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#Restitution #Bordeaux #PatrimoineAfricain #HistoireColoniale

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Personnes
Transcription
00:00Une ville française refuse des objets africains pour qu'ils repartent.
00:05Pas parce qu'ils n'avaient pas de valeur, justement au contraire, parce qu'ils en avaient une.
00:10Mais pas seulement une valeur artistique, nous parlons d'une valeur historique, culturelle et mémorielle.
00:16Cette ville, comme vous l'avez vu, c'est Bordeaux.
00:18Et le sujet est à mon goût très très intéressant.
00:21Une femme nommée Marie-Thérèse Petit avait souhaité léguer à la ville une collection d'objets africains.
00:28Des objets venus notamment du Gabon, du Nigeria, de Côte d'Ivoire, mais aussi liés à d'autres pays africains.
00:34Sauf que Bordeaux, la ville, a pris une décision très rare.
00:37Ne pas intégrer ces objets dans ces collections publiques.
00:40Et là, vous allez me dire, mais Jamie, pourquoi ?
00:42Pour permettre leur retour vers leur pays d'origine lorsque ces pays le souhaitent.
00:47Et là, il faut bien comprendre ce que ça change.
00:50D'habitude, quand on parle de restitution, on parle aux grands musées.
00:55Au Louvre, par exemple.
00:56Au musée du Quai Branly.
00:57A la British Museum, ou plutôt au British Museum, aux collections nationales.
01:02Mais ici, vous le comprenez, nous parlons d'un leg privé.
01:06Une collection familiale.
01:07Des objets transmis par testament.
01:09Et ça montre une chose très importante.
01:12La question des restitutions des objets ne concerne pas seulement les états ou les grands musées.
01:17Elle concerne aussi les héritages privés.
01:20Les maisons, les familles.
01:22Les collections constituées pendant la période coloniale, ou sinon aussi post-coloniale.
01:27Et attention, cela ne veut pas dire qu'on peut dire automatiquement que tous ces objets ont été volés.
01:32Ce serait beaucoup trop simple et essentialiste.
01:36Certains ont pu être achetés, d'autres donnaient, d'autres récupérés dans des circonstances ou des conditions, je dirais, plutôt
01:43floues, effectivement.
01:44D'autres acquis dans des contextes de domination coloniale où le consentement n'était pas toujours si libre qu'on
01:51l'imagine.
01:51Et c'est précisément pour ça que la provenance est essentielle.
01:55Donc, comme d'habitude en fin de vidéo, la vraie question, selon moi, n'est pas seulement à qui appartient
02:00l'objet aujourd'hui.
02:01Mais ce serait plutôt comment cet objet est arrivé ici.
02:05Ce que Bordeaux vient de faire est symboliquement très fort.
02:08Parce que la ville dit, en quelque sorte, nous ne voulons pas seulement posséder ces objets.
02:13Nous voulons interroger leur histoire.
02:16Et pour une ville comme Bordeaux, ancien porne et grillé, je le rappelle, ce geste résonne encore plus fortement.
02:22Parce que parler de patrimoine africain en France, comme vous le savez, ce n'est jamais seulement parler d'art.
02:27C'est parler de circulation, de mémoire, fortement de colonisation, de pouvoir et parfois de réparation.
02:33Un objet dans une vitrine peut être beau, je vous le concède.
02:37Mais il peut aussi être une mémoire déplacée.
02:40Et parfois, le geste le plus juste n'est pas de l'exposer, c'est de se demander s'il
02:46doit rentrer.
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