Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00La France est donc dans une situation inquiétante. On a 70% du pays qui est en restriction d'eau.
00:05Ce sont les effets conjugués de ces fortes chaleurs qui provoquent la sécheresse, chaleur à répétition.
00:11Les lacs, les rivières, les cours d'eau sont très bas ou à sec.
00:15On va prendre un exemple concret. On va aller du côté de la Haute-Savoie, retrouver Mathias Arez, qui est
00:19en direct pour BFM TV.
00:21Mathias, avec derrière vous le lac d'Annecy.
00:24Lac d'Annecy avec une température record et un niveau très bas.
00:31Absolument. Un double niveau d'alerte ici au lac d'Annecy.
00:35La première alerte concerne, vous l'avez dit, la température.
00:37Celle-ci a été relevée il y a quelques jours à 29 degrés.
00:41Ce sont des niveaux records. Pour vous donner un ordre d'idée, ce sont des températures maximales qu'on relève,
00:46par exemple, en Méditerranée.
00:48Alors évidemment, ce ne sont pas les baigneurs qui vont s'en plaindre, mais c'est plutôt la faune ou
00:52encore les poissons du lac qui en pâtissent.
00:55Le deuxième niveau d'alerte concerne là aussi le niveau de ce lac.
00:59Là aussi, il a été relevé à la toise du pont de la Halle, à quelques centaines de mètres d
01:03'ici, à 52 centimètres.
01:05C'est environ 30 centimètres en dessous du niveau moyen habituel.
01:09Là, ce sont plutôt des problèmes de sécurité ou encore d'attractivité pour les loueurs de bateaux ou de pédalos.
01:15On va vous montrer, Alain, peut-être pour finir par une image, ce niveau du lac qui est donc extrêmement
01:21bas.
01:21Pour vous expliquer, normalement, l'eau devrait arriver à minima à la première marche, ici, sur ces images de Damien
01:27Charton.
01:28Mathias Ares, Damien Charton, donc Annecy pour BFM TV.
01:32Je le disais, la France est dans une situation inquiétante.
01:34On va regarder la carte, justement, des restrictions d'eau parce que tout ceci, ça a des conséquences, cette sécheresse.
01:40Et on comprend bien aujourd'hui que le pays doit complètement s'adapter.
01:44C'est ça qui est terrible, c'est que la carte des restrictions d'eau, elle concerne quasiment tout le
01:50pays.
01:50Et je me tourne vers vous, François Gémen, parce que vous êtes chercheur à l'université de Liège,
01:54vous êtes membre du GIEC, de ce groupement de scientifiques qui a depuis longtemps alerté sur le réchauffement climatique et
02:01ses conséquences.
02:02Quand vous voyez cette carte et que vous voyez ces coups de chaleur à répétition qu'on a, ces canicules,
02:07vous vous dites, finalement, ça ne me surprend pas, c'était ce qui était prévu ou on est au-delà
02:11de ce qui était prévu ?
02:13C'était globalement ce qui était prévu.
02:14C'est comme l'horaire de cette interview que la programmatrice m'a confirmé deux fois.
02:19Donc c'était exactement ce qui était prévu.
02:21C'est annoncé dans plusieurs rapports et pas uniquement dans ce du GIEC qu'on va avoir de plus en
02:25plus ces situations de stress hydrique, de pénurie d'eau.
02:28Donc, ça implique de se demander que faire à partir de là.
02:32Il va falloir, évidemment, se tracasser des usages de l'eau, c'est-à-dire à quels usages est-ce
02:37qu'on va réserver l'eau en priorité ?
02:38Est-ce que c'est pour l'agriculture ? Est-ce que c'est pour l'industrie ? Est-ce
02:42que c'est pour la consommation ?
02:44Et puis, je crois aussi qu'il va falloir en faire une question de solidarité nationale.
02:48On va avoir des régions du pays qui vont avoir de l'excès d'eau, d'autres qui vont être
02:53en déficit.
02:53Il va falloir transférer de l'eau d'une région à l'autre.
02:57Il va aussi falloir, et ça, il faut pouvoir le dire, mettre l'épée dans le plat, il va falloir
03:00collecter et récupérer davantage l'eau quand elle tombe abondamment en automne et en hiver pour l'utiliser en été.
03:07Il va falloir faire des retenues d'eau.
03:09Alors, c'est un sujet qui est archi, archi controversé en France avec la question des bassines.
03:15Simplement, la question des méga-bassines, il y a d'autres manières de collecter l'eau de pluie.
03:20Il y a notamment des retenues collinaires qui ne vont pas pomper dans les nappes phréatiques.
