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  • il y a 6 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Voilà, on va revenir maintenant sur le front des incendies parce qu'il y a une mauvaise nouvelle.
00:03Les feux sont certes fixés, mais il y a des reprises de flammes, de feux ici ou là, et notamment
00:09près de l'autoroute Assis.
00:11Donc les 800 pompiers sont toujours mobilisés dans cette forêt de Fontainebleau pour mener cette guerre.
00:16C'est une véritable guerre qui est déclenchée depuis dimanche contre ces incendies.
00:21Alors, on va regarder de près où on en est dans un instant avec nos envoyés spéciaux.
00:25Mais parallèlement, il y a l'enquête qui se poursuit sur l'origine de ces incendies avec une nouvelle interpellation.
00:32Mélanie Bertrand, bonsoir.
00:34Ça fait quand même pas mal de personnes désormais en garde à vue quand même.
00:36Exactement, et parmi ces gardes à vue qui ont débuté dimanche lundi,
00:40il y a déjà deux personnes qui vont être présentées à la justice ce mercredi soir pour le deuxième départ
00:47de feu,
00:47celui qui a débuté lundi dernier.
00:50Et parmi ces deux personnes, il y a un pompier volontaire, on en parle depuis plusieurs jours,
00:54un jeune homme de 18 ans qui travaille à la caserne de Fontainebleau en garde à vue.
00:58Il a reconnu avoir mis le feu à des brindilles avec son briquet.
01:01Il a donc passé presque 48 heures en garde à vue.
01:04Il va être présenté à un juge d'instruction dans la journée.
01:07Et le parquet de Fontainebleau demande son placement en détention provisoire.
01:10On verra ce qu'il en est d'ici ce soir.
01:13Lui, il a 18 ans.
01:14Il y a un autre jeune de 18 ans, lui aussi,
01:16qui est suspecté d'avoir mis le feu dans le deuxième départ de feu, lundi.
01:20Lui, il a jeté son mégot de cigarette.
01:22On ne sait pas s'il avait pour intention de provoquer un incendie ou si tout cela est accidentel.
01:27Toujours est-il que lui aussi va être présenté à un juge d'instruction d'ici ce soir à Fontainebleau.
01:32Et là encore, le parquet demande son placement en détention provisoire.
01:35Et puis, vous savez, il y a le premier feu initial, le gros feu qui est en cours depuis dimanche.
01:40Là, le parquet de Fontainebleau nous dit à l'instant que des gardes à vue se poursuivent,
01:45que pour l'instant, on n'est plus sur la piste accidentelle,
01:47mais que la piste volontaire reste à l'étude.
01:50Et il y a ces fameux, parmi ces gardes à vue, ces fameux deux ouvriers
01:53qui sont suspectés d'avoir mis le feu de façon accidentelle
01:56en utilisant un engin type meuleuse qui, visiblement, a fait des étincelles
02:01et qui a provoqué un feu aux abords de l'autoroute A6,
02:04là où tout le départ de feu a commencé dimanche.
02:08Donc, beaucoup de gardes à vue qui se poursuivent, dit le parquet de Fontainebleau.
02:12Et on verra d'ici ce soir s'il y a peut-être des premières incarcérations,
02:18notamment ce profil de pompiers pyromanes.
02:21On a entendu beaucoup les sapeurs-pompiers qui ont réagi avec émotion et colère
02:24ces 48 dernières heures, qui ont parlé d'une consternation,
02:28d'une attitude inqualifiable et d'un sentiment de trahison,
02:31eux qui sont tous les jours au combat pour lutter contre les feux.
02:34Je vous parlais de la reprise d'un feu aux abords de l'autoroute A6.
02:38On n'en sait plus et on va retrouver tout de suite Antoine Forestier
02:41qui est au PC de Noisis-sur-École en Seine-et-Marne.
02:44Antoine, des informations complémentaires ?
02:48Oui, je viens d'échanger avec un pompier qui revient de cette zone.
02:51Il a pu voir les hommes en action.
02:53Il y avait à peu près 5 camions-citernes-feu de forêt qui sont partis dans cette zone.
02:57Il vient de m'indiquer que cette reprise a fait à peu près 1000 mètres carrés de dégâts,
03:02de zone brûlée en tout cas, mais qu'elle est désormais considérée comme traitée par les pompiers.
03:06C'est-à-dire qu'il n'y a pas de propagation au-delà de ces 1000 mètres carrés.
03:10C'est une zone qui était à proximité de l'autoroute A6.
03:13Il faudra donc voir maintenant dans les prochaines minutes, les prochaines heures,
03:15si cela va impacter l'éventuelle reprise de la circulation sur l'autoroute.
03:19On sait que l'agent d'autoroute APRR voulait potentiellement rouvrir cet axe routier
03:25en fin d'après-midi, voire en début de soirée.
03:27Peut-être que cette reprise va compromettre la reprise du trafic sur cette route.
03:32En tout cas, au niveau des pompiers, on considère cette zone désormais comme traitée.
03:36Ce n'est pas la seule reprise de feu qu'il y a eu cet après-midi.
03:39On en a même eu à proximité du poste de commandement tout à l'heure.
03:43À chaque fois, les moyens sont envoyés directement avec le maximum de moyens possibles
03:47pour éviter une plus grosse propagation.
03:49Et si jamais ce n'est pas possible depuis le sol avec les camions,
03:52ce sont les moyens aériens qui sont déployés.
03:54On a cet après-midi encore deux dashs qui peuvent être utilisés.
03:57Il y en a un qui a été dans la zone récemment, mais qui est également parti sur un autre
04:01incendie du côté de Rambouillet.
04:04Et puis, il y a également les hélicoptères bombardiers d'eau qui, eux, peuvent être assez efficaces
04:08et faire des rotations toutes les cinq minutes et aider les hommes au sol.
04:11On compte désormais un peu moins de pompiers que ce qu'on a pu connaître ces derniers jours.
04:14Au maximum, il y a 800 pompiers mobilisés.
04:16On est désormais à 670 pompiers mobilisés sur les deux incendies.
04:20– Marine Forestier avec Nils Olsen pour les images.
04:23C'était la crainte numéro un, Ludovic Pinguano, parce que les feux ont été fixés.
04:28Ça a été annoncé cet après-midi.
