- il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Bien sûr, c'est notre édition spéciale qui continue consacrée à cette canicule qui accable la France.
00:06On va avoir 72 départements en vigilance rouge, ça concerne 60 millions de Français.
00:11Si vous faites le compte, ça fait 90% de la population.
00:14Il y a une donnée qui était intéressante aujourd'hui, c'est-à-dire que 94 millions d'habitants en
00:19Europe,
00:19aujourd'hui, devaient connaître des températures supérieures à 35 d'orée.
00:2394 millions d'habitants en Europe, 60 millions de Français.
00:26Donc ça veut dire que les deux tiers des Européens concernés par la canicule, ce sont les Français marqués.
00:32On est dans des données, on va dire malheureusement, historiques concernant cette canicule.
00:38C'est historique, c'est inédit d'ailleurs.
00:40Cette journée de mercredi devient la plus chaude jamais enregistrée.
00:45Celle d'hier était déjà très chaude avec une moyenne de 29,9 sur l'ensemble de la journée,
00:52sur 30 stations réparties à l'échelle du territoire.
00:54Bon, aujourd'hui, on passe légèrement au-dessus de cette valeur.
00:58Donc ce mercredi devient la journée la plus chaude jamais enregistrée,
01:01avec des températures qui dépassent actuellement localement les 44 degrés.
01:05C'est le cas dans le Maine-et-Loire à Saumur, c'est le cas à Osgore dans le département
01:08des Landes.
01:08Et les premiers 40 degrés de l'année ont été atteints dans la capitale.
01:13C'est une première au mois de juin, depuis le début des relevés au parc Mansoury à Paris.
01:18Et ça remonte à 1872.
01:20Jamais il n'avait fait 40 degrés à Paris.
01:23Et ça va continuer.
01:25Enfin, attendez, avant qu'on dise ça va continuer, on va avoir le problème de la nuit, aussi, dans tous
01:29les départements.
01:29Oui, la nuit à venir s'annonce vraiment très délicate,
01:32puisque les températures au moment le plus frais de la nuit devraient par endroits rester supérieures,
01:38largement supérieures à 25 degrés.
01:40Il est prévu demain matin à Nantes, au moment le plus frais de la nuit, 28 degrés.
01:45Et à Paris, une température de 27 degrés au moment le plus frais de la nuit.
01:49Donc, lorsque vous avez 40 degrés, alors déjà, pour la capitale, on est quand même à six journées consécutives à
01:55plus de 35 degrés.
01:56Et là, en réalité, on rentre dans le dur de la canicule.
01:5940 degrés aujourd'hui, 40, 41, 42 prévus demain, 39 vendredi, encore 36, 37 samedis, avec des nuits à plus
02:06de 25 degrés.
02:07Donc là, vraiment, on rentre dans le dur.
02:09Et en effet, les fortes chaleurs, très fortes chaleurs, s'étendent vers le nord-est.
02:14C'est la raison pour laquelle toute la région Grand-Est est, elle aussi, placée en vigilance rouge,
02:19parce que là aussi, les températures vont localement approcher les 38 à 40 degrés,
02:23sans doute jusqu'à dimanche, voire jusqu'en début de semaine prochaine.
02:25Et puis, il y a les risques incendies qui sont au plus haut.
02:27Justement, on va en parler avec Jérémy Normand, qui est dans l'Aveyron pour BFM TV.
02:31Jérémy, qui est avec des pompiers, justement, qui sont en pleine intervention en forêt,
02:36puisque depuis 72 heures, ils sont en train de contenir un incendie, Jérémy.
02:44Oui, la menace de l'incendie qui reste très présente ici, dans ces forêts avéronaises,
02:48où nous sommes avec les pompiers, les pompiers de l'Aveyron, mais pas seulement,
02:51puisqu'ils ont reçu des renforts, des renforts venus des Hautes-Alpes,
02:55des Alpes de Haute-Provence, également du Gard et de l'Hérault.
02:58Au total, ce sont 138 soldats du feu, des hommes et des femmes,
03:03qui sont mobilisés sur ces terrains très escarpés,
03:06ce qui rend leur intervention particulièrement périlleuse.
03:09Mais aujourd'hui, le feu est désormais fixé.
03:11Les dernières reconnaissances effectuées par les drones ont montré qu'il n'y avait pas de reprise de feu.
03:16Et donc, ces pompiers, on le voit, sont en train de noyer,
03:19c'est comme ça qu'on le dit, de noyer le terrain,
03:22qui, vous le voyez ici sur ces images de Sébastien Savoie,
03:24a été dévoré par les flammes en partie,
03:26et il reste extrêmement sec, extrêmement inflammable.
