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Le grand débat de la matinale avec l'autrice et journaliste Nora Hamadi et Raphaël Doan, essayiste et ancien haut fonctionnaire.
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NewsTranscription
00:00Le grand débat de la matinale c'est maintenant avec Nora Amadie et Raphaël Doran.
00:03Bonjour à tous les deux.
00:04Bonjour.
00:04Bonjour à vous deux.
00:06Je rappelle Nora que vous êtes autrice et journaliste notamment sur France Inter.
00:09Raphaël, vous êtes essayiste et ancien aux fonctionnaires.
00:12Nous avons choisi de consacrer l'intégralité de ce débat au mouvement lycéen
00:15alors que mardi les organisations lycéennes et une intersyndicale de l'éducation nationale
00:20appellent à la grève et à manifester partout en France.
00:23Le mouvement lancé le 17 septembre s'est embrasé cette semaine.
00:26Vendredi, plus de 700 lycées étaient perturbés.
00:29Dégradations, des incendies ont touché plusieurs établissements.
00:31On compte 170 élèves blessés tout comme 65 membres du personnel enseignant
00:36et 305 blessés du côté des forces de l'ordre selon le ministère de l'Intérieur
00:40qui annonce également plus de 5000 interpellations depuis lundi.
00:44Alors comment expliquer l'ampleur de cette colère et que peut faire le gouvernement pour l'apaiser ?
00:49Pour commencer, je vous propose de revenir sur les raisons de cette mobilisation.
00:52Les lycéens protestent notamment contre des bâtiments délabrés,
00:55des enseignants non remplacés, un manque d'AEHSS, d'AESH, de surveillants.
01:03Ils remettent également en question Parcoursup.
01:05Nora, est-ce que de votre côté, en fait, vous soutenez ce mouvement ?
01:08Est-ce que les revendications des lycéens vous semblent légitimes ?
01:11Elles sont complètement légitimes.
01:13Si on revient en arrière, j'ai retrouvé une tribune de 2019
01:17de lycéen d'Épinay-sur-Seine, du lycée Jacques Fédère,
01:20qui avait dans Le Monde dit, je cite,
01:23« L'école de la République ne réserve pas les mêmes conditions à la jeunesse de Seine-Saint-Denis ».
01:27Il parlait déjà du bâti scolaire.
01:29Il racontait leur scolarité dans des travaux, au bruit des perceuses, des marteaux-piqueurs.
01:34Il racontait les toilettes dans lesquelles ils ne pouvaient pas aller puisqu'elles ne fonctionnaient pas.
01:38Des filles qui mettent plusieurs protections périodiques pour éviter les fuites.
01:42Ceux qui rentrent chez eux pour pouvoir aller juste faire leurs besoins.
01:47Je me souviens, puisque c'était une de mes premières émissions pour France Culture,
01:51il y a déjà plus de six ans, exactement à cet endroit,
01:55d'une jeune fille qui m'avait dit qu'elle faisait systématiquement des infections urinaires
01:59parce qu'elle ne pouvait pas aller aux toilettes dans ce lycée.
02:01Et il terminait en disant,
02:03« C'est la conséquence d'une politique de relégation systématique du territoire où nous vivons,
02:08un territoire sous-doté.
02:09C'est le résultat d'un système, un système qui nous enferme dans une sous-citoyenneté.
02:14Ce qui est admis dans le 93 ne l'est pas ailleurs.
02:16Ce qui est possible pour nous serait scandaleux pour les enfants des centres-villes et de la capitale.
02:21Et on le sait, le moins bien doté des établissements scolaires parisiens
02:25reste mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis.
02:30En 2019, dernier chiffre, la FCPE du 93.
02:33Je prends le 93, mais on peut élargir cette question à l'Académie de Versailles,
02:37à l'Académie de Créteil et de manière plus large à tous les lycées dits de quartier populaire.
02:42C'est une année de scolarité perdue à cause de professeurs non remplacés ou pas nommés.
02:48Donc on voit bien que ce n'est même pas un deux poids deux mesures.
02:51C'est-à-dire que là, on est véritablement face à une école qui discrimine.
02:55Donc évidemment qu'il est absolument légitime qu'il se révolte.
