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00:00La grande interview Europain C News, Laurence Ferrari.
00:05Et notre invité dans la grande interview sur C News et Europain, c'est Robert Ménard. Bonjour à vous.
00:09Bonjour Laurence Ferrari.
00:10Maire de Béziers, parlons de Marine Le Pen qui a donc annoncé sa candidature cette semaine,
00:13malgré sa condamnation en appel à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique dans l'affaire des
00:18emplois du Parlement européen.
00:19Sa peine d'inéligibilité a été ramenée à 15 mois ferme, elle a donc été purgée, elle a décidé de
00:24se pourvoir en cassation.
00:25Est-ce que le fait qu'elle puisse se présenter, qu'elle soit candidate, c'est une bonne nouvelle pour
00:29vous et pour la démocratie ?
00:30Mais bien sûr que c'est une bonne nouvelle.
00:31On peut penser, moi je ne pense pas du bien de ce qu'a fait le Rassemblement National avec cette
00:36histoire d'attacher parlementaire.
00:38Mais ça c'est un problème.
00:39La deuxième, est-ce qu'en l'occurrence trois juges vont décider eux si vous, si moi, on peut voter
00:47ou pas pour quelqu'un ?
00:48Écoutez, si les gens pensent que c'est une faute morale, que ce n'est pas bien et tout, ils
00:53auront l'occasion de le dire.
00:54Dans les urnes.
00:55Dans les urnes.
00:55Et je trouve que c'est une sage décision d'avoir remis au fond les clés à Marine Le Pen
01:00en disant, vous décidez ou pas.
01:02Elle a décidé, ensuite chacun en pense ce qu'il veut.
01:05Mais évidemment que c'est une bonne chose.
01:07On ne peut pas confisquer, ça a l'air des mots mais ça n'en est pas.
01:11On ne confisque pas le vote des Français.
01:13En plus, attendez, là vous avez vu, il y a en gros plus d'un tiers des Français qui s
01:16'apprêtent à voter pour elle.
01:17Vous ne pouvez pas leur dire, mais écoutez, on ne va pas vous demander votre avis, c'est nous qui
01:20décidons.
01:21Alors après, vous pouvez dire, ce n'est pas bien et je ne vote pas pour elle.
01:25Mais il y a quand même une épée de Damoclès judiciaire qui continue de planer sur sa tête.
01:28Ce matin, Rémi Hetz, procureur général auprès de la cour de cassation qui a donc été saisi par Marine Le
01:32Pen, s'est dit, nous sommes en ordre de marche pour rendre la décision avant le scrutin.
01:36C'est-à-dire qu'on pourrait avoir une décision de la cour de cassation à quelques jours avant le
01:40premier tour.
01:41Ah oui, mais ça, c'est le calendrier.
01:43Non, mais là, ça ne me choque pas parce que le RN, le nombre de fois où ils gueulent sur
01:48la lenteur de la justice, ce coup-ci, ils aimeraient qu'elle soit un peu plus lente, permettez-moi de
01:53sourire.
01:54Non, et puis, je vais vous dire, pourquoi je dis que ce n'est pas... En plus, je trouve que
01:57ça n'a aucune importance.
01:58Parce que je pense qu'aujourd'hui, que Marine Le Pen, pendant une semaine ou quatre semaines, bien sûr, ça
02:03va lui casser les pieds, ça va lui compliquer la vie,
02:05elle porte un bracelet électronique, ça choquera un certain nombre de gens.
02:09Mais je ne suis pas sûr qu'un certain nombre des électeurs du RN, je les vois chez moi, disent
02:13pas, au fond, regarder ce qu'on lui impose.
02:16Vous savez, elle apparaît comme quelqu'un... Moi, je préfère que ce soit elle que Bardella, parce que je pense
02:21que...
02:21C'est une meilleure candidate, Robert Ménard ?
02:22Elle a d'abord une autre épaisseur.
