- il y a 2 mois
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
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00:00– Merci d'être là et bonsoir à vous Agnès Évrenne.
00:04– Bonsoir.
00:04– Vous êtes sénatrice LR de Paris et vous présidez cette commission d'enquête parlementaire du Sénat sur le périscolaire
00:12qui va entamer, poursuivre une série d'auditions très attendues, je le disais, le sujet est une bombe judiciaire et
00:19politique
00:19et c'est vous qui allez auditionner des personnalités dont par exemple Anne Hidalgo, vous allez nous détailler tout cela,
00:26et puis le naufrage, vous avez déjà quand même auditionné un certain nombre de personnes,
00:31mais tout d'abord avec vous Pauline Romna, bonsoir, on va poser le cadre, avec vous Serge Raffi, je vous
00:36salue également,
00:37bonsoir à vous, on va parler de cette bombe politique à fragmentation des conséquences et je salue également maître Dylan
00:42Slama,
00:43merci d'être avec nous maître, évidemment les conséquences judiciaires sont tentaculaires.
00:48Tout d'abord Pauline, on va voir où en sont ces multiples plaintes, une centaine d'animateurs périscolaires ont été
00:54suspendus,
00:54dont 52 pour soupçons de violences sexuelles ou sexistes, est-ce qu'on peut faire le point sur cette affaire
01:00titanesque ?
01:01Alors pour l'instant on n'a que des chiffres du parquet de Paris, il n'y a que le
01:03parquet de Paris qui communique ses globaux si je puis dire,
01:06il y a 203 enquêtes en cours à Paris, 143 en maternelle, 36 en primaire et 24 en crèche.
01:12Il y a 47 dossiers qui ont été classés sans suite et il y a 6 affaires devant le tribunal
01:15correctionnel de Paris,
01:17dont celle qui nous a occupé cet après-midi avec Maxime Branche-Setter,
01:19Il y a un animateur de 59 ans qui comparaît cet après-midi pour des violences, des agressions sexuelles sur
01:25des enfants âgés de 6 à 9 ans en primaire.
01:28Je suis désolée pour ce que j'ai fait, a-t-il dit cet après-midi, il faut le souligner,
01:31c'est assez rarissime qu'ils reconnaissent les faits.
01:33Je n'ai pas respecté la règle d'assumer la sécurité physique de l'enfant, physique et morale de l
01:38'enfant.
01:38En quoi ne l'avez-vous pas respecté ? lui demande le juge cet après-midi en les touchant de
01:42manière inappropriée.
01:43L'audience est en cours, Maxime Branche-Setter le suit pour nous.
01:46Il faut aussi dire que pendant l'été, il y a eu 22 nouveaux signalements qui sont parvenus au Parquet
01:51de Paris entre juillet et août 2026.
01:54Donc vous comprenez bien qu'il y a du boulot, en tout cas en la matière.
01:58Et la rentrée, peut-être, est-elle en train de virer à la psychose dans le péri-scolaire ?
02:02La confiance, on peut le comprendre, est rompue clairement et de nombreux parents, je vous le disais, s'organisent pour
02:08un temps partiel.
02:09Alors qu'il s'agisse d'ailleurs d'enfants inscrits dans des écoles où il y a eu des agressions,
02:14agressions supposées, ou non ?
02:15Alors que dit-on véritablement ce soir ? Qu'est-ce qu'on peut dire à ses parents ?
02:19Je voudrais qu'on écoute deux mères de famille qui se sont exprimées au micro de BFM.
02:24L'année dernière, il y a eu un souci dans l'école de mon petit garçon. On préférait prendre les
02:29précautions, prévenir plutôt que guérir, mais c'est vrai que cette histoire-là nous a un peu échaudés.
02:34Et c'est quelque chose qui est effrayant parce qu'on sait que si jamais il y a un problème,
02:38on sait que ce ne sera pas bien traité.
02:40Ça fait forcément l'objet de discussion et de réflexion parce que c'est des sujets qui touchent fort et
02:45qui touchent avec forcément des émotions personnelles qui sont en jeu.
02:49Il y a des problèmes, mais quels que soient les endroits, il y a des problèmes un peu partout.
02:54Et qu'en fait, on ne peut pas non plus mettre nos enfants sous cloche et les préserver de tout.
02:58Le tout, c'est surtout, à mon sens, de faire de la prévention auprès d'eux.
