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  • il y a 5 semaines
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:00En ce week-end politique, une proposition qui fait parler la proposition de Jordan Bardella a organisé très rapidement un
00:07référendum sur l'immigration si Marine Le Pen est élue.
00:09Écoutez, c'était hier soir le patron du RN et potentiel futur Premier ministre interrogé par notre journaliste Marie Chantret.
00:17Nous allons soumettre aux Français un texte, un projet de loi qui leur conviendra d'approuver par référendum.
00:25Nous leur proposerons la suppression du droit du sol.
00:27Nous leur proposerons...
00:29Surtout le territoire national, pas uniquement à Mayotte par exemple.
00:32Non, non, la suppression, le droit du sol est une exception en Europe.
00:36Vous avez beaucoup de pays comme l'Italie par exemple qui n'ont pas le droit du sol et ce
00:39sont des grandes démocraties qui se portent très bien.
00:41La suppression pure et totale, pas uniquement liée à une condition de durée sur le territoire français ?
00:46La suppression du droit du sol, l'expulsion systématique des délinquants et des criminels étrangers,
00:51la priorité nationale donnée aux Français dans les aides sociales.
00:55Nos invités pour en parler, Gaëtan Dussaucet, député RN des Vosges, bonsoir et bienvenue.
01:01Thomas Porte, face à vous, député de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis, bonsoir.
01:05Bienvenue également.
01:06Serge Raffi est toujours à nos côtés, éditorialiste au point et écrivain.
01:09Benjamin Morel, constitutionnaliste.
01:12Bonsoir à tous les quatre.
01:15D'abord un mot sur la forme.
01:16Pourquoi un référendum ?
01:17Pourquoi ne pas passer par le Parlement ?
01:20Alors c'est en effet une proposition que l'on soutient avec Marine Le Pen et qu'on a défendue
01:24et présentée devant les Français depuis septembre 2021,
01:26sauf erreur de ma part, avec un objectif essentiel.
01:28C'est celui de faire ce qui n'a jamais été fait dans toute la Ve République, à savoir rendre
01:32le pouvoir aux Français de décider de leur politique migratoire.
01:35Je pense que dans toute démocratie mature et grande démocratie comme la France,
01:39avoir la possibilité au peuple souverain qui devrait être le seul à pouvoir prendre des décisions dans notre pays,
01:45de pouvoir décider de la politique d'immigration qu'il veut mener,
01:48de savoir qui rentre, qui se maintient et qui sort de notre territoire,
01:51est tout simplement une démocratie qui serait en très bonne santé.
01:54Donc on se réjouit évidemment de pouvoir renouveler cette proposition à l'égard de cette nouvelle campagne présidentielle.
01:58Je parle de la forme et strictement de la forme.
02:01Consulter, Thomas Porte, les Français sur une question, la question de l'immigration, vous en pensez quoi ?
02:06Me faire croire qu'on n'a pas de consultation et de débat sur la question migratoire dans ce pays,
02:11c'est faux.
02:11Depuis 1945, il y a eu 117 textes législatifs décrits qui sont passés sur la question migratoire.
02:17Mais je crois qu'au-delà de la question du référendum, on ira sur le fond, mais de remettre en
02:20cause le droit du sol.
02:22C'est un fondement de ce qu'est la République française, c'est-à-dire de faire le choix d
02:25'avoir une nation politique et pas une nation ethnique.
02:28La communauté nationale, ce n'est pas l'appartenance à une origine, c'est l'appartenance à des valeurs,
02:32ce qu'on a sur les frontons des mairies, liberté, égalité, fraternité.
02:35Et c'est une meuture qui est xénophobe, parce que d'ailleurs, vous avez aussi parlé de conditionner les aides
02:39sociales et de les interdire,
02:40notamment c'est-à-dire le programme de Marine Le Pen sur les personnes qui ont moins de 5 ans
02:43de résidence sur le territoire national, si j'ai bien compris.
02:46Donc c'est-à-dire une distinction entre des citoyens français et des citoyens étrangers qui sont là et qui
02:49travaillent.
02:50Donc c'est une mesure qui est profondément xénophobe, mais qui dit l'identité du Rassemblement national.