02:59Et on reviendra sur les violences parce que là, il y a effectivement quelque chose d'une forme peut-être
03:03de ras-le-bol
03:04puisqu'ils ont dit et ils disent depuis des décennies maintenant.
03:06Il y a Raphaël Douand, une très très grande diversité de revendications dans ces mouvements.
03:11Mais tout de même, effectivement, comme le disait Nora Hamadi à l'instant,
03:15deux invariants.
03:16D'abord les conditions matérielles d'enseignement et d'apprentissage.
03:20Et puis des inégalités évidentes entre les élèves et les établissements.
03:24Mais qu'il y ait des problèmes structurels dans l'école aujourd'hui, c'est très clair.
03:27On n'a pas attendu d'ailleurs la mobilisation des lycéens pour le savoir.
03:30Le premier problème dont on parle d'ailleurs peu sur les blocages,
03:33mais le premier problème dont je trouve que les lycéens eux-mêmes parlent peu,
03:36c'est quand même la baisse profonde du niveau scolaire qu'on a vue avec PISA il y a quelques
03:40semaines,
03:40quand l'étude est sortie.
03:41On voit quand même des choses comme en trois ans de 2022 à 2025,
03:45la proportion de garçons qui ne comprennent pas ce qu'ils lisent est passée de 30 à 40% en
03:48seulement trois ans.
03:49C'est une chose qui me paraît plus grave encore que tout ce qu'ils décrivent eux-mêmes.
03:53Est-ce que ce n'est pas une part de la conséquence justement de la dégradation ?
03:57A force d'avoir des professeurs contractuels qui sont nommés ?
04:01Il y a plein de problèmes structurels avec le bâti, avec le remplacement des profs, c'est vrai,
04:05mais ce n'est pas nouveau non plus.
04:07A la limite, les régions investissent plus dans les écoles aujourd'hui qu'il y a dix ans.
04:11Ce n'est pas ça qui fait la baisse du niveau scolaire depuis trois ans.
04:14Donc il y a d'autres phénomènes qui sont à l'œuvre et dont les lycéens ne parlent pas beaucoup.
04:17On pourrait y revenir je pense.
04:19L'autre point sur les inégalités, c'est vraiment très difficile je trouve d'établir qu'il y a une
04:24discrimination.
04:24Moi je ne crois pas qu'il y ait une discrimination du tout.
04:26Il y a des inégalités de résultats, ça c'est clair.
04:28Mais quand même l'État fait des efforts, l'éducation scénale fait des efforts assez importants,
04:32justement pour mettre plus de moyens pour les lycées en Seine-Saint-Denis par exemple.
04:36Vous savez la fameuse prime de fidélisation qui est qu'on paye beaucoup plus,
04:40avec des sommes assez significatives, les profs qui veulent rester étudiés en Seine-Saint-Denis.
04:44Et pourquoi on fait ça ?
04:45C'est aussi parce que les élèves eux-mêmes ont des comportements qui font fuir les profs.
04:48Quand on parle avec les profs qui viennent ou qui sortent de ces écoles-là ou de ces lycées-là,
04:53en fait d'ailleurs ça se retrouve, les mêmes élèves qui, désolé l'expression,
04:57mais foutent le bordel dans les classes, vont ensuite incendier les poubelles aujourd'hui.
05:00C'est les mêmes et c'est ça qui fait le problème qu'on a du mal à faire venir
05:02des bons profs
05:03et à les faire rester dans ces lycées-là.
05:05Ce qui a peu après avoir des conséquences en Seine.
05:06L'angle mort de ces revendications, Nora, ce serait le niveau lui-même, le niveau des élèves ?
05:13Alors on va arrêter avec cette petite musique qui voudrait qu'en fait ces gamins soient systématiquement des racailles
05:20qui brûlent des poubelles et qu'ils n'auraient pas les capacités du reste des enfants
05:26ou qu'ils seraient moins bien éduqués.
05:29Juste quelques chiffres.
05:3242 à 44% des professeurs qui sont présents dans ces lycées par exemple
05:36ou dans le premier degré dans ces quartiers
05:38sont là depuis plus de 5 ans et c'est 10 points de plus hors réseau prioritaire.
05:43C'est-à-dire que les primes ne suffisent pas.
05:45Qu'est-ce qui se passe ?
