00:00 On va parler de notre santé, d'un sujet très important pour beaucoup d'entre nous qui est l'obésité.
00:05 Quelles sont les premières réactions des 7048 patients traités en France par le Ouïgovy ?
00:11 Ce médicament contre l'obésité, enfin je dis traitement, c'est pas tout à fait ça,
00:16 il s'agit en fait d'un test précoce réalisé avant que le médicament puisse être formellement prescrit.
00:22 On va en parler dans un instant avec vous Pierre Azam, vous êtes médecin nutritionniste et fondateur de l'Observatoire de l'obésité.
00:28 D'abord, est-ce que vous reprendriez l'expression qu'on lit beaucoup dans la presse ces dernières semaines sur le Ouïgovy, qui parle d'un médicament miracle ?
00:35 Il ne faut surtout pas parler de ce médicament de cette façon-là.
00:38 D'abord, c'est un médicament qui est, comme tous les médicaments, nécessite une observance, un suivi et un accompagnement,
00:46 puisqu'on parle de nutrition qui doit être accompagnée de règles de nutrition et des règles hygiénéodétiques, sport, éléments éventuellement psychologiques d'apport.
00:55 Donc c'est un médicament qui a été testé en accès précoce pour 7000 Français, dont Marie-Hélène.
01:01 Marie-Hélène témoigne ce matin dans Première édition, elle a testé le médicament et voici ce qu'elle en dit.
01:07 Moi j'étais en obésité morbide. Je suis une ancienne porteuse d'anneaux.
01:11 J'ai posé un anneau gastrique en 2008 qui m'a été retiré en 2012.
01:18 Et suite à ça, j'ai repris tout, voire même plus que ce que j'avais perdu avec l'anneau.
01:24 Quand j'ai commencé le Wegovy, j'étais à 121 kilos pour 1m66.
01:31 Là je suis entre 92 et 94 kilos.
01:35 En un an, j'ai perdu un peu plus de 30 kilos.
01:37 Depuis que je prends le Wegovy, j'ai moins de tentations, j'arrive mieux à gérer mon alimentation.
01:45 Je suis plus, enfin, j'arrive mieux à sentir ma satiété.
01:49 Ça m'a aidée en perte de poids, mais après ça ne fait pas tout, c'est comme tout.
01:54 Mais ça donne envie de prendre plus soin de soi parce qu'on voit que ça marche et ça donne envie de céder.
02:01 Déjà eu un médicament aussi efficace ?
02:03 Non. En fait, ce qui a existé précédemment, c'était des médicaments d'accompagnement,
02:08 des coupes fins dans les années 90, des choses comme ça,
02:11 mais qui avaient des dangers très importants.
02:14 Mais pas de médicament de cette efficacité-là.
02:17 J'ai une question, est-ce que Marie-Hélène va devoir le prendre à vie, ce médicament ?
02:21 Pour l'instant, les études sont sur 68 semaines.
02:25 On ne sait pas exactement pour l'instant sur les études du laboratoire si la prise à vie est indiquée.
02:32 Mais quand ça s'arrête, on reprend ses kilos ?
02:35 S'il y a un bon accompagnement, a priori, il ne devrait pas y avoir ou moins y avoir ce type de reprise.
02:41 Par contre, on ne le sait pas absolument.
02:44 Sur quoi agit le médicament ? On entendait la patiente parler de « ça joue sur ma satiété ».
02:50 Quels sont les effets ?
02:52 C'est une hormone « like », c'est-à-dire qu'elle prend la place d'une hormone digestif
02:58 qui aide à leurrer le cerveau sur les apports glucidiques et les envies glucidiques.
03:03 Par ailleurs, ça ralentit la vidange de l'estomac,
03:06 donc ça permet d'avoir une satiété plus longue.
03:09 Puisque ça a été utilisé au départ comme un antidiabétique,
03:13 ça se joue sur la régulation du sucre dans l'organisme.
03:16 Et pour des gens qui ont grossi de façon un peu anormale et qui n'arrivent pas à reperdre du poids,
03:21 qui ont des blocages de l'insuline, ça aide à requalifier l'insuline d'actif de Marie.
03:27 Est-ce qu'il y a des risques à prendre ce médicament ? Quels sont les risques physiques qu'on en compte ?
03:30 Et les effets secondaires ?
03:32 Les effets secondaires qu'on connaît sont les nausées, les vomissements, les intolérances digestives essentiellement,
03:38 mais il y a des contre-indications et il y a eu des effets secondaires comme des pancréatites,
03:42 par exemple des infections du pancréas assez marginales, mais qui existent quand même.
03:47 Est-ce que c'est un médicament qui va arriver en France, qui sera sur ordonnance ?
03:51 Ce sera sur ordonnance.