02:53Et je donne un élément, puisque la première mesure du gouvernement de Vichy, c'était la dénationalisation de 150 000
02:59citoyens français.
03:00Donc c'est les origines de l'extrême droite d'avoir des propositions qui sont xénophobes et qui visent à
03:03diviser le peuple.
03:04– Pardon, la question ce serait quoi ? Parce qu'effectivement, le point qu'on retient particulièrement, c'est la
03:10suppression totale du droit du sol.
03:13Ce serait quoi ? Pour ou contre le droit du sol en France ?
03:17– Le processus est très simple. Nous présentons un projet de loi constitutionnel et nous le soumettons au référendum dans
03:23son intégralité.
03:24C'est les Français qui disent oui ou non à l'intégralité du projet de loi.
03:27Moi, j'aimerais juste revenir sur ce que vient de dire à l'instant mon collègue de l'Assemblée nationale
03:30sur la question du droit du sol.
03:31– Il y a aujourd'hui combien de pays dans l'Union européenne qui n'ont pas le droit du
03:34sol ?
03:35– 18. Il y a 18 pays membres de l'Union européenne qui n'ont pas le droit du sol
03:38ou qui n'ont pas…
03:39– On peut être une exception à avoir le meilleur système.
03:40– Il y a lesquels ? Il y a l'Italie ?
03:41– Je vous dis juste, à partir du moment où vous considérez que ce qui est la norme dans une
03:45majorité de pays membres de l'Union européenne,
03:46c'est finalement un processus xénophobe de retour finalement au passé vichy ou j'en sais rien.
03:52Désolé, mais ça c'est un fantasme qui n'existe que dans la secte de M. Jean-Luc Mélenchon.
03:55– Mais pour bien comprendre, qu'est-ce qui change concrètement pour un enfant né en France de parents étrangers
04:01?
04:01– Il n'y aura plus de délivrance automatique de la nationalité française comme c'est le cas aujourd'hui
04:07à partir de 18 ans.
04:08– Quels sont les critères alors dans ce cas-là pour obtenir la nationalité française ?
04:10– Il faut avoir un certain nombre d'années de résidence sur le territoire national, il faut faire une demande.
04:13– Combien, M. Thomas Porte ?
04:14– Il faut, je crois, 5 ans de résidence par exemple.
04:16– Et donc ce n'est pas automatique.
04:17Donc votre propagande de dire le droit du sol est automatique en France, ce n'est déjà pas vrai.
04:21Vous allez faire quoi ?
04:22Vous allez dénaturaliser les gens qui ont obtenu la nationalité française mal droit du sol ?
04:25Vous allez les renvoyer à la mer, les jeter par-dessus bord dans des avions ?
04:28Qu'est-ce que vous allez faire des gens qui sont sur le territoire national aujourd'hui ?
04:34– Aujourd'hui…
04:34– Assumez que c'est une monsieur xenoproble, mais c'est la contête dans le débat.
04:38– Aujourd'hui, une personne qui est née sur le sol français, à partir du moment où il peut justifier
04:43qu'il a résidé pendant un certain nombre d'années, 10 ans sauf erreur de ma part, sur le territoire
04:47national français,
04:48à 18 ans, bénéficie automatiquement de la nationalité française.
04:51– Non, il doit faire la demande par exemple, non, ce n'est pas automatique.
04:53– Ce dispositif dont vous parlez, c'est le dispositif qui existe en Italie,
04:56et justement nous préférions que cette exception qui fait qu'on donne une autorisation,
04:59qu'il doit y avoir une demande, eh bien on puisse l'avoir également dans notre pays.
05:03Encore une fois, c'est la norme dans l'intégralité des pays du monde quasiment,
05:06c'est la norme dans une majorité de pays membres de l'Union européenne.
05:09Il est tout à fait normal que les Français qui ne peuvent plus supporter cette pression migratoire
05:13et la submersion migratoire telle qu'on la vit depuis des dizaines d'années
05:16puissent retrouver justement le contrôle de la Maison France.
05:18– Est-ce que c'est constitutionnel ? C'est l'une des questions qui se posent.
05:21Est-ce que réellement, ce projet que le Rassemblement national veut mettre en place peut passer ?
05:27– Alors il y a deux volets. Il y a, je dirais, la forme, le véhicule, le référendum,
05:31et puis ensuite le fonds. Est-ce que le fonds est constitutionnel ?
