00:00Alors, bon, déjà, c'est vrai que, comme l'a dit Raphaël,
00:02il y a une grande part de responsabilité, effectivement,
00:04dans l'augmentation de cette dette publique de Bruno Le Maire.
00:06Moi, je lui ai dit plusieurs fois, d'ailleurs, il faut arrêter d'augmenter la dette,
00:10et malheureusement, il ne m'a pas écouté, notamment en 2021,
00:13où on m'a dit, justement, non, non, vous n'inquiétez pas,
00:16les taux d'intérêt n'augmenteront jamais, etc.
00:18Donc, c'est une décision politique.
00:19Donc, évidemment, la grande responsabilité, elle était là.
00:22Et en ce qui me concerne, sur CNews ou ailleurs,
00:24je n'ai pas arrêté d'alerter, justement, en disant,
00:26il faut arrêter de faire n'importe quoi avec cette dette publique,
00:28parce que, tôt ou tard, les taux d'intérêt vont augmenter,
00:30et c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui.
00:32Donc, justement, les conséquences, elles sont très concrètes.
00:36D'abord, pour l'État, c'est-à-dire que la charge d'intérêt de la dette
00:39est en train d'exploser.
00:41Selon la Cour des comptes, je n'invente rien, rendez-vous compte,
00:44cette année, on va dépenser 77 milliards d'euros
00:47juste pour le paiement des intérêts de la dette.
00:5177 milliards d'euros, c'est le premier poste de dépense de l'État.
00:54Et ça, évidemment, cette charge d'intérêt de la dette,
00:57c'est de l'argent jeté par les fenêtres.
00:59Donc, j'entends, effectivement, encore aujourd'hui,
01:01certains dire, oui, non, mais la dette, ça ne coûte rien, etc.,
01:04tout va bien, on la fait rouler.
01:06Mais non, regardez bien, ça nous coûte extrêmement cher.
01:09Sur 15 ans, la charge d'intérêt de la dette,
01:12c'est 1 000 milliards d'euros, vous vous rendez compte ?
01:141 000 milliards d'euros jetés par les fenêtres.
01:17Ce sont des sommes complètement folles.
01:19Et malheureusement, ça, c'est de la responsabilité
01:22de tous les dirigeants depuis des années,
01:24mais en particulier depuis l'ère Macron,
01:26où il y a eu une volonté très claire
01:28d'augmenter cette dette publique.
01:30Et pas justement sur l'investissement,
01:31mais notamment sur les dépenses de fonctionnement,
01:34parce que ce qui augmente le plus dans les dépenses publiques
01:35sont les dépenses de fonctionnement.
01:37– Quelles sont les conséquences, Marc Toiti,
01:38pour les particuliers que nous sommes ?
01:41Est-ce que ça veut dire qu'on va emprunter, nous aussi,
01:42à des taux plus élevés ?
01:43– Tout à fait.
01:44La deuxième conséquence, c'est que lorsque les taux d'intérêt
01:47des obligations de l'État français augmentent,
01:49tous les taux d'intérêt de tous nos crédits augmentent.
01:52Qu'on soit une entreprise, qu'on soit un ménage,
01:54notamment pour l'immobilier.
01:56Donc déjà, le secteur de l'immobilier souffre énormément.
01:59Donc là, ça va évidemment aggraver la situation.
02:02Et donc, troisième conséquence,
02:04quand les taux d'intérêt augmentent,
02:05l'investissement des entreprises baisse.
02:07Et donc, il y a moins de création d'emplois.
02:09On le voit, il y a des faillites d'entreprises
02:11qui atteignent des sommets historiques.
02:12Le chômage, c'est en train d'augmenter.
02:14Donc ça veut dire que le chômage va encore augmenter.
02:16Et ça encore, c'est une conséquence concrète pour les Français.
02:18Quand le chômage augmente, évidemment,
02:20c'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de Français
02:22en situation de détresse économique,
02:25plus une baisse du pouvoir d'achat.
02:27Donc voilà, ce sont des conséquences, évidemment,
02:29très concrètes et surtout durables.
02:31Et ce qu'il faut bien comprendre,
02:32parce que j'entends parfois, on me dit,
02:33non, mais l'augmentation des taux d'intérêt en France,
02:35c'est normal, c'est à cause des Américains,
02:38c'est à cause de Pierre-Paul-Bouchac.
02:39Non, non, attention, on a aujourd'hui,
02:41les taux d'intérêt français sont les plus élevés de la zone euro.
02:45C'est-à-dire qu'on est devant l'Italie, devant Malte,
02:48devant la Grèce.
02:49Vous vous rendez compte, avec la Grèce,
02:51il y a 0,2 point d'écart.
02:52Avec le Portugal, 0,5 point d'écart.
02:55Avec l'Allemagne, on est à quasiment 0,9 point d'écart,
02:59c'est-à-dire un plus haut depuis 2012.
03:01Donc il faut faire attention.
03:02Là, il est vraiment en train de se passer
03:04quelque chose de très grave sur la dette publique française.
03:06Je pense qu'il y a une désaffection.
03:08Les investisseurs commencent à devenir vraiment très inquiets
03:11sur l'avenir de la France.
03:13Et quand on voit le budget 2027,
03:15qui évidemment n'est toujours pas là,
03:17qui sera fait de briques et de brocs, comme d'habitude,
03:19et donc là aussi, on n'est pas du tout crédible.
03:21La France va encore déraper sur ses comptes publics,
03:24le déficit, la dette.
03:26Et donc évidemment, là aussi,
03:27ça veut dire que les taux d'intérêt vont encore augmenter.
03:29Je pense que malheureusement,
03:30on l'a vu hier,
03:32la Réserve fédérale américaine est intervenue
03:34justement pour éviter que taux d'intérêt augmentent trop fortement.
03:36Donc là, ça se calme un petit peu ce matin.
03:38Mais là où ça baisse le moins,
03:40c'est aussi en France.
03:41Donc même quand il y a des bonnes nouvelles,
03:43la France reste à la traîne.
03:45Donc il y a bien aujourd'hui
03:46une crise financière qui est en train de s'installer en France.
03:49Et donc malheureusement,
03:50pour les Français,
03:51on va, comme d'habitude,
03:52c'est nous qui allons payer la facture
03:53parce que j'aurais pu ajouter un quatrième coût
03:56pour les Français.
03:56Ce sera le dernier, si vous voulez bien, Marc.
03:58Donc comme on a un déficit public,
03:59et bien à la fin,
04:00ça va générer une augmentation encore des impôts.
04:03Et donc c'est comme toujours,
04:04les Français qui vont toujours payer malheureusement.
04:06Donc voilà, ça suffit cette politique,
04:07il faut vraiment changer de politique.
04:09Voilà, le message est passé.
04:10Merci Marc Toiti d'avoir été en direct avec nous.
04:13On a tout compris
04:13et on a compris aussi qu'il va...