03:05Si, nous allons tout faire pour qu'ils puissent se relever.
03:07Alors, pour ça, nous allons d'abord faire preuve de réactivité.
03:12Donc, il y a, je pense, beaucoup d'agriculteurs qui sont peut-être en train de se demander
03:16s'ils vont poursuivre leur activité.
03:18Peut-être certains se disent qu'ils sont étranglés par les charges au moment où nous nous parlons.
03:23Donc, évidemment, nous allons faire en sorte que ces aides soient distribuées,
03:27versées le plus vite possible.
03:29Et aucun agriculteur ne mettra la clé sous la porte après le feu de Treviac ?
03:31Je ne peux pas prendre un engagement pareil, je ne suis pas devin.
03:37Mais en tout cas, nous ferons tout pour l'éviter.
03:40Nous allons donner les aides très vite.
03:42Moi, je voudrais que dès le 1er octobre, on ait versé les premières aides,
03:44qu'on soit équitable.
03:46C'est-à-dire que dans la distribution des aides,
03:48il n'y ait pas d'inéquité entre filières, entre agriculteurs.
03:521er octobre, donc la date.
03:54Il y a des éleveurs aussi qui sont très inquiets pour les fourrages,
03:56après les sécheresses, les canicules de cet été.
03:59Qu'est-ce que vous pouvez leur dire ?
04:00Est-ce qu'eux aussi vont bénéficier de ces aides ?
04:02Alors, effectivement, d'ailleurs, j'irai cet après-midi voir un éleveur dans le conflant.
04:10Et sur les aides, il y a à la fois des systèmes d'indemnité,
04:13de solidarité nationale pour l'élevage.
04:16Là, il y a des sujets sur les critères et sur la manière dont on évalue la pousse de l
04:21'herbe.
04:21Donc, un sujet qu'on est en train de traiter avec le ministère de l'Agriculture.
04:25Mais il y aura bien des aides.
04:26Et évidemment, le fonds de réarmement agricole, il aura aussi vocation à aider les éleveurs.
04:31J'ajoute que nous allons aussi travailler sur le fait d'aider les éleveurs
04:36qui le souhaitent à pouvoir mieux organiser des retenues d'abreuvement,
04:41parce qu'il y a aussi des problèmes d'eau.
04:42Et moi, je suis partisan des solutions les plus pragmatiques
04:45pour organiser l'accès à l'eau pour les éleveurs.
04:487h50, notre invité ce matin, c'est Pierre Régneux de Lamotte,
04:51le préfet des Pyrénées-Orientales.
04:52Pour éviter les dégâts en cas de gros incendies comme celui de Tréviac,
04:56l'idée, c'est aussi de réaliser des ceintures de protection autour des communes.
04:59Alors déjà, ce serait quoi dans votre esprit une ceinture de protection ?
05:02Alors, on a réfléchi au concept avec tous nos partenaires, départements, agriculteurs, communes,
05:08communautés de communes, élus, etc.
05:11Notre idée, c'est de dire qu'autour des villages les plus exposés au feu,
05:16notamment dans les couloirs historiques de feu,
05:17on organiserait l'espace dans la mesure du possible,
05:21avec toutes les contraintes bien sûr, il faut la maîtrise foncière, etc.
05:23Mais autour de cercles concentriques,
05:25un premier cercle qui serait assuré par la réalisation des obligations de débroussaillement,
05:30un deuxième cercle qui serait assuré par la présence de vignes,
05:34ou de chênes lièges, ou d'activités agricoles qui servent de coupe-feu.
05:38Ça veut dire que vous voulez replanter certaines cultures ?
05:41Je pense qu'il faut qu'on se pose sérieusement cette question,
05:44et qu'il faut travailler sur le réinvestissement de l'espace.
05:48Qui paye alors quand on replante des vignes,
05:50quand on veut faire venir aussi peut-être des bergers avec leurs troupeaux,
05:54pour débroussailler une parcelle ?
05:56C'est une très bonne question.
05:57Moi d'abord, j'observe qu'il y a plein de projets,
05:59sans même que j'ai eu besoin de les susciter,
06:01qui sont imaginés par les élus, par les acteurs du territoire, dans cette logique-là.
06:06J'étais par exemple hier dans une commune,
06:10où le maire disait « je veux implanter une bergerie communale ».
06:15Quelle commune ?
06:16Ça c'était à Urbania.
06:19Et le maire me disait « je veux implanter une bergerie communale »
06:28pour implanter de l'élevage,
06:29et ça contribue à réduire la densité de la végétation, à éviter les feux.
06:34Donc le maire a son projet, j'imagine qu'il va définir un plan de financement.
06:37Moi à ce moment-là, évidemment que je vais aider ce projet,
06:40avec les dotations d'investissement que j'ai,
06:42la dotation d'équipements des territoires ruraux, le fonds vert.
06:45Et après, il faudra que tout le monde s'y mette.
06:47Il y a un autre système de financement,
06:50qu'on appelle, vous savez, les paiements pour services environnementaux.
