- il y a 5 semaines
Quatre jours après la terrible crue qui a fait plus de 700 morts et englouti des villages entiers, les secouristes redoublent d'efforts pour localiser quelque 3.000 disparus et évacuer les rescapés encore isolés à la frontière entre le Népal et la Chine.
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00:00Les images qui nous parviennent encore ce matin du Népal sont très impressionnantes.
00:05Découvrons-les ensemble, elles illustrent une situation dramatique 4 jours après la crue dévastatrice qui a fait au moins, nouveau
00:12bilan, 750 morts et plus de 3000 disparus.
00:17Le débit de la rivière ne cesse d'augmenter le Népal où l'on retrouve Anji Luata, vous êtes l
00:23'envoyé spécial de BFM TV.
00:24Anji, bonjour. Les secouristes doivent faire face à une montée des eaux en raison des fortes pluies.
00:35Exactement, il n'y a plus toute la nuit, des orages assez impressionnants.
00:39Nous les avons vécus évidemment avec William Gay sur le terrain.
00:42Nous entendions cette pluie battante et cette pluie battante a des conséquences.
00:45Vous allez voir le débit de la rivière.
00:47Cette rivière s'appelle la rivière Trisouli, c'est l'une de celle qui a été concernée par cette coulée
00:51de boue.
00:51L'une de celle qui s'est transformée en torrent dévastateur.
00:54Et vous voyez effectivement qu'aujourd'hui le débit est assez important.
00:58On a vu des pans de terre parfois sur la zone boueuse que vous apercevez à l'image.
01:03Des pans de terre se détacher depuis ce matin.
01:06Et ce que l'on a constaté surtout, c'est qu'il faut se mettre en hauteur.
01:10Les autorités népalaises ont alerté les populations localement via des messages d'alerte par SMS
01:16en leur expliquant que la crue remontait, que le niveau de l'eau remontait,
01:21que donc il était dangereux de rester par exemple dans le centre-ville de Devigat,
01:25où nous étions il y a quelques minutes avec William Gay.
01:29Je peux vous dire effectivement que là-bas c'est une situation de chaos absolu.
01:33Vous voyez les habitants qui ont dû se mettre un petit peu en hauteur,
01:36tout comme nous d'ailleurs, pour leur sécurité, pour notre sécurité.
01:39Et je peux témoigner effectivement qu'à Devigat, on peut témoigner avec William Gaym qu'à Devigat,
01:43effectivement c'est une situation de chaos absolu.
01:45Il y a des maisons en entier qui sont recouvertes par la boue.
01:49Il y a une odeur également assez forte qui est celle des corps en décomposition.
01:52C'est une certitude.
01:53Nous avons vu également les secouristes sortir des corps des décombres.
01:58La situation est absolument dramatique d'un point de vue humanitaire.
02:01Et en plus, en plus de ça, vous le disiez, tout cela est extrêmement compliqué
02:05parce que le niveau de la rivière, la crue, le risque d'une seconde vague est encore menaçant.
02:12Merci beaucoup. Merci Angile Ouata avec William Gay.
02:14On vous retrouve naturellement tout au long de cette matinée.
02:17Vous qui êtes les envoyés spéciaux de BFM TV au Népal.
02:19Bonjour Jérôme Pellistrandi, consultant défense BFM TV.
02:22À vos côtés Eric Daniel Lacombe, bonjour.
02:23Et bienvenue, vous êtes architecte et spécialiste des risques naturels.
02:26Avec nous également Olivier Galichet, bonjour.
02:28Ancien sapeur-pompier, expert en gestion de crise et fondateur du cabinet Sildaro.
02:32À distance avec nous, Shivaram Bandari, bonjour.
02:34Vous êtes franco-népalais, président de Népali Association in France.
02:39Bonjour, bienvenue sur l'antenne de BFM TV.
02:41Je me tourne vers vous pour commencer.
02:43Est-ce que d'abord, vous avez des nouvelles, de nouvelles informations
02:46et des nouvelles de vos proches au Népal ce matin ?
02:49Alors, bonjour déjà.
02:52Depuis ce matin, j'ai eu des communications avec des volontariés, avec les gens du secours.
02:57Mais cette nuit, la nuit, elle est passée, la montée de dos, elle était très impressionnante.
03:04Donc, pour les secours, il y a eu un terrain compliqué.
