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  • il y a 11 heures
Depuis le 28 mai, Wegovy® et Mounjaro® sont remboursés pour environ un million de patients atteints d'obésité sévère. Le ministère évoque un coût annuel d'une centaine de millions d'euros. Entre l'augmentation continue du nombre de patients concernés et l'arrivée de nouvelles molécules, la question du coût réel à moyen terme reste ouverte.

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Transcription
00:04Et on passe au scan, comme à chaque fois, et Hervé, pour toi, le remboursement des médicaments anti-obésité et
00:10médicalement, une bonne nouvelle ?
00:11Oui, c'est une avancée très importante, ça a été dit, effectivement, c'est une maladie grave, chronique, et surtout
00:17qui coûte très cher à la collectivité.
00:18Il y a un cabinet, Asteres, je le cite, qui estime que ça coûte 13 milliards d'euros par an
00:24en 2024, et que ça va monter à 15 milliards en 2030 si on ne fait rien.
00:28Donc, clairement, il fallait agir, il fallait faire quelque chose, et donc, dans ce cadre-là, je comprends que notre
00:33cher ministre, Stéphanie Riste,
00:35je dis ça comme on change de ministre tout le temps, on oublie les noms, 10 ans, il n'y
00:40a que moi qui les connais,
00:41donc elle a annoncé le remboursement de deux médicaments anti-obésité, deux pour l'instant, sur leur nom de marque,
00:49Ouégoji et Mounjaro,
00:50et alors, ce que je peux vous dire, c'est que, sans jeu de mots, définir leur prix remboursé n
00:55'a pas été une mince affaire.
00:57D'abord, ils ont mis tout un tas de conditions, ils ont dit, bon, c'est réservé uniquement aux patients
01:02les plus graves.
01:04Donc, vous l'aviez expliqué, il faut un IMC élevé, des comorbidités, tout ça.
01:08Alors, après, c'est là où ça devient amusant, c'est que les chiffres ne sont pas très précis.
01:12Donc, j'ai vu, d'après l'OFEO, vous connaissez, vous deux, l'observatoire français d'épidémiologie de l'obésité,
01:19que ça correspondrait à un million de patients.
01:21Ce qui est intéressant, c'est que dans le texte, il y a marqué, c'est le chiffre le plus
01:24chèvre, bon, cité.
01:25C'est pas très solide comme source, mais enfin bon.
01:27Donc, ça, c'est un point.
01:28Donc, c'est certains patients.
01:29Après, c'est certains médecins, certains experts de l'obésité, pour les appeler comme ça,
01:34dont vous avez parlé, les médecins-coordinateurs du PCR ou les nutritionnistes endocrinaux, diabétaux, etc.
01:41Il serait environ 2000 en France.
01:43Alors, je me suis dit que ça, c'était une bonne façon d'en limitant la primo-prescription à ces
01:47gens-là,
01:48parce que si on dit qu'il y a un million de patients et 2000 médecins, ça fait 2500 patients
01:53par médecin.
01:54Il va y avoir un petit peu de temps avant que tout le monde soit vu.
01:56Je pense que le calcul a été fait volontairement.
01:59Troisième point, le prix à être remboursé a été gravement abaissé.
02:03Entre remboursé et non remboursé, je ne sais pas si vous avez observé, moins 45% les prix.
02:07Donc, les labos pharmaceutiques ont accepté, mais ils ne sont pas fous,
02:10parce qu'ils voient bien que ça va amplifier derrière,
02:13avec une prise en charge qui est facialement de 65%,
02:16mais qu'en fait, c'est de 100%.
02:17Vous savez que l'ALD ne concerne pas l'obésité en France,
02:20contrairement à tous les autres pays d'Europe.
02:22Donc, pourtant, toutes les comorbidités associées, comme le diabète, sont prises en ALD.
02:25Affection longue durée.
02:27Donc, tout ça pour dire que notre ministre a déclaré sur le Péron de l'Elysée,
02:31quand elle a dit ça, c'est pas vrai, c'était à pitié,
02:34ça va coûter une centaine de millions par an.
02:36Et moi, ça m'amuse toujours qu'une ministre dise au conditionnel
02:39ça devrait coûter une centaine de millions.
02:41Ça prouve qu'on ne sait pas le prix.
02:42Parce qu'à ton avis, ça pourrait coûter beaucoup plus cher.
02:44À mon avis, ça va coûter beaucoup plus cher.
02:46Effectivement.
02:47D'abord parce que l'OMS parle d'une épidémie d'obésité.
02:50Donc, dans tous les pays du monde, en France,
02:51le nombre de patients obèses va augmenter.
02:54C'est mécanique, c'est inéluctable.
02:56Ça a doublé en 30 ans.
02:57Je ne vois pas pourquoi ça s'arrêterait.
02:59Là, c'est le premier point.
03:00Et chaque année, on va avoir des nouveaux patients
03:02qui vont venir s'agréger aux patients déjà existants.
03:04Et je n'ai pas trouvé de chiffre d'incidence.
03:07Le nombre de nouveaux patients n'existe pas.
03:09Donc, je connais vaguement le nombre de patients,
03:11mais pas vraiment le nombre de nouveaux patients.
03:13Donc, c'est intéressant.
03:14Je pense aussi que certaines prescriptions
03:16pourraient être hors champ, pour le dire un peu hors AMM.
03:19Parce que, peut-être pas les primo-prescriptions,
03:21les grands experts des centres vont faire tout bien.
03:22Mais quand on va retomber, c'est le médecin généraliste
03:24dont on parlait, qui est censé, sans formation,
03:29prolonger la prescription.
