- il y a 7 minutes
La tension reste très vive dans le détroit d’Ormuz. L'état-major militaire américain l’affirme : aucun navire n’a franchi le blocus mis en place par Donald Trump. On en parle avec : Sami Sfaxi, journaliste BFMTV. Vice-amiral Michel Olhagaray, ancien directeur du Centre des hautes études militaires. Olivier Weber, écrivain et grand reporter. Ulysse Gosset, éditorialiste politique internationale BFMTV. Guillaume Garnier, ancien plongeur démineur de la marine nationale. Et Sergueï Jimov, ancien officier de renseignement du KGB.
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00:00Il est 20h, bonsoir et bienvenue. La tension reste très vive dans le détroit d'Hormuz.
00:04L'état-major militaire américain l'affirme. Aucun navire n'a franchi le blocus mis en place par Donald Trump.
00:10Mais plusieurs bateaux s'en approchent dangereusement. Donald Trump est-il en train de réussir son pari ?
00:15Celui d'assommer économiquement l'Iran. On va en parler avec nos invités.
00:20Ce soir, j'ai le plaisir d'accueillir le vice-amiral Michel Olagara, ancien directeur du Centre des Hautes Études
00:26Militaires.
00:26Bonsoir et bienvenue. Guillaume Garnier, ancien plongeur des mineurs de la Marine Nationale et auteur du livre
00:32« Plongeur des mineurs, des hommes ordinaires ». On a de tout savoir sur votre façon d'opérer.
00:38Ulysse Gosset. Bonsoir Julie. Fidèle au poste, bonsoir Ulysse.
00:42Olivier Weber, écrivain et grand reporter. Il pensez dans les bouchons. Il nous rejoint dans un très court instant, je
00:47vous le promets.
00:47Et Samy Sfaxi, bonsoir Samy. Les bouchons à Paris, non ?
00:51Oui, ça arrive. Vous avez passé la journée, Samy, à suivre l'activité dans le détroit d'Hormuz.
00:57Qu'en est-il réellement ce soir après un peu plus de 24 heures du blocus naval américain ?
01:03Alors ce qu'il y a de bien, c'est qu'on peut suivre en temps réel finalement, en tout
01:06cas, l'historique de ce qu'il se passe dans ce détroit d'Hormuz
01:09avec ce que l'on appelle ses sources ouvertes, avec ses différents sites, notamment Marine Trafic, qui nous donnent ces
01:16informations.
01:17Alors, nos observations des dernières heures montrent qu'au moins deux navires en provenance d'Iran ont traversé le détroit
01:25nord d'Hormuz,
01:25mais sans briser le blocus naval américain. C'est une nuance importante, j'y reviendrai dans un instant.
01:31D'abord, vous avez ce super tanker, le Christiana, qui lui est parti du port iranien de Bandar-Iman-Homenei
01:38et qui a traversé le détroit d'Hormuz. Il se trouve à présent, regardez, dans le golfe d'Oman.
01:44Il a réussi donc à traverser ce détroit d'Hormuz. Ces deux navires ont pour point de départ les ports
01:50iraniens.
01:50Il y en a un deuxième. Et puis, autre catégorie de navires qui ont traversé ce détroit d'Hormuz,
01:57ce sont ces navires, en tout cas ce navire chinois, le Rich Stari et le pétrolier malgache, le Murli Kishan,
02:05qui, eux, ne sont pas partis des ports iraniens, mais qui sont sous sanctions américaines,
02:10puisque les Américains considèrent que ces deux navires travaillent et collaborent avec l'Iran.
02:15Ce qui nous amène à cette question, pourquoi est-ce que ces navires n'ont-ils pas encore été interceptés
02:20par le blocus américain ?
02:22Eh bien, tout simplement parce que ce blocus américain est dans le golfe d'Oman.
02:28Donc, vous pouvez traverser, finalement, regardez ce détroit d'Hormuz,
02:32mais ce blocus et cette marine américaine, elle est positionnée juste après au niveau du golfe d'Oman.
02:38D'ailleurs, le Senkom l'a précisé, aucun navire, pour le moment, n'a traversé le blocus, justement, américain.
02:46Et c'est une nuance importante, parce qu'encore une fois, regardez, il est à proximité du golfe d'Oman.
02:52Sans doute aussi pour que ces navires soient suffisamment loin des côtes iraniennes pour être interceptés en sécurité.
02:59Vice-amiral Michel Olagaraï, ce qu'on peut dire ce soir, donc, c'est que ces navires jouent avec les
03:06nerfs des Américains,
03:07mais n'ont pas osé franchir le blocus.
03:10Ça ressemble à un test.
03:11C'est un bon résumé ?
03:12Ça ressemble à un test, effectivement, mais comme vous l'avez vu, et comme ça a été démontré, il y
03:16a deux lignes rouges.
03:17Une, Hormuz, ça, c'est sous conditions iraniennes, et ça, ces pétroliers-là sont passés parce qu'ils étaient d
03:23'accord avec les Iraniens.
03:24Et puis ensuite, il y a la deuxième règle rouge, qui est plus loin, qui part de la frontière entre
03:28Iran et Pakistan, et qui vont vers le bas d'Oman.
03:31Alors, l'intéressant, c'est ceux qui vont pouvoir passer ces deux lignes rouges,
03:36parce qu'il y a les conditions de l'une qui se rajoutent aux conditions de l'autre.
03:39Alors, la question qu'on se posait ce matin, c'était de dire, que vont faire les bâtiments qui n
03:43'oseront pas franchir ou qui seront déjà refoulés par les Américains ?
03:47Eh bien, soit ils restent coincés entre ces deux lignes rouges, en allant soit dans un port iranien, soit dans
03:52un port romané,
03:53comme c'est peut-être prévu pour l'un de ces deux bâtiments-là, soit ils repassent Hormuz dans l
03:57'autre sens.
03:58Et parce qu'il va y avoir, à un certain moment, encombrement dans cette zone.
04:02Alors, on se demandait ce matin ce qu'il allait se passer, eh bien, on le voit, vous avez déjà
04:06une quinzaine de bateaux qui sont stockés là.
04:08Que vont-ils faire ? Où vont-ils aller ? Vont-ils mouiller là ?
04:12Alors, je connais ces ports-là, mais en particulier le Rich Stary, il semble qu'il ait fait demi-tour.
04:16Le Rich Stary, je le rappelle, puisque tout ça est quand même technique,
04:20c'est donc ce bâtiment chinois soumis à des sanctions américaines, qui lui aussi a transité par Hormuz, mais qui
04:26n'a pas franchi le blocus.
04:30Oui, mais il avait chargé du méthanol dans un port des Émirats, c'est-à-dire des Émirats alliés des
04:35Américains.
04:35Donc, ils auraient pu factuellement franchir le blocus.
04:40C'est un exemple assez extraordinaire, nous allons voir comment vont réagir les Américains.
04:45Eh bien, ils ont réagi, c'est niais.
04:47Donc là, alors nous verrons, nous prendrons un certain temps pour mettre à genoux l'économie iranienne,
04:53qui est déjà bien touchée, parce qu'il faudra quand même un certain temps de blocus.
04:57Mais, toujours est-il que la guerre chaude n'a pas repris encore.
05:00Ceci est un élément tout à fait intéressant, ce qui signifie qu'il y a quand même des sous, des
05:06tractations,
05:08des négociations discrètes qui continuent, et cette fermeté affichée par les Américains,
05:15c'est quand même pour une fois une fermeté qui fait moins de morts qu'auparavant.
05:19Une fermeté, au bout de ces 24 heures, Olivier Weber nous a rejoint, écrivain, grand reporter,
05:26mais ces bateaux qu'on cite là, qui testent les nerfs des Américains,
05:31à quoi joue-t-il réellement selon vous ?
05:34Il y a deux choses, évidemment.
05:35Il y a les bâtiments militaires iraniens qui ne sont pas tous détruits,
05:38contrairement à ce que dit Trump.
05:39Il y a une flottille d'embarcation rapide qui est extrêmement efficace,
05:43avec des bateaux de 15 à 20 mètres.
05:44Ça file à, on va parler en kilomètre-heure, pardon, Amiral,
05:47mais on file à 75, 80 kilomètres-heure, 90 kilomètres-heure.
05:51On rend compte de la force d'impact, mobilité, on va dire aussi dissémination,
05:55discrétion aussi de ces bateaux contre des pétroliers potentiels.
05:58Après, évidemment, on teste avec des pétroliers, dont le Rich Stary,
06:01qui est un métanier en fait.
06:03L'Amiral le disait, c'est du méthanol, donc ce n'est pas une grosse quantité,
06:06même si, évidemment, on avait parlé de 250 000 barils de méthanol,
06:09mais en termes de jauge par rapport à du pétrole, c'est beaucoup moins, évidemment.
06:12Et donc, on va tester.
06:13Et on est, je dirais, dans un effet domino, grosso modo.
06:16Il y a le militaire qui va donc faire ricocher,
06:19si je peux me permettre la métaphore maritime, sur l'économique.
06:22Et qui est derrière ? C'est la Chine.
06:24La Chine est sûrement le pays le plus impacté, on va dire,
06:28par le non-passage du pétrole.
06:29Pourquoi ? Parce qu'on est sur des croissances de 5% actuellement, en glissement,
06:325% de croissance économique en Chine.
06:34Ça nous fait rêver. En Chine, ce n'est rien.
06:36C'est l'anticontrat social.
06:38On était à 10%, 8%, 9% auparavant.
06:40Et la Chine a besoin de ce pétrole pour son industrie,
06:42pour sa consommation, mais aussi pour son exportation, en fait.
06:45Donc, ça va jouer avec la Chine derrière.
06:48Mais vous avez raison, on teste, on teste,
06:50on montre ses muscles des deux côtés.
06:52On force, par le rapport de force,
06:54donc on force l'adversaire à plier.
06:56Ça va être compliqué avec les Iraniens,
06:58parce qu'il y a un trésor de guerre,
06:59même s'il y a les passes d'Aran, les Iraniens à l'évolution,
07:01qui sont véritablement au pouvoir aujourd'hui.
07:03ont contrôlé avant la guerre 60% de l'économie.
07:07Donc, c'est là-dessus que ça va jouer.
07:08Et la Chine en embuscade.
07:09Est-ce que vous diriez, Ulysse Gosset,
07:11qu'en l'État, les États-Unis sont peut-être en train de réussir leur pari ?
07:17Le blocus naval est en train de fonctionner ?
07:20Aucun navire n'a osé franchir cette ligne de bateaux américains
07:25mis en place par Donald Trump.
07:28Et donc, Donald Trump est en train d'asphyxier économiquement l'Iran ?
07:31Alors, pour asphyxier l'Iran, il faudra un peu plus de temps,
07:34parce qu'il n'y a pas que le détroit d'Hormuz.
07:36Il y a aussi d'autres voies de sortie ou d'entrée pour l'Iran.
07:40Il y a des voies de chemin de fer qui existent, etc.
07:44Donc, si vous voulez, ce n'est pas facile d'asphyxier l'Iran,
07:46qui est habitué à la résilience.
07:49Ils l'ont montré depuis longtemps,
07:51notamment sous l'effet des sanctions.
07:54Mais, effectivement, Donald Trump met en place un barrage filtrant
07:59qui sera contrôlé par les Américains,
08:01qui n'est pas spécifiquement dans le détroit d'Hormuz lui-même,
08:04mais qui est un peu à l'extérieur.
08:05C'est-à-dire qu'on voit l'habileté américaine.
