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  • il y a 16 heures
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00:00On va parler maintenant de ce qui s'est passé dans la nuit du 9 au 10 août dernier.
00:04Un immeuble de famille de gendarmes a été visé par des tirs de mortier du côté du territoire de Belfort,
00:11selon nos confrères en région.
00:12On est avec vous, Jean Delacoste, du service Polyjustice de CNews.
00:16Que sait-on du déroulé des faits, Jean ?
00:18Eh bien, le cours de cette nuit, à 1h du matin, un peu après 1h du matin,
00:21des tirs de mortier visent la façade d'un immeuble.
00:24Il s'agit des logements des militaires de la brigade locale,
00:27de la brigade de gendarmerie et des familles avec enfants sont à l'intérieur de ces logements.
00:31Une dizaine d'artifices explosent au niveau des balcons.
00:35Les dégâts, il faut savoir, l'immeuble fait à peu près trois étages.
00:38Les dégâts sont minimes, mais les traces restent visibles sur les murs.
00:41Cinq gendarmes sortent de chez eux pour tenter d'arrêter les auteurs.
00:44Un lanceur et un briquet sont retrouvés non loin, mais la rue est déserte.
00:48Le parquet de Belfort dénonce une attaque délibérée et préméditée.
00:52Le bâtiment qui abrite les militaires et leurs familles est voisin de la brigade.
00:56Il juxte le bâtiment qui reçoit du public.
00:59Il est protégé par des grillages portant des panneaux désignant la présence d'un terrain militaire.
01:04La dizaine de tirs a été dirigée contre les logements où résident une dizaine de familles.
01:09Onze plaintes ont été déposées.
01:11La mairie propriétaire des locaux porte plainte également pour les dégradations.
01:14Le ou les auteurs sont toujours en fuite à cette heure,
01:17après une attaque sans raison objective selon le procureur,
01:20étonnés et inquiets de cette utilisation hostile de mortiers d'artifice
01:24dans ce secteur rural du territoire de Belfort.
01:27Merci beaucoup pour ces précisions.
01:29Et justement, nous sommes avec le procureur de la République de Belfort et Montbéliard,
01:33Paul-Édouard Lalloy.
01:35Merci et bonsoir d'être avec nous.
01:37Bonsoir et merci plutôt d'être avec nous sur CNews et sur Europe 1.
01:41On vient d'entendre le déroulé des faits avec Jean Delacoste.
01:45Ce qui semble évidemment dramatique, c'est que la volonté de s'en prendre
01:50à des familles de gendarmes, elle est indéniable dans cette affaire.
01:54Indéniable.
01:55C'est une véritable attaque en règle, très méditée,
01:59parce que le mode opératoire nous l'indique,
02:02à une heure nocturne qui heureusement n'a pas fait de blessés,
02:06mais on aurait été sur une heure diurne, en soirée.
02:09C'est un bâtiment qui abrite les familles des gendarmes,
02:12les enfants, les compagnes, les conjoints.
02:15Et donc, un seul mortier est capable d'entraîner des blessures très graves.
02:20Heureusement, pas non plus de mortier qui traverse une fenêtre.
02:23La zone visée, il y a des balcons, des différents appartements,
02:27des logements des militaires.
02:28Donc, bien heureusement, aucun mortier n'a pénétré dans un des logements,
02:31mais il aurait pu faire beaucoup plus de dégâts
02:33que ça n'en a fait sur le simple plan macarien.
02:35Oui, parce que vous le rappeliez, évidemment,
02:37beaucoup de peur pour ces familles, on l'imagine,
02:40de comprendre ce qui se passe comme ça.
02:42En pleine nuit, pas de dommages humains.
02:45En revanche, c'était sans doute quand même la volonté de ces agresseurs
02:49que, non seulement de faire peur,
02:51mais peut-être en plus de blesser des forces de l'ordre ou leurs familles.
02:55À mon sens, incontestablement,
02:57parce que les constatations qui sont faites
02:59par les techniciens en identification criminelle
03:02qui se sont rapidement rendus sur les lieux
03:04nous permettent de déterminer la zone de tir.
03:07On va retrouver un lanceur et un briquet
03:10sur une zone où il n'y a absolument rien d'autre
03:13et on ne peut pas se méprendre sur la localisation,
03:16le type de bâtiment.
03:17Vous êtes sur une enceinte qui est bien siglée comme terrain militaire
03:20relevant de la gendarmerie nationale.
