- il y a 7 minutes
Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France de football, est l'invité de France Inter dans un entretien exceptionnel à Clairefontaine, mercredi, à une semaine du début de la Coupe du monde en Amérique. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-03-juin-2026-8193769
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Un grand entretien très spécial ce matin puisque nous sommes à Clairefontaine, à huit jours du coup d'envoi de
00:05la Coupe du Monde de football.
00:07C'est Didier Deschamps qui nous accueille sur son terrain, ici au centre de formation et d'entraînement de l
00:12'équipe de France,
00:13qu'il va une dernière fois tenter d'amener à la victoire.
00:16Et avec nous jusqu'à 9h de très jeunes gens, des joueurs, des entraîneurs, ils vont vous poser des questions,
00:22Didier Deschamps.
00:23Et puis c'est Nathalie Yannetta, patronne des sports de Radio France, qui viendra conclure cet entretien avec quelques petites
00:27surprises pour vous.
00:28C'est gentil.
00:30Bonjour d'abord, Didier Deschamps, merci infiniment de nous recevoir ici à Clairefontaine.
00:35Vous avez pris vos quartiers pour votre ultime Coupe du Monde en tant que sélectionneur de l'équipe de France.
00:40Qu'est-ce que vous vous êtes dit en arrivant ici ? Vas-y, profite, c'est ton dernier Clairefontaine
00:46?
00:46Alors ce mot-là il revient entre dernier et dernière, il revient trop systématiquement.
00:51Moi je préfère dire c'est encore une fois, mais c'est un privilège évidemment, je suis venu très très
00:56souvent,
00:56puisque j'ai passé 11 ans de ma première vie en tant que joueur et là c'est la 14e
01:03année.
01:03Donc avec toujours la même envie, le même objectif par rapport à ce que représente ce maillot.
01:12Donc je ne sais pas que je ne suis pas nostalgique ou humain, mais je ne vais pas me dire
01:17à chaque fois,
01:17je dors sur ce coussin, je parle à quelqu'un, même s'il y en a, vous en faites partie
01:22là,
01:22mais je croisais des gens même hier qui m'ont dit on peut faire une dernière photo.
01:27Je l'ai recroisé aujourd'hui, vous voyez bien, c'est une autre fois de plus.
01:32Mais c'est ça qui est incroyable avec vous Didier Deschamps, c'est que vous êtes champion du monde
01:35comme joueur en 98, comme entraîneur en 2018, finaliste en 2022.
01:40D'autres que vous se seraient dit c'est bon, je peux m'arrêter là.
01:44Ah, mais vous non, vous y allez encore une fois ?
01:46Si je suis là, autrement j'aurais dit stop et il y aurait quelqu'un d'autre à ma place
01:51ou si ça s'était mal passé parce que c'est la loi du métier qui veut ça,
01:56quand on est entraîneur ou sélectionneur, les résultats s'ils ne sont pas là,
01:59en général il y a du changement, ça aurait pu s'arrêter très tôt pour moi aussi.
02:04Oui, mais vous, vous avez encore envie là ?
02:06Oui, si je suis là, c'est parce que j'ai l'énergie, j'ai tout ce qu'il faut
02:10pour aller le plus haut possible.
02:14Bien évidemment.
02:15On entend cette envie et cet enthousiasme, il faut aussi inscrire cette Coupe du Monde
02:20dans ce que ça implique pour les Français et on parle souvent, Didier Deschamps,
02:23d'un pays qui est fatigué de Français qui sont parfois moroses.
02:27Est-ce que vous réalisez que vous êtes quasiment l'un des seuls à pouvoir apporter autant de joie aux
02:33Français ?
02:33Ça met la pression, je vous vois sourire, mais c'est vrai.
02:36Non, non, on n'est pas là pour résoudre malheureusement tous les problèmes du quotidien des Français et des Françaises.
02:43On est dans notre bulle tout en n'étant pas déconnecté de la vie réelle.
02:52Mais le sport, le football qui est le sport le plus populaire a cette capacité, il a toujours eu et
02:59continuera de le faire
03:00sur une période peut-être limitée, mais de pouvoir réunir, rassembler, de fabriquer des émotions et de les partager.
03:12Vous la sentez, la pression des 68 millions de Français, vous arrivez à vous en abstraire ?
03:17C'est l'attente. Il y a une attente qui est là, qui est de plus en plus importante, qui
03:22est la faute à nous, aux joueurs,
03:24parce qu'on l'a créé aussi, donc c'est pas se sentir dans l'obligation.
03:30Donc ça vous empêche pas de dormir, vous dire que tous les Français attendent qu'on aille en finale, qu
03:34'on gagne ?
03:34On se disait en préparant l'interview avec Florence que c'est presque pire que d'être président de la
03:38République
03:39et de devoir rendre des comptes tous les jours.
03:40Non, non, non, non, parce que j'ai eu l'occasion d'échanger avec M. le Président de la République
03:45qui compare un peu comme vous le faites, je dis moi au moins, je prends des décisions qui peuvent faire
03:50plaisir.
03:51Malheureusement, dans son cas, je suis pas sûr parce qu'on entend que des mécontents.
03:55Non, après, je dors très bien, ça me fait pas perdre ma tranquillité, ma sérénité.
04:02Il faut pas basculer non plus, donc beaucoup, enfin c'est finaliste, on va pas rire.
04:09Autrement, on va se déplacer le 15 pour jouer le 19.
04:12Alors ça, ça vous agace ?
04:14Non, il n'y a rien qui m'agace.
04:14Quand tout le monde vous dit que vous serez en finale le 19 juillet ?
04:18Oui, qu'on a deux équipes, mais je peux jouer qu'avec une.
04:20Que l'équipe de France a de très très bons joueurs, oui, de très haut niveau.
04:24Les autres, ils ont quoi ? Ils n'ont pas des...
04:26Mais ça vous agace parce que vous êtes superstitieux ?
04:28Ça ne m'agace pas, il n'y a rien qui m'agace, il n'y a rien qui m
04:31'énerve.
04:32Je suis d'une tranquillité absolue.
04:34Non, mais après, c'est une musique qui ronronne, voilà.
04:41Qu'on fasse partie des favoris.
04:42Il ne manquerait plus qu'on n'en fasse pas partie de ce qu'on a réalisé.
04:46Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut se voir trop beau.
04:49Oui, l'ambition, il faut l'avoir.
04:52Mais il faut avoir aussi l'humilité nécessaire.
04:55Parce que dans ce groupe-là, il y en a quelques-uns, mais il y en a beaucoup.
04:59Ça va être leur première compétition.
05:01Avec mon staff, on en a fait pas mal.
05:03Certains joueurs, pour les plus anciens aussi, on l'a espérant.
05:07Parce qu'il y a toujours des passages difficiles.
05:10Il y a des impondérables aussi, blessures, pas blessures, formes, méformes.
05:15Voilà, qui peuvent conditionner.
05:17Là-bas, les Etats-Unis, température, décalage.
05:21Et il y a toujours des surprises dans une Coupe du Monde.
05:24Avant de parler de votre...
05:25Dans le dernier carré.
05:26Dans le dernier carré, c'est vrai.
05:27Ah, donc on voit quand même apparaître un peu de confiance.
05:30Non, je suis factuel.
05:31Avant de parler de votre équipe, Didier, vous avez évidemment, comme nous, suivi la finale de la Ligue des Champions.
05:36La deuxième victoire d'affilée du Paris Saint-Germain,
05:39qui est en partie, en grande partie, l'œuvre de l'entraîneur Louis-Henriquet.
05:43Vous dites quoi quand vous avez vu ?
05:44Chapeau l'artiste, il est fort, oui.
05:46Ça vous a impressionné ?
05:47Mais je l'ai dit déjà l'an dernier, parce que ça n'a pas été simple pour lui.