03:02Bien, rentrons dans le vif du sujet. Agnès Évren, vous présidez une commission éminemment politique.
03:08Évidemment, je vais même parler d'une bombe politique. On va détailler cela avec Serge Raffi.
03:11Il y a une question qui s'impose à tous. Qui savait ? Qui a préféré le silence ? Qui
03:17a entretenu l'OMERTA ?
03:18Est-ce que les politiques, de manière générale, et puis au Conseil de Paris, est-ce qu'ils ont pu
03:23ignorer les signalements et les remontées de signalements ?
03:27Écoutez, ça n'est pas possible pour une simple et bonne raison.
03:31C'est qu'il y avait un rapport de l'inspection générale de la ville de Paris, qui date de
03:36juin 2015,
03:37et qui détaillait, qui documentait noir sur blanc toutes les défaillances auxquelles étaient susceptibles d'être confrontés les enfants.
03:46Et c'est même pire, c'est qu'il avait décrit 31 situations de risque d'abus sexuels.
03:51Et donc, ils disent, attention, formez bien les adultes à la détection, en fait, des comportements, des changements de comportement
03:57d'enfants,
03:58parce qu'il faut pouvoir ensuite alerter immédiatement la direction, ce qu'on appelle la DASCO, la CASPEU,
04:05et est-ce que c'est remonté ou non à la maire de Paris ?
04:07Vous savez, dans ces affaires, il y a une vraie opacité, parce qu'on ne sait pas qui a recruté,
04:11qui a signé les conseils.
04:13Les signalements sont remontés. On verra jusqu'où. Donc, soit il y a deux possibilités.
04:17Soit il y a une incompétence majeure, tout simplement, de ne pas avoir traité ces signalements.
04:22Soit c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grand.
04:24Moi, je vais vous dire, le fond de ma pensée, même si je suis rapporteure de cette commission d'enquête,
04:27et on ne va pas d'emblée définir des coupables, ce que je veux dire, c'est que Paris est
04:33un cas exceptionnel
04:34par l'ampleur du nombre de familles concernées, par l'ampleur d'enquête pénale 203, et par l'ampleur de
04:41l'OMERTA.
04:41On n'a pas les chiffres nationaux.
04:42Oui, alors, ça c'est pour Paris.
04:44C'est dire l'inquiétude, Pauline.
04:46Pour autant, ça n'est pas une exception. C'est-à-dire que Paris n'est pas une exception.
04:50C'est un cas exceptionnel, mais ça n'est pas une exception. Pourquoi ?
04:53Parce qu'il y a aujourd'hui 70 départements qui sont concernés.
04:56C'est-à-dire que toutes ces défaillances, elles se répètent sur quasiment tout le territoire.
05:01C'est le SOS périscolaire qui le dit.
05:03En termes de formation, en termes de recrutement, je vous donne juste un exemple.
05:07Jeudi, on va auditionner une journaliste d'RTL, et ça a été public,
05:11donc je peux le dire, qui s'est infiltrée dans une école du Val-de-Marne.
05:14Je ne dirai pas laquelle.
05:15En 8 minutes chrono, elle a été recrutée sans contrat, sans qualification,
05:20et sans casier judiciaire.
05:23Et le pire, c'est qu'elle s'est retrouvée dans une école avec un dispositif ULIS,
05:27c'est-à-dire avec des enfants qui sont en situation de handicap,
05:29sans avoir été prévenus.
05:31D'accord ?
05:31Et quand elle pose la question au recruteur qui était de la direction de la jeunesse,
05:35donc ce n'était pas un agent lambda,
05:36elle lui dit, mais c'est habituel comme ça de recruter en quelques heures ?
05:40Oui, il y en a eu deux hier,
05:42parce que nous gérons la pénurie d'animateurs qualifiés et formés,
05:45et donc on répond à l'urgence.
05:47Vous voyez ?
05:48Ça dit tout en fait de la principale faille qui est à l'entrée,
05:51parce qu'on sait que les pédocriminels, ils ne vont pas travailler dans les EHPAD.
05:53Mais quel naufrage !
05:54Les pédocriminels ne vont pas travailler dans les EHPAD,
05:56ils vont travailler au contact des enfants parce qu'ils savent qu'ils peuvent,
05:59ils pensent qu'ils peuvent vivre librement leur déviance sexuelle.
06:01C'est pour ça qu'on doit redoubler de vigilance dans le recrutement.
