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  • il y a 2 mois
Ce jeudi 27 août, BFM Business a consacré une édition spéciale à "La REF : le rendez-vous des entrepreneurs". Stéphanie Coleau a reçu Matthieu Hornet, président du Comex 40 du Medef, Alain Di Crescenzo, président de CCI France, Pierrick Merlet, journaliste La Tribune, spécialiste de l'industrie, Hugues Meili, président et cofondateur de Niji, et Aline Valantin, fondatrice Osmose Consulting, podcast "Manager Inspirant".

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Transcription
00:00BFM Business, émission spéciale depuis la REF. Stéphanie Collot.
00:10Il est midi sur BFM Business, soyez les bienvenus si vous nous rejoignez.
00:15Émission spéciale depuis la REF, la rencontre des entrepreneurs de France organisée par le MEDEF depuis Roland-Garros.
00:22C'est une REF particulière cette année, à quelques mois de l'élection présidentielle, alors que la France doit trouver
00:28plusieurs dizaines de milliards d'euros d'économies et que le coût de la dette augmente.
00:33Le MEDEF place cette édition cette année sous le signe du courage, courage politique, courage économique, courage réformateur.
00:41Mais les chefs d'entreprise, eux, sont-ils encore confiants ? Comment anticipent-ils cette rentrée ? Quelles sont leurs
00:48attentes ?
00:48On va voir ça avec Mathieu Ornay. Bonjour.
00:52Bonjour.
00:52Vous êtes le président du Comex 40 au sein du MEDEF. Alain Di Crescenzo, bonjour.
00:58Bonjour.
00:58Vous êtes le président de CCI France au contact du tissu économique français. C'est important, on va beaucoup en
01:06parler.
01:07Et Pierrick Merlet. Bonjour Pierrick.
01:08Bonjour Stéphanie.
01:09Journaliste à la Tribune qui suit le secteur de l'industrie.
01:12D'abord Mathieu Ornay, le MEDEF vient de sortir une étude de terrain qui dit beaucoup, qui dit beaucoup sur
01:19le pessimisme qui règne au sein peut-être de l'état d'esprit des chefs d'entreprise dans cette rentrée.
01:28Alors effectivement, vous l'avez dit, mais on vient d'avoir les résultats d'une grande consultation qui a été
01:33menée à l'initiative de Patrick Martin pour savoir un petit peu, essayer de prendre le pouls de l'économie
01:38et des chefs d'entreprise.
01:38C'est une consultation qui est inédite. Déjà, il faut rappeler un petit peu l'ampleur puisque c'est presque
01:4266 000 chefs d'entreprise qui ont répondu.
01:46Donc il y en a beaucoup plus qui ont été consultés. 66 000, c'est la première fois qu'on
01:49a un panel et un échantillon aussi large sur une consultation pour avoir finalement un retour qui est le plus
01:57près des réalités de terrain.
01:59Ça, c'est la première chose. Donc c'est une consultation inédite.
02:01Qu'est-ce qu'on peut en sortir ? Alors est-ce qu'on peut considérer qu'il y a
02:03du pessimisme ?
02:05Moi, je pense que c'est... Oui, il y a des chiffres qui peuvent... 80% des chefs d'entreprise
02:09se disent pessimistes.
02:10Exactement. Il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui se disent pessimistes.
02:13Moi, si vous voulez, le regard que j'ai là-dessus, c'est qu'il faut avoir un regard de
02:16lucidité.
02:17C'est-à-dire que je pense que la question, elle n'est pas dans l'optimisme ou dans le
02:20pessimisme.
02:21Elle est dans notre capacité à regarder avec lucidité les défis que nous avons.
02:27Parce que si on n'arrive pas à faire un constat clair et réel de la situation, on ne pourra
02:33pas trouver les bonnes solutions.
02:35Et donc, oui, effectivement, il y a des chefs d'entreprise, vous l'avez cité, il y a 82%
02:38de chefs d'entreprise qui sont plutôt pessimistes pour l'avenir.
02:42D'ailleurs, peu importe le gouvernement qui va arriver. C'est ça le chiffre possible.
02:44C'est un point essentiel, justement. C'est ce pessimiste, quel que soit le candidat qui sera élu, j'ai
02:48envie de dire.
02:48Ça, c'est un point marquant de votre consultation.
02:50Exactement. C'est un des points qui va ressortir. On a quelques chiffres.
02:54Alors voilà, effectivement, il y a une grande partie qui veulent moins de charges.
02:57On a une grande partie qui veulent simplifier. Effectivement, tout ça, c'est des chiffres qui sont vrais.
03:01Je pense que la question qu'il faut qu'on se pose, c'est est-ce qu'on arrive à
03:04faire le bon constat ?
03:06Est-ce qu'on arrive à être lucide ? Et donc la question, à mon sens, doit plus être de
03:10c'est un constat.
03:11Est-ce qu'on arrive à le regarder en face plutôt que de l'optimisme ou du pessimisme ?
03:14Alain Dicré-Chelzo, est-ce que vous mesurez ce même degré d'inquiétude sur le terrain ?
03:19Alors nous, on fait une enquête depuis 2015 tous les mois et on va venir tester un petit panel par
03:25rapport au tien,
03:26mais qui est significatif, bien sûr. Alors l'indice de morale des entrepreneurs est à 69.
03:33Quand on a créé l'indice en 2015, on était en base 100.
03:36Il est monté à 142 et au plus bas à 49 pendant la période Covid. On a tout fermé.
03:41Et la moyenne longue période est à 110-120. Donc ça veut dire que le moral des entrepreneurs n'est
03:49pas bon.
03:49Il faut se dire la vérité. Il y a eu un petit saut pendant les vacances, mais il n'est
03:52pas bon.
03:53Par contre, il y a un côté très positif. C'est que alors que ça tape à l'extérieur,
03:59et vous le savez toutes et tous sur l'économie, sur nos entreprises,
04:0364% des entrepreneurs se disent confiants dans leur entreprise.
04:07Et ça, c'est quelque chose de génial parce qu'ils nous disent, écoutez, on ne va rien lâcher.
04:12On est là. On ne lâche pas. On va s'appuyer sur ce que nous avons de positif.
04:17Et par contre, aidez-nous sur trois sujets.
04:21Et ça, c'est le grand message que je livre à l'État et au gouvernement.
04:24Ils ne nous disent pas, je veux des milliards.
04:26On veut de la stabilité. On veut de la visibilité. On veut de la simplicité.
04:31Et de grâce, accompagnez-nous sur les grands enjeux que tu as presque cités.
04:36C'est-à-dire à la fois la décarbonation importante, bien sûr, c'est l'enjeu des ressources humaines
04:40et bien sûr l'enjeu des technologies. Voilà.
04:43Donc c'est compliqué. Tout le monde reconnaît. Le moral n'est pas terrible.
04:46Mais l'entrepreneur, ça la niaque, comme on dit chez moi dans le Sud-Ouest, et il ne lâche rien.
04:50– Mathieu Ornay, on en a parlé d'un mot avec Pierrick Merlet.
04:57L'enjeu aujourd'hui, c'est évidemment ces quelques mois qui restent avant l'élection présidentielle.
05:04Les chefs d'entreprise aujourd'hui ne sont pas confiants.
05:08Ça veut dire qu'aucun candidat à l'heure actuelle ne trouve grâce à leurs yeux ?
05:13– Effectivement, c'est ce qu'on peut interpréter de ces chiffres-là.
05:16Et c'est les échos qu'on a.
05:16On est ici sur l'AREF, qui est quand même l'événement économico-politique
05:23qui a lancé finalement un peu cette campagne-là.
05:25C'est un événement majeur.
05:27On l'a rappelé plusieurs fois sur votre antenne,
05:28mais c'est plus de 20 000 chefs d'entreprise qui sont réunis sur ces deux jours-là.
05:33C'est un pouls réel de l'économie.
05:35Et effectivement, on ne peut pas dire qu'on est réellement, finalement,
05:42attiré plus par un candidat que par l'autre.
05:45Nous, ce qu'on attend, c'est surtout les programmes.
05:46Ce qui va nous intéresser, ce n'est pas forcément le candidat.
05:49Ce qui nous intéresse, notre rôle à nous, au MEDEF,
05:52c'est de représenter l'intérêt des entreprises.
05:54Donc ce qui va nous intéresser, c'est quel est le programme ?
05:56Qu'est-ce qu'ils défendent ?
05:57C'est ça qu'on va challenger.
05:59– Et ça veut dire aussi que l'opération séduction du RN, par exemple,
06:03auprès des patrons, ça veut dire qu'elle n'a pas forcément bien marché ?
06:06– Alors, je ne sais pas si on est plus ou moins sensible à tel ou tel parti politique.
06:11Et ça, après, chaque chef d'entreprise, dans son intimité,
06:15fait ce qu'il veut un peu par rapport à ça.
06:17Nous, moi, je le dis, mais finalement, nous, notre job,
06:20il est d'aller challenger les programmes économiques.
06:22Ce qui nous intéresse, nous, c'est d'aller comprendre.
06:25Et on est en train de les regarder.
06:27Ça va être l'objet de ce soir, le grand débat avec sept candidats à cette élection.
06:32On va essayer d'aller les pousser.
06:34Aujourd'hui, les chefs d'entreprise, et vous l'avez dit,
06:36on a besoin de visibilité, on a besoin de comprendre,
06:39on a besoin de stabilité.
06:41Et donc, ce qu'on attend, c'est d'arrêter les éléments de langage.
06:44On veut arrêter, finalement, avec les petites phrases,
06:46les slogans de campagne, ces campagnes de com'.
06:48Ce dont on a besoin, ce qu'un chef d'entreprise a besoin,
06:51c'est de concrets.
06:52On est sur une ligne de crête, il ne faut surtout pas la passer.
06:54– Pierre-Éric ?
06:55– Mais en fait, dans ce sujet, il est important aussi de prendre un peu de la hauteur.
06:58Vous parlez de pessimisme.
07:00Alain parle de confiance en leur entreprise.
07:02Mais il y a un contexte, aujourd'hui, qui est mauvais.
07:04On peut parler, justement, d'un mauvais alignement des planètes.
07:06En quatre points, crise géopolitique,
07:08qui a engendré une flambée de certaines matières premières.
07:11Rouleau compresseur chinois, pour reprendre le terme de l'étude du haut commissaire au plan,
07:17qui dit qu'à moyen terme, 55% de la production européenne
07:21est menacée par un concurrent chinois.
07:23Crise politique nationale avec cette gestion du déficit.
07:26Et c'est ça, je pense, qui désignera le candidat qui aura grâce aux yeux des entrepreneurs.
07:32Comment gérer le déficit sans taxer encore plus les entreprises ?
07:37Et puis, la dernière crise, qui est un peu la cerise sur le gâteau,
07:40c'est la transition énergétique.
07:41On le sait, on a beaucoup parlé cet été de la ressource en eau.
07:44Mais bon, il y a des enjeux aussi sur la maîtrise de la consommation électrique,
07:48avec notamment la multiplication des projets de data centers en France,
07:51qui risque de causer à terme une sorte de guerre des usages.
07:55Et la conséquence de tout ça, de cette ambiance morose,
07:59et de ce qui risque d'arriver à l'indicé Crescenzo,
08:03c'est aussi les intentions d'embauche au sein des entreprises,
08:05notamment les embauches des cadres qui reculent.