05:52Il avait ses idées, il a été au bout.
05:56Et je me rappelle, à des moments, il y a des tournants aussi.
06:00Voilà, des matchs où il n'est pas qualifié directement.
06:04Il passe par des huitièmes.
06:07Aujourd'hui, il est encensé, tant mieux pour lui.
06:09Mais malgré tout, où il a pu, ce n'est pas les critiques, mais tout dépend sur quoi ils sont
06:15basés aussi.
06:18Oui, bravo, il a été au bout de ses idées, avec un entourage, bien évidemment.
06:25Et le mérite, il le sait très bien, ça revient surtout aux joueurs.
06:28Vous qui avez été entraîneur de club, qui êtes sélectionneur de l'équipe de France depuis 14 ans,
06:32c'est quoi la différence entre les deux ?
06:34Ce n'est pas le même coaching ?
06:35Non, mais ce n'est pas le même métier.
06:37Ah ouais ?
06:37Rien à voir.
06:38C'est-à-dire ?
06:38Vous êtes entraîneur de club, c'est du quotidien.
06:42C'est-à-dire que vous surveillez les joueurs ?
06:44Non, c'est du quotidien, tous les jours.
06:46Entraînement, déplacement.
06:48Et en plus, j'y suis...
06:50Enfin, j'y ai été soumis, mais pour en parler avec ce que je connais,
06:55quand vous êtes dans un grand club, c'est six conférences de presse par semaine.
06:59C'est-à-dire avant chaque match et après chaque match.
07:01Donc il faut aimer ça, il ne faut pas le journaliste.
07:02Mais vous êtes confronté à quoi ?
07:04À l'actualité du moment.
07:06Si vous parlez de mon équipe, moi ça m'est arrivé, ça me restera.
07:09Quand on est au championnat d'Europe, un quart de finale, veille de notre quart de finale,
07:15j'ai huit questions, huit questions politiques.
07:20J'ai un quart de finale à jouer.
07:22On me pose des questions, je suis en sorte d'y répondre,
07:24même si des fois on n'écoute pas ma réponse.
07:26Donc paradoxalement, on est plus exposé quand on est entraîneur de club ?
07:30J'ai vu Jurgen Klopp, ce qu'il dit, qu'il a mené à partir de Liverpool, c'est surtout
07:36ça.
07:36Six fois, il y a des patates chaudes qui vous tombent dessus,
07:39parce que vous êtes obligés de traiter l'actualité.
07:45Mais des fois, et aujourd'hui, il y a quoi ?
07:47Il y a des sujets qui sont très très sensibles,
07:50en plus du contexte géopolitique qui est très compliqué.
07:55Alors, bon, même si moi je suis un peu plus ancien, mais même sur les joueurs,
08:02joueurs de l'équipe de France, il faut l'entendre, il faut qu'ils prennent position.
08:06Ils prennent position, mais lui, il est joueur, tais-toi, pourquoi il y a parlé ?
08:09Donc, qu'il parle ou qu'il ne parle pas.
08:10Vous parlez de Kylian Mbappé ?
08:11Oui, en particulier, mais il peut en avoir d'autres.
08:14Et puis aujourd'hui, c'est une réalité, mais je...
08:16Juste qu'on va préciser qu'il y a dit sa crainte de voir arriver un jour le Rassemblement national.
08:20Non, mais vous, vous avez dit, c'est un citoyen, il a le droit de s'exprimer.
08:26Mais malheureusement, malheureusement, mais ce n'est pas que sur Kylian.
08:29Si vous prenez position, vous entendrez toujours la minorité silencieuse.
08:34C'est comme ça, parce que la majorité...
08:38Non, c'est l'inverse.
08:39La majorité silencieuse.
08:40C'est la majorité qui est silencieuse, et la minorité, elle est très expressive.
08:45Après, c'est le monde d'aujourd'hui, avec les réseaux sociaux et tout ce que vous voulez.
08:50Mais il y a aussi des gens, Didier Deschamps, qui disent que le foot, il est éminemment politique.
08:54On parlait tout à l'heure de la responsabilité qui peut être la vôtre,
08:57parce que vous emmenez comme ça 68 millions de Français qui attendent la victoire.
09:02Pourquoi dire, moi, je ne veux pas en parler comme ça ?
09:04Mais c'est une liberté.
09:05Oui.
09:06Pourquoi, moi, ma propre décision ?
09:10Mais chacun, moi, je ne vais pas dire à un de mes joueurs,
09:13« Non, vous ne parlez pas de ça. De quel droit ? Je les interdirai. »
09:17Ils ont une liberté.
09:18Je les mets en garde, je ne vais pas leur dire « Tu dis ça et tu ne dis pas
09:21ça. »
09:22Voilà, après, ils ont leur propre conviction.
09:24Ce sont des citoyens français.
09:25Après, il y en a qui vont dire « Ouais, mais les footballeurs, avec l'argent qu'ils gagnent et
09:29tout ça. »
09:30On ne va pas résoudre, je vous le répète, ok, qu'on puisse se réunir,
09:33mais on ne peut pas résoudre les problèmes quotidiens de monsieur et madame tout le monde.
09:39Ce n'est pas possible.
09:40On va revenir au sport, Didier Léchant.
09:43Oui, c'est bien, parce que c'est plus mon domaine quand même.
09:45Et justement, juste sur le sport, parce que sur le PSG, sur la double victoire du PSG,
09:49quand on a, comme vous, gagné la Ligue des Champions avec l'OM,
09:52est-ce qu'on a un petit pincement au cœur ?
09:56Il me cherche.
09:57Je suis désolé, c'est mon rôle.
09:59Il m'a pris pour un perdreau de trois semaines.
10:02Je suis au-dessus de ça depuis bien longtemps.
10:05Je suis sélectionneur de l'équipe de France.
10:07On pourrait quand même avoir un petit pincement.
10:08Mais je n'ai pas de pincement, tant mieux.
10:12On n'est pas marseillais à vie.
10:15J'étais plus marqué.
10:17Je n'ai pas porté le maillot du PSG, mais PSG, c'est le football français.
10:21Donc ça met en valeur le...
10:22Les supporters de l'OM, ils étaient plutôt pour Arsenal quand même.
10:26Oui, sans doute, oui.
10:27Alors, moi, je ne vais pas être contre Arsenal non plus.
10:30J'ai un joueur.
10:31Bon, il y en avait celle-là comme ça, mais William était de l'autre côté.
10:34Là, c'est la bonne position.
10:35Quand vous êtes sélectionneur, vous allez voir les matchs, vous regardez les matchs.
10:38La seule chose qui m'intéresse, c'est qu'il n'y ait personne qui se blesse.
10:41Après, le résultat, non, tant mieux.
10:43Bravo à eux.
10:43Ils ont fait quelque chose, déjà l'an dernier, de très, très beau.
10:46Et là, encore, depuis, de plus important.
10:51Après, vous savez, ça, c'est un peu aussi les rivalités dans d'autres pays.
10:56En Italie, ça bougeait.
10:58Vous pouvez être Juventino de la Juventus, aller au Milan, à Naples.
11:02Ça passe en France.
11:04Voilà, mais bon.
11:05Bon, vos joueurs.
11:06Oui.
11:06Alors, vous en avez cinq dans les effectifs, qui sont donc double champions d'Europe avec le PSG.
11:12J'ai eu trois autres aussi qui sont champions d'Europe.
11:15Des compétitions inférieures, mais j'ai Luc Adigne, Maxence Lacroix et Jean-Philippe Mateta.
11:21Alors, 26 joueurs à mettre dans l'ambiance.
11:25Didier Deschamps, qui viennent tous de leur championnat, chacun avec leur saison plus ou moins bonne.