05:46Je vais vous raconter une expérience personnelle.
05:48J'ai un de mes amis très proches qui a été casté par le pôle emploi
05:50et qui est devenu professeur principal de SES avec des terminales
05:55alors qu'il n'avait jamais mis les pieds dans un établissement scolaire.
05:58Science économique et sociale.
05:59Science économique et sociale.
06:01Pourquoi ? Parce qu'en fait on est face aujourd'hui à un déficit absolu du nombre de professeurs.
06:07On va aller chercher en faisant du speed dating dans des organisations type France Travail
06:12et on se demande ensuite pourquoi est-ce qu'on n'a pas les mêmes résultats
06:16mais parce qu'en fait on n'a pas de prof à s'écaper
06:18et ce n'est pas parce que finalement il ne reste pas pourquoi
06:22parce que les conditions de travail sont intenables.
06:24Je connais des profs qui sont en réseau prioritaire depuis 30 ans, 35 ans
06:29et qui disent qu'ils adorent ça mais ils n'ont pas les moyens des ambitions.
06:33Pourquoi ? On a beau dire que les réseaux d'éducation prioritaire donnent des moyens supplémentaires
06:38quand on voit l'état du bâti et quand on voit globalement effectivement
06:41que l'état même des possibilités parce que ce sont effectivement des publics
06:47qui ont plus de difficultés nécessiterait qu'on ne soit pas 25, 30, 35 en lycée par classe
06:53et ça ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'OCDE.
06:55C'est Thomas Piketty qui dès le début des années 2000 fait un rapport en disant
06:59si on baissait de 5 à 7 élèves par classe on aurait des résultats bien meilleurs.
07:04Donc là la question elle n'est pas, ce sont des gamins qui ne sont pas capables
07:07la question c'est, veut-on véritablement, et on reviendra sans doute sur Parcoursup
07:11faire en sorte qu'il y ait véritablement des formes de mobilité sociale
07:15et est-ce que l'école est encore en capacité de produire ça ?
07:18Je pense qu'on ne le veut plus, tout bêtement.
07:20Alors on parle des moyens, on parle des revendications des lycéens.
07:24Raphaël, je voudrais juste vous lire le témoignage d'un père que j'ai pu lire dans Le Parisien,
07:28c'était hier, un père qui comprend la colère de sa fille mais qui a peur pour elle,
07:30c'est-à-dire qu'il ne souhaite pas qu'elle aille manifester.
07:32Et il dit, on répète à ces jeunes que tout se dégrade, que l'IA va nous manger.
07:36En mai 68, on se disait qu'on pouvait changer le monde.
07:39Les jeunes d'aujourd'hui savent non seulement que ce n'est plus possible,
07:41mais ils sont persuadés que ce sera pire demain.
07:44En plus de la colère, il y a du désespoir.
07:46Vous l'entendez ça ?
07:47Oui bien sûr, mais ça c'est très clair.
07:49Que le monde soit difficile aujourd'hui, c'est vrai.
07:52Et l'IA effectivement ne va pas aider du tout l'intégration professionnelle
07:55des élèves qui sortent aujourd'hui du lycée.
07:57Ça c'est très clair.
07:58Le problème c'est que je pense qu'aujourd'hui une grosse partie de ceux
08:01qui par exemple se plaignent du nombre d'heures de cours.
08:04On peut discuter du fait que la réforme Blancaire par exemple
08:06a explosé les emplois du temps.
08:08Ça a rendu beaucoup plus compliqué de faire des emplois du temps cohérents.
08:10Parfois ça fait sortir plus tard, rentrer plus tôt.
08:14Mais aussi le problème c'est qu'il y a des élèves qui en fait sont au lycée
08:17et qui ne doivent pas y être tout simplement.
08:19Il y en a qui ont fait.
08:19C'est-à-dire ?
08:20Il y a des gens qui en fait, clairement ils disent
08:21moi j'ai envie d'être dehors, j'ai envie de faire d'autres choses que l'école.
08:25Ça les saoule en fait d'essayer d'apprendre des choses
08:28pendant toute la journée, pendant 8 heures de cours.
08:30En fait ils n'ont juste pas envie d'être là,
08:32il ferait mieux de travailler en réalité.
