00:00Européen Soir, 19h21, Charles Huillier.
00:04Je suis toujours accompagné de Sabrina Medjaber, essayiste et sociologue,
00:09et de Vincent Roy, écrivain, consultant pour CNews et Européen.
00:14Alors je le disais il y a quelques minutes, nous l'avons évoqué également tout à l'heure dans le
00:18journal d'Européen,
00:19il y a du nouveau concernant le drame de Crépaule.
00:22Je vais d'abord rappeler que Thomas Perrotto, 16 ans, a été tué lors d'une rixe en novembre 2023
00:28dans cette commune de la Drôme.
00:30Il y a trois semaines, la circonstance aggravante de racisme anti-blanc
00:34avait été retenue contre les 14 personnes mises en examen suite à ce drame.
00:39Un racisme anti-blanc finalement contesté par le parquet de Valence
00:43dans son réquisitoire définitif rendu hier.
00:45Pour faire simple et sans faire de cours de droit,
00:48le procureur a considéré qu'il ne fallait pas retenir le caractère raciste,
00:52estimant que les témoignages pour étayer cette accusation sont trop peu nombreux.
00:58Vincent Roy, je vous pose la question de but en blanc,
01:01y a-t-il selon vous aussi un raisonnement idéologique
01:05plutôt qu'un raisonnement basé sur les faits parce que les témoignages étaient nombreux ?
01:10Alors c'est très curieux parce que parfois vous avez vu dans un certain nombre d'affaires,
01:15le parquet se désolidarise de l'État.
01:20Ça arrive souvent alors que le parquet n'est pas réputé juridiquement indépendant.
01:27Seuls les juges du siège sont indépendants.
01:29On l'a vu dans plusieurs affaires,
01:32le parquet d'ailleurs n'est pas tenu de suivre par exemple les directives du garde des Sceaux.
01:39On l'a vu aussi dans un certain nombre d'affaires.
01:42Quand M. Darmanin demandait au parquet de faire une priorité
01:46pour ce qui était des plaintes déposées pour des violences faites sur les femmes ou sur les enfants,
01:53le parquet ne l'avait pas suivi.
01:55Donc voilà.
01:57Et pourtant, le parquet n'est pas indépendant.
02:00Et là, voici qu'on se rend compte qu'il n'est absolument pas indépendant
02:03puisque pour ce qui est de l'affaire de Crépole,
02:06il suit exactement ce que pense l'État, l'exécutif.
02:12Et par conséquent, on n'est pas autrement étonné.
02:16Le racisme anti-blanc n'existe pas.
02:19Donc c'est ce que j'en déduis.
02:20Alors justement à ce titre, je vous propose d'écouter Jérôme Triomphe,
02:24l'avocat des deux parties civiles du dossier.
02:27Il y a un déni de réalité, mais je vais rectifier quand même une chose.
02:30Il n'y a pas de rebondissement en réalité avec ces réquisitions complémentaires
02:33puisque le parquet n'a pas varié d'un iota depuis le début de l'enquête préliminaire,
02:39de l'enquête de flagrance même, il y a pratiquement trois ans.
02:42Depuis le début, le parquet refuse de retenir la circonstance aggravante
02:46de racisme anti-blanc et depuis anti-français
02:50puisque des propos ont depuis été rapportés de racisme anti-français.
02:54Ce qui est invraisemblable, c'est que dans ce requisitoire complémentaire,
02:59le parquet nous dit qu'à la fin de près de trois ans d'instruction,
03:03il n'y a pas d'élément suffisant, mais en réalité, il n'y avait pas d'élément suffisant
03:07pour lui depuis le départ, avant même qu'on ait examiné la question.
03:12Donc depuis le départ, le parquet refuse.
03:13Voilà, Jérôme Triomphe, avocat des deux parties civiles du dossier,
03:17du dossier Crépol, Sabrina Medjaber, je vous voyais opiné du chef
03:22en entendant maître Jérôme Triomphe.
03:24Oui, parce que le parquet représente la société civile.
03:28Donc le parquet est censé représenter les droits des citoyens.
03:34Et on se rend compte en effet qu'avec cette déclaration,
03:38le parquet opère une hiérarchisation victimaire.
03:42C'est-à-dire que le parquet estime qu'en France,
03:44il y a des victimes qui ont le droit d'être victimes de racisme
03:48et d'autres non.
03:49Malgré, évidemment, parce que dans le cadre de la procédure,
03:52cela est indiqué, et c'est même rendu public,
03:54malgré les 16 témoignages de personnes qui ont assisté ce soir-là
03:58à un climat de terreur, et qui ont entendu les phrases
04:00que l'on connaît désormais, tragiquement célèbres,
04:03on est venu pour planter du blanc, du gouère.
04:05Donc tout ça est su.
04:07Alors du gouère, pardon, je précise ce que ça veut dire, du blanc.
04:10Absolument, ça veut dire blanc en arabe, enfin français en arabe.
