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Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, assure que la France est prête à faire face aux tentatives d'ingérence étrangère, qui pourraient notamment venir de la Russie. Il condamne le retour de Xenia Fedorova dans les médias Bolloré malgré son expulsion de France.

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Transcription
00:00Grand entretien ce matin consacré à l'actualité internationale en présence du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.
00:06Bonjour Jean-Noël Barraud.
00:07Bonjour.
00:07Beaucoup de questions à vous poser ce matin.
00:09Nos auditeurs et auditrices ont également la possibilité de vous interroger en appelant le standard 01 45 24 7000 ou
00:15en passant par l'application Radio France.
00:18L'actualité internationale, on vient d'en parler, c'est d'abord l'Europe.
00:21Début août, deux drones chargés d'explosifs ont été retrouvés à l'aéroport de Leipzig en Allemagne.
00:25Cette semaine après un mois d'enquête, Berlin a donc officiellement attribué cette opération à Moscou.
00:30Kaya Kalas, la chef de la diplomatie de l'Union Européenne, parle d'un acte de terrorisme soutenu par un
00:36État.
00:36On vous entend, vous monsieur le ministre, souvent utiliser l'expression d'attaque hybride, Emmanuel Macron aussi.
00:42Il a parlé également d'ingérence s'agissant de Leipzig.
00:45Est-ce que vous ne diluez pas un peu les choses ? Est-ce qu'on n'est pas face
00:48là à un acte de guerre tout simplement ?
00:50On est dans la continuité de ce que Vladimir Poutine a fait depuis le début de cette guerre d'agression
00:58en Ukraine.
00:59C'est-à-dire des agressions de diverses natures qui vont des campagnes d'information, aux cyberattaques,
01:07à des actes très graves de sabotage comme ce qui s'est passé dans cet aéroport à Leipzig en Allemagne.
01:12Et qui ont pour objectif de nous diviser entre Européens, d'affaiblir en Europe le soutien à l'Ukraine
01:20pour pouvoir continuer à mener ce projet impérialiste et colonial.
01:25Mais c'est un échec puisque vous l'avez vu, depuis le début de cette guerre d'agression,
01:29l'unité des Européens s'est renforcée et le soutien à l'Ukraine également.
01:33Mais tout de même Jean-Noël Barros n'est pas de la même nature que d'affronter une cyberattaque d
01:39'un côté
01:39et ce qui s'est passé à l'aéroport de Leipzig où du matériel militaire a été utilisé.
01:46Est-ce que là encore la réponse de la France, la réponse de l'Europe n'est pas un peu
01:52faible justement
01:53face à ce type d'attaques qui montent en gamme et en puissance surtout, en intensité ?
01:58Vous savez, des incursions de drones, d'avions de chasse ou même de missiles sur le territoire de l'Union
02:07Européenne
02:07ou de territoire de l'OTAN, ça n'est pas tout à fait nouveau puisqu'on l'a déjà vu
02:14par le passé.
02:15Et à chaque fois, et c'est ce qui est le plus important, à chaque fois la réaction des Européens
02:19a été très ferme et unanime.
02:21Et s'agissant de l'attribution par l'Allemagne, c'est-à-dire de la publication des résultats de l
02:28'enquête menée par l'Allemagne
02:29attribuant à la Russie cette attaque de l'aéroport de Leipzig, vous avez vu partout en Europe des réactions très
02:35fermes,
02:36des convocations des ambassadeurs et des chargés d'affaires et un soutien aux mesures qui ont été prises par l
02:41'Allemagne
02:42en représailles à cet acte inacceptable.
02:44Le 26 août, devant le MEDEF, la patronne de la DGSI, les services secrets français, Céline Berton,
02:51a dit qu'il fallait considérer comme possible des actions hostiles plus directes et plus violentes sur le territoire national
02:57français cette fois-ci.
02:59Là aussi, comment la France se prépare-t-elle à ce type d'attaque ?
