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  • il y a 5 semaines
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:00La rentrée politique, on en parle avec notre invité cet après-midi, Henri Guénaud, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy
00:06à l'Elysée, ancien député LR.
00:08Bonjour, on est ravis de vous accueillir. Face à vous, Serge Raffi, éditorialiste au Point et écrivain.
00:14Vous signez l'édito que l'on va voir à l'antenne, primaire PS, passe public, François Hollande en embuscade.
00:21On aura peut-être l'occasion d'en dire un mot. Et puis Amandine Atalaya, éditorialiste politique pour BFM TV.
00:26Merci Henri Guénaud d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes décidément très pessimiste en cette rentrée.
00:34Je vous cite, c'était sur notre antenne cette semaine. Rien n'est à la hauteur. Et là, je ne
00:39vais pas trahir de secret, on en discutait pendant la pub.
00:41Vous me disiez c'est de pire en pire. Et je développe une sorte de rage. Ça va si loin
00:46que ça ?
00:46Oui, ça va si loin. Moi, j'ai énormément donné à tout ça, à la vie publique, sans que ça
00:53soit vraiment mon métier.
00:55Et ça m'a coûté beaucoup d'énergie. Ça m'a coûté cher aussi. Ce sont des sacrifices importants.
01:01Et en termes de carrière, en termes matériels, etc. Puis psychologiques parfois.
01:06Et je me retourne derrière. Je me retourne sur ma vie. Je me dis tout ça pour ça.
01:11Tout ça pour ça. Je crois que je l'ai dit effectivement sur votre antenne.
01:15C'est la pire campagne présidentielle de la Ve République.
01:19Mais qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
01:21Et tout. Rien n'est à la hauteur. Ni les projets, ni, pardon, sans vouloir juger les uns les autres.
01:29Tous d'éminente qualité. Mais rien n'est à la hauteur des enjeux.
01:33Mais ça ne fait que commencer. On n'est même pas en septembre.
01:36Parce que oui, ça commence mal.
01:40Franchement, regardez le débat. Le débat, ça c'est quand même quelque chose d'extraordinaire.
01:45Le débat au MEDEF. On n'a jamais vu ça. Jamais on a organisé un tel débat.
01:49Le débat du MEDEF, donc, jeudi dernier.
01:51Voilà. Donc, moi, je fermais les yeux. Je me disais, est-ce que je peux imaginer sur cette scène,
01:56Georges Montpidou, Jacques Chaband-Elmas, François Mitterrand, Jacques Chirac,
02:04en train de participer à un débat de ce genre ?
02:09D'exposer leur point de vue économique devant les patrons ?
02:11Moi, je n'arrive pas.
02:12C'est plutôt positif, non ?
02:13Mais non, parce que d'abord, quand vous êtes président de la République, vous pouvez aller rencontrer les patrons,
02:18mais quand vous voulez l'être, vous êtes candidat.
02:21Mais le faire devant une assemblée aussi spécifique, c'est...
02:25Vous ne parlez pas en français, là. Vous parlez à une particulière...
02:28Mais non, c'est contraire à l'idée qu'on peut se faire d'un président de la République.
02:34Vous avez eu l'impression que quand Marine Le Pen parlait du retour à la retraite à 62 ans,
02:38elle essayait de convaincre les patrons devant elle ?
02:41Mais ce n'est même pas le problème, c'est que ça pèse.
02:44Ça a donné, par exemple, cette scène extravagante, terrifiante.
02:48Heureusement, la plupart des Français ne regardaient pas ce débat.
02:53Mais quand Jean-Luc Mélenchon parle d'augmenter le SMIC, on peut être contre pour un tas de raisons.
02:58On peut dire les conséquences sont mauvaises, etc.
03:00Mais rire ! Dans une assemblée de patrons, vous vous rendez compte des dégâts que cela fait sur l'esprit
03:11public ?
03:12Beaucoup de gens l'ont vue, cette séquence, et l'ont commentée.
03:15Il ne faut pas se mettre dans ces situations-là. Or, on s'y met.
