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  • il y a 2 mois
La crue dévastatrice survenue à la frontière entre le Népal et le Tibet mercredi a fait au moins 584 morts selon un nouveau bilan publié ce vendredi 28 août. Plusieurs opérations de secours et d'évacuation sont encore en cours.

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Transcription
00:00Bon courage pour les heures qui viennent. Une information de dernière minute, Thierry, qui concerne les Français portés disparus dans
00:07cette région.
00:08Et la confirmation par le Quai d'Orsay, de l'information qui avait été livrée jusqu'à présent par les
00:12autorités népalaises,
00:13qui confirme que, je cite, quatre de nos ressortissants qui se trouvaient dans les zones touchées sont portés disparus.
00:20Voilà le premier chiffre, le premier bilan chiffré qui est donné par le Quai d'Orsay, les autorités françaises,
00:25qui n'est évidemment que provisoire et on peut craindre que ce bilan ne s'aggrave dans les heures, dans
00:30les jours qui viennent.
00:31Les équipes du centre de crise sont en contact avec les familles, bien sûr, et continuent évidemment de rechercher potentiellement
00:38d'autres Français
00:39qui se sont inscrits sur le fil d'Ariane selon la procédure que l'on applique lorsqu'on se rend
00:46dans ces zones à risque.
00:47On est justement en ligne avec le porte-parole de la Fédération France Victime. Jérôme Moreau, bonsoir, merci d'être
00:52avec nous également en direct ce soir.
00:55Le Quai d'Orsay confirme donc ce soir qu'on est sans nouvelles de quatre Français qui se trouvaient dans
01:00la zone.
01:00Est-ce que vous confirmez vous aussi cette information ? Et est-ce que vous savez, par ailleurs, s'il
01:05y a certains de nos compatriotes qui ont été blessés dans cette coulée de boue ?
01:09Alors, je ne commenterai absolument pas les informations du Quai d'Orsay puisque nous sommes en lien depuis hier avec
01:14eux
01:14et que constamment avec le centre de crise, nous avançons pas à pas pour évaluer le bilan pour les Français
01:23de cette catastrophe.
01:25Ce que je voudrais dire, tout d'abord, c'est que si un certain nombre de familles sont inquiètes ou
01:29n'ont pas de nouvelles,
01:30évidemment, il faut contacter le ministère des Affaires étrangères ou éventuellement le 116-006 qui est notre plateforme.
01:37Et nous, on fera remonter l'intégralité des informations, des inquiétudes et des angoisses au Quai d'Orsay.
01:44La deuxième chose que je voudrais dire, c'est qu'effectivement, on a un certain nombre de familles qui ont
01:50été contactées aujourd'hui et hier
01:53par le ministère des Affaires étrangères et qui sont dans une angoisse terrible.
01:57Je ne commenterai pas les chiffres et le nombre, mais en tout état de cause, nous allons être orientés, nous
02:02allons être mobilisés
02:04pour les accompagner si elles le souhaitent et pour les prendre en charge.
02:10La disparition ne vaut pas décès, mais en tout état de cause, ce que l'on sait, c'est qu
02:15'aujourd'hui,
02:16les moyens de communication sont extrêmement compliqués et que le repérage est subordonné aux investigations
02:24des services de secours et de sauvetage au Népal.
02:28Donc, effectivement, on a beaucoup de familles qui sont dans l'angoisse ce soir et on le comprend bien.
02:36Et le centre de crise fait tout ce qu'il peut pour localiser tout d'abord les ressortissants
02:41et pour faire en sorte que toutes les personnes en France puissent être accompagnées
02:47et au Népal puissent être secourues et évidemment rapatriées le plus vite possible.
02:53Est-ce que vous accompagnez également les familles qui sont dans le doute,
02:57c'est-à-dire qui n'ont pas de nouvelles de personnes qui se trouvaient peut-être dans cette région
03:02ou ailleurs ?
03:02Vous l'avez rappelé, les communications ne sont pas forcément excellentes.
03:06Et comment on accompagne ces familles qui aujourd'hui, depuis 48 heures, n'ont parfois plus de nouvelles ?
03:10Alors, pour l'instant, nous n'accompagnons personne puisque nous avons eu les coordonnées qui hier
03:15et que pour l'instant, évidemment, les familles sont dans d'autres états psychologiques d'être accompagnées par nous.
03:23La première chose qu'on va accompagner dès qu'on aura eu les premières victimes,
03:28c'est d'accompagner cette angoisse qui est tout d'abord très insécurisante et deuxièmement très traumatisante.