08:09Elles sont même au plus bas depuis 2020, selon l'APEC.
08:14Comment cette réticence à embaucher aujourd'hui ?
08:16C'est le premier signe qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne plus là ?
08:21Vous avez, je crois qu'il y a deux grands signes,
08:24en dehors du moral et des sondages et des indices que nous avons.
08:28Vous avez la création d'emplois et l'investissement.
08:32Et donc, sur les deux sujets, on ne crée plus d'emplois,
08:36on en crée beaucoup moins et on désinvestit.
08:38Ça veut dire qu'on est négatif là-dessus.
08:40Mais après, on a atteint, au mois de juillet,
08:44le record de différentes entreprises.
08:4770 800 entreprises ont connu des défaillances sur les 12 derniers mois.
08:52plus 5,1%.
08:54On a un taux de chômage qui augmente.
08:55On a un taux de croissance.
08:57C'est ça qu'il faut bien comprendre.
08:58Parce que souvent, on s'intoxique avec les chiffres.
09:00On dit que ce n'est pas trop mal parce qu'on n'est pas négatif.
09:02On est entre moins 0,1 sur le premier trimestre
09:05et 0,2 sur le deuxième trimestre.
09:08Mais si j'enlève le top 0,1 des entreprises,
09:11des grandes entreprises multinationales,
09:13qui font la grande dynamique du territoire,
09:16et bien sûr, on en a besoin.
09:17Mais on est en récession depuis des années sur les autres entreprises.
09:21Et ça, si vous voulez, récession sur récession,
09:24et le terme récession est bien employé.
09:26Plusieurs trimestres négatifs.
09:27On est bien là-dessus.
09:29Au bout d'un moment, on s'épuise.
09:30Et là où je rebondis sur ce que disait Pierrick,
09:33il y avait des choses sur lesquelles on savait,
09:35on connaît les Chinois,
09:36on sait ce qui se passe,
09:37on se frotte avec les Chinois depuis des années.
09:40Par contre, ce qu'on n'a pas anticipé,
09:42c'est des événements extraordinaires qu'on a vécu cet été,
09:45des incendies, bien sûr.
09:47C'est aussi la grande peur, si vous voulez,
09:50de cette période électorale qui gèle tout,
09:52qui fait qu'on investit encore moins,
09:54qu'on consomme encore moins.
09:55Ça, on ne l'avait pas anticipé.
09:56On est dans un trou noir,
09:58et ce trou noir, il faut en sortir le plus rapidement possible.
10:00Et on ne doit pas avoir d'année blanche politique.
10:04Il ne faut pas d'année blanche économique.
10:06Donc, on ne peut rien lâcher.
10:08Chaque jour de perdu est catastrophique
10:10pour l'économie de notre pays.
10:11Pierrick, dans l'industrie,
10:13il y a les intentions d'embauche,
10:14elles sont un peu plus dynamiques
10:15que dans le reste des autres secteurs.
10:19Oui, alors c'est des chiffres à prendre avec vigilance.
10:20Comme dit Alain,
10:21il y a une certaine bataille des chiffres
10:23autour de l'industrie,
10:24notamment entre le baromètre industriel de l'État
10:26et ceux par des cabinets privés.
10:28Ce matin, enfin, cette nuit,
10:30est sorti celui du cabinet Trendéo,
10:32spécialisé sur la donnée économique.
10:34Alors, si on le regarde très superficiellement,
10:37tout va bien.
10:38Plus 5600 emplois nets industriels
10:40au premier semestre 2026 annoncés,
10:4451 ouvertures d'usines,
10:45un record d'investissement,
10:47209 milliards sur le premier semestre 2026.
10:50Maintenant, si on rentre un peu plus dans le détail,
10:52ces 5600 emplois nets créés,
10:55ils sont surtout dans les entreprises,
10:57dans les usines existantes.
10:59On a un record,
11:00un mauvais record d'ouverture d'usines,
11:0251,
11:03c'est le plus bas premier semestre
11:06depuis 2009.
11:09Donc, la réindustrialisation,
11:10on en est très loin.
11:11Au final, les fermetures,
11:1291 fermetures sur les 6 premiers mois de l'année,
11:14on reste dans la moyenne
11:15des précédents premiers semestres.
11:16Donc, il n'y a pas une accélération des fermetures.
11:18Par contre, il y a une très forte décélération
11:20des ouvertures.
11:21Et ça rejoint ce que disait Alain,
11:23c'est qu'aujourd'hui,
11:23il y a une sorte de paralysie
11:25dans cette année présidentielle.
11:27Comme on peut le noter
11:27sur les années d'élections municipales,
11:29sur les projets immobiliers,
11:30il y a une paralysie,
11:31il faut s'y attendre.
11:32Et puis, pour rejoindre une dernière fois
11:35ce que disait Alain,
11:36c'est que, sur cette REF,
11:38on parle beaucoup de la politique de l'offre.
11:40On dit, voilà,
11:41la politique de l'offre a apporté ses fruits,
11:44c'est dommage qu'on l'ait arrêtée
11:46du plus ou moins avec le budget de 2026.
11:48Mais, oui, il y a eu une politique de l'offre,
11:50mais il n'y a jamais eu une politique
11:51de réindustrialisation,
11:52comme je peux l'entendre,
11:53notamment dans la bouche de Roland Lescure,
11:54notre ministre de l'économie, ce matin.
11:56Il n'y a jamais eu une politique industrielle
11:58digne de ce nom.
11:59C'est le fruit de la politique de l'offre
12:01qui a généré une petite embellie
12:04sur l'industrie française,
12:05mais elle n'a pas soigné
12:06les profonds maux de cette industrie française.
12:09Mathieu Ornay, vous voulez réagir ?
12:11Non, non, mais c'est vrai,
12:12ça fait plusieurs années
12:12qu'on parle de réindustrialisation
12:14et on parle de politique de réindustrialisation.
12:17Si on regarde les chiffres,
12:18on n'a jamais été aussi bas
12:19sur le taux de l'industrie dans le PIB.
12:21Ce qui semble incroyable,
12:22c'est-à-dire qu'on met énormément d'énergie
12:23pour réindustrialiser le pays
12:25et au final, ça ne donne rien.
12:27Ce qui est intéressant de savoir,
12:28c'est le décalage peut-être
12:30entre les grandes déclarations,
12:32les grands discours,
12:33ce qui est annoncé
12:33et ce qui se passe réellement sur le terrain.
12:35Mais je ne suis pas persuadé
12:36qu'effectivement,
12:38on fasse les bons choix
12:39pour réussir à réindustrialiser.
12:41On l'a dit,
12:42il y a des grands enjeux.
12:43L'IA est un enjeu
12:44qui est stratosphérique.
12:46C'est l'une des plus grandes révolutions
12:47qu'on a connues
12:48et qu'on va connaître
12:49dans les prochaines années.
12:50Je suis assez sidéré
12:53de voir finalement
12:54cette espèce d'inaction qu'il y a.
12:56Alors, les discours,
12:56ils sont là.
12:57Tous les candidats nous disent
12:59que c'est la chose la plus importante.
13:00Mais dans les faits,
13:01comment on fait
13:02pour faire en sorte
13:03que la France devienne
13:04le territoire
13:05qui puisse accueillir
13:06toutes ces solutions-là ?
13:07On a une énergie décarbonée
13:09qui est plutôt bon marché.
13:11On a des territoires
13:12sur lesquels on peut implanter
13:13les infrastructures.
13:14On a, parmi les meilleurs ingénieurs
13:16du monde,
13:16on a tous les outils
13:18pour faire en sorte
13:19que cette technologie
13:20elle soit chez nous.
13:21Alain Dicreschenzo,
13:23face à tout cela,
13:25avec l'échéance
13:25qu'on connaît
13:26de la présidentielle,
13:28selon vous,
13:28quelles doivent être
13:29les priorités
13:30du prochain gouvernement
13:33du point de vue
13:33d'un chef d'entreprise ?
13:35Ça doit être quoi ?
13:35La baisse de la fiscalité ?
13:36La baisse des charges ?
13:38Sachant qu'il faut financer
13:40parce qu'on a quand même
13:40un contexte budgétaire
13:41extrêmement contraint.
13:42Mais au fond,
13:43ça se mord un peu la queue
13:44tout ça,
13:45donc on surtaxe
13:47les entreprises,
13:48on les empêche
13:49de travailler,
13:49donc il n'y a pas de croissance,
13:51il n'y a pas de recette fiscale.
13:52Et donc il faudra bien
13:53qu'on ait de la confiance.
13:55Et je reprends
13:56les mots de Patrick Martin,
13:57on est d'une économie
13:58qui repose sur de la confiance.
14:00La confiance c'est quoi ?
14:01La confiance amène
14:02à un autre cycle
14:03qui s'appelle la croissance.
14:04Et donc il faut
14:05libérer les énergies.
14:07Pour ça, si vous voulez,
14:07pas d'impôts a priori,
14:09on parlait des impôts
14:10de production,
14:11des taxes qu'on peut avoir
14:12avant même d'avoir
14:13produit,
14:14un produit
14:15ou un service.
14:16Il faut arrêter tout ça.
14:17Donc on doit libérer
14:18les entreprises
14:19de ces carcans,
14:20je dirais,
14:21de fiscalité.
14:22Le coût du travail,
14:23on ne sait plus
14:24faire supporter
14:25le coût social
14:25à nos entreprises.
14:26Ça ne marche plus
14:27sur le travail.
14:28Donc il est évident
14:28qu'il faut déporter
14:29ces éléments-là.
14:30Et puis surtout,
14:31il y a quelque chose
14:32qui ne coûte rien,
14:33mais là je ne comprends pas.
14:3430 initiatives,
14:3530 lois
14:36sur la simplification.
14:37Il y a 60 milliards
14:39d'euros par an
14:40à économiser,
14:42donc à gagner,
14:42en simplifiant
14:43les avis
14:44des entrepreneurs.
14:45Allons-y.
14:46Ça, effectivement,
14:47ça ne coûte rien,
14:47mais en revanche,
14:49baisser le coût du travail,
14:50alléger la fiscalité
14:52des entreprises,
14:53ça, ça a un coût.
14:54Comment on le finance
14:55avec une dette
14:56qui explose,
14:57des taux d'intérêt,
14:57n'en parlons pas ?
14:59Le contexte budgétaire
15:00est quand même
15:00très contraint.
15:01Alors, je vais commencer
15:02à l'inverse.
15:03On a surtaxé,
15:04surfiscalisé,
15:05regardé le résultat.
15:06Ça ne marche pas.
15:07Donc une fois
15:08qu'on a fait ce constat
15:09que l'on fait
15:09depuis plusieurs années,
15:11on pourrait tester
15:12quelque chose
15:13et on peut avoir
15:14un programme de revoyure.
15:15C'est ça la confiance
15:16avec les Français,
15:17les entrepreneurs.
15:18Testons autre chose,
15:19regardons, libérons
15:20et si ça ne marche pas,
15:21revenons à la fiscalité.
15:23Il faut qu'on se donne
15:24la chance
15:24de changer la donne.
15:25C'est ça qu'on attend
15:26d'une nouvelle politique économique,
15:27de la confiance,
15:29libérer les énergies
15:30et je peux vous dire
15:31que je suis un entrepreneur,
15:33je suis président
15:33de la Chambre de Commerce
15:34mais je suis avant tout
15:34un entrepreneur.
