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  • il y a 2 minutes
Marc Touati, économiste Cnews, explique le vrai coût des émeutes

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Transcription
00:00Marc Toitier avec nous, on va revenir sur le coût des émeutes.
00:03Et vous nous dites qu'il y a trois types de coûts.
00:06Expliquez-nous, après ce qui s'est passé samedi.
00:07Effectivement, les coûts sont énormes.
00:09Mais il y a d'abord un premier type de coût, comme tout le monde comprend,
00:11c'est évidemment le coût direct de ces pillages, de ces saccages.
00:14Bien entendu, si on se réfère par exemple à l'épisode des Gilets jaunes,
00:17ça avait coûté 900 millions d'euros.
00:19C'était en 2018-2019.
00:21Si on regarde plus récemment, en 2023, une semaine d'émeutes,
00:24ça coûtait un milliard d'euros.
00:26Mais là, quand on voit ce qui s'est passé, effectivement,
00:27on peut estimer que d'ores et déjà, le coût direct est autour des 1,5 milliard d'euros.
00:33Donc c'est déjà énorme, on dépasse dans tous les compteurs.
00:35Alors évidemment, certains se disent, oui, mais ce sont les assurances qui vont rembourser.
00:37Alors ils ne vont pas déjà pas rembourser tout, puis ne l'oubliez pas.
00:40C'est qu'ensuite, il y a des impacts, notamment sur les cotisations d'assurance.
00:43C'est reporté.
00:44Donc à la fin, c'est toujours les Français qui payent.
00:45Même si au niveau des mairies, etc., l'État va payer entre guillemets,
00:48mais ensuite, il risque d'avoir des augmentations d'impôts.
00:50Donc c'est toujours, in fine, les Français qui payent.
00:52Mais j'ai envie de dire, c'est rien par rapport aux deux autres types de coûts.
00:55Alors justement, quel est le deuxième type de coûts ?
00:57Le deuxième type de coûts, c'est évidemment le manque d'activité économique.
01:00C'est-à-dire que, clairement, on voit aujourd'hui,
01:02les magasins vont rester fermés quelques semaines, voire quelques mois.
01:05Et il y a également, et surtout, j'ai envie de dire, le secteur du tourisme.
01:08Ces images ont fait le tour du monde, bien entendu.
01:11On pense aux touristes étrangers, notamment japonais, américains,
01:15qui prennent des assurances quand ils viennent en France.
01:16Mais là, les assurances vont refuser de les assurer, clairement.
01:19Donc ce qui veut dire que si on se réfère, encore une fois, aux émeutes de 2023,
01:23à l'époque, ce sont les professionnels du tourisme qui l'avaient dit,
01:26il y avait eu moins 25% d'annulation, si vous voulez, sur les réservations,
01:31sur les vols, les hôtels, etc.
01:33Dans certaines villes, moins 50%.
01:34Donc ça veut dire que, si on regarde ce qui se passe aujourd'hui,
01:37c'est encore pire, évidemment qu'en 2023,
01:38on peut imaginer un coût direct pour le secteur du tourisme de l'ordre de 2 milliards d'euros.
01:43Donc on a effectivement les coûts directs, les coûts indirects liés à l'activité,
01:47dans le tourisme, également dans la consommation en sens large,
01:49qui était déjà assez dramatique sur l'ensemble de l'année.
01:52Ça va aggraver cette situation.
01:53Et donc, mécaniquement, on avait déjà une récession qui était déjà en train de s'installer.
01:57Cette récession va s'aggraver.
01:58Plus de récession, ça veut dire plus de chômage,
02:01donc moins d'activité, plus de déficit, plus de dettes.
02:03Vous voyez, c'est un cercle pernicieux extrêmement dangereux.
02:05Donc le coût, évidemment, est en train de devenir énorme.
02:08Et enfin, un troisième coût, évidemment.
02:10– Oui, quelles sont les dernières catégories de coût ?
02:13– Voilà, le troisième coût, j'ai envie de dire, c'est le pire.
02:15Vous savez que je vous vois, évidemment, on est tous abasourdis.
02:18C'est vrai que le troisième coût, c'est le pire.
02:20Parce que toutes ces images, encore une fois, ont fait le tour du monde.
02:22Et donc, la défiance à l'égard de la France, qui était déjà énorme, rappelez-vous,
02:27les taux d'intérêt qui ont fortement augmenté ces dernières semaines, ces derniers mois,
02:30ça va continuer.
02:31Et donc, ça va même s'aggraver.
02:32On verra aujourd'hui, je pense qu'on en reparlera demain,
02:34mais ça va durer.
02:35Cette défiance des investisseurs internationaux, mais également des Français,
02:38va se traduire par une augmentation des taux d'intérêt.
02:40Et donc, ça va encore casser l'activité économique, plus de chômage, plus de dettes, etc.
02:45Donc, c'est ça qui, aujourd'hui, est très dangereux.
02:47Je rappelle que 57,5% de notre dette est détenue par des étrangers.
02:50Si les étrangers n'achètent pas notre dette parce qu'ils sont inquiets de toutes ces images
02:54et de l'avenir, finalement, parce que ça montre, finalement, l'image d'une France
02:57qui n'arrive pas à maintenir la stabilité économique, sociale, sociétale,
03:01donc ça inquiète, bien entendu.
03:02Et là, ce n'est pas un ou deux milliards d'euros,
03:05ce sont des coûts en dizaines de milliards d'euros.
03:07Donc, au total, on va avoir des coûts directs autour des, on va dire, 1,5 milliard d'euros.
03:13Coût indirect de moyen terme, ça peut monter, évidemment,
03:16avec l'activité économique jusqu'à 5 milliards d'euros.
03:19Mais les coûts en moyen terme, plusieurs dizaines de milliards d'euros.
03:23Une véritable horreur économique.

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