03:24Et puis, même sur la question des bassines, en réalité, le vrai problème, c'est l'impression donnée qu'un
03:30groupe de personnes va s'approprier pour lui-même une ressource qui va devenir de plus en plus rare.
03:35Je pense que la vraie question, elle ne porte pas tellement sur la bassine en elle-même, mais plutôt sur
03:39le partage de l'eau collectée dans cette bassine.
03:41– Mais cette carte des restrictions, Gaël Musquet, effectivement, ça nous oblige à réfléchir différemment et se dire, est-ce
03:49qu'on va manquer d'eau ?
03:51Est-ce qu'à un moment, on va se retrouver dans des situations où un maire ou un préfet va
03:55dire, désolé, monsieur et dame, mais aujourd'hui, c'est deux heures d'utilisation d'eau et pas plus, quoi,
04:00en fait ?
04:00– Je vous rappelle que dans des territoires d'outre-mer français, vous avez des Français aujourd'hui qui ont
04:07des calendriers qui leur indiquent quand est-ce qu'ils vont avoir de l'eau.
04:11Pas quand est-ce qu'ils n'auront pas d'eau, quand est-ce qu'ils auront de l'eau
04:14?
04:14Mayotte, la Guadeloupe, parfois la Martinique sont des territoires où on est déjà contraints,
04:20les préfets sont déjà contraints de couper l'eau à des villes entières pour pouvoir permettre à d'autres villes,
04:26d'autres quartiers d'avoir de l'eau.
04:28Donc la France est déjà aux prises sur ces questions du partage de l'eau, sur l'accès à l
04:33'eau.
04:33Quand la Réunion décide de construire des canalisations pour pouvoir transférer, comme le dit François,
04:40l'eau des parties les plus arrosées de la Réunion vers les parties les plus sèches,
04:44c'est des travaux qui ont mis des décennies, c'est des investissements qui ont pris des décennies.
04:49Et donc tous ces conseils, en tout cas ces constats qu'ont amenés les scientifiques du GIEC,
04:55qui n'ont pas été entendus, qui n'ont pas entraîné les investissements,
04:58et qui aujourd'hui nous mettent au pied du mur.
05:00Parce que là, il va falloir parler d'adaptation, donc des travaux à faire, d'atténuation, évidemment,
05:05des émissions de gaz à effet de serre, parce que c'est quand même l'origine du problème.
05:08On l'oublie, mais c'est aussi de là que ça vient.
05:10Et en même temps, utiliser nos territoires d'outre-mer comme sentinelle.
05:13On a déjà des Français qui sont en prise avec ces problèmes-là depuis des dizaines d'années.
05:18Vous savez, j'ai 46 ans, j'ai 46 ans.
05:21Les problèmes d'eau chez moi en Guadeloupe durent depuis plus de 30 ans.
05:25C'est-à-dire que les problèmes ne se sont pas solutionnés, là.
05:30Ils ont été aggravés.
05:32En une génération, en Guadeloupe, on n'a pas réussi à résoudre les problèmes d'eau.
05:36Donc c'est dire qu'il faudrait 1 ou 2 milliards d'euros pour pouvoir résoudre sur un territoire
05:41qui fait à peine 1 600 km², je le rappelle.
05:43Mais là, en l'occurrence, ce que l'on voit, c'est une question de pluie.
05:47De pluie, de température.
05:50Que l'on attend désespérément maintenant et que l'on espère voir venir.
05:53Et qu'on avait en abondance cet hiver.
05:55Oui, parce qu'on est passé d'un extrême à l'autre à la fin de l'hiver.
05:57Les nappes étaient pleines.
05:58Les nappes étaient pleines.
05:59Elles le sont toujours ou pas ?
06:00Alors, elles sont orientées toutes à la baisse.
06:03Mais là, on a une sécheresse des sols.
06:05On a un taux d'humidité dans le sol qui n'avait jamais été aussi bas.
06:07Mais on passe d'un extrême à l'autre.
06:09À la fin du mois de février, très clairement, les régions de l'ouest et du sud-ouest croulaient sous
06:14l'eau.
06:14Il y avait une vigilance rouge pour des inondations.
06:17Donc là, très clairement...
06:19Et on est déjà dans le dur, en réalité.
06:21L'eau coule encore par endroits au robinet.
06:23Mais parce que vous avez certains villages qui sont alimentés par des camions-citernes.
06:28Donc si aujourd'hui, on a 67 départements qui sont placés en situation de crise,
06:32c'est parce que dans ces départements, vous n'êtes plus censés remplir votre piscine,
06:36laver votre voiture, arroser votre jardin.