03:03Elle se prépare, la France, à parer et à riposter à toute agression dont elle serait la cible.
03:09De quelle façon ?
03:10Eh bien, avec des nouveaux textes juridiques, des lois qui ont été votées pour renforcer notre arsenal juridique
03:16contre les ingérences étrangères, contre les cyberattaques, etc.
03:20Mais aussi avec de nouveaux instruments, de nouvelles équipes au sein de l'État
03:23qui s'assurent de pouvoir détecter en amont et de pouvoir traiter ce genre d'incident.
03:28Et puis des méthodes nouvelles parce que la menace évolue.
03:32Je veux vous rappeler que nous avons accueilli en 2024 un événement majeur qui est les Jeux Olympiques,
03:40qui était la cible de très nombreuses attaques, pas uniquement en provenance de la Russie,
03:45que nous avons réussi à parer parce que nous nous en étions donné les moyens.
03:50Sur ces sujets, la France est en avance.
03:52Bien sûr, il faut en permanence faire mieux et aller plus loin parce que la menace évolue.
03:57Vous parliez tout à l'heure des réactions des Européens face à cet acte qu'il y a eu à
04:03l'aéroport de Leipzig.
04:04Vous disiez que la France allait avoir des actes aussi pour condamner ça.
04:09Mais en Allemagne, on a vu le doublement des effectifs de l'unité fédérale anti-drones.
04:12En Lituanie, des armées autour des terminaux gaziers et pétroliers être installées.
04:16En Lettonie, protection du grand barrage aussi près de Riga qui est une réserve de gaz.
04:21Les exemples se multiplient.
04:22En France, vous avez appelé l'ambassadeur de Russie.
04:26Et après, quelles sont les conséquences de ça ?
04:28Non, il ne faut pas tout mélanger.
04:30Nous avons convoqué le chargé d'affaires, c'est-à-dire le bras droit de l'ambassadeur de Russie en
04:35France,
04:36pour exprimer notre vive protestation contre cet acte d'agression contre l'Allemagne,
04:41mais en réalité contre nous.
04:42Parce que chaque fois qu'un pays européen, qu'un pays de l'Union européenne est ainsi attaqué,
04:47c'est au fond l'Union européenne qui est attaquée.
04:49Parce que ce que déteste la Russie, j'entendais la chronique tout à l'heure sur l'Allemagne,
04:53c'est ces liens de solidarité que nous avons entre nous et qui font que nous sommes si forts
04:57et que nous avons la capacité à nous défendre.
05:01Ensuite, les pays du flanc est, du flanc oriental de l'Union européenne,
05:06prennent un certain nombre de dispositions et de protections,
05:08et nous les y aidons.
05:10Nous avons, rappelons-le, nous avons des soldats qui sont en Estonie,
05:14qui sont en Roumanie et qui contribuent par leur présence à dissuader Poutine
05:20de mener des gestes agressifs à l'encontre de l'Europe.
05:25Par ailleurs, lorsque, je le disais tout à l'heure, des drones sont entrés sur le territoire de l'OTAN,
05:32nous avons à plusieurs reprises contribué à les neutraliser,
05:35notamment par la mobilisation des avions de chasse français.
05:39Jeanne-Noël Barraud, savez-vous qui a signé dans les colonnes du JD News une tribune dimanche dernier
05:43sur la cathédrale Saint-Jean-Baptiste ?
05:45Et puis, il y a deux jours encore, un autre article évoquant une soi-disant désinformation du journal Le Monde.
05:50Je suis très étonné, comme vous semblez l'être, de voir que Mme Fedorova,
05:55qui, nous l'avons démontré, n'est pas une journaliste, mais une agente...
06:01C'est elle donc qui signe, qui continue de signer, qui continue d'écrire dans le JD News encore cette
06:06semaine.
