- il y a 13 heures
Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, était l’invité du Face-à-Face de ce lundi 20 juillet sur BFMTV et RMC. Il a notamment été interrogé sur sa potentielle candidature en 2027, sur celle de LFI ou encore sur la guerre au Moyen-Orient.
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00:00Il est 8h35 et vous êtes bien sur BFM TV. Bonjour Bernard Cazeneuve.
00:04Merci infiniment d'avoir accepté notre invitation ce matin.
00:07Vous avez été, s'il faut le rappeler, ancien Premier ministre,
00:09ministre également de l'intérieur de 2014 à 2016.
00:13Et donc, on va y revenir.
00:15Potentiel candidat à l'élection présidentielle.
00:17Vous publiez une longue lettre aux Français.
00:19On va revenir sur vos intentions, votre stratégie également, vos envies.
00:23Parce qu'il faut avoir envie de la présidentielle.
00:25C'est aussi la rencontre entre un homme et des Français.
00:28Mais d'abord, j'aimerais revenir avec vous ce matin sur l'actualité internationale.
00:32Le président, on l'a entendu, américain, qui affirme dans la nuit
00:34que les Etats-Unis ont frappé très durement l'Iran
00:38pour venger notamment ses soldats américains tués ces derniers jours au Moyen-Orient.
00:42De votre point de vue, l'escalade militaire est-elle en train de se
00:45finalement refermer sur le président américain ?
00:48Je pense que Donald Trump a fait une faute considérable.
00:52Il n'a pas fait simplement lorsqu'il a déclenché cette guerre en Iran.
00:56Il a commis cette faute lorsqu'il a décidé de sortir unilatéralement et sans raison
01:01d'un accord qui avait été négocié au plan international,
01:05auquel les Américains avaient pris grande part et qui était un accord de 2015
01:10destiné à limiter la prolifération en Iran et à le faire sous le contrôle de l'AIEA.
01:16Ça, c'est l'erreur initiale du président américain ?
01:18Il a sorti unilatéralement de cet accord au motif que les missiles n'étaient pas compris dans l'accord.
01:23Notamment, il l'a fait en menaçant tous les pays qui demeuraient en Iran de sanctions internationales
01:30et il a ensuite laissé la situation se dégrader en tenant des propos absolument irresponsables
01:37concernant Gaza, concernant la politique menée par Israël,
01:41qui l'a encouragé dans ses pires excès et il est à l'origine du grand désordre
01:48qui préside à la guerre dans la région aujourd'hui pour des raisons qui tiennent au fait
01:53qu'il n'a respecté aucun des principes du droit international
01:56et a abandonné tout principe de sagesse dans la gestion de cette crise pourtant aiguë.
02:00Mais en ce 20 juillet, on l'a encore vu sur les images,
02:02notamment la zone de Boucher où une centrale nucléaire iranienne se tient,
02:07des frappes, des menaces. Encore une fois, vous pensez que nous sommes partis
02:11ou les Etats-Unis sont partis dans une guerre sans fin ?
02:14Je pense que les Etats-Unis ne savent plus contrôler la situation
02:18qu'ils ont contribué à créer eux-mêmes et depuis longtemps.
02:21Et c'est la raison pour laquelle il faut que nous cherchions partout,
02:24à travers les initiatives qui peuvent être prises par l'Union européenne,
02:29par la communauté internationale, de créer les conditions d'une reprise du dialogue
02:33si cela est possible pour sortir de cette crise dont on voit
02:37à quel point elle est dangereuse et à quel point elle peut conduire au pire.
02:40Si cela est possible, encore une fois, avec des voies européennes
02:44quasi inaudibles à cette heure, ça aussi c'est un constat que nous pouvons faire.
02:48Oui, mais il n'y a pas de fatalité en la matière.
02:51Pour ce qui concerne notre propre sécurité,
02:53comme pour ce qui concerne la sécurité du monde,
02:55l'Europe a une parole singulière à tenir.
