00:04La société d'énergie et d'eau du Gabon, SEEG, disparaîtra sous sa forme actuelle au 1er janvier 2027
00:10pour laisser place à deux entités distinctes dédiées à l'eau et à l'électricité.
00:15Mais derrière cette réforme présentée comme une remise à plat du secteur subsiste,
00:19une question autrement plus embarrassante.
00:21Que deviendront les quelques 150 milliards de Français, pas de dettes accumulées par l'entreprise ?
00:26Si le gouvernement assure que ce passif ne sera pas transféré aux futures sociétés,
00:30Direct Info Gabon relève que personne n'a encore clairement indiqué qui, au bout de la chaîne, devra payer la
00:36facture.
00:37La restructuration de la SEEG est désormais engagée.
00:40Lors du conseil d'administration du 31 juillet 2026, le ministre de l'Accès universel à l'eau et à
00:45l'énergie,
00:46Philippe Tonangoy, a exposé une situation financière particulièrement dégradée.
00:5045,6 milliards de Français faite perte nette, des charges financières qui auraient été multipliées par 14
00:56en quelques années et un chiffre d'affaires pratiquement stagnant entre 2020 et 2023.
01:02Ces chiffres viennent donner une traduction comptable à une crise connue depuis plusieurs années par les Gabonais,
01:07difficultés de trésorerie, fournisseurs impayés, infrastructures fragilisées et qualités de services régulièrement contestées.
01:13Mais la scission annoncée de la SEEG fait désormais surgir une question
01:16qui dépasse la seule réorganisation administrative de l'entreprise.
01:21Direct Info Gabon rappelle qu'en février dernier,
01:22Philippe Tonangoy avait lui-même évalué la dette de la SEEG à près de 150 milliards de francs CFA,
01:29l'attribuant notamment à des problèmes de mauvaise gouvernance combinés à une trésorerie
01:32devenue insuffisante pour honorer les engagements de l'entreprise envers ses fournisseurs.
01:38Or, comme le souligne pertinemment Direct Info Gabon,
01:40l'assurance gouvernementale selon laquelle le passif de la SEEG ne sera pas transféré aux futures entités
01:45ne règle en rien le problème.
01:47Elle ne fait que déplacer la question,
01:49car une dette ne disparaît pas avec un changement de raison sociale,
01:52encore moins avec une scission.
01:54Les créanciers existent,
01:56les factures existent,
01:58les engagements contractuels existent
01:59et les 150 milliards de francs CFA devront nécessairement être supportés quelque part.
02:05La vraie question n'est donc plus de savoir si les futures entités hériteront de la dette.
02:09Le gouvernement affirme que non.
02:10Elle est désormais beaucoup plus simple.
02:12Qui va payer ?
02:13Le mécanisme envisagé consisterait à loger le passif historique de la SEEG dans une structure spécifique,
02:19afin que les futures sociétés chargées de l'eau et de l'électricité puissent démarrer avec des bilans assainis.
02:25Comptablement, la méthode se comprend.
02:27Économiquement, elle ne constitue pourtant pas un effacement de dette.
02:31Direct Info Gabon met justement le doigt sur l'angle mort de l'opération.
02:34Cette structure spécifique devra-t-elle même être financée ?
02:37Trois hypothèses se dessinent alors.
02:38Prise en charge par le budget de l'État.
02:40Valorisation ou cession d'actifs ou négociation avec les créanciers pour rééchelonner, voire restructurer une partie du passif.
02:48Pour l'heure, aucune architecture financière complète n'a été publiquement exposée.
02:52Et si l'État devait finalement recapitaliser la structure, garantir ses emprunts ou payer directement les créanciers,
02:58le contribuable gabonais deviendrait, de fait, le payeur en dernier ressort d'une dette née en partie des dysfonctionnements accumulés
03:04dans la gestion de la SEEG.
03:06C'est précisément ce point qui mérite aujourd'hui d'être clarifié.
03:09Direct Info Gabon replace également cette restructuration dans un contexte financier particulier.