02:25Elle a une vraie expérience. Elle n'est pas un gamin de 30 ans qui n'a jamais bossé dans
02:30sa vie.
02:30Pardon de dire ça aussi brutalement, mais c'est ça.
02:33Moi, j'ai des divergences avec Marine Le Pen, mais je lui reconnais une suite dans les idées.
02:39Enfin, il y a des combats sur l'immigration, mais pas que sur l'immigration, sur l'identité,
02:47le fait que les Français se sentent menacés dans ce qu'ils sont, sur les questions de sécurité.
02:51Ça, vous le partagez avec elle ?
02:52Attendez, elle a eu raison avant tout le monde.
02:54Elle posait cette question-là, elle disait le mot immigration, ou vous disiez le mot immigration,
03:00vous étiez le facho de service.
03:01Ce n'est pas vrai, c'est elle qui a raison.
03:03Et elle porte... Aujourd'hui, les Français le disent massivement,
03:07y compris même les autres partis politiques qui se mettent à en parler.
03:09Robert Ménard, elle en est à sa quatrième candidature.
03:12Vous dites qu'elle est plus préparée que lors des dernières campagnes.
03:15Dans tous les cas de figure, dans tous les sondages, pour l'instant,
03:18elle semblerait en mesure de l'emporter.
03:21Est-ce que ce n'est pas un peu tôt par rapport à l'échéance ?
03:23Et qui redettez-vous le plus, en réalité, face à elle ?
03:27Attendez, d'abord, on est, vous le disiez, presque un an.
03:32Si on s'amusait, là on ne le fera pas, mais à prendre les sondages des précédentes élections,
03:38je suis plus vieux que vous, et je me souviens d'un certain nombre de sondages
03:42qui disaient exactement le contraire de ce qui est arrivé.
03:44Donc, il faut faire attention.
03:46Deuxièmement, le Rassemblement national, quand même, quand vous regardez ses campagnes,
03:49il perd des voix pendant les campagnes, parce qu'il a tout le monde contre lui et tout ça.
03:55Troisièmement, qui, aujourd'hui, mais il n'y a personne face à elle ?
03:58Il n'y a personne. Il n'y a pas Jean-Luc Mélenchon, par exemple.
04:00Mais Jean-Luc, vous avez vu, je ne sais plus lequel de sondages le donne.
04:0470% pour elle au deuxième tour, contre 30% pour Jean-Luc Mélenchon.
04:08Dieu merci, il est disqualifié, je crois.
04:11Il peut être au deuxième tour, mais il est disqualifié.
04:12Moi, je pensais qu'il aurait pu y avoir une alternative de droite
04:18qui soit capable de dire, sur le terrain économique,
04:21on dit moins de bêtises que le RN, on est moins pro-russes que le RN,
04:26mais en même temps, sur les questions qui nous touffent, l'immigration et tout ça,
04:29on est capable de dire à peu près la même chose.
04:31Le problème, c'est qu'aujourd'hui, le seul qui pourrait un peu incarner ça,
04:36c'est Bruno Retailleau.
04:37Mais vous avez vu le parti qu'il a avec lui ?
04:40Mais attends, moi j'ai ce parti, je me débarrasse du parti.
04:42Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis.
04:44Il te tue, ce n'est pas un boulet, c'est une enclume que tu as accrochée.
04:48Donc il est déjà, d'ores et des jeunes, il est condamné à se rallier à Édouard Philippe ?
04:52Je ne sais pas, moi quand il me parle, il me dit jamais je le ferai.
04:56Je ne le traite pas de menteur, donc j'imagine qu'il ne le fera pas.
04:59Mais tant qu'il ne se débarrassera pas d'espèces de cohorte de gens derrière lui
05:05qui ne rêvent que d'une chose, c'est de lui foutre un coup de poignard dans le dos,
05:08il n'y arrivera pas.
05:09Et pourtant c'est un homme de qualité et tout.
05:11Mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas encore.
