- il y a 6 mois
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00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec mes camarades de la deuxième heure, bonsoir Ophélie Roch, enseignante, chroniqueuse, bonsoir Jean-Michel Salvatore,
00:09communicant, chroniqueur, politique, bonsoir Marc Fauty, bonsoir Pierre.
00:13Comment allez-vous ?
00:14Très bien, mieux que la France.
00:16Mieux que la France.
00:17Mieux que l'État de la France.
00:20Parce que tout à l'heure j'ai repris, je ne sais plus si c'était Sébastien Ligné ou Jules Torres qui disait
00:23oui mais bon en même temps la France continuera de marcher si jamais il y a un vote de confiance le 8 septembre
00:28qui est votre contre.
00:30En réalité, ça risque quand même de tanguer Marc.
00:34Déjà avant même le 8 septembre, quand on voit le moral des chefs d'entreprise,
00:38ce qu'on appelle l'indice initié du climat des affaires, on est en zone de récession.
00:41Quand on voit l'indicateur de confiance des ménages calculé par l'INSEE,
00:43c'est tout à fait officiel, qui est sur des niveaux plus bas que pendant le Covid-19.
00:49Oui, c'est-à-dire qu'on croit que c'était la fin du monde à l'époque.
00:51Ça donne une idée.
00:51Ça donne une idée, plus bas que pendant les gilets jaunes.
00:53Les Français sont extrêmement inquiets, donc ça veut dire très peu de consommation,
00:57une baisse de l'investissement des entreprises, donc du chômage qui risque d'augmenter.
01:01Alors, cerise empoisonnée sur le gâteau à l'arsenic, c'est qu'on a maintenant...
01:06Ça fait beaucoup.
01:06Ça fait beaucoup.
01:07On a effectivement les taux d'intérêt qui augmentent.
01:10Les taux d'intérêt de la dette publique.
01:11Et donc ça veut dire que ça se traduit par une augmentation des taux d'intérêt également sur les crédits.
01:14Donc les crédits à la consommation, à l'immobilier, pour les entreprises.
01:19Donc ça veut dire, là on rentre dans un cercle pernicieux très dangereux,
01:21puisque s'il y a moins d'activités, il y a moins d'emplois, donc le chômage augmente.
01:25Si le chômage augmente, c'est-à-dire que malheureusement il y a plus de déficits et plus de dettes,
01:31donc le taux d'intérêt qui augmente encore, donc moins d'activités, chômage qui augmente.
01:34C'est un cercle vicieux extrêmement dangereux qui a déjà commencé.
01:38Et là, ce qu'on est en train de vivre, ça va ajouter à ce cercle pernicieux,
01:43sachant que dans le même temps, on ne voit pas d'issue.
01:45C'est ça qui est drame.
01:46Même vous ?
01:47Pour l'instant, non.
01:48Dans la mesure où, encore une fois, l'on diagnostique de dire que la dette est dangereuse.
01:52Moi, ça fait 15 ans que je l'annonce, donc c'est sûr qu'aujourd'hui on s'en rend compte.
01:56J'ai envie de dire que ce n'est pas trop tôt.
01:58Le problème, c'est que les mesures qui sont proposées,
02:01même les fameux 40 milliards d'euros d'économie, on est très très loin du compte.
02:05La dépense publique va encore augmenter, même si le budget passe d'au moins 30 milliards d'euros.
02:09Et puis surtout, il faut rassurer aujourd'hui, redonner un horizon à l'ensemble des Français,
02:15des investisseurs, et c'est ça qui est très inquiétant, c'est que notre dette publique
02:19qui est détenue à 54% par des investisseurs étrangers,
02:24eux se posent des questions.
02:25Depuis lundi, je dois répondre à certaines questions de l'étranger.
02:28On me dit, mais qu'est-ce qui se passe en France ?
02:30Donc ça commence à savoir, parce que jusqu'à présent, on dit, non mais ça va, on va s'en sortir.
02:33Donc c'est des fonds d'investissement américains, chinois pour certains, qataris pour certains.
02:40Malheureusement, mais bon, juste après le 8, effectivement, il y a le 12 septembre.
02:43Qu'est-ce qu'il y a le 12 septembre ?
