- il y a 7 heures
Elles n’ont jamais été aussi redoutées: enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier dernier en pleine capitale, récupération d’un aviateur américain blessé au cœur des montagnes iraniennes en avril dernier… A l’œuvre dans ces deux missions extrêmes : les Navy Seals et la Delta Force, deux unités d’élite des forces spéciales américaines. Qui sont ces hommes de l’ombre ? Et comment ont-ils permis aux Etats-Unis de mener les opérations les plus secrètes et stratégiques des 20 dernières années ? Une enquête inédite Ligne Rouge signée Régis Desconclois, Nicolas Baggioni, Fabrice Babin et James Corchuelo.
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00:00Ces hommes n'ont ni visage, ni non.
00:05Pour certains, pas même d'existence officielle.
00:09Ils ont une culture du silence.
00:13Pourtant, ces derniers mois, leurs opérations ont fait la une de l'actualité.
00:27En janvier, la capture du président Nicolas Maduro, en plein cœur de Caracas, c'est eux.
00:33En avril, le sauvetage d'un pilote américain en Iran, encore eux.
00:41On les appelle uniquement pour les missions les plus critiques, celles qui comptent le plus pour les États-Unis.
00:49Certaines de ces missions sont même entrées dans la légende.
00:53Le raid contre Ben Laden, c'est ce qu'on a fait de mieux.
00:56Qui sont ces hommes, entraînés pour accomplir l'impossible ?
00:59Ce sont des tueurs capables de faire ce que personne d'autre ne peut faire.
01:03Enquête sur les combattants de l'ombre de l'armée américaine.
01:18Depuis les profondeurs de la mer du Japon, un sous-marin américain à propulsion nucléaire progresse.
01:28Long de 200 mètres, le bâtiment file en silence vers sa destination, la côte orientale de la Corée du Nord.
01:38Au cœur de la nuit, il stoppe sa course à une vingtaine de kilomètres du rivage.
01:48À son bord, huit Navy Seals de la Team Six, unités d'élite de l'armée américaine, prennent place dans
01:56deux minis submersibles.
02:01Sur la coque supérieure du sous-marin, un sas s'ouvre et libère le commando.
02:15Cette opération est l'une des plus risquées que les États-Unis aient mené depuis une décennie, même depuis plus
02:21de vingt ans.
02:24Matthew Cole est un journaliste indépendant américain.
02:28Avec son confrère Dave Phillips, il a révélé l'existence de cette mission dans un article publié par le New
02:35York Times en septembre 2025.
02:38Ce qu'ils y dévoilent n'aurait jamais dû être rendu public.
02:44Les Navy Seals ont toujours opéré avec le soutien d'un drone, ou mieux encore, de satellites,
02:51positionnés au-dessus de leur zone d'intervention.
02:55Mais là, il n'y a rien, car il est impossible de faire voler le moindre appareil au-dessus de
03:01la Corée du Nord sans alerter le régime.
03:06Une fois les Seals partis, c'est ce qu'on appelle le blackout des communications.
03:11Ils sont seuls.
03:15L'eau est si froide que les combinaisons ont une sorte de chauffage électrique pour maintenir les corps à température.
03:23Les voilà donc en pleine mer, à bord d'un engin minuscule de la taille d'une orque,
03:30et qui avance pendant une heure et demie dans l'obscurité la plus totale.
03:36Leur ultime protection, des navires de l'US Navy, positionnés bien plus au large,
03:43avec à leur bord des forces spéciales mobilisables seulement en cas d'extrême urgence.
03:50Un dispositif inédit pour une mission à très haut risque,
03:55s'infiltrer et espionner le dirigeant du pays le plus fermé au monde.
04:09Sept mois plus tôt, Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un
04:15se sont rencontrés lors d'un sommet historique à Singapour.
04:21Un rapprochement diplomatique inédit,
04:24afin de discuter du démantèlement du programme nucléaire militaire de Pyongyang.
04:30À l'issue de ce premier round de négociations,
04:33une nouvelle rencontre est prévue huit mois plus tard,
04:36en février 2019, à Hanoi, au Vietnam.
04:44La Corée du Nord est le pays le plus inaccessible au monde
04:47pour les services de renseignement américains.
04:51Son système de communication est rudimentaire et hermétiquement fermé.
05:02L'objectif, avant le sommet de Hanoi,
05:05est de pouvoir intercepter les discussions entre Kim Jong-un et son commandement.
05:14Et à ce moment-là, le renseignement américain a découvert une vulnérabilité
05:20dans le système de télécommunication nord-coréen.
05:25Alors, ils ont mis au point un appareil d'écoute.
05:36Cet appareil est une opportunité incroyable.
05:39Il leur permettrait d'avoir une vision stratégique sur les négociations en cours,
05:43mais aussi à plus long terme pour comprendre ce que Kim Jong-un pense
05:48et quelle est la stratégie de son état-major.
05:58Ce dispositif inédit est proposé à la Maison-Blanche.
06:02Mais avec une contrainte de taille,
06:04pour qu'il fonctionne, il faut l'installer sur le sol nord-coréen,
06:09ce qui implique de s'y introduire clandestinement.
06:14Donald Trump donne son feu vert,
06:17mais rien ne va se passer comme prévu.
06:26Après une heure et demie de navigation,
06:28le premier submersible atteint son point de stationnement
06:31à une centaine de mètres des côtes
06:34et se pose sur le fond marin.
06:38Le pilote du second appareil dépasse la zone.
06:41Une zone d'arrêt, l'obligeant à faire demi-tour
06:43pour se diriger vers le point de rendez-vous initial
06:46et se positionne alors dans le mauvais sens.
06:51Une erreur, en apparence sans gravité,
06:54mais qui va avoir un impact décisif sur le reste de la mission.
07:03Les seals ouvrent alors les trappes des mini-submersibles
07:08et s'en extraient.
07:17Ils sont équipés de leur matériel de plongée
07:20et de leur masque respiratoire.
07:25Ils se lancent alors sur la centaine de mètres
07:27qui les séparent du rivage.