08:08Ils sont assez loin du détroit d'Hormuz, en fait.
08:11On parle de 400 à 500 kilomètres dans la mer d'Omane.
08:15Pourquoi ? Parce que ça permet aux bateaux américains
08:17de se positionner avec une relative sécurité.
08:20Ils voient les choses venir de loin.
08:22Et s'ils bloquent un navire, quel qu'il soit,
08:25ça ne se passe pas directement tout près des côtes iraniennes.
08:28Donc, c'est un avantage important sur le plan de la sécurité
08:33et de la manœuvre.
08:35Ensuite, il faudra voir ce qui se passe.
08:37Je redécrypte quand même la carte pour ceux qui nous rejoignent.
08:39On voit donc le détroit d'Hormuz.
08:40Et le blocus américain est donc bien dans le golfe d'Omane,
08:44un peu plus loin.
08:45Oui, c'est-à-dire qu'on parle toujours du blocage
08:47ou du blocus de détroit d'Hormuz.
08:49En réalité, on peut passer.
08:51Il y a des bateaux qui vont passer.
08:53La question, c'est après.
08:54Où vont-ils ?
08:55Comment ils font pour sortir et pour aller plus loin ?
08:58Et c'est là que les Américains ont mis ce barrage flottant.
09:01Et effectivement, c'est eux qui le contrôleront.
09:03Mais encore une fois, ils sont, je dirais,
09:06un peu à l'abri des menaces de tirs iraniens,
09:09s'il y en avait.
09:10Et là, ils pourront exercer ce contrôle, je dirais,
09:12assez facilement.
09:15Le dispositif est quand même très impressionnant.
09:17Plus de 10 000 marins marines et aviateurs américains,
09:20plus d'une douzaine de navires de guerre,
09:23des dizaines d'aéronefs qui sont en train de mener cette mission.
09:26Je vous vois un peu sceptique, non ?
09:27Vous n'y croyez pas ?
09:28Pas sceptique, c'est impressionnant peut-être.
09:30Mais quand il faut assurer une permanence,
09:32parce qu'à la mer, ce qu'il y a, c'est assurer une permanence.
09:35Un avion, ça vole, ça se pose.
09:37Il faut aussi beaucoup d'avions pour les relever.
09:40Les marins, ils sont à la mer, les bateaux, ils sont à la mer.
09:43La surface est gigantesque.
09:44Et même s'il y a une très grande transparence actuellement,
09:47puisqu'il y a une surveillance extraordinaire,
09:48vous avez une quantité,
09:50les renseignements que vous avez, vous,
09:52dans la littérature ouverte, sont une chose.
09:54Les satellites qui observent tout,
09:55sont une autre chose.
09:56Donc tout ce qui est bâtiment important,
09:58il n'y a pas de furtivité dans les bâtiments.
10:00Il y en a très très peu,
10:01sauf pour les petites vedettes rapides en mer Noire.
10:05Donc vous dites que ce n'est pas assez, en fait ?
10:07C'est-à-dire que ça n'est jamais assez.
10:09Pourquoi Donald Trump a-t-il demandé l'air de rien,
10:12tout en disant, après qu'il n'avait pas besoin,
10:13l'aide d'autres pays ?
10:14Pourquoi ?
10:15Parce que la tâche est gigantesque,
10:17elle est permanente,
10:18elle devra durer longtemps.
10:21Vous pensez que ce blocus naval américain
10:23va durer longtemps ?
10:25Normalement, il est fait.
10:26Je n'ai pas dit qu'il allait durer longtemps,
10:27mais il doit être construit pour durer longtemps.
10:29Mais il faut ajouter, Amiral,
10:32qu'il y a deux nouveaux porte-avions américains
10:34qui sont en route.
10:35Et où est l'embauche ?
10:36Vous avez dit, c'est beaucoup, c'est vrai,
10:38quand même une demi-douzaine,
10:40on parle jusqu'à 15 bateaux de guerre américains.
10:42Ça semble beaucoup comme ça sur le papier, en tout cas.
10:43Et ils ont une capacité, effectivement,
10:45d'avoir des avions qui décollent
10:47et qui surveillent la zone,
10:48et puis n'oublions pas qu'ils surveillent
10:49surtout avec des satellites.
10:51Et donc, ils savent exactement ce qui se passe.
10:52Eux peuvent nous dire, à l'instant T,
10:54s'il y a des bateaux qui essayent de passer
10:56ou pas le détroit,
10:57et qu'est-ce qu'ils vont faire après ?
10:58Donc, il y a d'abord la surveillance,
11:00ensuite, il y a le contrôle,
11:01et là, 10 000 hommes,
11:02bon, c'est sur les 50 000 qui sont déjà là,
11:06le positionnement américain,
11:08il n'a pas changé.
11:09Mais où est le bouche ?
11:10Parce que si le porte-avions...
11:10Alors, le bouche, c'est le porte-avions.
11:11C'est le troisième porte-avions.
11:13Celui qui est peut-être censé remplacer le Ford,
11:15qui a connu quelques mésaventures,
11:17feu de buanderie, etc.
11:18Le canalisation, notamment.
11:19...et en Méditerranée orientale,
11:21s'est fait soigner en Crète et en Croatie.
11:24Donc, on ne sait pas où elle est.
11:26On se posait la question ce matin,
11:27où était-il ?
11:28Il devait normalement franchir Gibraltar
11:31ces jours-ci.
11:32Et puis, il y a eu,
11:33c'est vous qui l'avez dit ce matin,
11:35d'ailleurs,
11:36une possibilité qu'il passe par le Cap Horn,
11:37par le Cap de Bonne-Espérance.
11:39Par l'Afrique du Sud.
11:41Ça veut dire qu'il ferait tout le tour de l'Afrique.
11:42Pardon pour mes questions,
11:43mais qu'est-ce que ça change ?
11:44Pourquoi est-ce que c'est important ?
11:45Ça prend du temps, tout simplement.
11:47Au lieu de passer en quelques jours,
11:48ça prend une quinzaine de jours.
11:51Donc, c'est pour ça que...
11:52Si vous voulez, moi, je pense qu'il ne faut pas
11:56analyser la situation
11:57sans parler de ce qui se passe en ce moment
12:00entre le Pakistan, l'Iran et les États-Unis.
12:02C'est-à-dire une intense période de négociation
12:04pour faire redémarrer les pourparlers
12:07qui se sont interrompus dimanche.
12:09Ce qui veut dire qu'on ne va pas,
12:11de mon point de vue,
12:12vers un risque d'affrontement immédiat.
12:14Je pense que tout le monde s'observe.
12:15Il y a un processus de blocage
12:18qui se met en place,
12:19qui prend du temps.
12:20D'ailleurs, Donald Trump a dit
12:21que ça prendra du temps,
12:22ça prendra quelques jours.
12:23On n'est pas dans la confrontation directe.
12:25Pourquoi ?
12:26Parce qu'entre-temps,
12:27Donald Trump espère visiblement
12:29pouvoir reprendre le dialogue
12:31avec les Iraniens
12:32sur la question centrale du nucléaire,
12:34de l'enrichissement de l'uranium.
12:36Et donc, en ce moment même,
12:38si vous écoutez ce qui se passe au Pakistan,
12:41dans la presse pakistanaise,
12:43tout le monde parle de la reprise
12:45des négociations jeudi.
12:46Et Donald Trump lui-même dit
12:48que ça sera à priori d'ici deux jours.
12:50Donc, le processus du blocus,
12:51il est important.
12:53C'est au cas où ça ne négose pas.
12:54Mais intéressant, effectivement,
12:55de signaler qu'en parallèle,
12:56la discussion n'est pas rompue.
12:58Les images que vous voyez là
12:59sont les images de propagande iranienne
13:02publiées il y a deux jours
13:03du détroit d'Hormuz.
13:04Les Iraniens qui surveillent
13:07attentivement le détroit d'Hormuz.
13:09J'avais une question quand même, amiral.
13:10Il y a beaucoup d'eau.
13:11Pardon ?
13:12Il y a beaucoup d'eau.
13:13Beaucoup d'eau.
13:13On ne voit pas grand-chose, effectivement.
13:15Mais quand même,
13:16on voit qu'il veille.
13:21Si jamais les Américains
13:23vont jusqu'à arraisonner un bateau,
13:26comment ça se passe ?
13:27Quelles sont les étapes ?
13:28Alors, que recouvre le terme arraisonner ?
13:31D'abord, ils vont rendre
13:32ce que nous appelons en France
13:33une visite.
13:34Alors, ça fait très poli.
13:35En plus, c'est très fort.
13:38Et quelquefois, cette visite
13:39débouche sur un accompagnement
13:42aimable, mais armé,
13:44vers un port
13:45où on va vérifier la situation.
13:46C'est ce qui se passe
13:47lorsqu'on a détourné
13:48les pétroliers de la frotte France.
13:50Frantône, par exemple,
13:50en Méditerranée.
13:51Donc là, comment ils arrivent ?
13:52Ils arrivent par...
13:53Alors, voilà, voilà.
13:54Une navette rapide et un hélicoptère ?
13:56Comme ils peuvent, en principe.
13:57Alors, les Américains,
13:57c'est plutôt par hélicoptère
13:59et puis avec des commandos
14:00qui descendent et des choses comme ça.
14:01Donc, le commando descend
14:02directement sur le bateau
14:03et dit, s'il vous plaît,
14:04suivez-nous, on va...
14:05Non, ils vont vérifier.
14:06Ils vont vérifier la cargaison
14:07et vérifier d'où ça vient,
14:08la provenance.
14:09Alors, ils en ont déjà
14:10une bonne idée.
14:10Parce que, ce qu'on disait
14:12tout à l'heure,
14:12très grande transparence
14:13de ce théâtre.
14:14On sait très bien
14:15d'où vient tel bateau
14:16et puis on vérifie
14:17s'il a menti ou pas,
14:20s'il satisfait ou non
14:21aux conditions
14:22qui ont été posées
14:23par le président Trump.
14:24Et si oui,
14:26il le laisse passer.
14:27Mais enfin, quand ils vont à bord,
14:28ça veut dire que déjà,
14:29ils ont de sacrés doutes.
14:30Sinon, ils se retrouvent coincés,
14:32comme je le disais tout à l'heure,
14:33entre ces deux lignes rouges.
14:34Et il va soit vers un port iranien,
14:36soit vers un port Omané,
14:38soit éventuellement
14:39un port des Émirats
14:40puisqu'il y en a quelques-uns par là.
14:42Donc, qu'est-ce qu'ils vont faire ?
14:44Qu'est-ce qu'ils vont décider ?
14:46On ne sait pas.
14:47Si le bateau n'est pas en règle,
14:48là, qu'est-ce qu'ils disent ?
14:49Alors, s'il n'est pas en règle,
14:50eh bien là,
14:51c'est là que se pose la question.
14:53C'est que les Américains
14:54ont vraisemblablement négocié
14:57avec un pays,
14:58Oman ou Emirats, etc.,
15:01un endroit où ramener ce bateau.
15:03Mais il faudrait que vraiment,
15:05ils contreviennent très sévèrement
15:07à des conditions internationales.
15:09Je pense que dans la plupart des cas,
15:10et c'est ce qui se passe actuellement,
15:12dans la plupart des cas,
15:13ils feront faire demi-tour
15:14à ces bâtiments-là.
15:15Parce que c'est comme les prisonniers,
15:17ça encombre.
15:19Vous prenez mille prisonniers,
15:20il faut s'en occuper.