02:45C'est Fitch, qui doit annoncer sa nouvelle note pour la France,
02:51sachant que ça fait déjà deux réunions, donc depuis un an.
02:54Elle annonce que son modèle de notation donne une dégradation de la note de la France,
02:59mais qu'elle ne le fait pas, parce qu'elle fait confiance au gouvernement pour réduire le déficit.
03:03Bon, sauf que là, s'il n'y a pas de gouvernement, ça va être un petit peu compliqué.
03:06Donc là, on pourrait passer de A à moins, à A plus.
03:08Voilà, on pourrait passer de double A à simple A.
03:10Et ça, c'est très important, parce que, sans rentrer dans la technique,
03:12mais quand on passe à simple A, il y a beaucoup de fonds d'investissement, de banques,
03:17de compagnies d'assurance, qui n'achètent plus votre dette.
03:19Qui ne prennent plus.
03:19C'est-à-dire que, c'est plus dans le cahier des charges.
03:21Donc, à ce moment-là, mécaniquement, les taux d'intérêt augmentent.
03:24C'est pas qu'ils ne veulent pas, c'est que c'est juste dans le cahier des charges,
03:26donc ils ne peuvent pas le faire.
03:26Exactement, ils ne peuvent pas le faire.
03:27Donc, c'est ça qui devient très dangereux.
03:29Et là, après, c'est le...
03:31Et pour le quotidien des Français,
03:33c'est ce que s'expliquait tout à l'heure Alexandre Bompard,
03:35qui est le patron de Carrefour au Medef,
03:37c'est que, si les gens ne vont plus au supermarché,
03:39il n'y a plus de croissance, et s'il n'y a plus de croissance, on ferme.
03:41C'est exactement ça.
03:41Je suis schématiste, mais...
03:43Mais ne l'oublions pas, quand on voit les chiffres de la Banque de France,
03:45c'est tout à fait officiel.
03:46On a aujourd'hui des records historiques de faillites d'entreprises.
03:50On n'a jamais vu ça en France.
03:52Rendez-vous compte, même si on enlève les micro-entreprises,
03:54parce que là, il y a beaucoup d'entreprises qui se créent,
03:55qui se disparaissent,
03:56donc on regarde les entreprises, effectivement, hors micro-entreprises,
03:59eh bien, on est 16% au-dessus de la récession de 2008-2009,
04:06en termes de défaillance d'entreprises.
04:07Vous êtes compte ?
04:08C'est-à-dire que, et alors, quand les entreprises sont faillites,
04:11qu'est-ce qui se passe derrière ?
04:12Il y a des licenciements, donc le chômage augmente,
04:14donc c'est quand même dangereux.
04:15J'ai pour vous une question sans doute de néophyte,
04:17mais je la pose.
04:18Allez-y, je suis là pour ça.
04:19Comment est-ce qu'on peut faire pour rendre la confiance aux Français dans l'économie,
04:24alors même que, si je vous entends,
04:25il faudrait quand même avoir une politique, en fait, de fermeté ?
04:27Comment on peut articuler les deux, en fait ?
04:29Alors là, j'ai effectivement la solution que je propose depuis pas mal d'années,
04:32que j'appelle une thérapie de choc bienveillante.
04:34Parce que là, en fait,
04:35c'est comme si, malheureusement, on a un malade qui est gravement malade,
04:38on lui dit, bon, on va vous donner...
04:40Oh non, pute !
04:41Non, au contraire, non, justement.
04:42Là, la mesure qu'on propose, c'est qu'on va vous donner du paracétamol.
04:45Donc c'est très bien,
04:45pour se souvenir le mal de tête,
04:48mais ça va pas se souvenir le malade.
04:50Effectivement, après, il y a l'autre cas,
04:52la saignée, l'amputation,
04:53non, ça non plus, ça marche pas, ça c'est clair.
04:55Donc il y a une solution intermédiaire,
04:56qui est donc cette thérapie de choc bienveillante,
04:57où effectivement, il faut baisser la dépense publique,
05:00notamment les dépenses de fonctionnement,
05:02qui ont augmenté de 100 milliards d'euros depuis 2021.
05:05Moi, je donne souvent cet exemple,
05:06parce que c'est frappant.
