- il y a 5 semaines
Grands favoris de cette Coupe du monde, les Bleus ont été éliminés par l’Espagne en demi-finale ce mardi 14 juillet. Une cruelle désillusion pour un groupe qui avait de hautes ambitions, et qui sortira finalement par la petite porte. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Marin Guillon Verne et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : M6 et BeIN Sports.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Avec Bappé et le ballon d'or d'Embélé notamment, les Bleus avaient la meilleure attaque au monde.
00:17Et pourtant, la France s'est inclinée en demi-finale du Mondial face à l'Espagne le mardi 14 juillet.
00:23Défaite 2 à 0, les hommes de Didier Deschamps n'ont rien montré, les Espagnols les ont largement dominés.
00:29Alors pourquoi ces Bleus sont passés à côté de leur match ?
00:32On va essayer de comprendre aujourd'hui dans Codesources avec deux des envoyés spéciaux du Parisien sur ce Mondial,
00:38Dominique Sévérac et Benjamin Quarez, ils sont amis amis.
00:52Benjamin, Dominique, une fois n'est pas coutume dans Codesources, on commence par la fin.
00:55Enfin, Dominique, raconte-nous l'ambiance dans le stade de Dallas, en tribune de presse, à la fin du match,
01:01quand la défaite 2 à 0 devient inévitable.
01:03Il n'y a pas vraiment de prise de conscience de l'événement.
01:06Il y a les 3000 supporters français qui sont déçus, les 3000 supporters espagnols qui sont fous de joie,
01:12et le stade acquis à la cause plutôt de l'Espagne qui chante.
01:16Mais on n'a pas l'impression de vivre l'événement qui consiste à se qualifier pour une finale de
01:20Coupe du Monde.
01:20Tu ressens quoi, à ce moment-là, quand on sait que ça y est, la France va perdre 2-0
01:24?
01:24Moi, je l'ai compris définitivement à la 85e minute, donc une dizaine de minutes avant la fin du match,
01:30parce qu'il y a du temps additionnel, c'est une forme de déception, c'est un vide qui s
01:34'installe.
01:35Le foot, c'est une montée d'émotion, d'adrénaline, et tout d'un coup, on vous enlève tout.
01:39Donc, c'est comme une espèce de descente infernale.
01:43Et c'est terminé ! L'Espagne se qualifie pour la deuxième finale de Coupe du Monde de son histoire
01:50!
01:51Benjamin, juste après cette défaite, donc 2-0, dans quel état sont les joueurs sur le terrain ?
01:55C'est une immense déception, c'est extrêmement dur, il y a des visages extrêmement tristes.
01:59On a vu les larmes de Manu Conné, le milieu de terrain de l'équipe de France, qui était inconsolable
02:03sur le terrain.
02:05Désiré Doué aussi, le maillot sur la tête, qui a dû être consolé par Fabian Ruiz, le joueur du PSG,
02:09par Paukou Barcy, le défenseur de l'Espagne.
02:12Ousmane Dembélé a joué les grands frères à la fin du match, en allant consoler aussi un paquet de joueurs.
02:17C'était vraiment très compliqué pour les joueurs de l'équipe de France, une immense déception,
02:19parce qu'ils avaient fixé la date du 19 juillet avec la finale comme l'objectif de cette Coupe du
02:23Monde.
02:24Là, ils vont disputer leur finale, qui n'est malheureusement pas celle qu'ils espéraient.
02:27C'est la petite finale, on va y revenir.
02:29Dans cet épisode de Code Source, on va essayer d'expliquer cette défaite,
02:33de comprendre pourquoi ces Bleus, qui faisaient partie des favoris comme l'Espagne, sont passés à côté de leur match.
02:38D'abord, que dit Kylian Mbappé après la défaite ?
02:42Il est assez cash après la défaite, il est assez lucide d'ailleurs sur la prestation de l'équipe de
02:46France,
02:46puisqu'il dit qu'ils ont failli techniquement, tactiquement,
02:50que face au plan espagnol, ils n'ont pas été en mesure de répondre aux attentes,
02:55qu'au milieu de terrain, ils se sont trop souvent retrouvés en infériorité numérique,
02:58que sur le plan offensif, ils ont été inoffensifs, c'est le cas de le dire.