05:34Actuellement, dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel,
05:37il n'y a rien qui interdirait de supprimer le droit du sol.
05:42Il y a une question qui a été posée au Conseil consuel au début des années 90,
05:45il a dit qu'il n'y a pas de garantie consuelle en la matière.
05:47Souvent on en parle pour Mayotte.
05:49Si on ne peut pas le faire à Mayotte, c'est pour des questions d'indivisibilité de la République.
05:52Mais en revanche, si vous le faites sur l'ensemble du territoire,
05:55paradoxalement, c'est plus facile.
05:57– Donc le fonds, la suppression du droit du sol, ça c'est constitutionnel ?
06:00– Il pourrait y avoir un revirement jurisprudent du Conseil constitutionnel,
06:03ce n'est pas complètement exclué évidemment,
06:05mais en l'état du droit constitutionnel actuel, ce serait possible.
06:08Ensuite, il y a le véhicule, le référendum.
06:10Et ça c'est beaucoup moins évident, parce qu'il faut bien comprendre
06:12que vous évoquez un référendum constitutionnel,
06:15là ça passe théoriquement par l'article 89.
06:17C'est technique, mais l'article 89 ça implique d'avoir l'aval de l'Assemblée et du Sénat.
06:21Et ça pour l'instant, le RN n'a pas de groupe,
06:23il y en aura peut-être dans quelques semaines,
06:25mais il n'aura probablement pas de majorité au Sénat, c'est même très certain.
06:28Donc ce serait compliqué.
06:29Et si vous passez par l'article 11, un référendum direct,
06:32comme l'a fait De Gaulle en 1962 et ensuite en 1969,
06:35depuis la jurisprudence a évolué.
06:37C'est quoi un référendum juridiquement ?
06:39Un référendum juridiquement, c'est un décret de convocation
06:42du président de la République et du gouvernement qui dit
06:43« On va faire une élection maintenant ».
06:46Ce décret de convocation, le Conseil constitutionnel,
06:49depuis deux décisions, 2000 et 2005,
06:51le Conseil constitutionnel peut en connaître en amont même le référendum.
06:54Et si le Conseil constitutionnel considère que le référendum proposé
06:58n'est pas conforme à la Constitution,
06:59qu'il touche des champs qui ne sont pas ceux du référendum,
07:02c'est le cas pour le droit du sol.
07:03Et bien à ce moment-là, il pourrait interdire la réalisation de ce référendum
07:08et donc le référendum ne pourrait pas avoir lieu.
07:10Donc le fond du texte peut être constitutionnel,
07:12ça forme son véhicule, à ce stade ne l'est pas.
07:14Donc déjà, ça peut potentiellement être un problème.
07:19Je parle sous le contrôle évidemment de l'expertise de Benjamin Morel,
07:22qui s'y connaît mieux que moi en la matière.
07:25C'est un sujet qui pour le coup fait encore débat,
07:27y compris chez un certain nombre de constitutionnalistes et de juristes.
07:31Moi ce que je note toutefois, c'est que s'il était véritablement impossible
07:35d'organiser ce référendum à valeur constitutionnelle sur l'immigration,
07:39alors dans ce cas, pourquoi en avril 2025, un sénateur socialiste a déposé au Sénat
07:45un projet de loi à valeur constitutionnelle pour modifier en partie l'article 11 de la Constitution
07:51pour justement empêcher coûte que coûte l'organisation de ce référendum.
07:55Donc on voit qu'il existe aujourd'hui un flou qui laisse donc une fenêtre de tir
07:59pour organiser ce référendum.
08:01Et encore une fois, j'aimerais qu'on remette quand même les choses à l'endroit.
08:03Dans quelle démocratie mature, dans quelle démocratie naturelle et saine,
08:07on priverait le peuple français, qui est le seul souverain, je le rappelle, en République,
08:10on le priverait de la possibilité de pouvoir décider lui-même
08:13de la politique en matière d'immigration qu'il souhaite mener.
08:16D'autant plus que les Français sont à une très large majorité,
08:18sont d'Ajodoxa de janvier 2026, à 68% favorables à l'organisation.
08:22Les Français sont surtout...