03:30Et donc, Sébastien, qui est ici sur le pied de guerre depuis tôt ce matin,
03:35asperge comme ça d'eau le sol pour éviter tous les parts de feu,
03:39pour éviter aussi les sautes de feu.
03:40Parce qu'ici, à cause du terrain,
03:42il pourrait très bien y avoir une barrière ici de végétation qui empêcherait le feu,
03:46mais le feu, grâce à cause du vent ou à cause du terrain,
03:48pourrait sauter comme ça et aller de l'autre côté.
03:50Et donc, avec cette façon de faire, ils évitent la propagation des flammes,
03:55ils évitent surtout cette reprise du feu.
03:5735 hectares qui sont partis en fumée depuis les 48 dernières heures,
04:00mais désormais, le feu est fixé, grâce notamment hier à l'intervention
04:03d'hélicoptères, bombardiers d'eau, de dash et d'avions canadaires venus de Nîmes.
04:08Donc, vous le voyez, c'est la solidarité entre les pompiers de différents départements
04:11qui jouent à plein ici pour lutter contre les flammes
04:14avec ce feu aveironais qui est aujourd'hui fixé.
04:17– Jérémy Normand avec Sébastien Savoie dans l'Aveyron.
04:20On n'était pas au bord un peu de la surchauffe pour le gouvernement,
04:23là, critiqué de toutes parts par les oppositions.
04:26Alexis Cuvillier, la ministre de l'Écologie,
04:28qu'avez-vous fait, manque de préparation ?
04:31On l'a entendu, cette musique.
04:33Alors, ils ont mis en place une cellule de crise,
04:36mais ils sont conscients d'avoir quelques ratés au gouvernement ou pas ?
04:39– Nous allons bien sûr en parler là, sur ce plateau.
04:42Il y a des critiques de long terme sur la gestion par les gouvernements précédents,
04:47de réponses qui auraient pu être imaginées.
04:50Alors, elles sont très diverses, ces critiques.
04:52Elles viennent aussi bien des écologistes de la gauche que du Rassemblement national.
04:57Vous savez que Marine Le Pen parle beaucoup de son plan national de climatisation
05:01et beaucoup à droite estiment que la France n'est pas assez équipée en climatiseurs.
05:06En revanche, sur la gestion de court terme, c'est vrai qu'il y a aussi des reproches
05:09sur la façon dont cet épisode a pu être anticipé.
05:13On le voit dans l'opinion, c'est par exemple le cas dans notre sondage Elab.
05:16On voit que ça, c'est une critique qui arrive dans l'opinion.
05:21C'est aussi un constat qui est partagé par certains dans la classe politique.
05:25Du côté de la réponse gouvernementale, elle a été marquée, symbolisée
05:30par la mobilisation du Premier ministre du gouvernement
05:33sur des cellules interministériales de crise.
05:35Il s'en tient une d'ailleurs ce soir au niveau des directeurs de cabinet cette fois.
05:39Mais vous savez que le Premier ministre en a présidé une en personne hier matin
05:43à la place Beauvau, de la même façon qu'il l'avait déjà fait pendant le week-end.
05:48La ministre de la Transition écologique est parfois pointée du doigt.
05:52Elle n'a pas été la plus mise en avant ces derniers jours.
05:58Vous savez que c'est beaucoup, par exemple, Stéphanie Risse, la ministre de la Santé.
06:01Et c'est d'ailleurs assez normal, vu les conséquences sur les organismes de cet épisode,
06:05qui s'est exprimé.
06:06Elle a néanmoins répondu, Monique Barbu, à plusieurs questions cet après-midi
06:10au Sénat à l'occasion des questions au gouvernement.
06:14Du coup, est-ce qu'on envisage au gouvernement de ne pas prendre de vacances
06:19ou de se dire qu'il y a une urgence, restons sur le pont ?
06:22Parce que là, petit à petit, on va s'approcher de la fin de la session parlementaire,
06:25enfin de tous les travaux politiques.
06:27Ça, c'est une information qui est tombée dans l'après-midi.
06:30On sait que le Premier ministre a exprimé ce matin en Conseil des ministres une forme d'alerte
06:36en disant que la crise et les crises liées aux canicules n'étaient pas forcément terminées,
06:42que le gouvernement pouvait peut-être rester sur le pont une partie de l'été.
06:48C'est une façon de responsabiliser peut-être tout le monde.
