- il y a 11 heures
Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur, était l'invité du Face à Face sur BFMTV et RMC ce lundi 23 février.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Bernard Cazeneuve.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:07Vous êtes ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur.
00:10Vous avez aujourd'hui une forme de réserve, je dirais.
00:14Vous parlez assez peu, mais si vous voulez vous exprimer ce matin,
00:18c'est parce que pour vous, nous sommes dans un moment charnière.
00:21Vous aviez quitté le Parti Socialiste en 2022 après l'accord passé avec la France Insoumise,
00:26une formation politique dont j'ai eu à subir la violence, dites-vous, on va y revenir.
00:31Mais pour vous, aujourd'hui, ça n'est que la confirmation de ce que vous aviez vu,
00:35une forme de rupture entre LFI et le Parti Socialiste ?
00:37D'abord, nous étions très peu nombreux en 2022 à nous indigner de l'alliance
00:42qui avait été signée entre le Parti Socialiste et LFI.
00:44Et lorsque le nouveau Front Populaire a été constitué en 2024,
00:48j'étais le seul à indiquer que cette alliance, par son programme,
00:53par l'arrimage à LFI, posait un problème politique majeur.
00:58Aujourd'hui, que constate-t-on ?
01:00On constate que tout ce qui avait été pressenti concernant cette formation politique,
01:06sa plante antisémite, sa violence extrême, sa relation ambiguë aux institutions de la République
01:13et aux principes de l'État de droit, tous ces sujets ressurgissent.
01:17Ils ressurgissent de manière violente parce que l'organisation elle-même est violente,
01:21et tout cela pose un problème politique et moral éminent.
01:25Voilà où nous en sommes et je pense qu'il faut en tirer désormais toutes les conclusions
01:30en rompant définitivement avec la France insoumise ce qu'un certain nombre d'élus commencent à faire.
01:35J'ai vu que la maire de Rennes avait indiqué hier qu'il n'y aurait d'alliance ni au
01:39premier ni au second tour.
01:40Et moi, je souhaite que la gauche de gouvernement, la gauche humaniste,
01:44la gauche héritière de Blum, de Jaurès, de Pierre Mendès-France, de Camus,
01:48de Robert Badinter, prenne des positions extrêmement claires et rompt définitivement avec la France insoumise.
01:54Lorsque vous entendez encore aujourd'hui les dirigeants du Parti Socialiste qui prennent leur distance,
01:59mais qui disent toujours qu'au cas par cas, il pourrait y avoir des alliances, vous vous dites non, fini,
02:04jamais ?
02:05Jamais.
02:06Je pense que nous ne redresserons pas politiquement le pays au moment où le risque principal est celui de l
02:12'extrême droite
02:13si nous maintenons ce type d'ambiguïté.
02:16Lorsque la situation est aussi grave qu'elle l'est, que le risque de basculement est aussi visible qu'il
02:21l'est,
02:22il n'y a qu'une réponse possible, celle de la plus grande clarté.
02:24Avec une question qui est quand même, est-ce qu'en disant tout sauf les filles,
02:29vous n'êtes pas en train de faire en quelque sorte un passage de relais au RN ?
02:33Je voudrais vous faire écouter les propos de Nadine.
02:36Nadine, elle a été pendant très longtemps militante au Parti Socialiste avant de rejoindre Place Publique
02:41et comme vous, elle a quitté Place Publique en 2024.
02:45Moi, je n'ai jamais été membre de Place Publique.
02:46Non, pas Place Publique, mais elle a quitté la gauche, vous-même, vous aviez quitté le Parti Socialiste,
02:50elle, elle était à ce moment-là à Place Publique.
02:51Mais elle les a quittés pour les mêmes raisons que vous, c'est-à-dire à cause de l'alliance
02:54qui avait été passée,
02:55le nouveau Front Populaire.
02:57Eh bien, Nadine, elle m'a appelée sur RMC ce matin.
02:59Oui, je l'ai entendu, c'est dans ma question.
02:59Pour elle, je voudrais que vous puissiez justement l'écouter et réagir.
