- il y a 6 heures
Ce mercredi 27 mai, BFM Business a consacré une édition spéciale CAP PME en direct depuis la Station F. Sandra Gandoin et Julien Gagliardi ont reçu Charles Znaty, porte-parole du Medef et président du Medef Paris, Jérémy Sebag, fondateur de SPVIE Assurances, Nicolas Beuvaden, président de Welcome at Work!, Pierre-Edouard Morin, CEO et cofondateur du Coq François, et Lionel Cuny, président du groupe Insign.
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00:04BFM Business présente
00:07Cap PME depuis Station F avec Sandra Gondoin et Julien Gagliardi
00:16Bonjour à tous, bonjour et bienvenue à Station F pour cette émission spéciale sur BFM Business depuis Cap PME. Bonjour
00:24Julien Gagliardi.
00:25Bonjour Sandra, merci d'être avec vous. On prend le pouls évidemment de ce que pensent les entrepreneurs à un
00:31an de la présidentielle.
00:32Leurs problèmes, leurs solutions, comment rétablir la confiance aussi entre les politiques et les entrepreneurs.
00:38On va parler de tout ça dans l'heure qui suit avec nos invités. Il y a Jérémy Sebag, fondateur
00:45de SPV Assurance. Bonjour Jérémy.
00:47Bonjour. Merci d'être avec nous sur le plateau. Nicolas Bevaden est à vos côtés, dirigeant de Welcome at Work.
00:52Bonjour. Bonjour et Charles Naty, porte-parole du MEDEF, est avec nous pour cette première demi-heure.
00:59Merci messieurs d'être avec nous. On l'a entendu ce matin de la bouche de Patrick Martin.
01:07La confiance est rompue après les débats sur le budget, après les mesures qui ont été prises envers les entreprises.
01:17Charles Naty, j'ai envie de vous poser cette question. Par quoi on commence pour rétablir cette confiance avec les
01:24chefs d'entreprise, avec les PME ?
01:27Moi je suis très content d'être ici entouré de plein de patrons de PME. Je crois qu'on ne
01:34demande pas la lune.
01:35On demande simplement que la législation ne change pas sans arrêt, qu'on arrête d'empiler des règles les unes
01:45sur les autres.
01:46On demande que soient faites finalement des conditions pour qu'on puisse faire de la croissance.
01:53Et puis cette nouvelle qui a été annoncée dernièrement, c'est-à-dire d'un côté on augmente le SMIC
02:00un petit peu en avance, 2,4% et on bloque les allègements de charges.
02:08Ça j'avoue, les chefs d'entreprise, enfin mes collègues patrons de PME, ils ne comprennent pas.
02:13Et ça c'est vraiment un coup dur qui est porté à notre économie.
02:17Et c'est ça que ce matin Patrick Martin a rappelé en présence du ministre Serge Papin.
02:22Alors Charles Nathine, notre thème du jour ici à KPM à Station F, c'est Objectif 2027, les solutions gagnantes
02:29des entrepreneurs.
02:30Vous en avez certainement à nous donner, mais on voit aussi effectivement, et c'est un peu la raison d
02:35'être de ce salon aujourd'hui,
02:36que l'écart s'est creusé d'une certaine manière entre le monde politique d'un côté et le monde
02:41économique.
02:42Est-ce qu'aujourd'hui les patrons d'entreprises de PME a fortiori que vous voyez régulièrement,
02:47est-ce qu'ils ont encore des attentes justement de la part des candidats à moins d'un an de
02:50l'élection présidentielle ?
02:51Écoutez, merci de cette question parce qu'en fait, au MEDEF, on a pris l'initiative.
02:57On a essayé de demander au patron, on ne va pas attendre que les candidats viennent nous présenter leur programme.
03:04On a demandé au patron, en particulier au patron de PME, enfin à tous les patrons français,
03:09pas simplement ceux qui sont au MEDEF, de donner leur avis, de dire qu'est-ce qu'ils attendent de
03:14ces élections à venir.
03:16Il y aura des présidentielles et puis il y aura des législatives derrière.
03:20Donc, qu'est-ce qu'ils attendent ? De quoi ils ont besoin ?
03:22Comment on fait pour faire avancer le pays ?
03:26Et donc, il y a cette grande consultation nationale qui est en cours.
03:31Donc, j'invite tout le monde, tous les patrons qui sont là, puis tous ceux qui écoutent,
03:34à aller sur MEDEF.com, répondre au questionnaire.
03:37C'est moins de 5 minutes et je vous garantis que peut-être, enfin je vous garantis, peut-être qu
03:42'ils vont nous écouter.
03:43Jérémy, Nicolas, d'après vous, c'est une bonne idée de faire ça dans ce sens-là,
03:46c'est-à-dire arrêter d'attendre que les politiques répondent aux questions du terrain
03:50et finalement faire des propositions, exposer les problèmes. Nicolas ?
03:55Mon feeling, c'est que quand on subit les décisions qui sont prises, on sent qu'il n'y a
04:01pas de cap.
04:02Et qu'au fond, il y a même une méconnaissance du fonctionnement de l'entreprise.
04:05On parlait de la hausse du SMIC, qui s'est annoncée le 16 mai pour une application au 1er juin.
04:09Quand on pilote une entreprise, on a un budget annuel, on a un investissement.
04:12On se dit, mais est-ce qu'ils comprennent ce qu'on fait au quotidien ?
04:15Et je pense qu'une démarche telle qu'est celle qui est portée par le MEDEF est pertinente.
04:20Jérémy ?
04:20Oui, bonjour à tous. Je partage, en fait, je pense que comme tous les entrepreneurs, il faut être dans l
04:24'action.
04:25Donc, partant de ce postulat, il faut prendre son destin en main.
04:28Et je partage la démarche du MEDEF et de l'action de Patrick Martin.
04:34Vous-même, vous y avez répondu à ce questionnaire ?
04:36Pas encore.
04:37Pas encore, mais voilà, on a une tribune, donc en tant qu'entrepreneur, on peut en parler aujourd'hui.
04:42Et voilà, moi, je partage. Je suis dans un secteur qui est très régulé, puisque je travaille dans l'assurance.
04:47Donc, je confirme effectivement qu'on peut faire des choses fantastiques en tant qu'entrepreneur en France.
04:51On peut créer des choses absolument incroyables. Et la période qui s'ouvre pour nous, notamment ici, là, dans l
04:58'antre de la technologie à Station F,
05:01avec l'intelligence artificielle qui s'offre à nous, on peut faire des choses fantastiques.
05:05Donc, il faut en profiter. Et le quinquennat qui arrive, justement, pour parler de la politique, c'est peut-être
05:09un des quinquennats les plus importants
05:11qui va se produire là, en Europe, parce que la période qui s'ouvre, elle va être absolument exceptionnelle.
05:18On est un pays petit dans le monde, mais très puissant. Et je pense qu'on peut réconcilier les dirigeants
05:24d'entreprise avec le politique.
05:25Il suffit justement de bien guider les choix et de travailler main dans la main.
05:31Alors, justement, Charles Znaty, dans cet esprit de réconciliation, justement, Serge Papin le disait à notre micro ce matin.
05:37Vous l'avez suivi, notamment en direct sur BFM Business, proposait d'une certaine manière un deal entre les chefs
05:43entreprises et le gouvernement.
05:45Quelle forme, finalement, selon vous, souhaitez-vous pourré prendre ce deal ?
05:50Moi, j'aime bien le discours de Serge Papin parce qu'il faut se rappeler qu'à l'origine, ce
05:54n'est pas un homme politique, c'est un commerçant.
05:55Donc, quelque part, représentant d'une grande enseigne de commerce, ça a été sa carrière.
06:00Et puis, c'est un chef d'entreprise. Donc, il a ce discours, il parle vrai.
06:06Moi, au niveau de mon écosystème, donc les PME qui sont dans la restauration, dans la pâtisserie, la chocolaterie, le
06:13retail,
06:14ce que j'entends, c'est des confrères qui me disent « Écoute, moi, mon ticket moyen, il n'augmente
06:19pas.
06:19Par contre, mes charges, elles augmentent. Par contre, mes achats augmentent. Par contre, le coût du travail augmente.
06:26Et je ne peux pas répercuter ça, évidemment, sur le prix que je fais payer à mes clients parce qu
06:31'autrement, ils ne viendront plus. »
06:33Cette réalité-là, je pense que les hommes politiques, ils la connaissent.
06:38Oui.
06:38Et que, très justement, une de vos confrères, ce matin, qui a interrogé le ministre Serge Papin, quand il a
06:45dit ça, quand il a parlé de ce deal,
06:47elle lui a dit « Bon, alors, ça veut dire que l'État va commencer par réduire la dépense. On
06:52est d'accord. Parce que l'argent ne va pas tomber du ciel. »
06:56Je crois qu'il faut se dire les choses. Il faut qu'à un moment donné, on arrive à cette
06:59conclusion-là qu'on ne pourra pas en passer autrement que par une réduction de la dépense.
07:05Alors, justement, transition toute trouvée, puisque le gouvernement a confirmé en fin de semaine dernière le gel des allégements de
07:12cotisations sociales malgré la hausse du SMIC.
07:15Quelle est votre réaction, justement ? Comment avez-vous réagi à ça ? Et est-ce que vous avez le
07:18sentiment, finalement, un peu à la lumière de ce que l'on échange à l'instant, que ces 2 milliards,
07:21on pouvait les trouver ailleurs ?
07:23Je pense qu'en fait, ce sont des signaux, c'est un signal qui est contradictoire. D'un côté, qu
07:28'on dise « On va augmenter le SMIC un petit peu en avance ».
07:32Après tout, ça peut s'entendre. Il y a des sujets de pouvoir d'achat. Maintenant, geler les allègements de
07:39charges, il faut voir ce que ça représente concrètement pour l'économie française.
07:45En fait, cette mesure d'allègement de charges, ce n'est pas le patronat qui l'a demandé. Ce sont
07:50des gouvernements successifs qui ont mis en place,
07:53cette disposition pour faire en sorte de compenser un coût du travail qui, en France, est plus élevé que chez
08:00nos voisins.
08:01Donc, c'est un déficit de compétitivité qui vient un petit peu arranger les choses.
08:06Donc, si on supprime cet allègement de charges, qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, on ne redevient
08:10pas suffisamment compétitif.
08:12Et je vais vous dire, c'est très simple. Pour une PME, ici, il y a des PME. Pour les
08:17PME qui sont entre 20 et 50 salariés,
08:22en réalité, cette mesure va aboutir à, à mon avis, impacter au moins 30 000 emplois.
08:30Donc, quand on fera les comptes, on regardera ce que ça aura produit sur les chiffres du chômage.