03:09Au niveau de l'eau de rivière, elle est très montée vite.
03:13Donc, c'est une panique totale pour l'instant.
03:16Et au niveau de retrouver les survivants, c'est une histoire très masse.
03:23Là, ça devient de plus en plus compliqué.
03:25Il y a les gens volontariés, il y a l'armée, il y a les policiers.
03:29Ils sont tous sur le terrain pour les secours.
03:33Mais la situation, ce matin, c'est encore plus compliqué qu'hier.
03:39Le nouveau bilan en faisant étage, je le rappelle, de 750 morts, plus de 3 000 disparus.
03:44Les opérations de secours absolument massives qui se poursuivent dans des conditions dantesques.
03:49Éric Daniel Lacombe, on voit ces images d'une rivière dont le débit ne cesse d'augmenter.
03:56La montée des eaux est liée aux fortes pluies des 24 à 48 dernières heures.
04:00Ce qui est redouté, c'est une nouvelle crue.
04:02Est-ce que, d'une certaine manière, on ne commence pas à y être déjà, en fait ?
04:05Alors, quand vous dites une nouvelle crue, ce n'est pas ce qu'on a eu au départ.
04:08On est dans la montagne, on est dans des phénomènes en cascade.
04:11C'est quand même un glacier qui s'est craqué, qui est tombé de 2 000 mètres,
04:14qui s'est transformé en eau et l'eau a emporté...
04:16Torrent de glace et de boue, quoi.
04:18C'est ce qu'on appelle une lave torrentielle.
04:19Donc, ce n'est pas une crue.
04:20Une crue torrentielle n'est pas une lave torrentielle.
04:23La lave torrentielle, c'est les images que vous avez.
04:25C'est quelque chose qui a une densité deux fois supérieure à de l'eau.
04:30C'est-à-dire que l'eau chargée en boue, en rocher, a une densité.
04:33C'est ça qui a recouvert les sols, recouvert les maisons et fragilisé les pentes.
04:37C'est en même temps quelque chose qui a cinq fois plus de mètres cubes.
04:41C'est-à-dire qu'un mètre cube d'eau, avec une fois que vous avez chargé les rochers,
04:45fabrique cinq mètres cubes de lave.
04:47Donc, la vraie question que vous me posez, François, c'est est-ce que ces montagnes,
04:51mais ça sera la même chose en France, sont encore habitables ?
04:55Alors évidemment, si on dit au Népal de ne plus habiter les montagnes,
04:58comme c'est 90% de leurs ressources, évidemment, je ne ferai pas que des heureux.
05:02Mais mon métier d'architecte, c'est moins l'urgence que l'adaptation de ces territoires
05:06a des nouvelles situations.
05:08Mais comment, si on est prudent, surveiller 15 000 glaciers en permanence ?
05:14Comment, en même temps, s'assurer que la transformation des sols qu'on a aujourd'hui
05:19ne sera pas un abri ?
05:21Et à la fois sur les profils en long qui sont, c'est-à-dire dans le sens de la
05:26rivière,
05:26très pentus, mais ce que vous avez sur les images,
05:29j'ai connu ça quand j'étais l'architecte des vallées de la tempête Alex en 2020,
05:34au-dessus de Nice, à la Roya, la Vésubie, la Tinet,
05:37il faut savoir que même les maisons, comme les gens qui paraissent à l'abri sur les côtés,
05:41sont sur des sols qui, après la première lave,
05:44c'est-à-dire aujourd'hui la pluie, donc la crue, vont descendre.
05:48C'est-à-dire que les profils en travers de la montagne vont eux aussi descendre.
05:52À Saint-Martin-Vésubie, on a perdu 90 maisons en disant la première urgence,
05:57mais avec le préfet Pelletier, on en a enlevé 71 autres
06:01parce qu'elles étaient en danger d'une situation future.
06:05Donc c'est ça qui me préoccupe, c'est sur la situation évolutive.
06:10Effectivement, à très très court terme, là, des médias chinois,
06:12du côté du Tibet ce matin, qui font état d'un glissement de terrain
06:17qui a formé un nouveau lac dans la zone sinistrée.
06:19Et pour rebondir sur ce que vous venez de dire, Eric Daniel Lacombe,
06:22je voudrais qu'on regarde cette photo de la boue
06:25qui a absolument tout englouti, cette photo de l'AFP,
06:29qui est elle aussi très impressionnante, qu'on a reçue ce matin,
06:32qui se passe presque de commentaire tant elle est éloquente.
