00:00Marc Toitier avec nous, on est content de vous retrouver en plateau, Marc.
00:02Je suis ravi d'être là.
00:03Même quand je ne suis pas là, je suis quand même là,
00:05parce qu'en visio, mais c'est mieux sur le plateau, bien entendu.
00:06Bah oui, mais oui.
00:08On apprend chaque jour que de plus en plus d'investisseurs internationaux
00:12vendent leurs obligations de l'État français.
00:15Est-ce que c'est grave ? Qu'est-ce que c'est qu'une obligation ?
00:16C'est un morceau de la dette.
00:17Tout à fait, c'est très grave, Romain, pour être très honnête,
00:20pour tout vous dire.
00:21Même dans mes pires cauchemars, je n'avais pas envisagé ça.
00:23C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est en train,
00:24les grands fonds d'investissement sont en train de liquider
00:26cette dette publique française.
00:27Donc, c'est seulement ces obligations.
00:28C'est une partie de notre dette, pour faire simple.
00:30Et donc, mécaniquement, les taux d'intérêt,
00:32j'en ai déjà parlé ici même,
00:33les taux d'intérêt des obligations d'État flambent.
00:35On était encore sur un niveau de 3,2% il y a quelques mois.
00:40On a frôlé les 5% le 2 octobre.
00:43Alors, hier, ça a un petit peu baissé,
00:44parce qu'il y a un certain nombre des interventions
00:46de la Banque mondiale européenne.
00:47Donc, on voit, regardez bien ce graphique,
00:49on voit l'explosion de ces taux d'intérêt.
00:51Ça fait quand même froid dans le dos.
00:52Vous voyez, la fin de la courbe, c'est une ligne droite.
00:55C'est-à-dire que s'il y a vraiment un mouvement de panique
00:57qui est en train de s'observer aujourd'hui,
00:58et alors, le pire, c'est que l'écart de taux d'intérêt
01:01avec nos partenaires, notamment l'Allemagne,
01:03se creuse encore plus.
01:04On a atteint 1,4 point d'écart entre le taux français
01:08et le taux allemand sur la dette à 10 ans,
01:10et c'est du jamais vu depuis mai 2012.
01:12Qu'est-ce qu'il y avait en mai 2012 ?
01:13C'est justement la crise grecque,
01:15la crise de la zone euro.
01:16Vous croyez que la zone euro allait exploser.
01:17C'est pour vous dire aujourd'hui l'ampleur des dégâts,
01:22et donc, voilà, on l'a appris, il y a quelques semaines déjà,
01:26certaines grandes banques, par exemple Goldman Sachs,
01:28avaient vendu des obligations de l'État français
01:29en disant, on va spéculer, on va créer des produits
01:32pour spéculer contre la France.
01:34Incroyable, comme elle avait fait pour la Grèce en 2009-2010.
01:37Et là, on vient d'apprendre effectivement
01:38que des fonds d'investissement sont en train
01:39de vendre massivement leurs obligations de l'État français.
01:43Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage
01:44sur ces investisseurs, notamment japonais,
01:46on l'a appris ce week-end,
01:48qui ne veulent plus de notre dette ?
01:49Oui, alors tout à fait, ça c'est quand même très important
01:51parce que ça a été donc rendu officiel
01:53par le site financier Bloomberg,
01:54donc c'est tout à fait, je dirais, officiel.
01:57Donc c'est, en fait, la banque Sumitomo Mitsui DS
02:00Asset Management, c'est quand même une des plus grandes
02:03sociétés de gestion japonaises.
02:04Elle gère 177 milliards de dollars,
02:07oui, c'est pas rien, c'est une grande structure,
02:09effectivement, qui a tout simplement annoncé
02:10qu'elle avait vendu toutes ses obligations,
02:13la totalité, pas un petit peu,
02:14la totalité des obligations d'État français
02:17en disant, je n'y crois plus,
02:18je préfère acheter la dette publique allemande ou japonaise,
02:21la France, je n'y crois plus.
02:22Ça, ça avait quand même froid dans le dos, bien entendu.
