00:007h44, votre invité ce matin Simon, il est policier et il compte manifester demain au Pertus.
00:06Bonjour Mickaël Cotteret, vous êtes le secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité
00:10et demain, le mot d'ordre, ce sont donc les salaires.
00:14C'est ça, c'est exactement ça, donc on a décidé de se rassembler au village du Pertus
00:18pour montrer notre mécontentement suite aux décisions prises du ministre le 4 septembre
00:24qui nous laissait très clairement entendre qu'on n'aurait rien pour le corps d'application
00:28et d'encadrement de l'application.
00:31Et ce qui vous agace particulièrement, c'est que les directeurs et les commissaires de police,
00:35eux, vont voir leur grille de salaire nettement augmentée.
00:38Alors oui, ça part de là, c'est-à-dire qu'on nous dit à nous qu'il n'y
00:41aurait pas d'argent depuis deux ans
00:44et au final, on s'aperçoit qu'au niveau de la grille des commissaires,
00:48on est en train de mettre un échelon sommital, c'est-à-dire le dernier échelon du premier grade des
00:53commissaires
00:54à une hauteur de 1350 euros par mois de plus.
00:58Voilà, ce qui correspond à peu près à un petit SMIC.
01:01Donc bien sûr, ça ne touchera pas la totalité des commissaires, certains n'en bénéficieront pas,
01:07mais quand nous, on a demandé une revalorisation de notre grille indiciaire concernant les gardiens,
01:13on nous a donné 50 points à 5 euros le point.
01:17Donc ce qui fait 250 euros.
01:19Voilà.
01:20Demain, une manifestation est donc prévue au Pertus dans le département.
01:23Vous appelez aussi, vous, le syndicat Unité, à n'intervenir à partir de demain que pour les interventions urgentes.
01:29Ça veut dire quoi ? Comment on fait le distinguo entre une intervention urgente et une intervention qui l'est
01:33moins ?
01:34Alors, on n'appelle pas demain.
01:36C'est-à-dire que ça fait déjà à peu près une bonne douzaine de jours où on a demandé
01:39le zéro initiative.
01:40C'est ça le terme.
01:41Le zéro initiative.
01:42C'est-à-dire que nous intervenons sans un appel 17, une urgence, on y va, on ne cherche pas
01:46à savoir plus urgent, moins urgent, on y va.
01:48Mais tout ce qui est initiative d'entre part, un contrôle d'initiative, de la verbalisation d'initiative, tout ça,
01:54on demande de stopper tout ça.
01:55Pour faire comprendre ce rapport de force que l'administration est en train de nous mettre,
01:59nous, à Unité, on a décidé de répondre dans ce sens.
02:02Mais concrètement, si je fais le 17, Police Secours me répond toujours et va intervenir en principe comme avant.
02:06Si les opérateurs ont décidé qu'il y avait un caractère d'urgence, vous aurez un véhicule, il n'y
02:10a aucun souci là-dessus.
02:12On parle de l'initiative.
02:13Concrètement, cette mobilisation-là, il y a votre syndicat Unité, il y a le syndicat Alliance aussi qui appelle,
02:17on sent une grogne de l'ensemble des policiers.
02:21Est-ce que ça veut dire que les policiers ne sont plus les chouchous du gouvernement ?
02:23On entend parfois que pour être entendu ces dernières années, il faut être soit agriculteur, soit policier.
02:28Ce n'est pas le cas, ce n'est plus le cas, vous n'êtes plus les chouchous du gouvernement
02:31?
02:33Chouchous, c'est un mot que vous employez.
02:35Je pense que, non, je ne pense pas que la police nationale ait chouchouté.
02:39On sait très bien que le gouvernement, l'État a besoin de la police justement sur ce que vous venez
02:43de citer,
02:43les manifestations, à toujours nous mettre devant, même si intérieurement, nous avons nos idées,
02:47des fois nous sommes en phase avec les revendications des gens.
02:50Mais bon, c'est notre métier de se retrouver là pour sécuriser le pays.
02:54Mais non, je ne pense pas que nous sommes les chouchous.
02:55Je pense qu'aujourd'hui, on essaie de nous attendrir par moments, à certains moments,
03:02certaines périodes de l'année, quand on sait que le mouvement social est important.
03:06Mais on n'est pas du tout les chouchous.
03:08Et encore moins, je vous dis, tout ce qui reste au niveau du socle de la police nationale,
03:12c'est-à-dire nos gens administratifs, nos gens techniques, nos scientifiques, nos policiers adjoints,
03:18les jeunes contractuels, nos policiers que vous voyez, les gardiens de la paix, etc.
03:25Tout ce socle-là, c'est eux qui font tourner un commissariat 24-24.
03:30Et on n'est pas reconnu à sa juste valeur.
03:35C'est-à-dire que si on a l'argent...
03:36Quand même, quand même, quelques chiffres.