02:58Il faut pour cela qu'elle soit en situation de la tenir,
03:00c'est-à-dire qu'elle organise sa propre défense,
03:03qu'elle soit en situation d'organiser la montée de ces budgets de défense
03:07pour que nous soyons en situation d'avoir des équipements
03:10qui rendent cet effort de défense crédible,
03:13que nous organisions aussi les concentrations industrielles
03:16qui permettent d'acquérir nos équipements au bon prix
03:19et qu'on mette enfin en place en Europe la préférence communautaire,
03:23car il n'y a pas de souveraineté si les efforts budgétaires que nous faisons
03:27ne conduisent pas à acquérir nos propres armements
03:31dans un contexte où il nous faut désormais faire la démonstration
03:34de notre capacité à assurer par nous-mêmes notre propre défense
03:38sans nous laisser impressionner par les outrances
03:41et les pressions que peut exercer parfois Donald Trump
03:44sur les dirigeants européens.
03:45La souveraineté est d'ailleurs un axe très important du projet
03:48que vous présentez.
03:49Juste un dernier mot, si on remonte le fil,
03:52c'était il n'y a pas si longtemps, il y a quelques jours seulement,
03:54à Versailles, Donald Trump reçu en grande pompe
03:57par le président français.
03:58Et cet accord signé, j'allais dire, sur un bout de table,
04:01non, mais comment imaginer que tout ça finalement ait été déchiré ?
04:05Est-ce qu'on s'est fait berner par le président américain
04:08quand on repense finalement à ce souvenir versaillais
04:10d'il y a seulement quelques jours ?
04:12Je pense que la relation avec le président américain,
04:14il faut reconnaître cela, est particulièrement difficile.
04:18Avec lui, une grande confiance ne doit jamais exclure une petite méfiance.
04:21Vu son imprévisibilité, lui aussi.
04:23Exactement, sa versatilité, son absence de stratégie,
04:26tout cela relève vraiment du parcours du flou dangereux.
04:31Bernard Cazeneuve, j'en viens à votre lettre.
04:34Votre lettre, même peut-être plus un essai politique,
04:3786 pages dans laquelle je me suis plongée,
04:42au style très mitterrandien, peut-être dans la démarche,
04:45aux allures de programme également.
04:47On va venir sur ce que vous développez,
04:48mais d'abord, première question, soyons simples, basiques,
04:51êtes-vous ou non candidat à la présidentielle ?
04:54Je pense que pour être candidat à l'élection présidentielle,
04:56il faut d'abord être en situation de dire aux Français ce que l'on veut faire.
04:59Je vois beaucoup de candidats dont on ne sait pas ce qu'ils feront.
05:03J'ai pris le problème autrement.
05:04Je considère qu'il faut commencer par dire ce que l'on fera,
05:07le dire avec une force d'engagement et une sincérité absolue,
05:12le dire aussi avec la volonté de convoquer la vérité,
05:15plutôt que les illusions, parce que les promesses de Père Noël
05:19et les politiques de Père Fouettard, on a déjà donné.
05:21Et donc, c'est la démarche qui est la mienne.
05:23Moi, je considère que l'élection présidentielle est un moment d'une extrême gravité,
05:27notamment dans le contexte particulier où se trouve le pays,
05:31que c'est une échéance qui appelle à un engagement
05:34qu'on va chercher au plus profond de soi-même,
05:36et qui implique aussi que l'on soit capable de dire aux Français ce que l'on va faire.
05:40Mais qu'est-ce qui déterminera, Bernard Cazeneuve,
05:42que vous iriez à la présidentielle, que vous soyez candidat ?
05:46Est-ce que vous vous êtes donné un calendrier,
05:47à l'instar d'un François Hollande qui vise la fin de l'année,
05:50à l'instar d'un Raphaël Luxman qui vise la rentrée ?
05:53On se dit, on aimerait y voir plus clair quand même.
05:56Mais d'abord, je remarque une chose,
05:58c'est qu'on me pose toujours la question de savoir
05:59si je suis déterminé à être candidat à l'élection présidentielle ou pas.
06:03Et ça vous l'aide ?
06:03Pourquoi est-ce que vous ne posez pas la question aux autres ?
06:05Je la pose, et on la pose.