08:35Et moi, je dis, c'est le prix à payer, ça sera 30 000 emplois.
08:39On va un petit peu illustrer ce propos parce que, quand on passe d'un secteur à l'autre,
08:45on voit que les priorités des chefs d'entreprise ne sont pas forcément les mêmes.
08:49Nicolas, vous êtes donc président fondateur de Welcome at Work.
08:52En fait, vous vous inspirez de ce que fait l'hôtellerie.
08:55Pour l'immobilier de bureau, c'est la création de la gestion d'animation de parties communes d'immeubles de
09:00bureau.
09:01Vous, si on vous demande aujourd'hui quelle est votre priorité,
09:05ce que vous attendez, finalement, des politiques dans l'année qui viennent, vous répondez quoi ?
09:11Alors, c'est la thématique qu'on a abordée depuis le début.
09:14Ce que moi, je constate, je le formulerais comme ça, c'est que le travail, il ne paie plus.
09:20Alors, c'était l'excellent livre d'Antoine Fouché, Sortir du travail qui ne paie plus.
09:23Moi, je le constate au quotidien, avec cette grande frustration qui est que j'ai des salariés très investis,
09:28qui travaillent et qui, clairement, ont des revenus insuffisants pour vivre, a fortiori, dans Paris.
09:33Et qui, moi, dès que je les ai augmentés, entre ce que j'avais prévu pour eux et ce qu
09:37'ils ont à la fin,
09:38waouh, tout a fondu.
09:42Au-delà de ça, ce qui se soulève comme question, c'est comment on finance notre modèle social.
09:47Bien sûr, il faut réduire les dépenses, mais pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
09:50la plupart du modèle social est financé par le travail ?
09:53C'est 40 Français sur 100, c'est 40% des Français qui payent ce modèle social.
09:57On peut se questionner, je pense que c'est une question qui doit être adressée aux futurs candidats à la
10:01présidentielle.
10:02Et au-delà de ça, ce que j'ai constaté chez moi, c'est que, finalement, en France,
10:08on est les champions du consentement à l'impôt.
10:11Ça fait des décennies que nos administrations travaillent pour simplifier le quittancement
10:17et la récupération des impôts.
10:18Mais la conséquence concrète, c'est quoi ?
10:19C'est que les salariés, ils ne savent plus ce qu'ils payent aujourd'hui.
10:21Et donc, vous leur demandez de voter, mais ils n'arrivent pas à comprendre.
10:25Il y a une étude qui a été faite d'OpinionWay en 2024
10:28qui expliquait que plus de 90% des Français demandaient plus d'explications et de pédagogie sur l'économie.
10:34Moi, je vois mes salariés.
10:35La première chose qu'ils regardent quand on parle de rémunération, c'est ce qui est en bas à droite.
10:39Mais leur expliquer que les deux premiers jours, le lundi et le mardi,
10:42ils travaillent pour le modèle social avant de travailler pour eux, c'est inaudible.
10:46Et donc, je pense qu'il y a un travail de pédagogie probablement apporté par les organisations syndicales.
10:49Et j'espère que des politiques vont se saisir de ce sujet parce que fondamentalement,
10:54c'est ça, je pense, une des difficultés du modèle français aujourd'hui.
10:59Justement, Nicolas Bevanant, on parle d'illustration de manière très concrète.
11:02On n'en a pas beaucoup parlé aussi ce matin sur KPME.
11:06Le sujet de l'adaptation et de la transition, s'adapter aux transitions environnementales,
11:10aux transitions technologiques notamment.
11:13Votre secteur de l'immobilier de bureau, c'est aussi un secteur en transition.
11:18Quelles sont finalement les grandes tendances et les enjeux auxquels vous devez désormais faire face ?
11:24Comme vous l'avez rappelé, nous, on donne vie aux immeubles de bureau.
11:27Concrètement, on donne envie aux salariés, envie de revenir au bureau.
11:30Alors, on n'est pas les seuls. Il y a d'autres facteurs qui jouent.
11:32Mais nous, on le rend désirable au bureau. On le fait vivre.
11:35On fait en sorte que les salariés ont envie de revenir au bureau.
11:38Et on est utilisé de cette manière-là.
11:41Ce qu'on constate, on a tous eu l'explosion du télétravail post-Covid.
11:46Concrètement, depuis 2021, il ne cesse de diminuer.
11:49Des stats qui ont été donnés par l'Institut Workplace,
11:53deux jours et demi en moyenne en 2021, un jour et demi fin 2024.
11:56C'est ce que nous, on constate sur des immeubles.
11:58L'enjeu aujourd'hui, il est quoi ? C'est qu'il faut lisser ce télétravail.
12:02Aujourd'hui, vous allez sur les immeubles.
12:03On opère une soixantaine d'immeubles en France et en Belgique.
12:05Il y a moins de 50% des gens qui viennent travailler le vendredi.
12:08Conséquence, le mardi et le jeudi,
12:09les immeubles sont complètement congestionnés.
12:12Pas de confort pour les salariés.
12:13Et les dirigeants d'entreprise qui ont un problème,
12:15c'est que le deuxième coût après le salaire, c'est les loyers.
12:19Et donc, comment je fais pour lisser ?
12:21Ce que nous, aujourd'hui, on sert,
12:23c'est aussi à essayer de lisser l'usage du bureau dans la semaine.
12:26Jérémy, j'ai envie de vous poser la même question.
12:28Vous, on l'a dit, vous êtes dans le domaine de l'assurance.
12:31Vous travaillez avec les particuliers,
12:33les indépendants, les entreprises.
12:35Vous, votre priorité, ce que vous aimeriez qu'on fasse pour votre secteur,
12:40c'est quoi ?
12:40C'est également baisser les impôts, alléger les charges.
12:43C'est une simplification administrative.
12:45C'est arrêter de changer, comme disait Charles,
12:48les législations en permanence.
12:49C'est quoi, pour vous, ce qui est important ?
12:52Bon, alors, premièrement, en fait, ce que je voulais dire,
12:55c'est que moi, je reste très optimiste.
12:57J'adore mon pays.
12:58Je pense qu'objectivement, on a beaucoup aimé en tant qu'entrepreneur
13:04notre président de la République, Emmanuel Macron, au démarrage.
13:07C'était quand même celui qui poussait la Startup Nation.
13:09Le problème, c'est qu'on a un peu moins aimé la fin.
13:13La réalité, c'est que le pays de la Startup Nation qu'on était,
13:18on est resté startup et on n'a pas réussi à scaler,
13:20comme c'est le cas aujourd'hui dans d'autres continents du monde.
13:25Pour répondre à la question, objectivement,
13:27j'ai d'autres, évidemment, dans un secteur différent,
13:30on a d'autres sujets.
13:31On a des problématiques d'immobilier, évidemment, dans le service.
13:34Et donc, on est confronté à ça.
13:35On a été confronté au télétravail.
13:36Nous, ce qui nous touche dans notre secteur,
13:39je rejoins ce que disait tout à l'heure M. Znati,
13:42c'est évidemment la régulation.
13:45On a des normes dans tous les sens.
13:46On est une profession réglementée.
13:48On est contrôlé tout le temps dans un objectif, d'ailleurs, bienveillant,
13:55qui est de protéger le consommateur.
13:58Mais c'est vrai que ça freine le développement de petits acteurs.
14:02Ça freine le développement de petits courtiers d'assurance,
14:05par exemple, avec lesquels on travaille tous les jours,
14:07avec lesquels on a beaucoup travaillé.
14:09Dans mon entreprise.
14:11Et sincèrement, je reste optimiste parce que je pense que ces contraintes réglementaires,
14:17avec l'intelligence artificielle qui est en train d'arriver,
14:19on va pouvoir en tirer un profit, pour notre secteur en tout cas.
14:22On va pouvoir faire en sorte de se les approprier.
14:25On va pouvoir faire en sorte de les automatiser.
14:29Et on va pouvoir faire en sorte de développer le business,
14:33justement, avec cette technologie qui s'offre à nous,
14:35à condition que chacun se l'approprie.
14:38Justement, Charles Nathie, on parlait avec Jérémy de régulation de poids des normes.
14:46Vous avez participé, je crois que c'était d'ailleurs hier, avec le MEDEF,
14:50d'une mission d'information au Sénat, justement,
14:53qui est consacrée à ce poids des prélèvements obligatoires en France,
14:55à ses conséquences.
14:57Les auditions, d'ailleurs, qui se poursuivent encore aujourd'hui.
14:59Comment est-ce que vous regardez ce sujet ?
15:01Est-ce que vous êtes d'accord, justement, avec ce qui vient d'être évoqué ?
15:03On a de bonnes illustrations, d'une certaine manière, sur ce sujet.
15:06Et surtout, quelles sont vos propositions en la matière ?
15:08Est-ce qu'on a véritablement la capacité de pouvoir actionner quelques leviers très concrets sur ces sujets-là ?
15:13En fait, il y a beaucoup de discours qui sont liés, finalement, au désamour qu'il y aurait entre les
15:22Français et le travail,
15:24en particulier les jeunes.
15:26Et donc, on dit « Ah, les jeunes, ils ne veulent plus travailler, etc. »
15:29Moi, je crois que c'est intégralement faux.
15:33Autour de moi, en particulier encore dans les métiers de la restauration, dans les métiers de l'hospitalité, etc.
15:40Moi, je vois des jeunes qui sont passionnés, qui ont envie et qui, pour la plupart,
15:46enfin, ils ne le crient pas haut et fort, mais ils travaillent plus de 50 heures par semaine.
15:50Et ça ne leur pose aucun problème parce qu'ils font ce qu'ils ont toujours rêvé de faire.
15:55Donc, c'est quasiment formidable.
15:57Le problème qu'ils ont...
15:58Tous les patrons ne nous disent pas ça.
16:00Oui, mais le problème qu'ils ont...
16:01Je ne sais pas, mais en tout cas, ceux qui me le disent, me le disent.
16:04Donc, le problème qu'ils ont, c'est qu'ils sont confrontés à un coût du travail qui est exorbitant.
16:12C'est-à-dire que dès qu'ils veulent embaucher quelqu'un,
16:14ils se retrouvent confrontés au problème de tous les autres patrons.
16:17Ils se retrouvent confrontés, et je vous rejoins complètement, à la complexité administrative.
16:22C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire un pas, mettre un pied devant l'autre
16:25sans qu'il vous tombe dessus une quantité astronomique de régulation, de règles, etc.
16:30Et c'est formidable.
16:31C'est-à-dire qu'on vit vraiment dans un paradis sécuritaire.
16:36On voit bien qu'il ne peut rien nous arriver, franchement.