06:34On comprend aisément, Olivier Gallichet,
06:37quatre jours après, que l'espoir de retrouver des survivants
06:40s'amenuise sérieusement, en tout cas dans certains endroits.
06:43Oui, c'est très compliqué.
06:44Alors j'ai vu qu'ils avaient retrouvé une fillette hier, apparemment,
06:48dans une poche de survie.
06:50Mais la difficulté, c'est qu'en termes de secours,
06:52on n'est pas du tout dans quelque chose de conventionnel.
06:54On n'est pas dans l'inondation,
06:56et on n'est pas dans ce qu'on appelle le sauvetage des bléments.
06:58Le sauvetage des bléments, c'est que j'ai un tremblement de terre,
06:59les maisons s'écrasent, mais avec les blocs de béton,
07:02ça fait quand même des poches de survie, et on peut intervenir.
07:04Là, on est sur une coulée de boue, lave torrentielle, etc.
07:07Et ces 10 à 15 mètres de boue, c'est un vrai problème.
07:11Pour les secours, on ne sait pas faire,
07:13et c'est aussi pour ça qu'il n'y a pas eu de demande spécifique.
07:15On n'a pas de doctrine liée à ça.
07:17En 2015, suite au tremblement de terre au Népal,
07:19justement, on a eu un village qui était complètement enseveli comme ça,
07:22et en lien avec le MAE,
07:23parce que des Français manquaient à l'appel dans ce village,
07:25on nous a demandé qu'est-ce qu'on peut faire au niveau sécurité civile.
07:28Il n'y a pas de solution, en fait.
07:29Il n'y a pas de doctrine par rapport à ça.
07:30Quatre Français restent, bel et bien, ce matin, portés disparus.
07:35Une catastrophe humanitaire, loin, très loin, on le comprend aisément, d'être terminée.
07:40Nos envoyés spéciaux assistent aux opérations et à la détresse de toute une population.
07:44Reportage d'Angie Luata et Willem Gueye.
07:52Cette femme croyait trouver son mari ici.
07:55Il est porté disparu depuis quatre jours,
07:57et les autorités ne peuvent pas vraiment la rassurer.
08:01Madame, il nous manque encore quelques véhicules.
08:04On en a trouvé un, mais il n'y a personne à l'intérieur.
08:06Il nous manque dix personnes.
08:09Voilà la place du marché de la ville de Bidour.
08:12Les étals et les commerces ont disparu sous des montagnes de boue.
08:17Beaucoup de gens que je connaissais, avec lesquels je jouais,
08:19je faisais la fête, je riais, sont sous cette boue désormais.
08:24La vision glace le sang de Soudir.
08:26Il est originaire d'un village encore inaccessible par la route.
08:31Les gens sont toujours bloqués là-bas.
08:32Ils n'ont pas de nourriture, de médicaments, pas même de maison pour s'abriter.
08:36Le manque d'eau potable menace l'ensemble de la région.
08:39Mais ce qui angoisse le plus cette mère de famille,
08:42c'est la rivière qui s'est rapprochée dangereusement pendant la crue.
08:45Je crains qu'une autre coulée de boue arrive encore dans les prochains jours.
08:50La peur d'une seconde vague.
08:53On a sorti ses affaires d'une maison.
08:56Alors même que la crise humanitaire ne fait que commencer.
08:59Écartez-vous de la route, écartez-vous.
09:03La priorité pour les secouristes reste pour l'instant la recherche de personnes disparues.
09:08Grâce au travail des hélicoptères que vous apercevez ici,
09:11ils sont les seuls à pouvoir se rendre sur l'ensemble de la zone sinistrée.
09:17Un drame humain auquel assiste l'équipe de BFM TV qui se trouve au Népal depuis 48 heures maintenant.
09:22Autre photo que je voulais vous montrer ce matin.
09:25Autre photo de l'agence France Presse.
09:27Cette militaire qui porte, on ne voit pas bien avec le bandeau,
09:30mais qui porte un nourrisson secouru au lendemain de ses crues soudaines
09:35au camp de Trichouli dans le district de Nouakot,
09:37qui est en quelque sorte l'épicentre de cette catastrophe.