06:07Je suis déterminé.
06:08La détermination se mesure à quoi ?
06:10Elle se mesure d'abord à la crédibilité d'un profil.
06:14Est-ce qu'on a l'expérience ?
06:15Est-ce qu'on a exercé des responsabilités au plan local et national
06:18qui permettent de donner aux Français la garantie
06:21que celui qui s'engage dans le combat
06:24a suffisamment d'expérience,
06:26a suffisamment de connaissances du pays
06:28pour être crédible dans la volonté de bien le diriger ?
06:31Deuxièmement, est-ce qu'il y a une vision ?
06:33Est-ce qu'il y a un projet ?
06:34Oui, pour ce qui me concerne,
06:36j'ai pris le temps d'écrire cette lettre,
06:38de l'adresser aux Français,
06:39et je correspond désormais avec eux,
06:41puisque depuis que cette lettre a été envoyée,
06:42j'ai énormément de sollicitations,
06:46de réponses, de demandes de précision.
06:48Ça vous a surpris ?
06:48Ça vous a surpris, ce type de réaction, finalement ?
06:51Ça ne m'a pas surpris,
06:52mais ça ne fait pas de peine
06:53que de voir que les Français,
06:55après que cette lettre a été envoyée,
06:57sans nécessairement que tout ça ait été fait
06:59à grand renfort de communication médiatique,
07:01car vous avez raison de souligner
07:03que je ne communique pas chaque jour
07:05et ne sollicite pas chaque jour des articles à ma gloire.
07:08Votre parole est rare, en effet.
07:10Elle est rare parce que si vous passez votre temps
07:14dans toutes les matinales à saturer l'espace médiatique
07:17pour qu'on ne vous oublie pas,
07:18votre parole finit par être banalisée.
07:20Je ne souhaite pas cela.
07:21Je communique lorsque j'ai des choses à dire,
07:24j'ai pris le temps d'écrire cette lettre,
07:27elle a été adressée aux Français,
07:28je vais prendre le temps maintenant du débat avec eux
07:30et vous me posez la question de savoir
07:32quand je serai candidat,
07:33le moment venu,
07:34parce qu'il faut une personnalité,
07:36il faut un projet,
07:38il faut aussi des circonstances,
07:39car on n'est pas candidat pour soi-même.
07:41On ne passe pas son temps à manœuvrer,
07:43à monter des petites opérations
07:44pour se projeter au devant de la scène
07:46en étant sûr qu'on sera à la fin le candidat.
07:49Ça, ça relève de la tactique politique,
07:51je dirais même de la tambouille politique quotidienne.
07:54Ce n'est pas mon tempérament.
07:55Et ça, très peu pour vous.
07:56Ce n'est pas mon tempérament,
07:58ce n'est pas ma conception de la politique.
07:59Je sais que ça peut irriter et agacer certains,
08:01mais moi, je me présente aux Français
08:03tel que je suis.
08:04Mais j'évoquais François Hollande,
08:06Raphaël Glucksmann,
08:07j'imagine que vous vous parlez.
08:09Vous avez d'ailleurs été à l'initiative
08:11d'un rassemblement.
08:12Est-ce que vous regrettez,
08:13je vous ai lu là aussi,
08:14une interview aux Parisiens,
08:16vous dites,
08:16j'ai proposé main de foi
08:17à François Hollande,
08:18Raphaël Glucksmann,
08:19de fusionner nos forces
08:20pour constituer un pôle de stabilité.
08:23Nos stratégies ont divergé.
08:24Est-ce que c'est un regret
08:26que vous avez finalement
08:27d'arriver tous les trois
08:29sur une ligne de départ
08:30sans forcément savoir
08:31lequel d'entre vous ira
08:32ou pas à la fin ?
08:33Je pense qu'il y aura suffisamment
08:34de sagesse à la fin
08:36pour que parmi tous ceux
08:37qui s'expriment
08:39dans l'espace social-démocrate,
08:41il n'y ait plus qu'un candidat.
08:42Mais il est vrai
08:43que nous avons eu des divergences,
08:45notamment au moment
08:46de la constitution
08:46du nouveau Front populaire.