02:24Alors, on avait quand même vécu ça,
02:25si vous vous souvenez, après la dissolution en 2024,
02:28en France, donc,
02:29où des fonds japonais avaient vendu à l'époque
02:31pour près de 10 milliards d'euros de dette publique française.
02:34Mais à l'époque, on avait réussi à vendre,
02:36donc, ces obligations à des acheteurs,
02:38en échange de gré à gré.
02:39Alors, on ne sait pas qui avait vraiment acheté,
02:41on imagine certains pays du Golfe, peut-être,
02:42on ne sait pas trop, bref.
02:43Mais toujours dit que ça avait calmer le jeu.
02:44Là, le problème, c'est qu'il y a de moins en moins d'acheteurs.
02:47On a eu ces derniers jours,
02:48donc, des articles,
02:50notamment la Une, du Wall Street Journal,
02:51qui compte énormément pour les investisseurs américains,
02:53s'il vous plaît,
02:54qui nous dit, aujourd'hui,
02:54il y a un dérapage complet qui s'observe en France.
02:57Et donc,
02:58beaucoup de fonds nous disent,
02:59aujourd'hui,
03:00ils vont d'abord acheter de moins en moins de dette,
03:02voire vendre la dette publique française.
03:04Donc, mécaniquement,
03:05si vous achetez moins de dette,
03:06si vous en avez vendé,
03:06les taux d'intérêt augmentent.
03:08Qu'est-ce qui va se passer au cours des prochaines semaines ?
03:09Alors, ça qui est dramatique, malheureusement,
03:11c'est que la tempête va continuer,
03:14voire redoublée d'intensité.
03:16C'est mécanique.
03:17Alors, quand on voit en plus ces images d'émeutes,
03:19parce qu'encore une fois,
03:20ça fait le tour du monde,
03:22y compris auprès des investisseurs internationaux.
03:24Donc, ils se disent,
03:24mais qu'est-ce qui se passe en France ?
03:25La France n'est plus tenue.
03:27Donc, d'un point de vue économique,
03:29on est quasiment en récession,
03:30d'un point de vue financier,
03:31tout le monde est en théorie qui explose,
03:32et d'un point de vue social et sociétal.
03:34Donc, évidemment,
03:34ils ne se posent pas trop de questions.
03:35Moi, j'ai eu des investisseurs américains la semaine dernière
03:36qui me disent,
03:37attendez, là, ça devient vraiment inquiétant.
03:39Donc, même l'appartenance à la zone euro
03:42ne nous protège plus par rapport à cela.
03:43Et donc, mécaniquement,
03:44en plus, on a un budget 2027
03:46qui est complètement farfelu.
03:48C'est incroyable.
03:49C'est-à-dire que, dans le budget 2027,
03:50ils nous disent,
03:51bon alors, les taux d'intérêt l'année prochaine,
03:52ils seront à 4,3% maximum.
03:54On est déjà à 5.
03:55C'est incroyable.
03:57Déjà, ils nous ont fait le même coup l'année dernière.
03:58Ils avaient annoncé une charge d'intérêt de la dette
04:00de 60 milliards d'euros.
04:01Maintenant, cette année,
04:02ils nous disent, finalement, si on s'est trompé,
04:04ça sera autour des 80 milliards d'euros.
04:06Vous voyez, quand j'ai annoncé ça ici même,
04:07il y a quelques mois,
04:08on me dit, non, non, c'est pas possible.
04:09Nous y sommes.
04:10L'an prochain,
04:11ils nous annoncent quasiment 100 milliards d'euros
04:13de charges d'intérêt de la dette
04:15jetées par les fenêtres.
04:16Donc, ça fait évidemment des ordres.
04:18Et donc, c'est ça qui est dramatique.
04:19C'est que ça inquiète de plus en plus.
04:21Donc, les taux d'intérêt vont encore augmenter.
04:23On a frôlé les 5%.
04:24Je pense qu'on va bientôt atteindre les 6%.
04:26Donc, si vous avez crédit immobilier à faire,
04:28faites-le maintenant
04:28parce que les taux d'intérêt vont encore augmenter malheureusement.
04:31Et donc, ça veut dire récession,
04:33chômage qui augmente,
04:34nouvelle hausse de la dette.
04:35Donc, voilà.
04:35En bref, attachez vos ceintures.