04:30Mais il y a ces reprises de feux ici ou là, notamment aux abords de l'autoroute à 6.
04:34Donc, la surveillance doit être maintenue.
04:36Les 800 pompiers sont toujours sur place.
04:40– Oui, les feux ont été annoncés fixés, non pas cet après-midi, Olivier, mais hier soir.
04:44– Il faut expliquer d'ailleurs, il faut rappeler ce que ça veut dire fixer par rapport à un feu
04:47maîtrisé.
04:47– Effectivement, sur un feu de forêt, il y a plusieurs étapes dans la lutte contre le feu de forêt.
04:51La première étape qui rend l'action des sapeurs-pompiers efficace,
04:56c'est de dire que le feu est fixé, c'est-à-dire qu'il ne se propage plus.
04:59Ça, c'est le premier point.
05:00– Il n'avance plus.
05:00– Il n'avance plus.
05:02Alors, il n'avance plus vers l'avant, mais il ne se propage plus non plus sur les flancs.
05:06C'est-à-dire qu'on a a priori mobilisé suffisamment de moyens à la tête de feu sur les
05:10flancs
05:10pour éviter qu'il continue à se propager.
05:12C'est déjà extrêmement important, parce que vous savez que ces feux de forêt se propagent extrêmement vite
05:15sous l'effet du vent, sous l'effet du relief, sous l'effet de la végétation,
05:19puis aggravés encore avec des conditions d'humidité.
05:23Donc ça, il est fixé.
05:24Ça a été compliqué, depuis dimanche soir, il y a eu beaucoup, beaucoup de monde,
05:27des moyens aériens qui ont été déployés.
05:29C'est déjà une première victoire.
05:31Pour autant, ça reste une situation très inconfortable pour le commandant des opérations de secours,
05:37parce qu'il y a deux scénarios qui se présentent à lui.
05:39Le premier, le plus optimiste, c'est d'aller à l'étape suivante,
05:41qui est d'arriver à avoir un feu maîtrisé.
05:43Non seulement, il ne se propage plus, mais en plus, il baisse de façon considérablement en intensité.
05:48Et on commence à craindre de moins en moins, justement, ces reprises de feu.
05:52L'autre scénario, moins optimiste, on va l'appeler le pessimiste,
05:56c'est que le feu de fixé redevienne un feu en propagation libre
05:58et qu'il faille recommencer toutes les opérations de lutte contre le feu de forêt.
06:02Donc là, pour l'instant, ce feu, ils arrivent à le tenir,
06:04mais on voit que ça reste des conditions qui sont pour eux encore très difficiles,
06:07parce qu'on a de nombreuses reprises de feu,
06:09parce qu'il n'y a plus de 20 kilomètres de l'hier.
06:10– Vous voyez, pardon, je vous interromps parce que ces images sont intéressantes.
06:12On voit donc, elles ont été tournées aujourd'hui,
06:15on voit donc ce camion de pompiers qui propulse du retardant.
06:18– Exactement, donc là, ce sont des moyens terrestres,
06:20et plus précisément des moyens d'un brigade militaire de sécurité civile,
06:24qui, au moyen d'un camion citerne lourd,
06:28va réaliser ce qu'on appelle une barrière de retardant.
06:30Donc ils font arroser la végétation avec ce produit liquide
06:34qui va faire que cette végétation sera très peu inflammable.
06:40Ce qui veut dire que si jamais, à l'intérieur de la zone brûlée,
06:43on avait de nouveau un départ de feu qui arrivait vers cette zone-là,
06:46eh bien le feu baisserait d'intensité,
06:47et les moyens qui seraient engagés sur place seraient de fait beaucoup plus efficaces.
06:51L'autre intérêt, et c'est pas anodin, elle est très belle cette image,
06:54parce qu'on est au bord d'une route, d'une route départementale,
06:56et ce que craint forcément le commandant de l'opération de secours,
06:59c'est que si le feu reprend dans la zone brûlée,
07:01et qu'il y a une saute de feu, eh bien qu'il passe cette départementale,
07:03et qu'il reprenne sur un autre massif, juste à côté,
07:06et là, ça voudrait dire qu'il faut de nouveau recommencer
07:08des opérations extrêmement fastidieuses.
07:10Alors, nos équipes sont depuis dimanche au plus près du travail des dépompiers
07:13pour vous raconter ce qui se passe,
07:15et on va retrouver Maxime Manchetteur sur l'aérodrome de Melun,
07:19où Maxime a vu décoller des avions d'âche en soutien des Canadaires.
07:26Regardez derrière moi, ils sont en train de connecter le tuyau au dash,
07:32ils vont le remplir, ils vont mettre 10 000 litres d'eau dans cet avion en moins de 5 minutes.
07:40Vous voyez ce personnel qui active la pompe avec difficulté,
07:44il faut dire qu'ils font ça depuis toute la journée,
07:47qu'il y a des rotations toutes les 14 minutes.
07:49Jusqu'ici, il y avait un dash qui arrivait,
07:51là, ils sont en train de le connecter grâce à un pélicandrome.
07:55Alors, un pélicandrome, c'est quoi ?
07:56C'est une installation qui permet de remplir les dash.
07:59Et il n'y en avait pas ici à Melun,
08:01sauf que Melun étant le plus près de la forêt de Fontainebleau,
08:03ils ont installé depuis hier, regardez, un pélicandrome mobile.
08:06Alors, comment ça fonctionne ?
08:07Eh bien, les camions que vous voyez là,
08:08ils sont reliés à des bouches à incendie,
08:10et ces camions qui ont plus de débit
08:13permettent de remplir ces dash en moins de 5 minutes.
08:16Ça a tout changé depuis hier,
08:17parce qu'ici, ils arrivent à remplir ces dash en 5 minutes.
08:21Les dash font des rotations de 14 minutes,
08:22c'est-à-dire qu'en toutes les 14 minutes,
08:25il y a un avion dash qui largue ses 10 000 litres d'eau
08:27sur la forêt de Fontainebleau.
08:29Ça a tout changé, ce pélicandrome mobile,
08:31parce que jusqu'à hier, il devait aller à Angers,
08:33et là, c'était des rotations d'une heure et quart.
08:35Donc, ça a vraiment tout changé ici.