06:06Une agente d'ingérence au service de la Russie, une agente de subversion,
06:11qui a été expulsée du territoire national après avoir été expulsée de l'Allemagne,
06:17après avoir été sanctionnée par l'Union Européenne,
06:20considérant qu'elle est en réalité une propagandiste du Kremlin, très étonnée,
06:25et je dois dire assez affligée de voir que des grands groupes de médias,
06:28la liberté éditoriale est sacrée,
06:32mais de les voir ouvrir leur colonne ou leur studio à quelqu'un dont toutes les forces politiques de ce
06:38pays
06:39considèrent que nous avons eu raison de l'expulser, tant les faits sont avérés.
06:45Toutes les forces politiques, en l'occurrence, non.
06:47On entend quand même certaines critiques liées à la liberté d'expression.
06:51On l'entend quand même parfois.
06:52Je vous invite à consulter les positions qui ont été prises par les forces politiques de l'ensemble du spectre.
06:59tous ont reconnu que nous avions eu raison d'expulser Mme Xenia Fedorova
07:05parce que c'est une agente de l'étranger.
07:06Est-ce que vous savez où elle se trouve aujourd'hui ?
07:08Je ne sais pas parce que je n'ai pas son agenda et il ne m'intéresse pas.
07:11En revanche, je souhaite que chacun puisse être mis face à ses responsabilités.
07:16Et quand on est un groupe de médias et qu'on fait la programmation de ses émissions et de ses
07:21invités,
07:22on doit pouvoir s'expliquer devant les Français.
07:23Mais quand même, Jean-Noël Barraud, mercredi soir, CNews a annoncé à ses téléspectateurs
07:27que Xenia Fedorova donc reviendrait bientôt à l'antenne, en visio depuis l'étranger.
07:33Est-ce que vous n'avez pas l'impression que ce groupe de médias que vous citez là
07:39nargue en quelque sorte le gouvernement sur cette question ?
07:42Je crois surtout qu'il fait des choix que les Français ne vont pas comprendre.
07:46Pourquoi ouvrir ces studios, ces colonnes, donner des opportunités,
07:50donner des ressources médiatiques, du temps médiatique, à quelqu'un dont il est avéré
07:55qu'il travaille au service de la Russie, contre la France et contre l'Union Européenne ?
07:59Les ingérences, ce n'est pas seulement Fedorova.
08:02Cet été, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour ingérences russes
08:07visant Gabriel Attal, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann.
08:10Là aussi, comment la France se prépare ?
08:13Comment l'État français même pense organiser les élections présidentielles
08:18d'une manière où la Russie ne pourra pas, la Russie et d'autres d'ailleurs,
08:23ne pourront pas interférer dans les résultats ?
08:26Je vois dans ces enquêtes et ces informations judiciaires
08:28le fruit du travail que nous avons réalisé depuis 2021
08:32pour être en mesure de protéger l'intégrité de nos processus électoraux
08:37et donc de nos élections contre toute forme d'ingérence.
08:40Je m'explique.
08:40Ces enquêtes, c'est la preuve que ça fonctionne ?
08:42Oui, puisque aux élections municipales, pour la première fois,
08:45nous avons déployé un dispositif complet de surveillance de ces élections
08:52contre les ingérences étrangères, d'information des candidats
08:55et ces habitudes de travail que nous avons prises
08:58ont permis effectivement de pointer du doigt quant à ingérence il y avait.
09:02Quelles sont ces habitudes concrètement ?
09:04Quelles sont ces habitudes de travail alors ?
09:05Eh bien alors, nous avons en 2021 créé un service
09:09à la demande du président de la République qui a pour expertise,
09:14pour savoir-faire, de détecter quand une manœuvre provient de l'étranger
09:19et qu'elle vise à perturber le débat public ou les élections.
09:22Et notamment quand ça se passe sur Internet.
09:25Il faut un savoir-faire particulier et ce service est assez étonnant
09:28puisqu'il rassemble à la fois des experts de la donnée, des experts d'Internet,
09:33mais aussi des géographes, des historiens qui mettent en commun leur expertise
09:37pour faire cette détection.