07:29Ils progressent juste sous la surface de l'eau.
07:33Régulièrement, l'un sort la tête de l'eau
07:35et scrute l'horizon à l'œil nu
07:36pour vérifier qu'ils n'ont pas été repérés
07:38avant de replonger et de reprendre leur progression.
07:50Après une dizaine de minutes de nage,
07:54le groupe de Navy Seals émerge.
08:03Ils s'avancent prudemment sur la côte déserte.
08:13Ils sont désormais à découvert
08:15en territoire extrêmement hostile.
08:21À ce moment-là,
08:23l'un des membres de l'équipe
08:24scrute l'horizon
08:25et il aperçoit une embarcation.
08:31À son bord, plusieurs silhouettes,
08:33dont une qui tient une lampe torche
08:35et qui balayent la surface de l'eau avec.
08:42Au même instant,
08:43les pilotes des mini-submersibles,
08:46sans aucun contact avec le commando sur la rive,
08:49manœuvrent le second appareil mal positionné,
08:53ignorant tout du danger juste au-dessus d'eux.
09:00Dans la baie où ils sont,
09:02l'eau est peu profonde.
09:03En manœuvrant pour faire demi-tour,
09:05les moteurs des mini-sous-marins créent du remous.
09:10Les pilotes ont aussi laissé une trappe ouverte,
09:12laissant s'échapper de la lumière émise par les écrans.
09:18Le commando retient son souffle.
09:21Mais tout bascule
09:22quand l'un des passagers du bateau
09:24plonge soudainement dans l'eau.
09:25« À ce moment-là,
09:28le chef du commando croit
09:30qu'il s'agit de militaires
09:31ou de gardes-côtes nord-coréens
09:33et que le mini-sous-marin est repéré.
09:41Il décide alors
09:43d'ouvrir le feu sur les personnes à bord.
09:49Et alors,
09:51les autres SEALS
09:52tirent eux aussi
09:53sur l'embarcation.
09:57L'une des règles de la mission
09:59était claire.
10:00Au moindre témoin,
10:01la mission doit être abandonnée.
10:06L'urgence,
10:07à ce moment-là,
10:07c'est de savoir
10:08s'il y a une radio à bord
10:09qui a pu alerter
10:10d'éventuels renforts.
10:12Et là,
10:13alors,
10:13le commando a un problème.
10:17Ils retournent à l'eau
10:18et nagent jusqu'au bateau
10:20pour voir s'il y a des survivants.
10:28À bord,
10:29ils découvrent
10:30deux cadavres sans armes.
10:31Ils repêchent aussi
10:32le corps sans vie du plongeur.
10:35Aucune radio n'est retrouvée.
10:36Ce sont de simples pêcheurs.
10:40Les SEALS
10:40ont ensuite dû
10:42se débarrasser des corps.
10:44Selon les informations
10:45que nous avons eues,
10:47ils leur ont percé
10:48les poumons
10:48pour en extraire l'air
10:49et pouvoir les couler
10:51au fond de la baie.
10:55Une seule priorité désormais,
10:58quitter la zone au plus vite.
11:00Le commando nage
11:01vers les deux véhicules
11:02et émet un signal de détresse
11:04au sous-marin principal.
11:06Croyant à un danger
11:07imminent de capture,
11:08le bâtiment
11:09prend un risque considérable.
11:11Il manœuvre
11:12en eau peu profonde
11:14près de la côte.
11:15Le commando
11:16le rejoint
11:17sans être inquiété.
11:18Tous les Navy SEALS
11:20sont indemnes,
11:21mais la mission
11:22est un échec.
11:30Fin février 2019,
11:32quelques semaines seulement
11:34après cette opération
11:35d'espionnage,
11:36le sommet au Vietnam
11:37s'est tenu comme prévu.
11:40Mais les négociations
11:42n'ont pas abouti
11:43et le rapprochement diplomatique
11:45tant attendu
11:46n'a pas eu lieu.
11:49Ce qui est intéressant,
11:51c'est qu'il n'y a eu
11:51aucune discussion
11:53à ce sujet
11:53entre Kim Jong-un
11:55et le président Trump
11:56à Hanoi
11:56lors du sommet.
12:00À partir de là,
12:01le gouvernement américain,
12:03comme tout le monde,
12:03ne peut que spéculer.
12:05Les Nord-Coréens
12:07étaient-ils au courant
12:08et ont-ils agi
12:09en conséquence ?
12:10Nous n'en savons rien.
12:13Suite aux révélations
12:14de Matthew Cole,
12:15Donald Trump
12:16a été interrogé
12:17à ce sujet
12:18quelques jours seulement
12:19après la publication
12:20de l'article
12:21dans le New York Times.
12:23Un article a été publié
12:25concernant un incident
12:26impliquant les Navy Seals
12:27en 2019
12:28en Corée du Nord.
12:30Pouvez-vous nous dire
12:31si votre administration
12:32a pris contact
12:33avec la Corée
12:34à ce sujet ?
12:39Pouvez-vous confirmer
12:40que ça a bien eu lieu ?
12:47C'est faux.
12:48Ce que le président Trump
12:50déteste par-dessus tout,
12:52c'est d'être un loser.
12:53Si une mission
12:54est un échec,
12:55il a le sentiment
12:56que ça fait de lui
12:57un perdant.
12:57Il refuse donc
12:59toute association
13:00et le moindre lien avec.
13:02Mais je peux vous assurer
13:04que c'est faux.
13:06Issue de la Navy,
13:08la marine américaine,
13:10l'Asile Team Six
13:11ne recrute que
13:12les meilleurs éléments.
13:13Une unité d'élite
13:15au sein de l'élite,
13:17surentraînée
13:17et à qui l'on confie
13:18les missions
13:19les plus périlleuses.
13:22C'est cette unité
13:23qui a accompli
13:24ce que beaucoup
13:25considèrent encore aujourd'hui
13:26comme l'une des plus grandes réussites
13:28de l'armée américaine.
13:29un raid qui pourtant,
13:32lui aussi,
13:32a bien failli tourner
13:34au désastre.