08:38Et vous voyez, c'est personnel qui s'active.
08:40L'avion qui ne va pas tarder à finir de recharger,
08:44et va pouvoir décoller ensuite.
08:47Voilà, les avions dash sont en soutien des Canadair,
08:50parce que, certes, les feux sont fixés,
08:52mais il y a des reprises, ici ou là, de feux.
08:54Donc, le travail continue pour les pompiers.
08:55Je voudrais revenir sur l'information que donnait Mélanie Bertrand,
08:58parce qu'on a quand même de la détention provisoire requise
09:01contre deux suspects, dont ce fameux pompier volontaire,
09:04suspecté d'avoir mis le feu volontairement.
09:08Je voudrais vous interroger, Christian Pinodot,
09:10puisque vous êtes un ancien séviculteur,
09:12expert en politique forestière et gestion des risques.
09:14Quand vous apprenez comme ça qu'il y a des gens
09:15qui mettent volontairement le feu,
09:17alors pour X raisons,
09:18parfois parce que c'est des troubles psychologiques,
09:20ce sont des pyromanes,
09:21parfois pour des intérêts aussi, on le sait,
09:25par vengeance aussi, ça peut arriver ?
09:28Ah ben oui, vous avez tous les caractères de la nature humaine,
09:31vous les retrouvez dans ces personnages.
09:36La première catégorie, c'est les pyromanes,
09:39dont je souligne que c'est masculin.
09:43C'est important de le souligner en ce moment.
09:45Donc il n'y a que des hommes.
09:47La pyromanie, c'est selon les hommes.
09:48Ah oui, voilà.
09:50Et dans les incendiaires,
09:53c'est très majoritairement que des hommes.
09:56Bon, cette parenthèse est enfermée.
09:59Il y a les pyromanes, fascination du feu,
10:02la mystique, les enfers,
10:04et tout ce qu'on veut.
10:06Et puis ensuite, vous avez l'autre catégorie
10:09qui est non volontaire,
10:14parfois totalement inconscient et responsable aussi.
10:17Le mégot de cigarette.
10:18Le mégot de cigarette,
10:19dont le jeteur, si j'ose dire,
10:22dit « Ah ben oui, mais je n'ai pas voulu le faire,
10:24et puis j'ai regardé, et le feu a pris. »
10:26Donc ça veut dire qu'il y a quand même une certaine conscience,
10:31même dans la bêtise.
10:32Il faut aller jusque-là.
10:33Et le problème, il est là.
10:35Et donc après, vous avez...
10:36Alors là, vous avez les barbecues,
10:39les côtelettes, les merguez sous les arbres, etc.
10:43Il y a le travail agricole aussi.
10:44Alors ensuite, il y a les accidents par travaux.
10:48Voilà.
10:48Alors, il faut savoir que chez les forestiers,
10:52il y a des périodes, c'est encadré,
10:54il y a des périodes pendant lesquelles
10:55vous ne pouvez pas pénétrer,
10:56faire des travaux en forêt.
10:58Surtout quand il fait très chaud.
11:00Donc, il y a maintenant des origines agricoles,
11:05mais sur des champs agricoles,
11:06parce que la réglementation n'est pas encore complètement calée.
11:09Mais je crois qu'avec les derniers événements,
11:11ça va faire réfléchir un certain nombre de personnes.
11:15Et donc là, vous avez fait à peu près le tour des incendiaires,
11:18et plus les lignes SNCF,
11:22les bords d'autoroutes,
11:23les lignes électriques,
11:24autour des lotissements et des campings
11:27qui sont normalement tenus
11:28à entretenir des zones tampons.
11:31Donc, ça fait beaucoup ?
11:32Et ça fait beaucoup,
11:33et ce n'est pas souvent effectué.
11:36D'où le problème.
11:37Alors, on dit quand même que cette forêt de Fontainebleau
11:38est très bien entretenue.
11:39C'est ce que disent les pompiers sur place.
11:41Moi, je me souviens des feux
11:43qui avaient dévasté les Landes,
11:45où certains se plaignaient en disant
11:46que cette forêt n'était pas bien entretenue,
11:48on avait du mal à accéder.
11:49Là, la Fontainebleau...
11:50Dans les Landes ?
11:51Oui, oui.
11:52Je vous souviens très bien.
11:53Il y avait des témoignages en ce sens.
11:55Il y a 42 000 kilomètres de pistes dans les Landes.
11:59C'est la forêt la plus quadrillée d'Europe.
12:02Alors, ce n'est pas ce qu'on disait à l'époque.
12:03J'ai encore souvenir de pompiers sur le terrain.
12:06Et là, concernant Fontainebleau,
12:08alors, c'est bien entretenu ou pas ?
12:10La forêt de Fontainebleau,
12:12c'est un cas particulier, n'est-ce pas ?
12:14C'est la forêt, je dirais, de tous les dangers,
12:16puisqu'il y a entre 10 et 15 millions de visiteurs par an.
12:21Et dans cette catégorie de visiteurs,
12:23vous avez de tout, si j'ose dire.
12:25Et en fonction des risques exponentiels
12:29qu'il y a dans cette forêt de Fontainebleau,
12:32les aménagements de prévention sont déficitaires.
12:35La preuve, c'est que les pompiers ont dû faire,
12:37avec des bulldozers, des pare-feux,
12:40élargir des pistes, enfin créer des pistes, etc.
12:42Donc, le quadrillage, malgré tous les efforts
12:45des agents de l'Office national des forêts,
12:47qui sont les gestionnaires,
12:48et qui sont d'ailleurs requis aussi, là,
12:52pour la surveillance des incendies,
12:53puisqu'ils connaissent bien le terrain.
12:55Malgré tous leurs efforts,
12:57le niveau de risque est tel
12:59que l'aménagement de ces forêts,
13:01de cette forêt, n'était pas à la hauteur,
13:03n'est plus à la hauteur des risques.
13:06Et je crois qu'il faut insister là-dessus,
13:08parce qu'on ne peut pas à la fois
13:09parler du changement, du réchauffement climatique,
13:11de dire, ah bah oui,
13:12on va avoir de plus en plus chaud,
13:14et ne pas en tenir des conséquences
13:16dans l'aménagement de sécurité
13:18des massifs forestiers.