09:39Ensuite, dans le cadre d'une campagne, il faut un comité de coordination,
09:43si vous voulez, avec ce service de détection
09:46qui informe en temps réel les forces politiques
09:49pour qu'elles puissent connaître les activités qui pourraient perturber le scrutin.
09:54Ce dispositif de la vie générale a parfaitement fonctionné
09:58pour protéger les élections municipales.
09:59Et c'est sur cette base-là, avec un texte juridique, un texte de loi
10:04qui va être adopté d'ici là, que nous allons protéger les scrutins de 2027,
10:09élections présidentielles et puis élections législatives, s'il devait y en avoir.
10:13Donc vous pouvez nous dire ce matin, Jean-Noël Barraud,
10:15que la campagne qui démarre, les élections présidentielles de 2027
10:20se dérouleront sans accroc du point de vue des ingérences étrangères ?
10:24Je vous dis que nous avons pris de l'avance, que nous faisons au mieux.
10:27Évidemment, c'est une menace, là encore, qui évolue.
10:32On ne peut pas tout prévoir à l'avance.
10:33Mais je dois dire, quand je regarde autour de nous, dans les autres pays européens,
10:38que nous sommes assez exemplaires sur la protection de notre débat public et de nos élections.
10:43Jean-Noël Barraud, le contexte international, c'est aussi la guerre au Moyen-Orient
10:46qui se poursuit avec le risque d'une nouvelle escalade entre les Etats-Unis et l'Iran.
10:50Au mois de mars, la France prenait part à ce conflit
10:52en déployant notamment le char de Gaulle en Méditerranée orientale.
10:55Il y a deux mois, on apprenait que le char de Gaulle était rentré à Toulon.
10:58Qu'en est-il aujourd'hui de la présence de la France, dans le détroit d'Hormuz notamment ?
11:03Dans le détroit d'Hormuz,
11:06pour le détroit d'Hormuz, si je puis dire,
11:09nous nous tenons prêts à déployer cette mission internationale
11:14que la France et le Royaume-Uni ont lancé, ont commencé à préparer
11:21il y a plusieurs mois avec plusieurs dizaines de pays
11:23de manière indépendante des partis au conflit,
11:27dans une posture strictement défensive
11:30pour s'assurer qu'une fois que les conditions le permettront,
11:34le trafic puisse reprendre le plus rapidement possible.
11:36Pourquoi ?
11:37Parce que cette guerre que nous n'avons pas soutenue,
11:39que nous n'avons pas choisie,
11:41et bien aujourd'hui, c'est nous qui en payons le prix.
11:44Le prix à la pompe, le prix sur notre économie,
11:46le prix sur nos recettes fiscales
11:48et donc sur les contraintes qui s'exercent sur le budget,
11:53le prix sur le pouvoir d'achat des Français.
11:55Mais l'aller-retour du char de Gaulle, alors à quoi a-t-il servi en somme ?
11:59Le char de Gaulle était déployé dans la région,
12:01vous vous en souvenez, parce que je sais qu'une actualité en chasse l'autre,
12:04mais souvenez-vous que dès les premiers jours de cette guerre,
12:08la France a déployé des moyens militaires considérables
12:12pour la protection de nos ressortissants dans la région,
12:15pour la protection des pays qui sont nos amis ou nos alliés
12:19et qui étaient pris pour cible par l'Iran.
12:21Le char de Gaulle était sur place,
12:23le président de la République a décidé qu'il puisse y rester un peu plus longtemps
12:26pour préfigurer cette mission internationale,
12:29en espérant que l'Iran et les États-Unis,
12:31qui avaient trouvé un accord, le respecteraient,
12:34que le détroit d'Hormuz réouvrirait,
12:36et que cette mission pourrait accompagner d'abord les activités de déminage
12:39et peut-être même la circulation des navires,
12:41parce que ce détroit d'Hormuz reste un nœud du commerce international
12:46et donc quand il est bloqué, ça a des conséquences majeures.