05:07En France, il y a 700 ODAC.
05:09Vous savez, les ODAC, c'est l'organisme divers d'administration centrale.
05:12Et ça coûte 150 milliards d'euros par an.
05:16Alors, je n'ai pas dit qu'il faut toutes les supprimer,
05:19mais quand même, on pourrait faire un petit peu d'économie.
05:21Vous voyez là, sans toucher au social,
05:24sans toucher aux Français,
05:25sans culpabiliser effectivement les Français.
05:27Et dans le même temps, moi je dis,
05:28il faut donner, pour donner confiance aux Français,
05:30il faut leur donner du pouvoir d'achat.
05:31Et comment on donne du pouvoir d'achat ?
05:32On réduit les impôts.
05:34Il faut réduire les impôts.
05:35Par exemple, la CAG,
05:36c'est quelque chose qu'on a créé en 1991 par Michel Rocard.
05:40À l'époque, c'était seulement 1% des revenus.
05:43Maintenant, on est monté à 9%, 17% sur l'épargne.
05:46C'est quelque chose d'assez dramatique.
05:48Donc là, vous baissez la CAG.
05:49Alors, je fais des cipulations, je ne vais pas rentrer dans le détail.
05:51On peut donner comme ça 30 milliards d'euros aux Français.
05:53Et là, on montre que le gouvernement, enfin,
05:56fait quelque chose pour les Français.
05:57Essaye de les aider.
05:58Là, dire, oui, on va augmenter les impôts,
06:01ça ne peut plus passer,
06:02sachant que nous sommes déjà en France numéro 1 du monde
06:04du poids des prélavons obligatoires par rapport à notre richesse.
06:08Donc ça, ça ne passe plus.
06:09Donc, il faut arrêter de vouloir augmenter les impôts.
06:12Donc moi, je pense que c'est comme ça qu'on restaure la confiance.
06:14Effectivement, on baisse certains impôts,
06:16on baisse certaines dépenses, justement,
06:17qui ne génèrent pas d'activité économique.
06:20Et ça passe.
06:21Mais il faut redonner, effectivement, un objectif.
06:24Mais c'est sûr que,
06:25tant qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale,
06:27c'est compliqué.
06:27Jean-Michel, ça le va être...
06:28Marc, toi, ici, on parle un petit peu de chiffres.
06:31Moi, j'étais assez intéressé par un livre qui sort ces jours-ci
06:34et qui est signé par Pierre Gattaz,
06:36qui est l'ancien patron du MEDEF.
06:38Et Pierre Gattaz, il fait un bouquin qu'il a intitulé
06:41« Gagner plus, c'est maintenant ».
06:43Bon, ça va tout à fait dans votre sens.
06:45Et il a des propositions.
06:45Et alors, lui, il fait des propositions et il dit, en fait...
06:47Il sera notre invité la semaine prochaine, d'ailleurs.
06:49Si on remet en ordre les finances publiques,
06:50si on fait des économies,
06:52et si on travaille plus,
06:54lui dit qu'il est possible, en quelques années,
06:56d'augmenter le pouvoir d'achat des Français de 30%.
07:00Est-ce que c'est un chiffre qui vous semble crédible ?
07:0330%, il faut vraiment un alignement des planètes qui soit parfait, si vous voulez.
07:07Donc, ça me paraît difficile, mais bon, on peut toujours rêver.
07:09L'espoir fait vivre.
07:10Mais néanmoins, c'est clair que la situation est très grave aujourd'hui
07:13et qu'il faut un électrochoc.
07:15Bien entendu.
07:15Mais je suis d'accord avec lui aussi.
07:17On peut, effectivement, améliorer le pouvoir d'achat,
07:20mais il faut prendre des mesures.
07:22Par exemple, quand on nous dit,
07:23on va réindustrialiser la France,
07:25c'est une très bonne idée.
07:26Sauf que pour le faire, ça ne suffit pas de le dire.
07:28Il faut prendre des mesures.
07:29Donc, quand on augmente les impôts sur les entreprises
07:31et que, de l'autre côté, on vous dit,
07:33on va réindustrialiser,
07:34ça ne passe pas.