06:52C'est aussi un message, bien sûr, ne soyons pas dupes à l'égard de l'opinion,
06:55puisqu'on sait que cette période suscite un certain nombre d'inquiétudes,
06:59que la question des vacances gouvernementales,
07:02notamment lorsqu'il y a ce type de contexte,
07:05c'est toujours une question politiquement un peu sensible.
07:08Mais le Premier ministre a donc, en effet, laissé envisager à son gouvernement
07:13la possibilité que cet été soit un été de crise,
07:16et qu'avec un enchaînement de crises comme cela,
07:18la possibilité de prendre de longues vacances pour les ministres
07:21puisse être limitée.
07:22D'autant que, Monique Barbouin, vous citiez la ministre de la Transition écologique,
07:25ce matin chez des confrères,
07:27disait qu'on était partis pour une canicule longue.
07:29Écoutez.
07:31On sait que la semaine prochaine,
07:33normalement, on devrait connaître une pause relative,
07:37mais effectivement, Météo France nous indique
07:40qu'il y a de fortes probabilités
07:42pour qu'à partir de la semaine d'après,
07:45nous revenions à des chaleurs extrêmes
07:47qui pourraient effectivement nous amener jusqu'au 14 juillet.
07:51C'est vrai ou pas, Marc ?
07:52Ben, non.
07:54Non, en réalité, parce que...
07:55Madame la ministre, il faut qu'elle vérifie ses données, alors.
07:57Parce que je travaille aussi étroitement avec Météo France,
08:01et que ce matin, alors il y avait encore des doutes,
08:03c'est vrai, hier, il y avait le modèle européen
08:05qui, lui, voyait bien les températures baisser
08:07en début de semaine prochaine,
08:08quand le modèle américain, lui,
08:10voyait encore la France en surchauffe la semaine prochaine.
08:14Et ce matin, les deux modèles vont dans le même sens.
08:16La plupart des modèles, d'ailleurs,
08:18c'est-à-dire une baisse des températures.
08:20Alors, on part de très, très haut,
08:2142, 43, 44, on va retomber sur des températures,
08:24on va dire estivales, avec beaucoup moins d'excès.
08:27Mais très clairement, ensuite, sur la semaine suivante,
08:31déjà, c'est beaucoup trop loin pour être aussi affirmatif.
08:34Et puis, surtout, là, dans ce qu'on sait faire
08:37en termes de prévision météo,
08:38il n'y a pas de température extrême,
08:40de chaleur extrême qui est envisagée d'ici le 14 juillet.
08:45Donc, très clairement, là,
08:47je ne sais pas où elle a eu ces informations.
08:49Il faudrait qu'elle revoie ces données dans tous les cas.
08:53Vous savez que le Premier ministre, hier,
08:54à l'occasion de la cellule interministérielle de crise,
08:56évoquait des scénarios potentiels
08:58que Météo France avait présentés.
09:00C'est ce qu'on disait hier, qu'en effet,
09:01il y avait encore des incertitudes.
09:03C'était les informations d'hier,
09:06c'est-à-dire, voilà, des modèles qui voyaient être très chauds.
09:10Là, on est 24 heures plus tard,
09:11mais pour le coup, les modèles évoluent toutes les heures
09:14et les prévisions évoluent assez rapidement.
09:16Alors, justement, les prévisions évoluent,
09:17dans tous les cas, la chaleur, elle est là.
09:19Mais qu'est-ce qu'on fait dans les entreprises,
09:21dans ces cas-là ?
09:21On stoppe les activités, les chantiers en plein air,
09:25on met en place des congés exceptionnels ?
09:28Qu'est-ce qu'on fait ?
09:29On s'adapte, on s'adapte.
09:31Effectivement, on commence plus tôt, on finit plus tôt.
09:33Il y a parfois des chantiers qui sont annulés,
09:35il y a parfois des événements qui sont annulés.
09:37Mais effectivement, les entreprises,
09:39et dans les entreprises, les femmes et les hommes,
09:41souffrent beaucoup dans ce moment-là,
09:43que ce soit dans le bâtiment ou les travaux publics,
09:45mais que ce soit dans l'agriculture,
09:46mais que ce soit dans n'importe quel type d'entreprise,
09:48parce que finalement, il y a des écoles qui sont fermées,
09:50il y a des sujets d'augmentation d'électricité aussi
09:54qui peuvent impacter les entreprises.
09:55Donc, en fait, aujourd'hui, la crise, la canicule,
09:59c'est une vraie crise aussi économique
10:01que vivent les petites et moyennes entreprises, malheureusement.
