00:00Les Bleus en quart de finale affrontent le Maroc ce soir à Boston et ce sera à suivre à 22h.
00:06Ça c'est pour le côté sportif, festif aussi, mais il y a aussi malheureusement l'enjeu sécuritaire.
00:13Écoutez Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint du Figaro Magazine, qui craint des débordements lors de ce quart de finale.
00:19Il a apporté son regard dans son édito politique, c'était ce matin sur Europe 1.
00:23C'est devenu une triste habitude en France de voir des après-matches loin de tout esprit sportif se transformer
00:29en scène de chaos et de destruction, voire en mini-émeute.
00:31La police, notamment à Paris, est sur les dents, vous l'avez dit, et elle ne sait même pas s
00:35'il faut, pour la tranquillité de nos concitoyens, souhaiter une victoire de la France ou du Maroc.
00:39On se souvient qu'il y a 4 ans, plusieurs matchs remportés par le Maroc avaient déclenché des soirées très
00:44chaudes.
00:44Mais si la France gagne, il est à craindre que Casseurs et Racaille s'invitent à la fête pour la
00:48gâcher et empêcher un moment d'unité nationale de se dérouler,
00:51comme cela avait été le cas en 1976 avec les Verts de Saint-Etienne.
00:54D'autant qu'une partie de la communauté algérienne ou d'origine algérienne sera forcément énervée, quel que soit le
00:59vainqueur du match,
01:00que ce soit l'ancienne puissance colonisatrice ou le voisin qui lui dispute des zones sahariennes.
01:05Finalement, quand le foot n'était que du foot, ce n'était pas si mal.
01:09Arthur de Batrigan, il y aura 20 000 policiers et gendarmes mobilisés sur tout le territoire, environ 8 000 à
01:16Paris.
01:17Comme s'ils n'avaient que ça à faire, évidemment, mais l'autorame, c'est qu'on nous sommes habitués,
01:21c'est devenu maintenant une troisième mi-temps officielle, étant donné qu'on prend tous les principes de précaution,
01:27c'est-à-dire qu'on sait qu'il va se passer ça.
01:29Et malgré le fait qu'on sache qu'il va y avoir des émeutes, que vous allez avoir des wagons
01:35de RER qui vont venir de Cité,
01:37parce qu'il ne le dit jamais, mais ça vient de Cité, pour faire de la casse,
01:40qui ne sont pas forcément des supporters, mais qui vont faire de la casse, qui vont dépouiller des gens,
01:43qui vont casser des voitures, qui vont se faire des magasins...
01:45Peu importe le prétexte, finalement, vous dites aussi.
01:47De toute façon, c'est les mêmes qui font le 14 juillet, c'est les mêmes qui font le 31
01:50décembre,
01:51c'est les mêmes qui font, comme pour le petit ange parti trop tôt, Naël, c'est toujours la même
01:55chose, en fait.
01:56C'est toujours la même chose.
01:56Mais le drame, c'est qu'on le sait, on l'anticipe parce qu'on dépouille un dispositif énorme,
02:018 000 policiers à Paris et 20 000 entre la France et Parisien, c'est-à-dire qu'on dépouille
02:04ailleurs,
02:05et le lendemain, vous allez avoir Laurent Nouniez, ministre de l'Intérieur,
02:07comme la dernière fois lors de la victoire du PSG en Ligue des Champions,
02:10qui va dire, tout s'est bien passé.
02:11Tout s'est bien passé, voilà.
02:13Globalement.
02:1420 000 policiers sur tout le territoire, il y a eu de la casse,
02:17mais en fait c'est normal parce qu'on avait déjà prévu qu'on aurait.
02:20Il y a eu des messages de fermeté de la part de Laurent Nouniez.
02:22On ne veut pas des messages de fermeté, je pense que les Français, ils veulent de la fermeté.
02:26Camille Brère.
02:26Totalement, je suis totalement d'accord.
02:28J'ai en tête, malheureusement, la dernière soirée de la Ligue des Champions,
02:31j'espère que Laurent Nouniez aura tenu compte de ce qui s'est passé,
02:36et que les moyens ont été mis.