15:35Ils joueront le jeu,
15:36nous jouerons le jeu
15:37et on est prêt
15:37à s'engager là-dessus.
15:39Pierrick ?
15:39Il y a deux idées
15:40qui se dégagent
15:40depuis 24 heures,
15:41notamment quand on écoute
15:42les chefs d'entreprise
15:43et Alain Di Crescenzo.
15:44C'est que la TVA sociale
15:46revient dans le débat.
15:47C'est pour libérer
15:48de la fiscalité
15:50sur le travail,
15:51pour redonner du salaire net,
15:52pour redonner de la marge
15:52pour que le travail paie mieux.
15:56Parce que c'est ça
15:57aujourd'hui le problème.
15:58Ce débat de la TVA sociale
16:00revient et puis le deuxième point
16:02c'est que des patrons
16:03sont prêts à dire
16:04coupez-nous les aides,
16:06par contre en adéquation
16:08vous nous coupez aussi
16:08la fiscalité qui va avec
16:10les charges
16:10et nous on se débrouillera
16:12avec moins d'aides
16:13mais aussi moins de charges.
16:15Ça, ça a du sens Mathieu Ornay ?
16:17Bien sûr.
16:17En fait, souvent on nous oppose
16:19les aides,
16:20c'est soisisant
16:21et puis il y a eu un rapport
16:21qui est sorti il y a quelque temps.
16:24Il faut regarder un peu
16:26dans le détail
16:26parce que quand on regarde
16:27ce chiffre dans le détail,
16:28on ne va pas revenir là-dessus.
16:30Maintenant,
16:31il faut quand même le dire aussi,
16:32c'est que même net de ces aides,
16:34c'est-à-dire que quand on retire
16:35ces aides-là,
16:37les entreprises
16:37restent les plus fiscalisées
16:40d'Europe.
16:40Donc finalement,
16:41même en enlevant ça,
16:42on reste très fiscalisé
16:44dans notre pays.
16:45Malgré tous les efforts
16:46depuis 2017.
16:47Exactement.
16:47Alors, est-ce qu'il y a eu
16:48quelques efforts ?
16:49Moi, je reviens.
16:50Finalement, la question de fond,
16:51et on parlait de comment on peut...
16:52Les chefs d'entreprise,
16:53c'est les premiers
16:54à vouloir augmenter leurs salariés.
16:57On se bat tous les jours.
16:58Nous, on les voit tous les jours.
17:00Moi, je suis patron
17:01d'une petite boîte,
17:01on est une vingtaine.
17:03Moi, mes salariés,
17:04je les croise tous les matins
17:05quand j'arrive dans le couloir.
17:06Si je pouvais les augmenter,
17:08c'est la première chose
17:08que je ferais.
17:09Par contre,
17:10on a fait peser aux travailleurs
17:12le coût de la sécurité sociale.
17:14Et donc, je pense
17:15qu'il faut absolument
17:16que nous puissions revoir
17:19comment financer
17:19notre modèle social.
17:20Il peut y avoir
17:21une discussion sur
17:22est-ce qu'il faut réduire
17:24cette protection sociale ?
17:25Ça, c'est un autre débat.
17:26Mais en tout cas,
17:26comment on peut le financer ?
17:28Et si, effectivement,
17:29on fait ça,
17:30ça va permettre de laisser
17:31de la marge de manœuvre
17:32aux entreprises.
17:33Et je suis d'accord avec vous, Alain.
17:34Les chefs d'entreprise
17:35prendront leurs responsabilités.
17:36Et la première chose
17:37qu'on ferait,
17:37c'est se réaugmenter nos salariés.
17:38Alors, justement, Alain,
17:39vous parliez de libérer
17:40les énergies
17:41pour avoir plus de croissance,
17:46sortir des carcans,
17:47des normes,
17:48des réglementations.
17:50Les CCI françaises,
17:52elles ont joué
17:53un rôle majeur
17:53cet été pendant les incendies.
17:55Il y a eu une mobilisation,
17:57c'est l'exemple,
17:57ça prouve que ça marche.
17:59Alors, les CCI,
18:00avec le MEDEF,
18:01avec l'écosystème
18:03des entreprises solidaires,
18:05le grand mot des incendies,
18:06c'est la solidarité.
18:07Donc, 40 000 entreprises
18:09ont été touchées.
18:09Je vois ce qui s'est passé
18:10plutôt en Nouvelle-Aquitaine.
18:1140 000 entreprises touchées,
18:14200 000 emplois
18:15qui ont été aussi touchés.
18:16Des entreprises
18:17qui se sont trouvées
18:18esselées,
18:19esselées,
18:20seules.
18:21Donc,
18:21il a fallu voler
18:22au secours de ces entreprises.
18:24Bravo à France Assurance
18:25parce qu'ils ont fait
18:26un travail extraordinaire.
18:27On a critiqué les banquiers.
18:28Ils étaient là aussi.
18:29Ils étaient là aussi.
18:30et donc,
18:31on s'est fédérés
18:32pour trouver des solutions.
18:33Ça veut dire que dans ce pays,
18:35il y a de l'énergie.
18:37Ça veut dire que dans ce pays
18:37où on souffre,
18:39on sait aller au-delà
18:39de la souffrance
18:40pour aller ensemble,
18:42donc pour soutenir les entreprises.
18:43Vous voyez,
18:43on a demandé une chose.
18:44On a demandé,
18:45et c'est là que,
18:46quelque part,
18:47on n'est pas assez réactifs.
18:49Les entreprises étaient prêtes
18:50à donner de la solidarité,
18:51à faire des dons.
18:53Aidez-nous à les défiscaliser.
18:55C'est un minimum,
18:55on n'y est pas arrivé.
18:56On a demandé un PGE
18:58et les banques étaient prêtes
18:59à prendre un risque
19:00à condition qu'il y ait une garantie,
19:02non pas de 80%,
19:03mais de 50% qui soit donnée.
19:05Donc,
19:05il y a de la volonté.
19:06On était sur le terrain
19:07et moi,
19:08je dis bravo
19:09à toute l'équipe du monde
19:10de l'entreprise
19:11qui était là
19:12pour soutenir leurs collègues.
19:13On ne va pas les lâcher.
19:14J'ai un message
19:15sur les incendies.
19:17Le monde de l'hôtellerie,
19:18restauration et du commerce
19:19a perdu,
19:19sur ces zones-là,
19:2040% de chiffre d'affaires
19:22dans une période
19:23qui compte,
19:24allez,
19:24pour au moins 50%
19:26de l'activité,
19:27allez sur ces territoires
19:28au mois de septembre.
19:29Ne gâchons pas cette saison.
19:31Nos entreprises
19:31ont besoin de vous
19:32et nous,
19:33on sera sur le terrain.
19:34Moi,
19:34j'y serai lundi et mardi.
19:35Eh bien,
19:36le message est passé.
19:37Merci beaucoup Alain,
19:38dit Crescenzo.
19:39Je rappelle que vous êtes
19:39président de CCI France.
19:41Mathieu Ornay,
19:42Pierrick Merlet,
19:43vous restez sur ce plateau.
19:45On marque une courte pause.
19:46On revient dans un instant.
19:48On poursuit le débat
19:48avec un chef d'entreprise
19:50à la tête
19:51d'une très belle ETI
19:52dans les services numériques.
19:53A tout de suite.
20:05On est de retour
20:06sur le plateau
20:07de BFM Business
20:08depuis la REF,
20:09la rencontre
20:10des entrepreneurs
20:10de France
20:11depuis Roland-Garros.
20:13Je suis toujours
20:13avec Pierrick Merlet,
20:15journaliste à la Tribune,
20:16spécialiste de l'industrie.
20:17Mathieu Ornay,
20:18président du Comex 40
20:19au sein du Medef.
20:21et nous accueillons
20:22Hugues Meilly.
20:22Bonjour.
20:23Bonjour.
20:23Vous êtes président
20:24et cofondateur de Niji.
20:26Vous accompagnez
20:27les entreprises
20:27dans leur transformation numérique.
20:30On va essayer
20:30de déterminer avec vous
20:31de quoi les entreprises françaises
20:33ont besoin
20:34pour rester compétitives
20:36en cette période
20:38déterminante
20:39avec l'intelligence artificielle,
20:41avec cette révolution-là.
20:42Mais d'abord,
20:43on parlait en première partie
20:45d'émission
20:45de l'état d'esprit
20:46des chefs d'entreprise
20:47en cette rentrée.
20:49à ce stade,
20:50c'est plutôt le pessimisme
20:51qui domine.
20:53Comment ce profil
20:54a rentré de votre côté ?
20:56Quel est votre état d'esprit
20:57à vous ?
20:58État d'esprit,
20:59je dirais,
21:00de foi dans notre pays.
21:02On croit en la France
21:03sur le terme.
21:06Ponctuellement,
21:06sur le court terme,
21:07on est plutôt pessimiste.
21:08Ça manque de confiance
21:09parce que ça manque
21:10de visibilité,
21:11parce que le dialogue politique,
21:14le propos politique
21:14n'est pas clair
21:15et c'est loin
21:16de s'améliorer.
21:17Donc, insuffisance
21:19de lisibilité
21:19dans ce qui peut
21:20nous arriver demain
21:22à très court terme.
21:23Donc, prévisibilité difficile
21:25et donc décision
21:26d'investissement
21:27pour toutes les entreprises
21:28et notamment
21:28toutes celles
21:29qui sont nos clients.
21:30Beaucoup plus compliquées.
21:31Oui, c'est ça.
21:31C'est qu'aujourd'hui,
21:32toutes les décisions
21:33d'investissement
21:34sont en quelque sorte
21:34gelées ou paralysées.
21:36Elles ne sont pas gelées.
21:37Il y a les investissements
21:39critiques.
21:40Il en va de la vie
21:40ou de la mort
21:41d'un certain nombre
21:41d'entreprises
21:42dans certains secteurs.
21:44Ces investissements
21:44se poursuivent.
21:45Mais tout ce qui n'est pas
21:46strictement critique,
21:48tout ce qui n'est pas
21:49strictement lié
21:50à cette capacité
21:51de survie
21:52est différé
21:53ou amoindri.
21:54Et c'est très net.
21:55On le voit
21:55de façon très significative.
21:57Quelles doivent être
21:58les priorités
22:00du prochain quinquennat
22:01selon vous ?
22:03Pour le secteur,
22:04pour votre secteur
22:05notamment ?
22:06Pour notre secteur,
22:07c'est accompagner
22:10de la meilleure façon
22:11qui soit
22:12et notamment
22:13d'un point de vue fiscal
22:14toutes les entreprises
22:15dans leur capacité
22:17à investir
22:17en matière
22:18de transformation numérique
22:19et en particulier
22:20en matière
22:20d'intelligence artificielle.
22:21On en reparlera
22:22parce que l'IA
22:23n'est qu'un sous-ensemble
22:23de la transformation numérique.
22:26c'est plus de cohérence,
22:29plus de lisibilité,
22:30plus de constance
22:32dans toutes les mesures
22:34fiscales
22:35qui sont mises en place.
22:38Et puis,
22:38c'est un discours
22:40positif,
22:40un discours conquérant,
22:42un discours enthousiaste
22:43sur l'avenir
22:44parce que la France
22:45a énormément d'atouts
22:46dans ce combat.
22:47On a des atouts
22:47mais aujourd'hui
22:48demander une baisse
22:49des charges
22:49et de la fiscalité
22:52dans le contexte budgétaire
22:53que l'on connaît,
22:54est-ce que ce n'est pas
22:55un vœu pieux aujourd'hui ?