03:22Et donc, à partir du moment où vous avez bien l'immeuble lui-même
03:25qui est ciblé, non pas sur la toute hauteur,
03:27mais on est bien sur la façade elle-même,
03:29ça veut dire que vous avez un acte qui est délibéré
03:31et qui vise tout aussi délibérément
03:33non seulement un sanctuaire de la République,
03:36mais ce qui atteint, j'allais dire,
03:38le plus au cœur de la gendarmerie,
03:40c'est-à-dire leur famille elle-même.
03:42Donc, c'est la raison pour laquelle,
03:43en plus de l'infraction de dégradation
03:45du bien public par moyens dangereux,
03:47nous avons retenu à ce stade
03:49l'infraction de violences volontaires avec armes
03:51visant des militaires de la gendarmerie nationale.
03:54Malheureusement, le fait que les forces de l'ordre
03:56soient devenues des cibles,
03:57c'est toujours aussi dommageable,
03:58mais ça devient malheureusement récurrent.
04:00Et ce qu'on voit en plus,
04:01c'est que de plus en plus,
04:02les familles, les compagnes, les compagnons,
04:04les enfants de ces gendarmes,
04:06de ces policiers sont des cibles.
04:08On sait qu'il y a parfois des gendarmes
04:09qui demandent à leurs enfants à l'école
04:10de ne pas dire ce que fait papa ou maman
04:12pour éviter d'être une cible.
04:14Et malheureusement, ce qui s'est passé chez vous
04:16l'illustre parfaitement.
04:17On s'en prend aux gendarmes,
04:19mais également et volontairement à leur famille.
04:22C'est encore un pas de plus dans la haine,
04:24c'est de se dire non seulement
04:25on s'en prend aux forces de l'ordre,
04:26ce qui déjà évidemment n'est pas à faire
04:28et est parfaitement condamnable.
04:29Mais on va plus loin,
04:30on tente aussi d'effrayer leur famille.
04:32Tout à fait, c'est parfaitement intolérable.
04:35Vous l'indiquez,
04:35on franchit un stade supplémentaire.
04:37Sur une zone qui plus est,
04:39on est dans une zone secteur rural,
04:41on n'est pas du tout habitué
04:42à des phénomènes de violence urbaine
04:44comme on pourrait le voir
04:45dans des cités importantes.
04:46Et donc, on est dans la stupéfaction
04:48la plus complète.
04:49Vous parliez des conséquences,
04:50l'anxiété,
04:52les risques du métier de gendarme
04:53n'impliquent pas le fait
04:54de se sentir en danger permanent
04:56et en particulier
04:57lorsqu'on est en temps de repos,
04:59on est la nuit,
04:59on est chez soi,
05:00auprès des siens
05:01et on a le sentiment
05:02qu'effectivement,
05:03on franchit ce cap supplémentaire
05:05en instillant de l'anxiété permanente,
05:07de la crainte permanente
05:08auprès des familles
05:10des plus proches des gendarmes,
05:11de leurs enfants
05:11et ceci est parfaitement inadmissible.
05:13C'est la raison pour laquelle
05:14nous avons retenu
05:15le cadre légal le plus élevé,
05:16que nous mettons tous les moyens
05:18à notre disposition
05:19pour identifier au plus vite
05:20ce qui me semble être
05:21un petit noyau
05:22de fauteurs de troubles locaux,
05:24on est en train de travailler
05:24autour de cela,
05:25dès qu'on sera en mesure
05:26de procéder aux interpellations,
05:27naturellement,
05:28cette phase suivra
05:29avec une volonté
05:31de notre part
05:31d'une réponse pénale
05:32d'une particulière fermeté
05:33parce que vous l'indiquiez,
05:34de tels actes
05:35sont parfaitement intolérables
05:36et il faut absolument
05:37faire passer des messages
05:38d'une fermeté absolue
05:40pour faire en sorte
05:40de protéger justement
05:41ceux dont le métier même
05:43est de protéger
05:44nos concitoyens.
05:45Justement,
05:45l'ambiance en ce moment
05:47sur place,
05:47vous disiez,
05:48milieu plutôt rural,
05:49pas habitué
05:50à ce genre de violence.
05:52On sait que par exemple,
05:52parfois,
05:53ce genre d'affaires arrive
05:55quand il y a eu
05:55des démantèlements
05:56de points de deal,
05:56qu'il y a une sorte
05:57de guerre de territoire
05:58qui est en train
05:58de s'installer.
05:59Est-ce que vous avez ça
06:01chez vous ?
06:01Est-ce que récemment,
06:02il y a eu des opérations
06:04qui peuvent mener
06:04à ce genre de guerre
06:06de territoire,
06:06même si évidemment,
06:07rien n'explique jamais
06:08qu'on aille s'attaquer
06:09à des gendarmes
06:09ou à leur famille ?