16:39Donc, vous voyez, à force d'empiler les choses de tous les côtés...
16:42Et puis, dernier problème que rencontrent les jeunes, c'est que l'accès au financement,
16:49l'accès... Le ministre Papin l'a dit ce matin, l'accès au financement,
16:54l'accès à l'investissement, ils n'ont pas de solution.
16:58Ils ne sont pas accompagnés là-dedans.
17:01Donc, oui, je pense qu'à un moment donné, il va falloir se détendre sur un certain nombre de sujets.
17:06Et peut-être que la thématique de la prochaine commission sénatoriale,
17:10ça va être qu'il va falloir se détendre.
17:11C'est intéressant ce que vous dites là, parce que ce matin, Serge Papin a dit
17:14que l'État était devenu une sorte de guichet auquel les entreprises faisaient appel
17:21pour tout et n'importe quoi, que c'était presque systématique,
17:24que l'État leur servait dès qu'il y avait un problème.
17:27J'aimerais bien avoir votre réaction en tant que patron à ça,
17:29parce qu'on sait que les patrons se débrouillent quand même beaucoup tout seuls,
17:33à travers les crises, qu'ils trouvent des solutions, justement.
17:36Vous en pensez quoi quand on vous dit ça, Jérémy ?
17:40Moi, je pense qu'aujourd'hui, l'entrepreneur, en fait, il est résilient.
17:47Et il n'a pas le choix que d'être résilient, justement,
17:49parce qu'indépendamment des nomenclatures et de la régulation,
17:55en fait, l'entrepreneur, il se lève le matin, il est passionné par ce qu'il fait,
17:58il est passionné par son équipe, parce qu'il entraîne avec lui.
18:02Et donc, il doit donner un souffle d'optimisme pour que, justement, sa boîte, elle marche.
18:07Et donc, en partant de ce principe-là, clairement, oui, l'État, il est là, évidemment.
18:12Il peut être providence ou pas.
18:14Mais de toute façon, on sait qu'on doit compter que sur nous-mêmes.
18:18Voilà.
18:18Alors, évidemment, on aimerait que les banques, on aimerait que les investisseurs,
18:22on aimerait que les actionnaires soient au rendez-vous.
18:25Ils le sont parfois, parfois ils le sont moins, il y a des cycles.
18:28Mais à la fin, l'entrepreneur, il doit se débrouiller.
18:32Et c'est la force de l'entrepreneur, c'est sa capacité de résilience à développer son business,
18:37parce qu'il y croit, et aussi d'embarquer ses équipes avec lui pour, justement, faire grandir l'entreprise.
18:42Nicolas ?
18:43Je suis 100% aligné.
18:45Je crois que la phrase a été dite et à la tournée, c'est laisser nous bosser, quoi.
18:49Juste pour rebondir sur ce qui a été dit, je reviens sur le sujet social, je suis désolé,
18:53mais c'est beaucoup mon quotidien.
18:56J'ai demandé à ma DRH ce matin de sortir les évolutions de réglementation majeure entre 2025 et 2026.
19:03Elle m'en a sorti 11.
19:05En un an ? En moins d'un an ?
19:06En deux ans.
19:07Une tous les deux mois.
19:09Bon, forcément, le sentiment qu'on a et qui est partagé, c'est que nous, on est en train de
19:13jouer le match de foot sur le terrain.
19:16Il y a la Coupe du Monde qui arrive, je prends la métaphore.
19:17On joue le match de foot sur le terrain et il y a des gens qui nous mettent des sacs
19:20à dos avec des pierres régulièrement.
19:21Juste, laissez-nous jouer.
19:22C'est ça l'image, c'est le sac à dos chargé de pierre que vous avez, Charles.
19:26Moi, je rejoins complètement la vision.
19:29Juste ici, on est à KPME et donc au MEDEF, il y a 240 000 PME et 40 entreprises du
19:39CAC 40.
19:40Donc, je vais vous dire, moi, j'en vois énormément de patrons, des patronnes qui sont en burn-out.
19:47Sauf que c'est un burn-out silencieux.
19:50C'est-à-dire qu'ils sont en burn-out, mais comme vous l'avez dit, il ne faut pas
19:55le montrer.
19:56Mais franchement, il y en a énormément qui sont au bout du rouleau.
20:00Et si on a aujourd'hui un taux record de défaillance, je pense qu'il faut écouter ce signal-là.
20:07Il faut s'en préoccuper parce que, quelque part, ce n'est pas juste des boîtes qui sont défaillantes.
20:14C'est tout un écosystème, ce sont des vies, ce sont des personnes qui sont là et qui, je vous
20:20garantis, sont dans la souffrance.
20:21Jérémy Sebag.
20:22Si je peux me permettre une remarque par rapport à ce qui vient d'être dit, en fait, il faut
20:26aussi changer les mentalités.
20:28Il faut changer les cultures.
20:29Le problème, en fait, des dirigeants d'entreprises et des patrons ou patronnes qui peuvent effectivement être en burn-out
20:34silencieux,
20:35c'est que, malheureusement, on est encore dans un pays, d'ailleurs, où l'échec n'est pas accepté.
20:43Valorisé.
20:43Il n'est pas valorisé.
20:44Si vous allez aux US, si vous allez dans tous les pays anglo-saxons, vous êtes jugé par vos échecs.
20:49Vous n'êtes pas jugé par votre réussite.
20:51Et d'ailleurs, je vais vous dire, j'ai créé ma boîte en portant de rien.
20:54Elle est devenue très grosse.
20:57Je pense que j'ai plus appris dans les moments de doute que dans les moments de succès.
21:00Et ça, il faut le dire aux patrons, il faut le dire à tous les dirigeants qui s'installent, qui
21:06ont envie de s'installer.
21:07Parce que les idées en France, on n'en manque pas.
21:09Les créateurs d'entreprises qui veulent s'installer, on n'en manque pas.
21:12La fenêtre qui s'ouvre avec l'intelligence artificielle, elle est énorme, énorme.
21:16Et elle va permettre de pouvoir créer des millions d'euros et des milliards d'euros à injecter dans l
21:21'économie.
21:22Mais pour ça, il faut de l'espoir, il faut de l'optimisme.
21:24Et c'est ça, à mon avis, je pense, ce que le prochain président de la République devra apporter.
21:28Alors justement, Jérémy Sebag, on parle là de création.
21:32Le ministre Papin a également évoqué ce matin le sujet des transmissions.
21:35On rappelle régulièrement ce chiffre.
21:36500 000 entreprises qui vont être accédées dans les 10 ans.
21:40Des chiffres de Bercy, effectivement.
21:41Est-ce que finalement, aujourd'hui, dans le contexte que l'on évoque depuis le début de ces échanges,
21:46est-ce que reprendre, c'est presque plus facile aujourd'hui que créer ?
21:50Est-ce que vous, en tant qu'entrepreneur, créateur d'entreprises,
21:54vous auriez aussi finalement envie, dans une aventure, de reprise et de développement ?
21:57Moi, je trouve ça absolument incroyable.
21:59On a 500 000 boîtes à reprendre et on ne sait objectivement pas comment ça va se passer.
22:05J'ai un beau frère qui a investi dans la tech, qui est une très grosse boîte dans l'industrie.
22:10Et là, justement, il se rend compte qu'il y a un coup à faire avec des entreprises
22:16qui n'avaient pas le vent en poupe il n'y a pas si longtemps que ça,
22:18des entreprises industrielles de plomberie.
22:20Sauf qu'avec, justement, l'intelligence artificielle et les métiers du service
22:24qui, entre guillemets, vont peut-être être remplacés,
22:26ces métiers-là, justement, reviennent sur le devant de la scène.
22:30Et on peut apporter énormément de choses à ces dirigeants d'entreprises
22:34dans des secteurs plus traditionnels ou artisanaux, les accompagner,
22:39transmettre la boîte s'il n'y a pas d'héritier, s'il n'y a pas de transmission.
22:42Et ensuite, les accompagner dans cette transformation digitale
22:45à travers l'intelligence artificielle.
22:47Et donc, oui, il y a énormément de choses à faire.
22:49Et il ne faut pas être que créateur.
22:51Reprendre une entreprise, c'est aussi être un entrepreneur.
22:54C'est en effet vrai.
22:56Et on les donne souvent, ces chiffres, ces 500 000 entreprises à reprendre.
23:00On en parle souvent.
23:01Néanmoins, moi, je me pose cette question.
23:03À l'heure de l'IA, que vous évoquez beaucoup, Jérémy,
23:06on ne sait pas à quoi va ressembler le paysage économique.
23:08Dans ne serait-ce que deux ans, ces 500 000 entreprises,
23:12ça se trouve, il y en aura moins parce que certaines vont disparaître
23:14au gré, justement, des évolutions technologiques.
23:17Comment on fait, justement, Charnati, pour orienter les gens
23:21vers les bonnes entreprises, vers les bons secteurs ?
23:24Alors, il y a deux phénomènes à mes yeux.
23:26Le premier, c'est la démographie.
23:28500 000 entreprises qui vont venir sur le marché de la transmission,
23:32c'est du fait de la démographie.
23:33C'est-à-dire, les boomers dont je fais partie
23:35vont devoir passer, à un moment donné, la main.
23:38Donc ça, c'est une première chose.
23:40Après, l'IA transforme tout.
23:42Mais on a compris que le Covid, les pandémies, les guerres, l'IA, etc.
23:48Je veux dire, demain, il y a une chose est sûre,
23:50c'est que la seule chose qui va se produire,
23:52c'est quelque chose qu'on n'a pas prévu.
23:54Donc, demain sera demain, ça sera toujours à inventer.
23:57Ce que je veux dire sur la transmission de l'entreprise,
24:00c'est que si on n'y prête pas garde
24:02et si les hommes politiques ne s'emparent pas du sujet,
24:04la fiscalité va détruire de la valeur.
24:08Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui,
24:10une société familiale,
24:12et j'en vois plein au MEDEF,
24:13il y en a plein dans tous les territoires en France,
24:16il y a de belles boîtes
24:18qui vont devoir être transmises.
24:20Et au moment de la transmission,
24:22soit la transmission se fait dans la famille,
24:24entre générations,
24:25parce que le cadre fiscal est adapté,
24:28comme ça peut se faire en Allemagne, par exemple.
24:30En Allemagne, vous avez des boîtes
24:31qui datent du 17e siècle,
24:34dont le dirigeant porte le nom de la marque.
24:37Des marques connues, évidemment.