13:19Et c'est le problème numéro un.
13:21Il était annoncé depuis les années 2000,
13:23puisque les forestiers ont été les premiers
13:25à subir les changements climatiques,
13:28et les annoncer.
13:30Mais personne n'a vraiment entendu
13:32le message, apparemment.
13:33Le message, maintenant, il est là.
13:34On le voit depuis dimanche.
13:36Et on se pose la question,
13:37qu'est-ce qui se passe dans la tête
13:38d'un pompier pyromane,
13:39et de ce jeune pompier pyromane de 18 ans,
13:41qui passera sans doute sa première nuit
13:43en prison ce soir.
13:45Alors justement, Jérémy,
13:47vous avez pour Ligne Rouge...
13:48Pardon, il n'était peut-être pas content
13:50de ne pas être mobilisé.
13:51C'est peut-être une raison.
13:52Et donc, il s'est dit,
13:55je vais exister et me distinguer.
13:58Et du coup, il ne sera plus jamais pompier,
13:59il va aller en prison.
14:01Jérémy, pour Ligne Rouge,
14:02je vous avais justement retrouvé,
14:04rencontré un pompier pyromane.
14:06Aujourd'hui, repenti,
14:08vous l'avez suivi sur l'une des zones
14:10où il avait déclenché des incendies.
14:13Il vous a raconté son mode opératoire,
14:15mais comment faisait-il ?
14:16Oui, un pompier pyromane
14:17qui justement avait lui aussi 18 ans
14:19au moment des faits.
14:20Il était entré chez les pompiers
14:22à 16 ans, volontaire.
14:23On sait que 8 pompiers sur 10
14:25sont volontaires.
14:26Et puis, par passion de l'intervention,
14:28par adrénaline,
14:29il explique, effectivement,
14:31il nous a emmenés sur les zones
14:32où il déclenchait ces incendies.
14:34Et il nous explique que parfois,
14:35ça lui prenait comme ça
14:36et que sur un coup de tête,
14:37eh bien, il prenait sa voiture le soir.
14:39Il sillonnait la garrigue,
14:40tout phare éteint
14:41pour ne pas être repéré.
14:42Il nous affirme chercher des zones
14:43où il n'y a pas d'habitation à côté,
14:45où il ne risque pas
14:46de mettre la vie d'habitants en danger.
14:48Et là, sa pulsion
14:50l'amène à passer à l'acte.
14:51Il nous raconte dans ce reportage
14:53ce qu'il fait.
14:58Je regardais si c'était sec ou pas.
15:02Et si c'était sec,
15:03j'étais presque sûr
15:06que ça allait prendre.
15:11Là, j'aurais choisi cette partie-là.
15:15Au niveau de là,
15:16au niveau des feuillus,
15:19de l'arbre mort.
15:23je pense que là,
15:24ça aurait un peu pris.
15:30Et quand les allumettes
15:32ne suffisent pas,
15:33il a recours à d'autres méthodes
15:35pour assurer le départ du feu.
15:38Après, il y a des endroits
15:40où ça ne prenait pas forcément le feu.
15:42Donc du coup,
15:44je me suis dit
15:45si ça ne prend pas le feu,
15:46on va essayer de mettre un accélérant.
15:49C'est le rôle le plus accessible
15:51de sa licence.
15:53Ce pompier vous a raconté
15:54avoir allumé
15:55une vingtaine de feux comme ça.
15:57Oui, alors il témoigne
15:58de façon anonyme.
15:59Évidemment,
15:59il a purgé sa peine.
16:01Il a été condamné
16:01à trois ans de prison
16:02dans un enferme.
16:04Il a aussi été condamné
16:05à une amende
16:05qu'il continue de payer
16:06encore aujourd'hui
16:07plusieurs années
16:08après avoir été jugé.
16:09Et s'il a accepté
16:10de témoigner,
16:11c'est un témoignage très rare,
16:12c'est pour, dit-il,
16:13dissuader d'autres personnes
16:15de faire les mêmes folies
16:16que lui.
16:17Et il a accepté aussi
16:18de revenir sur les raisons
16:20profondes,
16:21psychologiques,
16:22qui l'ont amené
16:23à commettre ces faits.
16:24Il nous explique qu'en fait,
16:25rien n'est allé dans sa vie
16:26à ce moment-là.
16:26On l'écoute.
16:30Pourquoi les pyromanes
16:31passent-ils à l'acte ?
16:33David, à 18 ans,
16:35lorsque les premières pulsions
16:36apparaissent,
16:37il est alors pompier volontaire.
16:41quand le feu prend,
16:42qu'est-ce que vous recherchez ?
16:48L'adrénaline, en fait.
16:50L'adrénaline pour intervenir
16:52après, derrière.
16:55Même si ce n'était pas toujours
16:56le cas, mais pour intervenir
16:58derrière.
16:59J'allumais le feu et je rentrais
17:03vite chez moi et j'attendais
17:04qu'on soit déclenchés.
17:06Ce qui me plaît,
17:08dans un premier temps,
17:09les interventions.
17:10Mais oui, l'adrénaline,
17:11quand c'est un gros feu,
17:13oui, on la ressent.
17:16On sent qu'il y a un peu
17:17de tension, on va dire.
17:18Un peu de pression,
17:20un peu de tension.
17:23Beaucoup de bruit,
17:23beaucoup de...
17:25Beaucoup de bruit,
17:26des personnes qui crient,
17:28on va dire.
17:29C'est un peu chantier,
17:30on va dire.
17:31Alors, comment les pompiers
17:33peuvent repérer
17:34les pyromanes
17:35parmi eux,
17:36et notamment au moment
17:36du recrutement ?
17:37C'est très compliqué
17:38parce qu'il y a quasiment
17:39260 000 pompiers en France
17:41dont, on le disait,
17:42200 000 volontaires.
17:44Souvent, l'entretien d'embauche,
17:46si on peut parler comme ça,
17:47c'est simplement rencontrer
17:48le chef de caserne
17:49qui fait passer un entretien,
17:50puis on passe
17:50un entretien médical.
17:52Là, le médecin pompier
17:53va essayer de voir déjà
17:54si on est apte physiquement
17:55et psychologiquement,
17:56mais il n'y a pas d'entretien
17:57plus poussé que ça
17:58sur des éventuelles
18:00défaillances psychologiques.