08:26Ce n'est pas leur préoccupation majeure.
08:28La préoccupation, c'est le pouvoir d'achat.
08:30Notamment, ce n'est pas un pari d'ailleurs un petit peu risqué, Serge Raffi,
08:33de s'enfoncer les choses de l'immigration.
08:35Il me semble qu'il y a un peu un effet d'annonce.
08:38Benjamin Morel a bien expliqué le rôle du Conseil constitutionnel,
08:41son avis, etc.
08:42Et donc, c'est vrai que Marine Le Pen, son problème, c'est si elle gagne,
08:45imaginons qu'elle gagne,
08:47le problème, c'est comment elle va faire pour gouverner,
08:49pour justement engager une réforme constitutionnelle
08:52sur l'immigration, sur d'autres questions, etc.
08:54Si le Conseil constitutionnel, sa composition ne lui est pas favorable,
08:59si la Cour des comptes, sur d'autres sujets, etc.,
09:02ne lui est pas favorable, comme c'est le cas aujourd'hui,
09:06elle va avoir du mal à gouverner.
09:07Donc, aujourd'hui, lancer cette idée de la...
09:10Ce qui est vrai, ça fait longtemps qu'elle a lancé cette idée d'un référendum,
09:14ce n'est pas très nouveau, c'est quelque chose qu'elle a depuis toujours.
09:17C'est aussi un marqueur, aujourd'hui, politique très clair,
09:21puisqu'aujourd'hui, on sait que la campagne, pour certains,
09:24au moins le bloc central, la droite, même les sociodémocrates,
09:28ils sont convaincus qu'effectivement, il y a le pouvoir d'achat.
09:31Mais que la question de l'immigration et de la sécurité
09:34va jouer un rôle primordial pour une raison très simple,
09:37c'est que Marine Le Pen, si elle est en 35, voire 38% des intentions de vote,
09:41ce n'est pas par hasard, c'est parce qu'il y a en France
09:44un nombre de gens très importants qui ont peur de ces questions-là.
09:48Donc, effectivement, l'enjeu est énorme.
09:49C'est pour ça, d'ailleurs, dernière phrase,
09:51qu'Edouard Philippe, sur ses conscients-là,
09:53il est en train de, je dirais, tous les savais.
09:55Exactement, vous me faites ma transition, Serge Raffi,
09:56Edouard Philippe, qui était à Tourcouin,
09:57à côté de Gérald Darmanin, Edouard Philippe, candidat,
10:00qui lui dit vouloir affermir sa position, sa politique migratoire.
10:04On l'écoute.
10:08La politique migratoire de la France doit être beaucoup plus ferme.
10:12Nous devons réduire fortement l'immigration,
10:14mieux protéger nos frontières,
10:16lutter beaucoup plus durement contre l'immigration illégale
10:18et faire réellement partir ceux qui n'ont pas le droit de rester.
10:21Cela n'interdit pas à la France de choisir d'accueillir les étudiants
10:24et les compétences dont elle a besoin.
10:27Si nous attendons d'être d'accord sur chaque virgule pour nous rassembler,
10:30nous laisserons le pays à ceux avec qui nous sommes en désaccord sur l'essentiel.
10:35Il faut une politique migratoire plus ferme, dit Edouard Philippe,
10:38et notamment revoir les aides sociales comme au Danemark.
10:43Est-ce que ça, c'est quelque chose, un point qui peut trouver grâce à vos yeux, Thomas Porte ?
10:49Absolument pas.
10:51Et je partage ce qui a été dit, la préoccupation des Françaises et des Français.
10:53Évidemment, il y a les questions migratoires,
10:55mais on peut avoir un débat sur les questions migratoires.
10:56Il faut aussi parler des causes migratoires,
10:58on parlait du réchauffement climatique, on aura des migrations climatiques.
10:59Mais justement, quelles sont vos mesures à vous ?
11:01Est-ce que vous pensez qu'il faut réguler l'immigration ?
11:03Moi, je ne pense pas qu'il y ait une crise migratoire, il y ait une crise de l'accueil.
11:06Et je vais donner un élément dans le débat,
11:07ce n'est pas parce qu'on va s'attaquer aux droits des autres
11:09que vos conditions de vie vont s'améliorer.