11:31Comment on fait pour tous les galvaniser, quel que soit le bilan de leur année ?
11:36C'est l'avis d'un sporteur de bon niveau.
11:39Je peux vous assurer qu'il y en a, même s'ils ont eu une petite coupure plus ou moins
11:44longue,
11:44parce qu'ils n'ont pas fini en même temps.
11:46Mais il y en a qui finissent sur une saison où il y a de la déception.
11:50Oui, c'est ça.
11:51Mais c'est une bonne chose d'être là.
11:52Mais c'est difficile de les...
11:53Non, ce n'est pas difficile.
11:55Non, non.
11:55Vous motivez le son.
11:56Il y a une Coupe du Monde.
11:58Sur une Coupe du Monde, il n'y a pas à motiver les joueurs.
12:02Mais je peux vous assurer, depuis un bon moment, l'état d'esprit est excellent.
12:09Et là, je peux vous assurer que la première partie, qu'ils ont toujours envie, ils ne font pas des
12:14choses pour...
12:15Et le travail qu'on a dû faire sur le plan athlétique, ils l'ont fait.
12:20Parce qu'il faut souffrir aussi.
12:21Tout ne vient pas avec le sourire.
12:24Il y a des moments qui sont plus difficiles aussi.
12:26Mais c'est un accompagnement, excusez-moi, de ma part et de mon staff aussi, à travers les échanges qu
12:31'on peut avoir.
12:33Et durant la saison, c'est pareil.
12:34Ils peuvent être plus ou moins en difficulté dans le club.
12:37À la bouffée d'oxygène, c'est l'équipe de France.
12:39C'est un peu l'ardoise magique, l'équipe de France.
12:41Quand on arrive, on est face à sa saison et on se reconcentre.
12:44C'est ce que vous dites à Kylian Mbappé, qui a une saison difficile, par exemple.
12:48Mais même en cours de saison, quand on vient et qu'on est bien, c'est censé se prolonger.
12:54Mais quand on vient et qu'on n'est pas bien.
12:56Oui, c'est un environnement, des choses différentes.
12:59Ce n'est pas le quotidien.
13:00Didier Deschamps, sur Kylian Mbappé, on a beaucoup lu, entendu...
13:04On parle toujours de lui.
13:05Oui, parce qu'il suscite à la fois tellement d'amour et aussi parfois tellement de critiques.
13:11Assez souvent injustes, d'ailleurs.
13:12Il a eu une année difficile.
13:14Oui, mais c'est vrai.
13:16Je pense que vous pensez sans doute la même chose.
13:19Il est à la fois meilleur buteur de la Liga et en même temps saison blanche pour le Real Madrid.
13:24Quand vous l'avez face à vous, qu'est-ce que vous lui dites ?
13:27Vous lui dites que ça fait partie de la carrière d'un grand joueur ?
13:29Même pas.
13:30Non, même pas.
13:31Parce que je vois, je sais ce qu'il me dit et je n'ai rien à lui dire.
13:34Même si on discute.
13:35Et quand il est à Madrid aussi, il sait pourquoi il est là et sa responsabilité en tant de capitaine.
13:43Et vous trouvez que les critiques sont injustes contre lui ?
13:46Kylian, c'est Kylian.
13:47Je ne vais pas dire qu'il y a Kylian et les autres, mais comme des joueurs hors normes depuis
13:52des années et des années,
13:54il est exposé entre ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas, c'est commenté, anonymement ou
14:01pas, c'est critiqué.
14:03Mais vous comprenez pourquoi il suscite autant de fantasmes, de réactions ?
14:08Parce que c'est Kylian.
14:08C'est à la hauteur du talent ?
14:10Oui, certainement aussi, oui.
14:12Oui, oui, après, il est comme il est.
14:14Moi, l'important, je parle avec lui.
14:16Même si c'est un être humain, il peut avoir aussi des moments un peu plus difficiles.
14:23Mais c'est un formidable compétiteur et c'est quelqu'un de très intelligent.
14:29Il aura aussi envie de montrer à l'occasion de ce mondial que peut-être une sorte de compensation des
14:34critiques, de réponse à des critiques, non ?
14:37Il est né avec depuis qu'il est dans le monde professionnel.
14:42Il a eu des louanges aussi.
14:44Il y en a qui l'adorent, il y en a qui le détestent certainement, comme c'est valable pour
14:48moi.
14:49Vous voulez quoi ? Changer les gens qui vous détestent ?
14:52Moi, je préfère...
14:54Plutôt parler à ceux qui vous aiment ?
14:56Voilà, c'est comme vos qualités et vos défauts.
14:58Si vous voulez améliorer vos défauts, vous allez prendre du temps et perdre du temps.
15:03Jouer sur vos points forts.
15:04Alors, il y a Kylian Mbappé, mais il y a Dembélé, il y a Kanté, il y a toutes ces
15:07stars de l'équipe de France de foot.
15:10Il y a des petits nouveaux aussi.
15:12Comment vous faites prendre la mayonnaise entre ceux qui se connaissent depuis des années, ceux qui arrivent ?
15:18Moi, ils se connaissent, ils se sont tous, après ces questions de génération, les plus jeunes.
15:24Évidemment, ceux qui ont aux alentours des 20, 22 ans, même si j'en ai moins de plus de 30
15:30ans aussi, par rapport à une autre période.
15:34Ça se mélange bien.
15:35Voilà, après, comme dans tous les groupes, c'est pas des...
15:39Moi, le cadre de vie, il est identique pour tout le monde et j'y tiens.
15:45Après, qu'ils aient des centres d'intérêt et de distraction différents, mais ça arrive.
15:51Qu'ils soient, puisqu'on est 26, 8, 8 et 10, mais qu'ils ne jouent pas à la même
15:56chose, qu'ils n'aient pas à la même distraction.
15:58À partir du moment où qu'ils soient ensemble et qu'ils échangent, c'est le plus important.
16:02Alors, il faut qu'on parle un peu de vous, de votre marque de fabrique.
16:06Didier Deschamps, ça fait 14 ans que vous êtes à la tête de cette équipe de France.
16:11Comment est-ce que vous définiriez votre style ? Est-ce qu'il y a un style Deschamps ?
16:16Ça, c'est les philosophes. Je ne sais pas. Je ne sais pas si j'ai un style. Je fais
16:23avec...
16:24C'est quoi ? C'est le beau jeu, le pragmatisme ?
16:27Ah, c'est ça, le beau jeu, quoi.
16:28Vous nous voyez venir avec nos gros sabots, non ? C'est ça ?
16:31Ouais, ouais. Non, mais parce que ça fait plus référence.
16:35Mais je ne sais pas, après, on a été champion du monde. Est-ce qu'on est le plus beau
16:39champion du monde ?
16:40Sincèrement, je ne vais pas être vulgaire. Je pourrais l'être avec une formule magique.
16:46Je ne vais pas la dire parce qu'il y a des jeunes générations qui m'écoutent.
16:51On n'est pas les plus fonds, mais on a battu tous nos adversaires.
16:53Les autres, on ne les a pas rencontrés. Est-ce qu'il y a d'autres façons d'y arriver
16:56?
16:56Oui, bien sûr, j'étais le premier à le dire.
16:59Mais il peut avoir ce qu'on considère comme...
17:02Enfin, ça peut prendre différentes proportions.
17:06Échec, contre-performance, si être en demi-finale du dernier euro, c'est une contre-performance.
17:10Pourquoi pas ?
17:11Justement, Didier, certains ont dit, Didier Deschamps, il a apporté la culture de la gagne.
17:16Il a relevé une équipe de France qui, avant que vous arriviez, était souvent, dans l'actualité, dans des polémiques,
17:23pas toujours pour les meilleures raisons.
17:24Est-ce que ça, le côté, la culture de la gagne...