08:33Ils pourraient aller directement faire de l'apprentissage,
08:35aller faire d'autres choses qu'être dans un lycée général ou technologique.
08:39Mais on a voulu absolument que toute une génération
08:41le plus possible d'élèves aille en lycée général et technologique
08:44en sortant de troisième.
08:45Mais ce n'est pas forcément bien.
08:46En fait il n'y a pas de raison.
08:47On leur fait perdre du temps, on leur fait perdre de l'argent aussi.
08:49On les fait souffrir.
08:51Tout le monde n'est pas fait pour ça.
08:52C'est normal.
08:53D'ailleurs il n'y a aucune honte à ça.
08:55Donc je pense qu'on a aujourd'hui un peu le résultat
08:56du fait que des élèves sont au lycée alors qu'ils ne voudraient pas y être.
09:00Ils perçoivent ça comme une sorte d'obligation.
09:02On entend beaucoup de témoignages d'élèves qui disent
09:04« Ah je suis obligé d'aller au lycée ».
09:04Mais en fait non d'ailleurs, ce n'est pas obligatoire.
09:06Vous pourriez ne pas y aller.
09:07Vous avez l'obligation d'aller à l'école jusqu'à 16 ans.
09:10Oui je sais, mais pas après.
09:12Et le problème de tout ça fondamental,
09:14c'est qu'il y a eu aussi une inflation des diplômes.
09:15On a de plus en plus besoin d'avoir le bac,
09:17puis des diplômes du supérieur
09:18pour avoir des postes en fait équivalents.
09:20Je regardais, pour être cadre supérieur aujourd'hui,
09:24si vous êtes bac plus 5 aujourd'hui,
09:26vous avez un certain pourcentage de chances
09:27d'être cadre supérieur dans votre vie professionnelle.
09:29Dans les années 70, il suffisait d'une licence
09:31et vous aviez déjà plus de chances d'être cadre supérieur.
09:34Donc ça veut dire qu'en fait,
09:34c'est une sorte de course à l'échalote
09:36où on doit faire de plus en plus d'études
09:37pour aboutir au même point, voire moins.
09:38Mais alors là, ce qui est terrible Raphaël Doran, pardon,
09:41c'est-à-dire qu'on est face à des revendications
09:43qui sont extrêmement précises.
09:44On veut un bâti scolaire qui soit digne.
09:46On veut des professeurs.
09:47On veut arrêter d'avoir froid l'hiver
09:49et Choletet, on veut arrêter d'être soumis
09:53à un algorithme.
09:54Et vous, vous nous parlez de...
09:55Bon, en fait, l'école, c'est peut-être pas pour tout le monde.
09:58Est-ce que véritablement...
09:58Mais l'algorithme, c'est justement ça.
09:59C'est pas un problème d'algorithme.
10:00C'est un problème qu'on veut faire.
10:01Ils voudraient tous entrer dans l'enseignement supérieur.
10:03Mais non, mais la question, c'est qu'en fait,
10:04on est aussi face à un système en France
10:06qui fait que sans diplôme,
10:07vous n'avez encore moins accès au marché du travail.
10:10Et ça, vous le savez.
10:11Je suis d'accord, c'est le problème.
10:12Et évidemment que les sphères professionnelles
10:15n'ont jamais été réhabilités.
10:17Par exemple, je pense à Nicolas Poincaré
10:19qui parlait à l'instant de nos voisins.
10:21Que ce soit en Suisse, que ce soit en Allemagne,
10:23que ce soit en Autriche,
10:24vous pouvez passer par des voies professionnelles
10:26et passer ensuite par des formes de formation
10:28tout au long de la vie
10:29qui vous permettent d'accéder à des métiers
10:31et à un statut.
10:33Ce qui, en France, en fait, est difficilement possible
10:35puisqu'il y a une dimension statutaire du diplôme.
10:38Ici, on vous dit, y compris à 50 ans,
10:41toi, d'où tu sors ?
10:41Est-ce que t'as fait l'ENA, Raphaël ?
10:43Est-ce que t'as fait normal, Quentin ?
10:45Et ça vous pose statutairement quelqu'un.
10:47C'est quelque chose qui n'existe pas chez nos voisins.
10:50Ici, on se définit en France
10:51par rapport à ce qu'on a fait
10:53entre ces 18 et ces 25 ans.
