00:00Rosier, RTL Matin.
00:02Une fausse vidéo qui pose de nombreuses questions à quelques mois de la présidentielle.
00:05L'eurodéputé PS Place Publique est presque candidat à la présidentielle.
00:09Raphaël Luxman est en ligne avec nous. Bonjour.
00:12Bonjour.
00:13Alors la vidéo dont on parle en quelques mots, elle est toujours en ligne ce matin.
00:17Elle affirme que Léa Salamé, votre compagne et journaliste,
00:20aurait tenté de soudoyer des médias pour favoriser votre candidature.
00:23Elle parle notamment à Edoui Plenel, le cofondateur de Mediapart,
00:26qui a lui-même dénoncé un montage bidon, une fausse voie
00:30et des échanges entièrement créés par l'intelligence artificielle.
00:35Elle vous effraie un peu quand même cette vidéo ?
00:38Elle doit effrayer l'ensemble des Françaises et des Français
00:41qui sont attachés à leur souveraineté, à la démocratie.
00:44Il s'agit d'une opération, d'une opération des services de renseignement militaire russe
00:49qui vise à créer le chaos, à créer le doute dans la société française
00:53et qui entend jeter le discrédit sur des personnalités
00:58qui s'opposent à l'impérialisme russe,
01:00qui s'opposent à la stratégie de Vladimir Poutine
01:03et qui entendent défendre la démocratie française.
01:07Et moi, j'ai été informé par le secrétariat général
01:10de la Défense et de la Sécurité Nationale
01:12qu'il s'agissait d'une opération montée par un groupe parfaitement identifié,
01:15le groupe Storm 15-16,
01:17qui appartient au service de renseignement militaire russe, le GROU.
01:20Et pour Poutine, il s'agit de venir déstabiliser la France
01:25au moment d'une élection présidentielle cruciale.
01:28Et malheureusement, ce n'est qu'un avant-goût
01:30de ce qui nous attend dans les semaines et les mois qui viennent.
01:33Donc personne dans vos équipes, vous-même, n'aviez vu cette vidéo ?
01:36Vous avez été prévenu ?
01:38Mes équipes avaient vu la vidéo, j'avais été alerté,
01:41et donc je l'ai regardé et j'ai reconnu,
01:42puisque moi j'ai présidé la commission spéciale du Parlement européen
01:45sur les ingérences étrangères pendant 5 ans.
01:47Et donc j'ai disséqué le mode opératoire des services russes
01:51pour perturber nos démocraties, pour les déstabiliser.
01:54Et j'ai reconnu ce mode opératoire.
01:56Mais ensuite, j'ai dû attendre que les services français
02:00identifient, tracent et remontent jusqu'au service de renseignement militaire russe.
02:05Et cette fois-ci, l'information est complètement confirmée.
02:07C'est pour ça qu'il faut communiquer,
02:09pour alerter les citoyens sur les risques qui pèsent sur notre démocratie.
02:13Vous savez, l'élection de 2027, c'est une élection cruciale.
02:16Et pour Poutine, c'est l'occasion de remporter politiquement en France
02:20la victoire que la résistance ukrainienne lui refuse militairement sur le front.
02:25Parce que si la France bascule,
02:26si des pantins de la Russie prennent le pouvoir chez nous,
02:31c'est la fin du front européen.
02:33C'est la fin de la cohérence européenne face à ses visées militaires et politiques.
02:38Et donc c'est un enjeu fondamental pour la Russie.
02:40Il y aura un désinvestissement massif pour déstabiliser,
02:44des ingérences massives.
02:45Et il faut que la France prépare sa résistance
02:48pour que nos élections ne soient pas volées par une puissance militaire étrangère.
02:51Pourquoi vous ciblez, et vous, d'un mot,
02:54alors que vous n'êtes même pas encore officiellement candidat, on le disait ?
02:56Parce que ça fait 20 ans que j'alerte et que je lutte
03:00contre les menaces que Vladimir Poutine et son régime font peser
03:05sur nos démocraties, sur notre sécurité,
03:07sur la sécurité des Françaises et des Français,
03:09sur la sécurité des Européens, déjà en Géorgie, puis en Ukraine.
03:13J'ai toujours été un opposant viscéral aux menées de la Russie.
03:18Et donc ils m'ont ciblé.
03:19Vous savez, le SVR, les services de renseignement extérieur de la Russie,
03:23cette fois-ci, m'avaient identifié comme étant
03:25l'architecte de la résistance européenne contre leurs menées.