17:27Ce n'est pas la culture de la gagne.
17:29Ça, après, bon, je l'ai en moi, je fais en sorte, mais les joueurs aussi, ils sont des compétiteurs.
17:34Le plus important pour moi, l'objectif numéro un, c'est l'équipe de France, c'est ce que représente
17:39l'équipe de France.
17:40Et à partir du moment où chaque joueur qui vient ici, à Clairefontaine, il n'est pas là pour recevoir.
17:46Il est là pour donner.
17:47Il a des devoirs.
17:49De par ce que représente ce maillot, et ce maillot, il est au-dessus de tout.
17:52Mais dire ça, déjà, si on ne l'a pas toujours entendu chez d'autres sélectionneurs d'équipe de France.
17:56Il faut m'écouter, ma première conférence de presse en tant que sélectionneur, c'était 2012, il y a 14
18:01ans.
18:02Et je me suis tenu à ça, avec des générations qui ont évolué.
18:06Mais ça, c'est immuable pour moi.
18:09Mais quand vous recevez cette équipe, quand vous recevez les joueurs qui se réunissent comme ça avant une compétition internationale,
18:17vous leur parlez à tous ?
18:18Mais bien sûr, individuellement et collectivement.
18:20C'est vous le patron ?
18:22C'est moi qui décide.
18:23Voilà, Didier Deschamps vous dit, je suis comme ça.
18:25Ça veut dire quoi, par exemple ?
18:26Si vous dites, je suis comme ça, vous me connaissez ?
18:28Il y en a qui me connaissent, après, au fil du temps.
18:31Moi, j'apprends à les connaître aussi, même si je prends les renseignements.
18:34Footballistiquement, tout le monde...
18:35Non, mais comment vous vous définissez, comment vous vous décrivez comme coach ?
18:39Je ne sais pas, je suis comme je suis.
18:41Après, avec ma personnalité, mon caractère, même si avec l'évolution et l'arrêt de certains joueurs pas mal,
18:50en 2018 et 2022, je me suis adapté à la nouvelle génération, sans me forcer de trop.
18:56J'étais certainement peut-être un peu trop et rigide, entre guillemets.
19:00Vous vous êtes assoupli avec le temps ?
19:02Oui, oui, mais parce que je suis comme ça, je n'ai pas eu à me forcer.
19:04Je vous fais une petite confidence, parce que j'ai un fiston, et quand il était plus jeune, il dit,
19:09ça doit pas être marrant avec ton père à la maison.
19:12Il dit, ça va pas, mais rien à voir.
19:15C'est comme les personnes qui me voient en conférence de presse.
19:19Je ne suis pas là pour faire rire, parce que je sais très bien que je parle de joueurs, je
19:23prends, je ne prends pas.
19:25Il y a des papas, des mamans, femmes, enfants, qui peuvent souffrir.
19:32Et puis quand ils me rencontrent, dans la vie de tous les jours,
19:36ah ben vous avez de l'humour, ah ben vous rigolez.
19:38Oui, je ne suis pas vraiment costume, je ne suis pas sélectionneur tous les jours,
19:42mais c'est la fonction qui veut ça.
19:43Mais quand vous avez une image sans savoir, sans connaître la personne,
19:47ce n'est pas forcément comme sur certains joueurs aussi.
19:50On parlait de Kylian et d'autres, entre ce qu'on peut ressentir à travers et ce qu'il est
19:55réellement,
19:56ben oui.
19:57Mais moi je suis privilégié, puisque je leur parle souvent.
20:00Didier Deschamps, là encore, quand on essaie de tirer le bilan,
20:04il y a nécessairement des éléments de comparaison.
20:06On a beaucoup reparlé ces dernières semaines, à cause d'un documentaire
20:09qui a été diffusé sur Netflix, de Naïsna.
20:12Ah oui, je vous vois vers un peu les yeux au ciel.
20:14Vous l'aurez pas, même si, sans trahir, on l'a même proposé.
20:19Mais est-ce que vous en avez un ?
20:21Dans ma tête, et personne ne peut rentrer.
20:23Mais juste pour ceux qui ont vu ce documentaire, et je rappelle,
20:272010, la Coupe du Monde en Afrique du Sud, Naïsna, le bus, la grève des joueurs.
20:31Je n'étais pas là.
20:32Vous n'étiez pas là ?
20:33Non.
20:34Quand vous...
20:35Vous l'avez vu d'abord le documentaire ou pas ?
20:37Non, bon.
20:37Quand vous voyez...
20:38Non, non, c'est vrai, je suis honnête.
20:40Non, franchement, les Français, ils ont revécu un épisode cauchemardesque.
20:45Je ne sais pas s'ils ont revécu.
20:47Ils ont essayé d'en savoir un peu plus avec...
20:49C'est toujours des versions.
20:51C'est vrai.
20:51Il n'y a qu'une vérité.
20:52Celle de Nicolas Nelka, celle de Raymond Domenech ?
20:55Non, il y a une vérité.
20:56Il peut y avoir différentes versions.
20:58De l'un ou de l'autre, vous apportez du crédit, mais il n'y en a qu'une.
21:00Mais on se dit que c'est le cauchemar absolu pour un sélectionneur d'équipe de France.
21:04C'est le moment où l'équipe de France a touché le fond.
21:07Parce que pire que ça, on ne pouvait pas.
21:09Et il y a eu un avant et un après, forcément.
21:11Comme moi, j'ai connu, il n'y a pas de mal aussi.
21:13Je n'étais pas que du bon côté.
21:14J'ai connu, on se moquait des Italiens.
21:16Bon, ils nous ont battus parce que...
21:18Enfin, le fait de non participer à la Coupe du Monde, il y en a trois.
21:21Mais moi, j'ai connu, il ne faut pas oublier, 90, 94.
21:24Les Etats-Unis, j'ai regardé à la télé.
21:27Et bon, on a connu, évidemment.
21:28On a eu 98 avant, mais il y avait eu du très bien avant.
21:31Donc, voilà.
21:34Et vous l'avez relevé, cette équipe aussi ?
21:36Parce que vous dites qu'on avait touché le fond.
21:37Oui, mais Laurent Blanc, qui est arrivé après aussi,
21:40il s'est passé ce qui s'est passé.
21:42Il y en a qui en savent plus que d'autres.
21:43Il y en a qui peuvent dire certaines choses
21:45et qui ne sont pas du tout la vérité aussi.
21:47Mais bon, je ne suis pas là pour...
21:48Vous nous direz un jour quand même votre carnet de bord.
21:50Oh non, non, non.
21:51J'espère qu'il serait moins mes joueurs de Ménac.
21:52Non, parce qu'il y a une chose.
21:54Et les joueurs, dans la confiance que les joueurs m'accordent,
21:58ils savent très bien.
21:59Je peux vous assurer, j'ai des discussions avec eux.
22:01Je ne vous répéterai rien.
22:03Non, mais qui sont privés.
22:05Et dans leur vie personnelle,
22:09ils savent que ça ne sortira pas.
22:12Didier Deschamps, 14 ans,
22:14à la tête de l'équipe de France de foot.
22:16C'est un record de longévité.
22:18On ressent tous, nous, les spectateurs,
22:21des émotions devant le football.
22:22Mais on a dit mal à imaginer
22:24ce que vous, vous ressentez au bord du terrain.
22:27Est-ce que vous pourriez nous raconter
22:29un moment précis de votre point de vue de coach ?
22:32Par exemple, l'égalisation de Pavard,
22:34le fameux second poteau Pavard,
22:36en huitième de finale face à l'Argentine en 2018.
22:40Il se passait quoi ?
22:41Ça frappe là.
22:41Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là dans votre tête ?
22:42On avait un jeu défensif.
22:44C'est l'arrière-gauche qui centre pour l'arrière-droit.