12:48Mais je vais vous dire quelque chose.
12:50On en est loin, vous êtes d'accord ?
12:51Oui, mais notre priorité, c'est aussi de ne plus jamais nous trouver dans cette situation,
12:57de ne plus jamais tomber dans ce piège.
13:00Et donc, tout cet été, avec nos partenaires dans la région,
13:02Ce piège, c'est-à-dire se laisser embarquer malgré nous dans une guerre ?
13:05Oui, non.
13:06Ce piège, c'est de se retrouver bloqué dans nos importations, etc.,
13:10par un conflit qui n'est pas le nôtre et que nous n'avons pas choisi.
13:14Et donc, tout l'été, avec nos partenaires dans la région,
13:16et avec nos partenaires européens, nous avons commencé à préfigurer,
13:20à réfléchir ce que seraient les routes commerciales alternatives,
13:24pour ne plus être dépendants de ces détroits qui sont,
13:26dans un monde brutalisé, pris en otage,
13:28par des puissances qui, en quelque sorte, veulent faire du chantage
13:36et extraire, de la part de la communauté internationale,
13:39des concessions inacceptables.
13:40Dans cette actualité internationale qui est très sombre,
13:42vous le reconnaîtrez, une bonne nouvelle, toutefois,
13:44avec l'annonce de la libération des réalisateurs Gaël Mocard
13:46et Sébastien Perez-Pedziani, qui étaient détenus au Togo.
13:50Ils sont finalement rentrés hier matin en France.
13:52On a entendu le témoignage de Gaël Mocard dans le journal.
13:54Qu'est-ce qui a débloqué le dossier après cinq semaines de détention ?
13:57Qu'a garanti la France, en fait, en échange de ses libérations ?
14:00Ce qui a débloqué la situation, c'est le travail de la diplomatie.
14:03Parce que la diplomatie, c'est d'abord et avant tout
14:05la protection des Français en France et à l'étranger.
14:08Et dans le respect de la souveraineté du Togo,
14:11c'est exactement ce que nous avons fait.
14:13Et je veux saluer la mobilisation de nos agents,
14:17sur place, de nos agents au Quai d'Orsay,
14:19me féliciter du résultat positif de cette mobilisation,
14:22à tous les niveaux, du terrain jusqu'au président de la République,
14:26en passant par le Quai d'Orsay et par moi-même.
14:27Et sur Christophe Gleize, alors notre confrère détenu en Algérie
14:31depuis mai 2024, est-ce que là aussi le travail diplomatique
14:35permet d'avancer concrètement pour lui permettre d'être libéré un jour ?
14:39Nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle.
14:44Il n'y a plus aucune justification, il n'y en a jamais eu,
14:47mais il n'y a plus rien qui s'oppose à sa libération.
14:50Nous lui avons rendu visite la semaine dernière, il va bien,
14:53il est très solide, en dépit de l'épreuve qu'il traverse.
14:57Nous sommes en lien constant avec ses proches et sa famille,
15:02dont je veux saluer là encore la dignité dans cette épreuve.
15:05Et je sais que nous parviendrons à obtenir sa libération.
15:08Alors vos propos font réagir évidemment à nos auditeurs et auditrices.
15:12Michel vous demande, ne peut-on pas douter de notre défense
15:14contre les cyberattaques russes quand on voit le piratage du ministère des Finances ?
15:18Je crois qu'il faut différencier les sujets.
15:19Il y a ce que l'on appelle les cyberattaques.
15:24On dit dans le jargon du haut du spectre,
15:26c'est-à-dire celles qui sont lancées par des puissances étrangères
15:29avec beaucoup de moyens.
15:30Et sur cette question-là, nous avons développé des compétences
15:34qui sont reconnues dans le monde entier.
15:35Nous avons une agence nationale, l'ANSI,
15:38celle qui nous a précisément aidé à protéger les jeux de la pluie.
15:41de la sécurité informatique.
15:42Voilà, cette agence, le monde entier nous l'en vit.
