00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:0316h18 sur Europe 1 pour la suite d'Eliott Deval et vous, en direct bien sûr de 16h à 18h
00:10avec Elisabeth Assayek et avec Georges Fenech.
00:13On était en direct avec Bruno Bartosetti, secrétaire national déléguée zone sud, unité SGP police FO,
00:21qui nous parlait de la situation à Alès alors que le maire de la ville, Christophe Rivain,
00:27a été la cible d'une première salve de menaces la semaine dernière, placée ensuite sous protection policière et exfiltrée
00:35de son domicile cette nuit
00:37parce que la menace pouvait être éminente contre sa personne.
00:44Je vous propose d'écouter une nouvelle fois le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez qui a apporté plus de
00:49précisions.
00:50Il reste extrêmement prudent puisqu'il y a une enquête qui est en cours, mais il suit le dossier de
00:56très près.
00:57Ce sont des actes d'intimidation.
01:00Monsieur le maire d'Alès, comme beaucoup de maires en France, s'engage aux côtés des services de police pour
01:03lutter contre le narcotrafic
01:05par les actions qui sont de sa compétence.
01:06Il mobilise sa police municipale, il prend des mesures de police administrative.
01:10Mais ceux qui luttent contre les trafics de stupéfiants, ce sont les services de police judiciaire.
01:14C'est le ministre de l'Intérieur, c'est le préfet, c'est l'ensemble des services de l'État.
01:17Donc c'est un acte d'intimidation du maire d'Alès, mais au-delà de tous ceux qui luttent contre
01:21le narcotrafic.
01:22Et on ne se laissera pas intimider, on continuera à mener cette action de manière résolue et déterminée.
01:27Et je peux vous dire que les effectifs qui sont présents sur la voie publique à l'Est vont le
01:30rester pendant un certain temps,
01:32au même titre que les investigations judiciaires qui sont en cours, sous l'autorité du parquet et parfois du PNACO,
01:37vont évidemment se poursuivre.
01:38Bon, c'est une situation qu'on n'a quasiment jamais vue.
01:41Il y a eu cet assassinat terrible du frère qui s'assit à Marseille, en pleine rue, en plein jour.
01:49Qui s'assit, qui se battait et qui se bat toujours avec un courage immense pour lutter contre le trafic
01:55de stupéfiants à Marseille.
01:58Là, je n'ai pas envie d'aller dans l'échelle de la gravité.
02:02Mais la situation, c'est quoi ?
02:04C'est que vous avez le premier administrateur de la ville, le patron de la ville, qui est le maire
02:10d'Alès,
02:11qui voit sa vie menacée potentiellement par des narco-bandits, des narco-terroristes, diraient certains.
02:19Et il a été contraint d'être exfiltré par l'unité d'élite de la police nationale, qui est le
02:24RAID.
02:25J'ai l'impression, Georges Fenech, que la réalité dépasse la fiction.
02:30C'est-à-dire qu'on pourrait voir cette scène-là dans un Scorsese.
02:33Sauf que là, on est dans le réel.
02:35Et le réel, c'est que vous avez un maire, un édile, dont la vie est aujourd'hui menacée.
02:40Non, mais si le RAID est intervenu en pleine nuit, en plus pour exfiltrer le maire,
02:44c'est que la DGSI avait des informations très circonstanciées.
02:47Le RAID, je rappelle, vous l'avez rappelé, d'ailleurs c'est l'unité qui est notamment intervenue au Bataclan,
02:51par exemple.
02:52Donc c'est la force d'élite.
02:54C'est tout à fait sérieux et inédit.
02:56Il faut vraiment remonter très loin dans l'histoire judiciaire française.
02:59Il faut remonter jusqu'en 1981, en réalité.
03:01L'assassinat du juge Pierre Michel à Marseille, précisément.
03:04Trois balles de 9 mm.
03:05Il était à moto.
03:06Il luttait contre la French Connection à l'époque.
03:10Mais depuis, il n'y a pas eu d'assassinat.
03:12Heureusement, on ne le soit loué.
03:13Ni de tentative, ni de menace contre, à ma connaissance,
03:15contre des élus ou des hauts fonctionnaires.
03:18Là, on a quand même des éléments très précis.
03:21On a la DZ Mafia, qui a laissé des balles dans la boîte aux lettres, je crois, du maire,
03:28et qui donc se manifeste.
03:29C'est signé, la DZ Mafia.
03:31L'enquête est en cours.
03:32Vous vous souvenez, Isabelle, de ce que veut dire DZ ?
03:34C'est l'Algérie.
03:35DZ, ça veut dire Algérie.
03:37C'est le code postal.