06:11Pour le coup,
06:12pas du tout.
06:12C'est effectivement
06:13le type de raisonnement,
06:14les hypothèses
06:15que nous avons rapidement émises.
06:16Aucun événement récent
06:18sur le secteur
06:19de la communauté
06:20de brigade de gendarmerie
06:21de DEL,
06:22tous les environs,
06:23il n'y a pas eu d'affaires
06:24qui justifieraient,
06:25qui pourraient expliquer,
06:26parce que rien,
06:26vous l'indiqué,
06:27ne peut justifier
06:28de tels actes,
06:28qui pourraient expliquer
06:29qu'on tente par représailles,
06:31comme on le voit parfois
06:32lorsqu'effectivement
06:32nous menons des opérations
06:33de démantèlement
06:34de points de deal,
06:35on lance des gros coups
06:36de filet important
06:37avec beaucoup d'interpellations.
06:39Là,
06:39ce n'est pas le cas du tout.
06:40Il n'y a aucun événement récent
06:41qui pourrait expliquer
06:43que telle personne
06:44puisse en vouloir,
06:46nommément à un ou plusieurs
06:47militaires de cette brigade,
06:49ce qui nous plonge
06:49encore une fois
06:50dans l'incompréhension
06:51la plus totale
06:52et l'inquiétude.
06:52Moi,
06:53ce qui m'inquiète,
06:53c'est de me dire
06:54que sans raison apparente,
06:56on vienne comme ça
06:57s'en prendre,
06:58j'allais dire,
06:59gratuitement
06:59à des militaires
07:00de la gendarmerie
07:01et à leur famille.
07:02Ceux-ci doivent particulièrement
07:03nous interpeller
07:04et nous conduire
07:05d'autant plus
07:05à mettre des moyens importants
07:07pour arriver à identifier
07:08et traduire en justice
07:09ces auteurs
07:10d'actes totalement intolérables.
07:12Merci beaucoup,
07:13en tout cas,
07:13d'avoir été avec nous
07:14comme ça,
07:15ça nous a permis
07:15de bien faire le point
07:16justement
07:17et de parler
07:17de cette affaire
07:18absolument scandaleuse.
07:20Merci Paul-Édouard,
07:21la loi procureur
07:23de la République
07:23de Belfort
07:24et de Montbéliard.
07:26Effectivement,
07:26Joachim Lefloie-Quimane,
07:27on voit véritablement
07:28jusqu'où on veut aller
07:30déstabiliser
07:31les forces de l'ordre.
07:31On les agresse
07:32dans la rue,
07:33on agresse leur commissariat
07:34et maintenant,
07:35on passe,
07:35depuis quelques temps d'ailleurs,
07:37cette étape supplémentaire
07:38de vouloir aller
07:39traumatiser
07:40leur famille,
07:41leur femme,
07:41leur mari,
07:42leurs enfants.
07:43On imagine de se réveiller
07:44en pleine nuit
07:44alors qu'on est en train
07:45de tirer des mortiers
07:46sur le domicile,
07:47le traumatisme qu'il y a,
07:48même si, heureusement,
07:50il n'y a pas de blessés.
07:50On voit deux choses.
07:51En effet,
07:52que nos forces de l'ordre
07:53sont devenues des cibles,
07:54qu'on n'a pas en France,
07:55comme vous voudrez faire croire
07:56certains à l'extrême-gauche,
07:57une police qui tue,
07:58mais au contraire,
08:00une police qui meurt
08:01ou du moins,
08:02que de plus en plus
08:03de personnes veulent tuer,
08:05parce qu'il faut quand même rappeler
08:05qu'on a 15 000 policiers
08:07blessés en activité par an.
08:09Et l'autre réalité
08:11qu'on voit à travers
08:11cette actualité,
08:12c'est qu'il faut cesser
08:13de trouver des causes
08:14sociales à la violence.
08:16On voit bien
08:16qu'on n'a pas affaire
08:17à des nouveaux
08:18donnés de la terre,
08:19mais qu'on a juste affaire
08:20à des voyous
08:21qui veulent simplement
08:23contester l'autorité
08:24de l'État,
08:25défier l'État,
08:26nier son monopole
08:27de la violence illégitime.
08:28Pourquoi ?
08:28Tout simplement
08:29parce qu'il considère
08:30l'État
08:30comme un gang rival.
08:32Donc on ne pourra pas
08:33répondre à la multiplication
08:34de ce type de violence
08:38extrêmement épouvantable
08:39puisqu'elle frappe
08:39jusqu'aux familles.