07:35Donc, c'est ça qui est gênant,
07:37c'est qu'on est dans une dichoterie permanente
07:39où les dirigeants nous disent,
07:41oui, ça va mal,
07:42mais finalement, on ne va pas faire ce qu'il faut.
07:44Donc, c'est quand même dommage.
07:44Oui, le problème, quand même,
07:45c'est qu'on dit qu'il faut prendre des mesures,
07:46mais en fait, les mesures,
07:47elles sont difficiles à prendre
07:48et elles n'ont pas d'effet immédiat.
07:50Est-ce qu'il y en a certaines
07:56tous les Français,
07:57parce que tous les Français payent la CSG,
07:58qu'on soit salarié,
07:59qu'on soit retraité,
08:00qu'on soit étudiant,
08:02si on a une bourse, etc.,
08:03même chômeur,
08:04tout le monde paye la CSG.
08:06Donc là, effectivement...
08:07Mais pourquoi on ne le fait pas ?
08:08C'est quoi, il y a un dogme ?
08:09Non, mais c'est très simple,
08:10je veux dire, j'ai la réponse.
08:11Moi, j'ai vu tous les présidents,
08:12les premiers ministres, etc.,
08:13les premiers ministres de l'économie
08:13depuis des années.
08:14En fait, ils ne veulent pas.
08:16Parce qu'ils ne veulent pas
08:16baisser la dépense publique.
08:18Si vous baissez les recettes fiscales,
08:20mécaniquement,
08:21il faut baisser les dépenses,
08:22sinon ça ne colle pas.
08:23Parce que c'est vrai qu'à moyen terme,
08:24en baissant les impôts,
08:26ça redonne de la confiance,
08:27ça redonne de la consommation, etc.
08:28Donc là, ce qu'ils disent...
08:30Là, quand ils disent
08:30« Mais on est tous dans le même bateau »,
08:32ce qu'a dit Bayrou tout à l'heure au MEDEF,
08:34« On est tous dans le même bateau,
08:35il faut qu'on se serre les coudes,
08:36il faut qu'on travaille ensemble. »
08:38En fait, bah oui,
08:38on veut bien travailler ensemble,
08:40mais à n'importe quel gouvernement,
08:41ce que vous venez de dire,
08:42Marc, et vous avez raison,
08:44à chaque fois qu'on leur demande
08:45de baisser la dépense,
08:45ils disent « Ah bah, on ne peut pas. »
08:47Vous comprenez, on ne peut pas.
08:48C'est ça qui n'est plus acceptable.
08:49C'est que moi, je...
08:50C'est des drogues dures, en fait.
08:50Ben, c'est ça.
08:52C'est pas drôle, en fait.
08:53On en rigole, mais c'est terrible.
08:55Mais surtout,
08:55ce qui m'a beaucoup peiné,
08:56un petit peu agacé également,
08:57c'est quand on nous dit
08:58« Il faut que les Français
08:59se serrent la ceinture. »
09:00Attendez, ça fait 40 ans
09:01que les Français se serrent la ceinture.
09:02Donc ça, ce n'est pas un discours.
09:04Alors, il faudrait commencer...
09:05Un gouvernement dit
09:06« Voilà, on va commencer par réduire
09:08les dépenses justement
09:09de fonctionnement,
09:10de la haute fonction publique,
09:13de, je dirais,
09:14de mille fois l'administratif, etc. »
09:16On va simplement optimiser la dépense.
09:18C'est-à-dire qu'on va faire
09:19mieux de dépenses publiques.
09:20Moi, je suis pour l'État
09:21dans l'économie, bien entendu.
09:22On a besoin d'un État protecteur,
09:24c'est sûr,
09:24mais pas n'importe comment.
09:25Mais comment...
09:26Il faut améliorer.
09:27Mais comment vous pouvez expliquer,
09:28par exemple,
09:29quand vous disiez
09:29les 100 milliards de fonctionnement,
09:30qu'est-ce qui fait
09:31qu'il y a une telle inflation
09:32depuis 2019, en fait ?
09:33Ben, c'est ça.
09:33Sur les coûts.
09:34Enfin, je veux dire,
09:34d'où, à qui va cet argent ?
09:36Malheureusement,
09:36il y a beaucoup de clientélisme.
09:38C'est parce que c'est ça, effectivement.