03:03Il est très honnête sur le fait que l'équipe de France n'a pas fait le match qu'il
03:06fallait,
03:06que finalement, le résultat reflète assez bien la phénomonie de la rencontre,
03:10et que l'équipe de France ne méritait pas mieux malheureusement que cette défaite en demi-finale de Coupe du
03:14Monde.
03:15Je pense que si on est objectif, on n'a pas mis tous les ingrédients pour aller en finale aujourd
03:19'hui.
03:21Dominique, si on revient en arrière, dès le début de la demi-finale,
03:24les Espagnols mettent la pression sur les Français.
03:27A la 22e minute, le défenseur Luc Adigne veut renvoyer le ballon,
03:31mais son pied vient heurter l'attaquant espagnol, Lamin Yamal, qui était lancé.
03:35L'arbitre siffle un pénalty qui sera transformé.
03:38Dominique, ce pénalty, pas de doute, il est justifié ?
03:41Pour moi, oui, il n'y a pas de contestation possible.
03:43Luc Adigne ne sait plus où se trouve le ballon, où se trouve l'attaquant qu'il surveille,
03:47l'occurrence Lamin Yamal, il commet une faute grossière dans la surface de réparation.
03:52Pour moi, pas besoin d'aller vérifier à la vidéo.
03:55Donc il n'y a pas de scandale, c'est un pénalty logique.
03:58Quand les Bleus sont menés 1-0, est-ce que ça a pu les faire cogiter,
04:02les inquiéter d'être menés, alors que l'Espagne n'a pris qu'un seul but depuis le début du
04:06Mondial ?
04:07C'est surtout que la France n'avait jamais été menée au score dans cette Coupe du Monde.
04:11Tous les matchs se sont déroulés selon un plan idéal
04:13qui consiste à marquer le premier but et après les espaces s'ouvrent
04:19et l'équipe de France fait la différence.
04:21Là, psychologiquement, ils ont dû encaisser le fait de prendre un but,
04:25donc une première dans cette Coupe du Monde, de rattraper un score, il faut égaliser,
04:29et les faces à l'Espagne qui, en 6 matchs, n'avaient pris qu'un seul but.
04:33Donc effectivement, dans les têtes, là, ça commence à tourner
04:36et ils disent que ce n'est peut-être pas leur soir.
04:40À la mi-temps, Didier Deschamps a remplacé Adrien Rabiot par Manu Connet.
04:44Rabiot qui avait pris un carton jaune à la 9e minute,
04:47donc en cas de deuxième carton, il aurait été expulsé.
04:50Les Français auraient donc joué à 10.
04:52Est-ce que c'est une bonne décision, Benjamin, ou pas, de la part de Didier Deschamps, de le remplacer
04:57?
04:57Il est légitime de se poser la question, dans le sens où Adrien Rabiot était certainement le Français
05:00le mieux rentré dans sa demi-finale.
05:02C'est lui aussi qui avait récupéré le plus de ballons en première période,
05:05qui imposait un vrai combat au milieu espagnol.
05:08Il avait été un joueur très important sur les 45 premières minutes,
05:11mais tu l'as dit, Jules, il avait pris un carton jaune très tôt.
05:13Il n'est pas passé loin de prendre un carton rouge juste avant la pause.
05:16Didier Deschamps s'est certainement demandé si ce n'était pas préférable de le sortir maintenant
05:20pour ne pas risquer de se retrouver en infériorité numérique en deuxième période.
05:23Il faut être honnête, à 10 contre 11, ça aurait été quasi impossible
05:26d'imaginer un retour de l'équipe de France, donc il a certainement voulu assurer le coup.
05:30Malheureusement, son remplaçant, Manu Conné, est rentré à l'envers dans sa partie,
05:33a eu du mal, lui, à se mettre dedans, un peu à l'image du reste de l'équipe.
05:38Forcément, la perte d'Adrien Rabiot a pénalisé aussi l'équipe de France.
05:41Pedro Po, avec Olmo, la 1-2, qui fonctionne !
05:44Pedro Po, il s'affecte 1-0 pour l'Espagne !
05:48À 2-0, là, j'imagine que ça devenait mission impossible pour les Bleus ?
05:52Oui, Ryan Cherki nous l'a bien expliqué après le match.
05:54À 1-0, c'est déjà compliqué, contre une équipe d'Espagne qui monopolise le ballon,
05:59qui vous laisse très peu de situations.