15:21Vous prenez des bateaux,
15:22vous prenez une dizaine de bateaux,
15:23il faut s'en occuper.
15:24Il faut les accompagner à un endroit,
15:26et puis après, il faut les garder,
15:28il faut éventuellement,
15:29je ne sais pas,
15:29il faut les prendre en charge.
15:30Est-ce qu'il peut y avoir,
15:31est-ce que,
15:32j'essaie de m'imaginer
15:33comment ça peut se passer,
15:34est-ce qu'il peut y avoir
15:34des tirs de sommation ?
15:36Est-ce que ça peut être,
15:38ça peut se dérouler
15:39dans un climat un peu musclé ?
15:41C'est envisageable,
15:42si le bâtiment n'obtempère pas.
15:45Un bâtiment civil,
15:46un tanker et autres,
15:46je n'imagine pas.
15:47Ça s'est passé une des dernières fois
15:49lorsqu'il y avait une lutte en France
15:52dans le golfe de Gascogne
15:53contre l'échelle utile espagnole,
15:54parce que l'échelle utile espagnole,
15:55on envoyait des bateaux
15:56qui n'étaient pas énormes,
15:57nous,
15:58foncer carrément sur des bateaux
16:00de guerre
16:01dont les tôles sont un peu légères,
16:02si vous voulez.
16:03Et là, il y a eu des coups
16:04de semences de tiré,
16:06il y a même eu un coup
16:07de 100 millimètres,
16:08alors avec obus inerte,
16:09bien sûr,
16:10qui a traversé un peu
16:11la kimonnerie
16:13d'un chalutier espagnol
16:14pour bien montrer la détermination.
16:16Mais ça remontait
16:16jusqu'au Premier ministre.
16:18Oui, ce n'est pas anodin.
16:19Ah ben non.
16:20Pour nous,
16:21c'était ça.
16:22Ça remontait jusqu'au Premier ministre
16:23pour pouvoir
16:24autorisation de tirer.
16:25Donc là,
16:26il y aura vraisemblablement,
16:27bien sûr,
16:27ça ne remontera pas jusqu'à Trump,
16:28il y a une délégation
16:29de pouvoir
16:30auprès de Sainte-Com,
16:31mais le bateau
16:32qu'il a tiré,
16:33il demandera à son grand chef
16:35Sainte-Com
16:35s'il peut tirer.
16:36Parce que c'est
16:37extraordinairement engageant.
16:38Ça dépendra
16:39sur qui il tire,
16:40la nationalité du pavillon,
16:43etc.
16:43Si c'est un chinois,
16:44ça, ça peut être rigolo.
16:46Mais comme quoi,
16:47parce qu'on parle des navires
16:47qui n'ont pas osé
16:49aller jusqu'à franchir
16:50le blocus,
16:51mais qui ont quand même
16:51franchi la première étape,
16:53c'est-à-dire le détroit d'Hormuz,
16:54ça veut quand même dire
16:55qu'ils prennent des risques.
16:56Ils prennent des risques,
16:57absolument.
16:57Et là,
16:58évidemment,
16:59il y a la question
17:00d'assurer,
17:01j'allais dire,
17:01ou de réassurer
17:02les pilotes de bateaux,
17:03les armateurs
17:03et les assureurs.
17:04Plus personne ne veut assurer
17:05évidemment ces bateaux.
17:06Cela dit,
17:06pour les bateaux
17:07de la flotte fantôme,
17:08y compris pour celui
17:09dont on a parlé tout à l'heure,
17:12il n'y a pas d'assurance.
17:13Simplement là,
17:14je reviens au round
17:15de négociation,
17:16on va sûrement négocier
17:17au Pakistan
17:18sous la pression de la Chine
17:19et les Américains
17:20ont intérêt.
17:21Ce qui est intéressant,
17:22c'est que dans la presse américaine
17:23depuis hier,
17:23filtre des éléments
17:25de la négociation au Pakistan.
17:26Donc une négociation
17:27qui a duré 21 heures,
17:28ce qui est quand même très court.
17:28Et on ne parle plus
17:29de l'empêchement total
17:31du programme nucléaire,
17:32on parle du délai de 20 ans.
17:34C'est intéressant,
17:35parce que les Américains
17:36ont demandé un gel
17:38de l'enrichissement
17:39du nucléaire iranien
17:40pendant 20 ans.
17:41On sait qu'en février,
17:42Téhéran demandait
17:43deux ans, je crois.
17:44Cinq ans, pardon.
17:45Donc ils ne sont pas
17:46sur la même échelle.
17:47Tout à fait.
17:47On est entre les deux rounds
17:48de négociations.
17:49Peut-être Pakistan-Pakistan,
17:50peut-être un autre pays,
17:51la Turquie,
17:51je crois que ce sera le Pakistan
17:52finalement,
17:52comme je le disais très bien,
17:53il est négocié.
17:54Après, on est au milieu.
17:55Donc c'est le rapport de force.
17:57On montre les muscles.
17:58Cependant, cependant,
17:59et pour répondre à votre question,
17:59le risque, c'est le dérapage.
18:01Admettons qu'un bateau
18:02soit raisonné,
18:03qu'il soit le mauvais bateau,
18:04on va dire,
18:05un bateau chinois
18:06comme celui-ci,
18:08le riz Chistarina,
18:08qui partent
18:10à destination de la Chine
18:11et qui ne viennent pas
18:12forcément d'un port iranien.
18:14Qu'est-ce qui se passe
18:14si jamais c'est perçu
18:15comme un casus belli
18:16par les Iraniens ?
18:17Les petites vedettes rapides
18:18peuvent très bien
18:19émerger de l'île de Kechem,
18:21qu'on va peut-être voir
18:21sur la carte,
18:22qui est une grande île,
18:23on va dire,
18:23à côté de l'île d'Hormuz,
18:24à côté de l'île de l'Arak,
18:26et là, évidemment,
18:27ça peut faire des dégâts
18:28parce qu'il y aurait
18:28une réponse d'importe comment.
18:29Donald Trump a été très clair,
18:30il a dit qu'on les décrirait.
18:31Absolument.
18:32Et on a déjà eu
18:32ce genre d'opération
18:34un peu plus au sud,
18:34vers Djibouti,
18:35avec la marine française
18:36et la marine américaine aussi,
18:37et des commandos
18:38pour intercepter
18:39des bateaux très rapides
18:40de la part des Chebabs,
18:41c'est-à-dire
18:41des pirates Somalie.
18:43Et là, bon,
18:43ce n'est pas comparable,
18:44ce sont des petits bateaux,
18:45mais quand même,
18:45la technicité est là,
18:47mais en même temps,
18:48il y a du risque de dérapage.
18:49Alors, derrière tout ça,
18:50bien sûr,
18:51la mission plus large
18:52consiste aussi
18:53à s'assurer
18:53qu'il n'y a pas de mine
18:54dans le Détroit.
18:56Guillaume Garnier,
18:57l'ancien plongeur
18:58des mineurs
18:58de la marine nationale,
19:00est avec nous
19:00et on va décrypter,
19:02vous allez nous raconter
19:03comment on fait
19:04pour déminer
19:05puisqu'il semble
19:06que ça pourrait,
19:07si ça n'a déjà
19:08peut-être commencé,
19:09on n'en parlera pas encore.
19:10Non, sûrement pas.
19:10Pas encore.
19:11Sûrement pas.
19:11Les Américains
19:12qui veulent en tout cas
19:14le faire prochainement,
19:15vous nous raconterez tout ça.
19:16Et puis notre invité
19:17à 20h40,
19:18Sergueï Gironov,
19:19vous le connaissez bien,
19:21ancien officier
19:22de renseignement
19:23du KGB,
19:23mais très intéressant
19:24d'avoir son regard
19:25d'ancien espion
19:26sur la situation actuelle,
19:27sur le rôle
19:28que peut jouer la Chine,
19:30notamment.
19:31On marque une très courte pause.
19:32On se retrouve juste après.
19:33A tout de suite.
19:35Aucun navire
19:36n'a donc osé
19:37franchir le blocus naval
19:38mis en place
19:39par les Américains
19:41et on va s'interroger
19:42dans un instant
19:43sur les opérations
19:45de déminage
19:46qui vont avoir lieu.
19:48Alors,
19:48pas tout de suite,
19:49mais lorsque la situation
19:51sera peut-être
19:51un petit peu moins tendue.
19:52On en parlera notamment
19:53avec Guillaume Garnier,
19:55ancien plongeur
19:55des mineurs
19:56de la Marine nationale.
19:57Vous nous raconterez
19:57comment vous opérez.
19:59Juste avant,
20:00comment réagissent
20:01les Iraniens
20:01face à ce blocus
20:03naval américain
20:04à coups
20:05d'intelligence artificielle ?
20:06Regardez.
20:36Sous-titrage Société Radio-Canada
20:52Et j'ai réussi à faire danser
20:55l'amiral Ola Garay.
20:57Vous n'assumez pas,
20:57mais vous avez fait
20:59quelques pas de danse.
21:00Mais vous avez entendu dire
21:02j'adore.
21:03Oui,
21:04parce que c'est quand même
21:05on arrive aux excès
21:06de la communication
21:08qui travaille
21:08sur tous les domaines,
21:09sur tous les ventailles
21:10et surtout
21:11sur toutes les couches
21:11de population.
21:12Ce genre de
21:14ce genre de
21:16de petits films
21:17peut devenir viral.
21:18Ou aux Etats-Unis,
21:20par exemple.
21:21Vous voyez,
21:21j'enregistre d'ailleurs
21:22les ambassades,
21:22diverses ambassades,
21:23que ce soit
21:24Afrique du Sud
21:25ou dans un autre pays,
21:26ont diffusé
21:27des tests
21:27dans lesquels on voyait
21:28par exemple
21:28les plus de dollars
21:29qui tombaient
21:30sur l'Iran
21:31parce que ça montrait
21:33combien cette guerre
21:34coûtait cher
21:35aux Américains.
21:36Là,
21:36ils font allusion
21:37au prix du galon,
21:38etc.
21:38Donc,
21:38ils travaillent,
21:39ils travaillent
21:40les opinions publiques
21:41avec ça.
21:42Et à partir du moment
21:42où même,
21:43d'une certaine façon,
21:44c'est attractif,
21:44c'est comme les publicités,
21:45vous savez,
21:46il faut qu'il y ait
21:47quelque chose
21:47qui accroche.
21:48Là,
21:50ils rentrent
21:51dans les normes
21:52habituelles
21:53des pays occidentaux.
21:54C'est certainement pas...
21:55C'est pas en Iran
21:56qu'on entend ça.
21:57Enfin,
21:57ça leur fait rien.
21:58En revanche,
21:59les pays occidentaux,
22:00ils entendent,
22:00ils écoutent.
22:01C'est une frange
22:02de la population.
22:02Ça peut passer
22:03sur TikTok et autres.
22:04Ça,
22:04c'est un effet,
22:05ce genre de clip ?
22:06Alors,
22:06c'est un double message.
22:07C'est un message,
22:08vous avez vu,
22:08avec de la musique,
22:09c'est parfaitement bien fait,
22:10la vidéo,
22:11etc.