09:38C'est ça, c'est ce que c'était ma question.
09:39Ben oui, c'est ça le drame.
09:41Malheureusement, on le sait,
09:42les salaires des profs, etc.
09:43n'augmentent pas, je dirais,
09:44à l'aune de l'inflation.
09:45Par contre, il y a des salaires
09:46dans la haute fonction publique
09:47qui augmentent très fortement.
09:48On a recours à des cabinets de conseil
09:51qu'on paye grassement, etc.
09:52Et c'est à ce point-là...
09:53Enfin, je veux dire...
09:54Le chiffre est très simple.
09:55Quand on regarde en pourcentage,
09:57les dépenses sociales
09:58depuis 2021 ont augmenté
10:00d'environ 11%.
10:01Parce que c'est bon ou pas bon.
10:02Très bien.
10:03Sauf que les dépenses de fonctionnement
10:04ont augmenté de 22%.
10:07Le double.
10:08Comprenez ?
10:08Donc, quand on vous dit aujourd'hui
10:10mais on ne peut pas...
10:11J'entends souvent cette remarque.
10:12On me dit
10:12mais si vous baissez la dépense publique,
10:14vous allez générer une récession ?
10:15Pas du tout.
10:16Si je baisse une dépense publique
10:17qui ne génère pas d'activité économique,
10:19il n'y aura pas d'impact.
10:20Regardez ce qu'ont fait
10:20nos amis portugais,
10:22grecs, italiens.
10:24Ils ont baissé la dépense publique
10:25et la croissance a redémarré.
10:27Justement, qu'est-ce qu'ils ont fait
10:28très précisément ?
10:29Est-ce qu'il y a des idées
10:31à reprendre ?
10:32Soit en Espagne,
10:32soit au Portugal,
10:33soit en Irlande,
10:34soit en Grèce.
10:35Attention, l'Espagne,
10:36parce que maintenant,
10:36l'Espagne,
10:36ils font l'effet inverse.
10:37Maintenant, ils lâchent complètement
10:38le condom de la bourse
10:40et ils font du déficit.
10:41Ils vont bientôt nous rattraper d'ailleurs.
10:42Mais ils profitent justement
10:43des efforts qui ont été faits
10:44précédemment
10:45pour maintenant tout lâcher.
10:46C'est ce qu'on fait malheureusement
10:47trop régulièrement en France.
10:48Dès qu'on fait un petit peu d'efforts,
10:49la législature d'après,
10:50on fait exactement l'inverse.
10:51Donc, on n'a rien gagné.
10:52En fait, qu'est-ce qui a été fait ?
10:53C'est ce que j'évoquais là.
10:54J'invente rien.
10:56C'est effectivement
10:56pas mal de dépenses de fonctionnement
10:58qui ont été réduites.
10:59Une amélioration également
11:00des dépenses sociales.
11:01Parce qu'on sait très bien
11:02qu'il y a beaucoup de gaspillages,
11:03beaucoup de doublons.
11:04Le fameux millefeuille administratif,
11:06ça coûte quand même
11:06à peu près 10 milliards d'euros par an.
11:08Ce n'est pas rien.
11:09Donc, on améliore ce fonctionnement
11:11et finalement,
11:12on peut ensuite réduire
11:13certains impôts,
11:15notamment la CSG.
11:15On peut même augmenter
11:16les salaires nets.
11:17Parce que ça,
11:18le problème,
11:18les salaires sont nets,
11:20sont très faibles.
11:20Le coût du travail est très élevé.
11:22Mais les salaires nets
11:23qu'on touche vraiment
11:24sont extrêmement faibles.
11:25Donc, vous voyez,
11:25il ne faut pas simplement
11:26faire des mesurettes.
11:28Il faut faire des mesures,
11:29je dirais,
11:29une thérapie de choc globale.
11:31Et à ce moment-là,
11:32on peut effectivement sauver.
11:34Moi, je pense que c'est toujours possible.
11:35Mais est-ce que
11:35les responsables politiques,
11:37que ce soit les responsables
11:38qui sont au pouvoir
11:40ou les responsables de l'opposition,
11:42sont au courant,
11:44ou en tout cas pour certains,
11:45pour ceux qui sont spécialisés,
11:46comme par exemple
11:47le ministre du Budget
11:48ou le ministre de l'Économie,
11:50ou est-ce qu'ils n'ont aucune idée
11:52de par où commencer ?