15:45Alors je ne dis pas qu'on évitera toutes les attaques,
15:48mais on est mieux armés que bien des pays du monde pour y faire face.
15:52S'agissant de l'autre sujet...
15:56On est plus fort pour contrer les grosses attaques, si je puis dire,
15:59et en revanche, plus faible pour les plus petits.
16:01Oui, mais on vit dans un monde brutalisé
16:02où la menace évolue en permanence.
16:04Et donc, je ne dis pas que l'attaque est plus petite.
16:06Moi aussi, j'ai été concerné par les...
16:10Vous avez été piraté ?
16:11J'ai reçu le mail, comme beaucoup de Français.
16:14Et j'ai ressenti une forme d'inquiétude, comme beaucoup de Français.
16:17Mais ne confondons pas.
16:18Il ne s'agissait pas là d'une cyberattaque
16:20lancée par une puissance étrangère comme la Russie pour nous déstabiliser.
16:23Il s'agissait de toute autre chose.
16:25Et il s'agissait en quelque sorte d'une nouvelle menace
16:29à laquelle nous allons nous mobiliser sous l'autorité du Premier ministre
16:31pour apporter des réponses et pour protéger les Français.
16:34Il ne faut pas tout mélanger, mais on est sur tous les fronts.
16:36Une autre question de Patrice sur l'application de Radio France
16:39qui nous dit, depuis le début, conflit en Ukraine,
16:41pourquoi allons-nous crescendo dans les représailles ?
16:43Pourquoi nous n'avons pas mis les moyens dès le début pour stopper Poutine ?
16:47Et je prolonge sa question,
16:48est-ce qu'on vous discutez toujours, le gouvernement français ?
16:50Est-ce que vous discutez toujours avec Vladimir Poutine ?
16:52Alors d'abord, nous avons, nous, France,
16:59amené les Européens à changer considérablement leur posture
17:02pour répondre à la question.
17:03Au départ, souvenez-vous, les Européens étaient tétanisés
17:06à l'idée de soutenir l'Ukraine.
17:08Même l'idée d'envoyer des sacs de couchage et des jumelles
17:13soulevait des hésitations, des questionnements profonds.
17:15C'est la France qui a dit, non, non,
17:17on ne peut pas accepter ce qui est en train de se passer à nos portes
17:19parce que si l'Ukraine devait tomber,
17:22c'est à la fin l'Union Européenne qui serait prise pour cible.
17:25Et donc nous avons fait changer l'attitude des Européens sur ces questions.
17:29Quant à notre posture dans cette période que nous traversons
17:33et qui est marquée par ces attitudes escalatoires de Vladimir Poutine,
17:38il faut rappeler les principes.
17:40L'agresseur, c'est Vladimir Poutine.
17:42Celui qui fait l'escalade, c'est Vladimir Poutine.
17:44Nous nous répondrons toujours lorsque nous sommes ciblés,
17:47mais nous ne cherchons pas l'escalade et surtout nous ne cherchons pas la guerre.
17:50Nous, ce que nous voulons, c'est la paix.
17:51Et donc nous allons continuer à soutenir l'Ukraine,
17:54à exercer de la pression sur la Russie qui est l'envahisseur,
17:56et nous allons continuer à préparer la paix.
17:58Vous savez que nous le faisons depuis plus d'un an maintenant
18:01avec cette coalition des volontaires qui est prête,
18:03une fois que la paix sera conclue,
18:04à se déployer pour qu'elle soit garantie, qu'elle soit durable.
18:07Vous êtes, on l'a bien compris d'ailleurs ce matin,
18:08Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères,
18:11vous êtes également un représentant politique,
18:14un représentant du Modem en l'occurrence.
18:16Est-ce que vous êtes aligné avec l'idée de François Bayrou
18:20qui annonce être favorable à une grande primaire
18:23allant du parti socialiste au parti Les Républicains ?