03:03Pour elle, au fond, désormais, il en va d'être même, finalement, à aller voter pour le RN contre LFI.
03:11Écoutez.
03:13Ça veut dire, Nadine, non mais c'est très intéressant, Nadine.
03:15Ça veut dire que vous, qui avez toujours milité au Parti Socialiste,
03:19aujourd'hui, vous vous dites, ben, je finirai par voter RN contre LFI.
03:23Oui, ben, mes copains qui ont quitté le PS, en sont là aussi, je ne suis pas la seule.
03:27Ah non, non, mais je ne suis pas là pour juger.
03:29Je dis juste que c'est étonnant et j'imagine que ça se fait dans la douleur, quand même.
03:34Ah ben, oui, mais vu les positions que peuvent prendre les gens de gauche aujourd'hui,
03:38ils sont dans les communautarismes aussi.
03:40Le PS aussi a largement fait pour aider à ce qu'on fasse monter les communautaristes,
03:47les antisémites, parce que c'est quand même la réalité.
03:50On a fait élire des gens, ça.
03:52Je veux dire, c'est à marcher sur la tête d'entendre le PS parler comme ça.
03:55Quand j'entends Jérôme Gage, je suis sur le cul.
03:58Bernard Cazeneuve, qu'est-ce que vous dites à Nadine ?
04:00Elle, elle va voter RN contre LFI ?
04:01Je pense qu'elle a tort, et je ne suis pas du tout sur cette position-là.
04:04Pour moi, le principal adversaire, celui contre lequel il faut se mobiliser,
04:09c'est le Rassemblement National, parce que c'est lui qui est en situation
04:13de prendre les RN du pays.
04:14C'est précisément parce que je ne veux pas du Rassemblement National
04:17que je préconise la plus grande clarté dans l'alliance avec la France Insoumise,
04:21parce que la France Insoumise est une machine à fabriquer du vote RN,
04:24par ses outrances, par ses excès, par la violence qu'elle finit par instaurer
04:29dans la vie politique, avec les groupes d'extrême droite.
04:32Ces deux groupes se font face.
04:34Jean-Luc Mélenchon avait théorisé d'ailleurs sa stratégie il y a dix ans,
04:37en disant qu'à la fin, il y aurait eux et nous.
04:40Moi, je pense qu'il ne faut pas qu'il y ait LFI et RN,
04:43qu'il y ait une autre voie.
04:45Et c'est précisément parce que le RN est en situation de prendre le pouvoir en France
04:49que je ne veux pas de cette alliance avec LFI,
04:51parce qu'on voit que LFI, par ses comportements,
04:54engendre du vote RN.
04:56Jean-Luc Mélenchon, c'est Charlie Chaplin dans les temps modernes,
05:00à chaque fois qu'il bouge un bras, il fabrique une voie RN.
05:03Et c'est ça qu'il faut arrêter.
05:04Pour vous, Jean-Luc Mélenchon fait monter le RN ?
05:06Mais tout dans la stratégie et l'attitude de LFI
05:10est destiné à organiser la confrontation entre LFI et le Rassemblement National.
05:15Ce n'est pas moi qui le dis.
05:16Jean-Luc Mélenchon lui-même l'a théorisé en disant
05:18« À la fin, il y aura eux et nous ».
05:20C'est leur stratégie, c'est leur volonté commune.
05:22Faut-il, si l'on est républicain,
05:24et si on veut absolument éviter le basculement du pays
05:28vers le dégagisme et la violence extrême,
05:30encourager cette stratégie en prenant la position
05:33que Nadine prenait tout à l'heure ?
05:34Non. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est faire en sorte
05:37que cette confrontation n'ait pas lieu
05:38en créant les conditions d'une autre voie.
05:41Et cette autre voie, c'est le rassemblement des Français
05:44autour d'une stratégie claire concernant
05:47la relation avec les dégagismes
05:49et notamment pour ce qui concerne la gauche
05:50avec LFI.
05:53Un rassemblement ?