03:38Et donc là, la difficulté pour nous, enquêteurs français, etc.,
03:41c'est d'avoir des informations en provenance d'Algérie.
03:44Vous connaissez les rapports exécrables que nous avons expiés en ce moment,
03:48donc c'est difficile.
03:49Mais pour le reste, on a entendu, M. Bartoschetti, M. le ministre de l'Intérieur,
03:53il y a une volonté incontestable de lutter contre ce système mafieux.
03:56M. Darmanin a fait quand même voter, rappelons-le,
03:59des dispositifs comme les prisons haute sécurité,
04:02comme une loi qui s'inspire d'ailleurs de la lutte contre la mafia italienne,
04:05qui était le droit de repentir, par exemple,
04:07avec des exalérations de peine pour ceux qui dénoncent de l'Intérieur ces trafics.
04:11On a des moyens incontestables, des procédures avec 4 jours de garde à vue,
04:15bon, tout ça existe, mais attention,
04:17on a face à nous des bandes, des gangs qui sont surarmées,
04:21qui ont un argent inépuisable,
04:23qui se font la guerre entre elles, d'ailleurs,
04:25entre le clan Yoda et des Z-mafias,
04:27avec une quarantaine de morts rien qu'à Marseille.
04:30Donc c'est une situation mafieuse,
04:32c'est une situation inédite,
04:33qu'on n'a pas revue depuis au moins 4 décennies,
04:35et il est évident qu'il faut mener une guerre totale.
04:37La différence d'il y a 40 ans,
04:40c'est que vous avez des narco-criminels,
04:44de plus en plus jeunes,
04:46qui ne respectent plus aucun code,
04:49et qui peuvent s'en prendre, par exemple,
04:52aux frères d'une personne qui est un élu local,
04:56qui entend se mobiliser pour lutter contre le narco-banditisme,
05:01ou le narco-terrorisme.
05:02Ces codes-là ont quasiment tous sautés.
05:05Et là, on est en train de réfléchir
05:08à comment protéger un maire,
05:10qui est d'ailleurs placé sous protection policière,
05:12dans un lieu sûr, évidemment un lieu secret,
05:16puisqu'il a été exfiltré par le raid, Elisabeth Assayag.
05:20Moi, ce qui m'interpelle, là,
05:22c'est que c'est le premier maire,
05:23depuis le début de l'émission,
05:24on dit que c'est totalement inédit,
05:26qu'un élu de la République,
05:28et là, on s'en fiche de l'étiquette politique,
05:30LR, RN, LFI, tout ça, peu importe.
05:33Il est exfiltré de chez lui par un corps d'élite de la police.
05:38Ça n'est jamais arrivé, on dit depuis le début de l'émission.
05:41Un palier a été franchi.
05:42Moi, je crains que ce soit seulement le premier,
05:45et que ça ne soit pas le dernier,
05:48et qu'on est en train d'entrer dans quelque chose
05:51qui nous dépasse déjà.
05:53On entendait à l'instant Bruno Bartoczetti,
05:57on a l'impression que plein d'hypothèses sont sur la table,
06:00plein d'hypothèses à vérifier,
06:02qui vont bien au-delà de la fonction propre du maire,
06:05et on est dans cette mexicanisation de notre pays,
06:09dont on regardait un petit peu de loin jusqu'à présent,
06:13et là, c'est chez nous, c'est à nos portes,
06:15et je crains pour tous les autres maires
06:17et tous ceux qui luttent contre le narco-terrorisme en France.
06:21La bascule, et on en parlait déjà hier
06:25avec Louis Dragnel sur l'antenne de CNews,
06:28Louis Dragnel m'a apporté une information
06:30que je n'avais jamais entendue,
06:32c'est que la France, qui est un pays importateur de drogue,
06:36est désormais aussi un pays exportateur de drogue.
06:39Notamment de drogue de synthèse.
06:40Exactement, Georges Fenech.
06:41C'est-à-dire qu'on devient un producteur de drogue
06:44au sein même de notre territoire.
06:46C'est pour ça que quand Elisabeth parle de mexicanisation,
06:49il faut prendre ça quand même,
06:50il ne faut pas le prendre à la légère.
06:51Il y a un début, en tout cas,
06:53on n'est pas la situation du Mexique,
06:55je rappelle qu'au Mexique, en 15 ans,
06:56la guerre contre le narcotrafic a fait 400 000 morts,
07:00vous imaginez ?
07:01Ce sont peut-être les prémices.
07:02Non, mais justement, justement,
07:03ça s'est produit ailleurs,
07:05notre pays est en train de prendre une pente
07:07vraiment dangereuse,
07:09et tout doit être mis en œuvre,
07:11justice, police et relations internationales.