03:29Et donc ils vont cibler, au-delà de moi,
03:32l'ensemble des dirigeants politiques qui soutiennent l'Union européenne,
03:36qui soutiennent nos démocraties et qui s'opposent à la guerre de Poutine en Ukraine.
03:40Une guerre qui, je le rappelle, n'est pas simplement contre les Ukrainiens,
03:44mais contre l'ensemble de l'Europe.
03:46C'est ce qu'on appelle la guerre hybride.
03:49On est rentré dans une période extrêmement dangereuse
03:51où en fait il n'y a plus de frontières entre politique étrangère et politique intérieure,
03:54où il n'y a plus de frontières entre état de paix et état de guerre,
03:57et où finalement, pour une puissance comme la Russie,
04:01nos élections deviennent un champ de bataille.
04:03Et on doit protéger notre souveraineté, notre sécurité.
04:07Alors on le disait, on est à quelques mois de l'élection présidentielle.
04:09Edouard Philippe aussi avait été visé par ce groupe russe
04:12que vous dénoncez à la fin du mois de juillet.
04:14Vous appelez les gens évidemment à la vigilance,
04:17mais comment garantir vraiment que ces vidéos, ces messages,
04:20ne vont pas complètement pourrir la campagne à venir ?
04:24Ces vidéos et ces messages vont se multiplier.
04:27Donc il faut que les citoyens soient en alerte,
04:29mais au-delà de cela, il faut que les grandes plateformes américaines et chinoises,
04:32et en particulier X et TikTok, soient obligés de respecter les règles européennes.
04:38Vous savez, TikTok a faussé une élection présidentielle en Roumanie
04:41en faisant passer un candidat obscur de l'extrême droite,
04:43Kaline Georgescu, de 1 à 23% aux élections présidentielles en quelques semaines,
04:50simplement en rendant viraux ces contenus.
04:52Et donc, malgré les alertes des services de sécurité roumains,
04:56eh bien TikTok a continué à favoriser un candidat pro-russe.
04:59Et ce qui s'est passé en Roumanie peut tout à fait arriver en France.
05:03Et malgré les informations qui sont à notre disposition,
05:07eh bien, il n'y a pas eu de sanctions prises contre TikTok.
05:09Donc la première des choses à faire, c'est de responsabiliser cette plateforme.
05:12Si elles ne respectent pas nos règles, elles doivent être sanctionnées.
05:16Après l'élection présidentielle en Roumanie,
05:17qui était une alerte pour l'ensemble des Européens,
05:20eh bien, rien n'a été fait contre TikTok.
05:21Et donc moi, ce que je demande, c'est qu'on n'ait pas la main qui tremble
05:24face à Elon Musk et X,
05:25qu'on n'ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois.
05:28TikTok plus que les autres, dans les réseaux sociaux.
05:30TikTok ou X, X aussi, rend viraux l'ensemble de ces contenus de déstabilisation.
05:36Et en fait, ces grandes plateformes permettent aux adversaires de la démocratie française,
05:40à nos ennemis, eh bien, de venir déstabiliser notre débat public.
05:44Et le but des services russes, c'est pas tellement qu'on les croit.
05:49Le but, c'est de rendre chaotique la démocratie,
05:51de rendre impossible un débat serein.
05:54Et finalement, de créer le doute et la suspicion autour de tous leurs adversaires.
05:59Et ça, c'est la responsabilité des dirigeants européens et des dirigeants français,
06:03eh bien, de placer ces grandes plateformes face à leur responsabilité.
06:07Il faut impérativement que des sanctions soient prises
06:10si X ou TikTok ne respectent pas les règles que nous avons votées à l'échelle européenne.
06:15Donc, c'est de la responsabilité d'Emmanuel Macron, ça ?
06:17C'est de la responsabilité d'Emmanuel Macron, c'est de la responsabilité de la Commission européenne,
06:21c'est de la responsabilité des dirigeants qui doivent assurer la sécurité
06:24et la souveraineté démocratique de nos peuples.
06:27Vous savez, une élection présidentielle, c'est un moment où la France se redéfinit.
06:31Et cette élection va définir le visage de notre pays pour les décennies qui viennent.
06:35Et si les alliés de Vladimir Poutine, à commencer par l'extrême droite,
06:39prend le pouvoir en France, eh bien, nous aurons perdu la démocratie,
06:45notamment grâce à des opérations de déstabilisation menées depuis l'étranger.
06:48On ne peut pas tolérer cela.
06:50Sur un autre sujet, Raphaël Glucksmann,
06:5277 migrants au moins sont morts en tentant de rejoindre Ceuta,
06:55l'enclave espagnole au nord du Maroc fin juillet.