08:48Je rappelle que j'ai quitté
08:49le Parti Socialiste
08:50en 2022,
08:51au moment où il a signé
08:53l'alliance
08:53avec la France Insoumise.
08:55J'estimais à ce moment-là
08:56que ce qui était devenu
08:58le Parti Socialiste
09:00ne permettait pas
09:00qu'on pût espérer
09:01de le réformer.
09:02Tout ce qui s'est passé depuis
09:04m'a donné raison.
09:06Ensuite,
09:06lorsque l'alliance
09:07a été conclue
09:08avec la France Insoumise
09:09au moment
09:10de la constitution du NFP,
09:11autour d'un programme
09:13dont le moins qu'on puisse dire
09:15et qui n'était pas
09:16à la hauteur des défis
09:17auxquels le pays est confronté
09:18et qui n'était pas
09:19d'un réalisme évident,
09:21j'ai pris une position très nette.
09:23J'ai été d'ailleurs
09:23le seul à la prendre
09:25et je me souviens
09:25de tous les éditoriaux
09:27qui disaient
09:27que le seul qui n'a pas compris
09:28c'est Bernard Cazen.
09:29Mais de ce point de vue-là,
09:30vous en voulez à François Hollande
09:31d'avoir conclu cet accord finalement ?
09:33Je n'en veux jamais
09:34à mes amis
09:35des positions qu'ils prennent.
09:37Mais je leur dis sincèrement
09:38ce que j'en pense.
09:40Et au moment
09:40où cette alliance
09:41a été conclue,
09:42où ces choix ont été faits,
09:44j'ai eu l'occasion
09:44de dire à François Hollande
09:46nettement,
09:46car c'est ainsi
09:47que nos relations
09:48se sont nouées
09:49depuis l'origine,
09:50ce que j'en pensais.
09:51Et nous n'avons pas été d'accord
09:52à ce moment-là.
09:53Et ensuite,
09:54j'ai proposé,
09:55c'est vrai à plusieurs reprises,
09:56que nous constituions
09:58un pôle de convergence
09:59et je l'ai proposé
10:01en indiquant
10:02que j'étais prêt
10:03dans cette affaire-là
10:04à ce que l'un de ceux
10:06qui étaient dans ce pôle
10:08en prenne la direction,
10:09y compris si ce n'était pas.
10:10Ça, c'est une affaire oubliée,
10:11du coup.
10:11C'est une affaire qui...
10:12Ça n'a pas été souhaité.
10:13Souvenez-vous
10:14qu'au mois de novembre dernier,
10:16j'ai rassemblé
10:17tous ces acteurs
10:19à l'occasion
10:19du meeting de Sergi
10:20en leur donnant...
10:21La photo de famille,
10:22en effet,
10:22était attrayante.
10:23grandement la parole
10:24et en organisant
10:25cette photo de famille,
10:27bon,
10:27il y avait des ambitions,
10:28il y avait des stratégies
10:29des agendas personnelles,
10:31je n'ai pas de naïveté,
10:32j'ai bien compris tout cela,
10:34ça ne m'a pas empêché
10:34d'être persévérant,
10:36mais on ne va pas
10:36passer Noël
10:37sur ce sujet
10:38et on ne va pas pleurer
10:39sur le lait renversé.
10:41Désormais,
10:41il y a une échéance,
10:42il faut s'y préparer.
10:43Bernard Cazeneuve,
10:43vous parliez de la France insoumise,
10:44vous avez été en effet
10:46le premier,
10:46en quittant le parti socialiste,
10:48à dénoncer
10:49ce que vous considériez
10:50une formation politique
10:52dont vous avez eu
10:53à subir la violence,
10:54l'outrance des positions,
10:55les insultes aussi.
10:57Éric Coquerel,
10:58sur notre plateau hier,
10:59parlait de vous
11:00en personnalité de droite,
11:02en égrenant finalement
11:04vos propositions
11:05sur lesquelles
11:06on va revenir d'ailleurs.
11:07Vous êtes de droite,
11:07Bernard Cazeneuve ?