05:53Un rassemblement le plus large possible.
05:55Mais c'est-à-dire quoi le plus large possible ?
05:56On va y venir.
05:56Mais vous savez quoi, Bernard Cazeneuve ?
05:57Je voudrais quand même vous interroger sur les propos.
06:01Nadine évoquait la question de Jérôme Gage.
06:03Jérôme Gage, il fait partie de ceux
06:05qui ont été les plus virulents
06:06à l'encontre de la France insoumise.
06:08Mais il a eu raison.
06:08Et aujourd'hui, il dit
06:11je ferai toujours tout
06:12pour empêcher l'extrême droite
06:14d'arriver au pouvoir.
06:15Je ne mets pas un signe égal
06:16entre le rassemblement national
06:17et la France insoumise.
06:18Je préfère voter pour le candidat
06:20tel quel qu'il soit
06:21face au rassemblement national
06:22même s'il est LFI.
06:25Mais je pense que Jérôme Gage
06:27a été extrêmement courageux
06:28dans les positions qu'il a prises
06:29au cours des derniers mois.
06:31Et il en a subi des conséquences
06:32dans ses circonscriptions.
06:33Et pourtant, aujourd'hui, il dit
06:34je voterai LFI.
06:35Je pense qu'il tombe dans un piège
06:36quand il prend cette position-là.
06:38Je pense que nous ne devons pas
06:41acter une confrontation
06:42dont nous ne voulons pas.
06:43Nous devons tout faire
06:44par notre stratégie,
06:46par notre parole,
06:48par notre volonté pour l'éviter.
06:50Moi, je ne choisis pas
06:51entre la peste et le choléra.
06:53Je choisis le vaccin.
06:54Manuel Valls dit que lui,
06:55il voterait blanc dans ce cas-là.
06:56Je pense que Manuel Valls,
06:58quand il dit cela,
06:58tombe également dans un piège.
07:00En fait, vous ne voulez même pas
07:00répondre à cette question.
07:01Je pense que cette question-là,
07:03en y répondant,
07:04on accrédite cette confrontation
07:06qui est la confrontation
07:08dont rêvent les dégagismes
07:10qui, dans leur face-à-face,
07:11veulent occuper tout l'espace politique.
07:13Moi, je ne souhaite pas de ça.
07:13Moi, je ne souhaite pas de ça.
07:14Que vous rêviez que cette situation
07:15n'existe pas, mais tout de même...
07:16Mais je pense que c'est tout à fait possible
07:17que cette confrontation n'existe pas.
07:19D'abord parce que,
07:20dans l'état actuel du paysage politique,
07:23LFI n'a aucune chance
07:24de gagner ses élections présidentielles.
07:26La seule utilité de LFI,
07:28c'est de permettre au RN de la gagner
07:29pour qu'ensuite,
07:30cette confrontation se poursuive
07:32une fois que le RN sera au pouvoir.
07:34Et je constate aussi
07:35que si le rassemblement des Français
07:37est possible
07:38entre ces deux dégagismes,
07:40alors nous les éviterons.
07:42Et quiconque est républicain responsable
07:44doit tout faire pour ouvrir cette voie.
07:46C'est la stratégie que je préconise.
07:48On va y venir,
07:48ce rassemblement le plus large possible
07:50du centre et de la gauche.
07:52Mais un mot sur l'expression
07:54que vous avez utilisée.
07:54Vous avez dit,
07:55à propos de LFI,
07:56c'est une formation
07:56dont j'ai eu à subir la violence.
07:59J'ai retrouvé les mots
08:01de Jean-Luc Mélenchon
08:02à votre endroit.
08:03Il a parlé de vous
08:05comme, je cite,
08:06le gars qui s'est occupé
08:07de l'assassinat de Rémi Frèche.
08:09Le gars qui a fait gazer
08:11toutes les manifestations
08:12et qui prend maintenant
08:13sa tête de petite Sainte-Nitouche.
