Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 semaines
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Télématin reçoit Yann Arnaud, directeur des assurances dommages de la MACIF.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00dans l'Aude et ailleurs cet été, il a été exceptionnel sur le plan de la météo
00:04et ce qui est aujourd'hui considéré comme rare, on le sait, pourrait devenir la norme
00:10ou en tout cas de plus en plus courant dans les années à venir.
00:13Ça aura forcément des conséquences sur les assurés.
00:16Bonjour Yann Arnaud.
00:17Bonjour Maïa.
00:17Vous êtes directeur assurance d'hommage à la Massif.
00:21Il vous coûte combien cet été ?
00:23Il va nous coûter très très cher.
00:24Il va nous coûter très très cher.
00:26On a vu les incendies.
00:27Les incendies, aujourd'hui, on commence à avoir des chiffres assez précis
00:30puisque les experts sont passés.
00:32Donc globalement, pour la Massif, on va être aux alentours d'entre 26 et 30 millions d'euros.
00:37Ça paraît beaucoup, mais il faut savoir que quelques jours avant, vers le 12 juillet,
00:41on a eu des averses de grêle qui étaient localisées, Côte d'Or, Ardèche, etc.
00:46Et quasiment, ils nous ont coûté le double.
00:47On est aux alentours de 50 millions.
00:49Donc finalement, c'est beaucoup moins médiatique,
00:51mais ça a eu des répercussions et des impacts financiers qui sont extrêmement importants.
00:55Mais encore faut-il que vous jouiez le jeu, vous, les assureurs.
00:59Vous me voyez arriver.
01:00Le Premier ministre en doutait après les méga-feux de Gironde.
01:03Ça vous a irrité ou ça vous a motivé, cette petite remarque ?
01:06C'est toujours un peu dommage.
01:08Alors qu'on n'a pas besoin d'une polémique,
01:10les victimes sont quand même dans des situations qui sont très difficiles.
01:13Finalement, on alimente cette petite chanson de « Les assureurs ne font pas leur travail », etc.
01:17Non, mais cela dit, au-delà des petites phrases,
01:19quand une maison est balayée par une tornade ou qu'une autre brûle,
01:22comment expliquez-vous qu'un sinistré ait le sentiment qu'un assureur ne joue pas le jeu ?
01:28Et je ne crois pas qu'ils aient ce sentiment-là, justement.
01:30Il faut se souvenir que sur les incendies, et là, ça va être la même chose à Poma,
01:33on intervient dès le début, en assistance.
01:35Ça veut dire que ces gens qui sont aujourd'hui, en quelques minutes, ils ont tout perdu.
01:39Je voudrais avoir une pensée pour eux, quand même, parce que c'est absolument terrible.
01:41On l'a vu au journal, mais c'est vraiment un choc pour des enfants aussi.
01:45Ils ont tout perdu en quelques minutes, leur vie s'est transformée.
01:47Nous, on est là pour, par exemple, les reloger,
01:49essayer de faire en sorte de dire de quoi vous allez avoir besoin.
01:52Il y a ces associations dont vous venez de parler,
01:53mais le premier travail de l'assureur, ça va être de mettre en place
01:56tout un tas de petits moyens extrêmement opérationnels
01:59pour venir en aide aux victimes.
02:01L'aspect que les gens sont souvent en tête
02:03de ce long travail administratif de déclaration, il n'existe pas.
02:07Les gens vont faire une déclaration, on va faire passer un expert,
02:09on va travailler avec eux, puisque perdre un logement,
02:12c'est perdre tous les biens qu'il y a à l'intérieur.
02:13– Attendez, ça veut dire que, parce que généralement,
02:15il y a quand même des délais, l'expertise va prendre du temps.
02:17En Gironde, les méga-feux, ça y est, il y a des gens qui ont été totalement…
02:21– Quasiment, quasiment, les trois quarts des expertises ont été réalisées.