24:40Donc, ce que je veux dire,
24:42c'est que soit on pourra transmettre
24:44à des générations,
24:45on pourra transmettre aux jeunes,
24:46à l'intérieur d'un écosystème familial,
24:49ce n'est pas forcément une bonne chose,
24:51mais en tout cas, ça sera possible,
24:52soit le système fiscal,
24:55c'est-à-dire la ponction que l'État réalise
24:57sur ces transmissions-là,
24:59va être à ce point insupportable
25:01qu'il faudra financiariser notre économie.
25:03C'est-à-dire que les belles boîtes françaises
25:06appartiendront à des fonds d'investissement.
25:08Voilà, c'est ça le sujet des 500 000.
25:11Allez, il nous reste trois minutes
25:12et on voudrait peut-être aussi évoquer
25:13un sujet que l'on a,
25:16pour l'instant, assez peu évoqué,
25:17qui est le sujet du recrutement,
25:18le sujet du rapport au travail,
25:20notamment Nicolas Bevadan,
25:21chez Welcome at Work.
25:22Le sujet de recrutement,
25:23c'est un sujet clé, naturellement,
25:25avec peut-être parfois aussi
25:26un besoin de flexibilité du travail
25:29ou de l'organisation de votre entreprise.
25:30Comment est-ce que vous vivez,
25:31finalement, aujourd'hui,
25:32ce sujet de recrutement ?
25:33Est-ce que vous avez le sentiment
25:34que là aussi,
25:35il y a un certain nombre de contraintes
25:36qui pourraient être levées
25:38et est-ce que ces contraintes,
25:39d'ailleurs, elles viennent exclusivement
25:40simplement du sujet législatif,
25:42politique et normatif
25:43ou est-ce qu'il y a aussi
25:43un sujet de comportement,
25:45de culture aussi, finalement,
25:47ou d'attente, peut-être,
25:49des salariés,
25:49en particulier de la nouvelle génération ?
25:51Comment regarder ça ?
25:51Oui, juste, nous,
25:54on a reçu 170 000 candidatures
25:55l'année dernière.
25:57Pour combien de salariés ?
25:58On est 200 salariés.
25:59200 salariés.
26:00Un taux de sélection très, très faible,
26:02mais on est un peu obligés
26:03parce que notre métier,
26:04c'est vraiment de l'humain
26:05et donc on est obligés
26:06d'être très sélectifs.
26:08Je suis d'accord sur le fait
26:09de ne pas généraliser
26:10les nouvelles générations
26:11qui ne veulent pas travailler.
26:12Moi, je vois plein de gens
26:13totalement motivés,
26:14impliqués.
26:16Le sentiment que j'ai,
26:17je le qualifierais comme ça,
26:19c'est qu'il y a une espèce
26:20de grand malentendu
26:22sur ce qu'est le monde du travail,
26:24sur ce qui leur a été raconté,
26:25sur ce qui est véhiculé
26:26sur les réseaux sociaux,
26:27sur comment se vit l'entreprise.
26:29Et donc, il y a beaucoup
26:30de déceptions,
26:31de surprises dans le premier job.
26:32Et donc, nous,
26:34partant de ce constat-là,
26:35ce qu'on a fait,
26:35c'est que dans le recrutement,
26:36on a passé beaucoup de temps
26:39à être très concrets,
26:40à détailler le quotidien,
26:42les missions.
26:44Ça, c'est ce que vous allez faire.
26:45Et surtout, au-delà de ça,
26:47c'est quoi notre ADN de boîte ?
26:48C'est quoi nos valeurs ?
26:49Comment on fonctionne ?
26:50Et en fait, on s'aperçoit
26:50qu'il n'y en a pas
26:52qui sont meilleurs que d'autres,
26:53mais ça fonctionne
26:53quand le salarié est aligné
26:55avec ses valeurs d'entreprise.
26:57Jérémy, pour finir,
26:58une minute.
26:58Oui, je suis d'accord.
27:01Il faut des boîtes incarnées
27:02aujourd'hui.
27:02En fait, les boîtes qui scalent
27:05en 2026,
27:06je suis d'accord avec
27:07un entrepreneur influenceur
27:09qui l'a dit assez récemment
27:09sur les réseaux sociaux.
27:11Je ne suis pas d'accord avec tout,
27:11mais là-dessus,
27:12je suis d'accord avec lui.
27:14Une boîte qui réussit,
27:15qui scale,
27:15c'est une boîte qui est incarnée
27:16par son fondateur,
27:16qui est incarnée par son dirigeant.
27:18Et ensuite, évidemment,
27:20il y a une team qui suit.
27:21Voilà, s'il y a une stratégie
27:22qui est claire
27:23avec un produit qui est bon,
27:25derrière, il y a une équipe
27:26qui suit.
27:26Et donc, a fortiori,
27:27le recrutement,
27:28il est plus facile.
27:29Voilà, donc je ne pense pas
27:30que les jeunes ne veulent pas travailler.
27:32Je pense que les jeunes,
27:32aujourd'hui, en fait,
27:33ils choisissent
27:33là où ils veulent travailler.
27:34Oui, exactement.
27:35Ils veulent du sens.
27:36Ils veulent effectivement
27:37se reconnaître
27:38dans l'entreprise
27:39dans laquelle ils travaillent.
27:40On va continuer
27:41cette émission spéciale
27:42sur BFM Business
27:44en direct de Station F
27:45dans une petite minute.
27:46Merci beaucoup,
27:47Jérémy Sebag et Nicolas Beuvaden
27:48d'être venus
27:50sur ce plateau.
27:51Charles Naty,
27:51vous restez avec nous
27:52sur ce plateau.
27:53On se retrouve
27:53dans un tout petit instant.
27:55A tout de suite.
28:00BFM Business présente
28:03Cap PME
28:05depuis Station F
28:06avec Sandra Gondouin
28:08et Julien Gagliardi.
28:11Cap PME
28:13depuis Station F.
28:14on est en direct
28:15effectivement pour cette journée
28:18spéciale, PME
28:19et ceux que les patrons
28:21finalement attendent
28:22des candidats
28:23à l'élection présidentielle.
28:25Ça y est,
28:25on l'a entamé, Julien,
28:26cette année fatidique
28:28où il va falloir poser
28:29les problèmes
28:30et trouver les bonnes solutions.
28:32effectivement et on va essayer
28:33de vous en proposer
28:34quelques-unes,
28:35vous qui nous suivez,
28:36qui vous nous écoutez
28:38parce que pour le coup,
28:39on a un certain nombre
28:40de dirigeants autour de la table
28:41qui ont peut-être
28:42quelques remèdes,
28:43quelques propositions
28:44pour aller dans cette direction.
28:46Nous sommes avec,
28:47toujours avec Charles Naty
28:48qui est avec nous,
28:49porte-parole du MEDEF,
28:49président du MEDEF Paris.
28:50Et merci Charles
28:51d'être resté avec nous.
28:52Merci.
28:53Nous sommes également
28:53avec Lionel Cuny
28:54qui est avec nous,
28:55qui nous a rejoint
28:56pour cette deuxième demi-heure.
28:57Merci Lionel,
28:58président du groupe Insign,
28:59groupe de conseils indépendants
29:00en communication,
29:01marketing et digital.
29:02Notamment,
29:03on y viendra dans un instant.
29:04Vous voyez et vous connaissez
29:06chaque jour
29:07des entrepreneurs
29:08à vos côtés
29:09et effectivement,
29:10vous allez pouvoir nous dire
29:11finalement ce qu'ils pensent.
29:12Et nous sommes avec
29:13Pierre-Edouard Morin,
29:14le cofondateur du Coq français.
29:16Alors ça,
29:16je vais laisser quand même
29:17Sandra vous présenter
29:18le Coq français
29:18parce que Sandra,
29:20vous connaissez très très bien
29:21le Coq français.
29:22C'est de la coutellerie.
29:23Regardez ces produits
29:24que vous nous avez apportés.
29:26C'est du Made in France,
29:27c'est du Made in Auvergne,
29:28Pierre-Edouard,
29:30très clairement.
29:31D'ailleurs,
29:31on va commencer
29:33par vous poser
29:33un petit peu
29:34les mêmes questions
29:34que ce qu'on a vu
29:35tout à l'heure
29:36à un an de la présidentielle.
29:38Qu'est-ce qui vous,
29:39dans le contexte
29:39de votre entreprise,
29:41dans le contexte
29:41de l'artisanat français,
29:43du bien français,
29:44vous inquiète
29:45dans l'année qui vient ?
29:46Quelles sont les priorités
29:47pour des patrons comme vous
29:49qui sont dans les territoires,
29:50qui produisent,
29:51qui ont beaucoup
29:52de partenariats ?
29:53Qu'est-ce qui vous,
29:54vous empêche d'avancer
29:55en quelque sorte ?
29:57Complètement.
29:58En effet,
29:58il y a tout un tas de sujets.
30:00J'en avais listé
30:02quelques-uns
30:03pour venir à l'émission.
30:04J'en ai entendu parler
30:04tout à l'heure,
30:05c'est les allégements de charges.
30:06Ça, c'est bien évident.
30:07Alors après,
30:07en effet,
30:08comment on finance tout ça ?
30:09Ça, c'est un vrai sujet.
30:10Le droit du travail.
30:12Je pense qu'aujourd'hui,
30:13on est dans une situation
30:14où aujourd'hui,
30:15quand on embauche quelqu'un,
30:16on ne sait absolument plus
30:17à quelle sauce
30:17on va être mangé.
30:19C'est très compliqué
30:20d'arriver à gérer tout ça
30:21aujourd'hui.
30:24Il y a un carcan de règles
30:26qui est extrêmement complexe
30:28et pour un oui ou pour un non,
30:29on peut très vite
30:29se retrouver dans une situation
30:31malencontreuse
30:31et qu'on ne peut plus gérer.
30:33Donc ça,
30:34c'est une vraie complexité
30:35aujourd'hui
30:35et particulièrement pour nous,
30:37petite PME,
30:37quand on a une équipe
30:39comme chez nous
30:39de 6-7 personnes.
30:40Ça peut devenir très compliqué
30:42quand il y a des situations complexes.
30:44J'ai pensé aussi
30:45à un sujet de TVA allégé
30:47pour les produits
30:48qui sont 100% made in France.
30:49Alors après,
30:50comment on va déterminer
30:50qu'un produit est 100%
30:51made in France ?
30:52Il y a l'origine France Garantie
30:53qui est une certification
30:54qui est très bien.
30:55Alors moi,
30:55je vous en parle d'autant mieux
30:56puisque je suis certifié,
30:57mais elle a le mérite
30:58d'être clair
30:59et c'est une véritable certification
31:02délivrée par les bureaux Veritas.
31:03Et je pense qu'on est
31:04dans un monde aujourd'hui
31:05de globalisation.