10:55Ce qui est absolument dramatique.
10:57Quoi qu'il en soit, si on revient au centre du débat,
11:00on est face à des gosses aujourd'hui
11:01et moi je le vois puisque je suis régulièrement
11:03en atelier avec des gamins de cet âge-là.
11:05Quand ils passent par Parcoursup,
11:07quand il y a ces résultats,
11:08en général en juin,
11:10j'en ramasse à la petite cuillère.
11:12Ils sont dévastés.
11:13Ils sont dans un état de désespoir.
11:16Je reprends votre mot, Eva.
11:17Ils sont dans un état de désespoir
11:19et dans un état véritablement
11:20en fait de lassitude.
11:23C'est-à-dire qu'ils sont face à un mur.
11:25Ils ont les jambes brisées
11:27parce que l'algorithme est en train de faire.
11:29Et donc on aura beau dire
11:30que PISA,
11:31l'IA, le marché du travail,
11:33sauf que là,
11:33on est en train de construire
11:35une génération de gosses brisés
11:37qui ne savent pas
11:38quel pourra être même leur avenir.
11:40Sur Parcoursup, Raphaël.
11:42Donc c'est quand même
11:42un point de cristallisation
11:43de la part des parents
11:45comme des élèves.
11:47Leur ressenti,
11:48c'est une incroyable machine
11:49à frustration.
11:50Oui, mais en fait,
11:51encore une fois,
11:51c'est une sorte d'illusion.
11:52Ils croient que c'est l'algorithme
11:53qui leur veut du mal.
11:54Mais c'est pas vrai.
11:55La frustration, elle est bien réelle.
11:55C'est une frustration.
11:56D'abord, elle n'est pas si réelle que ça
11:58quand vous regardez les chiffres.
11:58D'abord, 90% des lycéens
12:00ont une composition sur Parcoursup
12:01à la fin du système.
12:03Ce qui en laisse
12:05beaucoup quand même.
12:06Non, tout le monde n'a pas forcément
12:07en vocation à aller 100%
12:09dans l'enseignement supérieur.
12:10Et ensuite, 73%
12:11de ceux qui ont une proposition
12:12sont satisfaits de la proposition.
12:13Donc, on dit qu'on les ramasse
12:14à la petite cuillère.
12:15Mais en fait,
12:15quand on regarde les chiffres,
12:16ce n'est pas non plus
12:16si dramatique que ça.
12:17Et par ailleurs, surtout...
12:18Vous vous rendez compte ?
12:1930% qui sont laissés
12:21sur le carreau,
12:22c'est énorme.
12:23Ce n'est pas l'algorithme.
12:24Le problème, c'est que
12:25l'enseignement supérieur,
12:26les différents établissements
12:26ne veulent pas les avoir.
12:28Ce n'est pas l'algorithme
12:28qui décide de ne pas les mettre.
12:31Ils n'ont pas les moyens
12:32qui doivent être payés
12:33pour pouvoir accepter
12:34ceux qui n'ont pas d'acceptation.
12:36Il y a des gens qui n'ont simplement...
12:38Il y a des gens qui arrivent en licence
12:39et qui, en fait,
12:40ne sont pas du tout
12:41à leur place en licence.
12:42Et qui, après, du coup,
12:43doivent abandonner en cours de route
12:44et ils ont perdu
12:44un, deux ans de leur vie
12:45pour rien.
12:46C'est idiot.
12:47Après, je veux bien qu'on...
12:48Encore une fois,
12:48il y a un problème de baisse de niveau
12:49qu'il faut régler à la racine,
12:50mais dès le primaire.
12:51Si ensuite, on arrive au lycée
12:52et ensuite à l'enseignement supérieur
12:54avec des gens
12:54qui ne savent pas lire une phrase,
12:55parce que c'est quand même ça
12:56qu'on voit dans PISA,
12:57on ne va pas se dire
12:57qu'il faudrait quand même
12:58qu'ils puissent aller
12:59dans des filières d'enseignement supérieur poussées.
13:00Ce n'est pas possible.
13:02Sinon, si on veut vraiment
13:03avoir une discussion sérieuse,
13:03il faut repartir sur l'enseignement
13:05de la lecture
13:05et des fondamentaux aux primaires.