22:12Et puis,
22:12la référence au prix du galon,
22:13grosso modo,
22:14c'est ce qu'a dit Halibaf,
22:15le nouveau chef
22:16du Parlement iranien,
22:18qui était le chef
22:18des négociations,
22:19même s'il était marqué
22:20par un autre haut commandant
22:22des guerriers
22:22à la Révolution,
22:23un haut dirigeant,
22:24parce qu'il y a aussi
22:25des différents entre eux,
22:26eh bien,
22:26voilà,
22:27quand ils disaient,
22:27attention,
22:27vous les Américains,
22:28vous allez avoir
22:29la nostalgie du galon,
22:31donc après 4 litres
22:32à 4 ou 5 dollars,
22:33etc.
22:34C'est aussi quand même
22:35à destination intérieure
22:36de l'Iran.
22:36C'est un public assez jeune
22:37qui est très nourri
22:38aussi de vidéos,
22:39etc.
22:39C'est pour dire,
22:40nous sommes aux commandes,
22:40attention,
22:41on va les avoir.
22:42Donc voilà,
22:42mais on sait très bien
22:43que ça ne va pas très loin.
22:44On sait très bien
22:45que les guerriers
22:46à la Révolution
22:47n'ont pas les moyens
22:48de leur nuisance,
22:48on va dire en tout cas
22:49contre la marine américaine.
22:51Ils n'ont pas les moyens
22:51de leur nuisance,
22:52mais ils ont quand même
22:55bien montré
22:55qu'ils ont quelques moyens
22:56quand même.
22:57Les vedectes rapides.
22:58Et d'où ma question,
22:58comment peuvent-ils réagir ?
23:00Pour l'instant,
23:00on sent qu'il y a
23:01une espèce de retenue,
23:03même si on a entendu
23:04les mots du régime hier
23:05parler d'un acte illégal,
23:07de piraterie,
23:08une violation grave
23:09de sa souveraineté.
23:10Ils réagissent ici
23:11directement au blocus naval
23:12instauré par les Américains.
23:15Guillaume Garnier,
23:16est-ce qu'ils sont capables ?
23:18Tout le monde s'accorde
23:19pour dire qu'a priori,
23:21il n'y a pas de mine
23:22dans le détroit d'Hormuz.
23:23Est-ce qu'ils sont capables,
23:25les Iraniens,
23:26d'aller miner encore
23:28le détroit
23:29dans les prochains jours ?
23:31Ça paraît difficile.
23:32C'est-à-dire que là,
23:33tous les projecteurs
23:35sont braqués
23:35sur le détroit d'Hormuz.
23:38Et effectivement,
23:38il y a des satellites,
23:40il y a des drones,
23:40il y a des hélicoptères,
23:41il y a des avions.
23:42Et donc,
23:43pour aller mouiller une mine,
23:44une mine,
23:45ça fait en gros
23:46entre 500 et une tonne.
23:48500 kilos et une tonne.
23:50Et donc,
23:50ça prend quand même
23:51beaucoup de place
23:52sur un bateau.
23:53C'est visible ?
23:54C'est visible.
23:54Et donc,
23:55pour bloquer,
23:56pour mouiller des mines,
23:58il va quand même
23:59en falloir quelques-unes.
24:00Et donc,
24:01toute cette manœuvre-là,
24:03militaire,
24:05va se voir
24:06et va être repérée facilement.
24:08Ça, c'est pas possible,
24:09donc,
24:09a priori ?
24:10Si, c'est possible.
24:11Ah, vous,
24:12vous dites quand même
24:12que tout est possible.
24:13Mais tout est possible.
24:14Mais ils seront repérés
24:15s'ils font...
24:15Mais pas forcément.
24:17Il y a quand même
24:17pas mal de navigation.
24:20Je ne sais pas
24:20s'il est totalement interrompu
24:21entre l'Iran et Oman.
24:23Il y en avait tout le temps.
24:24Vous mettez un vieux boutre
24:25qui n'a l'air de rien.
24:27Et puis,
24:27vous lui accrochez des mines
24:28au fond,
24:29vous lui accrochez
24:29ou vous lui faites
24:30un fond ouvrable.
24:31Dieu sait si les Iraniens
24:32sont inventifs.
24:33Les Ukrainiens l'ont été.
24:34Les Iraniens,
24:35je peux vous dire
24:35qu'ils le sont.
24:36Ils se préparent,
24:37comme disait Ulysse Gosset,
24:38ils se préparent à ça
24:38depuis 40 ans.
24:39Donc,
24:40tout est envisageable.
24:41Donc,
24:42vous mettez un vieux bateau
24:43avec quelques mines à l'intérieur,
24:44il ouvre,
24:44il largue,
24:45il s'en va,
24:45il dit maintenant,
24:46j'ai mis des mines.
24:47Maintenant aussi,
24:48la mine virtuelle
24:49est quelque chose de fabuleux.
24:50Qu'est-ce que vous appelez
24:51la mine virtuelle ?
24:52Les Iraniens disent
24:52nous avons miné,
24:54même s'ils n'ont rien mis,
24:55ça coûte zéro franc,
24:57ça fait de la communication
24:58et avant d'y aller,
24:59vous pouvez demander
25:00aux pocheurs des mineurs
25:01que vous êtes
25:01combien d'heures de travail,
25:03combien de semaines de travail
25:04ça peut demander.
25:05C'est considérable.
25:06Comment on fait ?
25:07Comment on fait,
25:07effectivement,
25:08à partir du moment
25:09où il y a un doute,
25:09il faut aller vérifier ?
25:10Tout à fait.
25:11Mais donc,
25:11pour répondre à l'amiral,
25:13effectivement,
25:13tout est possible.
25:14Tout est possible.
25:15Maintenant,
25:16est-ce que c'est réalisable
25:17et est-ce que les Iraniens
25:18ont vraiment l'intention
25:19de bloquer le détroit ?
25:22La solution qu'a évoquée
25:23l'amiral,
25:24c'est mettre des mines
25:24n'importe où,
25:25c'est bien,
25:26mais après,
25:26le détroit est bloqué
25:27et pour les Américains
25:28et surtout pour les Iraniens.
25:30Qui eux-mêmes
25:30ne peuvent plus exporter
25:31leur pétrole.
25:31Et pour tout le monde.
25:32Et donc,
25:32ce n'est pas dans leur intérêt.
25:33Leur intérêt,
25:34effectivement,
25:34c'est plutôt de dire
25:35j'ai mouillé des mines
25:38et maintenant,
25:39à vous de jouer.
25:39On les a vus,
25:40les différents types de mines.
25:41Alors,
25:41il y a quatre types de mines.
25:44Il y a des mines de contact
25:45qui explosent
25:45quand un navire les touche
25:47et puis il y a les mines
25:47à influence
25:48qui explosent
25:49quand un navire
25:50en approche
25:51est détecté.
25:52Vous,
25:52vous gérez directement
25:55ce genre d'engin ?
25:56Tout à fait.
25:57En fait,
25:58le postulat de départ,
25:59c'est quand même
25:59un chasseur de mines.
26:01Il faut un chasseur de mines
26:02sur zone
26:02qui a des moyens
26:08de repérer
26:09les mines
26:10qui sont au fond.
26:11C'est-à-dire qu'il a
26:11des sonars
26:12qui permettent
26:13de faire une image
26:14du fond
26:15assez nette
26:17entre
26:181000 et 200 mètres.
26:20Après,
26:21on arrive à avoir
26:22des échos
26:24qui sont susceptibles
26:26d'être des mines
26:26dans un premier temps
26:27et au fur et à mesure
26:28qu'on s'approche,
26:29au maximum,
26:31on est aux alentours
26:31de 500-200 mètres,
26:33on arrive à déterminer
26:34si oui ou non
26:35c'est un objet
26:35qui n'est pas naturel.
26:37Avec des formes carrées,
26:38des formes rondes.
26:39Et donc,
26:40à partir de ce moment-là,
26:41on commence
26:42à prendre des mesures
26:43et à voir
26:44si ça correspond,
26:44si ça peut correspondre
26:45à des mines
26:46qui ont déjà
26:48été identifiées.
26:50Effectivement,
26:50des mines,
26:50il y en a plusieurs types.
26:51il y a les mines
26:52à Aurin,
26:53donc celles qui flottent,
26:55les mines sphériques
26:55avec des pics.
26:57Là,
26:57le principe,
26:58c'est que la coque du bateau
27:00tape sur cette mine-là
27:01et déclenche l'explosion
27:05avec un contact
27:06sur les pics
27:07qui sont sur la mine.
27:09Il y a en gros
27:10200 kg d'explosifs,
27:12suffisamment
27:13pour ouvrir
27:14un bateau,
27:15même un bateau militaire.
27:17Et après,
27:18on a les mines de fond.
27:19Donc,
27:19les mines de fond,
27:20c'est les mines
27:20qui sont posées au fond.
27:21Là,
27:21beaucoup plus grosses,
27:23avec beaucoup plus
27:24d'éclosifs,
27:24entre 700 kg
27:27et 500 kg.
27:28Ce sont les plus dangereuses ?
27:29Ce sont effectivement
27:30les plus dangereuses.
27:31Pourquoi ?
27:31Parce qu'elles sont
27:32dites à influence,
27:33c'est-à-dire qu'elles sont
27:34déclenchées
27:36avec la modification
27:38du magnétisme terrestre
27:39dû au passage
27:40d'un bateau
27:40avec la coque
27:42en métallique
27:43ou avec
27:45des capteurs
27:47acoustiques.
27:47Mais pour vous,
27:48c'est extrêmement risqué
27:50comme opération
27:51et quelles précautions
27:53vous prenez
27:54quand vous allez
27:54sur ce genre de mission ?
27:56Les Iraniens
27:56qui déposent des mines,
27:57j'imagine qu'on ne connaît pas
27:58tout des mines
28:00et des technologies
28:02iraniennes
28:02sur ces mines
28:03ou si on a toutes les infos ?
28:05Alors, on a heureusement
28:08un grand système
28:10de renseignement français
28:11qui nous permet
28:12de...
28:13Donc là-dessus,
28:13pas de surprise ?
28:14Alors, on peut avoir
28:15des surprises
28:16et on en aura sûrement
28:17parce qu'effectivement,
28:18les Iraniens,
28:19comme ça a été dit,
28:20sont quand même
28:21très habiles de leurs mains
28:22et sont capables
28:23de faire des mines
28:26artisanales,
28:27bricolées
28:28et des mines,
28:29effectivement,
28:30où on n'a pas du tout
28:30de vision là-dessus.
28:32Mais on a des process
28:35et des processus
28:36qui nous permettent
28:37d'appréhender
28:37ce genre de risque-là.
28:39Ce n'est pas pour rien
28:41qu'effectivement,
28:41la Marine nationale
28:42et la guerre des mines
28:44est sur le podium mondial
28:47des marines
28:49capables de faire ça
28:50parce qu'on s'entraîne
28:52énormément,
28:53on a des formations
28:54qui sont très poussées
28:56et comme tout notre littoral
29:00français a subi,
29:02effectivement,
29:03pendant les deux dernières guerres,
29:05pas mal de dommages,
29:05il reste encore
29:06quelques mines,
29:07quelques bombes,
29:08quelques obus
29:09qui sont en mer
29:10en France
29:11et donc on se sert
29:12de ces munitions-là
29:13pour s'entraîner
29:14et donc on a vraiment
29:16des entraînements réguliers.
29:17Amiral ?
29:18Oui, il a tout à fait raison,
29:19en particulier
29:20quand j'étais jeune officier,
29:21j'étais sur un chasseur de mines
29:22et nous sommes allés
29:24en baie de Saint-K,
29:25une très jolie baie
29:26en Bretagne-Nord
29:27et en une semaine,
29:29nous avons fait sauter
29:2942 mines.