08:15Rémi Frèche, il faut le rappeler,
08:17c'était ce militant écologiste
08:20tué par l'explosion d'une grenade
08:22lors d'un affrontement
08:23avec les forces de l'ordre
08:24en marge de la mobilisation
08:25contre le projet de barrage de Sivins.
08:28A l'époque,
08:28vous étiez le ministre de l'Intérieur.
08:30Vous étiez,
08:31aux yeux de Jean-Luc Mélenchon,
08:32je cite,
08:33le gars qui s'est occupé
08:34de l'assassinat de Rémi Frèche.
08:36J'ai porté plainte en diffamation
08:38contre Jean-Luc Mélenchon
08:40après ses propos.
08:41Il est venu d'ailleurs
08:42à votre antenne
08:43pour expliquer que
08:44tout cela était excellent,
08:46que la vérité serait faite.
08:48Plusieurs convocations
08:49lui ont été adressées.
08:50Il ne s'est pas rendu
08:51à ces convocations.
08:53Et lorsque mon avocat
08:54a demandé la levée
08:55de son immunité parlementaire,
08:56ce sont les parlementaires
08:58de majorité
08:58qui se sont opposés
08:59à la levée de son immunité.
09:01Voilà ce qui s'est passé.
09:03Donc, vous savez...
09:04Je vous sens très grave
09:05sur cet instant.
09:06Je suis très grave
09:07sur ce sujet
09:08parce qu'on parle
09:09depuis quelques jours
09:11de l'exploitation abjecte
09:13qui a été faite
09:14de l'assassinat
09:15de Quentin
09:16à Lyon.
09:17L'exploitation abjecte,
09:18politique,
09:19qui serait faite
09:19à l'encontre de LFI.
09:21Mais par vos propos,
09:22rappelez à l'instant,
09:23enfin, pas vos propos,
09:24les propos de Jean-Luc Mélenchon
09:25que vous venez de rappeler,
09:26on voit ce dont ils sont capables.
09:29On voit
09:30comment ils exercent
09:31eux-mêmes
09:32la violence en désignant des cibles.
09:33Ce que vous voulez dire,
09:34c'est qu'à l'inverse,
09:34eux-mêmes avaient exploité
09:36en quelque sorte
09:37la mort de Rémi Fresse.
09:39Je ne me suis pas victimisé.
09:39Ce que j'ai fait,
09:40c'est que j'ai eu recours
09:41à la justice,
09:42ce qui est normal
09:43de la part d'un républicain
09:45attaché au principe
09:46de l'état de droit.
09:47Et il s'est passé
09:48exactement ce que je viens
09:49de vous indiquer.
09:49Au fond, ils estiment
09:50aujourd'hui
09:50d'avoir une responsabilité,
09:51mais ils avaient considéré
09:52que vous en aviez une,
09:54vous,
09:54dans la mort de Rémi Fresse.
09:55Moi, j'ai donné
09:57toutes les instructions
09:58qui ont été les miennes
09:59dans cette nuit tragique
10:00à l'Assemblée nationale
10:02qui a conduit
10:02une commission d'enquête.
10:03Il y a eu
10:05un jugement
10:06qui a été rendu.
10:07À aucun moment
10:07je n'ai été mis en cause
10:08pour la bonne et simple raison
10:09que les consignes
10:11que j'ai données
10:12tout au long
10:13de cette nuit tragique
10:15et dans les jours
10:15qui ont précédé
10:16étaient des consignes
10:18de modération
10:19dans l'usage de la force
10:20parce que je redoutais
10:21que ce drame intervienne.
10:23Mais peu importe
10:25la vérité
10:26pour ces acteurs,
10:26ce que ces acteurs souhaitent
10:28c'est mettre en cause
10:30l'État
10:31et ceux
10:32qui en assurent
10:33la responsabilité
10:34lorsque des drames
10:35et des tragédies
10:36de ce type
10:37se produisent
10:38parce que
10:38toute leur idéologie
10:40et la police tue
10:41il y a une consubstantialité
10:42de la violence
10:43à la police
10:44et de l'État
10:45à la violence
10:46c'est leur stratégie
10:47peu importe la vérité
10:49seul compte
10:49le but politique
10:50et les méthodes
10:51qui sont utilisées
10:52pour atteindre ce but
10:53sont celles
10:55que vous venez
10:55d'évoquer
10:56en rappelant leurs propos.