06:05Mais qui le ont ? Pardonnez-moi, s'il y a un sujet,
06:07un sujet qui doit être prioritaire, ça devrait être celui-là.
06:09D'ailleurs, ça devrait être le sujet de la campagne présidentielle.
06:12On va traiter de mille et un sujets tout à l'heure,
06:14mais pardonnez-moi, pourquoi il n'y a pas, je ne sais pas,
06:16une prise de conscience, évidemment, auprès des citoyens collectifs ?
06:20Je vais vous dire, on a l'impression qu'on découvre le sujet.
06:21Vous savez, la parole de l'enfant, elle a toujours été libérée.
06:24Le problème, c'est qu'on a toujours méprisé la parole de l'enfant
06:27et que ça doit être un enjeu du débat présidentiel,
06:30de la place des enfants, des plus fragiles dans nos sociétés.
06:34On est un pays comme la France, un pays développé comme le nôtre.
06:37Comment est-ce qu'on peut cacher des choses aussi ignobles ?
06:39On parle d'enfants de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans.
06:43Je sais bien, votre commission,
06:44alors on ne peut pas préenter les questions que vous allez poser,
06:48mais Serge Raffi, évidemment, il y a le Conseil de Paris,
06:51il y a eu l'ancienne maire de Paris.
06:54Il ne s'agit pas du tout de pointer des responsabilités de ce soir,
06:57mais la question va lui être posée.
06:58Il y a des signalements d'une telle gravité.
07:00L'objet de la commission d'enquête, dirige Madame Évren,
07:04c'est justement d'établir les responsabilités.
07:07Et donc simplement, il faut rappeler...
07:08Attention, je ne suis pas procureure ni juge.
07:09Moi, je suis là pour pointer la chaîne de protection
07:14où elle a failli, absolument.
07:16Collectif, individuel.
07:17C'est ça, et individuel.
07:19Et ça, moi, je sais que vous allez peut-être me contredire,
07:22mais en 2015, il y a eu une intervention d'un élu de l'opposition à la mairie de Paris.
07:29Monsieur Lecoq est intervenu,
07:31et ça n'a servi à rien,
07:33parce que tout simplement, il y avait une vision partisane.
07:36C'est-à-dire que quelque part,
07:38la mairie de Paris a vécu ce moment-là,
07:40non pas comme une alerte sérieuse,
07:42mais comme une opération partisane,
07:44de déstabilisation, etc.
07:46Et d'ailleurs, ce qui est assez amusant,
07:47c'est qu'il semblerait qu'on continue à le présenter un peu sous cet angle-là.
07:50C'est-à-dire que vous,
07:51vous êtes le procureur de la droite
07:54qui veut vraiment faire la goûte d'Anne Hidalgo, etc.
07:58Or, je sais bien que ce n'est pas votre cas.
08:00C'est tellement grave.
08:02– Serge Raffine, d'accord, là, il ne s'agit pas de la saleté
08:03ou de Paris ou des débats municipaux.
08:05– Je sais bien, c'est bien pour ça.
08:06– Là, il s'agit d'une gravité sans nom.
08:07– Oui, mais la commission d'enquête parlementaire,
08:09c'est la responsabilité politique,
08:11c'est pas la responsabilité pénale, c'est ça que je dis.
08:15En fait, les violences sur des mineurs,
08:18elles dépassent les clivages politiques, confessionnels et idéologiques.
08:21– Bien sûr.
08:21– L'enjeu, c'est pourquoi est-ce que dans nos sociétés,
08:23on ne protège pas suffisamment ce qu'on a de plus fragile,
08:26et je le dirais pareil pour les plus vulnérables,
08:28nos aînés, en fait.
08:30– Je vais vous dire, c'est un sujet politique,
08:31c'est un sujet judiciaire, c'est un sujet médiatique aussi.
08:34C'est notre responsabilité de dire, de dénoncer.
08:37Et quand je viens d'entendre Pauline, Maître Slama,
08:41décrire ce que nos journalistes à BFM ont suivi,
08:44c'est saisissant.
08:46C'est-à-dire, il y a une reconnaissance.
08:48– C'est rare.
08:48– C'est très rare.
08:49Et même si nous en rentrons de culpabilité,
08:52je veux dire, là, peut-être qu'on tire le fil,
08:56pardonnez-moi, d'un scandale
08:58qui dépasse largement la capitale, d'ailleurs.