06:57Les images de ces 70 000 migrants ont été largement relayées, commentées.
07:03Qu'est-ce que cette séquence prouve que l'Europe est fragile ?
07:07Que l'Europe est fragile, mais aussi que des dirigeants politiques
07:10s'emparent de chaque événement pour créer des polémiques de toute pièce.
07:16Par exemple, on a voulu remettre en cause Schengen.
07:19Mais Schengen n'était absolument...
07:20C'est-à-dire la libre circulation des citoyens en Europe.
07:22Mais Schengen n'était absolument pas touché par ce qui se passait à Ceuta.
07:25Ceuta n'appartient pas à l'espace Schengen.
07:27Les migrants qui sont arrivés à Ceuta,
07:30eh bien, aucun d'entre eux n'a foulé ensuite le sol espagnol
07:33et donc l'espace Schengen.
07:34Et donc, il faut qu'on ait une classe politique
07:37qui puisse agir avec fermeté face à ces phénomènes,
07:41mais qui garde à l'esprit une forme de responsabilité.
07:45Moi, je lance un appel aujourd'hui à la responsabilité.
07:48C'est-à-dire que nos démocraties sont extrêmement fragiles.
07:51Et si on s'empare de chaque polémique pour créer le chaos,
07:55eh bien, nous n'allons pas réussir à préserver notre bien le plus cher,
07:58c'est-à-dire notre liberté et notre capacité à avoir une démocratie qui fonctionne.
08:02Parce que le Danemark et l'Italie avaient immédiatement,
08:05dans la précipitation, réclamé l'exclusion de l'Espagne de cet espace Schengen.
08:09La France, non.
08:10Et puis, au final, il y a eu une déclaration des ministres de l'Intérieur
08:14qui a dit que Schengen était la solution et pas le problème.
08:16Donc, il y a eu une forme d'unité à la fin.
08:18À la fin.
08:19Mais vous avez vu à quel point les dirigeants de droite et d'extrême droite
08:22se sont jetés sur cette affaire pour remettre en cause Schengen,
08:26pour remettre en cause le cadre européen.
08:28Or, en réalité, celui-ci n'était absolument pas touché
08:30par ce qui se passait à Ceuta.
08:31Et donc, il y a un phénomène qui est celui de l'exploitation des peurs
08:36et des angoisses en permanence.
08:38Et des gens qui sont capables de remettre en cause Schengen,
08:41de remettre en cause le cadre européen,
08:43alors qu'il n'est même pas touché,
08:44simplement par intérêt politique,
08:46ces gens-là ne doivent pas diriger notre pays.
08:48Parlons de votre avenir, Raphaël Glucksmann.
08:50On l'a dit, vous êtes presque candidat à la primaire du PS.
08:52Vous allez y participer ou pas ?
08:55Nous sommes en discussion avec nos partenaires socialistes.
08:59Et ce qui est certain, et vous saurez dans les semaines qui viennent
09:02l'aboutissement de cette discussion,
09:04mais ce qui est certain, moi j'avais dit que je prenais trois mois
09:06pour essayer de rassembler,
09:08eh bien, nous saurons à la fin de ces trois mois,
09:11c'est-à-dire à la fin de l'été,
09:12quelle décision je prendrais.
09:13Mais par contre, ce qui est certain,
09:15c'est que nous sommes habités tous
09:16par un sens des responsabilités qui pèsent sur nous.
09:20Parce qu'en réalité, cette émission est vitale.
09:23François Hollande, Bernard Cazeneuve,
09:24le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamran,
09:26ça commence à faire une primaire avec beaucoup de candidats en moins, non ?
09:30Nous verrons ce que décideront les uns et les autres.
09:33Mais ce que moi je sais,
09:34c'est qu'il y a une responsabilité qui pèse
09:37sur cette gauche démocratique et républicaine.
09:39Celle d'abord de refonder une gauche qui peut gouverner ce pays.
09:42Et ensuite, d'être capable de faire face
09:45au risque de bascule de la France
09:47dans le camp des poutinistes, des trumpistes,
09:49des démagogues et des xénophobes.
09:51C'est notre responsabilité historique.
09:52C'est sans doute le combat politique le plus important
09:54pour l'ensemble de notre génération,
09:56pour tous les dirigeants politiques
09:58de la gauche démocratique et républicaine.
09:59Et donc, nous ferons face à ces responsabilités
10:01et nous serons à la hauteur du défi.
10:03Et merci beaucoup, Raphaël.
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