22:56Commençons déjà
22:57par ne pas l'alourdir.
22:59Oui,
22:59c'est déjà ça.
23:00Il ne faut pas l'alourdir.
23:01C'est déjà pas mal.
23:02Commençons peut-être
23:03par faire que le passage
23:04d'un salaire brut
23:05à un salaire net
23:05pour nos salariés,
23:07pour nos équipes
23:07soit un peu plus
23:08à la faveur du salaire net
23:09parce qu'on sait tous
23:10que le coût de la vie
23:11a considérablement augmenté
23:13et que le pouvoir d'achat
23:14de l'ensemble
23:15de nos salariés,
23:16quand je dis nos salariés,
23:17c'est les nôtres
23:17mais c'est les salariés
23:18du monde économique
23:18en général diminuent
23:20de façon parfois vertigineuse.
23:21Donc il faut aussi
23:22redonner confiance,
23:23il faut aussi redonner espoir
23:24à nos équipes,
23:25aux salariés,
23:26en leur permettant,
23:27comme c'est le cas
23:28dans d'autres pays
23:29proches de l'Union européenne,
23:31d'encaisser,
23:32si je puis dire,
23:32en fin de mois
23:33un salaire net
23:33un peu plus substantiel
23:34et imaginons
23:36d'autres façons
23:38de combler,
23:39bien évidemment,
23:40ce manque à gagner,
23:40si je puis dire,
23:41de l'État
23:41par d'autres approches,
23:43notamment sur le terrain
23:44du social.
23:45On en parle beaucoup
23:45ici à l'AREF
23:46cette année.
23:47Mathieu Ornay,
23:48dans la grande consultation
23:50qu'a menée le MEDEF
23:52avant cette REF,
23:53il y a cette donnée
23:55sur les dirigeants
23:56qui incitent les jeunes
23:57à créer leur entreprise,
23:58oui,
23:58mais surtout à l'étranger.
24:00C'est inquiétant.
24:02Ça montre finalement
24:04ce qu'on disait,
24:05un problème de confiance
24:06en l'avenir.
24:07On a même
24:08des entreprises patrimoniales
24:09dans lesquelles
24:10les parents
24:10peut-être
24:12commencent à réfléchir
24:13à savoir
24:13s'il faut passer
24:14à la génération suivante.
24:15Tout ça,
24:16ça montre quelque chose.
24:17ça montre qu'effectivement
24:18on ne sait pas
24:19quelles vont être
24:20les règles du jeu
24:21demain
24:21avec lesquelles
24:22on va devoir jouer.
24:23C'est un secteur
24:25qui est compliqué.
24:26Entreprendre aujourd'hui,
24:26c'est compliqué.
24:27Alors,
24:28moi je suis entrepreneur,
24:29je suis entrepreneur
24:30en France
24:30et je trouve
24:32qu'on a un pays
24:33qui a des atouts
24:34formidables.
24:34Et donc,
24:35le discours qu'on porte,
24:37c'est qu'il faut
24:37un,
24:37continuer à entreprendre,
24:38il y a des créations
24:39d'entreprises,
24:40on a beaucoup de jeunes
24:41qui veulent encore créer.
24:42Alors,
24:42bien sûr,
24:43on ne peut pas faire
24:43une généralité
24:44et oui,
24:44parfois,
24:45on a ce côté pessimiste.
24:46Je pense que ce qui caractérise
24:48un chef d'entreprise,
24:48c'est que parfois,
24:50à la fin d'une journée,
24:51bon ok,
24:51on a peut-être un petit rat de bol,
24:53mais tous les matins,
24:54on se relève,
24:54on se rend compte
24:55de tout ce qu'on a
24:55et surtout,
24:56on revoit au boulot
24:56tous les matins
24:57et donc,
24:57j'invite à créer en France.
24:58Pour rebondir sur ce que dit Mathieu,
25:00moi,
25:00quand j'échange sur le terrain,
25:01je vais à la rencontre
25:02de patrons d'entreprises familiales,
25:04je pense 7 sur 10,
25:05voire même plus,
25:07réfléchissent à deux fois
25:08avant d'engager une transmission
25:09vers leurs enfants
25:11et à chaque fois,
25:12c'est le même mot qui revient
25:13parce que je n'ai pas envie
25:14de transmettre un boulet
25:16à mes enfants.
25:16Alors qu'on parle d'une entreprise,
25:19on parle de création de richesses,
25:21on parle de producteurs,
25:22c'est un terme
25:22qui est beaucoup donné
25:25dans cette rêve,
25:26mais on associe maintenant
25:28l'entreprise,
25:29en tout cas quand on est entrepreneur,
25:30à un poids
25:31pour les générations suivantes.
25:33Qui sont parfois
25:34de très très belles boîtes
25:35et c'est important
25:37parce qu'à partir du moment
25:38où on ne peut pas
25:38la passer dans la génération,
25:39il y a toutes les problématiques
25:40qui sont liées
25:41à la transmission de l'entreprise,
25:42à la transmission
25:43et à la reprise.
25:44On sait qu'on va avoir
25:45énormément d'entreprises.
25:45Il y a un mur de reprise
25:46qui s'annonce absolument.
25:48Il y a plusieurs chimins,
25:48on parle de plusieurs centaines
25:49de milliers,
25:50mais il y a un danger
25:50parce que dans ce lot,
25:53il y a des PME,
25:54des TPE,
25:54et deux ETI
25:55qui ont des savoir-faire critiques
25:56pour des industries
25:57comme l'aéronautique,
25:59le spatial,
26:00le naval.
26:01Et donc,
26:01il y a un enjeu de souveraineté.
26:02Ce n'est pas seulement
26:03un enjeu d'emploi,
26:04c'est un enjeu de souveraineté.
26:05On va continuer à parler
26:06de la souveraineté tout à l'heure,
26:07la souveraineté numérique notamment.
26:09Mais Luc Méli,
26:09je l'ai dit,
26:10vous aidez les entreprises
26:11à se moderniser
26:14et à opérer
26:15leur transformation numérique.
26:16notamment,
26:18vous travaillez avec des grands groupes,
26:20des ETI,
26:21mais aussi des entreprises
26:22un peu plus petites.
26:23Aujourd'hui,
26:24quelles sont les entreprises
26:25qui prennent réellement
26:26de l'avance aujourd'hui ?
26:30Globalement,
26:30il n'y en a pas beaucoup.
26:32Globalement,
26:33l'économie française
26:34en matière de transformation numérique
26:36et en particulier
26:37de mise en œuvre de l'IA
26:39accuse un retard
26:40et ce retard se creuse.
26:42Il faut le dire,
26:43au-delà des incantations
26:44et en particulier
26:45des incantations politiques
26:46en la matière,
26:48l'entreprise,
26:49elle est face à ce sujet
26:51comme la poule face au couteau.
26:54Il y a un déficit
26:55très fort d'expertise,
26:57notamment dans nos territoires.
26:58Il ne faut jamais oublier
26:59que le monde économique français,
27:01au-delà des grands groupes,
27:02ici à Paris,
27:03c'est énormément de TPE
27:04et de PME
27:05dans la ruralité
27:06de nos territoires,
27:07c'est-à-dire dans des endroits
27:08dans lesquels,
27:09sans y être né,
27:11sans y avoir grandi
27:12ou sans y avoir
27:13de vraies raisons familiales
27:14d'y aller ou d'y retourner,
27:15on ne va pas.
27:16Donc il y a un problème
27:17d'irrigation de nos territoires
27:19par l'expertise
27:20qui est nécessaire
27:21pour calibrer,
27:23opérer cette transformation.
27:24Il y a un problème économique
27:26parce que l'IA,
27:28ce sont des investissements,
27:29ce sont des investissements directs
27:31dans le fait de souscrire
27:32à l'utilisation
27:32d'environnements technologiques spécialisés,
27:34mais ce sont aussi
27:35des investissements indirects
27:36très lourds
27:37dans la transformation
27:38des compétences,
27:39dans la transformation
27:41des modèles organisationnels,
27:42dans la transformation
27:43du management
27:44pour aller vers l'entreprise
27:46augmentée
27:47par l'intelligence artificielle.
27:49Je préfère d'ailleurs
27:50à cet égard
27:51le terme
27:52intelligence augmentée
27:53à celui d'intelligence artificielle
27:54parce que quand on dit
27:55artificielle,
27:55ça fait hors sol
27:56et ça ne parle pas
27:57à un chef d'entreprise.
27:59Et donc,
28:00tout ce tissu
28:01de TPE,
28:02PME
28:02et pas mal d'ETI
28:04aussi
28:04dans nos territoires
28:06est très en retard
28:08en matière de transformation
28:09par l'IA.
28:11Il y a énormément
28:12de transformations
28:13qui affectent aujourd'hui
28:14le monde économique.
28:14Il n'y a pas que ça.
28:15Il y a la transformation
28:17écologique.
28:17D'ailleurs,
28:18l'actualité de l'été
28:19qui se termine
28:19l'aura probablement
28:20remise un peu
28:21sur le devant
28:22de la scène.
28:24Transformation sociale
28:24dans ce climat
28:26d'incertitude.
28:27Et donc,
28:28le dirigeant,
28:28il ne peut pas donner
28:29dans tous les sujets
28:31et il est beaucoup
28:32plus conservateur,
28:33beaucoup plus prudent,
28:34beaucoup plus anxieux
28:35dans cette période
28:36dont on a parlé déjà.
28:38Et donc,
28:38les investissements,
28:39non,
28:40ce n'est pas pour tout de suite.
28:40Et dans les grands groupes,
28:42on voit beaucoup
28:44de ce qu'on appelle
28:45des POC,
28:46des proof of concept,
28:47donc des expérimentations
28:48très ciblées
28:49à petite échelle
28:50pour faire que l'IA
28:52vienne transformer
28:53des fonctions,
28:54des solutions.
28:55Mais le passage
28:56à l'échelle,
28:57le passage à l'échelle,
28:58il est extrêmement rare,
29:00notamment parce que
29:01d'abord,
29:02avant de faire l'IA,
29:02il faut mettre de l'ordre
29:03dans ses données.
29:04L'IA ne fonctionne pas,
29:06si vous n'avez pas
29:06un patrimoine
29:08informationnel
29:08de qualité.
29:10Et ceci n'a jamais été
29:11traité au cours
29:12des 20 dernières années.
29:13C'est très ingrat,
29:15c'est très enfui,
29:16c'est très long,
29:17ça coûte de l'argent,
29:18c'est fastidieux
29:19et il n'y a pas
29:19de restitution fonctionnelle
29:20à l'usage.
29:21Donc,
29:21il faut d'abord faire ça
29:22avant de foncer
29:24Et cette question
29:24des données,
29:25justement,
29:26vous en parliez,
29:27Hugues Méli,
29:28Pierrick,
29:29il y a un vrai retard
29:31de l'industrie,
29:32des entreprises industrielles
29:33sur la collecte
29:34des données aujourd'hui.
29:34En fait,
29:35on prend le sujet
29:36de l'IA
29:36par le mauvais bout.
29:37Il y a un emballement,
29:38on le sait que ça aura
29:39des bénéfices
29:40pour l'économie.
29:41Pour l'instant,
29:42comme vous disiez très bien,
29:43on est sur des preuves
29:44de concepts,
29:44les entreprises cherchent,
29:45on est dans le domaine
29:46exploratoire,
29:47particulièrement et surtout
29:48les grands groupes.