13:06Un mot, Nora Hamadi,
13:07sur les violences
13:09qui occupent une bonne part
13:11de la réalité sur le terrain
13:12et sur la couverture médiatique
13:14qui portent en première instance
13:17la responsabilité, justement,
13:19de ces violences
13:19que l'on observe côté police
13:21et côté mobilisation également.
13:24Alors là,
13:25je serais bien incapable
13:26de dire qui porte la responsabilité
13:28en l'état.
13:29On voit bien qu'effectivement
13:30il y a des actes de violence
13:31de la part de...
13:32Alors, est-ce que ce sont des lycéens ?
13:33Il semblerait,
13:34de ce que j'ai pu lire,
13:35je ne suis pas spécialiste
13:36des questions ni de police
13:37ni de justice,
13:38qu'il y ait des éléments extérieurs
13:40qui viennent provoquer...
13:43Alors, on a vu
13:44le lycée Nelson Mandela
13:45à Nantes
13:46qui a été incendié.
13:47Pour autant,
13:48moi, ce qui m'interroge,
13:49c'est la réponse policière
13:51et le niveau de violence
13:53qui s'adresse
13:55à ces lycéens.
13:57Ce qui m'intrigue,
13:58c'est que,
13:58souvenons-nous,
13:59il y a quelques mois,
14:00enfin, c'était en janvier 2024,
14:02les agriculteurs bloquent
14:03les routes,
14:04les autoroutes,
14:04déversent du lisier
14:05devant les préfectures,
14:06s'en prennent
14:07à des bâtiments publics.
14:08Gérald Darmanin,
14:09il est ministre de l'Intérieur
14:10à l'époque,
14:11donne au préfet
14:12une consigne de modération
14:13en disant
14:13il faut entendre
14:17cette souffrance
14:18et on ne répond pas
14:19à la souffrance
14:19en envoyant des CRS.
14:20Je cite,
14:21il estimait que c'était
14:23des coups de sang légitimes.
14:25Bruno Retailleau,
14:25dans la foulée,
14:26dit exactement la même chose.
14:28Que se passe-t-il dans ce pays
14:29pour qu'on ait un gamin à trois
14:31qui ait perdu un oeil
14:32par un tir de LBD
14:34envoyé tendu ?
14:36Que se passe-t-il dans ce pays
14:37quand, par ailleurs,
14:38on a une voiture bélier
14:42qui est envoyée
14:44au travers d'une grappe de lycéens
14:46avec des policiers
14:47qui déversent
14:49du gaz lacrymo ?
14:51Est-ce qu'on veut des morts ?
14:52Est-ce qu'on veut reproduire
14:531986
14:54Devaquet et Malik Ousekine ?
14:56Est-ce que, véritablement,
14:57on a conscience
14:58que ce sont des enfants ?
15:01Ou est-ce que, véritablement,
15:02on ne les voit
15:03que comme des racailles ?
15:04Moi, c'est ça qui m'interroge.
15:05Est-ce que ces gamins
15:07ont un droit à l'enfance ?
15:08Ou est-ce que, véritablement,
15:08on ne peut les regarder autrement
15:10que comme des perturbateurs,
15:13comme des gens
15:13qui sont de la racaille
15:16en puissance ?
15:16Moi, ça m'interroge vraiment
15:17cette réponse policière
15:18et je me dis
15:19qu'il y a quelque chose
15:20qui ne fonctionne pas
15:21dans cette réponse
15:22qui n'est absolument pas politique.
15:24On attend que M. Geffray
15:25ou que M. Lecornu
15:27répondent sur le fond
15:28des revendications.
15:29Là, ce qu'on leur donne
15:31à voir, finalement,
15:32c'est du LBD
15:33et du gaz lacrymogène.
15:34C'était à Tours,
15:35le lycéen
15:36qui a été borni.
15:37Raphaël Doran ?
15:38Moi, j'ai du mal
15:38à entendre l'idée
15:39de droit à l'enfance
15:39pour des gens qui,
15:40pour certains d'entre eux,
15:41ont aspergé des sens
15:42sur professeurs,
15:42qui tabassent des proviseurs,
15:44qui tirent sur des policiers.
