00:05Bon ben là je crois qu'on a bien compris qu'on allait parler de football avec Nathalie
00:09Yannetta tous les matins du Mondial. Vous serez successivement avec Claude Ascolovic. C'est lui
00:15je crois. Demain vos regards à serrer à tous les deux. C'est donc parti Nathalie en ce jour
00:20d'ouverture de la compétition. Dites-nous, c'est quoi le but ? Le but c'est de rêver en
00:25gardant les
00:26yeux ouverts Florence. Alors c'est vrai que c'est pas facile parce que les rêves sont toujours plus
00:29délicieux quand on ferme les yeux mais là va pas falloir se laisser endormir. Même si on sait
00:34depuis longtemps que ces grandes messes sportives servent d'alibi aux pays organisateurs pour redorer
00:38leur image, on se remet à croire systématiquement au Père Noël en plein été grâce aux cadeaux du
00:43foot et de ses stars. Pire que ça. Cette hypocrisie et ce mensonge nous rassurent en mettant en sourdine
00:49le fracas du monde et en offrant le plus grand des bonheurs à ceux qui n'ont pas les moyens
00:54de se le
00:54payer. Le business, c'est vrai, a depuis longtemps rendu cette fête populaire inaccessible dans les
00:59stades mais au moins dans les rues, dans les bars, dans les familles, dans les jardins. On vibrait
01:03derrière le petit écran constatant combien le foot était plus fort et plus puissant que les
01:08états et leurs égaux. D'ordinaire, quand la FIFA débarque, elle impose sa loi et le spectacle
01:13sportif efface tout. Et bien pas cette fois. Et pourquoi ? Parce que Trump est plus fort que tout ?
01:18Parce qu'on
01:18assiste à une inversion des valeurs. Je vous l'ai dit, le foot servait de ravalement pour les
01:21façades fissurées des pays à l'image écornée. Et les dirigeants se tenaient à carreaux et faisaient
01:27tout pendant un mois pour offrir le meilleur d'eux-mêmes. L'accueil, la fête, le partage,
01:31et bien Trump lui fait l'inverse. Vous pensez que vous ne pouvez plus venir librement dans le plus
01:35grand pays du monde ? Vous avez raison. Vous croyez que les Etats-Unis vont se mettre au service
01:39du foot et de ses amoureux ? Vous avez tort. C'est l'inverse. Trump assume de montrer le pire
01:45visage
01:45de son pays parce qu'il ne parle pas au monde mais à lui-même. L'universalisme du foot a
01:51volé
01:51en éclats et tant pis pour les milliers de supporters jugés indésirables. Tant pis pour le meilleur
01:56arbitre africain renvoyé chez lui comme un malpropre. Lui, choisi par ses pairs avec des
02:01papiers en règle et une accréditation FIFA qui d'habitude aurait suffi. Jamais un pays organisateur
02:08n'a à ce point fait plier l'institution, pas même l'Argentine des militaires en 78 ou la Russie
02:14de Poutine 40 ans plus tard. Les Etats-Unis ont franchi toutes les lignes rouges jusqu'à
02:18toucher à l'équité sportive pourtant sacrée. L'équipe d'Iran par exemple qui ne pourra pas
02:23rester plus de 24 heures sur le sol américain autour de ses matchs avant de retourner dans son
02:28camp de base au Mexique alors que toutes les autres restent 48 heures. Alors oui, le but c'est de
02:33regarder
02:33tout ça en face mais de rêver quand même, petit moyen mémotechnique. Les dieux du stade
02:38sont en short, les diables s'habillent en FIFA.
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