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Sur Cnews, ce mardi 22 juillet, Philippe De Gestas, ancien officier et sous-préfet, dirigeant d'un cabinet de conseil, a commenté l'incendie qui ravage actuellement le Var.

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Transcription
00:00Eh bien, en fait, dès que la situation est connue, le préfet est immédiatement informé et donc on crée une
00:06cellule de crise qui permet de réunir tous les acteurs qui, à un titre ou à un autre, doivent intervenir
00:12dans la gestion de l'incendie, en l'occurrence.
00:15Parce qu'il y a bien sûr les pompiers qui sont, on comprend bien, les premiers acteurs et surtout les
00:20plus indispensables, mais il y a évidemment tout le reste.
00:23C'est-à-dire qu'on peut avoir la police ou la gendarmerie selon l'endroit où on se trouve,
00:26mais également on peut avoir besoin de faire intervenir l'armée.
00:28On peut avoir à faire intervenir des entreprises privées, par exemple une entreprise de transport, s'il y a besoin
00:35d'évacuer de manière rapide la population.
00:39Et donc, dans cette cellule de crise, vous avez en général le préfet ou son représentant, évidemment le maire ou
00:45les maires concernés, puisqu'on est sur des territoires municipaux.
00:49Et puis donc des représentants de tous ces services qui luttent et qui contribuent à assurer la sécurité.
00:55Et puis, ça permet aussi de faire un point de situation assez régulièrement.
00:59On l'a vu tout à l'heure avec la sous-préfète qui fait un point de situation, y compris
01:02pour les médias, pour la population.
01:04Ça permet d'anticiper également des sautes de feu.
01:08Ça permet de mobiliser des moyens supplémentaires.
01:12Ça permet d'avoir des moyens radio qui permettent, par exemple, de demander l'intervention de Canadair ou de Tracker
01:19selon les besoins et donc de coordonner l'ensemble des services.
01:23Et cette cellule de crise, eh bien, elle dure toute la durée de la crise.
01:26Donc, je vous dis, on l'arme dès que la situation l'exige.
01:31Et elle ferme au moment où on considère que la situation est rentrée dans l'ordre.
01:37Et donc, ça peut durer plusieurs jours et c'est jour et nuit.
01:40Avec énormément d'émotion, on entendait M. le maire de Cotignac et on sentait à quel point il était attaché
01:46à sa terre.
01:47Et lorsque vous avez votre terre qui brûle, il le disait, Dieu merci, il n'y a pas eu pour
01:52le moment ni de blessés ni de drame.
01:54Il avait beaucoup de pudeur, M. le maire, et une décision qui est très difficile à prendre pour le maire,
02:00c'est quand on doit ordonner l'évacuation d'une partie de la population.
02:03Parce que ça veut dire qu'on sait qu'on l'abandonne d'une partie du territoire et donc les
02:07biens de ces personnes, leur maison, leur...
02:10Et c'est un... Dans le cas que j'ai connu, en discussion avec le maire, il faut trouver le
02:16bon moment.
02:16Trop tôt, c'est inutile et ça peut créer des drames pour le coup.
02:20Et trop tard, vous imaginez bien le drame aussi.
02:21Donc il faut trouver le bon moment.
02:23Je me souviens de l'émotion du maire au moment où on dit qu'on va abandonner telle partie du
02:27tel quartier de la commune parce que c'est trop dangereux.
02:29Et puis aussi, il y a également, puisqu'on parle d'émotion, vous voyez, les soldats du feu, ils se
02:35battent au quotidien à tout moment.
02:38Et j'ai souvenir d'à un moment donné où un véhicule, des sapeurs-pompiers, il y a eu un
02:43retour de feu.
02:43C'est-à-dire que le feu est arrivé directement sur le véhicule.
02:46Donc ils sont mis en protection.
02:49Donc ils disparident de l'eau sur l'ensemble du véhicule.
02:51Et quand la chaleur est intense, les communications radio s'arrêtent.
02:54Et donc il y a ce moment fou dans la cellule de crise où il y a un silence de
02:59mort.
02:59On n'a plus le contact avec l'équipe qui est dans le véhicule.
03:02On sait que le feu, le mur de feu est en train de passer dessus.
03:05Et on sait que ça peut créer, on aura le temps d'en reparler.
03:08Il y a des pompiers qui sont brûlés.
03:09J'ai souvenir de ce moment de tension extrême et ce moment de soulagement extraordinaire
03:15quand la radio a été rétablie.
03:16On a survécu, on arrive.
03:18Et c'est une situation dramatique et similaire qui a eu lieu d'ailleurs hier à Mérignac.
03:26Sous-titrage Société Radio-Canada
03:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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