29:48l'INSEE a calculé
29:50que pour l'instant,
29:51le bénéfice sur l'économie,
29:53on était sur 0,1 point de PIB
29:55en 2025,
29:56ce qui est mineur,
29:57voire anecdotique
29:58par rapport aux investissements
29:59annoncés en milliards d'euros.
30:01Mais le vrai sujet,
30:02c'est la donnée.
30:03C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
30:04on le sait,
30:04en France,
30:05on a un retard
30:06sur l'automatisation,
30:07on a un retard
30:08sur la digitalisation
30:09de nos entreprises
30:11TPE,
30:11PME,
30:12ETI
30:12et sans ce travail
30:14de robotisation,
30:15d'automatisation
30:16et donc de collecte
30:17de la donnée,
30:18vous ne pouvez pas utiliser
30:19d'IA,
30:20vous ne pouvez pas en faire,
30:21c'est lointain,
30:22c'est un idéal
30:24intouchable pour l'instant
30:25parce que les entreprises
30:26françaises sont clairement,
30:27il faut le dire,
30:28à la ramasse
30:29sur tout ce qui touche
30:30à la robotisation
30:31et à l'automatisation
30:32de leurs moyens de production.
30:33Mathieu Ornay,
30:34mais comment expliquer
30:34ce retard
30:35des entreprises françaises
30:36en la matière ?
30:37Alors,
30:38juste avant de répondre,
30:39il y a souvent aussi
30:39un angle mort
30:40qu'on n'a pas.
30:41On parle de
30:42digitalisation
30:42des entreprises
30:43et effectivement,
30:44c'est un enjeu majeur.
30:46L'IA et le traitement
30:47de la donnée,
30:47on est tous d'accord
30:48sur ce plateau-là.
30:49Par contre,
30:50plus on va digitaliser
30:51une entreprise,
30:53plus on va avoir
30:54des risques d'attaque
30:54en termes de cybersécurité.
30:56Parlons-en,
30:57l'état en premier d'ailleurs.
30:58Exactement.
30:59Et en fait,
30:59trop souvent,
31:00on sépare ces deux sujets.
31:01C'est-à-dire que
31:01les chefs d'entreprise,
31:02finalement,
31:03ils savent qu'ils doivent y aller.
31:05Je suis d'accord avec vous,
31:06ils ne maîtrisent pas tout,
31:07ils ne savent pas trop
31:07comment y aller.
31:07Mais du coup,
31:08ils vont avoir le choix
31:09entre deux choses.
31:10Est-ce que je vais dans l'IA
31:11et j'ai finalement
31:12inconsciemment
31:13peut-être un objectif
31:14de héroïsme,
31:15je vais gagner peut-être
31:16un peu d'argent
31:16sur ce sujet-là.
31:17Et puis,
31:18j'ai la cybersicu
31:19qui ne fait pas gagner d'argent.
31:20Finalement,
31:21c'est une assurance,
31:21on va payer pour se défendre.
31:23Et donc,
31:23ils peuvent avoir l'impression
31:24que derrière ça,
31:27je n'ai pas de rentabilité
31:27sur l'opération.
31:29Or,
31:30plus vous digitalisez
31:31vos process
31:32à l'intérieur de votre boîte,
31:34plus vous êtes assujetti
31:35à des attaques.
31:36Et donc,
31:37il est hyper important
31:38qu'on arrive à sensibiliser.
31:40C'est l'objet.
31:41Le Medef,
31:41il y a deux ans,
31:42a lancé un grand tour
31:43de l'IA
31:44sur lequel on a été
31:44sur les territoires.
31:45Parce que je vous rejoins,
31:46il faut réussir
31:47à sensibiliser.
31:48Ça a été d'ailleurs
31:49extrêmement bien accueilli.
31:50C'était plusieurs centaines
31:51de participants.
31:52Partout où on allait,
31:53on a eu des événements
31:54à plus de 300
31:54pour réussir à sensibiliser
31:56sur le fait
31:56qu'il fallait aller sur l'IA,
31:58mettre de la donnée
31:59et ne surtout pas oublier
32:00le volet de cybersécurité.
32:01Et c'est pour ça
32:02que de plus en plus
32:03de grands groupes
32:04dans des filières stratégiques
32:05impose à leurs sous-traitants
32:06de rang 1,
32:07rang 2, rang 3
32:08des contraintes contractuelles
32:10de cybersécurité,
32:11de niveau de cybersécurité
32:14pour signer
32:14avec ses partenaires
32:15parce qu'ils savent
32:16que de toute façon
32:16dans l'optique
32:18d'une remontée en cadence,
32:19dans l'optique
32:19d'une montée en charge
32:20de l'outil de production,
32:21il y a des enjeux
32:22de cybersécurité
32:23et l'un ne va pas
32:23sans l'autre.
32:24Et souvent,
32:25comme vous disiez Mathieu,
32:26les deux sujets
32:26sont séparés.
32:27On dit,
32:28on monte en cadence
32:29d'un côté
32:29en automatisant,
32:30en robotisant
32:30et on verra après
32:31pour la cybersécurité.
32:33Or,
32:33l'un ne va pas
32:33sans l'autre.
32:34C'est d'ailleurs
32:34une directive européenne,
32:36c'est la directive Nice
32:37qui impose
32:38que toute la chaîne
32:39de sous-traitance,
32:40toute la cascade
32:41depuis l'entreprise
32:42tête de gondole
32:43si je puis dire
32:44jusqu'à la dernière
32:45des petites TPE
32:46de rang 5 ou 6
32:48ultra spécialisés
32:49puissent répondre
32:50d'un certain niveau
32:52de conformité
32:52en matière de cybersécurité
32:54parce que tout ça,
32:54ça se propage.
32:55Bien sûr,
32:55mais justement,
32:56comment en tant que
32:58grande ETI du secteur,
32:59comment vous regardez
33:00ce qui s'est passé cet été
33:02au sein de l'État,
33:04des services de l'État
33:05qui ont été piratés ?
33:07Les attaques
33:08sont de plus en plus musclées,
33:11de plus en plus virulentes,
33:12de plus en plus sournoises,
33:13de plus en plus travaillées.
33:15Elles sont d'ailleurs
33:15elles-mêmes dopées
33:16à l'IA.
33:17L'IA vient à quelque part
33:19rendre possible
33:20des typologies d'attaques
33:22en matière de cyber
33:22qui ne l'étaient pas jusqu'ici.
33:24Et c'est pourquoi
33:25il faut mettre l'IA
33:27dans la cyber,
33:27mais il faut aussi
33:28mettre la cyber dans l'IA.
33:29Donc les deux,
33:30je rejoins complètement,
33:31Mathieu,
33:32sont étroitement liés.
33:34Je pense qu'on a
33:35peut-être aussi
33:36un peu trop tendance
33:37dans ces grandes administrations
33:40à trop travailler
33:41sur ces sujets
33:42avec ses semblables,
33:43c'est-à-dire avec
33:44des grandes entreprises
33:47historiques
33:47avec lesquelles
33:48on a grandi,
33:49avec lesquelles
33:49on a développé
33:50à quelque part
33:51les mêmes atavismes
33:52et que la structuration
33:53même du marché public
33:56finalement réinstalle
33:57régulièrement
33:58dans la place.
33:59Et du coup,
34:00on n'est pas suffisamment
34:01challengé.
34:01Et du coup,
34:02on ne profite pas suffisamment
34:03de l'agilité,
34:05de l'inventivité,
34:06de l'expertise
34:06d'entreprises
34:07de taille potentiellement
34:09plus modeste,
34:10mais beaucoup plus affûtée,
34:11beaucoup plus conquérante
34:12dans cette envie
34:13de protéger leurs clients.
34:15Donc moi,
34:15je fais aussi
34:16cette analyse
34:16de dire qu'il y a
34:18trop de consanguinité
34:19peut-être entre les clients,
34:22leur typologie
34:23et leurs partenaires
34:25en matière de cyber.
34:26Alors bien sûr,
34:26je prêche un peu
34:27pour ma paroisse
34:28et je dis que
34:28sur des sujets
34:29comme cela,
34:30l'État devrait regarder
34:32à aménager
34:33la structure
34:34du marché public
34:35pour permettre
34:36aux administrations
34:37et à toutes les entreprises
34:38qui sont astreintes
34:39parce qu'il n'y a pas
34:40que les administrations
34:41d'aller plus vite,
34:42de façon plus véloce
34:44puisque quand on parle
34:45de ces sujets,
34:45on parle vraiment
34:46de vélocité,
34:46c'est plus que la vitesse,
34:47pour choisir
34:48des partenaires
34:49beaucoup plus pointus,
34:51beaucoup plus agiles,
34:52à quelque part
34:53foncièrement plus motivés
34:54parce que c'est
34:56à quelque part
34:57très motivant
34:58de protéger l'État,
35:00d'aider
35:00ces grandes administrations
35:01à se protéger.
35:02Et là,
35:02on en est très très loin.
35:04Aller essayer
35:05d'obtenir un marché
35:06avec la Direction Générale
35:07des Finances Publiques
35:07sur un sujet
35:08comme celui
35:09qu'on évoque
35:09dans un délai très court,
35:11prouver une expertise pointue,
35:13c'est très compliqué.
35:15Mathieu,
35:15quand on parle
35:16d'intelligence artificielle,
35:17on parle aussi beaucoup
35:18de l'emploi
35:18et des risques
35:19que ça pose
35:20sur l'emploi,
35:22qu'en est-il ?
35:23Qu'est-ce que vous constatez
35:24de votre côté ?
35:25Est-ce que l'avènement
35:26de l'IA
35:27va vraiment diviser
35:28par deux
35:29le nombre de recrutements ?
35:31On s'attend
35:32à un changement,
35:32une révolution
35:33au niveau
35:34du marché de l'emploi ?
35:35C'est assez compliqué
35:37à juger pour le moment
35:38parce qu'on a un peu
35:39des chiffres
35:39qui disent
35:40tout et son contraire.
35:41C'est ça,
35:42qui va gagner,
35:43qui va perdre,
35:43on ne sait pas vraiment.
35:44La seule chose
35:45dont on est sûr,
35:46c'est que ça va
35:46transformer des métiers.
35:48Mon intime conviction
35:49est qu'on ne va pas
35:51remplacer la moitié
35:51des métiers.
35:52Il n'y a pas la moitié
35:52des métiers
35:53qui vont disparaître.
35:53C'est à peu près évident.
35:55On sait qu'il y en a
35:55peut-être une partie
35:56à la marge
35:56qui vont très fortement
35:57évoluer.
35:58Je pense que la question
35:59c'est plus
36:00quelle est la part
36:02des métiers
36:02qui vont évoluer
36:03et de combien
36:04ils vont évoluer.
36:05C'est ça l'enjeu.
36:06Après, une fois
36:07qu'on s'est dit ça,
36:08il y a la question
36:08de comment on arrive
36:09à accompagner aussi
36:10les salariés
36:11qui sont dans l'emploi.
36:12Comment on arrive
36:12à les former ?
36:13Comment on arrive
36:14à continuer
36:14à recruter des juniors ?
36:15On sait qu'il y a aussi
36:16beaucoup de boîtes
36:16qui ont commencé.
36:17C'est un angle mort
36:18ça de l'IA.