10:04Et quand je vous écoutais sur le plateau,
10:06je me disais que finalement, aujourd'hui,
10:08on devrait, nous, les patrons de PME,
10:10écouter la météo de la même manière
10:11qu'on écoute peut-être les prévisions de la Banque de France,
10:14parce que finalement, ça a un impact direct,
10:16ça vient taper directement sur le chiffre d'affaires
10:18de nos entreprises,
10:19et donc sur la bonne santé de nos entreprises
10:20et de nos collaborateurs.
10:21Écoutez ce que disait le ministre du Travail,
10:23madame la sénatrice,
10:24et puis on va continuer la discussion,
10:27M. Farando.
10:29La bonne idée, c'est de ne pas fixer une température,
10:31c'est d'avoir des mesures adaptées.
10:32C'est ce qu'on fait par ce système jaune-orange-rouge,
10:35avec les préfets qui veulent prendre des arrêtés
10:36pour justement suspendre les chantiers
10:38entre 13h et 21h.
10:40Voilà, c'est des mesures concrètes d'adaptation.
10:42Je pense que les riverains comprendront bien
10:43que peut-être, effectivement,
10:45leur sommeil sera peut-être un peu dérangé
10:46à partir de 6h du matin,
10:47mais il faut concilier la protection des salariés,
10:49bien évidemment,
10:50avec la capacité que le pays fonctionne.
10:52On ne va pas mettre le pays à l'arrêt
10:53parce qu'il fait 30 degrés,
10:54ça ne marche pas.
10:55Justement, à Paris,
10:57Arthur Descuidé,
10:58qui était avec nous,
10:58les commerçants s'adaptent,
11:00ils adaptent leurs horaires, quoi, en fait.
11:05Oui, ils adaptent leurs horaires.
11:06On est dans cette boucherie
11:07du 18e arrondissement de Paris
11:09à Jules Geoffrin,
11:09et même, regardez ce panneau
11:11qui a été mis en place,
11:11la boucherie sera fermée
11:13demain et également lundi prochain
11:16en raison des fortes chaleurs.
11:17On est avec Fénor.
11:18Merci de répondre à nos questions ce soir.
11:20Vous travaillez ici,
11:21vous n'aviez pas le choix,
11:22finalement,
11:23c'était une évidence
11:23de fermer la boucherie demain ?
11:24En fait, le problème,
11:25c'est que même si avec les chaleurs,
11:28on peut travailler
11:29parce qu'on a les machines
11:30qui sont réfrigérées,
11:31ça permet d'avoir
11:33une température intérieure modérée
11:35et agréable,
11:36mais le problème,
11:36c'est que la marchandise,
11:37c'est la première à souffrir
11:38des fortes chaleurs
11:39qu'il y a en ce moment
11:41et ça va changer de l'aspect,
11:43le visuel
11:44et on ne peut pas travailler
11:45dans ces conditions-là.
11:46Nous, demain, spécifiquement,
11:48on n'a ouvert que la demi-journée.
11:50Donc, travailler,
11:50être ouvert une demi-journée
11:51pour abîmer de la marchandise
11:53et pour en plus souffrir
11:54nous-mêmes de la chaleur,
11:56c'est...
11:56Parce qu'il faut le dire,
11:57vous n'avez pas la clim à l'intérieur,
11:58il fait 41 degrés à l'extérieur,
12:00il fait encore plus chaud à l'intérieur,
12:01c'est quasiment impossible
12:02de travailler dans ces conditions-là,
12:03Fénor.
12:03C'est ça.
12:04En fait, nous,
12:05on a de la chance
12:05parce que nos machines,
12:06même avec la chaleur,
12:07elles suivent le coup
12:07mais par contre,
12:08la clim,
12:08ça a été la première
12:09à souffrir
12:10ces trois derniers jours
12:11de la température
12:12et là,
12:13on ne peut pas se permettre
12:15d'être ouvert demain
12:16avec ces températures-là.
12:17Même aujourd'hui,
12:18c'est juste
12:18mais sinon,
12:19ce n'est pas viable.
12:20Eh bien,
12:21on vous souhaite bon courage.
12:21Merci, Fénor,
12:22d'avoir répondu à nos questions ce soir.
12:24Voilà,
12:24je rappelle donc cette boucherie
12:25du 18e arrondissement de Paris
12:27qui a donc pris cette décision
12:28de fermer son magasin
12:30demain et lundi
12:30en raison des fortes chaleurs.
12:31Il fait encore 41 degrés
12:33ici à Paris.
12:34Petite information,
12:35cette nuit,
12:36il fera encore 33 degrés
12:37à minuit.