13:43L'un des chapitres
13:45les plus importants
13:45de ma vie
13:46qui a façonné
13:47qui je suis aujourd'hui
13:48a commencé ici.
13:54Ce que j'ai fait
13:55à Abbottabad
13:56au Pakistan
13:56a aidé
13:57des centaines
13:58de familles
13:58à faire leur deuil.
14:02Je m'appelle
14:03Robert O'Neill.
14:04J'ai été
14:05né vicile
14:05pendant presque 17 ans.
14:11Je suis le dernier
14:12à avoir vu
14:13Ben Laden vivant
14:13sur ses deux jambes.
14:15Je lui ai tiré
14:16trois balles
14:16dans la tête.
14:30Le 11 septembre 2001,
14:32l'Amérique
14:33est frappée
14:34en plein cœur.
14:43Avec près de 3000 morts,
14:45dont l'énorme majorité
14:47à New York,
14:47c'est l'attentat terroriste
14:49le plus meurtrier
14:50de l'histoire
14:51des Etats-Unis.
15:00Sur les cendres
15:01encore fumantes
15:02du World Trade Center,
15:05le président américain
15:06George W. Bush
15:07promet
15:08que justice
15:09sera faite.
15:11Je peux vous entendre,
15:12le reste du monde
15:13vous entendre.
15:15Et les gens
15:20qui ont mis
15:21ces bâtiments
15:22vont nous entendre
15:23tous.
15:32les auteurs
15:33de l'attentat
15:34sont tous
15:35membres
15:35d'Al-Qaïda,
15:36une organisation
15:37terroriste
15:38islamiste
15:39fondée par un
15:40milliardaire saoudien,
15:42Oussama Ben Laden.
15:49Les Etats-Unis
15:50lancent alors
15:51une chasse
15:51à l'homme
15:52dans les zones
15:53montagneuses
15:53d'Afghanistan
15:54où le terroriste
15:55s'est réfugié.
15:57Ben Laden
15:59était très habile
16:00pour se cacher
16:01dans les régions
16:02montagneuses,
16:03se déplaçant
16:04sans cesse.
16:08Parfois,
16:09les services
16:09de renseignement
16:10obtenaient des informations
16:11sur sa position
16:12ou ses déplacements.
16:16Mais à chaque tentative
16:18pour le capturer
16:19ou l'éliminer,
16:20il avait déjà disparu.
16:24Pendant plus de 7 ans
16:26et malgré
16:26des moyens
16:27considérables,
16:29Ben Laden
16:29échappe
16:30à la première
16:31puissance militaire
16:32mondiale.
16:33Oussama Ben Laden
16:34était devenu
16:35un fantôme.
16:36Honnêtement,
16:36je pensais
16:37qu'on ne le retrouverait
16:38jamais.
16:46En 2008,
16:48Barack Obama
16:48devient président
16:50et pour lui aussi,
16:52la capture du chef
16:53d'Al-Qaïda
16:53est une priorité.
16:56Il met la pression
16:57sur Léon Panetta,
16:59le nouveau directeur
17:00de la CIA.
17:01Merci,
17:02Monsieur le Président-Elect.
17:04L'agence
17:05se replonge alors
17:06dans des années
17:07d'archives
17:07à la recherche
17:08de pistes
17:09inexplotées.
17:11Au final,
17:12c'est son réseau
17:13de messagers
17:13qui a permis
17:14à la CIA
17:15de le retrouver.
17:17Et de cette masse
17:19d'informations
17:20qui s'était accumulée
17:21au fil des années,
17:23grâce à chaque interrogatoire
17:25de détenus,
17:27un nom est ressorti.
17:29Abu Al-Kawaiti,
17:31c'est ainsi
17:31qu'il se faisait appeler.
17:33Après des mois
17:34de recherche,
17:35la CIA remonte
17:36sa piste
17:37jusqu'au Pakistan
17:39et place alors
17:40son téléphone
17:41sur écoute.
17:44Lors d'une conversation
17:45téléphonique,
17:46quelqu'un lui a demandé
17:47« Que fais-tu en ce moment ?
17:49Avec qui es-tu ? »
17:50Et il a répondu
17:51« Avec la même personne
17:53qu'avant ».
17:54La CIA m'a déduit
17:55qu'il travaillait
17:56probablement toujours
17:57pour Ben Laden.
17:58Ils l'ont donc suivi
17:59après cet appel.
18:00Et où est-il allé ?
18:01Il s'est rendu
18:02à Abbottabad.
18:11Abbottabad
18:12est une ville
18:13paisible
18:13et aisée
18:14du nord du Pakistan.
18:18Et c'est surtout
18:19le siège
18:19de la plus grande
18:20académie militaire
18:21du pays.
18:24Le messager
18:25réside dans une maison
18:26en périphérie
18:27de la ville.
18:29La résidence
18:30est alors placée
18:31sous surveillance
18:32constante.
18:34Il s'agissait
18:35d'un vaste complexe
18:36entièrement
18:36entouré d'un mur.
18:38Il y avait
18:39plusieurs éléments
18:40étranges.
18:41Autre le fait
18:42que les enfants
18:42et les personnes
18:43vivant dans l'enceinte
18:44ne sortaient pas,
18:45ils avaient même
18:46pris la précaution
18:47de brûler
18:48tous leurs déchets
18:48dans l'enceinte.
18:50Tout semblait
18:51indiquer
18:51que quelqu'un
18:52s'y cachait,
18:54déterminé
18:54à ne pas être découvert,
18:56ni par le voisinage,
18:58ni par les Pakistanais,
19:00ni par quiconque
19:01comme les États-Unis,
19:02observant
19:03depuis les airs.
19:09Aucune preuve formelle
19:10de la présence
19:11de Ben Laden,
19:12mais la piste
19:13est prometteuse
19:13et c'est surtout
19:14la seule
19:15depuis des années.
19:18Alors,
19:19dans le plus grand secret,
19:21plusieurs plans
19:21sont étudiés
19:22au Pentagone.
