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[#Reportage] Enseignement supérieur : un milliard de FCFA injustifié… et toujours aucun responsable ?

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00:00Plus d'un milliard de francs CFA décartent dans les vacations universitaires des doublons,
00:05des heures excédent, les plafonds réglementaires, des pièces justificatives manquantes
00:09et des dépenses étrangères au dispositif.
00:11Les conclusions de l'audit diligenté sur instruction du président de la République
00:14sont suffisamment graves pour dépasser le simple registre des anomalies administratives.
00:19Comme le rapport Gabon Review sur 3,48 milliards de francs CFA initialement déclaré,
00:251,06 milliard demeurent injustifiées.
00:27Mais une question s'impose désormais, qui a produit, validé, ordonnancé ou laissé prospérer ces irrégularités ?
00:35Et surtout, pourquoi la réponse publique semble-t-elle encore hésiter entre réformes des procédures et éventuelles poursuites ?
00:41Là où la gravité des faits commande déjà d'établir les responsabilités.
00:46Il y a des chiffres qui devraient provoquer davantage qu'une réunion administrative.
00:50Celui révélé par l'audit des vacations de l'enseignement supérieur en fait partie.
00:54Selon Gabon Review, le contrôle demandé par le président Brice Clotaire-Olig Ingema a fait apparaître un écart de 1
01:00,60,193,019 francs.
01:04Entre les montants initialement déclarés et les dépenses effectivement justifiées, la dette présentée à l'État atteignait 3,488,406
01:13,925 francs CFA.
01:14Autrement dit, près d'un tiers de la somme réclamée ne trouve, à ce stade, aucune justification suffisante.
01:21Les conclusions ont été présentées le 11 août 2026 au vice-président du gouvernement, Hermann Imongo, par le ministre de
01:27l'Enseignement supérieur, Charles-Edgar Mambo.
01:30Que l'exécutif ait décidé de contrôler ses dépenses est évidemment salutaire, mais découvrir une anomalie n'est que la
01:36première moitié du travail.
01:37La seconde consiste à déterminer qui en répond, car un milliard de francs CFA ne se glissent pas seuls dans
01:43des états de paiement.
01:45Derrière chaque heure déclarée, chaque État établi et chaque pièce validée existent nécessairement des acteurs administratifs.
01:52Gabon Review rapporte que les contrôleurs ont relevé des écarts dans les volumes d'heures déclarées,
01:56des dépassements des plafonds réglementaires, l'absence de pièces justificatives et des doublants dans les états transmis.
02:0212 établissements publics ont été examinés pour les années académiques 2023-2024 et 2024-2025.
02:08Ils ont également été identifiés des éléments étrangers au périmètre des vacations et des prélèvements fiscaux qui n'auraient pas
02:14été régularisés.
02:16Pris séparément, certains de ces constats peuvent éventuellement relever de dysfonctionnements administratifs.
02:21Pris ensemble et rapporté à 1,06 milliard de francs CFA, il impose une investigation autrement plus exigeante.
02:28Combien de bénéficiaires sont concernés ? Quel établissement concentre les écarts les plus importants ?
02:34Qui a établi les états litigieux ? Qui les a certifiés ? Qui devait les contrôler ?
02:38Des paiements induits ont-ils effectivement été réalisés ?
02:41Ou s'agit-il seulement de créances déclarées, puis rejetées par l'audit ?
02:45Ces distinctions sont essentielles avant de parler juridiquement de détournement ou de malversation.
02:50C'est précisément pourquoi le débat ne doit pas s'arrêter à l'annonce d'un chiffre spectaculaire.
02:54Il faut désormais remonter toute la chaîne de responsabilités.
02:57S'il existe des auteurs de fausses déclarations, il faut les identifier.
03:01S'il existe des agents ayant anciennement validé des données irrégulières,
03:04leur responsabilité doit être examinée.
03:06Et si des complicités ou des défaillances délibérées du contrôle ont permis aux mécanismes de fonctionner,
03:11elles doivent également être recherchées.
03:13L'argent public ne connaît pas seulement celui qui le réclame,
03:16il connaît aussi celui qui vérifie, autorise et ordonne.
03:21Pourtant, la communication gouvernementale semble pour l'instant privilégier la correction du système.
03:26Gabon Review indique que les recommandations portent notamment sur la révision du décret numéro 0011-PR-MESRSTT du 7 mars
03:362023.
03:36L'harmonisation des états de paiement, la fiabilisation du fichier des bénéficiaires et le renforcement du contrôle interne.
03:43Ces mesures sont nécessaires, mais elles répondent à la question de savoir comment empêcher demain ce qui s'est produit
03:49hier.
03:49Pas à celle de savoir qui doit répondre de ce qui s'est déjà produit.
03:53C'est ici que le discours public devient inconfortable.
03:56Selon Gabon Review, Herman Imongo a rappelé que la démarche visait à instaurer une gestion plus vertueuse et rationnelle des
04:04ressources publiques,
04:05tout en indiquant que des poursuites judiciaires pourraient être engagées si des malversations ou actes illégaux délibérés étaient établis.