29:32Alors là,
29:32c'était le plongeur des mineurs
29:33qui y allait beaucoup
29:34parce que suivant les fonds,
29:36on envoie soit
29:37on avait des petits sous-marins
29:38philo-guidés,
29:39si vous voulez,
29:40on pilotait ça
29:40avec une petite caméra
29:41pour voir ce que c'était
29:42puis on larguait
29:44la bombe,
29:44une charge
29:45pour faire détonner
29:46la mine
29:47qui était juste
29:48sous ce petit sous-marin jaune
29:49d'une grande société française
29:51actuellement
29:51qui est tout à fait en pointe.
29:52Je rajouterai que
29:53pourquoi sommes-nous
29:55où la France était
29:55à la pointe du progrès
29:57dans ce domaine ?
29:58Parce que nous avons
29:59non seulement
29:59un champ d'expérience
30:00mais une obligation opérationnelle
30:02pour que le goulet de Brest
30:03par où passent
30:04tous les sous-marins nucléaires
30:05leur sort d'engin
30:06soit sûr à 100%.
30:08Ce qui fait que
30:09en permanence,
30:10ce goulet de Brest,
30:11vous devez le connaître
30:11presque par cœur.
30:13Regardez-le.
30:14Il a dû passer des heures,
30:15des semaines
30:16à passer là-dedans.
30:17Alors,
30:18au départ,
30:18c'était très humain,
30:19c'est-à-dire qu'il fallait
30:20suivre des rails,
30:21etc.
30:22Et puis,
30:22petit à petit,
30:23on connaît ce goulet
30:24mais à la roche près.
30:25Ce qui fait qu'on fait
30:26passer des sonars
30:27et on compare les visions
30:28pour voir s'il y a
30:30un élément
30:31qui ne serait pas là,
30:33qui n'aurait pas été là
30:35à partir
30:35de la vision de base.
30:38Et puis maintenant,
30:39nous commençons
30:40à développer,
30:41puisque nous avons
30:41une connaissance
30:42en France
30:42de ces drones-là.
30:43C'était en 1972,
30:45nous,
30:45on pilotait
30:46des petits drones
30:47sous-marins philo-guidés.
30:48Donc maintenant,
30:49nous sommes à la pointe
30:50du progrès
30:50et je peux vous dire
30:51qu'il y a déjà
30:51des centres de commandement
30:53à terre
30:53avec des drones sous-marins,
30:55des drones de surface
30:58sans unmanned,
30:59sans piloter rien.
31:00Nous sommes capables
31:01de déployer
31:02ce genre de choses
31:03à partir,
31:04bien sûr,
31:04de bâtiments base
31:06parce qu'il faut ça,
31:08qui seront peut-être
31:08moins maintenant
31:09des chasseurs
31:10de mines directes
31:11puisqu'il peut y avoir
31:13mais il faut faire attention.
31:14On est sûr
31:16de ce qu'on sait faire.
31:17Ça,
31:17c'est quand même
31:18très très nouveau
31:18et vous avez Thalès
31:20qui est un industriel français
31:21à la pointe du progrès
31:22puisque ces sonars-là
31:24sont vendus
31:25même aux Américains
31:26en Brite.
31:27Et donc,
31:29question naïve,
31:30mais pourquoi c'est si compliqué
31:31alors d'aller déminer
31:32ce Détroit ?
31:33Parce que la technologie
31:34dont l'amiral a parlé,
31:36c'est vraiment l'avenir.
31:37On est aux prémices
31:40et donc on ne veut pas
31:41aller tester
31:42un nouvel appareil
31:43qu'on ne maîtrise pas encore
31:44parce que c'est tout neuf
31:45là-bas.
31:46Donc là, concrètement,
31:47il va y avoir
31:48des plongeurs déminers
31:49qui vont se rendre
31:50sur zone pour déminer
31:51mais pas tout de suite.
31:52Il faut attendre
31:53que les tensions se calment.
31:55Tout à fait.
31:55Donc il faut l'arrêt
31:57des conflits
31:58tout simplement
31:58parce que les chasseurs
32:00de mines,
32:00pour qu'ils puissent travailler,
32:01il ne faut qu'il n'y ait pas
32:03de menaces susceptibles
32:05de venir empêcher
32:07le travail d'être fait.
32:08C'est-à-dire qu'un chasseur
32:09de mines,
32:10ça n'a pas vocation
32:11à faire de la protection
32:14contre les missiles,
32:15les drones
32:15et les bidets rapides.
32:16Donc il faudrait
32:17qu'il y ait d'autres bateaux
32:18aux alentours
32:19pour les protéger
32:20et c'est presque impossible.
32:22Donc il y a l'arme
32:23des mines
32:23et puis il y a l'arme
32:24des détroits,
32:25Olivier Weber,
32:26il y a le détroit d'Hormuz
32:26dont on a parlé.
32:28Aucun navire
32:29qui pour l'instant,
32:29selon l'état-major américain,
32:31n'a osé franchir
32:32la ligne américaine.
32:34Il y a un autre détroit
32:35que tout le monde
32:36regarde attentivement.
32:38Ce détroit,
32:39il s'appelle
32:39Babel Mandeb.
32:41Juste à côté,
32:42il y a le Yémen
32:43et les Houthis
32:44proches de l'Iran.
32:45Est-ce que potentiellement,
32:47les Iraniens
32:47peuvent jouer
32:49le jeu
32:50de la guerre
32:50des détroits
32:51si vraiment
32:52ce blocus naval
32:53persiste ?
32:54Bien sûr,
32:54parce que le détroit
32:55est assez étroit,
32:56on va dire,
32:57entre Djibouti
32:58et le Yémen.
32:59Les Houthis
32:59sont principalement
33:00au nord,
33:01si on voit la carte,
33:02quand on voit
33:03le mot Yémen,
33:03c'est plutôt sur la gauche,
33:05donc tout à fait à l'ouest.
33:05Ils sont là,
33:06dans le port d'Odeida,
33:07Asana,
33:07ailleurs.
33:08D'ailleurs,
33:08ils avaient même participé
33:09à une intervention
33:10par hélicoptère,
33:11une interception
33:11d'un bateau pétrolier
33:12avec un hélicoptère,
33:13donc des commandos Houthis.
33:15Et si l'Iran demande,
33:17évidemment,
33:18Houthis,
33:18qui est un allié
33:19traditionnel
33:20depuis quelques années,
33:21de mener des actions,
33:22et ils le feront.
33:23Et ça se fait,
33:24je crois même,
33:24ce sont ça,
33:25ces images d'archives,
33:26d'ailleurs,
33:26l'interception
33:27sur un bateau,
33:28absolument avec les outils,
33:29ils n'ont pas beaucoup
33:29d'hélicos,
33:29les enlevés.
33:31Et donc,
33:32ils s'étaient bombardés
33:32ensuite,
33:33la base,
33:34enfin le port également
33:34d'Odeida,
33:35bien connu de Joseph Kessel,
33:36également par les Israéliens.
33:37Mais c'est assez facile,
33:39grosso modo,
33:39parce que la mer Rouge
33:40est assez étroite,
33:41ils ont des missiles encore,
33:42ils ont peut-être
33:43plus en proportion
33:45que ce qui reste
33:45du côté iranien.
33:46Du côté iranien,
33:47les Israéliens disent
33:47qu'il reste à peu près
33:4830% de lanceurs de missiles,
33:50donc 70% détruits,
33:51mais peut-être pas,
33:52peut-être que c'est plus
33:53que 30 ou peut-être
33:54même 40% des Américains,
33:56eux,
33:56ils ont encore
33:56des lanceurs de missiles
33:57et surtout du missile.
33:58Après,
33:58il y a les drones.
33:59Effectivement,
33:59le Babel Mandem,
34:00alors là,
34:01ce n'est pas 20 à 21%
34:03du commerce mondial
34:03qui passe par là,
34:04de pétrole,
34:05c'est 10% du commerce,
34:06s'en est-vous bien,
34:07total de toutes les marchandises
34:08du monde entier.
34:09Donc ça fait mal.
34:10Voilà,
34:11ça fait mal absolument.
34:11Quand on sait
34:12qu'une grande partie,
34:13enfin la quasi-totalité,
34:14au moins 70%
34:15du commerce mondial
34:16de marchandises
34:16passe non pas
34:17par voie ferrée
34:18ou par transporteur routier
34:20ou encore moins aérien
34:21mais par bateau,
34:22évidemment,
34:22ça peut faire mal.
34:22Donc là aussi,
34:23c'est assez inquiétant.
34:24Je finirai sur le fait
34:25qu'un pays souffre
34:26beaucoup de ce qui se passe
34:27avec la piraterie,
34:28les outils.
34:28C'est un pays essentiel
34:29à la stabilité d'Israël.
34:30Vous savez qui c'est ?
34:31C'est l'Egypte.
34:32Je pense que le maréchal Al-Sissi,
34:34continuateur du général Nasser,
34:37est très inquiet.
34:38Pourquoi ?
34:38Parce que depuis 1956,
34:40l'Egypte,
34:41sous Nasser à l'époque,
34:43alimente,
34:43subventionne tout ce qui est céréales.
34:46à cause justement d'un blocage
34:48ou simplement d'action piratou
34:50dans le détroit de Bab el-Mandeb
34:51qui veut dire
34:52la porte des larmes en arabe.
34:54Merci beaucoup à tous les quatre.
34:55Bab el-Mandeb,
34:56les pays européens
34:57et pas simplement les Etats-Unis
34:58ne laisseront pas faire
34:59et là vous aurez
35:00une beaucoup plus importante force
35:03que la force américaine-britannique
35:05qui est capable de frapper
35:07sur le Yémen
35:07et la force européenne Aspides
35:09qui elle se mettrait carrément en route
35:11et je pense que Bab el-Mandeb
35:13serait rendu sûr assez rapidement
35:15surtout si un deuxième porte-avions
35:16américain qui arrive.
35:17Là, la guerre prendrait peut-être
35:19une autre dimension.
35:20Merci beaucoup à tous les quatre.
35:22Il est temps d'accueillir
35:23notre invité ce soir,
35:24un habitué de nos plateaux.
35:26Vous êtes un peu chez vous
35:27ici, Sergueï Girneuf,
35:29mais on voulait avoir
35:29votre regard aiguisé
35:31d'ancien espion du KGB
35:32sur cette nouvelle étape
35:33dans la guerre.
35:34Bonsoir à vous.
35:35Vous avez mis la cravate
35:37spécialement pour ce moment,
35:39Sergueï,
35:39j'en suis honoré.
35:40J'en profite pour rappeler
35:42le titre de votre livre
35:43L'éclaireur
35:45aux éditions Talendier.
35:47Ulysse Gosset est toujours là.
35:49Rebonsoir Ulysse.
35:51Bonsoir Ulysse.
35:52On est un peu plus de 24 heures,
35:53Sergueï,
35:53après le début du blocus naval américain.
35:56L'armée américaine
35:56affirme, pardon,
35:58qu'aucun navire n'a franchi
35:59le blocus.
35:59En revanche,
36:00on les a listés,
36:02ces bateaux.
36:03Ils sont plusieurs à jouer
36:05avec les nerfs des Américains.
36:06Ils ont franchi
36:07le détroit d'Ormouse.
36:09Ils se sont approchés
36:11dangereusement
36:11de la ligne de bateaux
36:13américains.
36:13Ils n'ont pas osé
36:14aller jusqu'au bout.
36:15Mais on sent qu'on est
36:17sur une ligne de crête.
36:18Ça peut basculer ?