06:38Parce que si on continuait à avoir ce type d'usage,
06:41très clairement, la situation deviendrait rapidement très problématique.
06:44Et le problème, c'est que comme on a parfois de l'eau en abondance,
06:47comme ça a été le cas cet hiver,
06:48on a parfois tendance à considérer qu'on n'aura pas de problème en été.
06:52À la Marchale, il y a des gens qui ont gagné au loto et qui ont quand même fini en
06:55été.
06:56Et donc, il faut avoir, je pense, une gestion de l'eau qui soit tout au long de l'année
07:01et qui inclut effectivement des systèmes de transfert d'eau d'une région à l'autre
07:05et des systèmes de retenue d'eau, effectivement.
07:07Ça veut dire qu'il va falloir refaire des aqueducs ?
07:11Les Romains l'avaient parfaitement compris au moment de l'Empire romain
07:13et qu'il y aurait des régions en pénurie d'eau et des régions en excès d'eau.
07:16Nous avons complètement oublié ces systèmes aujourd'hui.
07:19Je pense qu'il va falloir y revenir.
07:20Alors, je ne sais pas si on va reconstruire les aqueducs.
07:22Aujourd'hui, on peut faire des pipelines.
07:23Mais il va falloir effectivement penser à ce type de système.
07:27L'an dernier, Barcelone était en situation de stress hydrique.
07:30On envoyait de l'eau depuis Marseille sur des portes-containers.
07:34Ce n'était pas le moyen le plus efficient, à mon sens, mais qu'il n'y avait que celui
07:38-là.
07:38Et que nécessité faisait loi.
07:39Ce n'était pas le moyen le plus efficient de transférer de l'eau d'une région à l'autre.
07:42Ça peut même devenir un enjeu européen.
07:44On a construit le canal de Provence.
07:46C'était un des enjeux du canal de Provence.
07:48C'était pouvoir alimenter la partie, évidemment, les agriculteurs, l'eau potable et aussi produits d'électricité.
07:55Le canal de Provence, c'est un usage intéressant d'un point de vue industriel.
07:58Madagascar qui envoie de l'eau en barge à Mayotte, c'est aussi une réalité de nos territoires français.
08:04Ça veut dire qu'on peut imaginer, par exemple, on va prendre le département de la Manche.
08:09On y sera dans la deuxième partie de l'émission.
08:11D'ailleurs, c'est intéressant parce qu'il y a des communes où on commence à envisager,
08:15si jamais il ne pleut pas avec les niveaux baissent, on commence à envisager d'avoir des coupures d'eau.
08:21Ça veut dire qu'il se peut qu'une ville dise à une autre ville,
08:23écoutez, on vous amène de l'eau pour les habitants avec des camions citernes.
08:28Bien sûr, et ça paraît être une question fondamentale de solidarité nationale.
08:32Dans la France de 2026, on se dit que c'est quand même complètement aberrant aujourd'hui.
08:36C'est-à-dire qu'on entre littéralement dans un climat que nous ne connaissons pas encore.
08:39Ça veut dire aussi dans un pays qu'on ne connaît pas encore et qu'il va falloir adapter à
08:43cette nouvelle réalité.
08:44Et cette nouvelle réalité, oui, elle va passer par davantage de partage de l'eau entre différents usages.
08:49Davantage d'économie d'eau.
08:51Davantage d'économie d'eau, bien entendu.
08:52Davantage de lutte contre les fuites d'eau, des canalisations.
08:55On perd à peu près 20% de l'eau.
08:57Donc, un litre sur cinq est perdu dans les fuites des canalisations.
09:00Et aussi, davantage de partage de l'eau entre territoires.
09:03Il va falloir se partager davantage une ressource qui devient de moins en moins abondante.
09:07Et puis, cette sécheresse, cette canicule qui provoque le réchauffement aussi de l'eau
09:12qui sert à alimenter et à refroidir les centrales nucléaires,
09:16ça mène à des situations un peu aberrantes qui avaient déjà été connues l'année dernière.
09:19C'est du côté de la centrale de Graveline.
09:22La centrale de Graveline, elle est posée, vous voyez, sur la mer, dans le nord.
09:27Eh bien, il y a les méduses qui posent problème.
09:29C'est Pauline Devoix qui nous raconte ça.
09:32C'est un phénomène pour lequel la centrale nucléaire de Graveline devra s'habituer.
09:37Pour être précis aujourd'hui, trois réacteurs sont actuellement à l'arrêt.
09:41Un fonctionne à 50%, un autre est à l'arrêt pour maintenance.
09:44Et le dernier fonctionne, lui, à plein régime.
09:47C'est la présence de plusieurs milliers de méduses
09:50qui ont investi le système de refroidissement des réacteurs qui en est la cause.