08:40Si on n'a pas
08:41une tolérance zéro
08:43du point de vue
08:44de la réponse pénale,
08:45je pense que des peines
08:46automatiques pour ceux
08:47qui s'en prennent
08:47aux policiers
08:48comme à tous les dépositaires
08:49de l'autorité publique
08:50iraient dans le bon sens,
08:51mais ça,
08:52ça ne peut pas se faire
08:52à constitution égale.
08:53Mais on voit aussi,
08:54Myriam,
08:55l'inversion totale.
08:56Il y a encore
08:57quelques années,
08:58les gendarmes
08:59étaient fiers
09:00de leur travail
09:00et fiers par exemple
09:01que leurs enfants
09:02puissent dire
09:02papa, maman et gendarmes
09:04et policiers,
09:04policières, etc.
09:05Même les enfants
09:06en étaient fiers
09:06de le dire
09:07aux petits camarades.
09:08Aujourd'hui,
09:09on fait même intégrer
09:10à ces enfants
09:10qu'attention,
09:11il vaut mieux
09:12ne pas dire
09:12le travail de papa
09:13ou maman suivant
09:14qui est dans les forces
09:15de l'ordre,
09:15qu'il vaut mieux le cacher
09:16parce qu'ils deviennent
09:17des cibles.
09:18C'est aussi pour ces enfants
09:19qui grandissent
09:20dans un monde
09:21où ils comprennent très vite
09:22qu'en fait,
09:22leurs parents sont des cibles
09:23et que donc,
09:24il faut cacher
09:25qui ils sont
09:26pour éviter
09:26qu'ils soient agressés.
09:28Oui,
09:28c'est la pression
09:29que met la nouvelle délinquance
09:31que nous connaissons aujourd'hui.
09:32C'est cette pression-là,
09:33sa mondialisation
09:34et puis l'absence de code
09:36que nous connaissons aujourd'hui
09:38qui caractérise
09:39la délinquance
09:40qui est en anesthésie complète
09:42d'empathie.
09:43Vous l'avez dit,
09:44les gendarmes,
09:44eux,
09:45travaillent plus
09:45sur des territoires ruraux.
09:47Donc,
09:47qu'est-ce que ça veut dire ?
09:48Ça veut dire que la délinquance,
09:49la violence,
09:50aujourd'hui,
09:50n'épargne plus
09:51aucun territoire en France.
09:52On parle d'elle,
09:53on ne parle pas de Marseille,
09:54de Villeurbanne
09:55ou de Toulouse.
09:55On parle du territoire
09:56de Belfort
09:57qui est plus ou moins tranquille.
09:58Au même moment,
09:59on a l'air de ne pas comprendre
10:00que ça s'arrivait en fait.
10:01Parce qu'on n'a pas touché,
10:03je veux dire,
10:04des représentants en exercice.
10:06On a touché leur famille
10:07dans leur lieu de vie.
10:09C'est complètement,
10:09alors vous l'avez dit,
10:10il n'y a pas d'explication
10:11sociologique ou sociale,
10:12à moins que,
10:13comme on le disait,
10:14on soit dans une forme
10:16d'idéologie de la délinquance
10:18comme il y a une idéologie
10:20de l'islamisme
10:21ou du radicalisme
10:22où on veut finalement terroriser
10:24l'ensemble de la population
10:26et l'ensemble du territoire,
10:27quitte à nous dire
10:28que plus aucun territoire français
10:30aujourd'hui
10:30n'est en sécurité
10:31parce que c'est ça.
10:32Et là,
10:33pour le coup,
10:33on peut vraiment parler
10:34d'idéologie
10:35de violence,
10:36de délinquance
10:37ou de délinquance violente,
10:39etc.
10:39Puisque,
10:40effectivement,
10:41ici,
10:42on exerce une forme
10:43d'intimidation,
10:44non pas sur celui
10:45qui exerce
10:45et qui représente
10:46l'institution,
10:47mais sur son épouse,
10:49ses enfants,
10:49sa famille,
10:50ceux qui n'ont a priori
10:51rien à voir.
10:52C'est comme si
10:53j'allais attaquer
10:54l'épouse,
10:56la femme,
10:56la frère ou l'enfant
10:57d'un journaliste
10:58parce qu'il a émis
10:59des idées
10:59ou d'un homme politique
11:00parce qu'il a exprimé
11:01une opinion.
11:02Des hommes qui font
11:03leur travail,
11:04qui défendent
11:05le citoyen
11:06et encore une fois,
11:07on est a priori
11:08sur des territoires
11:09qui sont plus ou moins
11:11épargnés,
11:12plus ou moins épargnés,
11:14en tout cas avec des grandeurs
11:15qui sont différentes
11:15que celles que nous connaissons
11:16ailleurs.
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