02:39Moi j'ai vraiment une pensée pour les policiers qui vont devoir s'occuper encore de ce match.
02:44Il va y avoir encore les festivités du 14 juillet avec le prochain match.
02:48Donc toutes ces questions sécuritaires forcément elles se posent.
02:50J'ai une pensée aussi pour les commerçants, parce qu'il ne faut quand même pas les oublier,
02:53parce que les commerçants, eux derrière, ils sont obligés de se barricader.
02:56Tout le monde est obligé de s'arrêter de vivre en fait,
03:00parce que moi quand je discute avec des amis, ce soir personne ne sort.
03:03C'est-à-dire qu'on ne va nulle part, on ne va ni dans les restaurants, on ne va
03:06avoir personne.
03:07On essaye de ne pas rentrer dans le centre de Paris, parce qu'on sait que ça va être une
03:10catastrophe sécuritaire.
03:11Les transports en commun, c'est exactement la même chose.
03:15Ces gens-là, ils sont identifiés et identifiables, rien n'est jamais rien fait.
03:19Et même s'ils sont interpellés, même s'ils sont déférés, même s'ils sont ramenés après devant les magistrats,
03:25on a vu déjà le résultat. Ces gens-là, ils sortent libres.
03:29On le rappelle, parce que souvent ils sont mineurs, souvent ils sont primo-délinquants,
03:33et souvent il y a eu un effet de fou.
03:35Justement, j'ai eu l'occasion énormément de fois de le dire à chaque fois.
03:38Tant qu'on n'aura pas réformé la législation sur la loi des mineurs de 1945,
03:43on ira toujours droit dans un mur.
03:46Et ce qui est désespérant, c'est de voir à quel point tout moment de rassemblement en France
03:51est désormais le prétexte pour en effet être récupéré par des personnes
03:55qui n'ont strictement rien à voir avec le motif de rassemblement initial.
03:59Et ce qui est horrible, c'est également de voir cette violence sociale se déployer,
04:02y compris lorsque l'on a des rassemblements qui sont complètement apolitiques.
04:05Parce qu'à la limite, on pourrait se dire, bon, la situation en France est compliquée,
04:08donc quand il y a des mobilisations politiques, c'est un peu plus violent.
04:11Non, là, on a véritablement des sujets qui à chaque fois sont confisqués,
04:14alors qu'ils n'ont aucune substance politique à l'origine.
04:17Et j'avais dit il y a quelques semaines sur Europe 1,
04:19et cette phrase m'a poursuivie ensuite,
04:21que je ne comprenais pas vraiment la différence entre le football et le tennis.
04:24Donc c'est vous dire d'où je pars sur les questions sportives.
04:26En revanche, il y a une chose que je comprends.
04:27Il va falloir vous mettre à la page quand même.
04:28Oui, non, mais voilà.
04:29En effet, il y a une chose que je comprends, c'est l'actualité américaine,
04:32parce que je la suis de près, d'aussi près que l'actualité française.
04:35Et ce que je remarque, c'est que les Américains nous expliquent,
04:38pour eux, vous savez, le football européen, le soccer, comme ils disent,
04:40ce n'est pas du tout quelque chose de classique, de partagé.
04:41Et pourtant, ce sont eux qui abritent quand même la Coupe du Monde, je le rappelle.
04:44Et ils nous disent, on découvre ce sport,
04:46et on découvre à quel point il est bon enfant.
04:48On découvre à quel point il est un motif de rassemblement,
04:50même s'il y a une forme d'adversité sur le terrain
04:53qui ensuite permet d'avoir des moments d'union
04:55qui sont absolument exceptionnels.
04:57Ils découvrent ça aux Etats-Unis.
04:59Et nous, en France, alors même que les matchs ne s'y déroulent pas,
05:01on a à chaque fois ces sujets sécuritaires qui reviennent.
05:04Et c'est donc quand même assez saisissant.
05:06Exactement, et c'est assez désespérant de voir ce contraste-là.
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