11:11Est-ce qu'on pense que parce qu'on va interdire l'immigration,
11:14demain, les salaires vont augmenter,
11:15il y aura plus de logements alors qu'il y a des gens qui n'arrivent pas à accéder à
11:17des logements ?
11:18Est-ce que les conditions dans le monde du travail vont s'améliorer
11:20parce qu'on va avoir une politique migratoire extrêmement dure ?
11:22C'est absolument faux.
11:23En fait, les politiques migratoires, c'est souvent des laboratoires
11:26où on teste des idées, où on est extrêmement dur
11:28et on les étend à l'ensemble de la société.
11:29Donc, il ne faut pas réguler l'immigration ?
11:31Non, il ne faut pas réguler l'immigration.
11:33Aujourd'hui, nous, on est pour une régularisation totale des travailleurs
11:36qui sont aujourd'hui sans papier, par exemple, sur le territoire national.
11:38Mais je donne un exemple, vous parlez de Mayotte
11:39et de ce qui arrive aujourd'hui à Mayotte et des questions migratoires.
11:42Par exemple, il y a des gens qui arrivent à Mayotte
11:44qui viennent d'un territoire qui s'appelle la République démocratique du Congo.
11:47Un territoire qui est aujourd'hui en guerre depuis des années,
11:49notamment entre le Rwanda,
11:50pour récupérer des ressources qui sont dans le sol.
11:53Donc, si vous ne réglez pas les conflits dans le monde,
11:55les gens, vous n'allez jamais empêcher qu'ils partent.
11:57Quand vous fuyez la misère, la guerre,
11:59vous pouvez mettre tous les barbelés du monde,
12:01vous êtes prêts à venir.
12:02Et personne, quand il part du Congo,
12:04regarde ce qu'il va avoir comme prestation sociale en France.
12:06Ils partent parce qu'ils veulent survivre.
12:07Et notre responsabilité politique,
12:09quand on est démocrate et républicain, c'est de les accueillir.
12:11Il n'y a pas de crise migratoire, dit la France insoumise.
12:13Il y a un problème d'accueil.
12:14Votre réponse, Gaëtan Dussault.
12:16C'est justement parce qu'il existe en France
12:17toute une panoplie de pompes aspirantes à l'immigration.
12:20On a absolument perdu le contrôle de savoir
12:22et de pouvoir décider de qui rentre et se maintient sur notre sol.
12:25Qu'aujourd'hui, on est face à une immigration massive.
12:27Depuis l'élection d'Emmanuel Macron,
12:29ce sont 2,2 millions de premiers titres de séjour
12:32qui ont été accordés.
12:34Et encore une fois,
12:35parce que nous n'avons pas organisé ce référendum sur l'immigration,
12:37à aucun moment, on l'a demandé à peu près chaque année.
12:41Sauf que quand vous donnez ce chiffre,
12:42vous ne parlez pas des étudiants qui en font partie.
12:46Vous oubliez aussi d'expliquer qu'il y en a aussi beaucoup qui repartent.
12:50Ils arrivent pour un temps donné, puis ils repartent.
12:53Donc ce chiffre-là, il faut l'expliquer aussi.
12:55Il faut le détailler.
12:55Ce n'est pas aussi simple.
12:56Non, alors, plusieurs choses.
12:58D'abord, sur ce fameux mythe de l'immigration choisie,
13:00parce que j'entends très souvent de la part d'Éloi Philippe,
13:02mais aussi d'un certain nombre de cadres de Bruno Rotaillot
13:05et de chez les Républicains,
13:07il faut quand même rappeler que sur ce contingent
13:08de 500 000 entrées nouvelles chaque année,
13:10492 000 pour être à peu près précis,
13:13vous avez uniquement 10 % de personnes qui rentrent
13:16avec un contrat de travail,
13:17et ça peut être même uniquement pour un stage ou un emploi saisonnier,
13:19et vous n'en avez que 23 % qui rentrent pour faire des études.
13:23Donc, il y a un moment donné,
13:24dire qu'on va améliorer d'un côté l'immigration de travail
13:26comme le propose Édouard Philippe,
13:27parce que pour Édouard Philippe,
13:28l'immigration n'est pas un problème, c'est un projet.
13:30Il le revendique, il dit qu'on a besoin de cette immigration de travail.