36:19On a beaucoup de boîtes
36:20qui ont commencé
36:20à se dire
36:21il y a quelques années
36:21finalement je ne prends
36:22plus de juniors
36:23parce que l'IA
36:24peut très bien traiter ça.
36:25Et puis on se rend compte
36:26de quelque chose
36:27c'est que finalement
36:27un senior
36:28c'est un junior
36:29avec un peu d'expérience
36:30et que le premier emploi
36:32c'est aussi
36:33la manière
36:34d'apprendre son métier.
36:36Et donc la question
36:37qui va se poser
36:38et je pense que ça
36:39c'est des enjeux
36:40sur lesquels il faut
36:40qu'on réfléchisse tous
36:41les politiques
36:42le monde économique
36:43à un
36:44comment on arrive
36:45à accompagner
36:46ceux qui vont
36:47rentrer dans l'emploi
36:48mais j'ai envie de dire
36:49ça va tellement vite
36:50que la formation initiale
36:53c'est presque même
36:54pas le sujet.
36:54La question c'est
36:55comment dans le cours
36:57d'une carrière
36:57on arrive à aller
36:58à accompagner
36:59les salariés
37:00pour qu'ils puissent
37:01monter en compétences.
37:03Pierre-Yves ?
37:03Mais déjà
37:04il y a aussi formé
37:05les salariés
37:05qui sont déjà
37:06juste au bon réflexe
37:07notamment face
37:09à des potentielles
37:10cyberattaques
37:11il y a des bons réflexes
37:12ne pas utiliser
37:13de clé USB externe
37:15il n'y a pas longtemps
37:16je suis allé visiter
37:16une usine
37:17je ne citerai pas son nom
37:18mais d'un grand groupe français
37:19vous arrivez dans l'usine
37:21vous avez une sorte de
37:22comme vous jetez vos cigarettes
37:24c'est pour mettre
37:25les clés USB
37:25vous branchez votre clé USB
37:26et ça la nettoie
37:27c'est de tout virus
37:28c'est des petites choses
37:30et les salariés
37:31sont obligés
37:31tous les matins
37:32s'ils ont une clé USB
37:33à brancher
37:33à nettoyer
37:34leur clé USB
37:35et pour revenir
37:36sur le sujet
37:36de la cybersécurité
37:38pour conclure
37:39en tout cas
37:39sur ce sujet
37:40trois entreprises
37:41sur quatre
37:42qui sont victimes
37:42d'une cyberattaque
37:43d'ampleur
37:44dans les cinq ans
37:44à venir
37:45sont liquidées
37:46parce que déficit
37:47de réputation
37:50mise à mal
37:50de l'outil de production
37:51parce qu'on parle
37:52de plusieurs mois d'arrêt
37:53à chaque fois
37:53et donc c'est aussi
37:54une menace
37:55sur l'emploi
37:55on ne le voit pas
37:57comme ça au premier abord
37:58mais le sujet
37:59de la cybersécurité
38:01est un sujet
38:01aussi pour l'emploi
38:02Hugues Méli
38:05dans les entreprises
38:06que vous accompagnez
38:07quels sont les métiers
38:08qui vont être
38:09les premiers bouleversés
38:10par l'intelligence artificielle
38:11d'abord
38:12les entreprises
38:14qui sont
38:15beaucoup basées
38:16sur
38:16l'information
38:18la connaissance
38:19la donnée
38:20entreprise plutôt
38:21de col blanc
38:22si je puis dire
38:22entreprise tertiaire
38:24entreprise servicielle
38:25sont beaucoup plus
38:27concernées
38:28dans l'immédiat
38:29par la transformation
38:31par l'IA
38:31que les entreprises
38:33plus manufacturières
38:35plus industrielles
38:36entreprises plutôt
38:38de col bleu
38:38entreprises ancrées
38:40dans la matérialité
38:41de la proposition
38:41de valeur
38:42qui le sont aussi
38:42différemment
38:43et notamment
38:43à travers la robotisation
38:45dont on a parlé
38:46mais c'est d'abord
38:47les entreprises servicielles
38:48les entreprises basées
38:49sur la connaissance
38:49et ce sont d'abord
38:51les métiers
38:52de si je puis dire
38:53de manipulation
38:54de scrutation
38:58de données
39:00cruncher de la donnée
39:01aller chercher
39:02la bonne donnée
39:03pour alimenter
39:04un processus
39:04tout ça
39:04c'est remplacé
39:06quelque part
39:06par l'IA
39:07c'est automatisé
39:08et l'IA va
39:08beaucoup plus vite
39:09elle va beaucoup plus
39:10en profondeur
39:11et voilà
39:12et c'est une des raisons
39:13pour laquelle
39:13l'impact sur les juniors
39:14est très important
39:15parce que ce sont
39:16des tâches
39:16qu'historiquement
39:16on avait plutôt tendance
39:18à confier aux juniors
39:19pour leur apprendre
39:21progressivement
39:21la nature des données
39:23que manipule l'entreprise
39:24et leur faire découvrir
39:25l'entreprise
39:26et donc ça va être
39:27encore un nouveau challenge
39:28ça pour le prochain quinquennat
39:29on en reparlera
39:30merci beaucoup
39:31en tout cas
39:31Hugues Méli
39:32je rappelle que vous êtes
39:33le président
39:33et le cofondateur
39:34de Niji
39:35Mathieu Ornay
39:36Pierre-Éric Merlet
39:37vous restez sur ce plateau
39:38on accueille à présent
39:41Aline Valentin
39:42fondatrice
39:43d'Osmos Consulting
39:45elle a été dirigeante
39:47à l'international
39:48pendant 25 ans
39:49dans deux grands groupes
39:50membres de comités
39:52de direction
39:52aujourd'hui
39:53Aline bonjour
39:54vous conseillez
39:55les entreprises
39:56vous avez aussi créé
39:57le podcast
39:58manager inspirant
40:00dont le fil rouge
40:01peut se résumer ainsi
40:02le courage
40:03ça s'apprend
40:04ça tombe bien
40:05c'est le thème
40:05du Medef
40:06de l'AREF
40:08cette année
40:09d'abord
40:10Aline Valentin
40:11on entend
40:11beaucoup parler
40:12d'une jeunesse
40:13qui aurait
40:15moins envie
40:16de s'investir
40:17dans l'entreprise
40:18est-ce que ça
40:19c'est une réalité
40:20ou c'est vraiment
40:20un cliché
40:22je dirais que pour moi
40:23c'est ni l'un
40:24ni l'autre
40:25en fait je pense
40:26que c'est une génération
40:26qui ne fuit pas du tout
40:28l'effort
40:28mais en fait
40:29il fuit
40:29ce qui est absolument
40:30absurde
40:31et c'est un vrai sujet
40:32vous en parliez Mathieu
40:33il y a un instant
40:35puisque quand on sait
40:36que d'ici trois ans
40:37ils vont représenter
40:37la génération Z
40:38un tiers des effectifs
40:39en entreprise
40:40je ne parle même pas
40:41des alpha qui arrivent
40:42donc on sera à peu près
40:42à 35%
40:43c'est un vrai sujet
40:44aujourd'hui
40:44qui est vraiment au coeur
40:45des entreprises
40:46et pour leur avenir
40:47pour leur performance
40:48et en fait pour moi
40:49la question c'est
40:50on peut prendre la question
40:50à l'envers
40:51pas comme un problème
40:53mais plutôt
40:53de leur point de vue
40:54qu'est-ce qu'ils ont
40:55à nous apporter
40:55vous en parliez
40:56moi je travaille aussi
40:57beaucoup sur les angles morts
40:58justement
40:59qu'est-ce qu'ils ont
41:00à nous apprendre
41:01et à nous montrer
41:01des dysfonctionnements
41:02des entreprises
41:03aujourd'hui
41:03alors justement
41:04les jeunes aujourd'hui
41:05ces jeunes générations
41:06qui débarquent
41:07dans les entreprises
41:09quelles sont leurs attentes
41:10et de quelle manière
41:11leurs attentes diffèrent
41:12de celles de leurs parents
41:13par exemple
41:14alors il y a une attente
41:15qui est très très forte
41:16entre vraiment
41:17les discours et les actes
41:18alors c'est pas du tout
41:20théorique
41:20ce que je suis en train
41:21de vous dire là
41:21et effectivement
41:22sur les angles morts
41:23que je vais étudier
41:24en entreprise
41:25c'est vraiment
41:25vers une sorte de cartographie
41:27la génération Z
41:28elle est extraordinaire
41:29en termes justement
41:30de courage de parole
41:31parce que c'est vraiment
41:32une génération
41:33qui va vous montrer
41:34en fait en termes
41:35de pouvoir
41:36de vision
41:36de décision
41:37d'exécution
41:38et puis d'environnement
41:39vraiment
41:39au sein de l'entreprise
41:42c'est les human blind spots
41:43donc effectivement
41:44quels sont les angles morts
41:45à connaître
41:46pour les corriger
41:47et en fait
41:47c'est tout
41:48sauf de la théorie
41:49c'est extrêmement pragmatique
41:50pour permettre en fait
41:51aux gens de mieux travailler ensemble
41:52et on va revenir
41:55sur le mieux travailler ensemble
41:56justement
41:56parce que là
41:57on parle des jeunes générations
41:58mais il y a aussi
41:59les générations
42:00les seniors par exemple
42:01qu'il ne faut pas mettre de côté
42:03il faut leur apprendre
42:04à travailler ensemble
42:05on va y revenir
42:05mais d'abord
42:06concrètement
42:07aujourd'hui
42:07les jeunes générations
42:08elles veulent travailler moins
42:10ou elles veulent travailler différemment ?
42:12en fait là aussi
42:13j'ai envie de vous dire
42:14le cliché c'est de croire
42:16qu'ils n'ont pas envie
42:16de fournir d'efforts
42:17c'est complètement faux
42:18ce qu'ils veulent en fait
42:19c'est un travail qui est plus juste
42:20donc à partir du moment
42:21où c'est cohérent
42:22ils comprennent ce qu'ils font
42:23à nouveau
42:24quelle est la vision
42:24pourquoi ils le font
42:25avec qui comment
42:26et pour quel impact
42:27je sais que c'est votre sujet
42:28Mathieu
42:29et bien là
42:30dans ces cas-là
42:30vous allez les embarquer
42:31et ce ne sera pas une question
42:32de quantité de travail
42:33en revanche
42:34si vous n'arrivez pas
42:34à être cohérent avec eux
42:36là effectivement
42:37vous allez avoir
42:37un vrai problème d'engagement
42:39Mathieu Ornès
42:40c'est ce que vous constatez
42:41vous êtes président
42:42du Comex 40
42:43au sein du Medef
42:44c'est ce que vous constatez
42:46il y a un changement
42:47de mindset
42:48auprès des jeunes générations
42:50dans l'entreprise ?