03:33Parce qu'on n'a aucune nouvelle, parce qu'on sait que le défaut d'information victimise énormément et légitimement
03:41les personnes.
03:42Et puis, on est dans un doute qui est intenable.
03:45Et puis, après, lorsqu'on aura les informations et lorsqu'on saura l'état de nos compatriotes,
03:53eh bien, on déploiera les accompagnements psychologiques tout d'abord, juridiques et sociaux.
03:57Et puis, ce que je voudrais dire, c'est que pour tous les survivants, ça va être aussi extrêmement compliqué.
04:02Donc, la première des choses, lorsqu'ils seront sur le territoire français, évidemment, ça va être les soins.
04:07Et puis, ça va être aussi de débriefer cette confrontation à la mort, parce que c'est de ça dont
04:13il s'agit.
04:14Et c'est extrêmement difficile, puisqu'il va falloir évacuer cette image de mort et leur apprendre à vivre avec.
04:20Donc, c'est tout cela que nous allons faire.
04:22Mais ça nécessite du temps, ça nécessite d'avoir des informations, d'avoir des informations fiabilisées.
04:29Et puis, de savoir où sont nos compatriotes, parce qu'on a peut-être des personnes qui sont saines et
04:35sauvées, on l'espère,
04:36mais qui ne peuvent tout simplement pas communiquer, pas téléphoner et pas donner de nouvelles.
04:43Effectivement. Merci beaucoup, Jérôme Moreau.
04:45Je rappelle que vous êtes le porte-parole de la Fédération France Victime.
04:48Chloé Giraud va nous rejoindre dans quelques instants maintenant pour découvrir ensemble les dernières images qui nous arrivent,
04:55à la fois de l'ampleur de cette catastrophe et du travail des secouristes en ce moment
05:00qui sont en train de découvrir les unes après les autres, les uns après les autres,
05:03les villages notamment qui ont été atteints par cette vague.
05:05Oui, tout à fait. Et parmi les images du jour, des images aériennes qui nous laissent voir l'ampleur de
05:12cette catastrophe
05:14avec des paysages tout simplement transformés, tout gris, parce que la boue a absolument tout recouvert.
05:21Elle n'a pas seulement recouvert les bâtiments, elle les a aussi ensevelis partiellement ou même entièrement.
05:26Vous voyez ici un bâtiment avec presque uniquement le toit finalement qui émerge de cette boue.
05:32Elle a tout emporté sur son passage, habitation, bâtiment, mais aussi les véhicules complètement détruits que vous voyez sur ces
05:39images.
05:40Parmi les images qui nous parviennent aujourd'hui, il y a aussi, vous l'évoquiez, ces opérations de sauvetage
05:45puisqu'elles ont pu démarrer. De premiers sauveteurs ont pu accéder sur zone.
05:50Ici, on est au niveau d'un chantier, d'un barrage hydraulique.
05:53Une centaine d'ouvriers sont coincés dans un tunnel et vous voyez qu'ils sont extraits par les secouristes
05:58qui les tirent littéralement sur le ventre. Pourquoi ? Parce qu'en fait, cette boue, elle agit comme des sables
06:05mouvants en quelque sorte
06:06et qu'on peut s'enfoncer dedans. Donc des opérations de sauvetage extrêmement difficiles et périlleuses.
06:12On va le voir aussi sur des images, cette fois-ci, du côté de la Chine avec des sauveteurs qui,
06:18cette fois-ci, vous les voyez,
06:20tentent de traverser cette rivière en s'agrippant à une corde.
06:23Vous voyez que l'un d'eux, là, qui est encore dans la rivière avec son casque jaune, a l
06:27'air d'être en difficulté
06:29parce qu'il y a un courant particulièrement important et donc il est aidé par ses coéquipiers.
06:35Mais on sent qu'à tout moment, ces équipes peuvent être emportées par ce courant.
06:40Et puis on va terminer avec des images dramatiques qui illustrent ce bilan terrible.
06:46Ce sont ces sacs mortuaires transportés par les secouristes des dizaines et des dizaines de corps retrouvés ensevelis dans la
06:54boue
06:55puisque ce soir, le bilan s'élève à près de 600 morts au Népal.
06:59Merci beaucoup, Chloé Giraud. Des corps retrouvés, effectivement, on en est à 577.
07:04Ce soir, le bilan des personnes portées disparues, lui, continue à augmenter.
07:101900 disparues ce soir. On a une petite idée de ce que sera le bilan à la fin ?
07:14On ne peut pas le dire.
07:16Effectivement, on avait tout à l'heure des personnes qui dénombrent le nombre de maisons qui ont été importées.