19:24Michel Flournois
19:24était sous-secrétaire
19:26d'État
19:26à la Défense
19:27et faisait partie
19:28des rares personnes
19:29s'informer.
19:30La première option
19:31consistait à bombarder
19:32le complexe,
19:33mais il était en pleine
19:34zone résidentielle
19:35avec des civils autour,
19:36donc ce n'était pas
19:37une bonne option.
19:41Les renseignements
19:42avaient identifié
19:43une personne
19:43surnommée
19:44le marcheur.
19:45Nous pensions
19:45qu'il s'agissait
19:46de Ben Laden.
19:48Il faisait les 100 pas
19:49à l'intérieur du complexe
19:51à heure fixe.
19:53Une autre option
19:55consistait donc
19:55à frapper cette personne
19:57avec un drone.
19:58Mais c'était
19:58un dispositif expérimental
20:00encore jamais utilisé,
20:01donc cela comportait
20:02un certain risque.
20:07La troisième option
20:08consistait à envoyer
20:09les forces spéciales
20:10dans le complexe
20:11pour idéalement
20:11capturer Ben Laden.
20:13Ces hommes
20:14n'étaient pas seulement
20:15extrêmement entraînés
20:16pour effectuer
20:17ce genre de raides,
20:18ils étaient également
20:20très expérimentés.
20:23L'amiral William McRaven,
20:25un ancien Navy Seals,
20:27présente à Barack Obama
20:28les détails
20:29d'une opération au sol.
20:33Sans même attendre
20:34la décision présidentielle,
20:36la Seel Team 6
20:37de Robert O'Neill
20:38est mobilisée.
20:40Au début,
20:41ils nous ont seulement dit
20:41nous avons trouvé
20:42une chose
20:43et cette chose
20:44se trouve dans une maison.
20:45Cette maison
20:46est dans une cuvette
20:47au milieu de Montaigne.
20:47et ces montagnes
20:49sont dans un pays.
20:50Vous allez entrer
20:51dans cette maison,
20:52trouver cette chose
20:52puis nous la rapporter
20:53et ils ont ajouté
20:54ce n'est pas un exercice.
20:59Après nous avoir décrit
21:00la maison,
21:01ils nous ont conduit
21:01sur une base
21:02où l'extérieur
21:02était reproduit.
21:04Nous nous sommes entraînés
21:04là pendant une semaine
21:05jusqu'à connaître
21:06les lieux par cœur.
21:07Nous avons élaboré
21:08un plan puis répété
21:09ce plan encore et encore
21:10de jour comme de nuit.
21:13on a fait tellement de fois
21:14que j'ai eu
21:14une tendinite au poignet.
21:18Barack Obama
21:19opte pour leur aide
21:21mais décide
21:22de ne pas en avertir
21:23le Pakistan,
21:24un pays pourtant
21:25allié des Américains
21:26dans la lutte
21:27contre le terrorisme.
21:32L'enjeu était si important
21:34pour les Etats-Unis
21:35que nous ne voulions pas
21:36prendre le risque
21:37d'une fuite
21:38en partageant l'information
21:39avec un partenaire.
21:41Nous allions donc
21:42agir seuls.
21:45Si les hélicoptères
21:47étaient détectés
21:47en entrant dans
21:48l'espace aérien pakistanais,
21:49ils risquaient d'être
21:50interceptés par l'armée
21:52de l'air du Pakistan
21:52ou abattus
21:53par des missiles sol-air.
21:55Il fallait donc trouver
21:56un moyen de passer
21:57inaperçu.
21:59On avait des hélicoptères
22:00expérimentaux
22:01utilisant des technologies
22:02furtives pour les rendre
22:04moins détectables,
22:05plus difficiles à repérer
22:06au radar.
22:07Quand on les a vus,
22:09on s'est dit
22:09ok, nos chances de survie
22:10viennent d'augmenter,
22:11on part en guerre
22:12avec des Transformers.
22:15C'était un projet
22:16classé secret
22:16dont aucune photo
22:17n'existait.
22:20Même Obama
22:20ne le connaissait pas.
22:23Le 30 avril 2011,
22:25le président américain
22:27donne son feu vert,
22:27la mission peut commencer.
22:31On monte dans l'hélicoptère.
22:39On s'est tous préparés
22:40mentalement à mourir.
22:41Je grave chaque image
22:42dans ma tête.
22:44C'est mon dernier jour
22:45sur Terre.
22:47À 23h,
22:49heure locale,
22:50les deux Blackhawks furtifs
22:51décollent de la base
22:52de Jalalabad,
22:53en Afghanistan.
23:01Ça fait au moins 10 ans
23:02que je travaille
23:02avec tous ces gars.
23:04Je les regardais,
23:04je voulais savoir
23:05comment ils géraient le stress.
23:08un gars écoutait de la musique
23:11et s'est endormi.
23:12Je me suis dit,
23:13tu t'endors sur le trajet
23:14vers la maison de Ben Laden ?
23:18T'as un sacré sans-froid.
23:20Je comprends pourquoi
23:21les femmes te trouvent séduisant.
23:22Moi, je comptais de 0 à 1 000,
23:25puis de 1 000 à 0.
23:27Je suis avec mes frères d'armée,
23:28moi je compte 5-5-6,
23:305-5-7.
23:33Je regarde les gars,
23:34je plaisante avec eux
23:34dans ma tête
23:35et je me dis,
23:36ça c'est une équipe,
23:37c'est mon équipe
23:38et on va buter ce mec.
23:42Les deux hélicoptères furtifs
23:44franchissent la frontière pakistanaise.
23:47À partir de cet instant,
23:49c'est silence radio.
23:50Pendant une heure et demie,
23:51ils volent en rase-motte,
23:53s'allomant entre les reliefs,
23:55pour échapper au radar pakistanais.
24:03À la Maison-Blanche,
24:05dans la salle de crise au sous-sol,
24:07le vice-président,
24:08le secrétaire d'État,
24:09les hauts responsables militaires,
24:10la CIA et le président
24:12regardent tous l'opération en temps réel.
24:16La vidéo est filmée
24:17depuis un drone Predator
24:18à haute altitude.