10:58Moi je suis resté
10:59à ce moment-là
11:00dans la réserve
11:02je crois
11:03dans la dignité
11:04de la parole
11:04j'ai dit
11:05qu'elle était
11:07ma responsabilité
11:08au moment
11:09de cette tragédie
11:11en donnant
11:11à l'Assemblée nationale
11:12et à la justice
11:14tous les éléments
11:15dont elle souhaitait
11:15disposer
11:16à aucun moment
11:17je n'ai été mis en cause
11:18mais ça n'a pas
11:19empêché
11:20ces acteurs
11:21de se comporter
11:22comme ils se sont comportés
11:23pourquoi ?
11:24Parce que leur modalité
11:25c'est la tension
11:26c'est la violence
11:28en espérant
11:29que cette violence
11:29et cette tension
11:30servent leur stratégie politique.
11:32Désormais
11:33il y a
11:33des groupuscules
11:35qui manifestent
11:36ça a été le cas
11:36samedi
11:38à Lyon
11:39cette marche
11:40en hommage à Quentin
11:413200 personnes
11:43alors le RN
11:43avait refusé
11:44d'y participer
11:45la plupart des partis
11:47d'ailleurs
11:47ont invité
11:48à ne pas y participer
11:49il y a eu
11:50des saluts nazis
11:51il y a eu des slogans
11:52d'ultra droite
11:53la préfecture du Rhône
11:54a estimé
11:55qu'il fallait désormais
11:56saisir même la justice
11:57au sujet de ces saluts nazis
11:59et de ces insultes
12:00racistes
12:00et homophobes
12:01qui ont été donc détectées
12:03à Lyon
12:03est-ce que vous redoutez
12:05que l'on entre
12:07dans un moment
12:08de confrontation
12:09qui pourrait
12:10conduire
12:11à ce que certains
12:11appellent la guerre civile ?
12:13Mais je ne redoute pas
12:14qu'on entre
12:15dans un moment
12:15de confrontation
12:16ce qui s'est passé
12:17à Lyon
12:17et la matérialisation
12:20du fait que
12:20cette confrontation
12:21a commencé
12:23et qui aurait imaginé
12:24il y a de cela
12:25simplement
12:25quelques mois
12:26ou quelques années
12:27qu'on pu manifester
12:28dans la ville
12:29où Klaus Barbie
12:30a commis les crimes
12:31que l'on sait
12:32où le père de Repère
12:33Badinter
12:33a été arrêté
12:35avant d'être envoyé
12:35en déportation
12:37avec des saluts nazis
12:39avec des propos racistes
12:41xénophobes
12:41homophobes
12:42qui aurait pu imaginer cela
12:43et qui aurait pu imaginer
12:45qu'une formation
12:46politique de gauche
12:47pu entretenir
12:48avec ce que l'on peut appeler
12:51une milice
12:51la jeune garde
12:53des relations
12:54aussi étroites
12:55en assumant aussi
12:56ostensiblement
12:57cette relation
12:58alors même
12:59que cette organisation
13:01a été dissoute
13:02parce qu'elle représentait
13:03un risque de trouble grave
13:04à leur public
13:04et que certains
13:06de ses membres
13:06par ailleurs collaborateurs
13:08d'un parlementaire
13:09en exercice
13:11ont été mis en cause
13:12pour les violences
13:14ayant occasionné
13:15la violence
13:15responsabilité
13:16au moins morale
13:17elle est directe
13:18mais je considère
13:19qu'à partir du moment
13:20où ces faits sont établis
13:23la seule chose
13:24qui est à faire
13:25la France insoumise
13:26c'est à exprimer
13:27ses regrets
13:29à rompre
13:30avec tous ceux
13:31qui dans cette organisation
13:33ont commis
13:34ou ont été à l'origine
13:35de ces violences
13:36qu'elle reconnaisse
13:38sa faute
13:39plutôt que
13:40d'affirmer
13:41sa solidarité
13:42que de soutenir
13:43le parlementaire
13:44dont les collaborateurs
13:45ont été mis en cause
13:46comme si la violence
13:48était sans conséquence
13:49Bernard Cazeneuve
13:50vous prenez
13:50un large rassemblement
13:52du centre
13:54et de la gauche
13:55ça va d'où à où ?