18:01Et les psychiatres
18:02qu'on a rencontrés
18:03dans le cadre de ce reportage
18:04nous expliquent que c'est
18:05parfois des raisons profondes
18:06qui ne jaillissent qu'au moment
18:08où la personne devient pompier
18:09et elle est prise
18:10de ces pulsions-là.
18:11Donc, c'est évidemment
18:12très difficile
18:13de stopper ces personnes,
18:15ces pompiers pyromanes potentiels
18:16avant qu'ils n'entrent
18:17chez les pompiers.
18:17Mais celle Forger,
18:18bonsoir, je voyais réagir.
18:19Vous êtes consultante
18:20en développement durable,
18:21experte en aménagement
18:21des territoires.
18:22Comme on nous dit
18:23depuis dimanche
18:24que malheureusement,
18:25les incendies,
18:26il y aura de plus en plus
18:26dans les années qui viennent
18:27parce que canicule,
18:29parce que sécheresse,
18:30parce que chaleur,
18:30forte chaleur,
18:32les pyromanes ont s'en donné
18:33à cœur joie.
18:34Donc là, est-ce qu'il faut
18:35des peines plus sévères,
18:36une surveillance accrue,
18:37le recrutement aussi ?
18:39Alors, des peines plus sévères,
18:40moi, je pense que ça peut être utile
18:42puisque la coercition,
18:43souvent, ça dissuade.
18:45Après, j'avais une idée
18:47comme ça en me disant
18:48mais s'il a besoin d'adrénaline,
18:49il faut peut-être créer
18:49des jeux immersifs
18:51où ils font semblant
18:52de mettre le feu.
18:53Comme ça, ça va peut-être...
18:54Ils sont déjà pompiers,
18:55c'est-à-dire que l'adrénaline
18:56a priori le long
18:56dans l'exercice de leur fonction.
18:59Oui, mais je veux dire,
19:01on ne montre pas des hectares
19:03de forêts, de biodiversité,
19:05tout un patrimoine
19:06qu'on a construit
19:07d'année en année.
19:09On sait déjà que le réchauffement...
19:10Le cercle en siècle, même.
19:11Absolument.
19:11On sait que le réchauffement climatique,
19:13déjà, on a du mal
19:14à y faire face
19:14et on n'est pas adapté.
19:15On n'est pas adapté
19:16dans nos habitats.
19:17On ne fait plus d'aménagement
19:18de territoire
19:18depuis pratiquement 40 ans.
19:21On a délaissé ça
19:22comme la psychiatrie, d'ailleurs.
19:24Je mets les deux
19:25sur le même plan
19:25mais parce qu'en fait,
19:26d'un côté, il y a la prévention
19:27et puis de l'autre,
19:28il y a comment on se protège.
19:29Donc, je crois qu'il va falloir
19:31qu'on revoie notre modèle
19:32de gouvernance urgemment en France
19:34parce que la nature nous y force.
19:36On voit bien qu'on est vulnérable
19:37sur tous les plans
19:39et partout en France.
19:41Évidemment, on n'est pas à l'abri
19:42de rencontrer...
19:43de croiser un pompier pyromade.
19:45On n'est pas à l'abri aussi
19:46de rencontrer des gens
19:47qui ne se comportent pas bien
19:49et par bêtise
19:49vont jeter un mégot
19:50dans une forêt.
19:52La forêt de Fontainebleau,
19:54c'est entre 15 et 17 millions
19:55de visiteurs par an.
19:56Mais en fait, la question
19:57qu'on doit se poser,
19:58effectivement,
19:58c'est jeter un mégot de cigarette
20:00dans une forêt
20:01ou bien jeter un mégot
20:02de cigarette tout court.
20:04Moi, par exemple,
20:05j'ai vécu une partie de ma vie
20:07et de ma carrière professionnelle
20:08à Singapour
20:09et ils ont résolu le problème.
20:10Il y a des lieux
20:11pour fumer en plein air.
20:13Voilà, vous ne fumez pas partout,
20:15vous ne vous baladez pas en forêt
20:16avec votre clope que vous jetez
20:17parce que vous ne savez pas
20:17quoi en faire
20:18et que vous n'avez pas de cendrier.
20:19Il y a des lieux fumeurs
20:20à Singapour.
20:21Si vous fumez en dehors
20:22des lieux fumeurs,
20:24clairement, je vous le déconseille.
20:25D'ailleurs, il y a peu de gens
20:26qui s'y frottent.
20:27Donc, je crois que
20:28pourquoi ils ont mis ça en place,
20:29ce n'est pas parce que
20:29c'est un régime strict, etc.
20:31C'était justement
20:32pour pallier
20:35à cette difficulté cognitive
20:37qu'on a
20:38de se dire
20:38qu'on peut jeter
20:39et qu'il n'y aura pas de conséquences.
20:41Et en fait,
20:42ça, on n'arrive pas à le cadrer.
20:44En fait, ce biais cognitif humain,
20:45on n'arrive pas à le cadrer.
20:46Et donc, la règle permet de...
20:48Alors, la pédagogie,
20:50c'est toujours bien
20:51et c'est nécessaire,
20:53mais ça ne suffit pas.
20:54Et les règles,
20:55mais surtout les règles
20:56et leur application
20:57sont évidemment nécessaires.
20:59Avec un bémol,
21:00c'est que plus on crée de règles,
21:02plus on aime les contourner.
21:04Donc, il faut trouver
21:05le juste milieu, en fait,
21:06entre tout ça.
21:07Et je crois que dans la situation
21:08dans laquelle on est collectivement,
21:10il faut redéfinir une vision,
21:12une vision d'aménagement,
21:13ces zones tampons,
21:15repenser la gouvernance en France
21:16parce que tout le monde
21:17s'occupe de tout
21:18et puis finalement,
21:18plus personne ne s'occupe de rien
21:19et ça coûte un fric monstre.
21:22Donc, je crois qu'il y a vraiment
21:23une remise à plat
21:24et ce n'est pas positif
21:25ce qui se passe,
21:27mais je crois que ça nous force,
21:28les médias y compris,
21:30à aller dans ce sens
21:31de se dire qu'il faut
21:32qu'on change ensemble.