42:51Oui alors juste un point
42:52effectivement déjà avance
42:53on parle souvent
42:54de la jeunesse
42:55ou des jeunes
42:55ou d'une génération
42:56je pense qu'il faut déjà
42:58se dire que
42:59on ne peut pas faire
43:00un global comme ça
43:01un grand package
43:02et dans chaque génération
43:03il y a des gens
43:04qui sont plus engagés
43:05des gens qui le sont moins
43:06il y a la V
43:06sur la génération précédente
43:08sur notre génération
43:08sur celle qui suit
43:09et voilà
43:10donc c'est assez compliqué
43:11de parler d'une seule jeunesse
43:12juste pour préciser
43:14deux trois choses
43:14on parle d'engagement
43:15moi je trouve qu'on a
43:16une génération qui
43:17pour certains de nouveau
43:18et je ne fais pas de généralité
43:19sont très engagés
43:20on a ici
43:22pas très loin de ce plateau
43:22les juniors entreprises
43:24c'est un engagement
43:24formidable
43:25c'est un engagement
43:27formidable
43:28quand on est un entrepreneur
43:29enfin un jeune étudiant
43:30d'aller se lancer là-dedans
43:31donc ça c'est
43:32ne faisons pas une généralité
43:33il y en a qui sont très engagés
43:34il y en a qui le sont moins
43:35maintenant
43:35une fois qu'on s'est dit ça
43:36finalement
43:37qu'est-ce qui va les motiver
43:38qu'est-ce qui va les chercher
43:39et moi je vous rejoins
43:40ils ont besoin
43:41de visibilité
43:42mais on revient
43:43à ce qu'on disait
43:44tout à l'heure
43:44sur finalement
43:45la vision qu'on a
43:46je trouve que c'est
43:47un angle mort
43:48qui est stratosphérique
43:49chez nos dirigeants
43:50Patrick Martin
43:51vous le savez
43:52en a fait le thème
43:53de son mandat
43:54il a vraiment fait
43:55un très gros travail dessus
43:56notamment parmi ces NITS
43:57qui sont quand même
43:58des jeunes
43:58qui sont complètement sortis
44:00de l'emploi
44:01des études
44:01c'est des gens
44:03à qui on a dit
44:03vous n'avez pas d'avenir
44:04on ne sait pas
44:05ce qu'on va faire de vous
44:06c'est stratosphérique
44:07et il est important
44:08qu'on puisse
44:09nous
44:10les dirigeants
44:11que ce soit le monde économique
44:12mais surtout le monde politique
44:14puissiez leur dire
44:15on va vous donner
44:16un avenir
44:17on a fait une rupture
44:19du pacte social
44:19on parlait des NITS
44:20mais il faut aussi
44:21dire quelque chose
44:22on a promis à des générations
44:25qu'ils allaient faire des études
44:26c'est à dire que nous
44:26quand on a grandi
44:27moi dans ma génération
44:28on m'a dit
44:28tu vas voir
44:29tu vas faire des études
44:29tu vas faire un master
44:30tu vas sortir avec un bac plus 5
44:32puis tu auras un bon métier
44:32puis du coup
44:33tu vivras mieux
44:34que tes parents
44:36la promesse ne tient plus aujourd'hui
44:37et moi aujourd'hui
44:38j'embauche des masters
44:40à 2000 balles par mois
44:42ils ont fait 5 ans d'études
44:43c'est à dire qu'on est en train
44:44de leur dire
44:45boss
44:45fais partie des bons
44:46de ta génération
44:47investis-toi
44:48sors d'un master
44:495 ans
44:49tu vas gagner 2000 euros
44:51parce qu'aujourd'hui
44:52on n'a plus d'avenir
44:53et ça c'est une rupture
44:54du pacte social
44:55et je pense que
44:55les politiques doivent vraiment
44:57prendre ce sujet là en main
44:58sinon ils n'ont pas d'avenir
45:00et on ne pourra pas
45:00leur demander quelque chose
45:02Pierre-Yves
45:02c'est quoi l'état des lieux
45:03dans l'industrie
45:04les jeunes générations
45:05quand elles débarquent
45:07dans une entreprise industrielle
45:09c'est quoi leurs attentes
45:11aujourd'hui ?
45:11il y a deux sujets
45:13autour de l'industrie
45:13qui est un peu
45:15face à une situation particulière
45:16c'est qu'on parle beaucoup
45:18du télétravail
45:19et dans l'industrie
45:21le télétravail
45:21c'est quand même
45:22très compliqué
45:22donc il y a un enjeu
45:23d'attractivité
45:24de l'industrie
45:25auprès de ces nouvelles générations
45:27et il y a un enjeu
45:28d'impact
45:29aujourd'hui
45:30on le voit notamment
45:31dans l'aéronautique
45:32il y a vraiment
45:33un choc générationnel
45:35entre les anciennes générations
45:38en tout cas
45:38les générations actuelles
45:40qui sont plutôt
45:40en fin de carrière
45:41où il y avait la fierté
45:43de construire quelque chose
45:45qui vole
45:46aujourd'hui
45:47les nouvelles générations
45:47disent oui
45:48on veut bien construire
45:49quelque chose
45:49qui vole
45:49mais quelque chose
45:51qui ne pollue pas
45:52quelque chose
45:52qui n'abîme pas
45:56la planète
45:56et donc
45:57les industriels
45:58essayent tant bien que mal
45:59de travailler
46:00leur marque employeur
46:01la filière
46:02est engagée
46:03dans un gros combat
46:03technologique
46:04pour essayer
46:05d'attirer toujours
46:07des profils
46:08justement
46:09avec cette promesse
46:10de venez changer
46:11la filière
46:12de l'intérieur
46:12venez changer
46:13les avions
46:13de l'intérieur
46:14en intégrant
46:15entre guillemets
46:15le système
46:15mais il y a aussi
46:16les écoles
46:18les écoles sont confrontées
46:19à des débats en interne
46:20entre plusieurs générations
46:22de jeunes
46:22qui s'affrontent
46:23sur l'impact
46:24de l'aéronautique
46:25notamment sur la planète
46:26on le voit
46:26certaines écoles
46:27ont été obligées
46:27d'adapter leur cursus
46:28justement pour plaire
46:30ou pour satisfaire
46:31plusieurs générations
46:32de jeunes
46:33qui s'entrechoquent
46:35dans ces établissements
46:36là
46:36Pierre-Ric
46:37vous parliez
46:38de ce choc
46:38des générations
46:39Aline
46:40comment on fait
46:41travailler concrètement
46:42un salarié de 25 ans
46:43et un autre salarié
46:45de 60 ans
46:46par exemple
46:47en fait
46:47j'allais vous dire
46:48aujourd'hui
46:49le manager
46:50il ne dirige pas une équipe
46:51il dirige un archipel
46:53on n'a pas 4 générations
46:54on a 5 générations
46:55parce qu'il y a les alphas
46:56qui arrivent
46:56les tout premiers
46:57qui sont sur le marché
46:59donc en fait
46:59la question
47:00et je reviens un petit peu
47:02sur ce que vous disiez
47:02tout à l'heure
47:02Mathieu
47:03c'est pas tant
47:04comment on fait travailler
47:04une génération
47:05c'est comment on fait
47:07pour se motiver
47:07l'ensemble d'un collectif
47:09et tout à l'heure
47:10c'est ce que je voulais
47:10vous dire aussi
47:11mais quand on sait
47:12que le taux d'engagement
47:14au niveau mondial
47:14il n'est que de 20%
47:16en Europe
47:17il n'est que de 12%
47:18et en France
47:19il n'est que de 8%
47:20donc le sujet
47:22il n'est même pas tant
47:23uniquement de travailler
47:24avec les générations
47:24il sait en fait
47:25de redonner de l'engagement
47:27vraiment au sein
47:28des entreprises
47:29et ça veut dire
47:30redonner de l'engagement
47:30ça veut dire aussi
47:31de faire travailler
47:31les générations
47:32en binôme par exemple
47:33tout à fait
47:34donc ça
47:34mais pour moi
47:35ça c'est vraiment
47:35une forme d'intégration
47:38globale
47:39c'est à dire que
47:39comment vous faites travailler
47:40des gens différents
47:42des genres différents
47:43et effectivement
47:43vous pouvez faire des binômes
47:44avec des plus seniors
47:45des plus juniors
47:46avec ce qu'on appelle
47:47des reverse mentoring
47:47ça marche très très bien
47:48et puis toujours des systèmes
47:50de co-création de l'entreprise
47:51que ce soit sur des projets
47:52mais par exemple
47:52sur des chartes éthiques
47:53on parlait tout à l'heure
47:54de tout ce qui était justement
47:55télétravail
47:55flexibilité au travail
47:56mais en fait
47:57ça se co-construit en entreprise
47:59et quand vous engagez
47:59tout le monde
48:00je veux dire
48:02vous avez beaucoup plus de chances
48:03d'avoir un engagement derrière
48:04par rapport à ça
48:06Mathieu Ornay
48:06est-ce qu'aujourd'hui
48:07l'entreprise française
48:08elle valorise suffisamment
48:09l'expérience ?