13:57ça va de tout le pôle
13:58social-démocrate
13:59c'est-à-dire
13:59de la gauche
13:59du gouvernement
14:01jusqu'aux franges
14:04de l'actuelle majorité
14:05vous prenez qui à droite ?
14:07vous prenez Bruno Retailleau
14:08vous prenez Edouard Philippe
14:09vous prenez qui ?
14:10Non mais moi
14:10je prends les électeurs
14:12c'est-à-dire
14:12ce qu'il faut aujourd'hui
14:13c'est créer les conditions
14:14pour que
14:15la clarté du discours
14:17la volonté de redressement
14:18du pays
14:18la détermination
14:20à sauver
14:21les institutions républicaines
14:23de la menace
14:23d'extrême violence
14:24qui pèse sur elles
14:25conduisent au rassemblement
14:27le plus large possible
14:28des français
14:28autour de l'île nucléaire
14:29je pense que ce rassemblement
14:31sera d'autant plus simple
14:32qu'il se fera autour
14:34du pôle social-démocrate
14:35et qu'il sera
14:36d'autant plus facile
14:37à opérer
14:38qu'il s'opérera
14:39dans la clarté
14:40sur les valeurs
14:41de la république
14:42la nécessité
14:43de défendre fermement
14:44les principes
14:45de l'état de droit
14:46et l'ordre républicain
14:47qu'il se fera aussi
14:48autour d'une ambition
14:49de justice sociale
14:50et fiscale
14:51qui ne va pas
14:52sans efficacité économique
14:53etc.
14:53c'est un programme
14:55sur lequel vous invitez
14:57qui à travailler
14:58c'est-à-dire que
14:58est-ce que du côté
15:00on a bien compris
15:01qu'il y aurait
15:01le parti socialiste
15:02s'il rompt
15:03s'il rompt nettement
15:04avec LFI
15:04le parti socialiste
15:05doit rompre
15:06mais le parti socialiste
15:07ne doit pas seulement rompre
15:08il doit désormais
15:09rassembler en son sein
15:11tous ses enfants
15:13toutes ses composantes
15:14vous-même
15:15vous en êtes parti
15:15j'en suis parti précisément
15:17parce que la ligne
15:17était celle que je condamne
15:19mais le parti socialiste
15:21peut à un moment donné
15:22faire lucidement le constat
15:24de l'impasse
15:25dans laquelle il s'est engagé
15:26et qui met le pays
15:28en situation
15:29de risque de basculement
15:30vers le RN
15:31et créer des conditions
15:32d'un rassemblement large
15:33qui permettent d'éviter
15:34ce basculement
15:34Dans ce cas-là
15:34vous seriez prêt
15:35à en être
15:36Mais je suis
15:37de toutes les façons
15:38toujours prêt
15:39à privilégier
15:40des logiques collectives
15:41sur des logiques individuelles
15:42croyez-moi
15:42je n'ai pas quitté
15:43le parti socialiste
15:44avec bonheur
15:45je l'ai quitté
15:46pour des raisons
15:46qui tenaient à mes convictions
15:47je n'ai pas quitté
15:48par dépit
15:49et je n'y suis pas
15:50demeuré non plus
15:51par calcul
15:51donc je suis prêt
15:52à y revenir
15:52s'il y a
15:54au lendemain
15:54des élections municipales
15:55un acte
15:56de large rassemblement
15:58permettant à la social-démocratie
15:59de se mettre au cœur
16:01du paysage politique
16:01pour créer les conditions
16:03d'un rassemblement
16:04large des Français
16:05permettant d'éviter le R.