36:20Ça peut basculer,
36:21mais en fait,
36:21ils jouaient avec eux-mêmes.
36:22Parce que les Américains
36:23étaient là,
36:23ils les attendaient,
36:24ils les ont prévenus.
36:25Ils ont la force
36:26parce que les bateaux
36:27qui étaient là,
36:28c'est les bateaux civils.
36:29Ils ne sont pas armés.
36:31Peut-être,
36:32il y a le capitaine
36:33qui, de temps en temps,
36:34porte une arme,
36:35mais il est dans,
36:36vous savez,
36:36il est dans le coffre-fort,
36:38bien au cas où,
36:39si jamais il y a des pirates
36:40qui arrivent en pleine mer.
36:42Mais c'est les bateaux
36:43qui ne sont absolument pas prévus
36:45pour attaquer quoi que ce soit.
36:46Et surtout,
36:47les destroyers
36:48et les porte-avions américains.
36:50Donc, en fait,
36:50ils ont joué,
36:51mais ils ont joué,
36:52ils savaient très très bien
36:53que la ligne n'était pas
36:54pour les Américains,
36:55elle est pour eux.
36:56Vous pensez qu'ils sont capables
36:57d'aller jusqu'où,
36:58les Américains ?
36:59Est-ce que réellement,
37:00ils peuvent mettre
37:01leur menace à exécution ?
37:02Oui, bien sûr.
37:03Ils l'ont montré.
37:04Vous savez,
37:05Donald Trump,
37:07il y a une chose
37:07qu'on ne puisse pas
37:08lui reprocher,
37:09c'est que quand il dit
37:10quelque chose,
37:11souvent, on le fait.
37:12Et par exemple,
37:14on a vu,
37:14il a organisé quasiment
37:16le blocus de Venezuela
37:17et à Venezuela,
37:19on a compté à peu près
37:20entre 6 et 7 tankers
37:22qui ont été abordés,
37:23accostés par les marins
37:26en hélicoptère
37:27et puis après,
37:28on rappelle,
37:29ils sont descendus
37:29sur les bateaux.
37:30Donc,
37:31il nous a prouvé,
37:31y compris le bateau russe.
37:33Parce que,
37:34bon,
37:34les bateaux vénézuéliens
37:36ou les bateaux iraniens,
37:37c'est une chose,
37:37le bateau russe,
37:38c'est quand même
37:39une puissance nucléaire,
37:40a priori,
37:41qui,
37:42même si Trump dit
37:43je connais Poutine,
37:44c'est mon ami,
37:45je traite bien avec lui,
37:47c'est quand même
37:48une puissance nucléaire
37:48avec laquelle
37:49il ne faut pas jouer
37:50la même règle,
37:51le même jeu
37:52qu'avec la Venezuela.
37:53En est-il de même
37:54pour les bateaux chinois ?
37:56Parce que,
37:56pour Pékin,
37:57le blocus,
37:58c'est une forme de provocation
37:59puisqu'on sait que
38:0080% du pétrole iranien
38:03va en Chine.
38:04Donc,
38:05est-ce que Pékin
38:06peut accepter ça
38:06et est-ce que
38:07les Américains
38:07iraient jusqu'à
38:08stopper,
38:09arrêter,
38:10a raisonné
38:11un navire
38:12bâton
38:13pavillon chinois ?
38:14Je suis persuadé
38:15qu'il le feront,
38:16oui.
38:16Et d'ailleurs,
38:17vous savez,
38:19on a vu aussi
38:20quand même
38:21une exception,
38:22c'est qu'il y avait
38:24le bateau
38:24qui a violé
38:25le blocus de Cuba,
38:26un bateau russe,
38:27et les Américains
38:28l'ont laissé rentrer.
38:30Et donc,
38:30ils ont dit
38:31bon,
38:31c'est une exception.
38:32Donc,
38:33ils savent aussi
38:34qu'on se frôle
38:35quand même
38:35à une superpéissance nucléaire.
38:37La Russie possède quand même
38:37les autres 40%
38:39du potentiel nucléaire
38:41planétaire.
38:42Donc,
38:42du coup,
38:43Trump peut-être s'est dit
38:44je ne vais pas peut-être
38:45provoquer un accident
38:46qui donnerait à Poutine
38:48un casus belli
38:49contre moi.
38:49Mais là,
38:50vous dites quand même
38:50que les Américains
38:51pourraient aller jusqu'à
38:52arisonner un bateau chinois.
38:53Un bateau chinois civil.
38:55Mais les Chinois,
38:56vous avez remarqué,
38:57il n'y a pas de la flotte
38:58militaire chinoise.
39:00Parce que les Chinois
39:01ne vont pas s'amuser
39:02et là,
39:02bon,
39:03je fais un pari,
39:04mais je suis persuadé
39:05que j'ai raison,
39:06les Chinois
39:06ne vont pas arriver sur place,
39:08ne vont pas se
39:09placer dans la mer
39:12d'Arabie
39:13ni dans le golfe
39:15de Maine.
39:15Parce qu'ils savent
39:16très très bien
39:17que quand il y a
39:17deux superpuissances
39:19qui arrivent
39:20dans un endroit
39:20où on tire,
39:22où on peut tirer,
39:23ça peut provoquer
39:24la Troisième Guerre mondiale.
39:25Donc,
39:26ils n'iront pas
39:26jusqu'à s'impliquer
39:29et...
39:30À débloquer les bateaux ?
39:31Oui.
39:31Non.
39:32Non.
39:33Ils n'iront pas jusque-là.
39:33La question pour la Chine
39:35qui est posée
39:36par tous les experts,
39:37c'est
39:38que va faire la Chine
39:39pour soutenir l'Iran
39:40si le cessez-le-feu
39:41est rompu ?
39:42En particulier,
39:43est-ce que les Chinois
39:44vont livrer
39:45des missiles,
39:46vous savez,
39:46portables,
39:47les Manpads,
39:47qui permettent,
39:49avec un seul homme,
39:49de tirer sur un avion
39:52éventuellement américain ?
39:53Ils l'ont déjà fait.
39:53On parle de livraison
39:55également de composants
39:55électroniques
39:56et Trump a mis en garde
39:58Xi Jinping
39:59en disant
40:00si vous livrez des armes,
40:02eh bien,
40:02vous aurez 50%
40:03de droits de douane
40:04et les Chinois ont dit
40:05mais pas du tout,
40:05c'est faux,
40:06c'est une information
40:07absolument,
40:08c'est fake news.
40:09Oui,
40:09mais vous connaissez
40:10les Chinois
40:10parce que même,
40:12par exemple,
40:12vous avez dit
40:1390% du pétrole
40:15va en Chine.
40:16Or,
40:17il faudra voir
40:18parce que vous savez
40:19qu'il y a un petit jeu,
40:21il y a par exemple
40:21un tanker malaisien
40:22qui prend le pétrole iranien,
40:24qui l'amène
40:25un peu vers l'océan indien,
40:28vers l'Asie du Sud-Est
40:29et là,
40:29il le transfère
40:30sur un tanker chinois
40:31et du coup,
40:33ce pétrole devient malaisien
40:35et arrive en Chine
40:36et donc du coup,
40:37la Chine n'a pas acheté
40:38le pétrole iranien.
40:38La même chose
40:39pour les armes.
40:40La Chine va livrer les armes.
40:42Ils ont déjà livré
40:43ces armes
40:44anti-avions portables.
40:46La Chine livre des armes ?
40:48C'est ce que j'avais demandé.
40:49On a parlé de 1 000 unités
40:50qui étaient livrées
40:51ces jours-ci.
40:52Alors,
40:52ce sont des informations
40:53des services de renseignement américains
40:54que la Chine dément,
40:56mais vous,
40:56vous nous dites,
40:56c'est vrai.
40:57Moi,
40:58je suis persuadé
40:58que la Chine soutient
41:01l'Iran derrière
41:02parce qu'ils ont aussi
41:04la possibilité
41:04de passer
41:05par les pays tiers.
41:06Ils ont la possibilité
41:07de passer
41:08par l'Asie centrale.
41:08Ils peuvent passer
41:09par le Pakistan,
41:11par l'Afghanistan.
41:12Donc,
41:12ils ont ces routes de soie.
41:13Vous savez,
41:14les fameuses routes de soie
41:15qui traversent
41:16le continent
41:17euro-asiatique
41:19et donc,
41:19bien évidemment,
41:20ils ont la capacité
41:21de le faire.
41:21Et puis,
41:22il y a autre chose aussi.
41:22Ça serait risqué
41:23par rapport à l'idée
41:24que Trump va se rendre
41:25à Pékin
41:26le 14 mai prochain
41:27et donc,
41:29ça risquerait
41:29de compromettre ce sommet.
41:31Sauf qu'il faudra
41:32qu'il les prenne
41:32sur le fait
41:35et qu'il prouve
41:36que les Chinois
41:37fournissent ça.
41:38Mais,
41:38par exemple,
41:39vous savez
41:40parfaitement bien
41:41qu'en Iran
41:42actuellement,
41:43si vous fouillez
41:44dans les stocks,
41:45il y a les armes russes
41:45et les armes chinoises.
41:46Qu'est-ce qu'ils livrent
41:47alors concrètement
41:48les Chinois ?
41:48Vous,
41:49vous en êtes persuadé ?
41:49Ils livrent des armes
41:50à l'Iran.
41:51Déjà,
41:51vous avez passé
41:52un petit moment
41:53pour les mines.
41:54Il y a les mines chinoises
41:55qui sont livrées.
41:56Il y a les mines russes.
41:57C'est avant la guerre, ça.
41:58Voilà,
41:59ça c'est d'avant la guerre,
42:00bien évidemment.
42:01Parce que la Russie
42:01est un des principaux fournisseurs
42:03d'armes de l'Iran.
42:03Il y a des accords de défense.
42:05C'est ça.
42:05Et d'ailleurs,
42:06vous avez noté,
42:06Sergei,
42:07que le ministre russe
42:08des Affaires étrangères
42:09était aujourd'hui à Pékin.
42:11Qu'est-ce qu'ils vont se dire ?
42:12Ils vont se dire,
42:14ils vont discuter bien évidemment
42:15d'abord
42:16leur relation bilatérale.
42:18Parce que ça,
42:18c'est très important.
42:19Parce que la Chine,
42:21c'est le principal actuellement
42:24partenaire de commerce extérieur
42:25pour la Russie.
42:26La Chine représente
42:27plus de 50%
42:28du commerce extérieur russe.
42:30Pour le commerce chinois,
42:33c'est pinasse,
42:34c'est rien du tout.
42:34La Russie,
42:35c'est rien du tout.
42:35Le commerce extérieur chinois,
42:37c'est 6 000 milliards de dollars.
42:39La Russie,
42:40c'est 240 milliards.
42:41Ça veut dire
42:42que c'est 3,5%
42:44du commerce
42:44pour les Chinois.
42:45Mais sur l'Iran,
42:46qu'est-ce qu'ils vont se dire
42:47sur l'Iran ?
42:47Et donc,
42:48d'abord,
42:49ils vont discuter déjà
42:49leurs affaires.
42:50Parce qu'il y a autre chose.
42:52La Russie,
42:53justement,
42:54sur l'Iran,
42:54vous pensez qu'ils vont discuter
42:56comment on va aider
42:57nos amis iraniens,
42:58etc.
42:59Que nenni !
43:00La première chose
43:01que la Russie va discuter,
43:02l'Iran ne peut plus
43:04vous livrer le pétrole.