02:24C'est pour ça que je peux vous donner ce chiffre, en fait, du coup,
02:27puisque les experts sont passés.
02:28Simplement, ce qu'il faut bien imaginer, c'est qu'une maison,
02:30il y a beaucoup de contenu.
02:31Pour que les gens se souviennent de ce qu'ils avaient chez eux,
02:33et si je vous posais la question de qu'est-ce que vous avez dans votre salon,
02:35vous m'étriez un certain temps avant de le voir,
02:37il va falloir, encore une fois, qu'il y ait ce délai de réflexion des gens
02:40pour estimer ça.
02:41Mais ça veut dire que les premières estimations, elles ont déjà été faites.
02:44Maintenant, là où on va être confronté à un souci,
02:46et ce n'est pas un souci des assureurs,
02:47c'est qu'on est sur des concentrations de sinistres.
02:49Ça veut dire qu'à Poma, comme c'était le cas en Gironde,
02:52il va falloir trouver des artisans,
02:53il va falloir trouver des charpentiers, des électriciens, des maçons.
02:56– Donc vous dites que le problème, ce n'est pas les assureurs,
02:58ce n'est pas les experts, c'est les entrepreneurs et c'est les artisans ?
03:02– Non, c'est le nombre de ces artisans sur des zones qui sont très touchées.
03:06Nous, on doit faire notre travail.
03:07Et c'est pour ça que quand le Premier ministre dit
03:09« On va dénoncer ceux qui font mal leur travail »,
03:11donc tac, d'accord ?
03:12Puisque moi, je suis certain que tous mes collègues,
03:14et ce sera le cas de la Massive, bien évidemment,
03:16on va bien faire notre travail.
03:17Mais si jamais c'est le cas,
03:19si jamais on n'est pas aux côtés des victimes,
03:20ce qui est quand même notre rôle numéro un,
03:22alors il faudra le dénoncer.
03:23– Et justement, concrètement, dans quel cas,
03:25l'assureur ne peut pas indemniser
03:27ceux que l'assuré pensait pouvoir être couverts ?
03:30– Finalement, il y a assez peu de cas où ça ne va pas se passer.
03:34C'est-à-dire qu'en fait, pour les biens immobiliers,
03:36ça va être estimé par l'expert,
03:40qui va faire le tour et qui va dire
03:41« Pour réparer cette maison qui était à tel endroit,
03:43il va falloir telle somme,
03:45on va déclencher des travaux. »
03:46Souvent, ça va être en nature.
03:47On ne va pas faire un chac.
03:49On va demander à un certain nombre d'artisans,
03:51on va coordonner les travaux pour qu'ils interviennent.
03:53Et puis, effectivement, dans un certain nombre de cas,
03:55l'assuré et l'assureur se sont mis d'accord
03:57sur ce qu'il y avait dans la maison.
03:58Nous, on ne peut pas le deviner.
03:59Au moment de la souscription, on a dit
04:00« Nous, on vous conseille, compte tenu du nombre de mètres carrés,
04:04de vous protéger pour telle valeur mobilière
04:07à l'intérieur de votre bâtiment. »
04:10Mais c'est des gens qui décident.
04:11– Et comment expliquez-vous que,
04:13je vais prendre un autre exemple,
04:14deux voisins qui perdent chacun leur maison
04:16dans les incendies de Gironde,
04:18le même jour, le même feu,
04:20et ils vont être indemnisés très différemment.
04:22Comment vous expliquez ça ?
04:23– Pas forcément très différemment.
04:24C'est-à-dire que ça va jouer sur la valeur mobilière.
04:27C'est-à-dire, finalement,
04:28pour combien vous étiez couvert dans votre logement.
04:31Et puis, il y a un certain nombre d'options.
04:32C'est-à-dire qu'effectivement,
04:33les options, c'est vous qui les choisissez.
04:35Est-ce que vous vouliez couvrir vos biens extérieurs ou pas ?
04:37Est-ce que vous vouliez prendre en charge telle ou telle chose ?