12:38Ça va être donc encore
12:38une nuit très compliquée
12:39pour les Parisiens ce soir.
12:40Arthur Descudé
12:41et Louis Santer
12:42dans le 18e arrondissement.
12:44Madame la sénatrice Vogel,
12:45votre groupe
12:46fait une proposition
12:48de congé climatique
12:49mais est-ce qu'il faut
12:50un congé
12:51et passer par la loi
12:52ou plutôt faire confiance
12:53aux entreprises
12:53et aux commerçants ?
12:55D'abord,
12:56permettez-moi,
12:56pardon,
12:57pour qu'on aborde bien
12:58ce débat,
12:59moi il y a deux termes
13:00qui ont été employés
13:01depuis le début
13:02de cette discussion
13:04qui me dérangent
13:05parce que je pense
13:05qu'ils ne nous permettent pas
13:06d'aborder de manière réelle
13:08ce à quoi on est confrontés.
13:09C'est le terme d'épisode
13:11que vous avez employé
13:12et le terme d'historique.
13:13On n'est pas devant un épisode
13:15et on n'est pas devant
13:16quelque chose d'historique en vrai.
13:17Ce n'est pas un épisode
13:18parce que ça va se poursuivre.
13:20C'est le monde
13:21qu'on a construit
13:22qui nous a amenés
13:23aujourd'hui
13:23à cette situation
13:24qu'on ne peut pas enrayer
13:25comme ça du jour au lendemain.
13:26Donc des canicules,
13:27on va continuer à en avoir.
13:28Ce n'est pas épisodique
13:29et ce n'est pas historique.
13:31C'est historique pour aujourd'hui.
13:32Aujourd'hui,
13:33on considère que c'est historique.
13:34Mais la semaine prochaine,
13:35ce ne sera peut-être plus le cas
13:36et moi je fais le pari
13:37qu'aujourd'hui,
13:39le 24 juin,
13:40ne sera pas inscrit
13:40dans les livres d'histoire
13:41parce que très prochainement,
13:43il y aura des jours plus chauds
13:45et qu'on est en vérité
13:46et c'est ça que les gens
13:47doivent bien comprendre,
13:49en train de vivre l'été
13:50le plus frais
13:51du reste de notre vie.
13:52Et pourquoi ?
13:53Parce qu'à la fois,
13:55on n'a pas pris les mesures
13:57pour réduire
13:58le dérèglement climatique
13:59et qu'en plus,
14:01on n'a pas pris les mesures
14:02pour s'adapter
14:03au dérèglement climatique
14:04qu'on ne peut plus supprimer.
14:06Et donc,
14:07c'est ça qu'il faut faire.
14:08À la fois,
14:09s'adapter
14:10parce qu'il y a une partie
14:11qu'on ne pourra plus,
14:12qui n'est plus réversible
14:14et donc,
14:14il faut s'adapter
14:15aux chaleurs plus fortes,
14:16aux risques d'inondations,
14:18il faut isoler les logements,
14:19il faut investir.
14:19Ça demande 35-37 milliards
14:22d'investissements publics par an,
14:24si on veut vraiment faire ça,
14:25et s'adapter.
14:26Et s'adapter,
14:28le congé climatique
14:29fait partie des adaptations
14:31nécessaires dans le monde du travail.
14:33Ce n'est pas la seule,
14:34mais ça fait partie
14:35des adaptations nécessaires.
14:36Pourquoi absolument
14:37un congé climatique ?
14:38C'est ça qu'on a du mal à faire ?
14:39C'est que ça permet
14:41aux salariés
14:42de pouvoir
14:43ne pas aller travailler
14:45les moments
14:45où c'est difficile,
14:47soit parce que
14:47ces conditions de travail
14:49ne le permettent pas,
14:50soit parce qu'on a
14:51l'école qui est fermée
14:52et donc on doit s'occuper
14:54des enfants
14:54parce que l'école ferme
14:57et que donc on doit
14:58prendre un congé
14:58et que ce soit rémunéré.
15:00Mais ce n'est pas
15:01le congé climatique
15:02qui va mettre fin
15:03à la canicule
15:04ni à la crise climatique.
15:05Vous avez besoin
15:06d'accueillir dans l'opinion.
15:07Si France est sur 10
15:08favorable à l'instauration
15:09de ce congé climatique
15:11dans notre sondage,
15:12est-ce que les PME
15:14sont favorables ?
15:15Non, quand une solution
15:16c'est de travailler moins,
15:18ce n'est jamais
15:18une bonne solution.