11:08Bon, d'abord,
11:09il y a une tendance
11:10au sein de la France insoumise
11:11dont il faut bien
11:12comprendre la logique.
11:13Quiconque a gouverné
11:14à un moment de sa vie
11:16s'il est de gauche
11:16et de droite.
11:17Comme ils ne gouverneront jamais,
11:20compte tenu de leurs outrances
11:21et de leur positionnement,
11:22ils n'auront jamais
11:23à subir ce reproche.
11:25Deuxièmement...
11:25Vous nous dites ce matin
11:26jamais la France insoumise
11:27ne gouvernera,
11:28jamais Jean-Luc Mélenchon...
11:29Compte tenu de ce que sont
11:30ses positions
11:31et compte tenu du rejet
11:34qu'elle suscite
11:35chez tous ceux
11:36qui ne se reconnaissent pas
11:37dans leur thèse
11:37et qui sont quand même
11:38très majoritaires,
11:39je ne pense pas
11:39que cette formation politique
11:40soit en situation de gouverner.
11:41Je pense en revanche
11:43qu'elle est en situation
11:43d'aider le Rassemblement National
11:45à gouverner
11:46parce que tout ce qu'elle exprime
11:48d'outrance,
11:49d'excès,
11:50de violence politique
11:52est de nature
11:53à aider le Rassemblement National
11:55à accéder au pouvoir.
11:56Comme moi, mon objectif,
11:57c'est qu'il n'y accède
11:57en aucun cas.
11:58Je dénonce cette stratégie
12:01comme une stratégie
12:03d'accompagnement
12:04du Rassemblement National
12:05vers la victoire.
12:06Il n'y a pas l'extrême droite
12:07contre l'extrême gauche.
12:08Il y a deux dégagismes
12:09qui se font face,
12:10qui s'entretiennent l'un l'autre
12:11et qui essaient
12:12de profiter
12:15de chacune des caractéristiques
12:16de l'autre
12:17pour accéder au pouvoir.
12:18Mais ces deux dégagismes,
12:19pour vous,
12:19ne sont pas une fatalité
12:21qu'ils se retrouvent
12:21au second tour
12:22de l'élection présidentielle ?
12:24Non seulement,
12:24ce n'est pas une fatalité,
12:25mais il est du devoir
12:26de tous les républicains
12:27de se rassembler
12:27pour éviter que cela
12:28n'arrive.
12:30Et pour ce qui concerne la gauche,
12:31vous me posiez la question
12:32tout à l'heure de Coquerel,
12:34moi,
12:34je n'ai pas de leçon
12:35à recevoir
12:35d'une organisation politique
12:37qui a instauré dans le pays
12:38un antisémitisme d'ambiance,
12:40un communautarisme
12:43de circonstances.
12:43Et quand on voit
12:44ce qui s'est passé ce week-end,
12:45notamment avec le concert
12:46de Barbara Butch...
12:47qui considère
12:48qu'empêcher ceux
12:50qui ne pensent pas comme lui
12:51de s'exprimer,
12:52à l'instar de ce qui s'est passé
12:53à Groslom,
12:53qui est une véritable honte,
12:55un véritable scandale,
12:56si la gauche, c'est ça,
12:57si la gauche, c'est...
12:59Alors qu'on revendique
13:01l'épanouissement des individus
13:03par la culture,
13:05la tolérance par l'accès
13:06à la pensée de l'autre
13:07et aux œuvres de l'esprit humain,
13:09si la gauche,
13:09c'est d'envahir des concerts
13:12pour empêcher des artistes
13:14de chanter et de s'exprimer,
13:15si la gauche,
13:16ça consiste à maintenir
13:18au Parlement
13:18des parlementaires
13:19qui ont été à l'origine
13:20de la Constitution,
13:21de ce que l'on pourrait appeler
13:22quasiment des milices,
13:25dont on a vu
13:26ce dont elles sont capables,
13:27je pense,
13:28à la jeune garde.