16:06François Hollande
16:07chez nos confrères
16:08de la Tribune dimanche
16:09a dit
16:09c'est aux Français
16:10de dire qui est le meilleur
16:11ça peut être
16:12une personnalité
16:13qui apporte un renouvellement
16:14Raphaël Glucksmann
16:15ou Bernard Cazeneuve
16:17qui apporte
16:18une grande expérience
16:19est-ce que vous y réfléchissez ?
16:21Moi je ne réfléchis pas
16:23à ma situation personnelle
16:25je réfléchis
16:26à la situation du pays
16:27si je peux
16:29compte tenu du contexte
16:31apporter
16:31une contribution utile
16:33je le ferai
16:33il y a mille manières
16:34de servir
16:34on peut servir
16:35en étant candidat
16:36à l'élection présidentielle
16:37on peut servir
16:38en appartenant à une équipe
16:39moi je ne fais pas
16:40de cette affaire
16:40une affaire personnelle
16:41je ne manœuvre pas
16:42je ne cherche pas
16:43un chemin pour moi-même
16:44je cherche à éviter le pire
16:46dans un moment
16:47de gravité extrême
16:48et je pense qu'il est possible
16:49de le faire
16:50si on arrête la multiplication
16:51des candidatures
16:52à l'élection présidentielle
16:53si l'on prend la mesure
16:56de la gravité de la situation
16:57est-ce qu'il faut une primaire ?
16:59est-ce qu'il faut une primaire ?
17:00certainement pas
17:01à gauche il faut
17:01que la famille sociale-démocrate
17:04se reconstitue
17:05en se rassemblant
17:06et ensuite éventuellement
17:06une primaire
17:07pour élargir ?
17:08non
17:08que cette famille
17:09désigne un candidat
17:10que le bloc central
17:12ne multiplie pas
17:14lui aussi les candidatures
17:15et nous verrons bien
17:16dans la dynamique
17:17de la campagne
17:17qui est celui
17:18qui est le mieux
17:18si je comprends bien
17:19Bernard Cazeneuve
17:20ça veut dire que vous dites
17:20en gros il faudrait
17:21que du côté
17:22de la gauche républicaine
17:23on se mette d'accord
17:24sur une personnalité
17:26si du côté
17:27de la droite
17:28et du centre
17:29ils se mettent d'accord
17:29je ne sais pas
17:29par exemple sur Edouard Philippe
17:31voilà ça en fait deux
17:32et ensemble ensuite
17:33on voit lequel est le plus fort
17:34on verra ensuite
17:34qu'il est en situation
17:35de battre le rassemblement national
17:36car l'objectif
17:38encore une fois
17:38c'est de battre
17:39le rassemblement national
17:40LFI n'est pas en situation
17:41de gagner l'élection présidentielle
17:43mais elle est en situation
17:44d'aider le RN à la gagner
17:45pour des raisons
17:46qui tiennent à son comportement
17:47en gros pour vous
17:47il faut oublier LFI
17:48et se concentrer sur le projet
17:50il faut remettre
17:51le pôle social-démocrate
17:53en situation
17:53de domination à gauche
17:56avoir une position
17:57extrêmement claire
17:58à l'égard de LFI
18:00et combattre
18:01cette organisation
18:02compte tenu
18:03des positions
18:03qui sont les siennes
18:04et créer ensuite
18:05les conditions
18:05d'un large rassemblement
18:07qui permettra
18:08d'éviter le rassemblement
18:09Merci beaucoup Bernard Cazeneuve
18:10d'avoir répondu
18:11à mes questions ce matin
18:12vous êtes l'ancien
18:12Premier ministre
18:13ancien ministre de l'Intérieur
18:15tiens votre dernier livre
18:16Un chien parmi les loups
18:17c'est aux éditions
18:17de l'Observatoire
18:18il est 8h47
18:19et vous êtes bien sûr
18:20à RMC BFM TV
18:21Merci à mes Tipeurs
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