15:19Je suis totalement d'accord
15:21avec le constat,
15:22il faut s'adapter,
15:23il faut investir
15:24et je pense qu'au lieu
15:25d'essayer de colmater
15:27en permanence
15:27comme l'État le fait
15:28ces jours-ci,
15:29il y a un vrai plan
15:30d'investissement à faire
15:31sur les infrastructures,
15:32sur le bâti,
15:33etc.
15:36Mais croire qu'on va
15:38régler les problèmes
15:38dans les entreprises
15:39en donnant un congé
15:40climatique aux collaborateurs,
15:42c'est juste
15:44ne pas comprendre
15:46la réalité des entreprises
15:47parce que déjà
15:47il n'y a aucun rapport
15:48entre le commerçant
15:50qu'on vient de voir
15:50à la télévision
15:51et l'agriculteur
15:52ou la personne
15:54du bâtiment.
15:56Donc déjà
15:56ça ne s'applique pas
15:57de la même manière
15:58à tout le monde
15:58et puis surtout
15:59déjà je vous l'ai dit
16:00tout à l'heure
16:01les entreprises
16:01aujourd'hui
16:02elles s'adaptent beaucoup
16:03elles s'adaptent beaucoup
16:04si on remet
16:05encore une contrainte.
16:05Et elles prennent soin
16:06d'un salarié
16:06c'est ce que vous dites.
16:07Mais bien sûr,
16:08bien sûr.
16:09On est toute la journée
16:10avec nos collaborateurs
16:11les femmes,
16:11les hommes
16:11avec lesquels on travaille
16:12et donc on est les premiers
16:14à en souffrir avec eux
16:15donc on s'adapte au maximum
16:16et on fait tout
16:17pour faire en sorte
16:18que chacun puisse
16:19passer ce genre d'épisode
16:20et je suis d'accord avec vous
16:21ce terme d'épisode
16:22il est mal choisi
16:23pour le mieux possible.
16:24Si je peux peut-être
16:27clarifier
16:27parce qu'il y a peut-être
16:28une incompréhension
16:29la proposition
16:30déjà elle fonctionne
16:31dans certains pays
16:31en Espagne
16:32elle est appliquée
16:33Juste en Espagne
16:33Oui mais en Espagne
16:34c'est pas pour la même raison.
16:36Aujourd'hui
16:36l'Espagne
16:37est peut-être
16:38le seul pays en Europe
16:39qui est volontariste
16:41sur le plan
16:42des mesures sociales
16:43en matière écologique
16:44mais bref
16:45c'est que ce congé
16:46soit pris en charge
16:47par l'Etat
16:48donc il ne coûte pas
16:49aux entreprises
16:50et en fait
16:51on ne dit pas
16:51qu'on va résoudre
16:52le problème
16:53Mais ce serait 5 jours
16:54en plus
16:55qui s'ajouterait ?
16:56Oui ce serait 5 jours
16:57qu'on peut prendre
16:58pour simplement
16:59raison climatique
16:59On les a à disposition
17:00Il peut y avoir
17:01Je suis parfaitement d'accord
17:02si on est agriculteur
17:03ou si on est commerçant
17:06et qu'on travaille
17:07dans un magasin climatisé
17:08on n'est pas dans
17:09les mêmes conditions de travail
17:10mais si on a des enfants
17:12et que l'école
17:13ne peut pas les accueillir
17:14et que l'école est fermée
17:15on peut se retrouver
17:16dans une situation
17:16où du fait de la crise climatique
17:17on ait besoin
17:18de pouvoir se libérer
17:20Mais pour ça
17:20on n'a pas besoin d'une loi
17:21on le gère déjà très bien
17:22dans les entreprises
17:23effectivement une collaboratrice
17:24qui est venu à l'âge
17:24Vous avez besoin d'une loi
17:25pour que vos salariés
17:26puissent être indemnisés
17:29s'ils prennent un congé
17:30pour des raisons climatiques
17:31Je vais vous dire
17:32en tant qu'entrepreneur
17:32je n'ai jamais besoin d'une loi
17:34je préfère qu'on me dégage
17:35d'un certain nombre de lois
17:36et que je puisse pouvoir travailler
17:37Oui mais vos salariés
17:39on en a besoin
17:40Oui mais si vos salariés
17:41vous appellent en disant
17:42écoutez il fait 40 degrés
17:44je n'ai pas de transport
17:44en commun
17:45c'est chaud
17:45En plus mes enfants
17:47ne sont pas à l'école
17:47vous dites ok
17:49il n'y a pas de problème
17:50C'est comme ça que ça se passe
17:50dans les entreprises
17:52Regardez
17:53en France globalement
17:54on a quand même
17:55un vrai problème
17:56de cohésion nationale
17:57Où est-ce que ça se passe bien
17:58aujourd'hui ?