13:29Si maintenant,
13:30la gauche consiste
13:31à considérer
13:31qu'on peut tuer
13:33ses adversaires
13:34en organisant
13:35des groupes violents
13:36aux motifs
13:36qui ne pensent pas comme soi,
13:38même si ce qu'ils pensent
13:39doit être grandement combattu,
13:40alors nous sommes
13:41dans un tout autre système.
13:42Et cette gauche-là
13:43n'est pas la gauche.
13:44Elle n'est pas la gauche du tout.
13:45Elle est une forme
13:46de machine
13:48à excommunier,
13:50à instaurer la violence
13:51au cœur du débat politique.
13:52Et tous ceux
13:53qui sont les héritiers
13:54de Léon Blum,
13:55de la gauche humaniste,
13:56de la gauche républicaine,
13:57devraient trouver en eux-mêmes
13:59la force et le courage
14:00de dire non
14:01à ceux
14:02qui se comportent ainsi.
14:03Et tous ceux
14:04qui se laissent séduire
14:05par cette formation politique
14:07devraient aujourd'hui
14:08réaliser
14:09ce qu'elle comporte
14:10de danger,
14:12dans quel point
14:12elle pourrait engager
14:13le pays
14:14si elle devait
14:15se trouver en situation
14:16un jour
14:17de se trouver
14:19au second tour
14:19de l'élection présidentielle.
14:20Bernard Cazeneuve,
14:21le temps file,
14:21j'aimerais qu'on s'attarde
14:22sur votre projet,
14:23sur ce que vous développez
14:24dans cette lettre aux Français,
14:25longue lettre aux Français
14:26encore une fois.
14:28Je ne promets pas
14:29du sang et des larmes,
14:30je promets peut-être
14:31un peu de sueur.
14:33Qui le dit
14:34Édouard Philippe ?
14:35Et quand je vous lis,
14:36quand je vous entends
14:37développer certaines
14:38de vos propositions,
14:39je l'entends aussi
14:40en écho.
14:40Je pense notamment
14:41à cette
14:43règle
14:43d'or social.
14:45Vous dites quoi ?
14:46On a fait trop
14:46de cadeaux aux entreprises,
14:47on n'a pas fait
14:49assez fonctionner
14:50le ruissellement
14:50finalement après 10 ans.
14:52Il faut désormais que...
14:54Qu'est-ce que c'est
14:54que cette règle d'or ?
14:55Je dis des choses
14:56beaucoup plus simples
14:57que ça.
14:57Si l'on est attaché
14:58à l'État-providence,
15:00c'est-à-dire si l'on est attaché
15:01à la retraite
15:01par répartition,
15:02à une politique
15:05de protection
15:06des plus vulnérables
15:07en matière de santé,
15:08en matière de travail,
15:10il faut pour que
15:11cette protection
15:12soit durable,
15:13qu'elle soit garantie
15:14pour les générations
15:15futures,
15:15qu'on soit capable
15:16d'avoir des comptes
15:17équilibrés.
15:18Ce que je constate,
15:19c'est que ces comptes
15:20ont été volontairement
15:22déséquilibrés
15:23pour partie de leur déficit
15:25au cours des dernières années
15:26par ceux qui ont consenti
15:27des allègements
15:28de charges sociales
15:30non compensés,
15:31contrairement à ce que prévoyait
15:32la loi instaurée
15:33par Simone Veil
15:34qui disait
15:34que l'État peut très bien
15:35prendre des dispositions
15:36pour aider les entreprises,
15:37mais elles doivent être compensées.
15:38Le bénéfice n'a pas été
15:40la tractivité de notre pays ?
15:4066 milliards d'allègements
15:42en 2017,
15:4380 milliards.
15:44Donc ce que je dis,
15:45c'est que cela ne peut pas continuer.
15:46Ce que je dis aussi,
15:47c'est qu'il y a sur le plan
15:48des retraites, par exemple,
15:50des déséquilibres démographiques
15:51qui risquent de mettre
15:53en cause durablement
15:54l'équilibre du système
15:56de retraite.
15:56Et vous dites que notre système
15:58n'est plus viable.