04:14Donc ce qui est très étonnant là, c'est qu'en effet,
04:18on se rend compte, enfin ce qui est étonnant,
04:20non, c'est qu'il y a certains juges
04:22qui sont idéologiquement imbibés
04:25de ce vieux logiciel antiraciste suranné,
04:30rayé des années 80,
04:31qui considère que seuls les Français dits racisés
04:34peuvent et subissent des discriminations,
04:38et de fait, ont occulté complètement
04:40l'existence du racisme anti-blanc.
04:43Moi je me suis fait conspuer, menacer,
04:45pour avoir dit que le racisme anti-blanc
04:48était un des racismes les plus violents,
04:50pour la simple et bonne raison
04:51qu'il a été invisibilisé pendant des années et des années.
04:55Seules quelques personnes ont eu le courage de le dire,
04:57je pense notamment à Naïma Moutchou,
04:59la députée, qui en a fait,
05:00qui l'a consacrée,
05:02en tant qu'avocate de la LICRA,
05:03et je pense également aux deux ouvrages
05:05de François Bousquet,
05:07donc journaliste,
05:07qui a eu la lucidité et le courage
05:10d'œuvrer pour recueillir des témoignages
05:11de personnes qui ont vécu ce racisme anti-blanc.
05:13Sabrina Medjabur, les arguments du camp d'en face,
05:16si j'ose dire,
05:17je fais un pas de côté,
05:18mais c'est important de s'y attacher.
05:20Bon, selon par exemple la France insoumise,
05:23et je paraphrase à peine,
05:24le racisme anti-blanc n'existe pas,
05:27parce que, et je mets des guillemets,
05:29parce que les personnes d'origine,
05:32et blanches de peau en tout cas,
05:34n'ont pas de problème pour accéder à l'emploi,
05:36n'ont pas de problème pour accéder à un logement,
05:38et donc, à ce titre,
05:39ce racisme n'est pas institutionnalisé.
05:42C'est l'argument,
05:43je referme les guillemets,
05:44excusez-moi Sabrina Medjabur,
05:45mais est-ce que vous comprenez,
05:46vous précisément, Sabrina Medjabur,
05:49ces arguments, justement ?
05:50Je ne comprends pas cette lecture marxisante,
05:52en réalité, du racisme,
05:55ou en tout cas,
05:56plus singulièrement,
05:57de la discrimination,
05:58parce que je pourrais, par exemple,
05:58vous rétorquer que
05:59les personnes qui habitent en ruralité
06:02ou dans nos provinces très éloignées
06:04des grandes conurbations
06:05subissent également une discrimination à l'embauche,
06:07subissent également une discrimination à l'emploi,
06:09pour la simple et bonne raison
06:10qu'il y a une désertion des services publics.
06:12Donc, vous voyez,
06:13cette lecture-là n'est pas,
06:14aujourd'hui, adaptée,
06:15cette espèce de rapport dominant-dominé
06:17sur la base de la couleur de peau
06:19n'est pas du tout, aujourd'hui, adaptée,
06:21dans la mesure où
06:22on voit,
06:23on s'aperçoit clairement
06:24que
06:26cette histoire,
06:27ce paradigme
06:27de blanchité structurelle,
06:29oppressive
06:30qui nous est importée des Etats-Unis
06:31n'est pas viable,
06:33aujourd'hui,
06:34et ça se vérifie
06:35avec, malheureusement,
06:36l'affaire de Crépole.
06:37– Alors, Vincent Roy,
06:38homme blanc de plus de 50 ans,
06:40je vais vous poser cette question,
06:41pardonnez-moi,
06:42Vincent Roy,
06:42c'était une boutade,
06:43mais je me permets,
06:44parce que c'est ce qu'on entend régulièrement,
06:46aussi,
06:46voilà,
06:47donc c'était une demi-plaisanterie,
06:50le caractère raciste
06:51retenu au départ
06:52par les juges d'instruction
06:54était une circonstance aggravante,
06:56si ce caractère raciste
06:58n'est pas retenu au procès,
07:00peut-on partir du principe
07:02que la peine
07:03pour les mises en cause
07:05sera inférieure ?
07:06– Ben, si.
07:07– Sans doute que oui.
07:08– Sans doute que oui,
07:08puisque c'est un facteur aggravant,
07:12donc aggravant,
07:13par conséquent,
07:14la peine,
07:15le quantum.
07:17– Tout à fait.
07:17– Donc, évidemment,
07:18on peut imaginer
07:20que la peine sera moindre.
07:21– Très bien,
07:22merci beaucoup.
07:23– Allez,
07:24j'aimerais refermer ce chapitre
07:27et ce drame de Crépaule
07:28dont on va continuer
07:29à parler
07:30dans les jours
07:31et les semaines qui viennent
07:32parce que ce qui est arrivé
07:33à Thomas Perrotto
07:35est tout simplement indicible.
07:36Je referme ce chapitre.
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