06:00À 2-0, c'est quasi mission impossible.
06:04Déjà, les Bleus étaient inoffensifs à 1-0, alors imaginez à 2-0,
06:07ils avaient du mal à aller toucher leurs joueurs offensifs,
06:10à faire la différence dans les 30 derniers mètres adverses.
06:12À 2-0, très clairement, l'Espagne a verrouillé, a sécurisé les zones défensives,
06:17et il était devenu presque impossible pour l'équipe de France de se rapprocher de la cage espagnole,
06:21même s'il y a eu quelques fulgurances en fin de match.
06:23Dans le stade, nous-mêmes en tribune de presse,
06:25on s'est clairement dit que c'était déjà quasiment plié,
06:28et qu'il faudrait un miracle pour que l'équipe de France parvienne à renverser la situation.
06:32Dominique, sur le terrain, les attaquants stars de l'équipe de France,
06:35Kylian Mbappé, Ousmane Dembele, Michael Olysee,
06:38ils n'ont pas réussi à briller dans ce match.
06:39Non, face à une équipe qui a la possession, qui a toujours le ballon,
06:43c'est très compliqué de trouver des espaces.
06:45En fait, une équipe comme l'Espagne, qui est un peu similaire au PSG,
06:48qui a gagné deux fois la Ligue des Champions,
06:50c'est une équipe qui réduit les espaces, qui réduit les angles entre le passeur et le receveur,
06:54donc le buteur, on va dire pour schématiser,
06:56entre Michael Olysee, le numéro 10, le meneur de jeu,
06:59et Kylian Mbappé, l'attaquant.
07:01Donc à partir du moment où l'arc et la flèche ne peuvent pas se trouver,
07:04tout est enrayé.
07:06Concernant le milieu de terrain, donc les joueurs qui font le lien entre les défenseurs et les attaquants,
07:10on en a déjà un petit peu parlé, mais les bleus, là aussi,
07:12ils se sont fait manger par les Espagnols ?
07:14Oui, on peut prendre tous les secteurs de jeu.
07:16L'équipe de France n'a pas existé dans ce match.
07:18Le milieu de terrain, c'est évidemment le point fort de l'Espagne,
07:21parce que qui dit avoir le ballon, dit l'avoir surtout au milieu de terrain.
07:24Et là, vous avez deux joueurs exceptionnels, qui sont Rodri, Ballon d'Or 2024,
07:28Fabien Ruiz, qui est le joueur au monde qui a le plus beau palmarès depuis deux ans.
07:32Il a gagné l'Euro 2024, il a gagné deux Ligues des Champions,
07:35et donc ces deux joueurs-là, avec Olmo, qui jouent à Barcelone,
07:38ils monopolisent le ballon tout le temps.
07:41Et donc, vous courez dans le vide, vous vous fatiguez,
07:44et les milieux de terrain ont été très vite dépassés.
07:46Ils ont eu un déchet technique considérable,
07:48ils n'ont rien su et endiguer et construire, à l'image d'Oriviens de Chouameni.
07:52Ça a été très dur pour eux.
07:53Benjamin, Michael Olyse, le joueur du Bayern Munich,
07:56qui était un peu la révélation de cette équipe de France dans ce mondial,
08:00il n'a rien montré sur cette demi-finale.
08:02Oui, c'est une très grande déception, cette demi-finale,
08:04et on l'a senti très vite que ce n'était pas son match.
08:06Il était attendu sur deux aspects particuliers.
08:09Évidemment, la création du jeu, parce qu'il a un pied gauche magnifique,
08:12il est capable de trouver des angles de passe assez extraordinaires,
08:14de trouver les décalages dans des petits espaces,
08:16comme peu d'autres au monde savent le faire.
08:18Il était déjà difficile de le voir rayonner dans ce secteur,
08:21dans le sens où il a eu un déchet technique beaucoup trop important,
08:23mais en plus de ça, il n'a pas été en mesure de faire valeur ses courses,
08:27cette capacité à harceler aussi le porteur.
08:29Il avait une mission très importante face à Rodri, justement,
08:31pour empêcher le milieu espagnol d'orienter le jeu devant la défense.
08:35Et sur ce plan-là, on l'a senti tout le temps à contre-temps,
08:37tout le temps en décalage.
08:38Ce n'était vraiment pas son rendez-vous.