31:07Il y a un dumping
31:07qui est fait
31:08par tous les pays concurrents.
31:09La Chine subventionne
31:11ses exportations.
31:13Les Etats-Unis,
31:13qui sont le pays du libéralisme,
31:16en fait,
31:16nous, on est devenus
31:16plus libéraux
31:17que les Américains
31:18en Europe
31:18et on n'est pas capables
31:20de se protéger nous-mêmes.
31:21Donc, il va falloir
31:21qu'on se défende
31:23et ça peut peut-être passer
31:24par des TVA plus légères
31:25pour les produits
31:26qui sont fabriqués localement.
31:27Et enfin,
31:28la privilégier
31:29les marchés publics aussi
31:31puisque je pense
31:31qu'on le fait un petit peu
31:32mais pas suffisamment.
31:33Je pense que le taux
31:34de produits
31:35dans les marchés publics
31:36pour la préférence française
31:38devrait être
31:39nettement plus important.
31:40Alors ça,
31:41c'est intéressant.
31:41Charles Nanty,
31:42on va venir à Lionel Cuny
31:43dans un instant
31:44mais peut-être
31:45une petite parenthèse
31:46sur ce qui a été dit
31:47et sur ce souhait,
31:48ce besoin de souveraineté
31:50finalement d'un certain
31:51nombre d'entrepreneurs.
31:52Est-ce que ça,
31:52c'est un fait nouveau ?
31:53Comment est-ce que
31:53vous avez vu arriver
31:55progressivement
31:55au sein justement
31:56des entreprises
31:57que vous représentez
31:58ce souhait du protectionnisme,
31:59ce souhait de la préférence
32:00nationale ou européenne ?
32:02Et comment est-ce qu'aujourd'hui
32:03on vit avec ça
32:04et on travaille avec ça ?
32:05Moi, ça fait 30 ans
32:07que je travaille
32:08à l'international
32:10et lorsque je faisais
32:11mes premiers allers-retours
32:12avec le Japon,
32:13on me disait
32:14« Toi, tu es dans la gastronomie,
32:15les Japonais,
32:16ils adorent la cuisine française. »
32:18Oui, ils adorent
32:19la cuisine française
32:19mais il y a plus
32:20de restaurants italiens
32:21à Tokyo
32:22que de restaurants français.
32:24Demandez-vous pourquoi ?
32:25En fait,
32:25le Made in France,
32:26c'est toujours le problème,
32:27c'est que tout le monde
32:28l'adore,
32:29tout le monde trouve
32:29que c'est super
32:30mais on ne fait pas
32:30grand-chose pour.
32:31Et aujourd'hui,
32:32c'est de ça
32:32dont on a besoin.
32:33C'est-à-dire qu'en effet,
32:35au lieu de regarder
32:37les entrepreneurs
32:38que vous représentez,
32:39que je représente,
32:40on se bat
32:41à armes inégales.
32:43Alors, c'est bien
32:43que vous faites des couteaux
32:44parce que voilà,
32:45mais ça ne va pas suffire.
32:47Ça ne va pas suffire
32:48parce qu'en réalité,
32:48on se retrouve face
32:49à des concurrents
32:51où les coûts
32:53et en particulier
32:54le coût du travail
32:55est moins important.
32:56et on voudrait
32:57qu'en plus de ça,
32:59partant avec ce handicap-là,
33:00on soit en capacité
33:02de créer de l'emploi
33:03et en capacité
33:05de payer plus d'impôts
33:06de production.
33:08Je dis non,
33:09en fait,
33:09regardez ce qui se passe
33:10ailleurs,
33:11ça ne peut plus marcher.
33:12Ce système-là
33:13ne fonctionne plus.
33:15Alors,
33:15est-ce qu'on arrête
33:15de le dire
33:16et puis est-ce qu'on le fait ?
33:17Qui aura le courage ?
33:18Je ne sais pas.
33:19Lionel,
33:20on est dans un tout autre domaine
33:22avec vous.
33:22On l'a dit,
33:22le conseil,
33:23vous allez nous dire
33:23ce que fait Insign,
33:26mais même question
33:27pour vous,
33:28la priorité
33:28dans votre domaine
33:30pour l'année qui vient,
33:30c'est quoi ?
33:32La priorité dans mon domaine,
33:33c'est surtout la priorité
33:34des entreprises
33:35puisqu'on voit bien
33:35que nous,
33:36on est dans un métier
33:37où finalement,
33:37on est très corrélé
33:38à la croissance du PIB
33:39et la croissance économique.
33:40Donc,
33:40quand il y a de la croissance,
33:41les entreprises investissent
33:42en marketing,
33:43en communication,
33:44acceptent de prendre des risques.
33:45Là,
33:45il y a peu de croissance.
33:47Dans des contextes
33:48de croissance plus faible,
33:48évidemment,
33:49on fait partie souvent
33:50des budgets
33:51qui sont soit réduits,
33:53soit sacrifiés
33:54et particulièrement
33:56depuis un an et demi
33:56avec pas mal d'instabilité
33:58et de manque de visibilité.
34:02Mais je crois que les dirigeants,
34:04et pardon,
34:04j'aurais peut-être un discours
34:05qui n'ont pas contraire
34:07à ce que vous dites,
34:07mais un discours peut-être
34:08complémentaire
34:08pour reprendre les choses,
34:09c'est que je pense
34:09que les dirigeants,
34:10en tout cas moi,
34:11ceux que je vois
34:11et ceux qu'on conseille,
34:13ils attendent un peu
34:13comme les Français,
34:14ils attendent un cap.
34:16Ils attendent une direction
34:17et se dire au fond,
34:17c'est quoi le projet
34:18que l'on a pour la France ?
34:20Et on voit bien,
34:21si on regarde
34:23une étude qui est intéressante,
34:24deux études intéressantes.
34:25Quand Emmanuel Macron
34:26arrive au pouvoir
34:26en 2017,
34:2967% des chefs d'entreprise
34:31se disent confiants
34:32dans la politique
34:32qu'il va mener.
34:34Dix ans après,
34:3670% des chefs d'entreprise
34:38estiment que sa politique économique
34:40leur a fait du mal.
34:43Pourtant,
34:44il y a eu des mesures
34:44qui ont été prises,
34:45pourtant il y a un certain nombre
34:46de choses qui ont été faites,
34:47la relance de filières,
34:48je pense notamment nucléaires,
34:49le développement de nouvelles filières,
34:50notamment dans le numérique,
34:51tout ce qui a été fait
34:52autour de la French Tech.
34:53Il y a quand même
34:54énormément de choses
34:55qui ont été faites,
34:56mais en fait,
34:56ce qui manque
34:56et ce qu'on a perdu,
34:57c'est le cap.
34:58Alors pour plein de raisons,
34:59parce que le Covid,
35:00parce que la guerre en Ukraine,
35:01parce que le détroit d'Hormuz,
35:02il y aura toujours finalement
35:03ces événements-là.
35:04Mais ce qu'on attend aujourd'hui
35:06principalement
35:06des chefs d'entreprise,
35:07enfin,
35:08que les chefs d'entreprise
35:08attendent de la présidentielle,
35:10pour moi,
35:11c'est moins une calculette
35:11qu'une boussole.
35:13C'est vraiment de se dire au fond,
35:15oui,
35:15il y a des choses,
35:15mais finalement,
35:16on est habitué
35:16à jouer avec les règles
35:17du jeu
35:17qu'on nous impose.
35:19La difficulté,
35:20c'est qu'on a besoin
35:20de cohérence,
35:21on a besoin de transparence
35:23et on a besoin
35:23de constance
35:24dans la politique économique
35:26qui sera menée
35:27pour que finalement,
35:28on puisse se caler
35:29sur la direction
35:30qui est donnée.
35:31Quelles sont les priorités stratégiques,
35:33quelles sont les filières
35:33qu'on va privilégier,
35:34quels sont les investissements
35:35qu'on va faire
35:35dans un cadre budgétaire
35:37sans trahère de secret
35:38qui sera forcément contraint.
35:39Donc,
35:39on va être obligé
35:40de renoncer aussi
35:41à un certain nombre de choses.
35:42Alors justement,
35:43Lionel Group Insign,
35:44un 170 collaborateur,
35:46de chiffre d'affaires
35:47avec un souhait de votre part
35:48effectivement
35:49d'emmener le pays
35:50vers une orientation
35:53en particulier.
35:54Est-ce que sur celle du digital
35:55qui est un de vos métiers,
35:56le principal métier
35:57de votre groupe,
35:59est-ce que dans cette bataille
36:00France-Europe finalement
36:01aujourd'hui du digital
36:02versus le reste du monde,
36:03est-ce que c'est déjà
36:04pas un peu trop tard ?
36:05Comment est-ce qu'on se positionne
36:06aujourd'hui ?
36:06Ou est-ce qu'on a encore
36:07finalement des cartes à jouer
36:08parce qu'on dit souvent
36:09qu'on a de très bons talents
36:11en la matière ?
36:12D'une part,
36:13on a des très bons talents.
36:14D'autre part,
36:14on a des très gros champions.
36:16Je pense notamment à Mistral,
36:17si on parle de l'IA notamment.
36:18On a aussi des sociétés
36:19comme Dust
36:20qui apportent aussi
36:21des vraies solutions
36:22en tout cas pour appréhender,
36:24apprivoiser l'IA,
36:25l'intégrer dans les process
36:26des entreprises.
36:27Donc on a des champions français.
36:29Je pense,
36:30pour revenir à ce que disait
36:30Pierre-Edouard,
36:31je pense qu'il y a un vrai sujet
36:32autour de la commande publique
36:32et l'importance finalement
36:34de faire en sorte
36:34que les entreprises françaises
36:35soient davantage privilégiées
36:37dans la commande publique.
36:38Ce qui n'est pas le cas
36:39aujourd'hui
36:39dans ce nombre de solutions,
36:40soit pour des raisons de coût,
36:42soit pour des raisons
36:43effectivement de performance.
36:46Néanmoins,
36:46on aurait envie aussi
36:48qu'il y ait une prime
36:50à la nationalité
36:52ou en tout cas
36:52à l'entreprise française
36:54versus d'autres grandes entreprises.
36:57Donc ça,
36:57c'est pour moi
36:58un point extrêmement important.
37:01Pour revenir
37:01sur ce que vous disiez
37:02à l'instant,
37:05la confiance qu'ont les patrons
37:06dans Emmanuel Macron
37:07et le fait que ça s'est dégradé
37:08finalement au fil des années.
37:10Léonard Prenier disait ce matin
37:12les PME sont les grandes oubliées
37:13des politiques.
37:15Est-ce que vous êtes d'accord
37:16avec ça, Charles Nathie ?