15:46Là, on a quand même
15:47vraiment des violences aussi
15:48contre les figures d'autorité
15:50quelles qu'elles soient,
15:50c'est-à-dire les policiers
15:51qui sont les plus blessés
15:52dans cette histoire.
15:52J'ai regardé,
15:53il y a 170 élèves blessés,
15:55ce qui est terrible,
15:55très bien,
15:56et il y a 305 policiers
15:57et gendarmes blessés
15:58juste le jour de jeudi.
15:59Il y a quand même
16:00deux fois plus de policiers
16:01qui sont blessés
16:01que d'élèves dans cette histoire.
16:02Ce n'est pas comme si
16:03on avait des violences policières
16:04qui arrivaient comme ça
16:05par magie ou par miracle
16:06alors que les policiers,
16:08eux,
16:08ne font pas face
16:09à des vagues de violence.
16:10Il y a de la violence
16:11de la part,
16:11alors lycéens ou pas,
16:12clairement c'est des jeunes
16:13en tout cas,
16:14lycéens, post-lycéens,
16:14peu importe,
16:15qui font de la violence
16:16aujourd'hui.
16:17C'est très clair.
16:18Et alors, justement,
16:18c'est un peu le problème d'ailleurs,
16:19c'est qu'ils détruisent
16:20quand même des établissements,
16:21ils incendient des écoles,
16:23ils brûlent des poubelles,
16:24on les voit qui détruisent
16:25des pianos,
16:26tout ça pour soi-disant
16:27avoir des revendications
16:29contre le manque de moyens
16:30et la vétusté des établissements,
16:32ça me paraît un peu ridicule
16:33et clairement,
16:34en fait,
16:34il ne faut pas avoir
16:35de démagogie non plus.
16:36Là, ceux qui font ça,
16:37ils ne sont pas en train
16:37de revendiquer quoi que ce soit.
16:39Il faut quand même revenir aussi
16:40à ce qui s'est passé en 2018
16:42avec les gilets jaunes,
16:42ce qui est quand même terrible,
16:43c'est qu'on a installé
16:44dans ce pays
16:45l'idée qu'il n'y a que
16:46la violence qui paye,
16:47c'est-à-dire que vous avez
16:48beau manifester,
16:49on se souvient des manifestations
16:50pour les retraites,
16:51etc.,
16:52les gilets jaunes,
16:52quand ils ont commencé,
16:54c'était donc en octobre 2018,
16:56ils ont pris les ronds-points,
16:57c'est au moment
16:57où il y a eu des saccages
16:59sur les Champs-Elysées
16:59qu'il y a eu une réponse politique.
17:01Je ne suis pas en train
17:01de dire qu'il faut de la violence,
17:03je suis en train de dire
17:04que cela a installé
17:06aujourd'hui cette idée
17:07dans ce pays
17:07qu'il n'y a que la violence
17:08qui conduit à une réponse politique
17:10et c'est ça, en fait,
17:11à mon sens,
17:11qui est dramatique,
17:12c'est peut-être
17:12qu'on est à cet endroit-là.
17:15Raphaël,
17:15en quelques mois.
17:16Je ne suis pas en désaccord
17:16avec ça et je trouve
17:17que c'est dommage
17:18que le gouvernement,
17:18d'ailleurs,
17:19ait fait des annonces
17:20tout récemment
17:21parce que ça donne
17:21effectivement l'impression,
17:22genre le problème
17:23de non-remplacement des profs,
17:24ils le connaissent
17:24à l'éducation nationale.
17:25Ça fait longtemps qu'ils y travaillent.
17:26Voilà, ils y travaillent
17:27depuis longtemps.
17:27En fait, là,
17:28ils n'annoncent rien
17:28de vraiment nouveau
17:29mais ils donnent l'impression
17:30qu'effectivement,
17:30parce qu'on a brûlé des lycées,
17:31tout d'un coup,
17:32le gouvernement réagit.
17:33C'est un très mauvais signal
17:33à envoyer.
17:34Et on signale un autre débat
17:35qui aura lieu tout à l'heure
17:36sur France 2
17:37et sur France Inter
17:38à 13h20,
17:39débat entre le ministre
17:40de l'éducation nationale
17:41Edouard Geffray
17:41et le coordinateur
17:42de la France Insoumise,
17:44Manuel Bompard.
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