07:14Je pense qu'il faut que nous ayons effectivement,
07:15qu'on le retrouvions,
07:17une coopération sincère, franche, efficace,
07:20notamment avec l'Algérie,
07:22le Maroc et d'autres pays,
07:24effectivement, qui sont à l'origine,
07:26souvent, malheureusement,
07:28d'importations de produits stupéfiants.
07:29D'abord, deux balles de 9 mm
07:31et des tags à son domicile,
07:32puis une exfiltration en pleine nuit.
07:35Nous parlons donc de ce maire d'Alès,
07:38Christophe Rivenc,
07:3960 ans,
07:40exfiltré de son domicile cette nuit
07:43par le RAID.
07:45Et je m'adresse aux téléspectateurs
07:46et aux auditeurs d'Europe 1.
07:48Appelez-nous au 01 80 20 39 21.
07:52On est avec Catherine,
07:53qui nous appelle de Marseille, justement.
07:55Bonjour, Catherine.
07:56Bonjour.
07:57Merci d'être en direct avec nous,
07:59chère Catherine.
08:00Je vous en prie.
08:01Alors, c'est intéressant,
08:02parce que Marseille,
08:03c'est aussi le symbole de cette insécurité
08:07qui a été gangrénée,
08:08cette ville magnifique,
08:10avec une population qu'on adore,
08:12mais qui a été pourrie,
08:13et qui l'est encore, malheureusement,
08:15par le narco-banditisme,
08:17le narco-terrorisme.
08:19Vous êtes une Marseillaise de naissance, Catherine ?
08:22Oui.
08:23Et parlez-nous un peu de Marseille.
08:25Dites-nous ce que vous avez vécu
08:27du côté de Marseille.
08:29Bon, écoutez, Marseille,
08:31ce n'est pas la peine de revenir particulièrement
08:34sur le folkor marseillais.
08:36Moi, ce que je peux vous dire,
08:38et c'est la même chose,
08:39que ce soit pour le maire d'Alès
08:41ou que ce soit pour le mec qui a foncé sur les flics,
08:48enfin, pour la voiture qui a foncé sur les flics,
08:51les refus d'obtempérer et compagnie,
08:52que ce soit à Marseille ou ailleurs,
08:56la première chose qu'on entendait à l'époque,
09:00c'est que les voyous avaient une peur terrible,
09:05c'était de buter un flic
09:06quand il faisait un braquage, etc.
09:09C'était un truc qui était absolument fondamental pour eux.
09:13On évitait à tout prix de buter un flic.
09:15Pourquoi ? Parce que c'était la peine de mort.
09:17C'est simple.
09:18Vous savez, bon,
09:19il n'y a pas besoin d'être diplômé de sciences politiques
09:23pour comprendre ce truc-là.
09:25Tout le monde le savait.
09:26Je connaissais un peu les voyous marseillais.
09:30Bon, je...
09:31Effectivement, je vous l'ai dit,
09:32je n'ai pas l'intention de tomber dans le folklore,
09:34mais enfin,
09:36ça, c'était une donnée de base.
09:39Et en même temps, pardonnez-moi pendant, Catherine,
09:42la Friends Connection,
09:43Georges le rappelait,
09:45c'est dans les années 80
09:47que vous avez un juge
09:49qui est 81,
09:51donc c'est au moment de l'abrogation de la peine de mort,
09:53mais avant, il pouvait y avoir ces règlements de compte.
09:56Il y avait une vraie guerre
09:58entre gang et mafieux à Marseille.
10:00Bon, c'était...
10:03Pourtant, il y avait la peine de mort.
10:05Excusez-moi,
10:05je ne vous ai pas dit
10:06que ça n'arrivait absolument jamais
10:08que c'était quelque chose...
10:10Mais c'était quelque chose de base.
10:12En plus, vous me parlez des années 80.
10:14Moi, je suis beaucoup plus vieillée que ça.
10:16Je suis née en 49,
10:19donc j'étais jeune dans les années 50, 60, etc.
10:23Donc, je vous parle de cette période-là.
10:26Je vous garantis que jamais les voyous,
10:31c'était une peur terrible chez eux.
10:34Ça n'a pas de simple...
10:34Et vous, ce que vous dites,
10:36et le résumé que vous faites,
10:38l'analyse que vous faites,
10:38c'est d'expliquer qu'aujourd'hui,
10:41l'autorité est tellement remise en question
10:44que le criminel n'a absolument ni peur
10:46du policier qu'il a face à lui
10:48et encore moins de la sanction potentielle.
10:51Merci Catherine de nous avoir appelés.
10:53Il est 16h29.
10:54On revient dans un instant sur Europe 1.
10:56Sous-titrage Société Radio 1.
10:56Merci.
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