00:00Pour tout vous dire ce matin, je voulais faire une chronique un petit peu optimiste.
00:02Parce que c'est vrai que le FMI, il y a deux jours...
00:05C'est votre façon d'être optimiste.
00:06Voilà, c'est ça, c'est fou qu'il a révisé à la hausse ses prévisions de croissance.
00:09C'est-à-dire que dans le contexte difficile actuel, c'est-à-dire qu'on a une inflation mondiale
00:12qui est très élevée,
00:13les prix du pétrole toujours très chers, des risques politiques sont toujours très élevés,
00:16le FMI dit non, j'y crois, on a une croissance qui effectivement va être révisée à la hausse,
00:213,1% au niveau mondial, évidemment hors inflation, donc c'est plutôt positif.
00:24Sachant que dans le même temps, elle a révisé à la hausse ses prévisions pour quasiment tous les pays de
00:29la planète.
00:29Par exemple, quelques chiffres, l'Inde, alors je fais un petit graphique,
00:32voilà, le numéro 1 c'est l'Inde, 7%, 4,5% en Chine, on est à 2,3%
00:37aux Etats-Unis,
00:37et même pour nous, enfin, entre guillemets, dans la zone euro, elle a révisé à la hausse 1,3%
00:41pour l'Allemagne,
00:421,1% pour la zone euro dans son ensemble, mais donc tous les pays ont été révisés à la
00:48hausse,
00:48sauf un, lequel ? Nous.
00:50Voilà, la France malheureusement, où là, le FMI qui avait annoncé à la base,
00:541,1% de croissance en début d'année, après il s'est dit, non mais je me suis trompé,
00:58c'est 0,9%,
00:58après 0,6%, maintenant ça y est, 0,4%, c'est-à-dire la prévision qu'on fait depuis déjà
01:01pas mal de mois,
01:02mon équipe et moi, ben ça y est, le FMI avoue aujourd'hui seulement 0,4% de croissance en
01:06France,
01:06ce qui fait que la France est la lanterne rouge de l'économie mondiale.
01:10Il faut bien se rendre compte de ce qui est en train de nous arriver.
01:12Alors c'est pas très joyeux, vous dites que c'est pas tout, que le cauchemar continue ?
01:15Oui, c'est un vrai cauchemar, c'est-à-dire quand on réfléchit,
01:17ce qui s'est passé ces dernières semaines sur la France, c'est incroyable.
01:20C'est-à-dire que, d'abord, les taux d'intérêt ont explosé, de façon quasiment historique,
01:24et surtout dramatique.
01:26Ensuite, on a eu des records atteints par la dette publique.
01:28Rappelez-vous, trois records, le montant de la dette, 3 600 milliards d'euros à peu près,
01:32on a également 119% de notre PIB, et plus de 52 000 euros de dette publique par français.
01:38On n'a jamais vu ça en France.
01:40Alors ensuite, on a eu la dégringolade,
01:43la banque américaine Goldman Sachs a créé des produits pour spéculer contre la France.
01:46On a appris que des banques japonaises vendaient en totalité leurs obligations de l'État français.
01:52Et là, effectivement, Romain, vous l'évoquiez,
01:54on a donc le FMI qui adresse une troisième alerte,
01:58un troisième avertissement en moins d'un an.
02:02Et les mots sont fins, voilà.
02:04« Mettez de l'ordre chez vous ».
02:06Donc c'est la directrice du FMI qui nous dit ça pour la France,
02:10et elle s'inquiète évidemment du dérapage de déficit public.
02:13Et ce n'est pas fini, vous voulez évoquer un dernier épisode à ce cauchemar.
02:16Oui, et non des moins.
02:17C'est-à-dire que ça, c'est vraiment très inquiétant.
02:19Parce qu'il y a quelques semaines, le 28 août précisément,
02:21l'agence de notation Fitch a finalement dit
02:24« Bon, en France, ce n'est pas le top, mais on maintient la note.
02:26On est sur une note de A+, perspective stable. »
02:30Et là, ce qui arrive de façon très rare,
02:32elle nous dit « Finalement, je me suis trompé ».
02:34C'est-à-dire qu'elle vient d'annoncer une potentielle dégradation de la note de la France.
02:39Les termes également sont très durs.
02:40Elle dit que si effectivement on continue de déraper sur le déficit public,
02:43ce qui est le cas, idem sur la dette publique,
02:45elle va, donc là vous voyez, c'est perspective stable,
02:46elle va passer à perspective négative,
02:48et même peut-être à simple, un simple A.
02:51Ce qui évidemment générait une augmentation des taux d'intérêt.
02:54Donc c'est ça le drame très inquiétant,
02:56c'est qu'évidemment, à la fin, qui va payer, comme d'habitude,
02:58les entreprises et les ménages.
03:00Donc tout simplement, bonne chance à toutes et à tous.
03:09Sous-titrage Société Radio-Canada