03:19Sauf votre respect, M. Guénaud, moi, je n'ai pas du tout la même sensation que vous.
03:24Moi, ce débat, je l'ai vécu comme un moment formidable.
03:26Parce que, d'abord, c'est un formidable moment de démocratie.
03:30Première chose, c'est qu'en plus, à Roland-Garros, il y a un côté un peu symbolique, c'est
03:33un match.
03:34Et donc, il y a sept candidats qui ont eu le courage d'aller quand même devant les patrons.
03:38C'est vrai qu'ils ont été plutôt sages, plutôt tranquilles,
03:41parce qu'ils ne veulent pas non plus complètement se les mettre à dos les uns et les autres,
03:43à part Mélenchon un peu.
03:45Mais en même temps, il a été plutôt tranquille, Mélenchon, ce jour-là.
03:49Donc, pour moi, c'est formidable que dans un pays comme la France,
03:52on puisse organiser aujourd'hui des débats de ce niveau-là,
03:57qui a des faiblesses, bien évidemment, mais en même temps, qui existent.
04:01Et je trouve que ça fait vivre la démocratie.
04:03Or, le grand danger qu'on a depuis quelques temps,
04:06c'est de transformer l'arène politique française
04:08dans un espèce de ring d'invectives, d'insultes, d'injures, etc.
04:13Les réseaux sociaux favorisant beaucoup tout ça.
04:16Je pense que ça, c'est un changement radical pour moi.
04:18Donc, une vision optimiste et plutôt plus pessimiste de ce début de campagne.
04:22Mais juste, je voulais vous faire écouter un élément.
04:23Juste une remarque.
04:25Oui, ils ne se sont pas insultés, tant mieux.
04:27Oui, c'était normal qu'ils y aillent, parce qu'ils ne pouvaient pas ne pas y aller.
04:31Ce n'est pas eux que j'incrimine.
04:32C'est comment fait-on pour organiser, comment pense-t-on organiser une chose pareille ?
04:36C'est-à-dire que, oui, la campagne présidentielle,
04:39c'est un homme ou une femme qui va à la rencontre du peuple.
04:42Et des débats à 7, à 8, à 10, mais c'est insensé quand on y sonde.
04:47Donc, il ne sait rien.
04:48En fait, sur le fond, on n'a rien appris.
04:50Il n'y a pas eu de débat sur le fond.
04:52Il y a eu des punchlines, il y a eu des répartis.
04:54Mais alors, justement, est-ce qu'il y a quelqu'un, malgré tout,
04:59qui trouve plus grâce à vos yeux ?
05:01Je voulais vous faire écouter un son de Jordan Bardella,
05:02interviewé par Marie Chantret sur notre antenne.
05:05Lui, il est très sévère, particulièrement envers Bruno Retailleau,
05:08le candidat Les Républicains.
05:10Écoutez ce qu'il dit.
05:12Moi, j'ai toujours assumé qu'il y avait, au sein du peuple de droite,
05:16tout un électorat qui était aujourd'hui orphelin,
05:19d'un leader, d'un projet et d'une incarnation,
05:21et qui ne se retrouve pas dans la personne de M. Retailleau,
05:24dont on sait qu'il n'est pas un candidat sérieux à cette élection présidentielle.
05:28Il n'est pas un candidat sérieux. Pourquoi ?
05:29Parce qu'il ne passera pas Noël.
05:31Et que, je vous le signe ce soir,
05:34Bruno Retailleau se retirera pour soutenir Edouard Philippe.
05:37Bruno Retailleau n'est pas un candidat sérieux.
05:39Il ne passera pas Noël. Vous partagez cette année ?
05:41Moi, M. Bardella n'est pas candidat à l'élection présidentielle.
05:45Un candidat à l'élection présidentielle, ça ne fait pas ça.
05:49Ça ne fait pas ça. Pourquoi ?
05:50Vous ne pouvez pas passer tout votre premier tour
05:52à taper sur les autres.