03:53 En fait, l'idée du laboratoire, c'est d'essayer de classifier ces médicaments-là
03:59 en médicaments typiquement pour le diabète et en accès différent pour l'obésité,
04:05 puisqu'il y a eu une exagération d'utilisation de ce médicament anti-diabétique
04:10 et donc des ruptures de stock très importantes dans les pharmacies.
04:15 Parce que les 7000 patients qui le testent depuis maintenant un peu plus d'un an
04:18 sont des personnes qui ne sont pas juste enveloppées.
04:22 C'est des personnes, on part d'une IMC qui est importante.
04:25 Oui, supérieure à 40, avec des effets associés, c'est-à-dire cardiovasculaires,
04:32 cholestérol, apnée du sommeil, des effets de ces médicaments.
04:34 Donc ce sera sous prescription uniquement pour ces patients-là ?
04:37 Pour l'instant, cette étude est faite sur ces patients-là.
04:40 On voit qu'aux États-Unis, c'est pour des patients d'IMC supérieurs à 30
04:44 ou moins de 30 avec effets secondaires, enfin pathologies associées.
04:48 En Belgique, c'est 35. On verra ce que nous diriez l'ensemble là-dessus.
04:53 Est-ce qu'il n'y a pas un risque que ce médicament soit, peut-être pas prescrit,
04:58 mais détourné pour des personnes qui se trouvent un petit peu enveloppées ?
05:01 « J'ai 400 kg, allez, donnez-moi une petite injection ».
05:04 Oui, parce que c'est une injection.
05:06 C'est une injection hebdomadaire. C'est le risque et c'est la responsabilité des médecins.
05:11 Parce que ce sera sous prescription.
05:13 Parce que ce sera sous prescription. Les médecins vont avoir dans les mains un outil très utile,
05:18 potentiellement très utile, parce que l'obésité génère des pathologies,
05:22 de la mortalité et des coûts de santé énormes. Donc c'est dans nos mains.
05:26 C'est à nous de bien l'utiliser et d'être intransigeants sur le misusage.
05:30 C'est un médicament qui est cher. Combien d'ailleurs ?
05:33 Il sera cher. Je sais qu'en Belgique, il est vendu 220 euros la seringue d'un mois.
05:39 Par semaine ?
05:40 Par mois.
05:41 Par mois.
05:42 Par mois, 300 et quelques en Allemagne et plus de 1000 euros aux États-Unis.
05:46 Chez nous, ce sera remboursé par la Sécu ou pas ?
05:48 A priori, pour l'instant, pas. Puisque les médicaments antidiabétiques le sont,
05:53 cela ne devrait pas l'être.
05:55 Si on trouve un bénéfice sur des pathologies associées, il peut y avoir une demande de remboursement.
06:00 Je ne sais pas si on a posé la question, mais ça peut être un traitement à vie ?
06:05 On ne sait pas pour l'instant. Je pense qu'on est au démarrage de ce traitement.
06:10 On sait que ça a une efficacité, mais il y a eu des études qui ont montré
06:14 que quand on arrêtait brutalement, il y avait des reprises de poids,
06:18 pas pour le Végovie, mais pour des concurrents qui arrivent sur le marché.
06:21 Vous êtes médecin nutritionniste et faites face à ce fléau de l'obésité.
06:26 Est-ce que vous vous dites qu'on est à l'aube d'une révolution ?
06:30 Je pense qu'on est à l'aube d'une révolution, potentiellement.
06:32 Il faut toujours être optimiste.
06:34 Si on l'utilise bien, si on laisse ça partir de façon très inadaptée,
06:41 on n'aura pas de bons résultats, on aura beaucoup de récrimination,
06:46 beaucoup de demandes de rejet de ce médicament.
06:49 Aujourd'hui, c'est dans nos mains.
06:51 Si on l'utilise bien, on aura le meilleur résultat possible.
06:53 Après, on n'est pas à l'abri de surprises au long cours.
06:56 J'imagine qu'on vous le demande beaucoup.
06:58 On en parle beaucoup sur le versant anti-diabétique aujourd'hui,
07:03 en disant "Est-ce que je ne peux pas avoir celui-là ?"
07:05 Non, vous ne pouvez pas l'avoir, c'est pour le diabète,
07:07 alors que ce sera quasi l'identique, mais pour l'obésité.
07:10 Végovie du laboratoire danois Novo Nordisk.
07:13 Nicolas Douze nous dit que c'est la plus grosse capitalisation boursière.
07:17 La supérieure des MH.
07:19 Voilà, c'est exactement la notion que je veux chercher.
07:21 Merci d'être venu nous voir ce matin à 7h26.
07:23 L'écho, c'est Nicolas Douze tout de suite.
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