21:33Il n'y a qu'ensemble qu'on croit.
21:34Ludovic, vous vouliez réagir
21:35sur ces pyromanes ?
21:36Oui, je voulais réagir
21:37parce que du coup,
21:38moi, dans ma carrière
21:38de sapeur-pompier,
21:39j'ai été amené à recruter
21:40plusieurs dizaines,
21:41peut-être même centaines
21:42de sapeurs-pompiers volontaires
21:43et même professionnels
21:45et donc, effectivement,
21:46c'est très difficile
21:46de percevoir comme ça
21:47des gens qui ont un pète au casque
21:48par ton de l'expression.
21:50Mais voilà, ce matin,
21:50sur le plateau d'Apolline
21:51de Malherbe,
21:52je disais d'abord,
21:53arrêtons de dire
21:53que c'est un sapeur-pompier volontaire.
21:54D'abord, il n'est plus
21:55parce que la présidente du 1077
21:56a dit déjà lui,
21:58on va le mettre dehors
21:58et ça, c'est la moindre des choses.
22:00Et puis, le deuxième point,
22:01j'ai dit ce mec,
22:01c'est avant tout ce type,
22:02c'est avant tout
22:03un abruti et un connard.
22:04Voilà comment je l'ai qualifié.
22:05Au moins, les choses sont posées.
22:07Maintenant,
22:09il y a aussi cette nécessité
22:12d'avoir ce que j'appelle
22:13le management de proximité,
22:14le management de remise.
22:15C'est-à-dire qu'on est les chefs
22:16qui soient proches
22:18de leur personnel
22:18et qui puissent aussi
22:19percevoir tout ça.
22:20C'est normal d'avoir
22:21de l'adrénaline
22:21quand on parle d'intervention.
22:22Que vous partiez
22:23du secours à personne
22:24sur un accident de circulation
22:25ou sur un incendie,
22:26eh bien, il y a toujours
22:27cette adrénaline
22:28parce qu'on ne sait jamais
22:29exactement ce qu'on va trouver.
22:30Et c'est la raison d'être
22:31du sapeur-pompier.
22:31Et le feu,
22:32ce n'est pas pour rien
22:33qu'on les appelle
22:33les soldats du feu.
22:34C'est, j'allais dire,
22:36l'intervention
22:37qui provoque le plus d'émotions.
22:39Et même moi,
22:39qui ai quitté cette profession
22:40depuis des années,
22:41je sais encore
22:41ce que ça peut provoquer.
22:42Et ce n'est pas forcément
22:43être barjot
22:44que d'avoir cette sensation.
22:46Là où ça le devient,
22:47c'est quand on le fait exprès.
22:48Et moi, je me souviens très bien
22:49par le passé,
22:50avoir eu des secteurs
22:51où on avait régulièrement
22:52des départs de feu,
22:52notamment en zone rurale
22:54avec des feux de chaume
22:55ou des feux
22:56sur des bottes de paille,
22:57etc.
22:58Jusqu'au jour où on se rend compte
22:59qu'on a des pompiers volontaires
23:00qui sont à la caserne
23:01avant même que les secours
23:01aient été prévenus.
23:02Donc à un moment donné,
23:03on commence à se rendre compte
23:04que dans le groupe,
23:04il y en a quand même
23:05qui ne sont pas très nets.
23:06Et ces mecs-là,
23:07je le dis,
23:07En fait, c'est des pompiers
23:08qui sont frustrés
23:09parce qu'il n'y a pas
23:09d'intervention.
23:10Donc il est déconçue
23:10de l'intervention.
23:11Ils ont besoin de ça.
23:12Alors parfois, on dit
23:13oui, c'est le gain de la part.
23:14C'est parce qu'ils sont payés
23:14quand ils font ça
23:15et donc c'est pour gagner
23:16de l'argent.
23:16Mais quand on sait
23:17ce que gagne
23:17un sapeur-pompier volontaire,
23:19il y a combien un sapeur-pompier ?
23:20Un sapeur, 6 euros de l'heure.
23:22Oui.
23:23D'accord ?
23:23C'est vraiment...
23:24Donc c'est peanuts.
23:25C'est vraiment rien.
23:26D'ailleurs, on a du mal
23:27en train de faire ça.
23:28Je suis assez d'accord
23:28avec ce qui a été dit.
23:29C'est ce côté d'ailleurs
23:31un peu psychiatrique.
23:33Et puis parfois,
23:34c'est l'envie d'exister.
23:35On est dans une vie
23:36un peu pourrie.
23:37On a envie d'exister.
23:38On a été sur le feu.
23:39Et quand on revient,
23:44près des pompiers
23:45depuis dimanche,
23:46on les suit avec nos envoyés spéciaux.
23:47On va retrouver Capucine-Nédiaz
23:49qui est toujours
23:49à proximité des pompiers
23:51qui interviennent
23:52dans cette forêt
23:53de Fontainebleau-Capucine.
23:56Oui, bien justement,
23:57nous étions avec ces pompiers
23:59il y a une quinzaine de minutes.
24:00Mais malheureusement,
24:01la situation
24:01devenait trop dangereuse.
24:03On nous a donc demandé
24:04d'évacuer.
24:05Pour tout vous dire,
24:06les pompiers vont mettre en place
24:07un contre-feu
24:08puisqu'il y a effectivement
24:09des reprises de feu
24:10ici à proximité
24:12de la commune
24:13de Fontainebleau.
24:14On a pu apercevoir
24:15ce dash
24:15qui a fait de très nombreux
24:17allers-retours
24:18qui a largué du retardant
24:19puis qui a largué de l'eau
24:20à plusieurs reprises.
24:22Mais là,
24:22avec ce contre-feu,
24:23impossible pour nous
24:24de rester ici.
24:25C'est sur notre chemin,
24:27sur notre route
24:27que nous avons croisé
24:28ces citernes agricoles.
24:30Alors pour vous expliquer
24:31à quoi servent
24:32ces citernes agricoles,
24:33il y a énormément
24:34d'agriculteurs
24:35qui sont présents
24:36ici
24:36pour aider les pompiers.
24:38Donc là,
24:38vous le voyez,
24:39des citernes
24:39qui sont à la suite,
24:43qui sont en train
24:44d'être remplies.
