00:00La rationalisation de la dépense publique ne semble toujours pas concerner la fonction publique gabonaise,
00:05alors que le gouvernement prône une gestion rigoureuse des finances et annonce une économie globale de plus de 150 milliards de francs CFA.
00:13Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, les dépenses de personnel poursuivent leur envolée.
00:18En effet, selon les données budgétaires, le titre de dépense de personnel atteint 959,7 milliards de francs CFA en 2026 contre 825,3 milliards de francs CFA en 2025, soit une hausse spectaculaire de 16%.
00:34Cette progression contraste avec le discours de maîtrise des charges de fonctionnement et traduit une dépendance persistante de l'État à un appareil administratif hypertrophié.
00:43Pourtant, les résultats de cette administration restent très en dessous des attentes, lenteur, corruption, absentéisme et inefficacité continue d'alimenter la frustration des citoyens face à un service public, souvent défaillant.
00:56Le paradoxe est d'autant plus flagrant que le plafond des autorisations d'emploi pour 2026 ne progresse que d'un peu plus de 1100 agents.
01:03Cela signifie que l'État dépense beaucoup plus pour pratiquement le même nombre d'agents sans que la performance ou la productivité n'en soit améliorée.
01:10En 2026, la masse salariale indexée à ses effectifs s'élève à 959 milliards de francs CFA, absorbant près d'un quart des recettes budgétaires.
01:19À titre d'exemple, les forces de défense et de sécurité qui concentrent à elles seules plus de 32 000 agents et plus de 205 milliards de francs CFA de masse salariale peinent toujours à assurer une sécurité satisfaisante.
01:31Dans les rues, les patrouilles se font rares, le racket persiste et le sentiment d'impunité reste fort.
01:36L'examen comparatif des lois de finances 2025 et du projet de loi de finances 2026 illustre une dérive préoccupante de la masse salariale.
01:44En 2025, la solle permanente représente 772,3 milliards de francs CFA et les primes et indemnités 15,3 milliards.
01:52Un an plus tard, ces montants explosent respectivement à 833,7 milliards et 94 milliards de francs CFA.
01:59Une inflation salariale qui ne trouve pas sa justification dans la productivité ni dans une amélioration des services publics.
02:04Pire, la fonction publique gabonaise apparaît davantage comme un instrument de clientélisme politique que comme un levier de développement national.
02:12Le renforcement des effectifs, souvent sans planification stratégique, contribue à creuser le déficit budgétaire, déjà aggravé par un endettement qui pourrait atteindre 85% du PIB en 2026.
02:23Dans ce contexte, la soutenabilité financière de l'État devient un enjeu majeur.
02:27Pourtant, avec un ratio d'un fonctionnaire pour 19 habitants, le Gabon aurait pu inspirer un service public performant, apte à répondre aux besoins fondamentaux de la population, sécurité, santé, éducation, infrastructure.
02:40Mais la réalité est tout autre. Dans l'éducation nationale, par exemple, les difficultés persistent.
02:44Mauvaise répartition des enseignants, affectation dans des zones dépourvues de logements et de services de base, découragement des personnels.
02:51Le même constat s'applique au secteur de la santé où les effectifs augmentent sans que les hôpitaux publics ne gagnent en efficacité.
02:57Cette contradiction entre volume d'agents et qualité du service pose la question de la pertinence même du modèle administratif actuel.
03:04La faiblesse du système d'évaluation interne accentue la crise d'efficacité.
03:08Les agents publics échappent souvent à toute forme de reddition de comptes.
03:11L'absentéisme, l'accueil déplorable des usagers, la corruption dans l'attribution des marchés publics et le manque de sanctions disciplinaires nourrissent un climat d'impunité.
03:19Malgré les lourds investissements consentis chaque année pour la rémunération des agents, la fonction publique demeure un gouffre financier, peu productif et peu responsable.
03:28Dans un contexte de rareté des ressources et de tensions budgétaires, la rationalisation de la dépense publique devient une urgence nationale.
03:34Le gouvernement doit désormais passer du discours à l'action, instaurer un audit rigoureux des effectifs, conditionner les recrutements à des besoins réels et surtout instaurer une culture de la performance et du mérite.
03:45Car si rien ne change, le poids croissant de la fonction publique risque d'asphyxier durablement l'économie gabonaise.
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