04:39Est-ce que vous vouliez de la valeur à neuf ?
04:40Ce que je conseille toujours, d'accord ?
04:43Le meilleur conseil qu'on peut donner aux gens,
04:45c'est que votre maison, c'est votre vie.
04:47Donc, ne faites pas de la couverture à bas prix
04:49pour économiser quelques euros.
04:51On est tous conscients qu'il y a des arbitrages économiques.
04:54L'assurance vaut un certain prix.
04:57Et donc, on fait cet arbitrage-là.
04:58Il ne faut pas le faire.
04:59– Justement, est-ce qu'on va la payer plus cher, l'assurance ?
05:01Et de combien dans les années à venir ?
05:03En raison de ces nouveaux risques ?
05:05– On ne va pas mentir, en fait.
05:06On voit bien l'augmentation.
05:07Vous le disiez tout l'été, mais je le rappelle,
05:09j'étais là au début de l'année sur les inondations.
05:12Donc, finalement, on voit que tous ces périls commencent à augmenter.
05:15Sauf qu'il y a 38,5 millions de logements.
05:17Ça veut dire qu'on répartit cette charge.
05:19Et c'est ce qui est super du système français,
05:23c'est cette mutualisation.
05:24– Ça veut dire quoi ?
05:24Ça va être quelques dizaines d'euros, quelques plus par an ?
05:27– Ça va être très progressif.
05:29Et ça va être, effectivement…
05:30On a eu une augmentation assez forte cette année
05:31qui était liée au rattrapage de la surprime catastrophe naturelle.
05:34– C'est ça, qui est passé de 12 à 20%.
05:35– Voilà, donc on a quand même augmenté
05:37de façon assez significative l'année dernière.
05:39Ça ne sera pas de cet ordre-là cette année,
05:40y compris avec l'été, les événements qu'on a vécu.
05:43– Est-ce qu'on va arriver à un moment
05:44où certaines maisons, certains quartiers, territoires
05:47ne pourront plus être assurés car trop risqués ?
05:51Est-ce que c'est déjà le cas en France ?
05:52– C'est pour ça qu'on se bat, en fait.
05:54C'est pour ça qu'on veut protéger ce résime de catastrophe naturelle
05:56qui, en établissant une mutualisation sur l'ensemble du territoire,
05:59fait que ça n'arrivera pas.
06:00– Ça veut dire aussi que quand on habite en Gironde
06:02ou qu'on habite à Poma, notre adresse ne sera pas
06:06un facteur déterminant sur le prix de l'assurance.
06:08– Non, on va faire en sorte que, d'accord ?
06:10– Que ce soit réparti.
06:11– Exactement.
06:12Et donc c'est plutôt sur des éléments de prévention, d'accord ?
06:14Comment on peut prévoir et éviter et limiter
06:17ces risques qu'on voit désormais ?
06:19Là, sur un événement comme celui de Poma,
06:22ça pose aussi des questions de comment on se protège dans la maison.
06:24Les vitres, on voulait en éclats, etc.
06:26Est-ce qu'on n'a pas des endroits de sécurité, d'accord ?
06:28Qu'on aménage aujourd'hui dans des zones qui sont risquées.
06:31Donc on a toute cette réflexion sur la construction, etc.
06:34à mettre en œuvre.
06:34On est en train de passer d'un monde ancien,
06:36qu'on a tous connu, qui était un monde de plus en plus sécurisé,
06:39à un monde qui devient dangereux.
06:41Il faut qu'on s'y prépare.
06:42Et donc, la crainte qu'on doit avoir,
06:45ce n'est pas de dire est-ce qu'on pourrait être rassuré
06:46dans certains endroits ou pas,
06:47c'est comment on se prépare tous collectivement
06:49à garder la maîtrise sur l'ensemble du territoire.
06:52Merci Yann Arnaud d'avoir été avec nous ce matin.
Commentaires

Recommandations