24:46Pour tout vous expliquer,
24:47juste à côté de nous,
24:48à proximité,
24:49il y a un champ
24:49dans lequel il y a
24:51des bennes agricoles
24:53en très grande quantité.
24:54Ces citernes,
24:55elles vont servir
24:56justement à remplir
24:58à nouveau ces bennes.
24:59Et c'est dans ces bennes
25:00que les hélicoptères
25:02bombardiers d'eau
25:02vont venir se servir
25:04pour pouvoir éteindre
25:05au fur et à mesure
25:06les reprises de feu.
25:08Au niveau des moyens
25:09déployés à l'heure
25:10où je vous parle,
25:10ce sont trois dash
25:11qui interviennent ici
25:12à proximité
25:13de Fontainebleau.
25:14On a également
25:15des hélicoptères
25:16de la sécurité civile
25:17qui tentent
25:18de repérer
25:19les départs de feu.
25:20Même si les deux feux
25:21sont fixés,
25:22il faut rester
25:23évidemment très attentif
25:25par rapport à ces reprises.
25:27Merci Capucine
25:28avec des images
25:29en direct
25:29signées Chloé Berthaud.
25:31Mélanie Bertrand,
25:32vous vouliez préciser
25:33une chose
25:33sur ces pompiers
25:34volontaires pyromanes.
25:35Oui, tout à l'heure
25:36on avait le porte-parole
25:37du SDIS 77
25:38qui était sur notre antenne
25:39et qui reprenait
25:39l'expression en disant
25:40ce n'est pas des pompiers
25:41pyromanes,
25:42c'est des pyromanes pompiers.
25:43C'est-à-dire que pour lui
25:44il y avait vraiment
25:45une appétence
25:46pour mettre le feu
25:47avant même
25:48d'exercer cette profession.
25:50Et il rappelait
25:51que ce jeune homme
25:51aujourd'hui
25:52qui est présenté
25:53à la justice d'ici ce soir,
25:54ce pompier pyromane
25:55en tout cas suspecté
25:56d'être pyromane
25:57âgé de 18 ans
25:58venait tout juste
25:59d'être recruté
25:59à la caserne de Fontainebleau.
26:01Donc autant vous dire
26:02qu'il a peut-être
26:02même été mobilisé dimanche
26:04on ne le sait pas encore
26:04mais en tout cas
26:05il travaillait au cœur
26:06de cet incendie
26:07et le porte-parole
26:09regrettait en quelque sorte
26:10il disait
26:10on n'a pas su déceler
26:11parce qu'il est là
26:12depuis quelques semaines
26:13et en fait
26:13on ne l'a pas vu à l'œuvre
26:14et on n'a pas décelé.
26:15C'est pas trop jeune
26:16de prendre des jeunes
26:17de 18 ans
26:18dans la société actuelle
26:19où il y a quand même
26:19les jeunes sont moins matures
26:21qu'il y a 15 ans
26:22ou 20 ans en arrière
26:23pour moi
26:23c'est une vraie question
26:24est-ce qu'on doit encore
26:2718 ans
26:27je veux dire
26:28c'est vraiment un autre débat
26:30aujourd'hui
26:31c'est même 16 ans
26:31pour les sapeurs-pompiers volontaires
26:33dès 16 ans
26:33on peut être sapeurs-pompiers
26:34à un moment donné
26:36on est revenu à 18 ans
26:37il faut savoir qu'en France
26:38alors contrairement
26:39à beaucoup de discours
26:39que j'entends aujourd'hui
26:40où il n'y aura pas de problème
26:41de disponibilité
26:42des sapeurs-pompiers volontaires
26:43pour intervenir
26:44sur tous les feux de France
26:45jusqu'à je ne sais pas quand
26:46moi je suis beaucoup moins persuadé
26:48que ça
26:50le volontariat en France
26:51souffre
26:52on manque de sapeurs-pompiers volontaires
26:54on manque de disponibilité
26:55et donc il a été décidé
26:57de nouveau
26:58de revenir à un recrutement
26:59à 16 ans
27:00pourquoi à 16 ans également
27:01parce qu'il y a
27:01les sections de jeunes
27:03sapeurs-pompiers
27:05qui terminent
27:06leur formation à 16 ans
27:07et donc on perdait
27:07beaucoup de ce vivier
27:09de jeunes sapeurs-pompiers
27:10si on attendait
27:11deux ans
27:11entre leurs 16 ans
27:12et 18 ans
27:12pour devenir sapeurs-pompiers
27:13volontaires
27:14c'est la raison pour laquelle
27:15on est revenu sur ce point
27:17mais ils sont encadrés
27:18c'est ce que je dis
27:19à un moment donné
27:19ce sont des jeunes
27:20il y a plein de sapeurs-pompiers
27:22aujourd'hui
27:22qui sont professionnels
27:23qui sont très bons
27:24et qui sont vraiment
27:25des gens très bien
27:26qui ont été très bien encadrés
27:27et c'est pour cela
27:28que ça devient des bonnes personnes
27:29et c'est peut-être plus facile
27:30de les réquisitionner
27:31à 18 ans
27:32que plus tard
27:33parce qu'il faut que les entreprises
27:34aussi quand on est
27:35employé dans une entreprise
27:36il faut que le chef d'entreprise
27:37libère aussi les salariés
27:38ce n'est pas une obligation
27:39mais c'est vrai que
27:40moi je pense que c'est une richesse
27:41bien sûr
27:42c'est une richesse
27:43pour un chef d'entreprise
27:44que de recruter des sapeurs-pompiers
27:45volontaires
27:46parce que ce sont des gens
27:47qui peuvent intervenir
27:48en premier secours
27:49en cas de besoin
27:49ce sont des gens
27:50qui sont formés en secourisme
27:51et au premier secours
27:52ce sont des gens
27:52qui peuvent aussi intervenir
27:54en équipier de première intervention
27:55en cas de départ de feu
27:56puis ce sont des gens
27:57qui ont aussi cette culture du risque
27:58donc dans une entreprise
28:00responsable
28:00c'est vraiment quelque chose
28:01d'important
28:02et maintenant
28:03c'est vrai que c'est génial
28:04et il faut remercier
28:05tous les chefs d'entreprise
28:06qui font l'effort
28:06de libérer leurs sapeurs-pompiers
28:07volontaires
28:08parce que tout le monde
28:09ne le fait pas
28:10d'ailleurs ce n'est pas toujours
28:10possible non plus
28:11en fonction du poste
28:12occupé par le sapeur-pompier
28:13volontaire
28:13mais c'est extrêmement important
28:15aujourd'hui il faut savoir
28:15que sur tous les feux
28:16dont on parle en France
28:17aujourd'hui
28:17beaucoup posent des congés
28:18personnels pour pouvoir
28:19se rendre disponible
28:20et intervenir sur ces feux
28:22or ils sont comme tout le monde
28:23ils ont leurs 5 semaines
28:24de congés payées par an
28:25et donc ils sont en train
28:26de grignoter leur potentiel
28:27c'est la raison pour laquelle
28:28souvent je m'inquiète
28:35il y a des feux à Fontainebleau
28:38il y a des feux un peu
28:39partout en France
28:40d'ailleurs le risque d'incendie
28:40il concerne quasiment
28:41tout le territoire
28:42et puis il y a des feux aussi
28:44ailleurs
28:44notamment au Canada
28:45avec des images
28:46toujours assez spectaculaires
28:47on va avoir cela
28:48avec Julien Migomuller
28:49bonsoir Julien
28:50le Canada qui fait face
28:51à de très nombreux feux
28:53de forêt
28:54quelle est l'ampleur précisément ?