15:58Et par conséquent,
15:59qu'il faut prendre
16:00les décisions
16:01qui doivent être prises
16:01si on est attaché
16:02à l'État-providence.
16:03Donc ce que je dis,
16:05c'est qu'on ne peut pas
16:06laisser les déficits
16:07s'instaurer
16:09dans l'irresponsabilité
16:10la plus grande
16:11sans prendre les décisions
16:12qui doivent être prises
16:13pour assurer l'équilibre
16:14des comptes sociaux
16:15et que nous avons
16:17à l'égard des Français
16:17sur ce sujet
16:18un devoir de vérité.
16:20Alors je vois
16:21qu'une partie de la droite
16:23qui réagit à cette proposition
16:24dit mais ça c'est un truc
16:26socialiste,
16:26c'est destiné
16:27à faire en sorte
16:28de maintenir les déficits.
16:29C'est tout le contraire.
16:30C'est une forme de vérité
16:32de votre point de vue.
16:34Ce que je veux,
16:34c'est inscrire dans la loi
16:36une règle d'or
16:37qui permette d'éviter
16:38les déficits
16:39des comptes sociaux
16:40pour garantir
16:41que nous pourrons
16:42assurer la pérennité
16:44de l'État-providence
16:45ce à quoi
16:45tiennent le plus
16:46les Français.
16:47Là où par la politique
16:49d'une partie de la droite,
16:51ces déficits
16:51ont été inscrits
16:52dans les faits.
16:52Je veux quand même rappeler
16:53pour conclure sur ce sujet
16:54qu'en 2017,
16:56le déficit
16:57de la sécurité sociale
16:59était de 450 millions d'euros,
17:01il est de 20 milliards
17:02aujourd'hui.
17:03Effectivement,
17:03les chiffres veulent le tourner.
17:04Un mot juste
17:05à ceux qui vous,
17:05vos détracteurs,
17:07écologistes,
17:07sur la canicule,
17:08c'est l'une des priorités
17:10aujourd'hui des Français.
17:10Parmi les priorités,
17:11on vous dit,
17:12on vous accuse
17:12de ne rien faire
17:13sur le climat
17:14ou de ne rien proposer.
17:15Vous leur répondez quoi ?
17:16Mais on m'accuse,
17:17moi je ne suis plus ministre
17:18depuis 10 ans.
17:19Mais en tout cas
17:19dans cette lettre,
17:20de ne pas y faire
17:20assez référence.
17:21Mais c'est tout à fait faux.
17:23La lutte contre
17:23le changement climatique
17:24est au cœur
17:24de la lettre.
17:25Et que doit-on faire
17:27en matière de transition
17:28écologique et climatique ?
17:30On doit arriver
17:32à électriser,
17:33à mettre en place
17:34une consommation énergétique
17:37autour de l'électricité
17:38décarbonée.
17:39On doit produire
17:40de l'électricité décarbonée.
17:41Il n'y a pas 36 solutions
17:42pour faire ça.
17:43Il faut moderniser
17:45notre parc électronucléaire.
17:46Il faut développer
17:47les énergies renouvelables.
17:49Il faut développer
17:50le renouvelable
17:51biomasse, etc.
17:52C'est ce que j'ai expliqué
17:54à l'occasion
17:54de la conférence
17:55qui a été organisée
17:56par Terranova,
17:57à l'occasion
17:57de la manifestation
17:58organisée par Stéphane Le Folle
17:59avec beaucoup de précision.
18:01Et je constate
18:02que lorsque je préconisais
18:03qu'on fie cela
18:04il y a quelques années,
18:05j'étais qualifié
18:06de député Areva
18:07par un certain nombre
18:08de ceux
18:09qui ont engagé
18:10la déstructuration
18:11de la filière électronucléaire française.
18:12Merci beaucoup Bernard Cazeneuve.
18:13Et vous reviendrez
18:14donc sur BFM TV
18:16pour nous dire
18:16si vous êtes ou pas
18:17candidat à la présidentielle.
18:20Aussi souvent
18:20vous retrouvez Julien Arnaud
18:22pour le 9-12.
18:23Très belle journée
18:24sur notre antenne.
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