18:27Je crois que François Bayrou a tout à fait raison
18:30d'appeler à un grand rassemblement,
18:33tant le risque est grand de voir les deux extrêmes
18:40confisquer le deuxième tour de l'élection présidentielle.
18:42Est-ce que ça a du sens que le rassemblement soit si large ?
18:45Il s'agit de deux poisons différents,
18:47mais deux poisons mortels pour notre pays.
18:51Vous parlez du RN et de LFI, on est d'accord.
18:53Et dans le moment où nous sommes, ce qui est très important,
18:56et c'est le préalable à tout,
18:57c'est qu'il y ait une expression claire de la vision pour le pays
19:00et des projets qui seront portés.
19:01Ensuite viendra le temps du rassemblement.
19:03Et je rappelle que nous aurons cette élection présidentielle
19:06qui sera très importante.
19:07On a parlé du contexte international
19:08et de toutes ces pressions qui nous viennent de l'extérieur.
19:11Sans doute, nous ne nous avons pas connu dans notre histoire récente
19:15de moments où l'environnement international
19:17nous crée autant de contraintes.
19:19Mais il y a une autre élection qui sera aussi essentielle,
19:22voire plus.
19:22Ce sont les législatives qui suivront l'élection présidentielle
19:25parce que c'est sur ce fondement-là
19:27que se formera le socle politique
19:29à partir duquel le gouvernement conduira,
19:31le futur gouvernement conduira la politique de la nation.
19:33Je reviens tout de même sur les élections présidentielles.
19:37François Bayrou dit vouloir chercher,
19:39trouver même un profil exceptionnel
19:43pour incarner ce rassemblement.
19:45Est-ce que vous avez une idée de ce profil ?
19:47Et d'ailleurs, est-ce que vous le cherchez vous-même ?
19:49Vous avez vu, François Bayrou a ouvert grand le champ
19:52en disant que chacun vienne, s'exprime, propose
19:55et à ce moment-là, il y aura, le souhaite-t-il,
19:59une sélection, un mode de sélection.
20:02Je crois que François Bayrou n'est d'ailleurs pas le seul.
20:04Certains parlent de Thierry Breton, alors, par exemple.
20:05Vous savez, Thierry Breton, que je connais depuis très longtemps
20:08et pour lequel j'ai beaucoup d'estime,
20:11aura nécessairement un rôle dans ce débat démocratique.
20:14Il aura un rôle, ne serait-ce que parce que
20:15dans ses fonctions à la Commission européenne,
20:17sur des sujets majeurs de protection,
20:19on en parlait tout à l'heure, du débat démocratique,
20:22de protection de nos enfants
20:23contre les méfaits des réseaux sociaux.
20:26Tous ces sujets, il les connaît par cœur
20:28et il aura donc un certain nombre de choses à dire,
20:30j'en suis certain.
20:31Vous aussi, vous êtes en responsabilité aujourd'hui.
20:33Est-ce que vous y pensez ?
20:35Je suis en responsabilité et j'ai beaucoup de pain sur ma planche,
20:38vous l'aurez remarqué.
20:39Ceci étant dit, je suis membre du gouvernement,
20:42chargé de conduire notre diplomatie
20:45sous l'autorité du président de la République,
20:47mais je suis aussi un citoyen,
20:49un père de deux enfants
20:50et un militant politique.
20:53Et donc, bien sûr que je compte prendre toute ma part
20:55dans cette campagne
20:56parce que ce n'est pas parce qu'on n'est pas candidat
20:58qu'on doit garder sa langue dans sa poche.
21:00Et ça, ça vaut pour moi,
21:01mais ça vaut pour tout le monde
21:02et ça vaut pour tous les Français.
21:04Ne croyons pas que cette élection est jouée d'avance.
21:06Chacun peut y prendre sa part
21:07et c'est à nous, en quelque sorte,
21:09d'en dessiner le résultat.
21:10Merci beaucoup Jean-Noël Barrault,
21:12ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.
21:14Merci d'avoir été au micro de France Inter.

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