43:05Moi,
43:05je peux le remplacer.
43:07Moi,
43:07je peux vous le remplacer.
43:08La Russie et l'Iran
43:09sont les concurrents
43:10parce qu'en plus,
43:11ils ont la même qualité
43:12de pétrole.
43:13Ça sera un bon business.
43:14C'est un gros business
43:16parce que,
43:17imaginez,
43:17l'Iran livrait
43:184 millions
43:20de barils jour
43:21à la Chine.
43:22La Chine est un gros
43:23producteur de pétrole.
43:24La Chine,
43:25elle-même,
43:25produit 6 millions
43:27de barils par jour
43:28mais elle dépense
43:3012.
43:31Et donc,
43:32il lui faut la moitié
43:32qui lui manque
43:33et donc,
43:34cette moitié,
43:35l'Iran était pour
43:36deux tiers
43:36pour fournir
43:37ce pétrole-là.
43:38L'Iran n'est plus
43:39en capacité de fournir
43:41sur le moment
43:42ce pétrole
43:42et donc,
43:43les Russes,
43:43Poutine,
43:43il va dire
43:44je suis là,
43:45nous avons le pétrole-là,
43:47nous avons sa caline,
43:48nous avons sa caline 1,
43:49sa caline 2,
43:50nous avons déjà
43:51le tube
43:52qui va vers chez vous.
43:53Donc,
43:54d'abord,
43:54il sera question
43:55de remplacer
43:56l'Iran
43:57sur l'exportation
43:59de pétrole.
44:00en fait,
44:01le marché chinois.
44:02Et ensuite,
44:04concernant
44:04le réaliser...
44:05Vous imaginez,
44:06si les Iraniens
44:07vont apprécier ça
44:08parce que,
44:09bien évidemment,
44:10ils vont crier
44:12aussi
44:13à la trahison
44:14et ce n'est pas
44:15la première fois.
44:16D'ailleurs,
44:17je n'ai jamais compris
44:18comment ils réussissaient
44:20à s'entendre
44:21sur cette question
44:21étant les concurrents
44:24frontales
44:25sur la question du pétrole
44:26et de ce pétrole-là
44:27parce qu'en fait,
44:28le pétrole iranien,
44:29c'est un pétrole lourd
44:31et un certain nombre
44:32d'usines chinoises
44:34ne sont faites
44:35que pour ça.
44:36Donc,
44:36il n'y a que le pétrole
44:36vénézuélien,
44:37en Russie,
44:37qui peut le remplacer.
44:38Et les Russes sont là.
44:39On voit Sergueï,
44:40Vladimir Poutine à l'écran
44:41qui, hier,
44:43s'est proposé
44:43comme étant
44:44le nouveau médiateur.
44:45Alors,
44:45ça ne va pas forcément
44:46marcher parce que
44:47le Pakistan est en train
44:48d'organiser un deuxième
44:49round de négociations.
44:50Mais est-ce que c'est crédible
44:51cette offre de Poutine
44:53ou est-ce que c'est
44:53de l'opportunisme
44:55pur et simple ?
44:55C'est absolument
44:56un opportunisme
44:57et d'ailleurs,
44:58Poutine,
45:02il énerve Trump
45:03par rapport à ça
45:04parce que ça fait déjà
45:05la troisième fois
45:06qu'il se propose.
45:07La première fois,
45:08c'était l'année dernière
45:09après la guerre
45:10de Deux jours.
45:10Il s'est proposé
45:11pour être
45:13un intermédiaire
45:14entre l'Israël,
45:15les États-Unis
45:15et l'Iran.
45:17Et Trump
45:17lui a répondu
45:19d'une manière
45:19très sèche
45:20disant
45:21Vladimir,
45:22t'as ton truc
45:22en Ukraine,
45:24occupe-toi d'abord
45:24pour faire la paix
45:25en Ukraine,
45:26on verra ensuite,
45:27on n'a pas besoin de toi.
45:28Donc ça,
45:28ça s'est passé
45:29l'année dernière.
45:30Cette année-là,
45:31au mois de janvier,
45:33Poutine
45:34rebelote
45:34et propose
45:35la même chose.
45:36Et Trump lui a dit
45:36mais je t'ai dit
45:37déjà l'année dernière,
45:38en fait,
45:38tu commences
45:40à m'énerver
45:41et donc
45:42reste dans ton coin.
45:43Mais Poutine,
45:44il comprend aussi ça
45:45parce que
45:45vous vous souvenez
45:46quand la Russie
45:47n'était pas en Syrie,
45:49comment Poutine
45:50est devenu
45:51maître de jeu
45:52en Syrie ?
45:52C'est lorsque Obama
45:54prend la décision
45:55de se retirer
45:56de Syrie,
45:56les Anglais
45:57et les Français
45:58suivent parce qu'ils
45:59ne peuvent pas
45:59rester tout seuls
46:00en Syrie
46:01sans les moyens américains
46:02et du coup,
46:04la place est libre.
46:05Qu'est-ce qui va prendre
46:07cette place ?
46:07C'est l'Iran
46:08et la Russie.
46:09Et comme ça,
46:10Poutine,
46:11après,
46:11il nous a sorti ce truc
46:12sur les armes chimiques.
46:13Vous vous souvenez,
46:14il a dit
46:14si vous voulez
46:15vous débarrasser
46:16des armes chimiques,
46:17je peux le prendre
46:17chez moi libre.
46:19Et d'ailleurs,
46:20il nous fait la même chose.
46:22Vous vous souvenez ?
46:23Donc,
46:23avec les armes chimiques,
46:24c'était en Syrie
46:25et là,
46:26maintenant,
46:26il nous met la même chose
46:27avec l'uranium enrichi.
46:29Il dit,
46:29moi,
46:29je peux le prendre
46:30chez moi tranquillement,
46:31le garder,
46:32etc.
46:32On va en parler,
46:33justement,
46:34de l'uranium enrichi.
46:36Jusqu'à l'intérêt,
46:37Vladimir Poutine,
46:38à ce que cette guerre
46:38s'arrête ?
46:39Puisque,
46:39comme vous le dites,
46:40ils peuvent profiter,
46:42finalement,
46:42des blocages
46:44des pétroliers iraniens.
46:45Absolument.
46:45Aucun.
46:46Mais il se propose quand même.
46:47Il se propose,
46:48mais parce qu'il ne fait...
46:50Pour son image ?
46:52Où est-ce qu'il a réussi ?
46:53Où est-ce qu'il a réussi ?
46:54C'est non seulement l'image,
46:56c'est re-rentrer dans le jeu.
46:58Ça veut dire que c'est...
46:59Poutine veut jouer
47:00à la table des grands.
47:01Et on sent en tout cas
47:03qu'en Russie,
47:04on frotte quand même
47:05un petit peu les mains.
47:07On écoute le propagandiste
47:09en chef,
47:09Soloviev,
47:10à la télé russe.
47:12Content,
47:13finalement,
47:13de ce que fait
47:14Donald Trump.
47:15Regardez.
47:17Je l'aime beaucoup.
47:18J'aime beaucoup Trump.
47:19Car il est en train
47:20de détruire l'OTAN.
47:22Tout ce qu'a dit Karen
47:22est justifié.
47:24C'est une version cruelle
47:25et brutale
47:26de la perestroïka
47:28à la sauce américaine.
47:29Et il ne se calmera pas
47:30tant qu'il n'aura pas
47:31totalement détruit l'Amérique,
47:33ses alliés
47:33et toutes ses alliances.
47:34On s'en coûte.
47:35Voilà.
47:36Donald Trump est en train
47:36de détruire l'OTAN,
47:38ses alliés.
47:39Il est en train
47:39de s'auto-détruire aussi,
47:41en train de détruire
47:41les États-Unis
47:42et Soloviev jubile.
47:44Ben génial.
47:45Génial.
47:45Vous vous souvenez
47:46le Premier ministre polonais
47:48qui disait
47:48tout ce qu'a fait Trump,
47:50en fait,
47:51c'est les rêves
47:51de Poutine.
47:54Destruction de l'OTAN,
47:56casser l'ordre mondial,
47:57pas de relations internationales,
48:00pas de la loi internationale
48:02parce que finalement,
48:03ils ont la même approche.
48:04Poutine a attaqué l'Ukraine,
48:06Trump a voulu prendre
48:08la Groenlande
48:09et puis le Groenland
48:10et puis le Canada, etc.
48:12Donc en fait,
48:12ils ont à peu près
48:13la même vision
48:14et ils s'adorent
48:15les uns les autres.
48:17D'ailleurs,
48:18dans mon prochain livre,
48:18vous aurez voir,
48:20je vous ai préparé
48:21quelques surprises
48:21parce que j'ai des chapitres
48:22spéciaux par rapport à ça.
48:24C'est-à-dire ?
48:25Il y aura des chapitres
48:26Trump
48:27et le chapitre Poutine
48:28et aussi leurs relations.
48:31Donc Trump n'a pas besoin
48:32de Poutine en ce moment ?
48:34Trump n'a pas besoin
48:35de Poutine ici.
48:37Après,
48:38il veut détacher Poutine
48:40de la Chine
48:41mais il n'arrive pas
48:42à faire ça.
48:43Il aimerait bien
48:44rattacher Poutine
48:46comme vassal
48:46mais pas comme égal
48:49parce qu'en même temps,
48:51il comprend très très bien
48:52qu'économiquement,
48:53la Russie,
48:54c'est 3,5%
48:55de l'économie mondiale,
48:56les Etats-Unis,
48:57c'est 25%.
48:58C'est 15 fois plus
48:59que la Russie.
49:01Militairement,
49:01c'est 10 fois plus
49:02que la Russie.
49:03Au niveau de population,
49:04c'est 2 fois plus
49:05que la Russie.
49:05Donc en fait,
49:07ils considèrent Poutine
49:08comme un égal
49:09mais sans vraiment
49:10le considérer
49:11comme un égal.
49:12sur l'uranium,
49:14on est maintenant
49:15à peu près sûr
49:15que les 450 kg
49:17d'uranium en Russie
49:17sont toujours en Iran
49:19et vous le disiez...
49:20Vous êtes sûr,
49:21moi je ne suis pas sûr.
49:21Alors,
49:22vous n'êtes pas sûr
49:23à ça ?
49:23Vous n'en êtes pas sûr ?
49:25Non,
49:25mais personne n'est sûr
49:26en réalité.
49:26Le Wall Street Journal
49:27affirme qu'au bout
49:28de 5 semaines de guerre,
49:30les 450 kg d'uranium
49:32sont toujours là,
49:32enfouis quelque part,
49:34peut-être à Ispahan.
49:35Ah non,
49:36mais vos renseignements
49:37m'intéressent.
49:37Non,
49:38mais c'est pas le renseignement.
49:40C'est pas le renseignement.
49:41Ça veut dire que
49:41j'adore les médias américains
49:43qui nous sortent
49:45des informations
49:45sans être sur le terrain.
49:47Mais ils seraient où alors ?
49:48Je suis persuadé
49:49que même la CIA
49:50actuellement ne le laissait pas.
49:51Et comment c'est possible
49:52qu'on le sache pas ?
49:53Parce qu'il faut être
49:54sur le terrain
49:54pour être sûr.
49:55Et donc en fait,
49:56on a bombardé,
49:57mais on a bombardé tellement
49:59que pour après,
50:00pour être sûr,
50:01est-ce que ça a bougé
50:02et ça n'a pas bougé ?
50:03Est-ce que
50:04ils ont eu vraiment
50:06le temps
50:07de les évacuer
50:08ou pas ?