17:59En France
17:59Dans les entreprises
18:00Dans les petites entreprises
18:02parce qu'il y a des petits collectifs
18:03qui savent se parler
18:04qui savent régler les problèmes ensemble
18:06et donc on n'a pas besoin
18:07de lois pour régler les problèmes
18:08on les règle ensemble
18:09on se parle
18:09on se met autour d'une table
18:10et on trouve des solutions ensemble
18:11Dans le cas de figure
18:12que vous décrivez
18:13aucun patron ne demandera
18:14à cet employé
18:15de justifier cette absence
18:16Mais ça se discute
18:18si la personne
18:19est complètement bloquée
18:21on va discuter
18:22C'est ça le principe
18:22du droit du travail
18:23c'est de donner des droits
18:25Je sais
18:25on applique le droit du travail
18:26dans les entreprises
18:26Voilà
18:27aux travailleurs
18:28et aux travailleuses
18:29et de permettre
18:29que l'État les fasse respecter
18:30donc j'entends que vous
18:32peut-être dans votre entreprise
18:33vous êtes très sympathique
18:35avec vos salariés
18:36et que s'ils ne peuvent pas
18:37Non mais
18:37c'est pas ça le sujet
18:39le sujet c'est que
18:40l'inscrire
18:40en faire un droit
18:42ça permet
18:43que ce soit
18:44financé par l'État
18:45et que ce soit un droit
18:46et que donc
18:46ça ne nécessite pas
18:47de négocier avec son employeur
18:49qui pourrait vous dire non
18:49voilà
18:50c'est le principe d'un droit
18:51d'un droit social
18:52Mais je vous dis
18:52la solution qui passe
18:53par systématiquement
18:55se dire
18:55on va moins travailler
18:57est une solution
19:00de court terme
19:01est une solution
19:02où petit à petit
19:02on creuse notre tombe
19:03et petit à petit
19:04notre pays
19:04va de plus en plus mal
19:05et on est
19:06aujourd'hui
19:07on a des constats
19:08qui sont quand même
19:08évidents
19:09sur ce sujet là
19:10Les solutions qui passent
19:12par on va toujours
19:13plus travailler
19:14pour l'instant
19:14c'est ce qu'on a fait
19:15et là ça nous amène
19:16dans le mur
19:17donc peut-être
19:17on pourrait essayer
19:19de travailler un peu moins
19:20Travailler différemment
19:21pas un peu moins
19:22Et différemment aussi
19:23bien sûr
19:23Et différemment aussi
19:24Ça veut dire quoi
19:25travailler un peu moins ?
19:27C'est le grand débat
19:28sur la réduction
19:29du temps de travail
19:30qui est lié
19:31de manière indirecte
19:32à notre modèle économique
19:34Je crois du côté
19:35écologique
19:35vous voulez 32 heures
19:36c'est ça
19:36être sur une base
19:37de 32 heures
19:38payer combien ?
19:41payer comme
19:42payer 35 ?
19:44Payer 35 ?
19:45Oui
19:4532 payer 35
19:46Mais il y a des entreprises
19:47qui le font
19:48Je vous donne les clés
19:48de mon entreprise
19:48et vous allez voir
19:49comment vous allez pouvoir
19:50gérer cette situation
19:51c'est impossible
19:53Il y a des entreprises
19:54qui le font monsieur
19:54et qui en fait
19:56n'ont pas de perte
19:59de productivité
19:59J'en connais quelques-unes
20:00en général
20:02Il y a des entreprises
20:03qui le font
20:03qui n'ont pas de perte
20:04mais pourquoi l'imposer
20:05à toutes ?
