00:007h40, on est de retour avec vous et c'est toujours un plaisir de vous accompagner dans ce grand matin.
00:057h40, c'est l'heure de votre rubrique.
00:08Sud Radio vous explique, le moral des artisans s'effondre avec une chute spectaculaire de 21 points d'optimiste par
00:14rapport à l'année dernière.
00:16Voilà qui révèle la détresse d'un secteur où près de 4 professionnels sur 10 envisagent désormais de jeter l
00:22'éponge.
00:22Bonjour Joël Fourny, vous êtes président de la Chambre des métiers de l'artisanat.
00:27Tout simplement, pourquoi cette chute soudaine ?
00:30Pourquoi cette chute ? Parce qu'en fait les artisans sont dans une situation d'une crise profonde.
00:36Ce n'est pas un problème en soi de foi au métier, c'est simplement parce que la conjoncture est
00:42difficile.
00:42Les crises ont été successives et là aujourd'hui on est à un point de rupture.
00:47Donc cela reste extrêmement préoccupant.
00:49La situation géopolitique, la situation politique de la politique nationale ne donne pas suffisamment de confiance aux artisans pour pouvoir
00:58prévoir l'avenir, développer l'entreprise.
01:01C'était quand le décrochage d'après vous ?
01:04C'était sur l'année 2025 quand on a constaté l'année dernière à la même période, on était encore
01:10sur une situation relativement haute en termes d'artisans optimistes pour l'avenir.
01:15Là on a bien vu qu'en fin d'année 2025 les choses se sont rapidement dégradées et aujourd'hui
01:20d'ailleurs on constate beaucoup de défaillances d'entreprises.
01:23Donc notamment des artisans qui n'ont plus confiance, des artisans qui sont dans une situation extrêmement critique.
01:29Et là nous avons besoin de les accompagner, de les soutenir.
01:32Je n'ai jamais vu ça, je n'ai jamais connu une crise aussi profonde.
01:36Ça remonte à quelques années maintenant où on est vraiment dans une situation extrêmement préoccupante.
01:43La première entreprise de France va très mal.
01:45Si on prend, oui vous faites bien de le rappeler, la première entreprise de France, mais si on prend les
01:49deux dernières années, quelle est la raison, la cause du décrochage ?
01:54Est-ce qu'il y a une mesure qui vous a été fatale ?
01:56Non, vous avez simplement eu des augmentations successives.
02:00Vous avez notamment les crises qui ont amené évidemment une augmentation des prix des matières premières.
02:08Également le coût de l'énergie qui s'est rajouté à cela.
02:11La baisse de consommation qui joue énormément.
02:14Donc on a quand même, j'irais, des périodes extrêmement délicates.
02:18Et là, vous avez des coûts sur lesquels l'artisan peut, des augmentations sur lesquelles l'artisan peut répercuter sur
02:26le prix de vente.
02:27Mais à un moment donné, ce n'est plus possible.
02:28Donc ça veut dire qu'il faut regarder comment revoir la stabilité économique de l'entreprise dans son ensemble.
02:37Joël Fourny, président de la Chambre des métiers et de l'artisanat.
02:41Ce n'est peut-être pas inutile de rappeler quels sont les métiers que ça regroupe.
02:44Parce qu'on comprendra mieux ce que vous nous dites.
02:46Parce que les artisans sont aussi sur la route et donc directement liés à la problématique à laquelle vous faites
02:52allusion à l'instant.
02:53A savoir le carburant.
02:54Alors quels sont les métiers ? Les cinq ou six métiers majeurs ?
02:57Alors vous avez les métiers des menuisiers, les charpentiers, vous avez les maçons, vous avez les bouchers, les charcutiers, les
03:04boulangers.
03:04Vous avez aussi le coiffeur, l'esthéticienne.
03:08Vous avez aussi les entreprises qui travaillent pour la sous-traitance industrielle.
03:12Vous avez énormément de métiers différents.
03:16Et donc dans ce secteur-là, sont aussi beaucoup de gens qui se déplacent et donc le carburant a un
03:20impact considérable.
03:22Oui, vous avez aussi.
03:23Et également pour leur matière première.
03:24Oui, voilà. Vous avez aussi les frais de transport qui sont énormes.
03:27Vous avez les coûts d'augmentation du carburant qui jouent très directement sur la rentabilité de l'entreprise.
03:33Tous ces éléments-là viennent forcément créer une tension sur l'entreprise.
03:37Si vous aviez une demande à formuler aujourd'hui, quelle serait-elle pour soulager tout ce secteur ?
03:44Ce qu'on attend et ce qu'attendent les entreprises artisanales, c'est de la stabilité politique.
03:49C'est notamment d'avoir une vision sur du long terme pour permettre et leur permettre de pouvoir avoir des
03:54perspectives d'avenir.
03:55Avoir la possibilité de pouvoir prévoir les investissements futurs, les embauches futures sur une période longue.
04:02Et là, aujourd'hui, nous sommes dans une situation relativement instable.
04:06Donc, ce qui ne permet pas, vous voyez par exemple sur l'apprentissage, nous avons des remises sans cesse en
04:12cause du coût de prise en charge sur la formation par alternance.
04:16C'est des éléments qui viennent forcément, j'irais, jouer sur la décision que l'artisan doit prendre quand il
04:22doit embaucher un apprenti, par exemple.
04:24Ça, nous devons aussi prévoir, j'irais, des financements qui soient durables.
04:29Oui, de la stabilité parce que ça permet de voir venir et de comprendre l'avenir.
04:34Dans un entretien accordé aux Parisiens le 23 août, la ministre déléguée chargée de la formation professionnelle et de l
04:39'apprentissage,
04:39précisément, vous en parliez, Sabrina Roubach assure qu'il n'y aura pas de coupe supplémentaire pour les aides à
04:44l'apprentissage.
04:46Vous le confirmez dans les faits ou pas ?
04:48Oui, nous constatons évidemment que là, aujourd'hui, il y a eu une petite revalorisation,
04:53mais nous sommes encore sur un niveau de prise en charge qui est relativement inférieur au seuil de rentabilité,
04:58et à la capacité de pouvoir avoir une rentabilité sur chaque formation.
05:01Ça aura un impact, notamment sur nos centres de formation, sur la rentabilité de nos centres de formation,
05:07et sans doute une remise en cause de certaines formations territoriales,
05:10au plus près des entreprises, au plus près des jeunes, sur l'ensemble du territoire national.
05:15Donc, c'est vraiment là où on a des jeunes qui se trouvent dans une situation relativement délicate,
05:20notamment liées au fait qu'ils n'ont pas d'emploi.
05:23Il faut permettre de faciliter aussi l'entrée dans la vie professionnelle en favorisant l'apprentissage, notamment.
05:30C'est absolument essentiel, puisque c'est en effet de l'avenir des jeunes dont tout cela dépend.
05:36Merci infiniment, Joël Fourny, président de CMA France,
05:39Chambre de métier et de l'artisanat, d'être venu jusqu'à nous ce matin.
05:43Et je...
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