08:40Et effectivement, parmi les déceptions de ce match,
08:42au sein de l'équipe de France, c'est certainement la plus importante.
08:46Benjamin, quand on analyse cette défaite,
08:48il faut aussi parler du pressing réalisé par les Espagnols,
08:51qui a été très intense.
08:52Très intense, et en même temps, ils ont imposé un faux rythme.
08:55C'est ce qu'ont dit Kylian Mbappé à Ancherki après le match.
08:57On n'avait pas l'impression d'avoir une très grande Espagne en face.
09:00C'est une équipe qui a imposé son tempo,
09:02un tempo très calme, très relax,
09:04et en même temps, avec un bloc équipe qui est particulièrement costaud,
09:10difficile à passer.
09:11Et c'est vrai que cette équipe de France,
09:12c'est un petit peu comme un match de boxe.
09:14Ils ont pris le premier coup, ils ont pris le deuxième coup.
09:16On ne les a jamais sentis en mesure de donner un coup supplémentaire
09:19pour renverser la situation.
09:20Et à partir du moment où on perd le premier round, le deuxième,
09:22ça devient impossible.
09:23On est sonné, et cette équipe de France a été sonnée de A à Z,
09:26incapable de répondre à l'intensité imposée par l'Espagne.
09:32Après le match, Didier Deschamps a reconnu que cette défaite
09:35était, je cite, d'abord de notre faute,
09:37avant de se demander, face caméra,
09:39si l'arbitre avait le niveau pour arbitrer
09:42une demi-finale de Coupe du Monde.
09:44Je vais passer pour une pleureuse, puisqu'on a perdu.
09:46La question que je vous pose à tous,
09:48est-ce que l'arbitre d'aujourd'hui a le niveau
09:49pour arbitrer une demi-finale de Coupe du Monde ?
09:52Je n'ai rien contre l'arbitre de ce soir,
09:54mais posez-vous la question et répondez-y.
09:56Dominique, est-ce que cette critique de l'arbitrage
09:58te paraît justifiée ?
10:00Non, parce qu'au moment où on se parle,
10:03je ne sais toujours pas à quoi Didier Deschamps faisait référence.
10:05Si c'est le pénalty, on en a déjà parlé,
10:07il est incontestable.
10:09Je vais même te dire, Jules,
10:10il pourrait y avoir un carton rouge assez rapide
10:12pour Michael Ollivet,
10:13qui est l'auteur d'une semaine,
10:15c'est-à-dire qu'il met son pied sur le pied d'un autre,
10:17en l'occurrence Rodry.
10:18L'arbitre n'a pas été appelé par les assistants vidéo.
10:22Dans le championnat de France, par exemple,
10:23ce genre de choses est sanctionnée tous les week-ends
10:26et Michael Ollivet aurait pu prendre un carton rouge direct.
10:28Même chose pour Adrien Arabio,
10:30qui aurait pu prendre aussi un carton rouge
10:32pour une semelle.
10:32La même faute.
10:34Donc, je veux dire qu'à la mi-temps,
10:36s'en sortir avec un jaune pour Adrien Arabio,
10:38c'est un moindre mal.
10:39Quand Deschamps nous expliquera à quoi il fait référence,
10:42je pourrais être d'accord ou pas d'accord avec lui.
10:44Mais là, comme je n'ai pas assez d'éléments,
10:46je ne suis pas d'accord avec lui,
10:47parce que je ne trouve pas que l'arbitrage soit scandaleux.
10:49Didier Deschamps n'a pas changé de système de jeu pendant le match.
10:53Est-ce que, d'après toi,
10:54il aurait pu ou il aurait dû changer de stratégie ?
10:57J'aime assez l'idée que, depuis 18 mois,
11:00il jouait en 4-2-3-1,
11:02c'est-à-dire avec 4 joueurs à vocation offensive,
11:04plutôt un meneur de jeu,
11:05donc Michael Olyse,
11:05et puis 3 feux follets.
11:07Donc là, on avait Bradley Barcola à gauche,
11:09Ousmane Dembélé à droite
11:10et Kylian Mbappé devant.