03:38Le budget du ministère de l'Intérieur en 2017, 18 milliards d'euros.
03:41Pour cette année, 34 milliards d'euros.
03:44Il n'y a pas beaucoup de ministères qui ont connu des augmentations de budget aussi significatives.
03:48Sauf que nous, on a un ministère où on part, comme vous disiez, de très très loin.
03:53C'est-à-dire qu'au niveau matériel, au niveau équipement,
03:55on prend juste chez nous, dans les Pyrénées-Orientales.
03:59On a eu, oui, normalement, le nouveau commissariat, la cité policière.
04:05C'est prévu dans cinq ans à Perpignan.
04:08On peut dire six.
04:10Connaissant les marchés, les ceci, les cela.
04:12Donc, ça va encore traîner.
04:13Pendant ce temps-là, on pousse les murs pour mettre les collègues.
04:16Alors, on a des renforts, mais quand même on a des renforts, on ne sait pas où les mettre.
04:20Les véhicules, c'est une catastrophe.
04:22L'informatique, c'est une catastrophe.
04:23Parce qu'il y a eu un plan, justement, pour les véhicules, pour le matériel.
04:26Vous n'envoyez toujours pas les fruits ?
04:27Mais, sur le plan national, on va vous envoyer, sur le département ici,
04:31on va vous envoyer trois ou quatre belles voitures, c'est tout.
04:34Parce que c'est un plan national.
04:36Donc, il faut dispatcher sur tous les départements.
04:39Dans les Pyrénées-Orientales, justement, la police, en termes d'effectifs, c'est 860 personnes.
04:42On a tout confondu, des patrons scientifiques, administratifs,
04:46et puis, évidemment, les policiers lambda sur le terrain.
04:49Il faudrait combien de personnel, selon vous ?
04:53Je pense qu'on peut encore avoir une bonne centaine de policiers, on n'aurait pas à rougir.
04:58Maintenant, on n'aura pas les moyens bâtimentaires.
05:03Mais, sans policiers, en plus, on n'a pas à rougir.
05:05L'activité est énorme.
05:07On a de plus en plus de refus.
05:08Vous avez déjà entendu sur vos radios, on a encore eu un hier, en trottinette.
05:12Où ça ?
05:13Sur Perpignan.
05:14Il a foncé délibérément sur le collègue, avec des trottinettes débridées.
05:18Et votre collègue, il est blessé ?
05:20Oui, il est blessé à l'avant-bras, mais bon, plus de peur que de mal.
05:24Mais, parfois, les refus d'obtempérer, ce n'est pas seulement des trottinettes,
05:26c'est des voitures, il y a des blessés beaucoup plus graves.
05:28Il y a trois semaines, un mois, il y a eu des voitures.
05:30Avec des condamnations à la clé, d'ailleurs, on en avait parlé.
05:32Voilà, c'est ça.
05:33Donc, non, non, l'activité, elle est là.
05:34Perpignan, ça bouge, il y a du travail.
05:37Mais, bon, il faut prendre les choses dans l'ordre.
05:40Et je pense que notre ministère n'a jamais pris les choses dans l'ordre.
05:42Il ne fait que réagir, il n'anticipe rien du tout.
05:44D'ici un mois, sur les réseaux sociaux, on voit que certains appellent
05:48à une nouvelle mobilisation de gilets jaunes face à la hausse des prix des carburants.
05:52C'est le bon moment, ça, pour vous mobiliser ?
05:54Vous pensez que c'est peut-être un contexte propice pour avoir l'oreille du gouvernement
05:57qui aura peut-être besoin de vous, comme en 2019 ?
05:59Ils auront forcément besoin de nous, puisqu'à un moment donné,
06:02on nous demandera de sécuriser certains quartiers, certains endroits,
06:04certains passages, certains...
06:07Voilà, donc ils auront besoin de nous, ça, c'est sûr.
06:09Mais est-ce qu'on sera chouchoutés ?
06:11Je ne pense pas, puisque le ministre a très clairement dit
06:14qu'il n'y aura rien pour nous.
06:17On en reste à la loi d'orientation de programmation de 2022, la LOPMI,
06:21et voilà, on n'a plus rien.
06:23Merci beaucoup.
06:24Demain, donc, rassemblement pour votre syndicat Unité,
06:26ça se passe au Pertus, à partir de 11h.
06:29Le syndicat Alliance lui appelle à manifester à Paris.
06:32Mickaël Cotteret, vous êtes le secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité.
06:35Merci beaucoup d'être venu.
06:36Vous voulez rajouter quelque chose très rapidement ?
06:38Alors, à tous ceux qui nous écoutent,
06:39on leur demande de venir au village du Pertus,
06:42demain, entre 11h et 13h,
06:44pour faire entendre sa colère,
06:46et il y aura un jet de menottes symboliques.
06:51Demain, au Pertus.
06:52Merci beaucoup.
06:53Merci.
06:53Bonne journée.
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