22:47Quelle équipe défensive ?
22:49Non, ça répond à la question à laquelle je n'ai pas répondu.
22:52On attaque, on prend des risques et on tire.
22:53C'est comme dernièrement,
22:55« Ah, mais maintenant, vous jouez avec quatre offensifs. »
22:57Oui, mais c'est vrai qu'à Doha,
22:58on ne jouait pas à quatre offensifs.
22:59Mais qu'est-ce qui se passe dans votre cœur,
23:01dans votre tête, dans ces moments-là ?
23:03Vous êtes au bord du terrain,
23:04on vous voit en plus,
23:05on voit votre visage,
23:06on voit la tension,
23:07on voit l'exultation.
23:08Mais je vis.
23:09Je vis l'événement.
23:11Je ne suis pas non plus coincé ni trop,
23:14parce que je pense que l'attitude
23:16que peut avoir un coach ou un sélectionnaire,
23:18ça peut aller dans le bon sens
23:20ou le mauvais sens pour les joueurs.
23:21Et puis, je fais un sens de respecter aussi
23:23les personnes de l'arbitrage
23:25qui sont à côté de moi.
23:29Mais la bascule en football,
23:31dans les autres sports,
23:33il y a plus de points de marqué,
23:34mais en football,
23:35ça peut basculer très vite,
23:36du bien au très mal.
23:41Quand on est du bon côté,
23:43c'est merveilleux.
23:44Et quand on est devant la télé
23:45et qu'on vous voit comme ça
23:46exulté sur le bon touche,
23:47franchement,
23:47c'est on prend un plaisir.
23:48On a toujours été heureux.
23:49Et on l'est aussi...
23:50C'est bien.
23:51Pour vous, Didier Deschamps,
23:52une fois que vous aurez gagné
23:53cette Coupe du Monde,
23:55il va falloir prendre des vacances.
23:57Oui, bien sûr, la nouvelle, évidemment.
23:58Il va falloir prendre des vacances, peut-être.
24:00Et puis ensuite,
24:02on se posera la question de l'après.
24:03Vous avez 57 ans seulement.
24:0557 ans, c'est quand même pas l'âge de la retraite.
24:08Non, non, je ne suis pas à la retraite.
24:10Alors, vous ferez quoi après ?
24:11J'arrête l'équipe de France, ça, c'est sûr.
24:12Alors, vous ferez quoi après ?
24:13Je ferai autre chose.
24:14Ils me demandent pourquoi...
24:16Entraîner un club ?
24:19Je vous ai dit de me demander...
24:20Je ne m'interdis rien,
24:21c'est la formule magique.
24:23J'ai bien conscience,
24:24et je le dis, je l'ai déjà dit,
24:26je sais que l'équipe de France va me manquer.
24:29Parce qu'elle a fait partie
24:30de 25 ans de ma vie professionnelle.
24:32Et là, les 14 dernières années,
24:35ça sera autre chose,
24:36ça sera différent.
24:37Est-ce que vous savez ce que vous allez faire ?
24:39Aujourd'hui, non.
24:40Demain matin, peut-être, mais pas...
24:41Non, je rigole.
24:42Est-ce que vous savez, Didier Deschamps,
24:43que si vous gagnez,
24:44vous serez sans doute plus populaire
24:46que tous les candidats à l'élection présidentielle ?
24:48Non, mais moi, je ne suis pas...
24:49Vous allez peut-être être candidat, non ?
24:50Non, non, non, chacun son domaine.
24:52Non, non, merci, ça, ce n'est pas pour moi.
24:53Non, non, mais je ne suis pas...
24:55Il y en a qui peuvent dire que...
25:00Allez, égocentrique, tout ce que vous voulez.
25:01Moi, ce n'est pas un moteur.
25:02J'ai la lumière.
25:03Oui, évidemment.
25:04Alors, c'est facile de vous dire ça aujourd'hui,
25:07mais si demain, je n'ai plus la lumière,
25:09mais je serai tranquille, heureux,
25:10il n'y a pas de problème.
25:11Ça ne m'arrivera pas, certainement,
25:13de par ce qui a été fait.
25:14Mais moi, ce n'est pas ça.
25:16Si on ne parle plus de moi,
25:17ce n'est pas un problème.
25:18Je vais très bien vivre.
25:19Pas de souci.
25:20Donc, je ne sais pas.
25:21Je suis focalisé sur ce qu'il y a là.
25:23J'ai la liberté de choisir,
25:24qui est un privilège de nos jours.
25:26Qu'on puisse avoir besoin de moi
25:28à différents endroits,
25:29je prendrai le temps de décider.
25:31En partant, vous laisserez forcément
25:33quelques conseils à votre successeur.
25:35Alors, on sait tous ce qu'il sait,
25:36même si vous ne le confirmerez pas.
25:38Il faut demander à mon président.
25:40Moi, je ne suis pas dans la confidence.
25:41Il est évident que c'est une ligne Zidane,
25:43votre équipier de 98,
25:45qui va prendre la suite.
25:47Donc, vous ne confirmerez pas, évidemment.
25:49Mais vous allez laisser quel conseil ?
25:52Ni de la République, ni de la Fédération.
25:54Quel conseil vous laisserez en partir
25:56au moment de la passation de pouvoir,
25:58que ce soit lui ou un autre ?
25:59Non, mais je n'ai pas de conseil.
26:01Ah bon ?
26:02Alors, votre successeur arrive,
26:03vous ne lui dites rien.
26:04Mais qu'est-ce que vous voulez ?
26:05Débrouille-toi.
26:07S'il a à me demander quelque chose,
26:08je vais dire, moi, professeur,
26:10voilà comment il faut faire.
26:12Si on me le demande, oui,
26:13moi, je pars du principe.
26:15Quelle démarche je vais faire ?
26:16Si on me demande, je vais appeler moi,
26:18je vais aller dans une école de journaliste,
26:22je vais dire, voilà, comment vous devez faire.
26:24Si on me demande et que ça peut m'intéresser,
26:27pourquoi pas ?
26:27Même si c'est arrivé,
26:28je vais vous prendre un autre exemple.
26:30Rudy Garcia, qui est un entraîneur français,
26:33avant qu'il prenne la sélection de Belgique,
26:35il n'avait été qu'entraîneur de club.
26:38Il me connaît,
26:39il a voulu avoir un échange avec moi
26:40pour savoir la différence.
26:43Voilà, si on me le demande...
26:44Quand vous arrivez après Laurent Blanc,
26:46il y a bien un moment où vous vous parlez,
26:47où il vous explique des trucs...
26:48Je n'ai pas demandé à Laurent,
26:49je connaissais quand même la sélection,
26:50pas en tant que sélectionneur,
26:51même si j'étais,
26:52j'ai eu des sélectionneurs.
26:54Donc, voilà.
26:55Mais qu'aujourd'hui,
26:56je sache beaucoup plus de choses
26:58que je savais en 2012,
27:00oui, bien évidemment.
27:02Mais après, chacun fait ses choses à sa façon
27:05et que ce soit Zizou
27:07ou n'importe quelle autre personne.
27:10Didier Deschamps,
27:11c'est une journée foot pour tous aujourd'hui
27:12sur France Inter
27:13et on a voulu vous faire rencontrer
27:15ceux qui pratiquent le foot au quotidien,
27:17loin des caméras.
27:18Et ils ont des questions pour vous.
27:19Le football amateur.
27:20Des questions qu'ils ont rédigées eux-mêmes,
27:22je précise bien.
27:23Je les présente.
27:24On accueille Sabrina Belmokhtar, 18 ans,
27:27qui est entraîneuse des U13 féminines
27:28de Sanois-Saint-Grassien.