11:12J'aime l'idée qu'il ait tenu cette idée-là jusqu'au bout,
11:16où, que malgré la Coupe du Monde,
11:18des matchs plus serrés, plus relevés,
11:20il soit parvenu à 3 milieux de terrain
11:22pour équilibrer un peu plus son système,
11:25en rajoutant, par exemple,
11:26Manicone, plus Adrien Arabeau,
11:28plus Aurélien de Cheminie,
11:29ou Arendt Zairemri,
11:30ou N'Golo Kanté,
11:32les milieux qu'il avait pris pour cette Coupe du Monde.
11:35Donc, je trouve qu'il avait fait le pari de l'audace,
11:37du panache,
11:37qui s'est tenu jusqu'au bout.
11:39Après, on parle d'une Espagne qui joue comme ça,
11:41quel que soit le sélectionneur.
11:43On parlait du PSG qui a gagné l'idée de champion.
11:45Luis Enrique a été le sélectionneur de l'Espagne.
11:47Ils n'ont pas gagné la Coupe du Monde,
11:48mais ils avaient le même jeu.
11:49Ils sont tombés contre le Maroc en 2022, par exemple.
11:52Ça peut arriver à tout le monde de faire des sorties de route.
11:54Mais l'Espagne joue comme ça depuis des années.
11:56La France n'a pas vraiment un style de jeu.
11:58La France s'adapte aux joueurs qu'elle a.
11:59Et des chances s'est adaptée au fait que
12:01les meilleurs joueurs aujourd'hui sont offensifs.
12:03Et bien, ça, je ne peux pas lui reprocher.
12:06L'équipe de France a fait l'objet de racisme
12:09à plusieurs reprises pendant ce Mondial.
12:11Il a notamment eu cette sénatrice du Paraguay
12:13qui a tenu des propos racistes visant Kylian Mbappé.
12:16Et aussi l'ancien chef du gouvernement espagnol,
12:19Mariano Raroy,
12:20qui a dit que les Bleus avaient un effectif de haut niveau,
12:23mais je cite, sans français.
12:25Ces propos racistes, les visant, Benjamin,
12:28est-ce que ça a pu un peu déconcentrer les Français ?
12:30Pour moi, c'est une explication un peu tirée par les cheveux,
12:33dans le sens où cette problématique-là,
12:36qui est certes énorme,
12:37et un réel sujet de solidité,
12:39qui touche énormément de nos joueurs,
12:40qui, on le sait, sont très impliqués sur ces sujets,
12:43et en particulier le racisme.
12:44On l'avait déjà évoqué avant le Maroc,
12:47ça n'avait pas empêché l'équipe de France
12:48de faire un très bon match contre le Maroc.
12:51C'est le genre de sujet,
12:52on préfère les éviter quand on est en équipe de France.
12:54Dayo Upamecano, défenseur de l'équipe de France,
12:55a notamment dû en parler avant le match.
12:58Warren Zeyremery aussi a dû en parler en conférence de presse.
13:01C'est évidemment des sujets qui reviennent régulièrement,
13:03mais ils y s'étaient préparés
13:04par le service communication de l'équipe de France,
13:06et je ne pense pas que ce soit ça
13:08qui ait fait que l'équipe de France
13:09soit passée à côté de sa demi-finale.
13:11Bien évidemment, ce sont des sujets qui les touchent,
13:13sur lesquels ils sont impliqués,
13:14ils ont des avis très clairs,
13:16c'est un combat qui mène,
13:17pour certains, avec beaucoup d'entrains.
13:20Mais citer ça comme une excuse,
13:22une explication de la défaite,
13:24je ne pense pas, non.
13:24Dominique, est-ce que ces Bleus
13:26ne se sont pas mis trop de pression sur ce match,
13:29avec à la fois l'idée de rendre hommage
13:30à la maman du sélectionneur,
13:32Didier Deschamps, disparue pendant le Mondial,
13:34et aussi le fait qu'on était le 14 juillet,
13:36le jour de la fête nationale ?
13:37Les Bleus ne choisissent pas les dates
13:40et ne choisissent pas les événements extérieurs
13:42à la vie du foot.
13:43Non, je ne pense pas qu'ils se soient mis trop de pression.
13:45Toute équipe a un jour sans,
13:47c'était le mardi 14 juillet pour l'équipe de France.
13:51Toute équipe tombe sur plus fort,
13:52c'était le 14 juillet pour l'équipe de France
13:54contre l'Espagne.
13:55Voilà, ça arrive, on inverse le tableau,
13:58la France rencontre par exemple l'Angleterre
14:00en demi-finale et elle aurait été en finale.