09:00– Alors, d'un point de vue judiciaire,
09:01c'est très difficile à traiter,
09:03parce que vous avez raison de dire que ce qui est exceptionnel,
09:05c'est les aveux, mais j'irai encore plus loin,
09:06les condamnations.
09:07Vous avez parlé, je crois, de 47 classements sans suite
09:10dans ce cadre d'affaires.
09:11Alors, attention, 47 classements sans suite,
09:13il ne faut pas faire peur aux gens,
09:14ça ne veut pas dire que 40 pédo-criminels sont en liberté, etc.
09:17– Mais en revanche, Maître Slama,
09:18avant l'été, il y a eu trois procès.
09:20– Et deux mois qui s'est finit par une relax, je m'en rappelle.
09:22– Il y a eu deux relax, et il y a eu 18 mois avec sursis.
09:24Et le point commun de ces trois,
09:25c'est ces trois affaires, une indignation des familles.
09:28Et le point commun de ces affaires,
09:30c'est qu'ils vont tous être jugés en appel,
09:31parce qu'il y a eu des appels dans tous les sens.
09:32– Bien sûr, mais je comprends bien,
09:33mais il faut bien comprendre que la preuve
09:35est très difficile à apporter dans ce type de dossier,
09:37que la parole de l'enfant, bien sûr qu'il faut l'écouter,
09:40est-ce que pour autant elle suffit pour condamner quelqu'un ?
09:42Ce n'est pas évident.
09:43Moi, je vais vous dire, très honnêtement,
09:44j'ai reçu à mon cabinet des animateurs qui ont été suspendus.
09:47On se dit aussi qu'il peut y avoir des excès dans ce qui est dénoncé.
09:50Alors attention, quand je dis ça,
09:51c'est normal que le principe de précaution s'applique,
09:53c'est normal que ces animateurs qui font l'objet de signalement
09:55soient immédiatement suspendus,
09:56mais entendez-nous, il y en a, je pense, un certain nombre
09:59qui sont suspendus et qui ne finissent pas.
10:00– Pardonnez-moi, le principe de surprécaution,
10:02il s'applique partout, dans tous les domaines dans notre société,
10:04mais alors quand il s'agit d'enfants,
10:05bon, je viens de dire des choses,
10:07mais attention, vous avez raison, il y a l'aspect aussi…
10:09– Le corollaire de ça, c'est d'accepter de suspendre
10:11tout un tas de gens aussi qui ne sont sans doute coupables de rien,
10:13mais il faut l'accepter, il faut l'accepter.
10:15– Agnès, c'est vrai.
10:15– Ce que vous dites est très important,
10:16parce qu'en fait, aujourd'hui, la preuve, en France,
10:19elle repose essentiellement sur le recueil de la parole.
10:22Et il se trouve que parfois, les enfants,
10:24parce que la brigade de protection des mineurs
10:26est totalement engorgée et embouteillée,
10:28la parole de l'enfant est recueillie quelques mois après.
10:30Eh bien, ça détruit la preuve.
10:31Et le classement sans suite, ce n'est pas un certificat d'innocence.
10:34– Non, non.
10:35– Ça veut dire juste que la parole de l'enfant
10:36n'a pas été suffisamment claire, n'a pas été suffisamment précise.
10:38– Ou que l'infraction sexuelle n'a pas été suffisamment caractérisée.
10:41– Et c'est difficile. Je vous rejoins.
10:43– Ce soir, il y a des parents qui sont angoissés,
10:45qui se disent, moi, je ne vais pas, je ne peux pas,
10:47je ne peux pas mettre mes enfants dans un centre aéré, à la cantine.
10:52Mais vous imaginez la réorganisation,
10:54j'allais dire par rapport aux risques…
10:56– Mais c'est une rupture de confiance totale envers les institutions,
10:58envers les milieux.
10:59– Vous imaginez aussi la responsabilité qui pèse sur vous
11:01pour qu'on sache véritablement ce qu'il sache.
11:03Est-ce que vraiment, on saura ?
11:04– Mais je pense que, bien sûr qu'on saura.
11:06Mais il faut complètement refonder le périscolaire.
11:08Parce qu'en fait, il y a une telle…
11:09Aujourd'hui, il y a des directions bicéphales dans les écoles.
11:11Très rapidement, en fait, le scolaire dépend de l'éducation nationale
11:14et le périscolaire de la mairie.