03:30Parce que si on arrête, on prend du poids.
03:32Mais il y a quand même des critères à respecter.
03:33Des critères sur lesquels on n'a pas formé.
03:35« Mettez-vous à la place du IMG, il a 5 minutes
03:37pour dire à un patient,
03:39ok, son IMC n'a pas baissé tout à fait assez. »
03:41Ben, on arrête.
03:42Il va recommencer à prendre du poids.
03:43C'est absurde.
03:44Donc, forcément, on va y avoir des dérives aux gentilles
03:47en disant « Bon, allez, ça n'a pas vraiment baissé,
03:48mais on en reparle dans un mois. »
03:51Et puis, on a plein d'agonistes de GLP1 qui arrivent.
03:54Et donc, la concurrence marketing va être terrible.
03:57Et donc, il va y en avoir plus.
03:58Ils sont plus efficaces.
04:00Ils sont Peros, Voivral, tout ça.
04:01Et surtout, ils vont avoir plein d'autres indications
04:04hyper intéressantes.
04:05L'apnée du sommeil,
04:07la stiétopathie, la mâche,
04:09la maladie d'Alzheimer.
04:10Ce n'est pas une blague.
04:11Les études sont en cours.
04:12Et l'arthrose du genou, le diabète et tout ce qu'on veut.
04:15Donc, on va se retrouver à avoir ouvert une boîte de Pandore.
04:18Ce qu'on appelle les agonistes de GLP1.
04:19Ils vont être indiqués dans toutes les pathologies
04:22et remboursés.
04:23Et pour toi, deux courbes vont se croiser ?
04:24Clairement.
04:25On va avoir la courbe, la perte des poids des patients
04:27et la prise de poids financière des laboratoires pharmaceutiques
04:31qui ont eu la bonne idée d'investir ce segment.
04:34Je ne sais pas si vous avez constaté que Lili est aujourd'hui
04:37le premier laboratoire pharmaceutique à avoir dépassé
04:40une capitalisation boursière de 1 000 milliards de dollars.
04:43Et Novo Nordisk, petit laboratoire danois,
04:48en 2023, sa capitalisation boursière était supérieure
04:51au PIB de son pays d'origine.
04:53D'ailleurs, supérieure aussi à la cotation de LVMH en Europe.
04:57Je ne sais pas si ça vous donne des...
04:58Voilà.
04:59Donc, bref, tout le monde veut sa part du gâteau.
05:01Un gâteau qui fera maigrir les patients, assez étrangement,
05:04mais qui va bien faire grossir certains organismes financiers.
05:07Merci beaucoup Hervé.
05:08Chers invités, est-ce que vous partagez ce point de vue ?
05:11C'est une révolution qui va coûter cher ?
05:14Ah, c'est sûr.
05:15Et ce qu'a annoncé la ministre, malheureusement,
05:17est un petit peu en décalage.
05:18Je vous laisserai faire les calculs,
05:20mais 1 million de personnes,
05:21et prenons uniquement la molécule qui est la moins chère,
05:24qui est à 195 euros remboursée, à 65%.
05:26Si vous multipliez par le nombre de patients sur un an de traitement,
05:30c'est 1,5 milliard pour la Sécurité sociale.
05:33Uniquement pour la Sécurité sociale.
05:36Et on part de 1 million de personnes,
05:38sachant que ça se situe entre 1 et 3,
05:40donc vous voyez, ça peut vite passer à 2 milliards ou 3 milliards.
05:44Donc c'est des chiffres, effectivement, assez astronomiques.
05:48C'est la raison pour laquelle les conditions ont été assez strictes,
05:51mais malgré tout, avec un coût qui...
05:55Hervé évoquait quelques possibles erreurs.
05:58Oui, mais encore une fois, je pense que le sujet de santé publique,
06:01ce n'est pas forcément le coût facial de 1 milliard ou 2 milliards ou 3 milliards.
06:05C'est derrière, est-ce que véritablement ces patients vont maintenir le poids perdu,
06:10vont s'éloigner des risques de comorbidité liés à cette perte de poids ?
06:14C'est ça, le vrai enjeu pour l'enjeu de santé publique.
06:18Il est là.
06:19Et donc l'accompagnement, ce qu'on évoquait,
06:22qui est nécessaire pour ne pas reprendre ce poids.
06:24Si vous arrêtez le traitement, vous reprenez.
06:26Élise ?
06:27Oui, c'est vrai, ça va coûter cher,
06:29mais bon, après, ça limitera peut-être les coûts liés aux autres complications,
06:32donc par exemple, maladies cardiovasculaires, cancers,
06:35même diabète, qui sont des facteurs de risque de l'obésité.
06:38Mais après, c'est vrai que le traitement, il faudrait le prendre toute la vie,
06:41comme les autres pathologies chroniques,
06:43comme on se foigne un diabète, les diabétiques,
06:45ont le traitement toute la vie.
06:46Donc l'obésité, il faudrait que le traitement soit toute la vie du patient.
06:50Donc c'est pour ça que ça coûtera encore plus cher
06:52si le patient prend ce traitement toute la vie.
06:54mais ça limitera à certains coûts de d'autres pathologies.
06:59Merci beaucoup.
07:00Merci.
07:00Merci, chers invités.
07:02Damien Cacaré, directeur général de RNPC,
07:05et Élise Bourgeois, responsable de recherche clinique
07:07à la Ligue nationale contre l'obésité.
07:10Et Hervé, je te dis, bonnes vacances.
07:11Bonnes vacances, Élix.
07:12On va à la rentrée.
07:13Volontiers.
07:13Et tout de suite, on passe à la pépite santé.
07:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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