14:01Qui le sait ?
14:02Ce n'est pas impossible.
14:03Et l'Espagne aurait battu peut-être l'Argentine
14:05ou l'Argentine aurait battu l'Espagne
14:06et il y aurait le final par exemple
14:08France-Argentine dans une autre configuration.
14:11Donc oui, effectivement, on est tous déçus
14:13parce que c'est une déception,
14:15c'est un échec.
14:16L'équipe de France est venue pour gagner la Coupe du Monde,
14:18elle ne l'a pas gagnée.
14:19Donc ce n'est pas une question de pression,
14:20c'est une question de jour sans,
14:22c'est une question d'être tombé sur l'adversaire
14:23plus fort que soi.
14:25Le fait que c'était le 14 juillet,
14:26ils n'ont pas choisi la date,
14:27ils n'y ont pas plus réfléchi que ça.
14:29Ils sont arrivés aux Etats-Unis le 10 juin,
14:31le match était le 14 juillet,
14:32ça fait un mois et quatre jours qu'ils étaient dans leur bulle,
14:35ils n'ont pas vraiment pensé à toutes ces considérations
14:37qui sont très franco-françaises.
14:39Alors autre question Dominique,
14:41est-ce que les journalistes français dont on fait partie évidemment
14:44ne se sont pas un peu trop emballés sur cette équipe de France ?
14:47Est-ce que le fait de présenter les Bleus
14:48comme les grands favoris de ce mondial,
14:50ça a pu les démobiliser ?
14:52Je maintiens Jules qu'au sixième match,
14:54c'est-à-dire celui avant l'Espagne,
14:55l'équipe de France était la meilleure du tournoi.
14:57Je maintiens que c'était l'équipe la plus emballante,
14:59je maintiens que c'est l'équipe qui a donné le plus d'émotions.
15:02Si c'était que moi dans mon petit coin,
15:04on pourrait penser que je suis fou.
15:05J'ai l'impression qu'au Brésil, en Argentine, en Allemagne,
15:08au Paraguay, en Espagne, en Afrique,
15:11tout le monde a pensé la même chose que nous.
15:13On s'est emballés parce que c'était emballant.
15:16On pouvait penser, et je le pense encore,
15:18que cette équipe de France, elle est fantastique.
15:20On parlera peut-être de la suite plus tard.
15:21Elle a un avenir magnifique.
15:23Non, on ne les a pas vus trop beaux.
15:24Elle est tombée sur une équipe encore plus forte.
15:28Bon ben voilà, c'est le foot.
15:29Benjamin, est-ce que ce n'est pas un peu ce qu'a dit
15:31le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente
15:33juste après cette victoire ?
15:34Pour lui, il a dit
15:36les meilleurs joueurs du monde ont perdu
15:38contre la meilleure équipe du monde.
15:40Oui, et je partage plutôt son point de vue.
15:42On a parlé de ça justement avec beaucoup de journalistes
15:44à la fin du match,
15:45en citant les joueurs un par un de l'équipe d'Espagne
15:47et ceux de l'équipe de France.
15:49Et après cette victoire de l'Espagne,
15:51on se disait, mais qui va être ballon d'or
15:52si l'Espagne vient remporter le tournoi ?
15:54C'est vrai que ce n'est pas facile
15:55de détacher un joueur en particulier,
15:58de se dire que ça va être Rodri à coup sûr,
16:00que ce sera Lamin Yama à coup sûr,
16:02ou peut-être un autre.
16:03Alors qu'en équipe de France,
16:05les ballons d'or potentiels,
16:06il y en a un paquet.
16:07Je pense à Ousmane Dembélé,
16:08je pense bien évidemment à Kian Mbappé,
16:10on peut citer Michael Olysee.
16:11C'est vrai que par rapport à la saison
16:13qui vient de s'écouler,
16:14par rapport aux performances individuelles
16:16de nos joueurs que je viens de citer,
16:18les meilleurs joueurs étaient certainement
16:19dans le camp de l'équipe de France,
16:20mais les individualités ne font pas une équipe.
16:22Et cette équipe d'Espagne,
16:23qui se connaît parfaitement,
16:25qui a peu évolué depuis l'Euro 2024,
16:27a des automatismes bien huilés,
16:29on le savait.
16:29Ils avaient déjà battu la France en 2024,
16:32battu la France en 2025.