37:17Complètement.
37:18En fait,
37:18les PME,
37:19c'est le tissu entrepreneurial français.
37:24Et aujourd'hui,
37:25on voit bien
37:25que ce monde-là
37:26est en souffrance,
37:29est en difficulté.
37:31Alors moi,
37:31je vous rejoins
37:32sur l'analyse.
37:33Après,
37:34des hommes politiques,
37:36je n'attends pas un cap
37:37parce que je pense
37:38que le temps des slogans
37:40est terminé.
37:41Donc maintenant,
37:43c'est la raison
37:44pour laquelle
37:44on organise
37:45cette consultation,
37:46medef.com.
37:47Je vous invite
37:48à répondre
37:48à ce questionnaire,
37:49à soumettre
37:50les solutions,
37:51les attentes
37:52que vous avez
37:53vis-à-vis
37:54des hommes politiques
37:55parce qu'on leur donne
37:57rendez-vous
37:57le 26 et 27 août
37:59à la rencontre
38:00des entrepreneurs
38:00de France.
38:01Donc là,
38:02il y aura 20 000 chefs
38:02d'entreprise
38:03qui seront en face
38:04des candidats
38:07qui se seront déclarés
38:08et on ne leur demandera
38:09pas des slogans.
38:10On leur demandera
38:11ce qu'ils comptent faire
38:12pour nous.
38:13Mais rien que
38:14dans ce qu'on vient
38:15d'entendre
38:15avec 4 chefs d'entreprise,
38:17je veux dire,
38:17on peut déjà faire
38:18un petit bilan.
38:19C'est l'allègement
38:19des charges,
38:20c'est arrêter
38:21cette fiscalité assommante
38:23et c'est une simplification.
38:25Pierre-Edouard,
38:25ce serait ça ?
38:26Oui, complètement.
38:27On parlait tout à l'heure
38:28des marchés publics.
38:29Je vous reparle encore
38:30des petites entreprises
38:31et j'en connais pas mal
38:32et en effet,
38:33c'est toujours,
38:33il faut presque avoir fait
38:35de très grandes études
38:37pour candidater
38:38au marché public.
38:39C'est d'une complexité
38:40pas possible.
38:41Donc ça veut dire
38:41qu'aujourd'hui,
38:41des petites entreprises,
38:43concrètement,
38:43soit elles font appel
38:44à des consultants externes
38:45qui vont leur monter
38:47les dossiers,
38:47mais en interne,
38:48la plupart ne sont pas
38:49en capacité de monter
38:50des dossiers.
38:51Ça, c'est la vraie réalité.
38:52Donc on marche
38:54complètement sur la tête.
38:55Je veux dire,
38:55on a des charges
38:57qui sont extrêmement importantes.
38:59Ces sommes-là,
39:00elles partent à l'État
39:00et en fait,
39:01cette somme-là,
39:01en bonne partie,
39:02pas toutes,
39:03mais une partie,
39:04ne retournent pas suffisamment
39:05dans le marché
39:06et en particulier,
39:07la commande publique
39:08est très importante.
39:09Vous pourriez,
39:09on dit tout le temps
39:10que le Made in France
39:11est trop cher.
39:12Le Made in France,
39:13il nécessite
39:13d'avoir du volume,
39:14d'avoir du volume,
39:15mais le volume
39:16peut aussi passer
39:17par de très grosses
39:17commandes publiques.
39:18Mais si ces grosses
39:19commandes publiques
39:19n'arrivent jamais,
39:20en fait,
39:21on va toujours être
39:21sur des petites PME
39:22qui vont être
39:23à des petites tailles.
39:24Le marché allemand
39:26privilégie plus massivement
39:27la commande publique
39:28et les Allemands
39:29ont su industrialiser
39:30et ils ont su monter
39:31des entreprises
39:32de beaucoup plus grande taille.
39:34Des ETI,
39:35on a très peu
39:36d'ETI en France
39:36et ça,
39:37c'est un vrai sujet
39:38et la commande publique
39:39est un véritable sujet,
39:40je pense.
39:41Alors,
39:41Pierre-Douard Morin,
39:41peut-être au-delà
39:42effectivement des sujets
39:44réglementaires,
39:44législatifs,
39:45on évoquait aussi
39:45en première partie
39:46les sujets
39:47de relations humaines,
39:48de ressources humaines
39:49en l'occurrence.
39:50Est-ce que dans le métier
39:52qui est le vôtre,
39:53la transmission des savoir-faire,
39:55l'intérêt des nouvelles générations
39:56aussi pour vos métiers,
39:58pour votre travail,
40:00est-ce que vous avez le sentiment
40:00aujourd'hui que c'est plus compliqué
40:01qu'avant ?
40:02Est-ce que vous arrivez,
40:03vous finalement aujourd'hui,
40:03à recruter,
40:04à former,
40:05à transmettre ?
40:05Parce que la notion de transmission
40:06est effectivement aussi
40:08très importante.
40:08Est-ce qu'il y a un intérêt
40:09aujourd'hui,
40:10notamment de la nouvelle génération
40:11sur ces métiers-là ?
40:12Alors oui,
40:13il y a de l'intérêt.
40:14Alors c'est vrai que les accompagnements
40:15qu'il y a eu sur l'apprentissage
40:17récemment ont quand même
40:18beaucoup aidé
40:19et donc ça c'est très important.
40:21Alors par contre,
40:22excusez-moi,
40:23je voulais faire un petit aparté,
40:24c'est propre à notre métier,
40:25mais il y a une législation
40:27qui nous pend au nez
40:29sur les couteaux.
40:31Et ça c'est un véritable sujet de société.
40:33On revient sur le normatif.
40:35Une nouvelle législation.
40:36Et ça c'est un sujet de société
40:37parce qu'effectivement
40:38il y a eu des attaques au couteau.
40:39Mais si demain il y a des attaques
40:41au sécateur
40:42ou à la bêche de jardin,
40:44est-ce qu'on va empêcher
40:45Gamver d'aller vendre
40:47des pioches
40:47ou des pêles de jardin ?
40:49Donc bien sûr qu'il faut
40:50un minimum de règles,
40:51on est bien d'accord,
40:52mais ce sont des sujets
40:53qu'il faut traiter à la racine
40:54parce que derrière
40:55il y a deux ou trois bassins.
40:57Il y a Opinel en Savoie,
40:59Laguiole en Aveyron,
41:01Thiers en Auvergne,
41:02vous allez supprimer
41:02des milliers d'emplois
41:04parce qu'on va faire
41:05quelque part un peu du populisme.
41:07On va faire plaisir
41:08au grand public
41:09en faisant une loi
41:10qui ne servira à rien
41:11en réalité,
41:12qui ne solutionnera pas le problème.
41:14Voilà,
41:14donc ça c'était un point
41:15dont je voulais vous parler.
41:17Je tiens quand même
41:18à dire qu'effectivement
41:19il y a des messages
41:19qui altèrent un peu
41:21finalement,
41:23notamment dans les débats
41:24budgétaires d'il y a
41:25quelques mois,
41:25il y avait des messages
41:26qui altéraient un peu
41:26le rôle du chef d'entreprise.
41:28Pour autant,
41:29dans les sondages,
41:30le chef d'entreprise,
41:32après toutes ces discussions,
41:33ces mois,
41:34ces longs mois de discussion,
41:35en est ressorti
41:36plutôt grandi
41:37l'activité économique.
41:38est-ce que justement
41:40dans cette campagne présidentielle,
41:43ces patrons-là
41:44vont avoir un rôle
41:45peut-être plus grand qu'avant ?
41:47On va peut-être davantage
41:48les écouter ?
41:49En tout cas,
41:50nous au MEDEF,
41:51on va prendre la parole
41:51et on va entendre
41:53faire la voix
41:54de nos adhérents.
41:55Ça c'est certain
41:56et des autres.
41:58Après,
41:58je pense que,
41:59comme vous l'avez
42:00très justement souligné,
42:01il n'y a pas de désamour
42:02entre les Français
42:04et le travail.
42:05Il n'y a pas de désamour
42:07entre les Français
42:08et l'entreprise.
42:09Au contraire,
42:10ça représente vraiment
42:11un pôle de stabilité
42:12dans la vie des gens.
42:13Il suffit de regarder
42:15autour de nous.
42:16En revanche,
42:17on a des sujets.
42:19Le monde du travail,
42:20il évolue.
42:21L'intelligence artificielle,
42:22il y a des choses
42:22qui se passent tous les jours.
42:24Le code du travail
42:25ne peut pas rester ce qu'il est
42:27parce que,
42:28ne serait-ce que
42:29les attentes des jeunes
42:30vis-à-vis du travail
42:31sont différentes.
42:32Ils veulent du sens,
42:34ils veulent un accompagnement,
42:35ils veulent un équilibre
42:36vie privée,
42:38vie professionnelle
42:39qui est différent
42:40de ce que notre génération
42:42a connu.
42:42Bref,
42:43tout ça,
42:43c'est au patron
42:44de s'en emparer.
42:46Mais si le cadre,
42:48j'allais dire,
42:48pardonnez-moi,
42:49le carcan
42:50n'évolue pas,
42:51n'évolue pas assez vite,
42:53on va dans le mur.
42:55Et donc,
42:55nous,
42:55au MEDEF,
42:56on a ouvert cette discussion
42:58avec nos homologues
42:59des organisations syndicales
43:01représentatives des salariés
43:02pour dire,
43:03est-ce qu'on peut faire
43:04quelque chose
43:05de différent
43:07au moins
43:08pour les 1,4 million
43:09de jeunes
43:10qui ne sont
43:11ni en emploi,
43:12ni en études,
43:13ni en formation ?
43:14C'est moins de 25 ans-là
43:15qui ne sont nulle part,
43:16ils sont dans la rue
43:16et on ne leur offre rien.
43:19Est-ce qu'on peut
43:20aborder
43:20les choses
43:21avec,
43:23de manière,
43:25on va appeler un mot
43:25un peu branché,
43:27disruptive ?
43:30Lionel,
43:31justement,
43:31est-ce que vous,
43:31vous abordez,
43:32est-ce que vous avez
43:32le sentiment
43:33que vos 170 collaborateurs
43:35abordent la question
43:36du travail
43:36et de leur engagement
43:37dans l'entreprise
43:37de façon disruptive,
43:39comme pourrait dire
43:40Charles Nattie,
43:41mais de manière
43:41plus générale,
43:42effectivement,
43:42est-ce que vous avez
43:43perçu finalement
43:43un sentiment
43:44ou une question
43:45de l'engagement
43:46des collaborateurs
43:47de manière
43:47un peu différente ?