06:53C'est-à-dire qu'on a une logique dans laquelle on dit que l'agriculture,
06:56ça n'est pas seulement un secteur économique qui cherche sa rentabilité.
07:00L'agriculture, c'est aussi une activité qui rend un service au territoire
07:04et qui mérite d'être rémunérée pour ça.
07:05Alors, les paiements pour services environnementaux,
07:08ça peut soit être des financements publics,
07:11soit on peut même aller chercher des financements privés.
07:13Et moi, je pense qu'il faut qu'on réfléchisse à la manière dont on va chercher les entreprises.
07:18Est-ce qu'on n'est pas un petit peu schizophrène,
07:20dans le sens où il y a des plans d'arrachage aussi de vignes,
07:23pour des fois aider des vignerons dont le vin ne se vend plus ?
07:26Et en même temps, vous nous dites ce matin, on va replanter des vignes.
07:28C'est vrai que c'est un paradoxe.
07:30Mais je pense qu'il faut assumer ce paradoxe.
07:33Ça a à la fois du sens quand un agriculteur n'y arrive plus
07:40de lui donner l'aide nécessaire pour qu'il puisse tourner la page.
07:44Il pourrait avoir ces services environnementaux,
07:45vous pourriez en bénéficier de ces services environnementaux ?
07:48Un agriculteur qui a des vignes dans un secteur stratégique ?
07:50Tout à fait, tout à fait.
07:51Et c'est ça qu'il faut qu'on travaille dans les mois qui viennent.
07:54De quel montant on parle là ? L'hectare ? Ça serait combien ?
07:56C'est trop tôt pour vous le dire.
07:59Mais en tout cas, il y a beaucoup de solutions à rechercher.
08:02C'est évidemment beaucoup plus difficile à faire qu'à dire.
08:04Ça, je le reconnais bien volontiers.
08:06Mais vous sentez qu'il y a une prise de conscience ?
08:08Il y a 101 communes qui se sont déclarées intéressées par ces ceintures de protection.
08:11Exactement.
08:12Vous avez retenu 46.
08:13Vous sentez qu'il y a un très-viac à marquer les esprits ?
08:16J'ai été très frappé par la prise de conscience des acteurs de terrain.
08:20Vous avez raison.
08:20Sur 226 communes du département, il y en a 101, c'est énorme,
08:23qui se sont manifestées pour faire des ceintures de protection.
08:26Je sens aussi la prise de conscience chez les décideurs,
08:29qu'ils soient nationaux, régionaux, locaux.
08:31Par exemple, vous savez que le grand patron national de la Banque des Territoires
08:36est venu dans les PO en juillet.
08:38Initialement, il venait pour parler du Club Med.
08:42Au Barcares.
08:42Au Barcares.
08:43Il est venu, et je lui avais parlé avant qu'il vienne du problème des feux.
08:48Il est venu, il a annoncé ici une enveloppe de 100 millions d'euros de prêts bonifiés,
08:52plus 5 millions de subventions pour les projets de prévention des feux.
08:55Donc je pense que tout le monde est en train de prendre conscience.
08:57Je pense qu'on va forcément dédier des ressources à ce sujet.
09:01Et il faut qu'on s'en saisisse et qu'on organise des projets.
09:05Rapidement.
09:05Et j'aimerais que, dès l'été prochain,
09:08on puisse commencer à voir que notre territoire est mieux préparé que cet été.
09:13Un mot aussi sur les questions des retenues d'eau,
09:15parce que c'est aussi un point clé dans la lutte pour les incendies.
09:18Évidemment, ça peut servir de réservoir pour les pompiers.
09:20Puis aussi, évidemment, ça érigue les cultures qui peuvent faire office de pare-feu.
09:23Vous avez annoncé que pour la retenue d'eau des Aspres,
09:25celle de Sainte-Colombe de la Commanderie,
09:27les choses allaient s'accélérer.
09:29Signature prévue dès le début de l'année prochaine.
09:31Est-ce que d'autres retenues d'eau sont prévues dans le département ?
09:35Est-ce que les choses vont s'accélérer d'une façon générale pour les retenues d'eau chez nous ?
09:38Alors, les retenues d'eau font partie des solutions.
09:41Oui, en janvier, je souhaite autoriser le projet d'irrigation des Aspres.
09:46Qui est un projet vieux de plus de 15 ans.
09:48Exactement.
09:49Il y a d'autres projets dans le département.
09:52Il y en a un, par exemple, à Ville-Longue-d'Elmont, dans la vallée du Tech,
09:57sur lequel il faudra aussi qu'on avance.
09:58Et puis, plus largement, je voudrais qu'on avance sur des projets de petite retenue.
10:03Ce que je ne veux pas, c'est qu'on crée des polémiques stériles sur des méga-projets qui n
10:10'ont pas forcément lieu.
10:11Par contre, à mon avis, il y aurait un intérêt à développer des petits projets,
10:18des petits stockages pour les agriculteurs et les agriculteurs.
10:20Merci beaucoup, Pierre Regnaud-Lamotte, le préfet des Pyrénées-Orientales.
10:23Bonne journée à vous.
10:24Vous étiez l'invité d'ici matin.
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