05:55Surtout quand il y a au moins dix candidats sérieux.
05:57Donc, vous passez votre temps à taper sur les autres.
05:59Un candidat au premier tour, ça parle de lui, de son projet,
06:04ça parle aux gens, mais ça ne parle pas des autres.
06:06Ça parle de l'autre au second tour, parce que c'est un duel.
06:09Donc, vous parlez de l'autre. C'est normal.
06:11Mais vous ne voyez pas, ils sont tous,
06:13ils passent tous leur temps à parler des autres.
06:17Alors, vous parliez des invectives.
06:18Alors, il y a des invectives polies.
06:19Mais enfin, tout ça n'est quand même pas très gentil.
06:21Et de quoi on parle ?
06:22On parle d'électorat, de clientèle,
06:25de voix qu'on va regrouper, pas regrouper,
06:27qui sont perdus.
06:28Mais donc, je parle de Bruno Retailleau,
06:30parce que, pardon, j'aurais pensé que vous le soutiendriez, peut-être.
06:33Non, mais là, je parle de M. Bardelat.
06:35Oui, mais lui, il parle de Bruno Retailleau.
06:37Est-ce que Bruno Retailleau, lui, a un projet ?
06:39Est-ce qu'il trouve, grâce à vos yeux,
06:40vous qui êtes aussi pessimiste dans ce week-end de rentrée politique ?
06:45Alors, si vous me parlez du plan personnel,
06:47oui, moi, j'aime bien Bruno Retailleau.
06:49Si vous me parlez du candidat à la présidence de la République...
06:51Par le candidat à la présidence de la République...
06:52Non, je suis d'accord avec rien, voilà, c'est pas compliqué.
06:55Qu'est-ce qui coince ?
06:56Avec rien, mais tout.
06:57Par exemple, un candidat propose de...
06:59On va en citer deux.
07:01Moi, je suis obsédé par cette volonté
07:05de dépolitiser la société et l'économie.
07:08Alors, dépolitiser, ça veut dire, par exemple,
07:10ne se faire gouverner,
07:11n'être plus gouverné que par des règles.
07:13C'est pratique, la règle.
07:14Plus de responsabilité, plus de dilemme tragique, plus rien.
07:17On n'a pas l'angoisse du choix.
07:18Alors, c'est soit la règle d'or,
07:20maintenant, Mme Le Pen s'est découvert un amour
07:22inodéré pour la règle d'or.
07:24Personne n'en parle, d'ailleurs.
07:25C'est extraordinaire.
07:27On en a parlé sur ce plateau.
07:28Tous les jours, on dénonce les décisions
07:31du Conseil constitutionnel,
07:33qui ne sont pas démocratiques, etc.
07:35Et puis, que fait-on dans la présidentielle ?
07:37C'est pas la seule, mais SES, c'était inattendu.
07:39Donc, on me dit, on va donner le pouvoir budgétaire,
07:44constitutionnellement, au Conseil constitutionnel.
07:46Et là, on vous en tombe.
07:47Alors, vous parlez de Bruno Rotaillot,
07:51discuter, pour l'instant, on n'a pas son programme complet,
07:53mais quand il dit, maintenant, il faut que l'âge de la retraite
07:56soit indexé automatiquement sur l'espérance de vie,
08:03c'est pareil.
08:04Alors, on dira, non, moi, je suis pour rien,
08:05c'est l'espérance de vie, c'est la règle.
08:07Et donc, on aura plusieurs...
08:08Ça veut dire qu'on élimine toute forme de choix,
08:14toute forme de prise de responsabilité devant le peuple,
08:17des mesures qu'on lui propose.
08:19Moi, je n'en peux plus de cette façon de concevoir la politique
08:23qui est, en fait, une négation de la politique.
08:25Amandine Atalaïa.
08:26Oui, j'étais en train de réfléchir,
08:28je me rappelais de la campagne de 2007, par exemple,
08:30puisque vous avez travaillé avec Nicolas Sarkozy,
08:32vous la connaissez mieux que moi.
