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À Philadelphie, l’administration Trump a remplacé les panneaux d’une exposition consacrée aux personnes réduites en esclavage par George Washington dans l’ancienne résidence présidentielle. Le débat est immense : peut-on célébrer un père fondateur sans raconter les personnes qu’il a possédées ? Derrière cette affaire, il y a une question centrale : qui contrôle la mémoire de l’esclavage dans les musées ?


#GeorgeWashington #Trump #HistoireNoire #Mémoire

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Personnes
Transcription
00:00Cette semaine, à Philadelphie, donc aux États-Unis, une exposition sur l'esclavage a été remplacée dans la nuit.
00:06Pas une statue déplacée, pas une plaque oubliée, non !
00:09Une exposition entière consacrée aux personnes réduites en esclavage par George Washington, oui.
00:14Le lieu s'appelle le President House.
00:17C'est l'ancienne résidence présidentielle, là où Washington a vécu quand Philadelphie aidait la capitale des États-Unis.
00:24Et sur ce site, une question dérangeante était posée, et cela depuis plusieurs années.
00:28Comment célébrer le premier président américain sans effacer les personnes qu'il a lui-même possédé ?
00:34Parce que oui, George Washington n'était pas seulement un des pères fondateurs des États-Unis, il était aussi propriétaire
00:41de personnes esclavagisées.
00:42Et dans cette maison, à Philadelphie, neuf personnes africaines ou afro-descendantes ont été documentées.
00:49Nous parlons de Oney, Judge, Hercules, Austin, Gilles, Mole, Paris, Richmond, Joe et Christopher Shields.
00:57Ce ne sont pas des détails, ce sont des vies, ce sont des personnes, ce sont des noms, ce sont
01:01des familles brisées, ce sont des corps qui ont travaillé.
01:04Ce sont aussi des personnes qui ont servi, cuisiné, conduit, nettoyé, attendu, obéi sous contrainte.
01:11Et certaines personnes ont résisté.
01:14Nous parlons par exemple de Oney, Judge, qui, lui, a fui l'esclavage.
01:18Hercules, lui, a fini par s'échapper.
01:20Donc, raconter cette histoire, ce n'est pas salir la personne de George Washington, si tant est, beaucoup de personnes
01:27aimeraient le faire.
01:28C'est raconter l'histoire de l'Amérique en entier, plutôt des États-Unis.
01:32Mais voilà le problème.
01:33Quand une nation veut être fière d'elle-même, elle préfère parfois les fondateurs sans les esclaves.
01:39Les grandes déclarations sans les chiens.
01:41Les héros sans les victimes.
01:43Pour pousser la réflexion, la liberté, sans ceux qui en ont été privés ou exclus.
01:48Et c'est exactement ce que racontent, ou plutôt ce que dénoncent, les critiques de cette nouvelle exposition.
01:53Ils accusent directement l'administration de Donald Trump, donc je le rappelle président des États-Unis,
01:58d'avoir adouci le récit, de l'avoir rendu plus favorable à Washington.
02:03En retirant des éléments qui montraient plus clairement la violence du système esclavagiste.
02:07Mais l'histoire n'est pas là pour rassurer, comme je le rappelle.
02:10Un musée n'est pas là pour protéger l'ego national.
02:12Un lieu de mémoire n'est pas là pour être une publicité pour la nation, vous comprenez ?
02:16C'est un endroit où l'on regarde ce qui s'est réellement et vraiment passé.
02:21Même quand ça dérange, même quand ça abîme les mythes,
02:23même quand sa force a dit qu'un homme peut être à la fois le fondateur des États-Unis d
02:29'un pays
02:29et acteur d'un système violent.
02:31Parce qu'honorer une figure historique ne devrait jamais exiger d'effacer les personnes qu'elle a dominées.
02:38Et ce débat ne concerne pas seulement les États-Unis.
02:40En France aussi, nous avons nos rues, nous avons nos statuts, nos lieux,
02:44nos figures coloniales présentes et cela sans leurs victimes.
02:48De ce fait, est-ce qu'on veut une histoire qui nous rend fiers
02:51ou est-ce qu'on veut une histoire qui nous rend lucides et conscients ?
02:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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