00:00Pour conclure cette émission sur les blocus lycéens et au nom du pluralisme, nous recevons
00:04à présent la brigadière-chef Leïla Dupuis, venue nous parler des manifestations lycéennes
00:08du point de vue de la police.
00:09Bonjour brigadière-chef.
00:10Bonjour, bonjour M. Noël, bonjour à toute l'équipe, bonjour à vous, et je préfère
00:14brigadière-chef.
00:15Cette façon de tout mettre au féminin, ça me saoule.
00:19Non mais c'est pas grave, ça ne sera pas retenu contre vous, tout va bien, vous n'aurez
00:23pas d'amende.
00:24Je plaisante.
00:25À la police, on a de l'humour aussi.
00:28Avant toute chose, je voudrais commencer en vous disant que je voudrais qu'on arrête
00:32de faire des amalgames sur la police, ça devient insupportable.
00:34Vous pensez à quel type d'amalgame ?
00:36Déjà, tous les flics ne votent pas à l'extrême droite.
00:38Donc, vous faites partie de la police de gauche ?
00:40Non, non, non, c'était juste un exemple, je ne parlais pas de moi, même si j'ai rien
00:45contre les gauchistes, j'ai rien, tout va bien, on en a plein à la brigade et je les
00:49respecte comme tout le monde, c'est juste que c'est toujours un peu compliqué, on peut
00:52rien dire, on peut rien faire, ils prennent tout mal, c'est un peu fatigant.
00:55C'est un peu fatigant.
00:57Là, par exemple, on a un collègue qui s'est fait balancer par d'autres collègues, ça
00:59c'est très grave, il ne faut pas se balancer entre collègues, c'est très très grave.
01:02Vous savez, c'est celui qui a été filmé sur le terrain à son insu par lui-même,
01:07sous prétexte qu'il avait dit « Kirikou », « Négro », « Bougnou », « La la la
01:12la la »… Non mais il ne faut pas… En fait, vous prenez tout mal, la réalité,
01:15c'est que ce sont juste des termes chez nous, c'est des termes pratiques.
01:17En fait, nous, on a besoin d'aller vite, voilà, on a besoin d'aller vite et quand on dit
01:20par exemple « Africain », ça fait trois syllabes, c'est long, alors que « Négro », ça
01:24fait deux, « Maghrébin », ça fait trois, alors que « Bougnoul », ça fait deux,
01:28« Juif », ça fait un, alors que « Youpin », ça fait deux ! Non, non, non, non, non,
01:32non, non, non, pardon, non, non, non, non, attendez, deux secondes, j'arrive, j'arrive,
01:36baissez vos rires, trois secondes. En fait, non, trois secondes, c'est juste qu'en fait
01:39là, les Juifs, après, ils arrivent, ils disent « Oui, mais alors, c'est la discrimination,
01:44l'antisémitisme aussi, c'est du racisme, donc on a mis deux, tout le monde, tout le monde
01:47deux syllabes ».
01:48Vous voulez bien, vous vous ressentrez peut-être sur les manifestations lycéennes ?
01:52Manifestations lycéennes, franchement, franchement… Moi, quand j'étais au lycée, qu'un prof
01:57était absent, on allait boire un canon, on allait pas faire une manifestation, à qui
02:00on veut faire croire ça, franchement… En plus, moi, je les vois, les pancartes, on veut
02:04un prof d'anglais, et bien l'État n'a pas de prof d'anglais, et bien il envoie
02:07douze fourgons. Mais non, mais douze fourgons, c'est une centaine d'hommes, voilà, une centaine
02:11d'hommes qui parlent un petit peu anglais, au bout du compte, ça fait un prof d'anglais,
02:15en fait. Il y a une logique dans tout ça, il y a une logique. En plus, j'entends dans
02:19certains médias, là, ça dit que les collègues ont chargé des gamins. Non, les collègues
02:24n'ont jamais chargé des gamins, ils ont procédé à une opération dynamique de désengorgement
02:28pédagogique, c'est ça qui s'est passé. Et puis moi, la pancarte, on veut le bac
02:32par la bac, c'est très drôle, mais c'est pas sympa, voilà, je voulais juste le dire.
02:37Et puis là, je suis désolée, mais on est dépassés, il y a des casseurs qui viennent de la
02:39France entière, qui détruisent des lycées en très bon état, c'est inadmissible, on est
02:42obligés de gazer tout le monde, on est obligés, enfin obligés, disons que ça simplifie le
02:46tri, voilà. Vous imaginez s'il faudrait différencier le lycéen qui réclame un prof, du casser
02:51qui brûle une poubelle, du prof qui soutient des élèves. Et il faut savoir qu'à travers
02:55la visière, franchement, tout le monde s'en met de soixante doutes.
02:59Mais avant d'en arriver là, ça fait un moment que les lycéens essayent de se faire entendre,
03:02on les a vus, des vidéos des étudiants qui filment des rats, des cafards, des morceaux de
03:06plafond qui s'effondrent dans les classes.
03:08Non, mais pas vous, Monsieur Noël, franchement, pas vous. Pas vous, c'est de l'IA, ça ! On
03:13est en France, ici, des cafards et des rats dans des classes, non, je suis désolée, on
03:17n'est pas à Babelouet, merde, en fait ! Non, bah si, bah désolé, bah c'est la réalité,
03:21voilà. Et puis en plus, ça servirait, même si c'était vrai, même si c'était vrai,
03:24et bah ça servirait à rien d'abîmer quelque chose de déjà très abîmé, en fait.
03:29Non, mais c'est-à-dire que quelqu'un qui s'est cassé la jambe, bah on lui casse pas
03:31le
03:31bras pour qu'il aille mieux.
03:34Elle est vachement bien, non, mais attendez, elle est vachement bien, parce que je l'avais
03:37pas prévue, celle-là, elle est bien, elle vous a plu, Salah, je sens qu'elle vous a
03:40plu. Je crois qu'on va rester là-dessus.
03:41Je suis pas sûr d'avoir tout compris, quand même, à ce que vous avez dit.
03:43Bah, quelqu'un, quelqu'un qui s'est cassé la jambe, bah on lui casse pas le bras pour
03:48qu'il aille mieux. Bon, écoutez, Monsieur Noël, tout le monde est pas prêt pour la poésie,
03:52c'est-à-dire que ça doit être ça ! Merci beaucoup, brigadier-chef, et surtout merci, Alexandra Roth.
03:58On vous retrouve la semaine prochaine dans Zoom Zoom.