08:34Mais, en fait, je ne vois pas complètement
08:35en quoi tout est devenu plus nul par rapport à 2007, par exemple.
08:38Il y avait Ségolène Royal, qui était candidate du PS,
08:41qui passait son temps à parler de Nicolas Sarkozy.
08:44Il y avait Ségolène Royal qui se faisait pilonner
08:45par tous les éléphants du PS,
08:47qui ne voulaient pas d'elle comme candidate
08:49et qui ne la respectaient pas.
08:50Je veux dire, ça ne volait pas forcément toujours très haut
08:52avec des propositions incroyables, non ?
08:54Alors, d'abord, j'ai la prétention de croire
08:56que les discours de Nicolas Sarkozy volaient plus haut
08:58que ceux qu'on entend aujourd'hui, mais ça n'engage que moi.
09:01– Non, c'est un concoursier spécial de Nicolas Sarkozy.
09:03– Comme j'ai beaucoup contribué, je...
09:06– Vous jetez des fleurs ?
09:08– Il n'y a pas un discours où on a parlé au premier tour
09:12de Madame Royal.
09:14Pas un grand discours de Nicolas Sarkozy
09:16où on parlait de Madame Royal.
09:17Madame Royal, ceux qui en parlaient le plus,
09:20c'étaient ses amis.
09:21Vous l'avez parfaitement indiqué.
09:23C'est-à-dire, voilà, il faut voir ce qu'ils lui ont fait.
09:25Bon, mais on ne passait pas son temps à parler de Beyrouth,
09:28de Madame Royal et des autres.
09:31Le premier tour, ça a été, voilà ce que je veux.
09:34Et oui, pardon, le niveau était supérieur.
09:36Je suis désolé, c'est le niveau de la campagne.
09:38Je ne parle pas des gens, de la valeur intrinsèque des personnes,
09:41mais il y avait une intelligence et une énergie
09:44chez Nicolas Sarkozy qui a d'ailleurs porté ses fruits
09:46puisque, et heureusement qu'il ne s'est pas enfermé
09:48ni dans la critique de ses adversaires du premier tour,
09:53ni dans une approche en termes de clientèle
09:56puisqu'il a pris énormément au Front National de l'époque
10:01et il a même pris à gauche.
10:02Parce qu'il parlait, le but d'une présidentielle,
10:05c'est de parler à tous les Français.
10:08Pas à une clientèle, pas à des morceaux de clientèle.
10:11Alors justement, qui est le plus à même de rassembler
10:13dans ce camp-là ?
10:14Le camp du centre, du centre droit.
10:17Vous avez dû suivre le discours de Gérald Darmanin,
10:19d'Edouard Philippe aujourd'hui à Tourcoing.
10:21J'imagine Gérald Darmanin venu apporter son soutien
10:24à Edouard Philippe.
10:26Écoutez ce qu'il dit sur la capacité du maire du Havre
10:30à rassembler.
10:32Aujourd'hui, la seule personne qui peut être au second tour
10:36de l'élection présidentielle,
10:38la seule personne qui peut gagner l'élection présidentielle,
10:40et je le dis parce que personne ne le dit jamais,
10:42mais ça va venir dans le débat public,
10:44la seule personne qui peut avoir une majorité parlementaire
10:47à l'Assemblée nationale, c'est Edouard Philippe.
10:50Et je suis très heureux de ce tour.
10:55Est-ce qu'Edouard Philippe est à même de rassembler,
10:59de pouvoir rassembler ?
10:59Comme le pense Gérald Darmanin ?
11:01Moi, je ne pense pas, mais imaginez qu'il arrive au second tour,
11:07ce qui n'est pas gagné, et qu'au second tour, il gagne.
11:12Bon, le plafond de verre, finalement, sera encore un peu là,
11:15très bien, mais il va gagner par défaut.
11:18Il va gagner avec des voix qui ne seront pas là
11:21au moment des législatives, parce que les gens,
11:23une fois de plus, se seront sentis piégés par le vote par défaut.