07:21On essaie de faire à travers ces maisons qui ont disparu, ces bâtiments qui ont disparu.
07:27Là, il va vraiment falloir attendre les relevés des différentes autorités pour le savoir réellement
07:33avec une estimation de la population qui vivait là et des personnes qui répondent ou pas, évidemment, à l'appel
07:38après cette catastrophe.
07:41Et il faut imaginer, Ludovic Pergano, la zone de recherche qui est absolument immense.
07:46Ce torrent de boue a dévalé la montagne sur 80 km.
07:49Par endroit, il fait plusieurs centaines de mètres de large.
07:52C'est une zone montagneuse.
07:53C'est le pire des scénarios quasiment pour les secouristes.
07:55C'est une zone extrêmement étendue, montagneuse, effectivement.
07:59Et avec une autre difficulté, c'est que toutes les voies d'accès ont aussi été détruites par cette coulée
08:03de boue.
08:03Donc, ça rend l'accès aux secours particulièrement difficile.
08:09Il y a eu des premières reconnaissances qui ont pu être réalisées avec des hélicoptères et des moyens aériens, notamment
08:12des drones.
08:13Et même là, c'est compliqué parce qu'on ne peut pas faire voler plusieurs hélicoptères au même endroit en
08:18même temps avec des drones en plus
08:20parce que là, il y a des risques d'accident.
08:21Puis, on est au Népal, il n'y a pas non plus des hélicoptères comme ça à foison.
08:24Et puis, ce type de reconnaissance, ça s'organise.
08:27Il faut arriver à sectoriser.
08:28Il faut savoir ce qu'on a, les surfaces qui ont déjà été reconnues, celles qui doivent l'être.
08:32Donc, c'est extrêmement complexe à organiser.
08:35Il faut beaucoup de monde.
08:36Et là encore, les moyens de secours s'avèrent clairement insuffisants.
08:39Et même s'il y en avait plus, de toute façon, il faut arriver à les acheminer sur place.
08:43Et c'est ce que disait tout à l'heure votre reporter sur le terrain.
08:47On va voir des images d'avant et d'après cette catastrophe pour vraiment bien comprendre que ça a été
08:53un raz-de-marée.
08:54Cette vague, ce n'est pas de l'eau, ce n'est pas de la boue, c'est quelque chose
08:58qui détruit quasiment tout sur son passage.
09:00Oui, il faut imaginer que ce glacier, quand il cède, il entraîne avec lui de l'eau et des débris.
09:04Et donc, rien, absolument rien, même ce poste frontière, où des milliers de personnes transitaient tous les jours, n'a
09:12pas résisté.
09:12C'est un bâtiment qui fait plusieurs dizaines de mètres de haut.
09:16Il n'a pas résisté.
09:17Des villages et des habitats précaires et sommaires.
09:20Donc là, on peut comprendre, évidemment, avec la puissance de l'eau, qu'ils aient disparu.
09:23Mais ce poste frontière qui a été complètement rasé et vraiment, presque cette espèce maquette qu'on avait, on se
09:32l'ait pratiquement tous dit.
09:32C'est l'image, c'est la première image qui est arrivée.
09:34C'est exactement ça, que ces bus qui disparaissent dans le fracas, ce bâtiment qui disparaît avec des gerbes d
09:41'eau qui débarquent, qui englobent et qui ensevelissent complètement ce bâtiment.
09:47C'est effectivement, là, les premières images qu'on a reçues témoignent réellement de la violence de ces phénomènes.
09:54Thierry Arnaud, j'ai besoin de vos lumières.
09:55Le Népal a dit aujourd'hui, envoyez-nous des livres, envoyez-nous des médicaments, mais nous n'avons pas besoin
10:01de renforts humains.
10:03Pourquoi ?
10:04Alors, il y a plusieurs raisons qui ont été avancées.
10:06La première, c'est parce que, disent-ils, à ce stade, ils ont tous les moyens humains dont ils ont
10:11besoin.
10:12La seconde qui est liée à la première raison, c'est d'expliquer qu'en raison, comme vous le disiez
10:16à l'instant, de la complexité du théâtre d'opération,
10:20il est très important d'avoir des secouristes qui le connaissent, qui connaissent le terrain, qui l'ont déjà pratiqué,
10:26et qui donc vont pouvoir, de ce point de vue, être efficaces.
10:29Et puis, la troisième raison qui n'a pas été évoquée de manière explicite, mais qui est quand même assez
10:33claire,
10:34c'est qu'il y a plutôt un mauvais souvenir d'un précédent, qui est celui du séisme absolument gigantesque
10:39qui s'était produit en 2015.