05:14Mais Robert Benard, est-ce qu'il ne faut pas que justement ces candidats
05:16qu'on appelle du bloc central, je ne sais pas ce que ça recouvre exactement,
05:19Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, ils sont très nombreux,
05:22à un moment s'unissent et se disent, allez, on se met en ligne de marche.
05:25Mais il faut faire quoi ?
05:27Attendez, pour faire quoi ? Pour décider ?
05:29Vous croyez que, je ne sais pas, on prend l'exemple Gabriel Attal,
05:32c'est la rupture par rapport à Macron.
05:34Enfin, qui peut vous faire croire ça ?
05:36Édouard Philippe aussi ?
05:36Mais pas plus que ça.
05:38Moi, je n'ai pas d'antipathie pour le maire du Havre.
05:42Mais enfin, vous avez un peu de mémoire comme moi.
05:45Il n'a pas été rien, il a été premier ministre de ce pays.
05:49Moi, je lui ai posé la question, il m'a dit, oui, mais les choses sont différentes et tout.
05:52Mais Coco, si tu penses qu'on t'impose tous les matins,
05:56parce que l'autre, il est chef de l'État, de faire ceci ou de ne pas faire cela,
05:59qu'est-ce que vous faites ?
06:00Vous vous tirez, au bout d'un moment, les types,
06:02ils voudraient aujourd'hui bénéficier du fait d'avoir été ministre ou premier ministre
06:07et aujourd'hui dire, ah oui, mais vous savez, j'étais contraint.
06:10Tu n'es pas contraint dans la vie politique ?
06:12Tu ne sais pas, il n'est pas smicard et il ne peut pas quitter sa boîte.
06:16S'il veut, demain, il veut arrêter d'être premier ministre, tu arrêtes.
06:18Tu dis, je ne suis pas d'accord avec ceci et cela et je le fais.
06:21Enfin, vous rigolez, ce n'est pas sérieux.
06:22Donc, vous nous dites ce matin, Robert Meillard, sur CNews d'Europe 1,
06:25il n'y a aucune chance que ces candidats du Bloc central se mettent d'accord.
06:29Elle ouvre la voie, elle a la voie à un second tour,
06:32RN et les filles, on est d'accord.
06:35Mais c'est en même temps le pire des scénarios.
06:38Vous avez envie de choisir ?
06:40Moi, je n'ai pas envie de choisir.
06:41Si j'avais à choisir, je vous le dis tout de suite, je voterais Marine Le Pen.
06:45Mais bien sûr, je ne suis pas jobant.
06:48Vous avez vu ces derniers mois, l'antisémitisme aujourd'hui, il n'est pas là.
06:51Il est de l'autre côté.
06:52On ne va pas prendre tout ce qu'on peut reprocher à Jean-Luc Mélenchon.
06:55Bien sûr, je choisirais.
06:56Mais je voudrais me retrouver dans une autre alternative.
06:59Sauf que pour ça, pardon de ma vulgarité, il faut des gens qui en aient un petit peu,
07:04qui aient envie de dire du courage.
07:05Voilà, vous avez raison, vous me sauvez d'une grossité épouvantable.
07:09Donc, qu'il y ait du courage, qu'il y ait suffisamment...
07:12Ils ont des convictions, mais pas de courage de rompre.
07:14À un moment donné, tu prends des risques.
07:16Je suis persuadé que les Français, ils attendent une voix forte
07:20qui ne soit pas enchaînée par des logiques de parti,
07:23qui tombent sur un homme ou une femme,
07:25qui leur disent, voilà, je vous propose ceci.
07:27Ça ne va pas être facile, mais je vous donne de l'espoir.
07:30Vous verrez, vous pouvez me faire confiance.
07:32Je vous comprends, je parle comme vous.
07:34Je comprends ce que vous dites.
07:36Attendez, il y a une détestation.
07:37Marine Le Pen, elle surfe sur un truc facile.
07:41Non, ce n'est pas facile, mais évident.
07:42Il y a une détestation,
07:45pas seulement de M. Macron,
07:46mais de tout ce qui, de près ou de loin,
07:49vous rapporte à lui.
