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[#Reportage] Réseaux sociaux : d’un « retour progressif » de Germain Biahodjow à une suspension sans horizon

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Transcription
00:00En avril 2026, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biaojo, évoquait un retour progressif des réseaux sociaux,
00:07suspendu depuis février.
00:10Cinq mois plus tard, le discours a changé, leur établissement ne dépendrait plus de l'adoption d'une législation et
00:15reste suspendu aux exigences adressées aux plateformes numériques.
00:19Au-delà de la contradiction ministérielle, c'est désormais la cohérence de toute la politique gouvernementale qui interroge.
00:26Le problème n'est plus seulement que les réseaux sociaux restent suspendus, il est que cinq mois après avoir annoncé
00:31leur retour progressif,
00:33le gouvernement ne semble toujours pas capable d'expliquer clairement aux Gabonais quand, comment et sous quelles conditions précises ils
00:40seront rétablis.
00:41À mesure que les mois passent, les justifications évoluent, les conditions se déplacent et ce qui devait apparaître comme une
00:48mesure exceptionnelle prend progressivement les traits d'une restriction installée dans la durée.
00:53Plus embarrassant encore, l'ordonnance portant régulation des réseaux sociaux a entre-temps franchi l'étape parlementaire.
01:00Dès lors, lorsque Germain Biaujo affirme désormais que le retour des réseaux sociaux ne dépend pas de l'adoption d
01:06'une législation, il ouvre lui-même une question politique majeure.
01:09De quoi dépend-il ?
01:11Depuis la Chine, le 20 août, le ministre a durci le discours.
01:15Le Gabon, explique-t-il en substance, entend faire respecter sa souveraineté et exige notamment des plateformes une représentation locale
01:22permettant d'engager leurs responsabilités.
01:25Le principe peut s'entendre, aucun état sérieux ne saurait abandonner son espace numérique aux seules règles décidées par des
01:30multinationales étrangères.
01:32Mais la souveraineté ne dispense ni de cohérence ni de prévisibilité.
01:36Si ces exigences constituaient depuis le départ la condition déterminante au retour des plateformes,
01:41pourquoi annoncer en avril une réouverture progressive sans calendrier ni mécanisme clair exposé ?
01:47Gouverner, c'est aussi permettre aux citoyens et aux entreprises d'anticiper des décisions publiques.
01:51La contradiction devient plus troublante encore lorsque certaines institutions publiques continuent d'être visibles sur les plateformes officiellement suspendues.
01:59Interrogé sur l'activité notamment attribuée à l'Assemblée nationale sur Facebook, Germain Biaujo affirme ne pas disposer d'éléments
02:06établissant une violation,
02:07tout en reconnaissant que les Gabonais contournent la mesure grâce au VPN.
02:11C'est ici que la décision publique perd en lisibilité.
02:14Comment demander aux citoyens, médias et entreprises de supporter les conséquences d'une suspension lorsque l'État semble lui-même
02:20incapable d'en garantir une application uniforme ?
02:23Une règle qui frappe durement certains et paraît contournable par d'autres,
02:26cesse progressivement d'être comprise comme une règle, elle devient une injustice.
02:32Car derrière Facebook, TikTok ou WhatsApp se joue désormais quelque chose de beaucoup plus sérieux, la crédibilité de la parole
02:37publique.
02:38La Ve République s'est présentée comme celle de la restauration des institutions et d'une nouvelle relation entre l
02:43'État et les citoyens.
02:45Elle ne peut installer durablement l'incertitude là où elle promettait la confiance.
02:49Le gouvernement doit donc sortir de l'ambiguïté, publier les conditions précises du rétablissement,
02:54fixer une trajectoire et assumer politiquement son choix.
02:57Car cinq mois après avoir promis un retour progressif,
03:00continuer à déplacer l'horizon ne relève plus d'un problème de communication.
03:04Cela devient un problème de parole donnée.
03:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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