28:56Alors tout d'abord
28:56on va regarder
28:58on va jeter un petit coup d'oeil
28:59à cette carte
28:59mise à jour en temps réel
29:01par le système canadien
29:02d'information
29:03sur les feux de végétal
29:04et regardez
29:05tout le territoire
29:06tout le pays
29:06est concerné
29:07de la Colombie-Britannique
29:09au Québec
29:09en passant par le Manitoba
29:11ou encore le Saskatchewan
29:12deux provinces
29:13particulièrement touchées
29:14en rouge et en violet
29:16vous le voyez
29:17ce sont des feux
29:17qui sont jugés
29:19incontrôlables
29:19les images
29:20que l'on reçoit
29:21heure après heure
29:22sont impressionnantes
29:23regardez celle-ci
29:24déjà c'est quoi ?
29:25ça a été filmé
29:25dans la province de l'Ontario
29:27c'est à l'ouest du Québec
29:28et elle montre
29:29l'équipage
29:29d'un train de marchandises
29:31cerné par les flammes
29:33encerclées par le feu
29:34dans la ville d'Armstrong
29:35tout le monde
29:36heureusement a pu être évacué
29:37il n'y a eu
29:38aucune victime
29:39puisque l'on parle
29:40de l'Ontario
29:41la province de l'Ontario
29:42regardez cette image
29:43satellite
29:44on voit clairement
29:45les panaches de fumée
29:46qui s'étendent
29:47sur des centaines
29:48de kilomètres
29:48ça montre aujourd'hui
29:50l'ampleur des incendies
29:51dont les fumées
29:53regardez
29:53jaunissent
29:54depuis hier
29:55le ciel de Montréal
29:57au Québec
29:57regardez ces images
29:59de la ville
29:59ce matin
30:00les autorités
30:00certifient toutefois
30:02qu'il n'y aurait
30:02pas de risque
30:03pour la santé
30:04un petit coup d'oeil
30:05au dernier chiffre
30:06de cet après-midi
30:06il y a selon les autorités
30:09823 feux actifs
30:11au Canada
30:11713 sont non maîtrisés
30:1446 sont contenus
30:1564 non maîtrisés
30:17et au total
30:18près de 2 millions d'hectares
30:20ont brûlé
30:21depuis le début de l'année
30:22et pour cela
30:23les autorités
30:24mettent en oeuvre
30:24de très gros
30:25gros moyens
30:26notamment
30:26l'utilisation de drones
30:28pour repérer les départs de feu
30:29mais surtout
30:30pour détecter les points chauds
30:32merci Julien
30:33Christian Pinaudot
30:34impressionnant
30:35ce qui se passe au Canada
30:36c'est pas la même échelle
30:37par rapport à
30:37oui alors justement
30:39je voudrais apporter
30:40un petit bémol
30:40parce que faire le parallèle
30:42entre le risque incendie
30:44de forêt
30:44en France
30:45par rapport au Canada
30:46c'est le jour
30:49et la nuit
30:49le Québec
30:51c'est l'équivalent
30:52de la surface
30:53de la France
30:54en forêt
30:55donc ça veut dire
30:5755 millions d'hectares
30:58de forêt
30:59et sur ces 50
31:00alors eux
31:01c'est très clair
31:02ils découpent
31:03la forêt
31:04en morceaux
31:05il y a
31:06le secteur
31:07où on intervient
31:08et les secteurs
31:09où on intervient
31:10un peu
31:10et les secteurs
31:11où on intervient
31:12absolument pas
31:13et on laisse brûler
31:13mais c'est pas la même stratégie
31:15pas du tout
31:16mais non
31:17déjà vous avez
31:1755 millions d'hectares
31:19de forêt
31:19à côté de vous
31:20pour 5 millions
31:21d'habitants
31:23et si vous allez
31:25jusqu'à Vancouver
31:25c'est 10 fois plus
31:26donc on est dans une logique
31:29alors ils ont un système
31:29de détection
31:30qui est tout à fait performant
31:32dont on s'est inspiré
31:34notamment dans le sud-ouest
31:35mais il y a
31:372 millions d'hectares
31:39de forêt qui brûlent
31:40ça fait peur
31:40mais c'est quotidien
31:42enfin je veux dire
31:42c'est la surface annuelle
31:45normale entre guillemets
31:46dans les forêts boréales
31:49que ce soit celle du Canada
31:50ou celle de la Sibérie
31:52qui là aussi
31:53il y a des dimensions
31:53on brûle un million d'hectares
31:55en fait c'est le feu
31:56qui parcourt
31:57un million d'hectares
31:58ils brûlent pas tout
31:58et l'origine de ces feux
32:00c'est d'abord
32:02la foudre
32:03parce qu'il n'y a personne
32:04c'est pour ça
32:05qu'ils interviennent pas
32:06ils laissent brûler
32:07c'est pour ça
32:07c'est pour ça
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