11:26Et donc, à mes yeux, il n'a aucune chance d'avoir...
11:29Ça, il l'a compris, Edouard Philippe,
11:31qu'il ne fallait pas qu'il soit le candidat par défaut.
11:33Oui, mais c'est toute cette campagne.
11:36Pourquoi, moi, elle me met en rage ?
11:37D'abord, parce que tout le monde parie sur le défaut.
11:39Par défaut.
11:40Je serai élu par défaut contre Mélenchon,
11:42je serai élu par défaut contre Mme Le Pen,
11:44je serai...
11:45Voilà, c'est une campagne, ça fait la troisième.
11:48La troisième.
11:48Là où vous avez raison, c'est que pour le moment,
11:50Edouard Philippe, il n'est pas dans le cas de figure
11:52d'un candidat à la présidence de la République
11:54qui transcende,
11:56et qui n'est pas encore dans un discours
11:58d'un homme politique, entre guillemets,
12:00je me méfie beaucoup de ce mot, providentiel,
12:02qui va parler au peuple.
12:03Pour le moment, il ne parle pas au peuple.
12:06Donc, le problème qu'il va avoir,
12:07ça va être de sortir de cette posture technocratique
12:09qui est la sienne.
12:10Et là, il va falloir qu'il se réinvente.
12:12Je voudrais juste réagir sur le fait que moi,
12:15je trouve, pour reprendre ce qu'a dit Amandine,
12:17c'est que cette campagne, moi, je la trouve très intéressante
12:19parce que je ne la trouve pas si ébouriffante que ça,
12:23parce qu'on retrouve exactement les mêmes clivages
12:26de la droite et de la gauche.
12:27Tout doucement, c'est en train de décanter.
12:29C'est-à-dire qu'on a eu une période, un peu,
12:31à cause de cette majorité,
12:32cette situation politique folle
12:34dans laquelle on a été,
12:35c'est qu'aujourd'hui, ça se décante
12:38et on retrouve les vieux clivages droite-gauche,
12:40sauf avec un personnage
12:42qui, pour le moment, est un espèce de candidat masqué,
12:45qui est François Hollande,
12:46qui est en train de faire, lui,
12:47un rapprochement vers le centre.
12:49Tout doucement, il l'a fait dans Le Point,
12:51dans mon magazine, il a fait ça.
12:52Ça vous fait sourire, le comeback potentiel de François Hollande ?
12:55C'est en fait la vision
13:02de la remontée du clivage traditionnel
13:04de la droite et de la gauche.
13:05Cette campagne, d'abord,
13:06ce n'est pas la droite et la gauche.
13:07Cette campagne, c'est le socle commun
13:11contre ce qu'on appelle les extrêmes.
13:12Encore une fois, c'est un mot que je n'aime pas trop.
13:14C'est-à-dire ceux qui ne sont pas dans le socle commun.
13:18Et qui sont d'ailleurs les deux forces dynamiques électorales.
13:21Pourquoi ?
13:22Parce que les Français ne veulent plus du socle commun.
13:24Le socle commun, dans lequel il y a à la fois
13:27de la droite, de la gauche et du centre,
13:29mais qui résonne de la même façon.
13:31Le socle commun, en gros, c'était le bloc maastrichien.
13:37Vous lisez ce que disaient les maastrichiens
13:39de droite et de gauche à l'époque, ou du centre.
13:41C'est exactement ce qui réunit ce socle commun.
13:44Alors, ils ne feront pas un gouvernement ensemble.
13:46Ils ne sont pas d'accord.
13:47Les uns veulent augmenter les impôts,
13:48les autres baisser les dépenses.
13:49Mais ils résonnent de la même façon.
13:51C'est ce qu'on a appelé le cercle de la raison à une époque.
13:54Et on en est là.
13:55Le grand clivage de cette campagne, c'est celui-là.
13:57Et dans celui-là, il y a des sous-clivages qui apparaissent.
14:00Un peu de droite, un peu de gauche.