24:22Tout le monde était un peu nerveux,
24:24un peu anxieux,
24:24mais aussi très concentré,
24:26parce que cela faisait des mois
24:28et des mois
24:28que nous préparions cette opération
24:30et nous y étions enfin.
24:37La porte s'est ouverte deux minutes avant.
24:39Je vois le terrain de golf,
24:40les lignes électriques
24:41comme sur les cars.
24:42C'est là que ça a mal tourné.
24:47Alors que le premier hélicoptère
24:48descendait au-dessus
24:49des murs de l'enceinte,
24:50de haut mur de béton,
24:52il y a eu un problème de portance,
24:53car ces murs bloquaient le flux d'air,
24:56ce qui a fait perdre le contrôle
24:57de l'appareil au pilote
24:58et il s'est écrasé
24:59à l'intérieur de l'enceinte.
25:09Il y a eu un silence.
25:13Je pense que tous les visages
25:14se sont décomposés.
25:17C'était vraiment,
25:18oh non,
25:19c'est terrible.
25:22Cette photo a été prise
25:26juste après le crash.
25:28On peut voir la profonde inquiétude
25:30sur tous les visages
25:31comme pour dire,
25:32mon Dieu,
25:32c'est plus compliqué que prévu.
25:40Le président Obama m'a confié
25:42que ce furent les minutes
25:43les plus longues de sa vie
25:44dans l'attente de la confirmation
25:45de McCraven
25:46que tout allait bien.
25:49McCraven décrivait
25:50l'opération en direct,
25:51expliquant au fur et à mesure
25:53chaque action.
25:54Quand l'hélicoptère s'est craché,
25:56il a dit très calmement,
25:58bien,
25:59nous avions prévu
26:00ce cas de figure.
26:05Et dès que les hommes ont dit,
26:08tout le monde va bien,
26:09l'opération se poursuit,
26:10on s'est dit,
26:11ok,
26:11ils savent ce qu'ils font
26:12et c'était reparti.
26:14L'autre équipe devait descendre
26:17en rappel
26:17depuis l'hélicoptère
26:18sur le toit de la maison.
26:21Alors,
26:22plutôt que de se positionner
26:23au-dessus du complexe
26:23et de risquer un nouvel accident,
26:25le second Black Hawk
26:26a atterri
26:27à l'extérieur du complexe.
26:30Je ne sais pas
26:31pour le crash.
26:32Le pilote, lui,
26:33il a vu et il s'est dit,
26:34ils n'ont pas pu,
26:35alors moi non plus.
26:36Il a atterri
26:37et nous a dit de sortir.
26:40Le plan change tout le temps
26:42au combat.
26:44On est là,
26:44mais ça craint.
26:46Je suis dehors,
26:46devant la maison
26:47d'Oussama Ben Laden.
26:48Il y a un mur
26:49de 6 mètres de haut.
26:52Je sais qu'il y a
26:53une porte plus loin.
26:53On va essayer
26:54de la faire péter
26:55et d'entrer par une brèche.
27:03On est allés
27:04vers le coin nord
27:05et on a placé
27:05une grosse charge.
27:08Ça a explosé.
27:10Ça s'est ouvert
27:10comme une boîte de conserve.
27:12Mais il y avait
27:12encore un mur derrière.
27:13On n'a jamais vu ça.
27:14C'est hyper sécurisé.
27:15Pour nous,
27:16il est là.
27:19La tension monte encore.
27:21Le temps est compté.
27:24Nous attendons
27:25que le commando
27:26parvienne
27:26à entrer dans la maison.
27:28Je contacte le sniper.
27:30Brèche raté,
27:31coin nord-est,
27:31on va faire sauter
27:32le portail.
27:33Ils ont dit
27:34non,
27:34ne le faites pas sauter,
27:35on va l'ouvrir.
27:38Les deux équipes
27:39se rejoignent
27:40et progressent
27:41à l'intérieur du complexe.
27:43Au sol,
27:43un premier corps,
27:45celui du messager,
27:46abattu quelques instants
27:47plus tôt.
27:49Quand je suis entré,
27:51la première équipe
27:51était déjà en action.
27:53Il y avait
27:53une fusillade
27:54en cours dans la maison.
27:56La tête de colonne
27:57est face à un couple
27:58qui dormait
27:59au premier niveau.
28:00C'est le frère
28:01du messager
28:01et sa femme.
28:02Les deux sont éliminés.
28:08Un des hommes
28:09s'occupait
28:09d'une porte fermée.
28:10Il a mis des explosifs.
28:12Et puis,
28:13boum,
28:14on y va.
28:16On est entrés
28:17dans la cage d'escalier.
28:18Je pouvais voir
28:18les gars devant moi.
28:20Les renseignements
28:20avaient dit
28:21vous trouverez Khalid,
28:22le fils de Ben Laden
28:23à cet endroit.
28:24Ils avaient raison,
28:25il était là.
28:26La tête de colonne
28:27l'a piégé
28:28et lui a dit
28:29viens ici,
28:29viens ici,
28:30en ourdou et en arbre.
28:35On l'a tué
28:36dans l'escalier
28:36puis on est monté
28:37au deuxième étage.
28:41Le second niveau
28:43abrite plusieurs femmes
28:44et une dizaine d'enfants.
28:46Le commando
28:47les disperse
28:48et foule l'étage.
28:51On pensait tous
28:52que la maison
28:53était piégée
28:54et que Ben Laden
28:56n'hésiterait pas
28:56à faire de sa famille
28:57des martyrs.
28:57à faire de sa famille
28:58pour les martyrs.
29:00Aucun explosif
29:01n'est retrouvé
29:02mais surtout
29:03toujours aucune trace
29:04de Ben Laden.
29:06Il reste un dernier étage
29:07à fouiller.
29:08Robert O'Neill
29:09et un autre Seals
29:11décident de monter
29:12à deux.
29:14Il ne sait pas
29:15que c'est moi
29:16derrière lui.
29:16Il sait juste
29:17que c'est l'un des cieux.