50:09Parce que finalement,
50:09les 450 kilos,
50:11c'est pas un truc énorme
50:13parce que déjà,
50:14ça pèse lourd.
50:14En fait,
50:15c'est une grosse boule.
50:16Enfin,
50:18je ne suis même pas sûr
50:19que c'est métallique.
50:20Donc,
50:21c'est un conteneur
50:22et puis le conteneur,
50:23vous pouvez le charger
50:24sur une petite camionnette
50:26et le faire partir.
50:27Vous avez sans doute raison,
50:28personne ne le sait
50:29avec précision
50:30sauf les Iraniens.
50:31Mais,
50:31ça reste
50:32l'un des objets
50:33de la négociation
50:34avec...
50:35Numéro 1.
50:35C'est le numéro 1.
50:36L'uranium enrichi
50:38et l'enrichissement
50:38de l'uranium.
50:39Absolument.
50:39Sur les 440 kilos
50:41qui sont manquants,
50:43comment on en sort ?
50:44Les Iraniens disent
50:45pas question de l'exporter,
50:47on peut le diluer
50:47nous-mêmes
50:48pour réduire
50:49l'enrichissement
50:49de 60%
50:50à par exemple
50:513,5%,
50:52etc.
50:52Les Américains
50:53n'y croient pas
50:54et ils voudraient
50:55donc constituer
50:55un consortium
50:56qui sortirait
50:57cet uranium enrichi
50:59de l'Iran
50:59et qui permettrait
51:01de le stocker ailleurs.
51:02Comment on en sort
51:03selon vous ?
51:03Il y avait une autre version.
51:06Trump a préparé
51:07aussi une opération
51:08pour intervenir
51:09avec un raid commando
51:10pour essayer
51:11quelque part
51:12de débarquer
51:12avec les excavateurs
51:14et puis les trouver
51:15les 450 kilos
51:17et les faire sortir
51:18eux,
51:18les Américains,
51:19Vous y croyez
51:20cette version ?
51:21Non, pas du tout.
51:21Je n'y crois pas du tout
51:22mais justement
51:23en fait pour moi
51:24la bonne réponse
51:26c'est la réponse
51:27du consortium international
51:29il parle avec
51:30la participation
51:31de l'agence
51:34à l'énergie atomique
51:35comme contrôleur
51:36et à ce moment-là
51:37on peut être sûr
51:38que...
51:38Et quel pays alors ?
51:39Les pays après
51:41c'est à la limite
51:43c'est à l'AEA
51:44de désigner le pays
51:46mais comme disent
51:49certains experts
51:50ce n'est pas la peine
51:51non plus
51:51de l'envoyer
51:52en Arabie Saoudite
51:53parce qu'on ne sait pas
51:54du tout
51:54ce qui peut se passer
51:55en Arabie Saoudite
51:56surtout que l'Arabie Saoudite
51:58maintenant a compris aussi
51:59que la seule façon
52:00de se protéger
52:01dans le monde actuel
52:02c'est la bombe nucléaire
52:03et donc on peut y avoir
52:04des surprises
52:05Et alors suite
52:06de la proposition de Peskov
52:07que vous évoquiez tout à l'heure
52:08le porte-parole du Kremlin
52:09alors il réitère
52:11sa proposition aujourd'hui
52:13concernant l'accueil
52:13de l'uranium enrichi
52:16cette proposition
52:17a été formulée
52:18par le président Poutine
52:19l'offre tient toujours
52:20mais n'a pas encore
52:21été suivie des faits
52:22c'est très aimable
52:24de la part des Russes
52:24de proposer
52:27généreusement
52:27de recueillir
52:28l'uranium enrichi
52:29Méfiez-vous
52:30des personnes aimables
52:31les personnes aimables
52:32c'est soit les escrocs
52:33soit les voleurs
52:34soit les espions
52:35parce que les espions
52:37c'est pas avec
52:38les gens qui vous font la gueule
52:39les espions
52:40c'est les gens
52:40qui vous sourient
52:41qui sont très aimables
52:43et plus les personnes
52:44sont aimables
52:45plus il faut se méfier
52:46les Russes
52:47Poutine
52:47pour l'uranium
52:49là je me méfie
52:50comme la personne
52:51on s'en méfie tous
52:51je vous rassure
52:52Poutine avec 450 kg
52:54d'uranium enrichi
52:55a priori
52:56c'est pas hyper rassurant
52:57mais pourquoi
52:58pourquoi il insiste là-dessus
53:01qu'est-ce qu'il veut en faire
53:02de ces kilos d'uranium ?
53:03il n'existe pas actuellement
53:04en tant qu'acteur
53:06dans cette crise
53:07en fait il est observateur
53:10il est observateur
53:11mais il n'aime pas
53:13être observateur
53:14pour lui dans sa tête
53:15les 45%
53:17du potentiel nucléaire mondial
53:19qu'il a
53:19soviétique
53:21et un peu
53:21du nouveau potentiel russe
53:23font de lui
53:25un égal
53:26aux Etats-Unis
53:27et à la Chine
53:28en réalité économiquement
53:29c'est un nain
53:31par rapport
53:32à ces deux
53:33grandes puissances
53:34parce qu'il n'y a aucune
53:35superpuissance actuellement
53:36dans le monde
53:37il y a des grandes puissances
53:38mais il n'y a pas de superpuissance
53:39superpuissance
53:40c'est le producteur de modèles
53:41ok
53:42les chinois
53:42ne produisent pas de modèles
53:44est-ce que vous aimez
53:45la musique chinoise
53:46est-ce que vous aimez
53:47les films chinoises
53:48ça veut dire quoi ?
53:49du temps de l'Union soviétique
53:50et des Etats-Unis
53:51l'Union soviétique
53:52produisait le modèle
53:53du communisme
53:54du collectivisme
53:55et les Etats-Unis
53:56donc
53:57l'entreprise individuelle
53:59plus Hollywood
54:00plus
54:01tous les cinémas américains
54:03plus la musique américaine
54:04qui s'imposait
54:05plus le McDonald's
54:06dans le monde entier
54:06il n'y a plus d'hyperpuissance
54:07mais il y a des empires
54:08et donc on est dans
54:09la guerre des empires
54:10avec l'empire chinois
54:11c'est clair
54:12l'empire américain
54:13c'est Trump
54:13et Poutine aimerait bien
54:14être le troisième empire
54:16la Russie est un empire
54:18Poutine se comporte
54:19comme impérialiste
54:21d'où d'ailleurs
54:21sa guerre en Ukraine
54:22la guerre en Ukraine
54:23c'est une guerre
54:24purement impérialiste
54:26et puis
54:26il y a Erdogan
54:27qui voudrait retrouver
54:28y compris
54:29la Mecque et Médina
54:30parce que l'empire turc
54:32possédait le contrôle
54:33sur
54:35les liens sains
54:36de l'islam
54:37puis vous avez
54:38l'Inde
54:39qui n'a jamais
54:41vraiment été un empire
54:42plutôt la colonie
54:43des Britanniques
54:44mais c'était
54:44une grande civilisation
54:46et donc voilà
54:47il y a ça aussi
54:48et à la tête
54:48de l'empire américain
54:49il y a Donald Trump
54:50et il y a dans ce conflit
54:51une hyper personnalisation
54:53du personnage
54:54Donald Trump
54:55y compris par
54:56les Iraniens
54:57qui s'en moquent
54:58dans ce clip
54:59qui a été diffusé aujourd'hui
55:00regardez
55:29Sous-titrage Société Radio-Canada
55:32Blanca
55:33ça vous fait rire
55:34ça vous fait chanter aussi
55:35déjà je suis fan
55:36des années 80
55:37donc c'est une de mes chansons préférées
55:40je l'ai découvert
55:42bien évidemment
55:42aussi à Moscou
55:43qu'est-ce qu'on pouvait danser
55:44avec
55:45à cette époque-là
55:46et c'est vachement bien fait
55:48c'est bien évidemment
55:49c'est Léa
55:50qui a produit ça
55:51sur une chanson française
55:53quand même
55:54c'est rigolo
55:55que l'Iran
55:57et les Etats-Unis
55:58s'attaquent sur fond
56:00de chansons françaises
56:01mais que dire
56:03de cette hyper personnalisation
56:04Donald Trump
56:05il joue là-dessus aussi
56:06il y a eu
56:06une sorte de polémique
56:08il a publié sur son compte
56:09une photo de lui
56:10déguisé en Dieu
56:12tout simplement
56:13ah non
56:14là c'est un scandale
56:15sur son compte
56:16True Social
56:16ça a fait
56:17peut-être qu'on peut la voir
56:18cette photo
56:19ça arrive me dit-on
56:20c'est aussi un dessin
56:21produit avec de l'IA
56:22où on le voit
56:23comme Jésus crie
56:24mais lui il dit
56:25c'est pas vrai
56:25alors lui il dit
56:26c'est pas vrai
56:26je ne voulais pas
56:28me représenter
56:29comme Jésus-Christ
56:31il n'empêche
56:32qu'il a retiré
56:33la photo
56:34vu le scandale
56:35que ça causait
56:36dans sa base
56:37Maga
56:37où il y a aussi
56:38de fervents catholiques
56:40il y a deux faux pas
56:43qu'il a commis
56:44les derniers jours
56:45c'est s'attaquer au pape
56:47en direct
56:48à plusieurs reprises
56:49et faire
56:50cette provocation
56:51donc
56:52il a oublié
56:53que tout l'électorat
56:54déjà parmi son électorat
56:56il y a beaucoup de croyants
56:57chrétiens
56:58tout l'électorat
56:59hispanisant
57:00c'est l'écato
57:01Marco Rubio
57:02c'est cato
57:02J.D. Vance
57:04c'est cato
57:04et donc là
57:05c'était très très mal vu
57:07on l'a traité
57:07d'antéchrist
57:08hier
57:09quand il a publié ça
57:11parce que
57:12et en plus
57:12je crois qu'il n'a même pas compris
57:14ce qu'on lui a reproché
57:16parce que
57:17j'ai l'impression
57:17qu'il s'amuse
57:19mais son amusement
57:21on se pose quand même
57:22les questions
57:23sur sa capacité
57:24de comprendre
57:26réellement
57:27la portée
57:28de ces blagues
57:30et des enjeux
57:31de la guerre aussi
57:32d'ailleurs
57:33vous savez
57:34il y a une petite chose
57:36qui est sortie
57:36parce que
57:38il y a
57:38J.D. Vance
57:39qui a expliqué ça
57:40le vice-président
57:40le vice-président
57:41et J.D. Vance a dit
57:42vous savez
57:44Donald Trump
57:45a voulu
57:45faire une blague
57:47et les gens
57:48n'ont pas compris
57:49sa blague
57:49donc en fait
57:50il a contredit Trump
57:51parce que Trump
57:52a donné
57:53un alibi
57:55comme quoi
57:55il était habillé
57:56en soigneur
57:58de la croix-rouge
57:59et en fait
57:59non
58:00J.D. Vance a dit
58:00il voulait faire une blague
58:02c'est une mauvaise plaisanterie
58:04qui était mal comprise
58:05J.D. Vance
58:06qui a trahi
58:07en quelque sorte
58:08la version
58:09du président
58:10américain
58:11merci beaucoup
58:12Sergueï Gironov
58:13c'était agréable
58:14de vous avoir
58:15dans ce rôle aussi
58:16du grand invité
58:17du 20h40
58:18merci Ulysse Gosset
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