09:40Je voulais aussi ce matin qu'on parle, Général Pellistrandi,
09:42de ces opérations extraordinairement complexes en cours
09:47et l'urgence est absolue pour tenter d'extraire une centaine d'ouvriers
09:52coincés dans les tunnels d'un chantier de barrages hydroélectriques.
09:57Oui, on a appris qu'effectivement une centaine d'ouvriers ont été pris aux pièces
10:02dans un tunnel qui s'inscrit dans la construction de ce barrage hydroélectrique,
10:08donc sous la montagne.
10:09Donc, a priori, ça veut dire qu'une partie du tunnel s'est effondrée,
10:13ils sont donc de l'autre côté, ils ne peuvent pas sortir.
10:15Et néanmoins, les sauveteurs ont réussi à, en quelque sorte, percer un trou.
10:21Donc, d'une part, ça veut dire qu'on est en contact avec les ouvriers
10:26qui sont de l'autre côté.
10:28Il y a de l'air, donc ça c'est très important,
10:31parce que pour l'oxygénation des personnels, on peut envoyer quelques vivres.
10:36Et donc, toute la difficulté consiste à élargir, en quelque sorte, le passage
10:41pour les faire sortir.
10:42Mais on est dans des terrains extrêmement instables,
10:45et donc vous ne pouvez pas y aller comme ça, brutalement.
10:48Il faut, en permanence, en quelque sorte, étayer dans un contexte,
10:52avec aussi une difficulté supplémentaire,
10:54c'est que l'accès à l'entrée du tunnel,
10:58tout ça, ça a été plus ou moins détruit.
11:00Donc, vous voyez, il faut procéder par étapes,
11:03et donc, il faut espérer qu'on arrivera, finalement, dans les délais,
11:08à pouvoir tous les sortir.
11:10– Éric Daniel Lacombe.
11:11– Oui, les mots du général sont très simples.
11:14Il s'y connaît, je dirais, en urgence.
11:17Ce n'est pas de la boue, c'est du béton qui est tombé sur les gens.
11:20Et c'est du béton qui remplit le tunnel.
11:22C'est-à-dire que cette matière va durcir.
11:25Et on a déjà eu ça dans un tunnel français,
11:28et une fois que vous êtes prisonnier de cette matière qui durcit,
11:31eh bien, il faut fabriquer, à l'intérieur de cette matière,
11:33des trous pour en sortir.
11:35C'est ça, tout le problème.
11:36C'est-à-dire que les glaciers sont devenus instables,
11:38et la matière qu'ils ont fabriquée, qu'ils ont projetée,
11:40les premiers morts sont quand même à 30 kilomètres du glacier.
11:4330 kilomètres, ce n'est pas juste dessous,
11:45comme Chamonix par rapport à l'aiguille du Midi.
11:48C'est 30 kilomètres.
11:49Eh bien, cette matière, à la fois, elle devient stable,
11:51et en même temps, elle restera instable,
11:53puisqu'elle est déjà percutée par la rivière
11:55qui vient, avec la mousson, la transformer.
11:58Donc, on est, je reviens,
12:00sur la grande question de l'habitabilité,
12:02ou pas, de ces endroits.
12:03– Les opérations de secours compliquées
12:06par les conditions météo, notamment,
12:08qui produisent ensuite des conséquences en chaîne au Népal,
12:12et dans ces conditions,
12:13l'acheminement de l'aide,
12:14qui reste, lui, aussi très délicat,
12:15comme nous l'explique Angile Ouattah.
12:17– Oui, en fait, avant de pouvoir atteindre
12:21les zones sinistrées,
12:22nous nous sommes arrêtés sur la route
12:23avec William Gass.
12:24Suivez-moi, je voulais vous montrer,
12:25tout simplement, cette situation.
12:26Regardez, ces gens sont obligés
12:28de venir s'approvisionner en eau.
12:30Il y a ces camions-citernes
12:31qui viennent le long de la montagne,
12:33dans des zones qui, pourtant,
12:34ne sont pas réellement sinistrées,
12:36n'ont pas été touchées par la coulée de boue.
12:39Ces camions-citernes s'approvisionnent
12:40directement près de la montagne,
12:42dans d'autres sources qui coulent de l'Himalaya,
12:45mais qui n'ont pas été touchées
12:46par cette coulée de boue.