27:30Stella Delamare et Naïl Louchati,
27:32ils ont 15 ans tous les deux
27:32et ils sont en formation ici à Clairefontaine
27:35à l'Institut National du Foot.
27:36Stella, tu joues au PSG
27:38et Naïl au FC ici.
27:40Et juste à côté, Joseph Tinet.
27:42Joseph, tu as 7 ans.
27:44Tu joues depuis 3 ans à l'UISI,
27:46à l'Union Sportive des Yvelines.
27:47Et je crois que tu as une question
27:49à poser à Didier Deschamps.
27:53Quelle est ta question, Joseph ?
27:55Dans le micro.
27:56Ah, à 7 ans, le micro, c'est tout.
27:58Vous avez préféré gagner la Coupe du Monde
28:00en tant que joueur ou en tant qu'entraîneur ?
28:10C'est impossible pour moi
28:11de comparer ou d'opposer.
28:14Ça a été deux moments merveilleux,
28:16même si, professionnellement,
28:21j'ai eu deux très belles vies.
28:22La plus belle vie, c'est celle de joueur
28:25parce qu'on est acteur
28:26et qu'on est sélectionneur.
28:30On apprécie la victoire
28:32à travers celle des joueurs.
28:34Mais d'avoir été deux fois
28:36sur le toit du monde,
28:38il n'y a rien qui est plus beau
28:39dans le football professionnel.
28:42Donc, j'étais plus jeune,
28:44j'étais plus âgé que toi
28:45quand j'ai connu la première fois.
28:47Mais voilà, c'est deux très grands moments.
28:52Maintenant, une question entraînement.
28:54C'est vous qui l'a posé,
28:55Sabrina Belmokhtar,
28:57entraîneuse des U13,
28:59ça veut dire des filles de 12-13 ans.
29:01Bonjour, monsieur Gidé Deschamps.
29:03Et en tant qu'entraîneur
29:04de l'équipe de France,
29:05quels conseils vous pouvez donner
29:06à ceux qui coachent en amateur ?
29:07Et si demain, vous deviez coacher
29:09une équipe U13,
29:10qu'est-ce que vous changeriez
29:11dans votre façon de faire ?
29:13Je n'aime pas donner de conseils.
29:15Après, moi, je suis dans un monde
29:19totalement différent
29:20par rapport au monde amateur.
29:22J'ai beaucoup de respect,
29:23de reconnaissance.
29:24Et d'ailleurs, chaque année,
29:25il y a la journée des bénévoles
29:27et je vais au contact,
29:28je fais des inaugurations,
29:30je ne fais pas toutes les sollicitations
29:32que je reçois.
29:33Mais le football amateur,
29:35c'est un autre monde.
29:36Là, on est dans de l'excellence
29:37avec des gens qui sont compétiteurs,
29:39qui ont des exigences.
29:43Quand je vois le petit avant
29:44qui a commencé à 7 ans,
29:46tu as commencé à 4 ans.
29:47Mamma mia, ça fait tôt.
29:49Tant mieux pour toi.
29:50Un futur grand ?
29:51Moi, j'ai commencé à 12 ans,
29:52donc ça ne m'a pas empêché
29:53d'être joueur de foot.
29:57Mais on a tendance à me dire souvent
30:00« Waouh, ça doit être facile pour vous »
30:02avec les caractères, les égaux et tout ça.
30:05Mais c'est plus facile pour moi
30:06que certainement je te tutoie pour toi
30:10avec les U13.
30:12Tu confirmes ?
30:13Je confirme.
30:14Il paraît qu'elles ne sont pas faciles
30:15tous les jours, les filles.
30:16Ou même dans le football amateur d'adultes
30:20ou quoi que ce soit,
30:20il n'y a pas les mêmes problématiques,
30:22il y a beaucoup plus de difficultés.
30:24Moi, les miens, ils savent qu'ils sont bons,
30:26je n'ai pas besoin de...
30:27Après, il faut qu'ils le soient sur le terrain.
30:29Les complications ne sont pas les mêmes.
30:31Après, c'est deux métiers différents.
30:34Je savais que j'allais, après ma carrière de joueur,
30:39basculer dans le coaching ou l'accompagnement.
30:43Après, me connaissant et par rapport à ce que j'avais vécu,
30:46comme j'étais habitué au très, très haut niveau,
30:49je pense que la partie formation et tout ça,
30:53c'est vraiment un autre métier
30:54et qu'il m'aurait manqué quelque chose dans ma tête.
30:58Mais il y a des gens dans le football amateur
31:01et dans la formation qui sont très, très importantes
31:04parce qu'ils ont une double responsabilité.
31:06OK, ils ne deviendront pas tous des footballeuses
31:09ou des footballeurs professionnels,
31:11mais c'est l'accompagnement humain.
31:14Et la responsabilité, elle est aussi à travers les valeurs
31:18que la réussite sportive.
31:20Évidemment, ils rêvent tous.
31:21Et ce n'est pas toi qui vas me dire le contraire.
31:24d'être un jour footballeur professionnel.
31:28Mais la pratique du sport et le football,
31:30qui est un sport collectif,
31:33ça leur servira dans leur vie de tous les jours,
31:35de toute façon.
31:36Merci.
31:37Nail, toi, tu aimerais poser une question à Didier
31:41sur sa carrière.
31:42Je rappelle que tu es ici à Clairefontaine,
31:44à l'Institut National de Formation.
31:46Qu'est-ce que tu as envie de demander à Didier Deschamps ?
31:48Tout d'abord, bonjour, monsieur Didier Deschamps.
31:51Du coup, avec un tel palmarès,
31:52on gagne deux fois la Ligue des Champions.
31:55Une fois la Coupe du Monde en tant que joueur
31:56et une autre en tant qu'entraîneur.
31:58Si vous pouviez revivre un seul match de votre carrière
32:02d'entraîneur ou de joueur,
32:04lequel choisiriez-vous et pourquoi ?
32:06Aucun.
32:07Tu imagines que ce ne se passe pas pareil ?
32:09Que le résultat sera différent.
32:11Par contre, je vais bien rejouer les finales que j'ai perdues.
32:13Parce que j'en ai perdues.
32:14J'ai perdu trois Ligues de Champions.
32:17Deux en tant que joueur avec la Juventus de Turin,
32:20entraîneur de Monaco.
32:22J'ai perdu deux finales avec l'équipe de France.
32:26Donc là, on a envie de refaire l'histoire.
32:27Non, mais on ne le refait pas.
32:29Je le répète.
32:31Retourner en arrière, oula.
32:33On peut faire mieux.
32:35Il y a des risques que ça se passe moins bien.
32:39Mais juste arriver à la faire
32:42et revivre le côté émotionnel.
32:44Quand tu as des titres en club,
32:46c'est très important.
32:47En sélection, bien évidemment.
32:48Une Coupe du Monde, il n'y a rien au-dessus.
32:51Parce que c'est concret.
32:53Ça matérialise.
32:55Ça récompense tout ce qui a été fait.
32:56Alors, on est dans un sport collectif.
32:59Mais il faut apprécier.
33:00C'est pour ça que je leur dis,
33:01depuis 14 ans,
33:03avec les personnes de mon staff,
33:06on apprécie la vie.
33:07Il faut qu'on discute de choses et d'autres.
33:08On parle même politique.
33:10Je ne vous dirai pas les sujets,
33:11mais on ne parle pas que football.
33:13Il y en a qui sont beaucoup plus calés que moi
33:15sur certains domaines.
33:19Il y a des très, très belles,
33:22réussites professionnelles
33:23dans d'autres domaines.
33:25Mais la grande différence, c'est quoi ?
33:27C'est l'émotion.
33:29Il n'y a qu'à travers le sport.
33:31Même toi, tu gagnes des matchs,
33:33tu gagnes des tournois.
33:35Voilà.