20:05Celles qui le font
20:06tant mieux
20:07et celles qui ne peuvent
20:08pas le faire
20:09ou qui ne veulent pas
20:09le faire
20:09C'est comme le congé
20:11C'est plutôt
20:12de laisser de la liberté
20:13C'est marrant
20:13parce que pour un parti
20:15qui vient de
20:16l'écologie
20:17c'était vraiment
20:17pas de règles
20:19pas de contraintes
20:20etc
20:20Vous êtes devenu
20:22finalement dans le législatif
20:23d'imposer des règles
20:24à tout le monde
20:26Alors l'écologie
20:27Alors l'écologie
20:27a toujours été
20:28un projet politique
20:29qui considère
20:30que sans normes
20:33le capitalisme
20:34nous mène à la catastrophe
20:35Là ils vous disent
20:35laissez-nous de la liberté
20:36Bien sûr
20:37c'est un grand débat
20:38la question de la réduction
20:39du temps de travail
20:39je l'abordais juste là
20:40parce que vous faites
20:41le lien entre le congé climatique
20:42et la réduction
20:43du temps de travail
20:43C'est vous qui en avez parlé
20:44Oui
20:45J'ai parlé du congé climatique
20:47Et vous avez parlé
20:47de la réduction du temps de travail
20:48Oui parce que
20:49c'est une question au fond
20:52de modèle économique
20:53Est-ce qu'on veut
20:54toujours travailler plus
20:55pour produire plus
20:56c'est ce qu'on essaye
20:57depuis un siècle et demi
20:59ça ne nous a pas amené
21:01si vous voulez
21:01dans une situation
21:02très favorable
21:03Mais on voit bien
21:04que le débat commence
21:04et quand il va arriver
21:05en pleine campagne présidentielle
21:07ce sont des thèmes
21:08qui auront l'occasion
21:08Et je souhaite qu'il arrive
21:09parce que c'est effectivement
21:10un débat de modèle
21:11Mais on va regarder un pays
21:13où il fait largement
21:1440 degrés assez souvent
21:16c'est le Qatar
21:17Souvenez-vous des débats
21:17au moment de la Coupe du Monde
21:18de la construction des stades
21:20On va y retrouver
21:21Célia Vallée en direct
21:22pour BFM TV
21:24Célia justement
21:24comment fait-on
21:25dans un pays
21:26où il fait régulièrement
21:26plus de 40 degrés
21:30Alors en un mot
21:31pour vous résumer
21:32la situation ici
21:33tout tourne autour
21:34de la climatisation
21:35Elle est dehors
21:36dedans
21:37partout
21:37quand elle est à l'intérieur
21:38elle est même
21:39dans les ascenseurs
21:40et surtout
21:41elle est très basse
21:42c'est-à-dire qu'ici
21:42en moyenne dehors
21:43il fait 45 degrés
21:44et bien quand on rentre
21:46dans un établissement
21:47on passe tout de suite
21:47à 20-25 degrés
21:49donc c'est assez troublant
21:50ça fait presque un choc thermique
21:51mais surtout
21:52ce qui nous a un peu troublé
21:54nous ici
21:54quand on est arrivé
21:55c'est qu'on a vu
21:55des climatisateurs
21:56à l'extérieur
21:57Deux exemples à vous donner
21:58celui du Soukouakif
22:00c'est un endroit
22:00où il y a des restaurants
22:02et des boutiques
22:03et bien
22:03il y a des climatisateurs
22:04sur les terrasses
22:05à côté des gens
22:06qui mangent
22:07et qui reçoivent donc
22:08de l'air frais
22:08à l'extérieur
22:09où il fait environ
22:1040 degrés
22:11Un autre exemple
22:12à vous donner
22:13c'est celui
22:13d'une piste d'athlétisme
22:14qui a été construite
22:15peu avant la coupe
22:17du monde de foot
22:17vous en parliez justement
22:18une piste
22:19qui est entièrement
22:20climatisée
22:21qui est aussi végétalisée
22:23elle mesure
22:231,1 km de long
22:25et donc les gens
22:26peuvent aller courir
22:27et marcher
22:27sous cette piste
22:28sous la climatisation
22:29Pour vous donner un chiffre
22:30la consommation
22:32d'électricité
22:32liée à la climatisation
22:33dans le pays
22:34elle est de 60%
22:36et puis un autre exemple
22:37à vous donner ici
22:38pour vous parler
22:38un petit peu
22:39de la vie au quotidien
22:40des Qataris
22:41et des habitants
22:42et bien c'est qu'ici
22:43la journée
22:43les rues sont désertes
22:44il fait entre 45
22:45voire même jusqu'à 48 degrés
22:47pour les maximales
22:48donc dans la journée
22:49dans les rues
22:50il n'y a personne
22:51les magasins sont fermés
22:52en revanche
22:53quand le soleil se couche
22:54et que la température
22:55descend un petit peu
22:56et bien la vie reprend son cours
22:57voilà pourquoi aussi
22:58les boutiques
22:59et les restaurants
22:59sont ouverts jusqu'à minuit
23:01le soir
23:01ici c'est vraiment
23:02beaucoup plus vivable
23:03le soir qu'en journée
23:04il n'y a personne
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