29:18à ce moment-là
29:19j'ai peur.
29:20Je me dis
29:20bon,
29:21je vais enfin savoir
29:21ce que ça fait
29:22d'entrer dans la même pièce
29:23qu'un kamikaze.
29:24J'ai arrêté de réfléchir.
29:25On a continué.
29:30Il est monté,
29:30il y avait un rideau,
29:32il l'a écarté
29:33et a vu deux femmes.
29:34Il s'est jeté sur elles.
29:37Oussama Ben Laden
29:38était devant moi.
29:39J'ai tiré deux fois
29:40puis encore une fois.
29:47maintenant on a un cadavre.
29:49Je l'ai tué.
29:50Les autres gars arrivent.
29:55Un des gars m'a dit
29:56un truc du style
29:57tu viens de tuer
29:57Oussama Ben Laden.
29:58Super,
29:59ta vie vient de changer
30:00mais tout le monde s'en fout.
30:02Retourne de bosser.
30:04La priorité maintenant,
30:06confirmer l'identité
30:07de l'homme abattu.
30:09Un test ADN
30:10est effectué
30:11des photos sont également prises.
30:13Le commando
30:14annonce alors
30:15que la cible a été neutralisée.
30:21On transmet le code
30:22Geronimo,
30:23ce qui signifie
30:24je suis avec Ben Laden,
30:25c'est lui.
30:27Ensuite,
30:27EKI
30:28pour ennemi tué au combat,
30:30pour Dieu et la patrie,
30:31Geronimo.
30:33Macraven a donné le code
30:35Geronimo.
30:36Juste après,
30:37nous avons reçu une photo
30:38du visage de Ben Laden.
30:40c'était clairement lui.
30:45Il n'y a pas eu d'applaudissements.
30:47Certains ont dit
30:48Dieu merci.
30:49C'était un moment très solennel
30:51et aussi un énorme soulagement.
30:55Mais à ce moment-là,
30:59nous avons encore
30:59nos hommes sur place.
31:01Après la mort de Ben Laden,
31:02ils ont fouillé la maison.
31:05Il y a des dossiers,
31:06des ordinateurs,
31:07des disques durs,
31:08des supports de stockage.
31:09Nous essayons de tout récupérer.
31:11Cela prend énormément de temps.
31:13Et à un moment donné,
31:14Macraven a dit
31:14« Maintenant,
31:15il faut conclure
31:16et sortir de là ».
31:23Le corps d'Oussama Ben Laden
31:25est placé dans une housse funéraire.
31:28Le commando quitte la maison
31:30avec son précieux colis
31:32direction les hélicoptères.
31:38Ils ont dû aussi détruire
31:40le Black Hawk furtif
31:41qui s'est craché
31:42car ils ne voulaient pas
31:43que quiconque ait connaissance
31:44de cette technologie.
31:47A l'aide d'une grenade
31:48qui génère une chaleur intense
31:49et fait fondre le métal,
31:51il est réduit en cendres sur place.
31:56Il reste le vol retour
31:57de 90 minutes.
31:59Il faut tenir,
31:59on peut encore se faire descendre.
32:01Donc j'ai lancé un chrono
32:03et je me suis remis
32:03à compter.
32:04A un moment,
32:06le pilote nous dit
32:06« Messieurs,
32:07pour la première fois,
32:08vous allez être heureux
32:09d'entendre ça.
32:10Bienvenue en Afghanistan. »
32:17Ben Rhodes rédigeait
32:19tous les discours d'Obama.
32:20Il devait donc préparer
32:21ce que le président prononcerait.
32:23Et il a délibérément retardé
32:25la rédaction du discours
32:26de réussite
32:27car il ne voulait pas
32:28porter malheur à la mission.
32:32Le président Obama reprenait
32:34encore et encore son discours.
32:36Il retravaillait les formulations,
32:38changeait certains mots
32:39pour trouver le bon ton.
32:40Il ne voulait pas être triomphaliste
32:42et que ce soit une démonstration
32:43de force arrogante.
33:01Il a pris un risque.
33:07Il n'était pas sûr à 100%
33:08qu'il s'agissait de Ben Laden.
33:10Il fallait prendre les devants,
33:11parler à la télévision
33:13pour expliquer clairement aux gens
33:14ce qui s'était passé.
33:16L'identification définitive
33:18n'arrivera que 24 heures plus tard
33:20grâce au test ADN positif.
33:23Mais en ce soir du 1er mai,
33:25la confirmation de l'identité
33:27s'est jouée sur la morphologie.
33:30L'une des données
33:31dont on disposait sur Ben Laden
33:33concernait précisément sa taille.
33:35Et McRaven a demandé un mètre
33:37pour qu'il puisse mesurer
33:38et l'homme a battu,
33:39mais personne n'en avait.
33:43Il a demandé à un des Seals
33:45de s'allonger à côté de Ben Laden
33:47pour comparer la taille.
33:48Nous savions que Ben Laden
33:49mesurait entre 1m93 et 1m96.
33:52Et ça correspondait.
33:58Le président Obama
33:59a fait une blague à McRaven
34:00après coup.
34:01Il a dit,
34:02vous pouvez faire exploser
34:03un hélico à plus de 100 millions de dollars,
34:05mais vous ne pouvez pas
34:06vous offrir un mètre à 99 cents ?
34:11Quelques temps après,
34:13le président Obama
34:14a remis une récompense
34:15à McRaven.
34:16Il s'agissait d'un mètre encadré.
34:26Je m'appelle Louis Saïen,
34:27je suis ancien officier
34:28des forces spéciales françaises.
34:29Je travaillais pendant 14 ans
34:30dans les armées françaises.
34:32Ben Laden,
34:32c'est un ray de référence.
34:33Quand vous arrivez en unité,
34:34vous avez l'histoire de votre unité,
34:36mais vous n'avez pas celle des autres.
34:37Donc en fait,
34:38quand elles sont publiques,
34:39elles deviennent automatiquement
34:39des références
34:40parce qu'on peut se nourrir un peu
34:41de ce qu'ils ont fait
34:42de manière exacte
34:43et facile et gratuite.