11:15Quand il y a un drame, un parent va voir l'école
11:18et on leur dit, mais non, c'est la mairie.
11:20Quand ils vont voir la mairie, ils disent non,
11:21il y a une enquête judiciaire de présomption d'innocence.
11:23– Les mairies, les collectivités ont une responsabilité.
11:27Moi, je voudrais savoir qui recrute.
11:29– Ce sont les mairies.
11:30– Le CV arrive bien sur la table de quelqu'un.
11:32– Exactement, c'est 100%.
11:34Le recrutement incombe 100% aux municipalités.
11:37Mais est-ce que vous savez que 40% des communes
11:40ont des périscolaires qui ne sont pas déclarées à l'État
11:42et donc elles sont exemples de toutes.
11:43– Toutes qui sont externalisées, c'est ça.
11:45– C'est ça, ce sont les accueils collectifs de mineurs
11:48qui ne sont pas déclarés à l'État
11:49et qui donc, eux, ne sont pas contrôlés.
11:51Un jardinier municipal, par exemple,
11:52peut demain encadrer 150 enfants
11:54et donc il vient avec ce qu'il est.
11:56S'il prend un enfant sur les genoux
11:57parce qu'il n'a pas été formé, c'est possible.
11:59Aujourd'hui, il n'y a pas de contrôle de ce point de vue-là,
12:02d'honorabilité parce qu'ils ne sont pas déclarés à l'État.
12:04Vous voyez, en fait, il faut uniformiser tous les protocoles.
12:07– Est-ce qu'il y a une omerta municipale ?
12:08Peut-être que vous subissez des pressions,
12:11mais est-ce que vous avez pu convoquer facilement
12:13certaines personnalités ?
12:14– Sans aucun problème.
12:15Moi, ce que je dis, d'ailleurs, je l'ai dit à Paris,
12:17évidemment, quand il y a eu 203 enquêtes pénales
12:20qu'un rapport écrivait noir sur blanc,
12:22tout ce qui s'est passé aujourd'hui,
12:24c'est donc bien qu'il y a eu un déni, un omerta,
12:26un mépris de la parole des enfants.
12:28Et c'est même pire, un mépris des parents,
12:30parce qu'aujourd'hui, les parents, malheureusement pour eux,
12:32ils sont devenus des enquêteurs de nuit.
12:33Ce sont eux qui recoupent toutes les informations
12:35pour savoir si leur enfant a été ou non au contact,
12:38en fait, d'un animateur prédateur.
12:40Et donc, il y a une espèce de silence assourdissant
12:43vis-à-vis des familles qui est insupportable,
12:46parce que pour certains, c'est vrai que parfois,
12:48on a déplacé le risque au lieu de le supprimer.
12:51– Mais les signalements, ça, c'est un fait.
12:53Est-ce que vous pouvez nous dire que c'est un fait ?
12:55– Les signalements ont été remontés depuis 2015 ?
12:58– C'est toute la question, Mme Mabrouk.
13:00– Et à qui sont remontés ?
13:01– Nous, on sait très très bien qu'en fait…
13:02– Est-ce qu'on le saura ?
13:03– À partir de 2025, oui, quand l'affaire a éclaté médiatiquement,
13:07les signalements sont remontés.
13:09Alors là, on a fait des articles 40 dans tous les sens.
13:11Le problème, c'est de 2015 à 2025.
13:14Là, c'est le silence.
13:15M. Grégoire, et je lui ai demandé,
13:17je veux toute la date des signalements articles 40.
13:20– À qui est le maire de Paris ?
13:20– À la maire de Paris, je l'ai écrit.
13:22– À Mme Hidalgo, à M. Grégoire, à M. Bloch,
13:26je leur ai dit de 2015 à 2025,
13:28je veux la liste de tous les articles 40
13:29qui ont été faits par les autorités.
13:31Parce que c'est la loi.
13:32La loi oblige les autorités à dénoncer un délit ou un crime
13:38immédiatement quand il en a connaissance et sans délai.
13:40C'est la loi qui le dit.
13:41C'est la loi qui le dit.
13:42Et on ne sait pas actuellement.
13:44Et donc, je fais confiance à M. Grégoire
13:46pour nous transmettre tous ces articles 40.
13:46– Mais pardonnez-moi, madame,
13:47mais vous savez autant que moi
13:49que l'article 40 du Code de procédure pénale…
13:51– Très peu connu.