09:55Les filtres sont tout simplement saturés.
09:58Alors la centrale se veut rassurante.
10:00Cette situation n'entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations,
10:05sur la sûreté du personnel ou sur l'environnement.
10:09Et la centrale nucléaire produit évidemment suffisamment d'énergie.
10:14Ce qui est intéressant et important de souligner,
10:16c'est que le phénomène avait déjà été constaté l'année dernière.
10:19Et des dispositifs supplémentaires cette année de prévention ont été mis en place.
10:23La SNSM et l'association France Pêche Durable et Responsable s'occupent d'aller pêcher les méduses
10:31qui se trouvent à proximité de la centrale pour les relâcher à plusieurs kilomètres de là.
10:36À ce stade, les équipes de la centrale nucléaire sont déjà en train de nettoyer les filtres
10:41pour pouvoir relancer les réacteurs qui sont actuellement à l'arrêt.
10:45Pauline Delevoye, on va regarder les températures parce que ça ne baisse pas pour le moment.
10:49On est dans une semaine, on va avoir une vigilance qui va toucher 78 départements.
10:5678 départements en effet sur la carte de demain.
10:59Ça ne baisse pas, en réalité, ça ne baisse pas depuis maintenant la fin du mois de mai.
11:03On est globalement à 5 canicules depuis le début de la saison estivale.
11:07La saison estivale en général, elle débute au mois de juin.
11:10Bon là, elle a commencé au mois de mai.
11:11Mais 78 départements avec des températures qui quotidiennement dépassent en France la barre des 40 degrés.
11:16Les confrères japonais parlent de chaleur cruelle lorsqu'il fait 40 degrés.
11:20Chez nous, on parle de chaleur, forte chaleur, très forte chaleur à 35.
11:23Et puis à 40, on n'a pas d'expression.
11:26Pour le coup, 40 degrés, je vous assure que très clairement,
11:29on atteint cette température de manière quotidienne en France.
11:33Il a fait plus de 40 degrés aujourd'hui en Corse.
11:35Et on est même au-dessus de ce qui était prévu pour cet après-midi.
11:38Les normes saisonnières à cette époque de l'année, c'est quoi ?
11:41On est sur du 26-27 pour la moitié nord et on est sur du 29-30 pour le sud.
11:46Donc là, on est à nouveau encore plus de 10 degrés, supérieur au normal de saison.
11:49Jouer les tours cet après-midi en Indre-et-Loire, 39 degrés.
11:52On prévoyait cet après-midi sur cette partie centre-ouest du territoire, 36-37.
11:57Donc vous voyez, même malgré les prévisions, on est toujours au-dessus de ce qui est prévu.
12:02Et on aura très certainement encore demain, jeudi et vendredi, des pointes à 38, 39, 40, 41, 42 degrés dans
12:10de nombreuses régions.
12:11Marqué s'arrête à 42.
12:13Vu les scénarios, si on établit un scénario encore plus pessimiste,
12:18est-ce que ça veut dire qu'un jour, on pourra toucher les 50 degrés en France ?
12:21Bien sûr.
12:22Bien sûr.
12:22C'est-à-dire qu'il faut aujourd'hui être réaliste et lucide.
12:25On ne peut pas exclure que d'ici 2050, pendant quelques jours, pendant l'été, dans certaines régions,
12:32on aille toucher la barre des 50 degrés.
12:35Très clairement, on n'est pas du tout préparé pour ça.
12:37On le voit bien, les bâtiments ne sont pas adaptés, on n'est nulle part en matière de climatisation,
12:41l'agriculture n'est pas adaptée, l'eau n'est pas adaptée, les rythmes scolaires, les horaires de travail.
12:46L'été, sur la période d'été.
12:48Globalement, l'été et surtout qui va s'étendre de mai jusqu'à septembre, octobre.
12:53C'est-à-dire que ce n'est pas uniquement juillet et août, c'est-à-dire les mois où
12:56l'activité économique est quand même.
12:57On pourrait avoir des canicules et des températures au-dessus des 30 degrés.
13:00On a déjà eu cette année au mois de mai.
13:01Oui, mais sur septembre, fin septembre.
13:04Bien sûr, potentiellement, on se retrouve le mois prochain, voire en octobre, sur ce plateau,
13:08avec vous, Alain Marchal, à discuter exactement des mêmes sujets.
13:12Et là, ça sera encore une autre affaire, parce que l'activité économique sera à plein régime en septembre et
13:17en octobre.
13:17Les enfants seront dans les écoles, ça sera une toute autre histoire.
Commentaires

Recommandations