00:00À moins de trois semaines de la troisième édition de la fête de la Libération,
00:03prévue le 30 août 2026 à Makoku,
00:06Logo Ivindo est devenu un vaste chantier.
00:09Cabo Review rapporte que 17 projets structurants sont actuellement engagés
00:13dans la capitale provinciale et les quatre départements,
00:16avec l'ambition présidentielle de faire de cette célébration
00:19un accélérateur de transformation pour Logo Ivindo.
00:23Une dynamique bienvenue pour une province l'entend confrontée
00:25aux insuffisances infrastructurelles,
00:28mais derrière l'effervescence des travaux se pose une question autrement plus importante.
00:33Pourquoi faut-il encore attendre une fête nationale
00:35et la venue du chef de l'État pour accélérer des investissements
00:38qui devraient relever du fonctionnement normal de l'État ?
00:41Le 11 août 2026, Brice Clottero-Léguingéma a reçu les forces vives de Logo Ivindo
00:46afin de faire le point sur les préparatifs de la fête de la Libération
00:49et surtout sur les préoccupations des populations.
00:53Selon Cabo Review, nos tables parlementaires, cadres et représentants de la province
00:57ont évoqué avec le chef de l'État les difficultés rencontrées sur le terrain
01:01ainsi que l'état d'avancement des différents projets.
01:03À l'issue de cette rencontre, des orientations auraient été données
01:06pour accélérer certains travaux et en recalibrer d'autres
01:09à quelques jours des premières inaugurations.
01:11L'intention politique est parfaitement compréhensible.
01:14Utiliser une grande célébration nationale pour concentrer des moyens,
01:17accélérer les procédures et laisser derrière elles des infrastructures durables,
01:21encore faut-il que la fête de la Libération ne devienne pas
01:24le nouveau mécanisme d'aménagement du territoire gabonais.
01:27Une route, un équipement public ou une infrastructure essentielle
01:30ne devraient pas avoir besoin d'une commémoration présidentielle
01:34pour sortir de terre.
01:35C'est précisément ce paradoxe que l'effervescence actuelle de Makoku
01:38remet au centre du débat.
01:40Cabo Review évoque 17 chantiers structurants engagés à Makoku
01:44et dans les quatre départements de la province.
01:47Routes, équipements et infrastructures doivent progressivement modifier
01:49le visage de l'Ogué-Evindo.
01:52Pour les populations qui attendent parfois depuis des années
01:54l'amélioration de leurs conditions de déplacement
01:56ou l'accès à des services publics dignes de ce nom,
01:58ces investissements constituent évidemment
02:00une avancée qu'il serait absurde de minimiser.
02:03Mais leur concentration autour d'une échéance politique
02:05impose également de regarder au-delà des rubans
02:08qui seront coupés le 30 août.
02:10Quels sont précisément ces 17 projets ?
02:12Quels sont leurs coûts respectifs ?
02:14Quelles entreprises les exécutent ?
02:15Par quelles procédures les marchés ont-ils été attribués ?
02:18Quels étaient leurs calendriers initiaux ?
02:20Et quels sont leurs travaux d'exécution réels ?
02:23Surtout, que signifie exactement le récalibrage
02:25de certains travaux évoqués à l'issue de la rencontre ?
02:28Dans une république qui veut faire de la transparence
02:30une méthode de gouvernement,
02:32ces informations devraient accompagner naturellement
02:34l'annonce des chantiers.
02:36Car accélérer un chantier pour respecter une échéance commémorative
02:39ne doit jamais conduire à sacrifier la qualité à la vitesse.
02:43L'expérience gabonaise regorge suffisamment d'infrastructures inaugurées
02:46avec solennité, puis rapidement confrontées aux malfaçons,
02:49aux défauts d'entretien ou à l'abandon.
02:52La réussite de Makoku ne se mesurera donc pas au nombre d'ouvrages
02:56présentés au chef de l'État le 30 août,
02:59mais à leur État le 30 août 2027,
03:01puis cinq ou dix ans plus tard.
03:03C'est ici que l'initiative présidentielle doit être interrogée
03:06dans sa dimension institutionnelle.
03:08Gabon Review rapporte que le chef de l'État veut faire de cet événement
03:11un accélérateur de transformation pour l'Ogué-Ivindo.
03:14Mais si une célébration permet soudainement d'accélérer des routes,
03:18des équipements et différents projets structurants,
03:20cela signifie aussi que l'administration possède une capacité d'exécution
03:23qu'elle peine manifestement à mobiliser en temps ordinaire.
03:27Voilà le problème de fond.
03:29Le développement territorial ne devrait pas fonctionner
03:31au rythme des visites présidentielles.
03:33Les populations de Makoku, Mekambo, Auvent, Boué
03:36et des localités environnantes n'ont pas commencé à avoir besoin
03:39de routes, d'eau, d'électricité, de structures sanitaires
03:43ou d'équipements publics lorsque leur province a été choisie
03:45pour accueillir la fête de la libération.
03:48Ces besoins existaient avant et continueront d'exister
03:51après le départ des délégations officielles.
