00:00Il est 7h44, des policiers azuréens montent à Paris aujourd'hui pour manifester à l'appel du syndicat Alliance.
00:06Aujourd'hui, d'autres se rassemblent devant les commissariats de Nice, Cannes ou Antibes à midi à l'appel du
00:13syndicat Unité.
00:14Mais tous ont le même combat, celui d'obtenir plus de moyens et d'effectifs.
00:18Notre invité ce matin justement est le délégué départemental du syndicat de police Unité.
00:22Bonjour Ali Belladj.
00:24Bonjour.
00:24Combien de policiers supplémentaires faudrait-il selon vous dans les Alpes-Maritimes ?
00:28On a fait un calcul et on pense qu'il faudrait au bas mot 300 collègues sur le département.
00:35Pourtant, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, estime que la situation dans les Alpes-Maritimes ne nécessite pas d
00:39'effectifs supplémentaires.
00:41Vous répondez quoi à ça ?
00:42Alors nous, on invite effectivement le ministre à venir, à faire le tour des différents services.
00:49Aujourd'hui, on a des filières qui sont en souffrance.
00:52Je pense notamment à la filière investigation, où les dossiers se cumulent, se cumulent, se cumulent.
00:57Les collègues ont des vraies difficultés, malgré toute la bonne volonté qu'ils y mettent pour pouvoir absorber tous ces
01:04dossiers-là.
01:05Sur l'AVP, sur la voie publique, pardon, c'est la même chose.
01:08En PAF, c'est également, en police aux frontières, c'est également la même chose.
01:12Sur la lutte contre le trafic de drogue ?
01:13Tout à fait, pour la lutte contre le narcotrafic, l'immigration illégale, puisqu'on est quand même sur les Alpes
01:22-Maritimes.
01:22Vous avez le sentiment de ne pas être entendu ?
01:25Alors, clairement, oui.
01:27Et c'est notamment aujourd'hui, finalement, la raison qui fait que nos collègues manifestent, se rassemblent,
01:34notamment sur les Alpes-Maritimes, devant les trois principaux centres, donc Antibes, Cannes et Nice-Casernovar,
01:40ils ont vraiment ce sentiment de n'être pas reconnus à hauteur des contraintes de leur métier.
01:47Il y a un vrai sentiment d'injustice qui s'est installé, et la goutte d'eau qui a fait,
01:52effectivement, déborder le vase,
01:53c'est cette réforme du corps de conception et de direction, à savoir au niveau des commissaires, avec des augmentations.
01:59Et ça, c'est l'augmentation de salaire des commissaires. Pourquoi ? Parce qu'il ne fallait pas augmenter les
02:02commissaires, selon vous ?
02:03Pas du tout. En fait, si vous voulez, nous, ce n'est pas le fait qu'eux aient été revalorisés,
02:08c'est le fait que d'autres aient été oubliés.
02:10D'autres, c'est qui ? C'est le cœur du réacteur. C'est la base, c'est le socle.
02:13Les gardiens de la paix, les brigadiens-chefs, les majors, nos collègues du personnel administratif, technique et scientifique,
02:21voilà, tout ce socle-là, qui fait que la police fonctionne 24h sur 24, 7 jours sur 7,
02:25ils ont eu ce sentiment-là, à juste titre, d'avoir été oubliés.
02:28On nous oppose des arguments budgétaires pour ne pas conduire nos revendications jusqu'au bout.
02:36Par contre, en parallèle, certains corps sont augmentés.
02:39Et donc, c'est là où le bas blesse et ça génère un vrai sentiment d'injustice.
02:42Ce que vous voulez, c'est une revalorisation de la prime voie publique pour les policiers qui sont sur le
02:48terrain.
02:48Je simplifie volontairement.
02:50Une généralisation du versement de la prime investigation.
02:53Mais en ce moment, on commence à parler de budget 2027, de 30 milliards d'euros d'économie qu'il
02:58faudrait faire.
02:59Est-ce que vous y croyez encore à vos 300 policiers supplémentaires ?
03:03Alors, on y croit et on a raison d'y croire parce que sinon, j'imagine qu'on ferait autre
03:07chose.
03:08Vous n'avez pas l'impression de parler dans le vide ?
03:10Non. Le combat, il faut continuer à le mener.
03:14Nos collègues comptent sur nous.
03:16On compte, nous, sur nos collègues aussi.
03:18Et puis, surtout, on est quand même sur un métier, sur une activité.
03:26C'est un service public pour le bien de notre population.
03:28Je veux dire, donc, on ne peut pas abandonner ou donner l'impression d'abandonner finalement nos concitoyens.
03:33Après, effectivement, on peut entendre qu'il y ait des problématiques et des économies à faire.
03:41Mais encore une fois, là où le bas blesse, c'est que pour certains, l'argent a été trouvé.
03:46Et pour d'autres, ils ont été laissés sur le bas-côté.
03:49Donc, c'est là où on ne comprend pas et c'est ce qu'on dénonce finalement.
03:52Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un écart entre le discours et la réalité ?
03:57Je vais prendre un exemple.
03:58Il ne se passe pas une semaine sans que des élus locaux ou nationaux ne remercient la police
04:03pour telle affaire sur le terrain ou telle enquête menée.
04:07Et au final, quand il s'agit de monter au créneau, il n'y a plus personne pour obtenir des
04:12moyens.
04:12Alors, je ne rentrerai pas finalement dans cette logique politique.
04:17Nous, ce qu'on regarde finalement, c'est qu'effectivement, comme vous l'avez souligné,
04:21le métier est de plus en plus difficile et de plus en plus contraignant.
04:24Les affaires, elles sortent, comme vous venez de le souligner, quasiment quotidiennement.
04:28Mais en parallèle, et la transition, elle est toute trouvée,
04:32l'ISSP, qui est une indemnité qui vient reconnaître la difficulté de notre métier,
04:37elle n'a pas augmenté depuis des années et des années.
04:39Or, notre difficulté, notre métier, lui, en tout cas les contraintes, les difficultés,
04:45tous les jours, elles augmentent depuis des années.
04:47Par contre, l'ISSP, encore une fois, cette indemnité-là, elle n'a pas bougé.
04:50Donc, vraiment, notre reconnaissance-là, elle passe aussi par cette revalorisation salariale.
04:54Et c'est, encore une fois, l'objet des manifestations et des rassemblements d'aujourd'hui.
05:00De meilleurs salaires et plus d'effectifs, c'est ce que vous demandez aujourd'hui.
05:04Ali Belladj, délégué départemental du syndicat de police unité,
05:08avec trois rassemblements entre midi et deux, devant les commissariats de Nice, Cannes et Antibes.
05:13Bonne journée.
05:13Exactement. Merci à vous.
05:14Merci.
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