13:52– Il est endormi quelque part.
13:53– Oui, exactement.
13:54– Dans la multitude des…
13:55– Il était très peu…
13:56– Vous savez, monsieur…
13:56– Ce qui n'est pas endormi, c'est quand même…
13:58– C'est que, monsieur, ce que vous dites…
13:59– C'est la colère des familles.
14:00– C'est que la non-dénonciation est un délit.
14:03– Non, mais c'est pour en revenir sur la notion de responsabilité.
14:05– Il y a des mères qui ne savent même pas l'existence de l'article.
14:07– On peut dormir, on peut dormir si on a mis sous le tapis
14:12des signalements d'un chouchement.
14:13– Vous savez, je vais vous dire quelque chose de très douloureux.
14:17J'ai, dans une audition, un papa qui m'a dit
14:19qu'il avait beaucoup de mal à recueillir de la parole de l'enfant
14:21parce qu'elle est très, très difficile à recueillir.
14:23Il ne sait pas à cet âge-là ce qu'est la sexualité.
14:25Il ne se représente pas.
14:26Donc, il ne met pas de mots sur ce qu'il a dit.
14:27Et à un moment, il a dit cette phrase, moi, qui me terrifie.
14:31Il a dit, on lui a montré la bande dessinée, mon corps et mon corps.
14:33Et quand on lui a dit que je n'ai pas le droit d'être seule avec un animateur,
14:35elle a levé les yeux.
14:36Ah si, papa, moi, l'animateur, il m'a emmenée dans le local à vélo.
14:40Et j'étais seule avec lui.
14:41Et à partir de là, il décrit tout un acte pédocriminel avec une limpidité.
14:44Et ça, c'est vrai que pour des parents, c'est traumatisant.
14:47C'est-à-dire que c'est des vrais brisés pour les enfants,
14:49mais pour les parents aussi.
14:51– Non, mais c'est glaçant, je vous assure.
14:53Enfin, je ne sais pas, on a des frissons.
14:55Ce n'est pas possible, on est à la veille.
14:57Vous avez vraiment les commissions d'enquête parlementaires.
14:59On connaît aussi, il y a certaines commissions qui ont fini, qui ont fait pchit.
15:03Celle-ci, elle a un devoir, elle est plus que d'utilité publique.
15:07Tout le monde va venir, donc qui va être auditionnée ?
15:09Alors, la journaliste dont vous avez parlé, Pauline.
15:11– Vous savez, on commence jeudi.
15:13– Oui, mais encore une fois, n'oubliez pas que Paris est un cas exceptionnel,
15:17mais ça n'est pas une exception.
15:18On a tout ce qui s'est passé cet été à Tarnos,
15:2113 fillettes agressées par un directeur de centre de loisirs,
15:24à Mardier, près d'Orléans, près de Bordeaux.
15:28Donc, je reçois les collectifs de parents jeudi,
15:30mais ça, bien évidemment, ce ne sera pas filmé
15:31parce qu'ils veulent rester anonymes.
15:34Ensuite, je reçois la procureure de la République de Paris,
15:37le procureur général de Lanterre, le procureur…
15:40– Je me mets à la place d'une personne auditionnée, de responsable.
15:42Je vais vous le dire, moi, mais je n'étais pas au courant.
15:44Voyez mon responsable, mon collaborateur.
15:46– Sonia, il va y avoir des pièces qui vont être fournies ?
15:48– J'ai demandé que tout soit documenté.
15:51– Il y a des courriels.
15:51– Vous pouvez saisir sur pièce et sur place, comme on dit ?
15:54– Bien évidemment.
15:56– Vous pouvez débarquer à la mairie de Paris et demander…
15:58– Tous ceux qui viennent et dont les auditions sont publiques
16:01doivent prêter serment.
16:02J'ai un droit de citation et eux,
16:04ils ont une obligation de prestation de serment.
16:06C'est-à-dire qu'ils lèvent la main droite et ils disent « je le jure ».
16:08Voilà.
16:08Mais je vous assure que Mme Hidalgo a répondu oui tout de suite.
16:11M. Bloch également.
16:12M. Bloch était l'adjoint au maire, compétent pendant 15 ans.
16:16Et puis, ce n'est pas tout.