10:41Et à cette occasion, le Népal avait accueilli un très grand nombre d'équipes de secouristes étrangers, plus d'une
10:48centaine de pays.
10:49Et le pays n'en a pas gardé un très bon souvenir.
10:53Pour eux, ça s'est passé de manière un peu chaotique.
10:56Il y a eu une chaîne de commandement qui était trop complexe à gérer.
10:59Il y a eu parfois de la concurrence entre les différentes équipes.
11:02Et c'est pour éviter la répétition de ce scénario qu'on a choisi de dire non.
11:07Pour l'instant, bien sûr, à des équipes de secouristes venues du reste du monde.
11:11J'ajoute très rapidement qu'un mot du contexte politique, parce qu'il est intéressant aussi.
11:16C'est un pays qui a connu une véritable révolution au Népal depuis un an.
11:20Le gouvernement est tombé.
11:21Il y a eu d'abord des manifestations, puis des élections.
11:24Il y a la tête du pays aujourd'hui, un jeune Premier ministre qui a 36 ans,
11:27qui est l'ancien maire de Katmandou, qui est un ancien rappeur.
11:30Donc, vraiment un pays qui est en pleine transformation, évidemment, politique,
11:35très importante depuis quelques mois seulement.
11:37Et puis, il y a effectivement, de l'autre côté de la frontière, le Tibet, la Chine.
11:41Ce qui ajoute un degré de complexité géopolitique supplémentaire à cette situation absolument dramatique.
11:47L'une des questions que vous vous êtes peut-être posées depuis deux jours,
11:49c'est de savoir si ce qui est arrivé au Népal pourrait nous arriver à nous, Européens, et à nous,
11:54Français.
11:55On va la poser cette question à Daphné Buron, qui est avec nous.
11:57Bonjour, vous êtes docteur en climatologie et en glaciologie.
12:01Merci d'être avec nous ce soir en direct sur BFM TV.
12:03Est-ce qu'on est menacé, nous aussi, par ce genre de phénomène de glacier qui provoque ce petit tsunami
12:08?
12:09Est-ce que ça pourrait arriver, par exemple, dans les Alpes ?
12:13Alors, ce genre de phénomène, le processus en lui-même, oui, puisque les Alpes possèdent des glaciers.
12:18Après, bien sûr, ce ne serait pas à la même échelle qu'au Népal.
12:21On n'a pas les altitudes du Népal, on n'a pas la taille des glaciers ni des vallées du
12:27Népal.
12:27Donc, les conséquences seraient moindres.
12:30Mais on a toutefois des zones urbanisées qui se trouvent en dessous des glaciers à risque.
12:34Donc, c'est quelque chose qui est pris très au sérieux.
12:37Pris au sérieux, ça veut dire qu'on surveille déjà aujourd'hui certains glaciers,
12:41par satellite, avec des drones, avec autre chose,
12:43pour au moins pouvoir alerter la population si ça devait arriver ?
12:48Oui, tout à fait. Il y a une politique, il y a des systèmes de projets aujourd'hui de prévention
12:55des risques glaciaires.
12:56Et donc, on a plusieurs dizaines en France et en tout plusieurs centaines de sites dans les Alpes
13:01qui sont sous haute surveillance, c'est-à-dire, comme vous l'avez dit,
13:04à la fois par des mesures satellites et des radars,
13:07mais aussi des capteurs qui sont posés directement sur les glaciers,
13:10des balises pour étudier les risques sismiques, des piézomètres.
13:15On fait aussi des forages assez réguliers sur les zones les plus à risque,
13:18notamment celles où il pourrait y avoir des lacs ou des poches d'eau qui peuvent se rompre.
13:23Et donc, ensuite, on suit un système d'alerte presque immédiat sur les glaciers les plus à risque,
13:29où on va justement, le but, c'est de prévenir la population pour évacuer dans les temps.
13:34C'est ce qui a eu lieu la dernière fois qu'il y a eu un risque en Suisse,
13:37et la population a été évacuée.
13:39Donc, il n'y a pas eu de victime, seulement matérielle en tout cas.
13:42On va aussi aller vidanger certains lacs.
13:45Quand on voit que, par exemple, s'il y a un lac glaciaire qui menace de se vidanger
13:49et d'inonder une zone,
13:51eh bien, aujourd'hui, on va savoir le vidanger de manière contrôlée,
13:55en prévention, pour diminuer cette pression-là.
13:59Et donc, on va voir le temps.
13:59Et donc, on va voir le temps.

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