12:48Ils viennent ici, au plus près des habitants,
12:50au plus près des villages,
12:51pour récupérer de l'eau, tout simplement,
12:53parce que cette situation humanitaire,
12:55justement, elle touche l'ensemble de la région,
12:57au sens très large.
12:58Et la plupart des habitants sont obligés
13:00de venir s'approvisionner.
13:02Vous le voyez, plusieurs litres d'eau par famille,
13:05précisément parce que de nombreuses canalisations ont sauté.
13:07C'est un exemple, un exemple de la force
13:10de cette coulée de boue qui concerne,
13:12vous le voyez, l'ensemble du nord
13:14de la région de Katmandou,
13:17un peu plus loin, en l'occurrence,
13:19que la capitale.
13:20Nous sommes éloignés de la capitale
13:22et vous le voyez absolument partout.
13:24Il y a des situations humanitaires,
13:25sous nos yeux, des gens qui sont en manque d'eau,
13:27parce que de nombreuses canalisations
13:28ne sont plus disponibles.
13:30– Chivaram Bandari, pardonnez-moi,
13:33vous êtes, je rappelle, franco-népalais
13:34et présidente de Nepali Association in France.
13:36À propos de l'aide humanitaire,
13:39vous pouvez avoir conscience
13:39que les sinistrés aujourd'hui
13:42manquent de tout dans ce pays
13:45qui est parmi les plus pauvres de la planète,
13:47déjà à la base.
13:47– En fait, pour les gens,
13:52il manque tout.
13:52En fait, il y a deux manières différentes.
13:55Il y a un côté de la rivière,
13:56il a fait complète la frontière
13:58avec les deux villages face à face.
14:01À côté de la rivière,
14:05vous passez à Katmandou,
14:08vous arrivez à Bedur,
14:09il y a l'armée qui gère tout,
14:12ils stockent la nourriture,
14:14toutes les premières nécessités.
14:15Et à l'autre côté de la rivière,
14:17c'est encore pire
14:18parce qu'il n'y a plus de ponts
14:19pour passer l'autre côté
14:21pour distribuer les premières nécessités
14:26pour les gens qui sont sans abri.
14:29C'est un problème vraiment très compliqué.
14:33Il n'y a qu'un hélicoptère
14:33qui peut ramener des nourritures,
14:37des vêtements,
14:37les premières nécessités.
14:39Et ici en France,
14:40on a récolté,
14:42on a plusieurs associations népalais
14:44qui sont ici à Paris
14:45et qui sont basés à Paris.
14:46On a réussi à récolter pas mal de fonds.
14:49Là, cet après-midi,
14:50on est en train de préparer
14:52pour envoyer le récolte.
14:55On a fait ici
14:56pour aider les gens à la sinistrie.
15:00Et on a été collaborer
15:01avec l'ambassade de France
15:03ici à Paris.
15:05Donc on est tous...
15:06Le plus compliqué,
15:08c'est l'autre côté du rivière
15:09de Trisoli,
15:11le village s'appelle
15:12le tout-pied où je suis né.
15:13Notre village,
15:14c'est la ceinture de rivière,
15:18elle est complètement ravagée.
15:19Donc à partir de là,
15:22toutes les rivières,
15:23toutes les...
15:23Le code qui concerne
15:24l'autre côté du rivière,
15:26c'est très très compliqué.
15:27Oui, le problème,
15:29Olivier Gellichet,
15:30ce sont ces villages coupés du monde.
15:32Enfin, les axes de communication
15:33et de circulation coupés.
15:36Comment, dans ces conditions,
15:37l'acheminement de l'aide
15:38peut-il s'opérer ?
15:40Ça a toute la difficulté.
15:41C'est toute la partie
15:42sauvegarde de la population.
15:43C'est ce qu'on a connu
15:43pendant la tempête Alex.
15:45C'est qu'à un moment donné,
15:46une fois qu'on a réalisé
15:47les secours d'urgence,
15:48il faut que ces gens
15:50puissent continuer à vivre
15:51selon leurs standards internationaux.
15:52Évidemment, le Népal est un pays
15:54qui n'a pas les standards français.
15:56Mais ils ont quand même
15:57besoin d'eau,
15:58besoin de nourriture,
15:59besoin de pouvoir circuler.
16:00Et là, il va falloir...
16:01Ils ont déjà attaqué
16:02à faire l'évaluation
16:03des infrastructures,
16:05de tout ce qui va être réseau
16:07et des possibilités
16:08d'acheminer
16:09toute l'aide internationale
16:10qui va arriver.