14:01Mais au fond, ils sont...
14:04Enfin, pardon, mais si on compare les mesures du PS
14:06avec les mesures d'Edouard Philippe,
14:08par exemple, sur le départ à la retraite,
14:11il n'en a rien à voir.
14:12On parle de 63 ans pour François Hollande.
14:14Edouard Philippe, potentiellement 67.
14:16On ne peut pas parler d'un bloc qui parle d'une même voie.
14:18Mais si, parce qu'il parle exactement de la même chose.
14:20Moi, si vous me demandez quel âge il faut fixer,
14:23je dis qu'il faut abandonner la mesure d'âge.
14:26Il ne faut garder que les annuités.
14:30Et d'autre part, la solution au problème des retraites n'est pas là.
14:33Elle n'est pas dans l'âge de la retraite.
14:34Elle n'est même pas...
14:35Ça peut aider, mais elle n'est même pas dans l'allongement indéfini de la durée.
14:40Elle est dans notre capacité à créer des richesses,
14:43à créer suffisamment de richesses.
14:44Donc, elle est macroéconomique.
14:45Il ne s'agit pas de sauver le système des retraites.
14:47Tous ceux qui veulent sauver le système des retraites
14:49sont dans le socle commun.
14:51Alors après, certains veulent 67, d'autres 70,
14:55d'autres désindexés, d'autres pas désindexés.
14:57Mais en fait, la réalité, la vraie question, c'est
15:01est-ce que nous sommes capables de créer les richesses nécessaires
15:04pour nous payer la santé et les retraites ?
15:07C'est le discours de Barfilippe.
15:08C'est ça la seule vraie question.
15:10Mais quand vous ne le posez pas comme ça,
15:12en fait, c'est exactement le socle commun.
15:14Ils ne le posent pas comme ça,
15:15même s'ils ont des solutions qui sont un peu différentes.
15:18Il n'y en a pas un,
15:20alors les socialistes l'ont fait temporairement,
15:22mais qui est prêt à renoncer complètement à la réforme de 2024,
15:302023-2024,
15:31alors qu'il faut commencer par ça,
15:34accepter l'idée que,
15:36regardez, d'abord, elle divise tout le monde,
15:38accepter l'idée que cette réforme,
15:40elle n'était pas bonne,
15:41parce que les réformes d'âge sont des réformes injustes.
15:44Premièrement, voilà,
15:45donc déjà enlever l'âge,
15:47et puis ensuite, se poser la vraie question.
15:49La vraie question,
15:50mais c'est comment on crée de la richesse ?
15:52Vous savez quelle est la différence finalement
15:53entre ce socle commun et le reste ?
15:58Hélas, c'est que le socle commun aujourd'hui,
16:01et notamment la droite et le centre-droite du socle commun,
16:03sa politique,
16:04c'est la politique de déflation dans l'entre-deux-guerres.
16:06Voilà.
16:07C'est pas compliqué.
16:09C'est exactement ça.
16:10Je ne suis pas sûr que le candidat qui peut avoir une chance
16:12de devenir président de la République,
16:14s'assoie sur ces questions-là.
16:16Peut-être que je me trompe,
16:17je me trompe souvent,
16:18donc je suis assez prudent.
16:19s'il y a une raison.
16:21Alors, je vais vous dire,
16:22c'est qu'il néglige le fait que la question sociale,
16:26elle est explosive.
16:27Moi, je pense qu'il y a aussi une question centrale,
16:29c'est que la France aujourd'hui,
16:3170% des Français votent à droite,
16:33sont à droite.
16:35Le score incroyable et la stabilité du socle de Marine Le Pen
16:40est absolument inouï.
16:41Inouï, je finis là-dessus.
16:43Et parce que ce que Édouard Philippe a compris,
16:46je pense, j'ai l'impression,
16:47peut-être que je me trompe,
16:48mais il a compris qu'il ne pourra pas faire le Alain Juppé de 2016.