43:48Est-ce que vous,
43:49aujourd'hui,
43:49il y a un enjeu
43:50pour le dirigeant
43:51d'entreprise
43:51que vous êtes finalement ?
43:53Déjà,
43:53première chose,
43:54c'est que l'engagement,
43:55c'est un concept
43:55dont tout le monde parle
43:56et qui est très compliqué
43:56aujourd'hui à matérialiser,
43:58à mesurer,
43:58donc il y a plein
43:59de manières de le mesurer,
44:00c'est par définition
44:00un objet mal défini
44:02qui est un concept
44:03finalement sur lequel
44:04il y a pas mal
44:04de définitions différentes.
44:06Si on s'en tient
44:07vraiment à l'engagement,
44:08la dernière étude galope
44:09qui fait référence
44:09en la matière
44:10montre que les Français
44:11sont parmi les peuples,
44:12les populations
44:13les moins engagées
44:14dans les entreprises
44:14en Europe,
44:15donc on est à 8%
44:16de Français engagés
44:17dans leur entreprise.
44:18Donc je ne sais pas
44:19si on doit se satisfaire
44:21de ça,
44:22néanmoins,
44:22comme vous le dites,
44:23on a tous
44:23des collaborateurs engagés.
44:25Il y a de nouvelles attentes
44:27dans un métier de service,
44:28il y a évidemment
44:29des nouvelles formes
44:30d'organisation du travail,
44:31notamment le télétravail
44:32qui est devenu
44:33aujourd'hui un acquis
44:33alors qu'il a été mis
44:34en place,
44:35je dirais par,
44:37en temps de crise
44:38pour faire face
44:39au Covid,
44:41mais qui s'est installé
44:42comme étant
44:43finalement une norme
44:44à laquelle
44:44tout le monde est attaché
44:45et ce qui nous oblige
44:47nous en tant qu'entreprise
44:48aussi à réinventer,
44:49je pense que
44:49toutes les entreprises
44:50qui mettent en place
44:50du télétravail
44:51à réinventer
44:52la manière dont on anime,
44:53la manière dont on construit
44:55du collectif,
44:57la manière dont on travaille
44:58le sentiment d'appartenance
44:59à l'entreprise,
45:00ce n'est pas impossible,
45:02c'est juste que ça oblige
45:03aussi davantage
45:04le management
45:05et les managers
45:06à réinventer aussi
45:07la manière dont ils interagissent
45:08avec ces collaborateurs-là.
45:09Mais il y a beaucoup
45:09d'entreprises qui commencent,
45:10on le voit là dans l'actualité,
45:11revenir progressivement
45:12en arrière,
45:13des grandes,
45:13des petites entreprises.
45:14Est-ce que vous,
45:15par exemple,
45:15chez Insign,
45:16vous allez revenir en arrière ?
45:17Je ne veux pas précéder
45:18des annonces
45:19que vous pourriez faire
45:19en interne.
45:21Quand bien même
45:21ce serait le cas,
45:23j'en advertirais d'abord
45:24mon CSE.
45:25Est-ce que ça vous a simplement
45:26effleuré l'esprit
45:27à un moment donné ?
45:28En fait,
45:28j'ai entendu les questions,
45:30enfin j'ai entendu
45:30en tout cas les réflexions
45:31de certains de mes
45:32confrères dirigeants
45:33pour dire
45:35la performance
45:36c'est un sport collectif,
45:37j'entends,
45:37mais je ne pense pas
45:38qu'aujourd'hui
45:40finalement le présentiel
45:41soit forcément
45:41la réponse
45:42à cette question-là.
45:44Je pense que
45:44le présentiel
45:45est une partie
45:46de la réponse.
45:48la réalité
45:49elle est plus
45:50sur l'animation
45:50et comment est-ce
45:51que je construis
45:52du collectif
45:52dans une entreprise
45:53qui sera à mon avis
45:54un peu plus disséminée
45:55ou en tout cas
45:57moins géographique
45:57mais présente.
45:59On a connu
46:00le tout présentiel,
46:01ce n'est pas pour autant
46:02que les collaborateurs
46:03étaient plus engagés,
46:03ce n'est pas pour autant
46:04qu'il y avait des gens
46:04qui ne travaillaient pas
46:05et qui trichaient.
46:06Je veux dire,
46:08c'est un rapport
46:09de confiance
46:10finalement
46:10qui est le plus important.
46:12Lionel,
46:12moi j'ai une question
46:13spécifiquement
46:14sur votre domaine
46:14d'activité
46:15parce que
46:16cette campagne
46:17présidentielle
46:18ça va être la première
46:18qui va se jouer
46:19à l'heure
46:19de l'intelligence
46:20artificielle
46:21qui arrive massivement
46:22dans les entreprises.
46:23Je le disais tout à l'heure
46:24on ne sait pas
46:25à quoi va ressembler
46:26finalement le travail
46:27dans les années qui viennent.
46:29On a même beaucoup
46:29de mal à l'imaginer
46:31notamment en termes
46:31de masse salariale
46:32et vous,
46:33votre domaine
46:33est particulièrement
46:34visé en ce moment.
46:35On sait que le conseil
46:36va beaucoup utiliser
46:37cette innovation-là.
46:40Comment on monte
46:41une stratégie
46:41quand on est patron ?
46:42Comment on voit l'avenir
46:43quand on est vraiment
46:45dans un tournant
46:47technologique
46:47comme celui-là ?
46:49Il y a peut-être
46:50plusieurs éléments.
46:51Le premier élément
46:52d'abord c'est que
46:52les élections municipales
46:54qui viennent de se dérouler
46:54étaient la première élection
46:55avec de l'IA
46:56et que finalement
46:56on se rend compte
46:58que l'IA était très utilisée
46:59par tous les Français
47:00pour se faire un avis
47:01et parfois même
47:02pour choisir leur candidat.
47:04Donc ils ont demandé
47:05en fonction des sujets
47:06qui étaient les leurs
47:07comment est-ce qu'ils pouvaient
47:09quel était le candidat
47:10qui répondait le mieux
47:11à ce qui était important
47:12pour eux.
47:13Donc à la fois
47:14c'est un outil d'information
47:15et en même temps
47:15c'est assez effrayant
47:16de se dire que demain
47:17l'IA va peut-être choisir
47:17le candidat
47:18ou va pousser au candidat
47:20dans la mesure
47:20où la plupart des modèles
47:21sont des boîtes noires
47:22et on ne sait pas trop
47:23à quel point
47:24elles sont vraiment éthiques
47:25et je dirais agnostiques
47:26de toute opinion politique.
47:28En tout cas
47:29certains modèles
47:29qu'ils soient américains
47:30ou chinois
47:31on peut en douter.
47:32C'est la première chose.
47:34Nous clairement
47:35il va falloir qu'on se réinvente.
47:36Il va falloir qu'on se réinvente
47:37parce que l'IA change énormément de choses.
47:40Dans toutes les activités de code
47:42qu'on a
47:43l'arrivée de Cloudworks
47:46change énormément de choses
47:48puisque là où avant
47:49on faisait un métier d'artisanat
47:50donc on développait
47:51pour le compte de nos clients
47:53finalement on va avoir
47:54plutôt des consultants
47:54qui vont faire développer
47:56par l'IA
47:56et qui vont plus se contrôler.
47:58Donc on va être
48:01énormément impacté.
48:02Deuxième impact
48:02c'est sur tout ce qui est
48:03production d'images
48:04de vidéos aussi
48:05sur lequel
48:06on va devoir s'adapter
48:07et travailler avec des nouveaux outils
48:08et aller encore plus vite
48:10finalement
48:10de l'idée
48:11à la réalisation
48:12parce que les outils
48:13nous le permettent.
48:15Je dirais c'est plus
48:15dans nos métiers
48:16la filière avale
48:17c'est-à-dire
48:18toutes les sociétés de production
48:19les photographes
48:20les traducteurs
48:20qui vont être finalement
48:22assez
48:24beaucoup impactés
48:25par l'IA
48:26et qui vont obliger aussi
48:28à changer les choses.
48:29Mais au-delà de ça
48:30il y a quand même un sujet
48:31qui est important
48:31qui est que
48:32l'IA met à la portée
48:34de tout le monde
48:34des métiers
48:34qui étaient des métiers techniques
48:35et aujourd'hui
48:36on le voit notamment
48:37avec ce qu'on appelle
48:38le vibe coding
48:38qui sont
48:40des acteurs comme Lovable
48:41qui permettent de développer
48:42sans être un spécialiste du code
48:44des solutions logicielles
48:47avec tous les défauts que ça
48:48et on voit aussi
48:49que dans nos métiers
48:50n'importe qui
48:50s'imagine
48:51qui peut trouver un nom
48:52créer un logo
48:53faire une campagne de pub
48:54avec l'IA
48:55et que ça sera aussi efficace
48:57que de le faire faire
48:58par des spécialistes comme nous.
49:00On va en revenir
49:00de ces fantasmes-là
49:01l'IA va pouvoir remplacer tout
49:04on va en revenir
49:06on va revenir à l'humain
49:07vous pensez ?
49:08On va forcément en revenir
49:09je pense que là
49:10le mouvement est parti
49:11tellement loin
49:12que je ne vois pas
49:12comment on va pouvoir
49:13revenir en arrière
49:14malgré pour ceux qui veulent
49:15le lire l'encyclique du pape
49:16qui pose le sujet
49:17quand même
49:18qui est un sujet intéressant
49:19120 pages
49:20sur le sujet
49:20notamment de l'IA
49:22par un pape
49:23ça montre bien
49:23que c'est un sujet
49:24qui est loin des tagnotiques
49:25et ce qui est un sujet
49:26de civilisation
49:26et de finalement
49:27de quelle société
49:28on veut construire.
49:30Et justement
49:31Pierre-Edouard Morin
49:32alors effectivement
49:33autant j'allais dire
49:34chez Insign
49:34chez Lionel Cuny
49:35on imagine qu'effectivement
49:36l'IA est une question
49:37est-ce que chez vous
49:38le coq français
49:39de produits artisanals
49:43beaucoup de métiers manuels
49:43naturellement
49:44est-ce que c'est aussi
49:45une question ?
49:46Est-ce que vous
49:46en tant que dirigeant
49:47vous vous sentez finalement
49:47très éloigné de ce sujet
49:49ou est-ce qu'au contraire
49:50vous êtes à un moment donné
49:51j'allais dire
49:52vous-même interrogé
49:53sur comment je peux
49:54aussi dans mon travail
49:55dans mon job
49:56dans ma création de valeur
49:57intégrer ce sujet
49:58de l'intelligence artificielle ?