34:44Ce genre d'opération éclair
34:48est la priorité
34:49des forces d'opération
34:50spéciales américaines
34:52depuis 1980,
34:56lorsqu'elles ont tenté
34:57de secourir les otages en Iran.
35:00Il a fallu près de 3 heures
35:01ce matin à la centaine
35:02d'étudiants romainistes
35:03pour se rendre maître
35:04de l'ambassade défendue
35:06par quelques Marines.
35:0730 Américains au total
35:08et 19 employés iraniens
35:09de l'ambassade
35:10ont été faits prisonniers
35:11par les manifestants.
35:14En novembre 1979,
35:16pour sauver
35:17les otages américains,
35:19les Etats-Unis déclenchent
35:20l'opération Eagle Claw.
35:23Mal préparée,
35:24la mission vire au désastre.
35:27Voici les restes du rotor
35:28d'un des hélicoptères
35:29qui a participé
35:30à l'opération de sauvetage.
35:33Avant même
35:34la tentative de sauvetage,
35:368 militaires américains
35:37périssent
35:38dans la collision
35:39entre un hélicoptère
35:40et un avion ravitailleur.
35:42sur la base
35:43de Desert One
35:43en Iran.
35:46Une humiliation
35:47pour les Etats-Unis
35:48qui ne disposent alors
35:49d'aucune force spécialisée
35:51dans ce type de mission.
35:53L'état-major réagit
35:55et crée de nouvelles unités
35:56entraînées spécialement
35:58pour ce type de raid,
35:59dont la SEAL Team 6
36:00de Robert O'Neill.
36:04Dans les années 60,
36:06il y avait le SEAL Team 1 et 2,
36:07puis le 6 a été créé
36:09en 1980
36:10après Desert One.
36:11C'était pour berner
36:13les soviétiques
36:13qui verraient
36:14les SEAL Team 1, 2 et 6
36:16et se demanderaient
36:17où sont les 3, 4 et 5.
36:19La Team 6,
36:20comme on la surnomme désormais,
36:22se spécialise
36:23dans les opérations coup de poing.
36:26La mission des Navy SEALs,
36:28c'est d'atterrir
36:29juste à côté,
36:30d'entrer,
36:31de tuer les gens
36:32dans cette pièce,
36:33puis de repartir.
36:34Ce n'est pas une force
36:35conçue pour rester sur place.
36:37Ce n'est pas une mission
36:38de 72 heures.
36:40C'est une mission
36:41de 30 minutes,
36:42une heure,
36:42pas de longue mission.
36:45Le mot SEALs,
36:46c'est un acronyme,
36:48C-R-LAND,
36:50donc pour dire
36:50qu'ils évoluent
36:51dans les 3 dimensions.
36:52En réalité,
36:53on ne sait pas
36:53tout faire bien.
36:54On avait fait
36:54des opérations
36:55avec les SEALs
36:56qui étaient assez intéressantes
36:57puisqu'ils avaient une approche
36:58qui était très différente
36:58de la nôtre.
36:59Ils s'appuyaient beaucoup
36:59sur la logistique
37:00et donc ça se ressentait
37:02notamment dans leur préparation
37:04où ils disaient
37:05que quoi qu'ils adviennent,
37:05on devrait les chercher.
37:06Et donc,
37:07leurs équipements
37:08étaient souvent assez menus.
37:10Ils avaient moins
37:11de réserves que nous
37:12et ils partaient un peu
37:14pas la fleur au fusil
37:15mais presque.
37:17La Team 6
37:18n'est pas son défaut
37:20et que cette confiance
37:21est surdépendance
37:23à la technologie.
37:25au sein de l'armée américaine,
37:27une autre unité existe.
37:29Elle opère dans l'ombre
37:30et est considérée
37:31par beaucoup
37:31comme l'élite
37:33de l'élite.
37:35C'est la Delta Force.
37:39Si vous avez besoin
37:40qu'une mission réussie
37:41sans égo,
37:42vous pouvez prendre
37:43la Team 6
37:45ou bien 10 niveaux plus haut
37:47avec la Delta Force.
37:48Les Deltas,
37:49ils ont cette particularité-là,
37:50donc d'être
37:50avec une grande autonomie
37:51et d'avoir une chaîne
37:52de commandement
37:52qui est très courte.
37:54Ce qui leur permet
37:55en fait d'aller très vite.
37:56Ils ont notamment
37:56un aspect,
37:57peut-être pas complètement
37:58clandestin,
37:59mais semi-clandestin
37:59qui leur permet
38:01de voyager
38:01plus facilement.
38:03Ils apprennent
38:04à rentrer dans les pays
38:05de manière clandestine,
38:06d'être parachutés
38:08par exemple
38:08d'avions civils.
38:11Qui sont les Delta Force ?
38:13Nous ne savons pas.
38:14Vous savez à quoi
38:15ressemble un Navy Seal.
38:16Vous savez à un grand type
38:17musclé avec une barbe
38:18et un petit short.
38:18Mais les gars
38:20de la Delta Force
38:20sont d'anciens
38:21des forces spéciales.
38:23Seuls les meilleurs
38:23parmi les meilleurs
38:24sont recrutés.
38:251% des candidats
38:26entrent dans la Delta Force.
38:29Leur fait d'armes
38:30le plus emblématique
38:31reste l'opération
38:33Kyla Müller,
38:34du nom de cette
38:35humanitaire américaine
38:36enlevée par le chef
38:37de Daesh,
38:39devenue son esclave sexuelle
38:40et morte en captivité
38:42en Syrie en 2015.
38:44Le raid qui porte son nom
38:45demeure entouré
38:46d'un épais secret.
38:47Très peu d'informations
38:49ont filtré,
38:50hormis celles livrées
38:51par le président américain
38:52lui-même.
38:56Hier soir,
38:58les Etats-Unis
38:59ont traduit en justice
39:00le chef terroriste
39:01le plus recherché
39:02au monde.
39:03Abu Bakar
39:07al-Baghdadi est mort.