11:53J'espère bien
11:53qu'ils sont au courant quand même.
11:55En tout cas,
11:55ils n'ont qu'à regarder
11:56ma chaîne YouTube
11:56et puis comme ça,
11:57ils le laisseront.
11:58Joli placement de produits.
11:59Joli placement.
11:59Non, mais non,
12:00c'est vrai qu'il y a peut-être...
12:02Moi, j'ai 30 ans de métier,
12:03donc c'est vrai qu'il y a 30 ans,
12:05ça ne passait pas encore
12:06ces discours-là.
12:06Bon, on n'était pas
12:07à la situation aussi grave d'ailleurs.
12:08Mais c'est vrai
12:09qu'il y a eu certains présidents
12:10ou premiers ministres
12:11qui n'étaient pas vraiment
12:11au fait de l'économie.
12:13Maintenant, on ne peut plus
12:13ne pas regarder la réalité en face.
12:15Parce que ce qui revient souvent,
12:16c'est qu'Emmanuel Macron,
12:18qui a notamment passé
12:19par la banque Rothschild,
12:20est quand même,
12:21comment dirais-je,
12:22considéré comme quelqu'un
12:23qui connaît la finance, etc.
12:25Aujourd'hui,
12:25c'est quand même
12:25pour une grande majorité
12:27de Français,
12:28une désillusion.
12:29Non, complètement.
12:29Alors déjà,
12:30il y avait une erreur de casting,
12:31c'est-à-dire que globalement,
12:32il n'a travaillé que 3 ans
12:33dans une banque.
12:34Ce n'est pas de vous
12:34un professionnel de la finance.
12:35Est-ce que vous voulez
12:36un Mozart de la finance ?
12:36Comme on l'appelait parfois.
12:37Ça, c'est du marketing.
12:39Et parallèlement,
12:40encore une fois,
12:41tous les associés gérants
12:42aujourd'hui de Rothschild
12:42n'ont pas exactement
12:43la même opinion
12:44de ce qu'il a fait
12:46ou de ce qu'il n'a pas fait.
12:47Et surtout,
12:47ne l'oublions pas,
12:48il est avant tout
12:49haut fonctionnaire.
12:50Donc, c'est ça qui bloque.
12:51C'est que ceux qui prennent
12:51les décisions
12:52sont avant tout
12:53haut fonctionnaire.
12:54La plupart sont évidemment
12:55très sympathiques,
12:56mais il y en a justement
12:57qui ne veulent pas
12:57que ça change.
12:58C'est ça le gros problème
12:59aujourd'hui.
13:04de la population française
13:05qui dépend justement
13:07de la puissance publique.
13:09Donc, ils n'ont pas
13:10forcément envie
13:10que ça bouge.
13:11Le problème,
13:12c'est qu'on risque
13:12un jour d'être confrontés.
13:14Je l'ai souvent dit,
13:15notamment à certains
13:16dirigeants français,
13:18on aurait pu réformer
13:19la France il y a déjà
13:1915 ans,
13:20dans la douceur.
13:21Mais comme on ne l'a pas fait,
13:23on va le faire.
13:23On n'a pas le choix.
13:24Tous les pays du monde
13:25l'ont fait.
13:25Mais est-ce que quand François Fillon
13:26en 2007 disait
13:27je suis à la tête
13:28d'un État en faillite,
13:29est-ce que vous êtes allé le voir
13:29en disant
13:30j'ai la solution pour vous ?
13:34Je l'avais rencontré
13:35notamment à l'époque.
13:36Mais c'est vrai
13:36qu'on ne l'a pas laissé faire.
13:38Parce qu'on ne l'a pas
13:39laissé arriver au pouvoir.
13:40Ne l'oubliez pas.
13:41Il a été quand même
13:42le Premier ministre
13:44de France de Nicolas Sarkozy.
13:45Nicolas Sarkozy
13:46donnait quand même le là.
13:47Et lui, rappelez-vous
13:48qu'il nous avait dit
13:49on ne va pas remplacer
13:49un fonctionnaire sur trois
13:50qui parle à retraite.