16:53Rappelez-vous, Alain Juppé,
16:54il était le représentant de cette droite modérée,
16:56qui se méfiait,
16:57qui était très prudente sur l'immigration,
17:00sur la sécurité,
17:01qu'il ne voulait pas.
17:01Là, visiblement, Édouard Philippe,
17:03elle a compris que s'il veut continuer à monter,
17:07très peu d'ailleurs,
17:08mais qu'il garde au moins ses 16 à 17%,
17:10il faut absolument que sur ces questions-là,
17:12il soit impitoyable, qu'il soit implacable.
17:15Est-ce qu'il va le faire ?
17:16Je sais que Gérald Lamanin le pousse un peu,
17:19et pardon, juste par rapport à vous,
17:20mais en 2007,
17:22ce qu'il y a d'extraordinaire,
17:23c'est que Nicolas Sarkozy avait justement gagné
17:25sur ses valeurs.
17:27Rappelez-vous, la France,
17:28tu l'aimes ou tu la quittes, etc.
17:30Il y avait des positions très dures sur la sécurité.
17:33Qui a inventé ce slogan.
17:34Non, mais il a quand même beaucoup utilisé,
17:35si je peux me permettre.
17:36Pas beaucoup, non.
17:36Et donc, quelque part,
17:37le Sarkozy de 2007,
17:39eh bien, peut-être qu'Édouard Philippe,
17:41il devrait le réécouter.
17:42Oui, mais là,
17:43ce serait pour lui changer sa nature,
17:46contraindre sa nature.
17:47Franchement, quoi.
17:48Je veux dire,
17:48il n'y a rien de commun,
17:49parce qu'il y a toute une personnalité
17:52derrière la campagne de 2007,
17:54comme il y a toute une personnalité
17:56dans la campagne de 95,
17:57comme il y a toute une personnalité
17:58dans la campagne de 81.
18:00Je veux dire,
18:01vous ne pouvez pas,
18:02à ce point...
18:03Vous savez,
18:04c'est la fin de la campagne de 95.
18:05Mitterrand, pardonnez-moi,
18:06en 80,
18:06il était considéré comme un ringard,
18:08comme un asbine,
18:09il avait encore des dents pourries,
18:10etc.
18:11Et les Français ne croyaient pas.
18:12Mitterrand, en 80,
18:13c'était un vieil homme politique.
18:16Ça veut dire qu'on peut naître
18:18dans une campagne électorale.
18:19On peut se réveiller,
18:21si je puis dire,
18:22se ressusciter même.
18:23Oui, lui, il a ressuscité.
18:25Mitterrand,
18:25il a souvent ressuscité.
18:26Il avait ce talent.
18:27Il avait ce talent.
18:29Mais je ne crois pas...
18:31Vous savez,
18:31ça me fait penser à Baladur
18:32en fin de campagne de 95.
18:34C'est toujours comme ça.
18:35Sauf que là,
18:36c'est au début,
18:37aujourd'hui,
18:38qu'on se comporte de cette façon.
18:40On n'a plus rien à perdre.
18:41Alors,
18:41qu'est-ce que fait Baladur ?
18:42Contre sa nature,
18:43il monte sur les tables.
18:45Bon,
18:45on est le résultat.
18:47Mais là,
18:47c'est un peu pareil.
18:48Ils veulent tous renverser la table.
18:49Fillon sur quelqu'un,
18:50justement,
18:51qui potentiellement,
18:52lui aussi,
18:53compte peser à sa manière
18:55sur la campagne.
18:56Quelqu'un que vous connaissez bien,
18:57François Fillon.
18:58Vous avez dû lire
18:59les différents extraits
19:00de l'interview
19:01qu'il a accordé
19:01au podcast Légende.
19:04On parle là
19:05d'une autre campagne,
19:06celle de 2017,
19:07marquée par l'affaire des costumes.
19:09Il dit...
19:10Alors,
19:10je vais revenir sur la campagne actuelle.
19:12Mais déjà,
19:13il fait une sorte de mea culpa.
19:14Il émet des regrets.