13:33Dire qu'on va augmenter l'immigration de travail...
13:36Absolument pas, vous savez...
13:38Pardonnez-moi, je vais vous donner quelques chiffres.
13:40Les étrangers occupent 13 % des métiers essentiels en France.
13:43Le personnel soignant, les éboueurs, l'entretien,
13:46les services aux particuliers,
13:48ils sont extrêmement nombreux, on a besoin d'eux, non ?
13:50Mais c'est là où nous avons un désaccord politique et philosophique profond.
13:54Parce qu'à côté, nous avons quoi ?
13:55Nous avons la France qui arrive sur la troisième marche du podium
13:58des pays européens avec le plus fort taux de chômage.
14:00Parce que nous avons 1,2 million de Français
14:03qui sont en situation de sous-emploi,
14:04c'est-à-dire qu'ils travaillent moins que ce qu'ils ne pourraient
14:06parce qu'ils ont des problèmes de santé,
14:08parce qu'ils ont des problèmes d'accès au logement
14:09à proximité de leur travail,
14:11parce qu'ils ont des problèmes de mobilité,
14:12parce qu'ils ont des problèmes de garde d'enfants.
14:14C'est là-dessus que devrait se concentrer
14:15l'intégralité de l'action publique.
14:17Il faut qu'on arrive à faire l'appariement,
14:20qu'on arrive à remettre en adéquation, en complémentarité,
14:23à la fois les formations, les compétences et les besoins de réel.
14:25Et il faut relancer aussi l'économie
14:27pour créer non seulement de la croissance, de la productivité,
14:30ce qui veut dire créer de l'emploi.
14:31C'est ça qui devrait, en fait, concentrer l'intégralité
14:33de l'énergie de l'action publique,
14:34plutôt que de se dire, on ne fait pas notre boulot là-dessus,
14:37l'État ne fait pas son travail là-dessus,
14:39on ne crée pas d'emploi dans notre pays,
14:40et on prend la facilité de l'immigration.
14:42Ce qui est compliqué, c'est qu'on est dans un espèce de cercle vicieux,
14:44vous le savez aussi bien que moi,
14:46c'est que de nombreux patrons français,
14:48ils utilisent de la main-d'œuvre immigrée,
14:50alors soit légale, soit illégale,
14:53parce qu'elle coûte beaucoup moins cher.
14:55Bien sûr.
14:55Elle coûte beaucoup moins cher,
14:57donc ça veut dire que pour leur économie à eux,
14:59pour la logique de leur économie, de leur entreprise,
15:01c'est beaucoup plus rentable.
15:03Donc la question, ça va être justement
15:04comment revaloriser le travail.
15:06Partout, ça va être une des grandes questions,
15:07et d'ailleurs c'est pour ça qu'on parle du pouvoir d'achat,
15:09on est au cœur de la question française, si vous voulez,
15:12c'est qu'il va falloir à un moment donné
15:14que les hommes politiques, quels qu'ils soient,
15:17envisagent l'augmentation du SMIC d'une manière très sérieuse.
15:21Tant qu'on n'aura pas touché à ça, ça va continuer.
15:23Les patrons, les petits patrons, les moyens patrons,
15:26même certains grands patrons,
15:28continueront à utiliser de la main-d'œuvre,
15:30je ne dirais pas gratuite, mais tellement peu chère.
15:32Sauf que les patrons vous disent aussi
15:34que ça coûte cher d'augmenter le SMIC.
15:36Bien sûr, c'est bien pour ça d'ailleurs
15:37que le MEDEF défend l'immigration,
15:40défend une partie,
15:41ils parlent de l'immigration choisie eux aussi,
15:43mais ils la défendent.
15:45Donc vous pensez qu'on peut tout bloquer,
15:48qu'il va y avoir une espèce d'immigration zéro
15:50d'une manière totale, globale,
15:53je pense que c'est, comment dirais-je,
15:54un peu utopique et peut-être dangereux.
15:56Parce que ça, ça peut provoquer des chocs dans notre pays
16:00et peut-être aussi des chocs économiques
16:01qu'on ne mesure pas encore.