49:59Oui en effet
50:00donc ça c'est un véritable sujet
50:01chez nous aussi
50:02puisqu'on a
50:02C'est aussi un sujet pour vous
50:03Exactement
50:04alors c'est plutôt
50:05sur la partie commerciale
50:07et relation client
50:07puisqu'on a un gros travail
50:09de personnalisation
50:10aujourd'hui 30 à 40%
50:11de notre chiffre d'affaires
50:12c'est de la personnalisation
50:13pour des clients
50:14des sites historiques
50:15etc.
50:16Et en fait
50:16on est un peu mangé
50:17par tout ce travail d'ADV
50:19qui est très lourd
50:20et très long
50:20et en fait
50:21nous on préfère
50:21se concentrer
50:22sur les échanges
50:23avec les clients
50:24les visios
50:25les rendez-vous présentiels
50:26etc.
50:27Et donc
50:27à travers Cloud
50:28notamment
50:29on va se servir
50:30de ce logist
50:31de cet IA
50:32on va dire
50:32pour simplifier
50:33à outrance
50:34tous nos travaux
50:35d'ADV
50:36administration des ventes
50:37etc.
50:38pour se concentrer
50:39et faire focus
50:40sur ces échanges clients
50:41donc oui en effet
50:42l'IA va aussi avoir
50:43un impact chez nous
50:44clairement
50:45Charles Nati
50:45justement ce matin
50:46dans nos plénières
50:47d'ouverture
50:48ici à KPME
50:49depuis Station F
50:49nos panélistes
50:52nos chefs d'entreprise
50:54IA nous disaient
50:55la chose suivante
50:55c'est maintenant
50:56ou jamais
50:57qu'il faut monter
50:58dans le train
50:58sinon ce sera
50:59trop tard
50:59dans quelques mois
51:00dans quelques semaines
51:01même finalement
51:02ce sera terminé
51:03est-ce que vous partagez
51:04finalement ce regard
51:05et est-ce que vous avez
51:05encore le sentiment
51:06finalement
51:06qu'il y a beaucoup
51:07de dirigeants de PME
51:08qui ne se sont pas saisis
51:08de cette transition
51:09comme toutes les autres
51:10finalement
51:11mais particulièrement
51:11l'IA qui va quand même
51:12très très très vite
51:14oui vous avez raison
51:15ça va vite
51:16et il n'y a pas suffisamment
51:19de chefs d'entreprise
51:21encore
51:22qui s'en saisissent
51:23après je pense
51:24qu'il y a des gradations
51:25c'est-à-dire que
51:26dans les métiers
51:27que moi je connais bien
51:28la restauration
51:29l'hôtellerie
51:30l'hospitalité
51:31bon
51:32il y aura peut-être
51:33des robots
51:33et l'IA qui fera la vaisselle
51:35par contre
51:35il va rester des gens
51:36pour faire à manger
51:37donc vous voyez
51:38et on va continuer
51:38à manger sensiblement
51:40trois fois par jour
51:41donc tout ça
51:42ça va
51:42ça va rester
51:44par contre
51:45notre
51:45notre
51:47notre devoir
51:48de transmission
51:49va être important
51:50vous voyez moi
51:50ce qui me
51:51ce qui me
51:52concerne par rapport
51:53à l'IA
51:54c'est que
51:54moi je viens d'un monde
51:55qui a grandi
51:56et qui a été
51:57éduqué
51:58sans intelligence
52:00artificielle
52:01sans ordinateur
52:02et donc
52:03on a
52:04on a appris
52:05on a fait nos humanités
52:06d'une certaine manière
52:07on a appris
52:08à réfléchir
52:09d'une certaine manière
52:10sans avoir
52:11un adjuvant
52:12à côté de nous
52:13qui était capable
52:14de réfléchir
52:15plus vite que notre professeur
52:16qui était capable
52:17de répondre à tout
52:18demain
52:19nos enfants
52:20nos petits-enfants
52:21n'auront connu
52:22que ce monde
52:24accompagné par
52:25l'intelligence artificielle
52:26et je pense qu'on a
52:27une responsabilité
52:28en tant que
52:29dernier des Mohicans
52:30à faire en sorte
52:32que cette transmission
52:33de savoir
52:34dont nous sommes
52:35la dernière génération
52:36enfin
52:37on est plusieurs
52:38mais nous sommes
52:39l'incarnation
52:40on a quelque chose
52:42de l'ancien monde
52:43à transmettre
52:44à celui
52:45qui est en train
52:46de naître
52:46sous nos yeux
52:47Oui Lionel
52:48vous vouliez dire
52:48quelque chose ?
52:49C'est extrêmement important
52:50parce qu'on voit
52:51que l'IA quand même
52:51c'est la première révolution
52:53qui risque de détruire
52:54les emplois
52:54chez l'école Blanc
52:55c'est une grande nouveauté
52:56jusqu'alors
52:57ça n'a jamais été le cas
52:57donc pour la première fois
52:58l'école Blanc
52:59sont menacées
53:01mais il y a un vrai sujet
53:02d'éducation
53:03qui est extrêmement important
53:04qu'il faut remettre
53:06comme une priorité pour moi
53:07qui est
53:07comment est-ce qu'on réapprend
53:08aux enfants
53:09à avoir un esprit critique
53:10et pas simplement
53:12à acquérir de la connaissance
53:13la connaissance
53:14elle est facile d'accès
53:15elle est encore plus facile
53:16d'accès avec l'IA
53:17elle était très facile
53:18avec Internet
53:18elle devient encore plus facile
53:20avec l'IA
53:20mais le vrai sujet
53:22fondamental
53:23c'est si on ne veut pas
53:23que finalement
53:24les jeunes se retrouvent au chômage
53:26parce qu'on dira
53:26l'IA peut les remplacer
53:27c'est qu'on doit redévelopper
53:29dans l'ensemble du parcours éducatif
53:31l'esprit critique
53:32ce qui est au coeur
53:33de la culture française
53:34notre capacité de critique
53:35notre capacité à avoir un point de vue
53:36notre capacité à challenger les choses
53:38finalement
53:39notre capacité à questionner
53:40et pas simplement savoir
53:41et ça c'est quelque chose
53:42plutôt que l'éducation nationale
53:43a abandonné
53:45sur lequel il faut remettre
53:46donc des matières
53:47comme la philosophie
53:48qui ont été raillées
53:49pendant très longtemps
53:49sont des matières qui sont intéressantes
53:50parce qu'elles apprennent
53:51à réfléchir
53:52les mathématiques aussi
53:53sont des matières
53:54qu'on a abandonnées
53:55plus ou moins
53:55au niveau du lycée
53:56qui apprennent à réfléchir
53:58avoir des gens
53:59qui sont capables
53:59de construire un raisonnement logique
54:02de si A, SA, B, SA, D, SA
54:06ça veut dire que
54:08et donc ce raisonnement là
54:09aujourd'hui
54:09il est essentiel aujourd'hui
54:11pour pouvoir bien travailler avec l'IA
54:12et avoir une capacité
54:13de challenge
54:15finalement
54:15de ce que va nous sortir la machine
54:17Pour terminer
54:18il nous reste 1 minute 30
54:19et j'ai envie de vous poser une question
54:20c'est intéressant
54:21parce que tout au long
54:22de cette journée
54:23on a parlé simplification
54:25réglementation
54:26on a parlé de l'état
54:27de la France
54:28de la croissance
54:28on parle très peu
54:30de l'état du monde
54:32des crises diplomatiques
54:34j'aimerais savoir
54:34si c'est un sujet
54:35qui revient
54:37chez les patrons
54:37que vous représentez
54:38ou si au final
54:39c'est pas ça
54:40qui occupe leur esprit
54:43visiblement
54:43dans l'année
54:44qui va arriver
54:47La plupart des patrons
54:49en particulier
54:50les patrons de PME
54:51ce qui les préoccupe
54:53matin, midi et soir
54:55et parfois la nuit
54:56c'est les fins de mois
54:58c'est le carnet de commande
54:59ce sont des considérations
55:00qui sont extrêmement
55:02on va dire
55:04pratico-pratique
55:05pragmatiques
55:05quotidiennes
55:07les bouleversements
55:09du monde
55:10on les entend
55:12on les subit
55:13et on sait très bien
55:14qu'on ne peut pas
55:15y faire grand chose
55:16donc on vit avec
55:18Lionel Cuny
55:18en quelques secondes
55:22je pense qu'on est
55:23chef d'entreprise
55:23on doit se concentrer
55:24sur ce qu'on maîtrise
55:25et ce qu'on ne maîtrise pas
55:26on ne le maîtrise pas
55:28donc par définition
55:29ça ne fait pas partie
55:30de notre scope
55:30on peut juste réagir
55:32essayer d'anticiper
55:33comprendre
55:33mais malheureusement
55:34on ne peut pas
55:34prendre en compte
55:35ce qui se passe
55:36dans le létroi d'Hormuz
55:36ou en Ukraine
55:39en fait il faut qu'on s'adapte
55:41en permanence
55:41effectivement
55:42mais par exemple
55:43dans notre métier
55:43le marché américain
55:44est un marché
55:45qui est très important
55:45lorsque Donald Trump
55:46à un moment donné
55:47a augmenté ses taxes
55:48de façon énorme
55:49ça a tout situé
55:50un impact
55:51chez certains de nos confrères
55:52donc effectivement
55:53même si on a des préoccupations
55:55très terre à terre
55:56au quotidien
55:56on va dire
55:57dans nos sociétés
55:58on va être impacté
56:00par ces choses là
56:01dans notre quotidien
56:01justement
56:03Merci beaucoup
56:04à tous les trois
56:05d'avoir été avec nous
56:06merci de nous avoir
56:08donné votre regard
56:09effectivement sur ces sujets
56:10merci Sandra
56:11Merci Julien Gaillardy
56:12Merci de nous avoir suivis
56:14ce n'est pas terminé
56:15vous pouvez nous rejoindre
56:16cet après-midi
56:17à Station F
56:18pour suivre nos ateliers
56:19nos conférences
56:19et puis ne manquez pas
56:20à 16h30
56:21notre plénière
56:22vous pourrez la suivre
56:23à partir de 18h
56:24en direct
56:24sur BFM Business
56:26Edwige Chevrillon
56:26notamment qui recevra
56:27Sébastien Martin
56:28ministre de l'Industrie
56:29on est ici
56:30à KPME
56:31à Station F
56:32et puis on se retrouve
56:33on vous retrouve Sandra
56:34dès demain bien sûr
56:35en plateau
56:36sur l'antenne de BFM Business
56:37Très bonne journée
56:38sur BFM Business
56:41Émission spéciale
56:42KPME
56:43sur BFM Business
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