13:51En fait, on les a remplacés
13:52et puis même on a augmenté
13:53le nombre d'agents
13:54de la fonction publique.
13:55Ça, il ne faut quand même
13:55pas l'oublier.
13:55Mais ça, c'est quoi ?
13:56Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
13:57C'est encore une fois
13:57je vais utiliser le mot dogme
13:59mais c'est ça qui revient.
13:59Oui, peut-être.
14:00Alors, il y a plusieurs choses
14:01à la fois.
14:02Il y a un manque de courage
14:03effectivement politique,
14:04économique également.
14:06Il y a ce super pouvoir
14:08justement de la haute fonction publique
14:09qui ne veut pas que ça bouge.
14:10C'est ça ?
14:11Et après, il y a...
14:12Il faut le dire aux Français.
14:13C'est-à-dire qu'on est président,
14:14on est Premier ministre,
14:15c'est pas sur un claquement de noix.
14:17Il y a derrière des syndicats,
14:18des groupements de personnes
14:21qui viennent vous voir.
14:22Est-ce bien nécessaire ?
14:23Jean-Pierre Jouillet
14:24qui a écrit un livre l'année dernière,
14:25on l'a reçu pour ça,
14:26et qui a dit
14:27est-ce bien nécessaire monsieur le ministre ?
14:28C'est ça le truc,
14:29c'est qu'il y a quand même une inertie.
14:31Il y a des gens qui sont dans des bureaux
14:32qui disent
14:32mais oui, mais vous comprenez
14:33si on ne fait rien, c'est mieux.
14:34Oui, mais c'est pourquoi
14:35il faut des professionnels
14:36de leur domaine.
14:37Par exemple, au ministère de l'économie,
14:38il faut un professionnel de l'économie
14:39qui connaisse l'économie.
14:40Il y a quand même un type
14:41qui a travaillé à la BNP Paris.
14:42Ça ne suffit pas.
14:44Parce qu'encore une fois,
14:45quand je parle de la vraie économie,
14:46moi je parle de l'entreprise,
14:48c'est-à-dire des salariés.
14:50Vous voyez, moi je viens des cités
14:50HLM d'Orly,
14:51donc je peux vous dire que
14:52la vraie vie, on la connaît.
14:54Il faut aller faire ses courses
14:55tous les jours
14:55pour voir comment les prix augmentent.
14:57Quand on dit aux Français
14:58non mais l'inflation, vous exagérez,
15:00allez faire vos courses.
15:01Vous voyez, l'augmentation
15:02des prix alimentaires,
15:0327% depuis 2021.
15:07Et quand vous allez faire vos courses,
15:08là vous vous rendez compte.
15:09Donc quand je dis
15:09des ministres qui soient dans la vraie vie,
15:13c'est ça.
15:14C'est ça le vrai enjeu.
15:15Et donc, après, le drame,
15:17c'est que malheureusement,
15:18il n'y a pas de volonté politique.
15:19Merci Marc Toiti.
15:20Avec plaisir.
15:21On termine encore
15:21sur une note de pessimisme.
15:22Tous les invités qu'on reçoit
15:23ne sont pas...
15:24Il n'a parlé pas ici quand même.
15:25On a envie de prendre un gun
15:26et se le mettre sur la tente.
15:27Non, j'ai dit qu'on avait
15:28des moyens de s'en sortir,
15:29mais il faut encore le voir, c'est tout.
15:30Eh oui, ben voilà.
15:31Mais en tout cas,
15:31on vous a bien entendu Marc.
15:32Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce soir.
15:35C'est la rentrée
15:36pour la grande famille européenne.
15:37Nouvelles émissions
15:38du lundi au vendredi.
15:39La psychologue clinicienne
15:40Marie-Estelle Dupont
15:41et Romain Desarbres
15:42libèrent la parole
15:43en soumettant les grandes questions d'actualité
15:44à une analyse psychologique.
15:46Et si on parlait,
15:47c'est le nom de l'émission.
15:48Marie-Estelle Dupont,
15:49Romain Desarbres,
15:49votre nouveau rendez-vous
15:50tous les jours 15h-16h
15:52sur Europe 1,
15:52la radio Libra.
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