39:10Le 27 octobre 2019,
39:13Donald Trump
39:14annonce la mort
39:15du chef de l'Etat islamique.
39:18La veille,
39:20le président américain
39:21avait donné son accord
39:22pour une opération
39:23contre le complexe
39:25où al-Baghdadi
39:26se réfugiait.
39:28nous avions des informations
39:30sur le complexe.
39:31Nous savions qu'il y avait
39:32des tunnels,
39:33mais la plupart
39:33étaient des impasses.
39:38Les forces spéciales
39:39américaines
39:40ont mené un raid
39:41nocturne dangereux
39:42et audacieux
39:43dans le nord-ouest
39:44de la Syrie.
39:46Elles ont accompli
39:47leur mission
39:47avec grande classe.
39:51J'ai pu suivre
39:52l'opération.
39:53Je ne peux pas dire
39:54comment,
39:54mais nous avions
39:54des images
39:55très nettes,
39:56comme si on regardait
39:56un film.
39:59Le soir du raid,
40:00huit hélicoptères
40:01décollent de la base
40:02d'Airbil
40:03en Irak,
40:04direction Barysha
40:05dans la province
40:06d'Idlib
40:07en Syrie.
40:08C'était une mission
40:10top secrète.
40:11On a volé
40:11très très bas
40:12et très très vite.
40:14Il y avait
40:16une importante présence russe,
40:18une présence turque
40:19ainsi qu'une présence syrienne.
40:23On ne leur a rien dit.
40:25Ils ne connaissaient pas
40:26la mission,
40:26mais ils savaient juste
40:27qu'on allait survoler
40:28une zone
40:29où ils disposaient
40:30d'une puissance
40:30de feu importante.
40:32Après 1h10 de vol,
40:33les 50 Delta Force
40:35arrivent sur la zone.
40:39Le principal risque,
40:40c'est la mort.
40:41J'en vois un grand nombre
40:42de combattants exceptionnels,
40:44les meilleurs combattants
40:45au monde.
40:47En arrivant,
40:48nous avons essuyé
40:49des tirs isolés.
40:50Ces tirs ont été
40:51immédiatement neutralisés.
40:53Le groupe a été abattu
40:54depuis les hélicos.
41:00Le commando
41:01s'extrait des appareils.
41:05ils se retrouvent
41:07face au complexe
41:08ceinturé de hauts murs
41:09dont les accès
41:10sont piégés.
41:13« D'habitude,
41:14on passe par la porte.
41:15Si on est quelqu'un
41:16de normal,
41:16on dit « toc, toc, toc,
41:17je peux rentrer ? »
41:21En réalité,
41:22ils ont fait sauter
41:23un mur très épais
41:24pour s'introduire
41:24en seulement quelques secondes.
41:26Une fois que ça avait sauté,
41:27il y avait un beau grand trou.
41:28Ils se sont précipités
41:29à l'intérieur
41:30et ont pris tout le monde
41:31par surprise.
41:37des combattants
41:39incroyablement brillants.
41:40Je ne peux pas imaginer
41:40qu'ils puissent y avoir mieux.
41:42Et comme vous le savez,
41:43ce sont nos meilleurs hommes.
41:45Quand nous sommes entrés,
41:47ils ont été accueillis
41:48par un feu nourri.
41:51Je peux vous dire
41:51que ces gars-là,
41:52ils font du très bon boulot.
41:53Ils sont tellement courageux,
41:55tellement compétents.
41:56Beaucoup de terroristes
41:57ont été tués.
41:58Nous,
41:58nous n'avons perdu personne.
41:59pensez-y,
42:00c'est incroyable.
42:03Le reste s'est rendu.
42:04Ils sont sortis,
42:06ils ont été capturés
42:07et sont actuellement détenus.
42:11On n'était pas sûrs
42:12à 100% que le tunnel
42:13soit sans issue.
42:14Il est possible
42:15qu'il y ait eu
42:16une issue de secours
42:17quelque part
42:18dont on ignorait l'existence.
42:19Le commando a agi
42:20très très vite.
42:22Les seules personnes
42:25encore présentes
42:25c'était Bagdadi
42:27dans le tunnel.
42:29Il avait entraîné
42:30avec lui
42:30deux de ses jeunes enfants.
42:33Il les a conduits
42:34vers une mort certaine.
42:39Il a atteint
42:40l'extrémité du tunnel
42:41alors que nos chiens
42:42le poursuivaient.
42:52Il a déclenché
42:53sa ceinture explosive,
42:55se tuant lui-même
42:56ainsi que ses enfants.
42:59Le complexe
43:00est ensuite rasé
43:02par plusieurs missiles.
43:03Les Delta Force
43:05ont rempli
43:06leur mission.
43:08Il est mort
43:09comme un chien.
43:10Il est mort
43:11comme un lâche.
43:13Le monde
43:14est désormais
43:15plus sûr.
43:17Que Dieu bénisse
43:18l'Amérique.
43:227 ans plus tard,
43:24de retour au pouvoir,
43:26Donald Trump
43:27multiplie le recours
43:28à ses unités d'élite.
43:30Ce qui s'opérait
43:31autrefois dans l'ombre
43:32est devenu
43:33sous sa présidence
43:34un véritable instrument
43:36de communication.
43:38Je pense qu'il ne faut pas
43:39utiliser ses forces
43:40pour des missions
43:41que d'autres
43:42peuvent accomplir.
43:43C'est une ressource
43:45extrêmement précieuse
43:46et il faut l'utiliser
43:47avec discernement.
43:48Voilà mon avis.
43:49Il ne faut pas en abuser.
43:52S'emparer d'un site
43:53stratégique,
43:55récupérer une cible
43:56en plein territoire
43:57ennemi,
43:58arrêter un chef d'État
43:59à des milliers
43:59de kilomètres
44:00de Washington,
44:01dans un monde
44:02où Donald Trump
44:03n'hésite plus
44:04à regarder bien
44:05au-delà de ses frontières,
44:06ses combattants
44:07de l'ombre
44:08sont devenus
44:08l'arme favorite
44:09de la Maison Blanche.
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