16:33Ils remettent ça une troisième fois consécutive.
16:35C'est une équipe qui, collectivement,
16:37est très probablement la meilleure du monde aujourd'hui,
16:40qui se connaît par cœur,
16:41qui a mis le terrain,
16:42un binôme exceptionnel avec Rodri et Fabien Ruiz,
16:44qui a l'Aminyamal,
16:45qui est certainement le krach mondial
16:47le plus fort de ces dernières années.
16:50Et on peut en citer plein d'autres.
16:51C'est vraiment un groupe soudé,
16:54un collectif huilé,
16:55qui sait se trouver les yeux fermés.
16:58Dominique, juste d'un mot,
16:59du coup, c'est un petit peu un mystère,
17:01cette contre-performance,
17:02pour l'instant,
17:02on n'a pas trouvé la clé
17:03dans tout ce qu'on s'est dit,
17:04à part, évidemment,
17:05le gros travail des Espagnols.
17:07Didier Deschamps, lui,
17:08a l'habitude de dire
17:09que son groupe est jeune,
17:10et c'est vrai que c'était parfois
17:12la première Coupe du Monde
17:13pour pas mal de joueurs,
17:14à part Ousmane Nembele
17:15et Kylian Mbappé devant,
17:17Mike Méniand,
17:18mais qui ne jouait pas
17:19les dernières fois,
17:20puis même qui était blessé en 2022.
17:22Donc, non, oui,
17:23il y a très peu de joueurs
17:24qui ont ce vécu.
17:27Ce sont les matchs
17:28où votre destin bascule.
17:30Alors, peut-être que même
17:30s'ils jouent dans des très gros clubs,
17:32ils n'ont pas ce vécu-là
17:33que l'Espagne est championne d'Europe
17:35depuis 2024.
17:37Ah, peut-être cette chose-là.
17:39Mais le foot,
17:39c'est une science molle.
17:40On ne peut pas expliquer les choses
17:42par A plus B.
17:43Ce n'est pas comme ça, le foot.
17:44On ne peut pas savoir.
17:45On est toujours plus intelligent
17:46après qu'avant.
17:47Je n'aurais jamais pu imaginer
17:48que l'équipe de France
17:49fasse ce match-là.
17:50Pour moi, c'était impossible.
17:51Qu'elle perde, c'était possible,
17:52mais pas qu'elle ne réponde pas.
17:53Elle a débranché la prise.
17:55Il n'y avait pas grand-chose.
17:56C'est assez inexplicable.
17:58Est-ce que Deschamps
17:59est un mauvais sélectionneur ?
18:00Ben non.
18:01Est-ce que Kylian Mbappé
18:01est un mauvais attaquant ?
18:03Non.
18:03Est-ce qu'Olizet est un mauvais joueur ?
18:05Non.
18:06Est-ce que Lucas Ding
18:07nous avait habitués
18:07à faire des erreurs aussi bêtes ?
18:09Non.
18:09Tout d'un coup,
18:10tout s'est ligué
18:11contre l'équipe de France.
18:13Donc, je ne me l'explique pas.
18:14Benjamin,
18:15est-ce que l'équipe de France
18:16va pouvoir se remobiliser
18:17pour la petite finale,
18:18le match pour la troisième place
18:20de la compétition
18:21samedi soir contre l'Angleterre ?
18:22Comment ils vont faire
18:23dans les heures qui viennent ?
18:24Ce ne sera pas facile.
18:26On a eu quelques échos
18:27forcément après le match d'hier.
18:29Les Bleus ont du mal.
18:31Il va falloir encaisser.
18:32C'est très dur.
18:33C'est une défaite
18:33qui a touché énormément les joueurs.
18:35La compétition est longue.
18:36Il va falloir aller à Miami.
18:38Forcément,
18:38il y a certains joueurs
18:39qui ont peut-être
18:41déjà la tête aux vacances
18:42qui savent qu'il va falloir se reposer
18:43parce qu'une grosse saison
18:44les attend aussi
18:45avec leur club
18:45dans quelques semaines.
18:47La compétition a été longue
18:48pour tout le monde.
18:49C'est évidemment
18:49une déception énorme
18:50qu'il va falloir
18:52oublier le plus vite possible
18:53pour essayer de finir
18:54de la plus belle des manières
18:55pour la dernière
18:56de Didier Deschamps
18:56aussi à la tête
18:57de l'équipe de France.