07:51Et puis l'idée, là,
07:52c'est pour ça que je trouve que pour le RN,
07:54c'est une meilleure solution.
07:55L'idée, t'es jeune, tu vas voir, tu vas montrer ça.
07:58On a donné, on a donné avec Gabriel Attal,
08:00on a donné avec Macron.
08:01Je ne crois plus que ce soit une qualité.
08:02Donc, t'es jeune, c'est pour le journal ?
08:03Pour Jean-Anne Bardella, c'est ça ?
08:04Bien sûr.
08:04Mais le ticket fonctionne pour vous ?
08:06Président de la République, Premier ministre,
08:08est-ce qu'ils nous vendent ?
08:09Oui, je m'emballe l'œil un peu, pour dire la vérité.
08:12Non, pour vous, ce n'est pas une bonne idée.
08:12Non, non, bien sûr que pour eux, c'est une bonne idée.
08:14Je pense que le problème,
08:16et pourquoi je dis que je m'emballe l'œil,
08:17parce que ce que j'ai envie de savoir,
08:18c'est est-ce que Marine Le Pen aura le courage de dire
08:21sur la situation financière de la France,
08:24qu'est-ce qu'on fait ?
08:25Parce que, attendez, moi, je le vois tout le temps,
08:27mais à mon petit niveau, à mon tout petit niveau,
08:30quand tu es dans l'opposition,
08:31tu peux te dire, madame, n'importe quoi, n'importe quoi.
08:35Je veux dire, moi, oui, le SMIC,
08:37plus le SMIC, une augmentation du SMIC,
08:40l'essence pas chère, la retraite.
08:42Mais c'est les impôts.
08:42Mais ça n'existe pas, madame.
08:43Vous le savez bien.
08:45Comment vous pouvez avoir en face de vous
08:47quelqu'un qui vous dise ce genre de promesses ?
08:49En plus, c'est méprisant par rapport aux gens,
08:51parce que je pense que les Français,
08:52ils ne sont pas assez cons
08:53pour ne pas savoir que tu ne peux pas à la fois
08:56baisser les impôts,
08:57augmenter les salaires et baisser la dette.
09:00Ça n'existe pas.
09:01Ça n'existe pas.
09:02Robert Ménard, est-ce que vous accepteriez
09:04de participer à un gouvernement ?
09:05Ça ne se pose pas comme ça.
09:06Honnêtement.
09:06Ah, si, ça se pose quand même.
09:08Non, ça ne se pose rien du tout, d'abord.
09:09Si, ça se pose.
09:09Avec qui ?
09:11Alors, Jordan Bardella, Premier ministre.
09:13Enfin, attendez, ils viennent de présenter
09:14quelqu'un contre moi.
09:15Je veux dire, ils ne ratent pas une occasion
09:17de dire une saloperie.
09:19En l'occurrence, lui, plus qu'elle.
09:21Sur ça, ils se sont pris une raclée.
09:24Voilà, il faut qu'ils apprennent quelque chose.
09:27Au fond, le RN, ils ont un défaut
09:29exactement le même que l'extrême-gauche.
09:31Exactement le même.
09:32D'un sectarisme de temps en temps.
09:34Ils sont capables...
09:36Enfin, vous n'avez jamais dit
09:36une connerie, vous, sur quelqu'un,
09:38et vous le regrettez,
09:39je suppose que ça vous est arrivé.
09:40Comme tout le monde.
09:41Je ne parle pas là, là, ici,
09:42vous n'en dites jamais.
09:43Je parle dans la vie privée.
09:45Tu as un mot qui est désagréable
09:47et tu le regrettes.
09:48Mais ils n'oublient rien.
09:50Ils sont capables de vous ressortir.
09:51Mais quand eux, ils vous disent
09:52une saloperie sur vous,
09:55comment vous osez rappeler
09:56qu'ils ne sont pas clean ?