03:13Celui d'un Gabon ayant récemment mobilisé plus de 524 milliards de francs CFA sur les marchés financiers internationaux.
03:20Il serait hasardeux, en l'absence d'annonce officielle, d'affirmer qu'une partie de ses ressources servira à appurer
03:26le passif de la SEEG.
03:28Mais la question est légitime.
03:29Comment le gouvernement entend-il financer la défisance ?
03:32Par une dotation budgétaire, un emprunt spécifique, une garantie souveraine, une restructuration des créances, une cession d'actifs ou une
03:40combinaison de plusieurs mécanismes.
03:42Sur un passif annoncé à 150 milliards de francs CFA, le silence sur le schéma de financement ne peut durablement
03:47tenir lieu de réponse.
03:50Autre élément soulevé par Direct Info Gabon.
03:52La volonté de faire passer la participation publique au capital de 56% à 67% afin d'atteindre le
03:58seuil de majorité requis dans le cadre juridique retenu pour conduire l'opération.
04:02Là encore, l'objectif politique est compréhensible.
04:06Assurer à l'État une maîtrise renforcée des futures entités stratégiques.
04:09Mais davantage de contrôle signifie potentiellement davantage d'engagement financier.
04:13Comme le relève le média, cette montée au capital pourrait passer soit par un rachat des participations détenues par les
04:18actionnaires minoritaires,
04:20soit par une opération d'augmentation de capital modifiant leur poids relatif.
04:25Dans les deux hypothèses, une question revient.
04:27Combien coûtera l'opération ?
04:29Car il faudra alors additionner le coût éventuel de la reprise du passif, celui de la recapitalisation des nouvelles structures
04:36et les investissements considérables nécessaires à la remise à niveau des réseaux d'eau et d'électricité.
04:41Mais le problème de fonds est peut-être ailleurs.
04:44Direct Info Gabon avertit à juste titre qu'un simple nettoyage du bilan,
04:48s'il n'est pas accompagné d'une transformation de la gouvernance et du modèle économique,
04:53risque seulement de remettre les compteurs à zéro avant un nouveau cycle d'endettement.
04:56C'est là que la réforme de la SEC sera véritablement jugée.
05:00Si les causes ayant produit les 150 milliards de francs CFA de dette demeurent,
05:03mauvaise gouvernance, faiblesse du recouvrement, charges incontrôlées, investissements insuffisants,
05:08modèles tarifaires déséquilibrés ou dépendances permanentes aux subventions publiques,
05:12séparer l'eau de l'électricité ne résoudra rien.
05:15On aura simplement deux sociétés propres sur le papier au 1er janvier 2027,
05:20susceptibles de reproduire demain les déséquilibres de celles qu'elles remplacent.
05:24La scission de la SEC peut être nécessaire.
05:27L'assainissement de son bilan aussi,
05:29mais une restructuration ne saurait transformer 150 milliards de francs CFA de dette en ligne comptable invisible.
05:35Avant le 1er janvier 2027, le gouvernement devra donc répondre précisément à quelques interrogations.
05:41Quel montant exact du passif sera placé dans la structure de défaisance ?
05:45Quels créanciers sont concernés ?
05:47Sur quelle durée seront-ils rembrossés ?
05:48Avec quelles ressources ?
05:50Quel sera le coût de la montée de l'État au capital ?
05:52Et surtout, quelles garanties existent-ils que les futures sociétés ne recommenceront pas à accumuler les déficits ?
05:58Car derrière les montages juridiques et financés,
06:00il n'existe finalement que quelques payeurs possibles.
06:02L'entreprise, ses créanciers, l'État, les usagers ou le contribuable.
06:07Et si, comme l'écrit Direct Info Gabon, le passif de la SEC ne sera pas transféré aux futures entités,
06:12alors une interrogation devient incontournable.
06:15À qui sera-t-il transféré ?
06:17C'est désormais moins la scission de la SEC qui mérite d'être scrutée
06:21que la destination de ces 150 milliards de francs CFA de dette.
06:25Car changer le nom du débiteur ne fait jamais disparaître la facture.
06:32Sous-titrage Société Radio-Canada
06:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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