04:11Cette prudence respecte certes la présomption d'innocence et la nécessité de consolider les constatations de l'audit,
04:17mais elle ne doit pas devenir un nouvel euphémisme administratif.
04:21Car lorsque plus d'un milliard de Français demeurent inexpliquées,
04:24la question judiciaire ne peut être traitée comme un simple appendice de la réforme administrative.
04:29L'audit administratif constate, l'enquête judiciaire, lorsqu'il existe des indices d'infraction, recherche les responsabilités pénales.
04:36L'un ne devrait pas nécessairement attendre que l'autre ait épuisé toutes les possibilités de régularisation documentaire.
04:42Le Gabon a connu suffisamment de rapports, missions de contrôle, commissions et audits
04:47pour savoir que la révélation d'une irrégularité ne constitue pas en elle-même une politique de lutte contre l
04:52'impunité.
04:53Ce qui restaure la confiance, ce n'est pas seulement de découvrir les anomalies,
04:57mais de démontrer que les mêmes règles s'appliquent à celui qui enseigne,
05:00à celui qui administre, à celui qui ordonne et à celui qui contrôle.
05:05Il faut également éviter une autre injustice, jeter indistinctement le soupçon sur les enseignants vacataires,
05:09dont beaucoup attendent précisément le règlement d'heure réellement effectué.
05:13L'audit doit permettre de séparer clairement les créances régulières des sommes litigieuses.
05:18Ceux qui ont travaillé doivent être payés, ceux dont les déclarations seraient frauduleuses doivent répondre de leurs actes
05:23et ceux qui auraient facilité, couvert ou organisé d'éventuelles irrégularités
05:27ne sauraient disparaître derrière la formule commode des dysfonctionnements.
05:31C'est pourquoi la transparence commande désormais la publication, au moins dans ses éléments essentiels,
05:36des conclusions de l'audit, ventilation des 1,06 milliard contestés par établissement,
05:41typologie des irrégularités, montant effectivement payé ou simplement réclamé,
05:45mécanisme ayant permis les anomalies et mesures conservatoires prises.
05:49Sans ces précisions, le milliard injustifié risque de devenir un chiffre politique
05:53avant de devenir un dossier de responsabilité.
05:56Si les investigations établissent que certaines irrégularités résultent de manœuvres intentionnelles,
06:01il faudra alors ceci de parler uniquement de failles.
06:04Une fraude suppose potentiellement des auteurs, son organisation peut impliquer des co-auteurs,
06:10sa facilitation consciente peut révéler des complicités.
06:13Ce sera à la justice et non à la rumeur ou à la presse d'en déterminer l'existence et
06:18les qualifications.
06:19Mais encore faut-il qu'elle soit effectivement saisie lorsque les éléments le justifient.
06:24L'enjeu dépasse d'ailleurs le seul milliard de francs CFA.
06:26Il touche à la crédibilité même du discours de rupture porté depuis 2023,
06:30peut-on demander aux Gabonais davantage de discipline fiscale,
06:33rationaliser les dépenses, supprimer certains avantages ou réformer les carrières publiques,
06:38tout en laissant sans réponse ferme des irrégularités massives détectées dans les comptes de l'État ?
06:42L'effort collectif devient difficilement acceptable lorsque la sanction des abus paraît facultative.
06:48Le président de la République a demandé l'audit.
06:51L'audit a produit ses premiers constats.
06:53Le gouvernement dispose désormais des résultats.
06:56La balle est donc dans le camp de l'État.
06:57Soit les pièces complémentaires expliquent objectivement l'écart et il faudra le dire publiquement,
07:02soit une partie de ce milliard demeure irrégulière et il faudra identifier les responsabilités
07:06administratives, financières et, le cas échéant, pénales.
07:11Réformer le décret, numériser les états de vacations,
07:14fiabiliser les fichiers et renforcer le contrôle interne constitue des réponses indispensables.
07:19Mais aucune réforme informatique ou réglementaire ne remplacera jamais la responsabilité humaine.
07:24Un système ne fabrique pas spontanément des doublons, ne gonfle pas seuls les heures et
07:29ne valide pas lui-même des pièces inexistantes.
07:32C'est désormais sur ce terrain que le gouvernement sera attendu, non pas celui des annonces,
07:36mais celui de la réédition des comptes.
07:38Si les faits sont établis, les responsables doivent être identifiés, les sommes indûment
07:42perçues, recouvrées et les éventuelles infractions transmises aux juridictions compétentes.
07:46Dans le cas contraire, il faudra expliquer précisément pourquoi.
07:50Car après 1,60,193,019 Français et fans non justifiés, la question n'est plus seulement
07:56comment mieux gérer les vacations universitaires, elle devient beaucoup plus dérangeante.
08:00Qui a laissé faire ? Qui en a éventuellement profité ?
08:03Et pourquoi ? Personne ne répond-il encore de rien.
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