16:17Je reçois également toutes les anciennes directrices
16:19de l'enseignement scolaire de Paris,
16:21les deux qui, pour certaines, vont venir expliquer, en fait,
16:25parce que c'est elles qui recrutaient.
16:26C'est l'administration qui recrute.
16:27Il ne faut pas l'oublier.
16:28Donc, elles recrutaient.
16:30Moi, je veux savoir, par exemple, pour Saint-Dominique,
16:32qui a signé le contrat de celui qui est en détention provisoire ?
16:34Qui a signé le contrat ?
16:35Je veux être sûre que le contrôle de l'honorabilité
16:37a été bien effectué.
16:40– Je pense qu'avec Pauline, BFM, on va suivre véritablement.
16:44Alors, ce n'est pas public.
16:45– Ah si, toutes les auditions le sont.
16:47– Toutes les auditions le sont, elles sont retransmises.
16:49– Des politiques, oui.
16:50– Oui, des politiques.
16:51– Mais des parents…
16:52– C'est normal.
16:52– De victimes, non.
16:53– On respecte l'anonymat.
16:54– Il y a l'émotion, il y a le chagrin.
16:57Maître, mot de la fin, si je puis dire,
16:58parce que je vous vois, il y a évidemment ce que vous avez dit,
17:02le principe de précaution, la prudence.
17:04Il y a des gens qui sont présumés, évidemment, innocents.
17:08Malgré tout, moi, je m'étonne.
17:09C'est-à-dire que là, on pourrait tirer le fil d'un véritable scandale.
17:11– Ah mais bien sûr.
17:12Alors, encore une fois, il faut se méfier.
17:13– Il est déjà là.
17:14– Je parlais, le scandale est déjà là.
17:16– Mais effectivement…
17:16– Parce qu'elle en parle beaucoup du père espélaire frarisien.
17:18– Mais pour moi, c'est le duffrage de nos services publics,
17:20que ça soit en amont, dans la chaîne judiciaire, le contrôle…
17:25– C'est un lieu sacré, dans un lieu sacré,
17:26tous nos enfants doivent être protégés,
17:28y compris leur intégrité physique, et c'est ça.
17:30– Votre commission, elle va pouvoir agir pour établir la responsabilité,
17:33mais pour trouver les solutions, c'est sûr du temps long.
17:36– Pas du tout, mais pardonnez-moi, ne me dites pas que depuis,
17:38rien n'a été mis en place.
17:39– Je pose la question, la solution et la pénurie d'animateurs,
17:42comment on fait pour résorber cette pénurie d'animateurs
17:44qui a abouti encore il y a quelques semaines ?
17:45– Mais vous savez pas, mais M. Sama, vous prenez le sujet à l'envers.
17:48– Je vais, je vais…
17:48– D'abord la sécurité, ensuite la pénurie.
17:50– Ah oui, mais une commission, c'est…
17:51– Non mais c'est la même chose, les solutions,
17:53c'est comment empêcher de recruter des animateurs en 6 minutes ?
17:55– Non, d'abord, on protège l'intégrité physique de l'enfant.
17:57– Les responsabilités, c'est au plan national et territorial.
17:59Je vais auditionner Vincent Payon,
18:00et je vais lui demander si, en 2013,
18:02quand il a mis en place la réforme des rythmes scolaires,
18:05est-ce qu'ils ont pensé à la dimension du recrutement et des contrôles
18:07quand on recrute 15 000 animateurs à Paris ?
18:09Et qu'on sait que les pédocriminels vont au contact des enfants
18:13pour penser vivre cette déviance librement.
18:16Donc ça veut bien dire qu'en fait,
18:18ils n'ont pas été suffisamment, je trouve…
18:20– Je vais vous choquer, c'est un permis
18:21qui a été donné à certains pédophiles.
18:24– Bien sûr, c'est pour ça que certaines mères de famille…
18:25– Venez faire la commission d'enquête, je ne peux pas le dire.
18:28– Il n'y aurait que des femmes s'occuperaient.
18:29– Mais c'est illégal, c'est du réperdité.
18:31– Pour vous, madame Lebrun,
18:32quelle que soit votre étiquette politique,
18:34on compte sur vous, c'est transpartisan,
18:36et c'est important évidemment.
18:38– Vous pouvez, vous pouvez.
18:38– Merci d'avoir été notre invitée, merci.
18:41Merci Pauline, évidemment c'est très important,
18:43on suivra cela ensemble.