18:58Le groupe de ce qu'on a eu
19:00comme écho
19:00a quand même envie
19:01de lui offrir
19:02une dernière danse
19:03digne de ce nom
19:04en faisant un match
19:05quand même sérieux
19:06pour certes une rencontre.
19:08Ce n'est pas la finale
19:08comme je disais au départ
19:09qu'ils espéraient
19:10mais ça reste un match
19:11de Coupe du Monde
19:12un match où
19:12ils vont affronter
19:13une grande nation.
19:14On peut imaginer
19:15que le coach va aussi
19:16faire largement tourner
19:17son effectif
19:18en donnant le temps de jeu
19:18à ceux qui n'ont pas encore joué.
19:20Je pense à Lucas Hernandez
19:20à N'Golo Kanté.
19:22Ces joueurs-là
19:22auront envie de montrer aussi
19:23de participer
19:25à la fête
19:26entre guillemets
19:26si la fête
19:27ne se termine pas
19:28comme on l'aurait souhaité.
19:29Ce ne sera pas évident.
19:30Maintenant,
19:31on peut compter sur le staff
19:32pour aussi les mobiliser
19:33et faire en sorte
19:34que malgré la déception,
19:35malgré les jambes lourdes,
19:36malgré le temps
19:37qui peut être très long
19:37aussi aux Etats-Unis,
19:39ce dernier match
19:39ne soit pas
19:40une bouillie de football
19:41et que l'équipe de France
19:42finisse de belle manière
19:43cette compétition
19:44qui avant cette demi-finale
19:46était parfaite.
19:50Dominique,
19:50c'est Zinedine Zidane
19:51qui va remplacer
19:52Didier Deschamps
19:53au poste de sélectionneur
19:54avec un prochain rendez-vous
19:56dès le mois de septembre
19:57à la Ligue des Nations.
19:58Premier match en Turquie
19:59le 25 septembre.
20:01Zidane,
20:01ce sera quoi sa stratégie,
20:03son credo
20:03en tant que sélectionneur ?
20:04Comme dirait Didier Deschamps
20:06parce qu'ils ont joué ensemble,
20:06ils ont été champions
20:07du monde ensemble.
20:08Un bon entraîneur,
20:09c'est un entraîneur qui gagne.
20:10Donc Zinedine Zidane,
20:12il arrive pour remporter
20:13l'Euro 2028
20:14qui aura lieu en Angleterre,
20:16en Grande-Bretagne,
20:17plus précisément
20:18puisqu'il y aura plusieurs pays.
20:19Donc voilà,
20:20son style,
20:21c'est aussi un garçon
20:21qui va s'adapter,
20:22c'est quelqu'un
20:22qui connaît parfaitement
20:23l'équipe de France.
20:25C'est une légende
20:25du sport mondial.
20:27Il y a une forme d'excitation,
20:29il va y avoir
20:29un état de grâce
20:30et son credo,
20:31ça sera de gagner,
20:31de gagner, de gagner.
20:33Zinedine Zidane,
20:33on n'acceptera pas
20:34une forme de médurité
20:35venant de sa part.
20:36Il a été
20:37sur le banc du Real,
20:38il a remporté
20:39trois Ligues des Champions
20:40de suite.
20:41Aucun club n'a fait ça
20:42ces 30 dernières années.
20:44Donc on a beaucoup d'espoir.
20:51Merci Dominique Sévérac,
20:53Benjamin Coarez.
20:54Cet épisode de Code Source
20:55a été produit par
20:56Barbara Gouy,
20:57Marin Guillon-Verne
20:58et Thibaut Lambert.
20:59Réalisation,
21:00Pierre Chaffanjon.
21:01Code Source
21:02est le podcast quotidien
21:03d'actualité du Parisien.
21:05N'oubliez pas
21:05de vous abonner
21:06pour ne rater aucun épisode.
21:08Et puis on vous invite aussi
21:09à écouter Crime Story,
21:10le podcast fait d'hiver
21:11du Parisien
21:12avec un nouvel épisode
21:14chaque samedi matin.
21:15Crime Story présenté
21:16par Claudia Prolongeau
21:17et Damien Delsenie.
21:27Sous-titrage Société Radio-Canada
21:28Sous-titrage Société Radio-Canada
21:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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