16:11D'ailleurs, pour l'instant,
16:12il y a 57 tonnes
16:13qui sont arrivées
16:14de différents pays.
16:15Mais 57 tonnes,
16:16il va falloir les faire passer
16:17dans les différents endroits.
16:19Sur ce que l'on peut
16:20ou doit redouter
16:21dans les prochaines heures,
16:22les prochains jours,
16:23je le disais,
16:24côté tibétain,
16:24ce glissement de terrain,
16:26qui a formé un nouveau lac
16:28dans la zone sinistrée.
16:29Le risque, c'est quoi ?
16:30C'est la rupture.
16:31C'est à nouveau
16:32une cascade de plus.
16:33Mais ça serait la même chose.
16:35D'ailleurs,
16:35j'ai cru que c'était ça
16:36au début,
16:36comme sur une autre chaîne,
16:38j'ai cru que c'était
16:39un barrage qui avait cédé.
16:40En fait,
16:41que ce soit un lac glaciaire
16:42qui, à un moment,
16:43trop plein,
16:44se vide et vous renverse,
16:45d'ailleurs, en France,
16:46sachez qu'on les surveille
16:47et de temps en temps
16:47qu'on en fait des vidanges,
16:49sachant que ça peut être
16:50exactement un autre glacier
16:51qui tombe,
16:52ça peut être encore
16:53un tremblement de terre
16:54parce qu'on a cru que
16:55tellement le choc était fort
16:56que c'était un problème sismique.
16:58La vraie question
16:59qui, moi, m'intéresse,
17:00c'est qu'est-ce que
17:01les gens en dessous
17:02pourraient faire
17:03pour réduire leur vulnérabilité ?
17:05La première chose...
17:05Dans un premier temps,
17:06mais là, dans un premier temps...
17:07Oui, mais dans un premier temps...
17:08Rien !
17:09Concrètement...
17:09Dans un premier temps,
17:10il va falloir prendre
17:11des décisions politiques.
17:12Quand vous regardez
17:12la position de la douane,
17:14alors évidemment,
17:14c'est une douane chinoise,
17:15elle est à une confluence,
17:17c'est-à-dire la confluence,
17:18vous savez ce que c'est ?
17:18C'est la rencontre
17:19entre deux rivières.
17:20Elle est au plus mauvais endroit.
17:22Alors, c'est certainement
17:23le meilleur endroit
17:23pour surveiller le passage,
17:25mais d'ailleurs,
17:26il ne reste rien de la douane.
17:27Et même les images
17:28qu'on a vues,
17:29les gens qui fuient,
17:30ils ne sont même pas
17:31à l'endroit où ça cogne,
17:32ils sont derrière la confluence.
17:33Donc, vous imaginez la force.
17:35Donc, première décision,
17:36est-ce que le président chinois
17:38décide de reconstruire
17:39la douane à cet endroit-là ?
17:40Parce que s'il ne la reconstruit pas
17:42à cet endroit-là,
17:42il y aura moins de morts
17:43la prochaine fois.
17:44Ça, c'est quand même
17:44des questions absolument passionnantes.
17:47La question des ponts,
17:48la grande leçon
17:49de la tempête Alex,
17:50c'est qu'à un moment donné,
17:52dans les dessins que j'ai faits,
17:53on a choisi un côté du fleuve.
17:55Regardez l'image
17:55qui est dernière à vous, François.
17:56Il y a des habitats
17:58des deux côtés du fleuve.
17:59Il y a toujours un côté du fleuve
18:00qui est moins dangereux
18:01que l'autre.
18:02Eh bien, vous choisissez un côté
18:03et l'autre,
18:04vous l'abandonnez à la nature.
18:05Voilà des choses
18:06tout à fait utiles.
18:07Là, j'ai vérifié,
18:08je pense que la cote d'alerte
18:10de protection,
18:10c'est ce qui a été dit
18:11par le reportage,
18:12c'est 30 mètres,
18:14et je dirais plutôt 50 mètres,
18:15au-dessus du lit de la rivière.
18:16Mais à ces endroits-là,
18:18il n'y a plus une route qui passe.
18:19Donc, comment on fait,
18:21un, pour se mettre à l'abri,
18:22et deux, après,
18:23pour continuer à vivre ?