03:53Cette interrogation vaut d'ailleurs bien au-delà de l'Ogué-Ivindo,
03:57si chaque édition de la fête de la libération doit devenir l'occasion
04:00d'un rattrapage infrastructurel massif dans la province haute
04:03que deviennent celles qui devront attendre plusieurs années
04:06avant de recevoir la célébration.
04:08L'égalité territoriale ne peut être organisée
04:10selon un calendrier événementiel.
04:13Une politique d'aménagement du territoire suppose des priorités
04:15déterminées par les besoins des populations.
04:18L'urgence sociale et le déficit infrastructurel
04:20et non principalement par l'agenda des cérémonies nationales.
04:24La rencontre du 11 août a néanmoins une vertu
04:26Elle permet aux forces vives de porter directement certaines préoccupations
04:30devant le président de la République.
04:32Gabor Review souligne que les représentants locaux
04:34ont pu faire remonter les préoccupations exprimées sur le terrain.
04:38Cette écoute est utile.
04:40Elle devient toutefois préoccupante
04:41lorsqu'elle apparaît comme le passage nécessaire
04:44pour débloquer ce que les administrations territoriales,
04:46les ministères sectoriels et les élus
04:49devraient être capables de traiter en permanence.
04:51Pourquoi faut-il que le président intervienne
04:53pour accélérer ou recalibrer des chantiers ?
04:56Où sont les ministres responsables ?
04:58Où sont les administrations techniques ?
05:00Où sont les mécanismes de suivi contractuels ?
05:02Où sont les élus locaux et parlementaires
05:04dans le contrôle de l'exécution ?
05:06Un état efficace n'est pas celui dans lequel
05:08le président règle personnellement tous les problèmes,
05:10c'est celui dans lequel les institutions fonctionnent
05:13suffisamment bien pour que le président n'ait pas à le faire.
05:16C'est d'autant plus important que Brice Clotaire-Oleguin-Gema
05:19cumule les fonctions de président de la République
05:22et de chef du gouvernement.
05:24L'impulsion présidentielle peut fixer le cap,
05:26mais elle ne peut durablement se substituer à l'administration.
05:30Si chaque chantier doit attendre une instruction
05:32venue du sommet pour avancer,
05:34la question n'est plus seulement celle du développement
05:36de l'Ogué-Vindo, elle devient celle de l'efficacité
05:39même de la chaîne gouvernementale.
05:41Gabon-Ruio rapporte enfin que les autorités souhaitent
05:43que les investissements réalisés constituent
05:45un héritage pour les populations de l'Ogué-Vindo.
05:48C'est précisément sur cette promesse
05:50que devra être évaluée l'opération.
05:52Le 30 août passera, les officiels repartiront,
05:56les décorations seront retirées,
05:57les projecteurs médiatiques se déplaceront vers d'autres sujets,
06:00les populations, elles, resteront.
06:02C'est à ce moment que commencera véritablement l'évaluation.
06:07Les routes seront-elles achevées sur les longueurs annoncées ?
06:09Les équipements seront-ils effectivement ouverts
06:12et dotés de personnel ?
06:13Les infrastructures disposeront-elles ?
06:15de budget d'entretien.
06:17Les projets encore inachevés continueront-ils d'avancer
06:19avec la même célérité une fois la fête terminée ?
06:22Autant de questions qui permettront de distinguer
06:24une véritable politique de transformation territoriale
06:27d'une opération d'embellissement circonstancielle.
06:29La fête de la libération peut parfaitement devenir
06:32un accélérateur, elle ne doit simplement pas
06:34devenir la condition de développement.
06:36Le véritable changement de paradigme serait que
06:38Makoku bénéficie aujourd'hui de ses investissements,
06:41mais que Mekambo, Ovent, Boué et toutes les autres localités du Gabon
06:46puissent demain obtenir les leurs sans attendre qu'une tribune officielle,
06:50un défilé ou une visite présidentielle s'installent dans leur ville.
06:54Il serait donc injuste de réduire les 17 chantiers engagés
06:57à une simple opération de communication.
06:59Si les ouvrages sont effectivement livrés,
07:01correctement exécutés et durablement entretenus,
07:03les populations en seront les premières bénéficiaires.
07:06Mais l'ambition de la Ve République devrait précisément consister
07:09à dépasser cette logique où l'événement crée d'urgence,
07:12l'urgence débloque les moyens et la présence présidentielle
07:15accélère l'administration.
07:17Le défi posé par Makoku est finalement plus grand
07:20que la réussite de la cérémonie du 30 août.
07:23Il consiste à transformer une mobilisation exceptionnelle
07:25en méthode ordinaire de gouvernement,
07:28planifier, financer, exécuter, contrôler et rendre compte,
07:32quelle que soit la province et sans attendre les festivités.
07:35Car le meilleur héritage de cette troisième fête de la libération
07:38ne serait pas seulement les 17 chantiers annoncés.
07:42Ce serait qu'après Makoku, plus aucune province gabonaise
07:45n'ait besoin d'accueillir une fête nationale
07:46pour rappeler à l'État qu'elle aussi a droit au développement.
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