33:35Tu aspires à en connaître d'autres.
33:37Mais ça, c'est...
33:38Voilà.
33:39Ça dure plus ou moins longtemps.
33:40Mais le fait de ressentir la joie,
33:44de la donner et de la partager,
33:47il n'y a rien de plus beau.
33:48Alors, on n'oublie pas Stella
33:50qui est ici aussi en formation
33:52à Clairefontaine
33:54et qui a une question stratégie
33:56à vous poser.
33:57Vas-y, Stella.
33:58Bonjour, monsieur Didier Deschamps.
34:00Et comme vous avez eu la chance
34:01de participer à deux finales
34:03de Coupe du Monde,
34:04comment vous les avez vous préparées
34:06et quels étaient les détails
34:07les plus importants ?
34:12Il y a toujours...
34:13Oui, oui.
34:14Je ne fais pas en copier-coller
34:16parce que des fois,
34:17il y a quelque chose
34:18qui peut marcher.
34:19Ah oui, il faut le refaire.
34:20Et puis, bim.
34:21Des fois, ça peut marcher.
34:22Des fois, ça ne peut pas marcher.
34:24Mais il y a des contextes
34:27totalement différents.
34:28C'est vrai que sur 2018 en Russie,
34:32je me suis appuyé
34:32à ce que les joueurs
34:34avaient mal vécu en 2016,
34:37avoir un côté émotionnel
34:39avec leur entourage
34:42très, très proche.
34:44Donc, ça veut dire
34:45que vous avez fait quoi ?
34:46Vous les avez...
34:46Ils ont été privés de leurs femmes.
34:48Non, ils ne sont pas privés.
34:49Ils ne sont pas tous
34:50avec leurs femmes.
34:51Non, mais forcément,
34:52la femme n'est pas toujours là.
34:53Après, oui,
34:54elle participe aussi
34:55et les familles
34:56et les enfants
34:56et les parents.
34:58C'est ça que vous avez fait
34:58une petite bulle autour d'eux.
35:00Voilà, un petit mot,
35:03une vidéo.
35:04Voilà, il y a différentes choses.
35:05Évidemment, les causeries,
35:07elles ne servent pas à rien,
35:07heureusement.
35:08Mais je ne répète pas
35:10la même chose
35:11parce qu'il y a le contexte
35:13aussi qui est différent.
35:14Mais la difficulté,
35:15après, c'est...
35:17Quand vous l'avez vécu une fois,
35:19vous savez.
35:20Mais une finale,
35:21c'est quelque chose
35:22de bien particulier.
35:23Et il y a...
35:24On peut préparer
35:25sur le plan sportif,
35:27sur la tactique,
35:28la technique,
35:29le mental.
35:30Mais après,
35:31la sensation
35:32que peuvent avoir
35:34les joueurs
35:35par rapport à l'émotion,
35:38voilà,
35:38ça ne se mesure pas.
35:39Et des fois,
35:40c'est des joueurs
35:40qui peuvent être
35:41plutôt relâchés.
35:42C'est eux
35:42qui se trouvent
35:43plus impactés
35:46par l'aspect émotionnel.
35:48Et d'autres
35:48qui peuvent paraître
35:49un peu plus stressés.
35:52Ça passe.
35:54Vous êtes devant
35:55des jeunes gens.
35:57Ils sont de plus en plus jeunes
35:59que moi, oui, je sais.
36:00Quand vous avez l'âge
36:00de Stella et Naïl,
36:02ils ont 15 ans tous les deux.
36:03Vous aussi,
36:04vous viviez pour le foot,
36:05on imagine.
36:06À ce moment-là,
36:07oui, avant, non.
36:08Est-ce que vous vous êtes déjà
36:09posé la question
36:11de savoir ce que vous auriez fait
36:12si vous n'étiez pas
36:13devenu footballeur ?
36:14J'aurais fait autre chose.
36:15Je ne sais pas quoi.
36:16J'ai continué mes études
36:17jusqu'au moment
36:18où j'ai pu
36:19parce que
36:20à leur âge,
36:21à 15 ans,
36:22j'ai dû prendre
36:23la décision
36:24de rentrer
36:25dans un centre
36:26d'information
36:26à FC Nantes.
36:28Donc, forcément,
36:29de choisir une voie.
36:30Et quand j'ai pris
36:31cette décision-là,
36:32c'est pour devenir professionnel.
36:34Il y aurait eu
36:35des étapes
36:36à franchir.
36:38J'avais le choix.
36:39J'aurais pu,
36:40puisque mes parents
36:41m'ont laissé la liberté,
36:42ce qui est très bien,
36:42mais je aurais pu dire non
36:45et ça aurait pu mal
36:47se passer aussi.
36:48C'est pour ça
36:48que j'ai voulu continuer
36:50mes études malgré tout.
36:51Où j'aurais été performant,
36:54je pense que
36:54je ne me suis pas
36:55trop trompé quand même.
36:58Manifestement.
36:58Si vous aviez
36:59Didier Deschamps,
37:01le petit Didier Deschamps
37:02de 12 ans
37:03en face de vous,
37:04et que vous aviez
37:05un conseil à lui donner,
37:06vous lui diriez quoi ?
37:08Amuse-toi,
37:08prends du plaisir.
37:10Il ne faut pas
37:10qu'il soit
37:13dans un monde
37:15déjà professionnel
37:16avec 4-5 entraînements
37:19par jour.
37:20Je vois des choses
37:21et je suis resté.
37:22Puis après,
37:22mon fils a voulu
37:24en faire un petit peu.
37:25Après,
37:25heureusement,
37:26il a arrêté,
37:26il a pris un autre pas.
37:28Mais c'est...
37:30C'est l'usine ?
37:31Non,
37:32ce n'est pas ça.
37:32Je peux comprendre
37:33parce que
37:34qui ne rêverait pas
37:35d'avoir son fils
37:36ou sa fille
37:39footballeur professionnel ?
37:41Pour quelle raison ?
37:42Je peux le comprendre aussi.
37:43Mais est-ce que c'est
37:44le projet des enfants
37:45ou le projet des parents ?
37:47Malheureusement,
37:47je trouve aujourd'hui
37:48que c'est souvent
37:50plus le projet
37:51des parents
37:51que des enfants.
37:52Après,
37:53qu'ils aillent au bout
37:53à cet âge-là,
37:54on s'amuse,
37:55ils sont contents,
37:55qu'ils perdent
37:56et qu'ils soient mécontents.
37:58Le propre plaisir
37:59et amuse-toi.
38:00Ah oui,
38:00amusez-vous.
38:02On m'a posé
38:03combien de fois la question ?
38:05J'ai mon fils,
38:06il a 14 ans,
38:07qu'est-ce qu'il doit faire
38:07pour être professionnel ?
38:08Comme s'il y avait une route
38:09comme pour les études.
38:11Oui,
38:12mais pour qu'il soit repéré,
38:13non,
38:13il n'y a rien à faire.
38:15Ils seront repérés.
38:16Mais après,
38:17c'est une pyramide aussi.
38:18Et quand c'est la forme
38:19de la pyramide,
38:20quand vous montez,
38:21il y a de moins en moins
38:22d'espace.
38:23Enjoy,
38:24comme ils disent,
38:25one life.
38:25Bon,
38:26amusez-vous.
38:29Merci Sabrina,
38:30Stella,
38:30Naïl
38:31et Joseph.
38:33C'est l'heure pour nous
38:34d'accueillir
38:34la patronne des sports
38:36de Radio France.
38:38Bienvenue Nathalie Yaneta.
38:39Vous êtes venue
38:39avec des petites surprises
38:40pour Didier Deschamps.
38:41Oui,
38:41on a eu envie
38:42de vous faire plaisir.
38:43Enfin,
38:43j'espère.
38:44C'est une bonne idée.