19:15J'ai manqué de jugement
19:16sur les costumes.
19:16Il admet qu'il a sous-estimé
19:17l'ampleur
19:18de ce qu'allait devenir
19:18l'affaire Pénélope.
19:19Vous êtes sensible
19:20à ce mea culpa ?
19:21Qu'est-ce que ça vous inspire ?
19:23Oui, alors,
19:24moi,
19:24j'aime beaucoup François Fillon,
19:26mais je ne l'ai pas soutenu
19:27en 2017.
19:28Mais pas à cause de ça,
19:29à cause de son programme.
19:31Voilà.
19:32Mais,
19:33je pense que
19:34ce qu'on lui a fait,
19:35d'ailleurs,
19:35en matière judiciaire,
19:36c'est assez scandaleux
19:38parce qu'au fond,
19:39c'était quand même
19:40une histoire banale
19:42qui ne méritait pas.
19:44Banale ?
19:45Oui,
19:46mais c'est banal.
19:46Je veux dire,
19:47on dirait,
19:47dans un langage
19:48dans un langage populaire,
19:49c'est une histoire
19:50de corne-cul.
19:50Les costumes,
19:52franchement,
19:53après...
19:53Deux costumes
19:54de 13 000 euros,
19:56on le rappelle,
19:56donnés par Robert Bongi.
19:59On va revenir là-dessus.
20:00Les couturiers,
20:00pendant très longtemps,
20:01je pense qu'ils le font
20:02peut-être encore,
20:03pour se faire de la publicité,
20:05offrir des costumes
20:07aux messieurs
20:07et des robes aux dames.
20:10Voilà,
20:10c'était...
20:10Ça n'a rien de...
20:12Ce n'est pas ça,
20:12le problème.
20:13Là,
20:13le problème,
20:14ça a été peut-être
20:14la façon dont il l'a gérée,
20:16c'est-à-dire dire,
20:17bon,
20:19d'être dans le déni,
20:20puis après,
20:20dire je les rends.
20:22Il y avait ça
20:23et puis il y avait
20:23les emplois fictifs
20:24concernant Pénélope.
20:24C'est autre chose.
20:25Il y avait les emplois fictifs,
20:26mais il n'a pas perdu là-dessus.
20:28Il n'a pas perdu là-dessus.
20:30Il a commencé à baisser
20:31dans les sondages
20:32sur son programme.
20:34Rappelez-vous,
20:34les petits risques
20:35et les gros risques
20:35de l'assurance maladie
20:36que Juppé avait souligné
20:37au second tour de la primaire.
20:38Bon, voilà.
20:39Mais moi, je...
20:42Il veut peser
20:42sur la campagne, là,
20:43vous pensez ?
20:44Parce qu'il est très critique.
20:45La classe politique est lâche,
20:46dit-il.
20:47Oui.
20:47Il ne voit pas
20:48de macronistes au pouvoir.
20:49Tout compte,
20:50mais en même temps,
20:51à la fin des fins,
20:52les gens,
20:52ils votent pour quelqu'un.
20:53Donc, ils ne vont pas avoir
20:54à voter pour François Fillon.
20:55Je pense que si François Fillon...
20:56Il veut se présenter,
20:57vous croyez ?
20:57Non, non.
20:58Je dis qu'ils ne vont pas
20:59avoir à voter
21:00pour François Fillon.
21:01Je pense simplement
21:01que s'il n'avait pas eu tout ça,
21:04aujourd'hui,
21:04François Fillon serait un candidat
21:05qui aurait une surface
21:06quand même beaucoup plus importante
21:08que les candidats
21:10qui se présentent.
21:11Bon, mais voilà.
21:13Est-ce qu'il va peser ?
21:14Je n'en sais rien.
21:15En tout cas,
21:16il apportera son soutien
21:17sans doute à Bruno Retailleau
21:18de façon très active.
21:19Merci beaucoup.
21:20Et on suivra...
21:21C'est une question de fidélité.
21:22Évidemment.
21:23À la suite des épisodes.

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