16:02Mais merci de rappeler par votre intervention
16:04que l'immigration est bien un outil,
16:06une arme économique,
16:07qui est notamment utilisée par une certaine forme de grand patronat
16:09pour ne pas améliorer les conditions de travail,
16:11pour ne pas améliorer les rémunérations,
16:13et que l'immigration, lorsqu'elle est massive,
16:15pèse évidemment à la baisse des salaires
16:17et à la baisse des conditions de travail.
16:17Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
16:18C'est d'ailleurs tout ce qui avait été fait,
16:20notamment chez les éboueurs
16:21et dans les métiers pénibles des égoutiers notamment,
16:24où pendant un temps, il y avait une surreprésentation
16:26de l'immigration de travail dans ces métiers-là.
16:28Et justement, le fait d'avoir serré la vis
16:31et d'avoir amélioré les conditions de travail
16:33ont fait que les nationaux sont rentrés
16:34beaucoup plus massivement dans ces métiers pénibles,
16:36parce qu'on a su justement améliorer les rémunérations
16:38et la reconnaissance des pénibilités,
16:39même s'il reste encore évidemment beaucoup à faire.
16:41L'immigration, c'est aussi une arme diplomatique incroyable.
16:44On l'a vécu à Céhauta.
16:45On l'a vécu en Biélorussie.
16:47On le vit en ce moment à Mayotte.
16:51Le gouvernement des Comores utilise l'immigration
16:53comme une arme politique, une arme diplomatique.
16:56Et là, quels sont les moyens que vous donnerez un jour
16:58si par hasard vous arrivez au pouvoir
17:00pour lutter contre cette immigration ?
17:03Je veux dire, arme diplomatique.
17:04Mais c'est là où il faut être capable
17:06de retrouver la maîtrise pleine et entière de nos frontières.
17:08Et encore une fois, d'être capable
17:09de ne pas se soumettre au chantage
17:11qui est fait tantôt par Erdogan,
17:14tantôt par les Comores,
17:15et d'avoir un discours qui soit ferme.
17:17Mais le problème, c'est que si aujourd'hui,
17:19la France subit justement cette pression migratoire
17:21qui est faite comme arme diplomatique
17:23par des puissances étrangères,
17:24c'est tout simplement parce que l'immigration
17:25n'est pas un problème,
17:28que l'immigration ne retrouve pas une opposition
17:31de la part de ceux qui dirigent ce pays.
17:33Un dernier mot de Thomas Porte peut-être
17:35sur l'argument que vous avez donné
17:36comme quoi l'immigration serait utilisée
17:38comme justification pour ne pas améliorer
17:41les conditions de travail des Français ?
17:43Il y a un certain nombre de patrons,
17:44et je le vérifie dans mon département en Seine-Saint-Di,
17:46qui utilisent des gens qui sont en situation
17:47extrêmement difficile, souvent sans papier,
17:50pour les embaucher dans des conditions
17:51qui sont absolument délétères.
17:53Vous pensez très sincèrement que ces patrons-là,
17:55si demain on ferme les frontières,
17:57ils vont retrouver le sens des responsabilités
17:58et mettre des salaires à 2500 euros.
18:00On est dans un pays aujourd'hui,
18:01sur Pôle emploi, il y a 6 millions
18:02à peu près d'inscrits pour 400 000 offres,
18:05c'est-à-dire une offre pour 14 demandeurs.
18:08Donc l'urgence, ce n'est pas de fermer les frontières
18:10et de faire croire que demain,
18:10ça va changer le quotidien des travailleurs,
18:12c'est d'augmenter les salaires,
18:13c'est de créer des emplois,
18:14de créer des conditions de travail dignes.
18:16Mais vous savez, au Rassemblement National,
18:18la question migratoire, c'est la réponse à tous les mots,
18:20et ça me fait sourire,
18:21puisque pendant la loi Asile et Immigration,
18:23un député du Rassemblement National
18:24avait déposé un amendement
18:25pour exonérer les petits patrons,
18:27c'est-à-dire de moins de 10 salariés,
18:28pour ne pas être responsable
18:29si je les embauchais des travailleurs sans papier
18:31sur l'exploitation.
18:31C'était M. Hervé Delepineau.
18:34Merci, merci beaucoup.
18:35On aura l'occasion évidemment
18:35d'en débattre longuement à d'autres occasions.

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