38:45J'espère qu'on va
38:45vous faire plaisir.
38:46On a demandé
38:48à quelques personnalités
38:49de nous laisser
38:50des messages pour vous
38:51sur un répondeur.
38:52Et il y en a une
38:53qui a accepté
38:54tout de suite
38:55et pourtant
38:56qui ne veut plus
38:56du tout
38:57parler aux médias
38:58depuis longtemps.
38:59Écoutez.
39:00Je sais qui c'est.
39:02Salut Didier.
39:03Tu es
39:04bleu,
39:06blanc,
39:06rouge.
39:07L'équipe de France
39:09est en toi.
39:11Personne
39:11n'est indispensable,
39:13tu le sais.
39:15Mais quel parcours
39:16réalisé.
39:17La vie continue.
39:19Le foot
39:20poursuit sa route.
39:21Une étoile
39:22scintille
39:23cet été.
39:25Tu y penses ?
39:26J'en suis certain.
39:28Alors,
39:29bonne chance,
39:30trois pommes.
39:31Amitié
39:32pour l'éternité.
39:37Bonne relation là
39:38parce qu'il ne parle
39:39vraiment pas beaucoup.
39:40Je vous remercie
39:40coach.
39:41C'est Aimé Jaquet
39:43évidemment.
39:44Oui,
39:45pour m'appeler
39:45trois pommes.
39:46Maintenant,
39:46on va m'appeler
39:47partout trois pommes.
39:48Je suis désolée.
39:48Ce n'est pas moi,
39:49c'est Aimé Jaquet.
39:50Ce n'est pas de ma faute.
39:51C'est évidemment
39:52quelqu'un qui est
39:52immensément compté
39:53pour vous.
39:54Et qui compte toujours.
39:55Et j'ai toujours...
39:57On a eu l'occasion
39:58de faire un match
39:59caritatif ensemble.
40:00On a passé
40:00une soirée
40:02merveilleuse.
40:03Oui,
40:04ça restera
40:04parce que j'ai
40:05beaucoup de respect
40:07pour lui.
40:08Et bon,
40:08le fait
40:09d'avoir
40:10une relation
40:11privilégieuse
40:12aussi en étant
40:13un capitaine
40:14de cette équipe
40:15de France.
40:16Donc,
40:17Aimé,
40:18c'est Aimé.
40:20Et il restera.
40:21Bon,
40:21après,
40:22depuis ce temps-là,
40:23je parle de 98,
40:25il y en a eu
40:26de l'eau
40:27qui a coulé
40:28sous les ponts.
40:28Mais on discute,
40:30il m'envoie
40:31des messages,
40:32je lui réponds.
40:34Oui,
40:34c'est...
40:35Aimé,
40:35c'est aimé.
40:36Oui,
40:36il est unique.
40:37L'autre personne
40:38qui a accepté
40:39de vous laisser
40:40un message,
40:40là aussi,
40:41vous allez forcément
40:41la reconnaître
40:42parce que ça fait partie...
40:43Alors là,
40:43pour le coup,
40:44il faut remonter
40:44un petit peu plus loin
40:45quelqu'un qui vous a accompagné
40:48quand vous étiez
40:49jeune joueur.
40:51Je sais qui c'est.
40:52Salut Didier.
40:54D'abord,
40:55tu nous la gagnes,
40:56bien sûr.
40:57Mais ce que je voudrais
40:59te dire,
41:00c'est qu'après,
41:01si tu as du temps,
41:03si tu fais un petit break,
41:05je serai vraiment
41:05très très heureux
41:06qu'on ait l'occasion
41:08tous les deux
41:09de pouvoir discuter
41:10vraiment de foot
41:11quelques heures
41:13vu la carrière
41:14que tu as réussie,
41:15vu la carrière
41:17que tu as
41:18commencé
41:18au H.C. Nantes.
41:20Merci encore.
41:22À bientôt.
41:23RD.
41:24Évidemment,
41:25RD,
41:25Reynald Denwex,
41:27l'un des grands
41:28dépositaires aussi
41:29d'un certain style
41:31de football.
41:31Vous avez commencé,
41:33vous l'avez dit,
41:33votre carrière à Nantes,
41:34vous avez tout appris là-bas.
41:36Vous êtes parti très jeune
41:37avec un certain
41:37Marcel Desailly aussi.
41:40Ces gens-là,
41:41Didier,
41:42on fait aussi
41:42le Didier Deschamps
41:43sélectionneur
41:44que vous êtes aujourd'hui.
41:44Je serai toujours
41:46extrêmement reconnaissant
41:47à Nantes.
41:49À Reynald,
41:49oui,
41:50parce que c'est lui
41:50que j'ai vu
41:51en centre de formation
41:52et avec une belle relation aussi.
41:55Je sais que Nantes
41:56m'a donné ce qu'il fallait
41:57pour faire la carrière
41:58que j'ai faite
41:59par la suite
42:01au H.C. Nantes.
42:02Comme je suis reconnaissant
42:03mon petit club
42:04au Pays Basque,
42:05un grand club,
42:06l'aviron baïonnais,
42:08il ne faut pas oublier
42:09d'où on vient.
42:11Et c'est important
42:12et évidemment
42:13qu'il y a des personnes
42:14qui ont marqué
42:15mais qui m'ont fait...
42:17Il y a la carrière
42:19professionnelle.
42:19Je suis à 15 ans.
42:21Vous êtes livré
42:22à vous-même.
42:23Aujourd'hui,
42:23c'est peut-être
42:23plus compliqué
42:24mais à l'époque,
42:26c'était différent aussi
42:27et d'avoir eu
42:27des bonnes
42:29et belles personnes,
42:31j'en ai conscience
42:32et ça m'a servi
42:33pour ma carrière.
42:35Merci Didier.
42:36Merci à vous.
42:36Trois pommes,
42:37ça c'est le surnom.
42:38Pourquoi trois pommes ?
42:39Il y a Blanchard
42:40avec Marcel
42:41et maintenant trois pommes.
42:43Trois pommes
42:44parce que je suis tellement grand
42:45que je dois dépasser
42:46les trois pommes
42:48quand on les met
42:48les unes sur les autres.
42:50Il m'a toujours...
42:51Mais c'est mignon.
42:52C'est sympa.
42:52C'est un vrai trois pommes.
42:53Ça continue.
42:54Merci, merci beaucoup.
42:55Merci à tous.
42:56Merci à vous.
42:56Merci aux jeunes.
42:57Merci Didier Deschamps
42:57de nous avoir accueillis
42:59ici à Clairefontaine.
43:00L'échéance,
43:00c'est le 16 juin.
43:03Oui, Sénégal.
43:04Le Sénégal,
43:05premier match
43:05de la Coupe du Monde de Foot
43:07pour les Bleus.
43:07D'ici là,
43:08il y aura deux matchs amicaux.
43:09Oui, le 4 à Nantes.
43:10On revient au Bercaille
43:12avec grand plaisir.
43:13Et le 8 à Lille
43:15contre l'Irlande du Nord.
43:16On vous souhaite
43:17un très bon mondial
43:18Didier Deschamps.
43:19Soyez à fond derrière nous.
43:20Les joueurs ont besoin de vous.
43:23Et la journée foot
43:24continue sur France Inter.
43:26La journée foot
43:26pour tous
43:27avec Sonia De Villers.
43:28Après les infos,
43:29son invité ce matin,
43:30c'est Ibrahima Konaté,
43:31l'un de vos joueurs
43:32pour parler d'un sujet
43:33qui n'est plus tabou.
43:34Et c'est tant mieux,
43:35c'est la santé mentale
43:36dans le sport.
43:37Et c'est la santé mentale.
43:37Et c'est la santé mentale.
43:38et c'est la santé mentale.
Commentaires