48:11Alors je pense que
48:13c'est un sujet
48:13qui va revenir
48:14notamment avec l'IA
48:15puisque c'est un véritable enjeu
48:19on sait qu'on a un sujet
48:21sur comment on arrive
48:22à valoriser
48:22ces personnes
48:23qui sont en deuxième moitié
48:24de carrière
48:25et moi je suis parfaitement d'accord
48:26avec ce que vous venez de dire
48:27c'est comment on arrive
48:28à tous les faire travailler ensemble
48:29parce que
48:30les jeunes générations
48:31qui arrivent sur ce marché du travail
48:32ont des choses à apporter
48:33ils sont plutôt technophiles
48:35ils sont plutôt à l'aise
48:35avec les outils
48:36ils les maîtrisent par coeur
48:37et donc ils vont pouvoir apporter ça
48:39maintenant il va aussi falloir
48:40qu'on leur apporte
48:41les codes
48:42certaines règles
48:42ce qu'ils attendent
48:43c'est un engagement
48:44comment on arrive à les faire
48:45finalement tous avancer ensemble
48:47c'est en leur donnant
48:47un objectif et un but commun
48:48ça remet
48:50le management
48:51au coeur de ce qu'il doit être
48:52comment on arrive
48:53à fédérer un collectif
48:54comment on arrive
48:55à les emmener
48:56c'est ça l'enjeu
48:57ça remet l'humain
48:58et j'aime bien
48:59parce que j'ai le sentiment
49:00que plus on arrive
49:01dans des sociétés
49:02qui sont technologisées
49:03et je parle pas de société
49:04en termes d'organes économiques
49:05je parle de la société
49:06dans laquelle on vit
49:07plus finalement on se rend compte
49:08qu'il y a besoin de l'humain
49:10on a besoin de tout le monde
49:12et c'est un ancien adepte
49:14du jeunisme
49:15qui vous dit ça
49:15mais finalement
49:16quand on prend quelqu'un
49:17qui a vécu des choses
49:18qui a compris
49:19qui a un peu de profondeur
49:21de champ
49:21un peu de recul
49:22parce qu'on est dans un monde
49:23qui va vite
49:23on est dans un monde
49:24qui va très très vite
49:25et donc il y a tout un tas
49:27d'engouements
49:28de buzzwords
49:29qui sortent tout le temps
49:30on peut assez vite être tapé
49:31et on se rend compte
49:32que quelqu'un
49:33qui a un peu de recul
49:33un peu de vécu
49:35lui va peut-être avoir
49:36la hauteur de vue
49:37pour aller dire
49:38attention là
49:39prenons le temps
49:39allons-y
49:40voilà
49:40et je pense que l'enjeu
49:41c'est de les faire
49:41tous travailler ensemble
49:42C'est pour ça que dans l'industrie
49:44il y a quelque chose
49:44qui prend de plus en plus
49:45d'épaisseur
49:46aussi bien sur de la formation
49:47que sur du développement
49:48en continu
49:49c'est le tutorat
49:49c'est-à-dire justement
49:50combiner deux générations
49:52généralement une génération
49:53qui est plus proche
49:54de la retraite
49:54avec une génération
49:55qui vient d'entrer
49:55en entreprise
49:56parce que comme tu viens
49:57de le dire
49:58les nouvelles générations
49:59sont plus familières
50:01des nouvelles technologies
50:02ont moins d'a priori
50:04moins de barrières
50:05à travailler
50:05avec des lunettes connectées
50:07avec de la 3D etc
50:09tandis que les générations
50:11on va dire
50:11plus expérimentées
50:12sont plus adeptes
50:14de travaux manuels
50:15voilà
50:15d'un savoir-faire historique
50:17et donc ce mariage
50:18permet parfois
50:19de faire des développements
50:20plus rapides
50:20ou d'intégrer plus facilement
50:22dans la société
50:22des jeunes générations
50:24Aline
50:25vous travaillez beaucoup
50:26sur le management
50:27et la confiance
50:27j'ai une question
50:29est-ce qu'on peut être créatif
50:31dans une entreprise
50:32où on a peur
50:34de se tromper
50:34alors non
50:35pas du tout
50:36en fait
50:37il y a
50:38une condition sine qua non
50:39même avant
50:40de regarder les talents
50:41dans les entreprises
50:42c'est vraiment
50:43la notion
50:44vraiment de sécurité
50:45psychologique
50:46qui a été développée
50:46par une professeure
50:48à l'université d'Harvard
50:49aux Etats-Unis
50:50Amy N. Manson
50:50en fait c'est très simplement
50:51un concept collectif
50:53dans lequel
50:54vous vous sentez à l'aise
50:54aller poser une question
50:56challenger
50:57remonter des défaillances
50:58dans l'entreprise
50:58sans aucune conséquence
50:59et ça
51:00c'est vraiment la clé
51:01numéro 1
51:03avant toute autre action
51:04au sein de l'entreprise
51:05ça veut dire
51:06qu'il faut donner
51:07l'autorisation
51:09aux salariés
51:09de se tromper
51:10et il y a aussi
51:11la question
51:11de la solitude
51:12du chef d'entreprise
51:13qui est quand même
51:14primordiale aujourd'hui
51:15on parle du courage
51:16de décider
51:17de diriger
51:17de trancher
51:18de prendre des décisions
51:19ce qui est quand même
51:20le quotidien
51:21des chefs d'entreprise
51:23aujourd'hui
51:24est-ce que cette solitude
51:26c'est une réalité
51:27est-ce qu'elle est
51:27de plus en plus
51:28prégnante
51:29dans les entreprises
51:30que vous accompagnez
51:31oui alors
51:32moi je pense
51:33que cette solitude
51:34là
51:35elle existe
51:35mais la plus grosse
51:37solitude
51:38pour un chef d'entreprise
51:39en tout cas
51:39que j'accompagne
51:40ou ceux que j'accompagne
51:41aujourd'hui
51:41la première chose
51:42que je leur dis
51:42c'est est-ce que vous avez
51:43créé un environnement
51:44autour de vous
51:45pour justement
51:46révéler ces fameux
51:47blind spots
51:47dont on parlait
51:48et surtout avoir
51:49une remontée d'infos
51:49qui soit efficace
51:50parce que le pire
51:51pour un chef d'entreprise
51:52c'est une chambre des échos
51:53il entend que savoir
51:54et là il sera dans
51:55une solitude managériale
51:56épouvantable
51:56ça veut dire
51:57qu'il faut avoir
51:57le courage aussi
51:58d'accepter la critique
52:00d'accepter
52:01qu'on remette en question
52:03les décisions
52:05du chef d'entreprise
52:06ou du manager
52:07bien sûr
52:07et j'ai envie de vous dire
52:08c'est vrai que là
52:09ça fait deux jours
52:09on parle beaucoup de courage
52:10le courage du chef d'entreprise
52:11c'est ça
52:12mais c'est aussi
52:13de pouvoir permettre
52:14aux gens autour de lui
52:15et dans son écosystème
52:17de vraiment
52:18d'avoir également
52:18ce courage
52:19de venir lui remonter
52:20l'information
52:20donc c'est vraiment
52:21ça
52:22et son environnement
52:23directement
52:24mais oui bien évidemment
52:25sinon à nouveau
52:25ça s'appelle une chambre des échos
52:26et bon
52:27vous êtes quand même
52:28beaucoup moins riches
52:29à ce moment là
52:30Mathieu Ornay
52:30c'est aussi ce que vous
52:31ce que vous constatez
52:32au sein du MEDEF
52:33il faut
52:34il faut
52:35rompre cette solitude
52:36du chef d'entreprise
52:37ne pas rester enfermé
52:38dans sa propre organisation
52:40c'est compliqué
52:40ça demande quand même
52:41un peu de courage
52:42justement
52:42bien sûr
52:43mais c'est le thème
52:44de cette REF
52:45et quand on voit
52:46le nombre de chefs d'entreprise
52:47ici on l'appelle
52:48mais on est plus de 20 000
52:49ça veut bien dire
52:50que les chefs d'entreprise
52:50ils sont focussés
52:52pour essayer de trouver des solutions
52:53la jeune génération
52:54dans les technologies
52:55c'est l'une des solutions
52:56et donc
52:57tous les chefs d'entreprise
52:58sont à l'écoute
52:59alors avec certains
53:00avec un peu plus de veilleté
53:01que d'autres
53:02avec certains un peu plus
53:03d'ouverture que d'autres
53:04bien sûr
53:04ça dépend de son parcours
53:05et de ses affinités
53:07mais on a besoin
53:09d'être à l'écoute
53:10on a besoin de chercher
53:11les solutions
53:11et quand on le voit
53:13là on sent
53:14on est sur une ligne de crête
53:15on parlait du droit à l'erreur
53:17dans l'entreprise
53:18c'est dur
53:18alors quand on a une entreprise
53:20qui fait des marges
53:21qui va bien
53:21qui finalement peut accepter
53:22quelque chose
53:23ben ok
53:24mais aujourd'hui
53:25on est quand même
53:26dans un moment
53:26sur lequel
53:27on a plus de marge
53:29c'est hyper compliqué
53:30on n'a pas de visibilité
53:31on a moins le luxe
53:33de le faire
53:34et ça
53:34ça renforce
53:35cette impression de solidité
53:36enfin de solitude
53:37et on a besoin là-dessus
53:38vous parliez du contexte économique
53:41qui se tend
53:41qui est très compliqué
53:42aujourd'hui
53:43Aline
53:43dernière question
53:45quand ce contexte économique
53:46se tend comme ça
53:47le rôle du chef d'entreprise
53:49c'est de cacher la vérité
53:50à ses salariés
53:51pour les rassurer
53:52de ne pas tout dire
53:53ou au contraire
53:54de leur dire la vérité
53:55mais au risque
53:55de les effrayer un peu
53:57moi j'aimerais bien
53:58vous citer
53:59quelqu'un que j'ai beaucoup aimé
54:00interviewer dans
54:01Manager Inspirant
54:01qui est Jean-François Rial
54:02qui est un grand patron
54:03de Voyageurs du Monde en France
54:04qui vient souvent sur BFM
54:05qui prenait l'exemple
54:05pendant le Covid
54:06en disant
54:07mes employés
54:08pourraient m'en vouloir
54:09de leur cacher la vérité
54:10et jamais de leur dire
54:11donc en fait
54:11je suis assez d'accord
54:12avec Jean-François Rial
54:13et je pense qu'il faut
54:14toujours dire la vérité
54:15et surtout
54:16il ne faut jamais sous-estimer
54:17l'intelligence de ses salariés
54:19et de leur compréhension
54:19de la situation
54:20en entreprise
54:21c'est aussi ce que vous constatez
54:23Mathieu Ornay
54:23il ne faut jamais
54:25il ne faut arrondir
54:26les angles évidemment
54:26mais il faut
54:28il faut rassurer les salariés
54:29tant que faire se peut
54:30c'est-à-dire qu'il ne faut pas
54:31non plus leur cacher
54:31la réalité
54:32mais bien sûr
54:33et finalement
54:33c'est très intéressant
54:34parce que cette question
54:35on pourrait faire le parallèle
54:35avec le monde politique
54:36il y a deux formes de courage
54:38le premier c'est le courage
54:39de la lucidité
54:40il faut regarder
54:41les choses en face
54:41alors c'est le premier constat
54:44on ne peut pas prendre
54:44de bonnes solutions
54:45si on n'a pas la lucidité
54:46de regarder les réalités en face
54:47ça c'est une forme de courage
54:48et après il y a
54:49une deuxième forme de courage
54:50il faut prendre les initiatives
54:52il faut prendre les actions
54:52il faut se mettre en mouvement
54:53donc oui moi je vous rejoins
54:54il faut être courageux
54:56et regarder la réalité
54:57Pierre-Erik
54:57il ne faut pas oublier
54:58qu'aujourd'hui
54:58le dernier lieu
55:01qui est encore grâce
55:01aux yeux des gens
55:03c'est l'entreprise
55:04ils ont un sentiment
55:04d'appartenance
55:05envers l'employeur
55:06un sentiment de fidélité
55:08parce que c'est la
55:09c'est la dernière chapelle
55:11où il y a encore
55:11de la stabilité
55:12j'ai envie de dire
55:12quand vous regardez
55:14les informations
55:15quand vous sortez dehors
55:16bon ben voilà
55:16politiquement ça se passe mal
55:19internationalement
55:19ça se passe mal
55:20bon ben le dernier bastion
55:22de sérénité
55:23et de stabilité
55:24ça reste le travail
55:25ça reste mon emploi
55:27et donc les employeurs
55:29ont quand même
55:29un devoir de responsabilité
55:31vis-à-vis de leurs collaborateurs
55:32sur ce point là
55:33et pardon mais Pierre-Erik
55:35je pense qu'il y a
55:35un vrai sujet
55:36dans ce que vous dites là
55:36c'est que dans
55:38vous voyez les réseaux sociaux
55:39qui sont extrêmement
55:41politisés
55:42extrémisés
55:42anxiogènes
55:43anxiogènes
55:44et en fait
55:44le monde de l'entreprise
55:45c'est encore un monde
55:46où on arrive
55:46avec quand même
55:47un apolitique
55:49globalement
55:49et c'est encore
55:50un des derniers territoires
55:51d'expression
55:51de la communication
55:52et c'est pour ça
55:52que je pense qu'il y a
55:53un vrai enjeu
55:54pour les sociétés
55:54et pour les entreprises
55:55aujourd'hui
55:55de l'utiliser
55:56et vraiment d'aller aider
55:58les employeurs
55:58mieux communiquer entre eux
56:00être plus engagés
56:01se développer
56:01parce que je pense
56:02que c'est vraiment
56:03l'avenir de nos sociétés
56:03qui s'y joue
56:04merci beaucoup
56:04à tous les trois
56:06Aline Valentin
56:07Mathieu Ornay
56:11BFM Business réunis
56:12depuis la REF
56:13la rencontre des entrepreneurs
56:14de France
56:15depuis Roland-Garros
56:16évidemment
56:17les émissions spéciales
56:18continuent
56:19sur BFM Business
56:20tout de suite
56:21c'est la France à tout
56:22pour réussir
56:22présenté par Jérôme Tijit
56:26émission spéciale
56:27depuis la REF
56:28sur BFM Business

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