09:57La querelle n'est pas terminée.
09:59On parle du procès de Marine Le Pen.
10:00Non, j'ai une querelle avec M. Bardella.
10:04J'en ai infiniment moins avec Marine Le Pen
10:06pour qui j'ai infiniment plus de respect
10:09même si je suis en vrai désaccord
10:11sur un certain nombre de choses avec elle.
10:12On a parlé de la décision de justice
10:14là concernant.
10:14Il y en a une aussi qui pèse sur vous
10:16le 30 septembre prochain
10:17puisque votre mandat de maire
10:19est remis en cause
10:19par une décision de justice.
10:20Vous avez refusé de marier un OQTF.
10:23Est-ce que, là encore,
10:24vous comprenez que c'est insupportable
10:26pour vos électeurs
10:28de voir que peut-être
10:28votre mandat va vous être retiré
10:30pour un acte que vous pensez illégal ?
10:33Et que, attendez,
10:34et que 70-75% des Français
10:38disent j'aurais fait
10:39exactement la même chose.
10:41Madame, je me serais retrouvé
10:43comme, voilà,
10:43exactement dans cette situation.
10:45Moi, maire, ici,
10:47de ce côté de la table,
10:48le monsieur en face de moi
10:50en situation illégale
10:51faisant l'objet d'une obligation
10:52de quitter le territoire.
10:53Une obligation de quitter le territoire.
10:55Et vous, vous le mariez.
10:56C'est-à-dire, qu'est-ce que vous faites
10:57quand vous mariez quelqu'un ?
10:58Vous rendez quasiment impossible
11:01l'expulsion de ce garçon ?
11:02Non, je ne veux pas.
11:04Je ne veux pas le faire.
11:05Je ne le ferai pas.
11:06Je m'entête.
11:06Je dois être une bourroune,
11:08comme dit chez moi.
11:09C'est-à-dire,
11:09quelqu'un qui ne change pas d'avis.
11:10Non.
11:11On m'a dit,
11:11mais tu n'as qu'à le faire marier
11:12par un adjoint.
11:13Vous voyez ?
11:14On parlait du courage.
11:15Ah non, je ne vais pas le faire.
11:16Mais écoute-toi,
11:17si tu voudrais me rendre un service,
11:19tu le fais.
11:19Mais il y a plein de maires
11:21qui feraient exactement
11:22la même chose que moi.
11:23Sauf que, vous le disiez,
11:24la menace est tellement terrifiante.
11:26Tu te rends compte ?
11:27Je viens d'être élu
11:27avec plus de 65% des voix.
11:29Je pourrais en septembre
11:30ne plus être maire de la ville.
11:32Et tu te dis,
11:33au fond,
11:33est-ce que ça vaut le coup ?
11:34De temps en temps,
11:35ça vaut le coup.
11:36La proposition de loi interdisant
11:37les mariages
11:38pour les étrangers
11:39en situation irrégulière
11:40n'a pas été adoptée
11:41à l'Assemblée.
11:42C'est un regret pour vous,
11:42évidemment.
11:43Vous demandez peut-être
11:44que justement,
11:45à l'avenir,
11:45les candidats s'engagent
11:47sur ce sujet-là ?
11:47Attendez,
11:48Madame,
11:50ils se sont engagés.
11:51J'ai eu tous les partis du centre
11:52dont vous parliez tout à l'heure.
11:54Je les ai eus personnellement.
11:55Robert,
11:56ou Robert Ménard,
11:57suivant les cas,
11:58tu peux compter sur nous.
11:59Évidemment qu'on va la voter cette fois.
12:01On ne va quand même pas
12:02te laisser tout seul
12:03face à la justice.
12:05Le jour,
12:06alors là,
12:06que la gauche
12:07fasse de l'obstruction,
12:09on l'oublie.
12:10Vous y attendez,
12:11je ne m'attendais pas.
12:11Mais que les partis,
12:13comme on dit,
12:13du centre,
12:14pas les LR,
12:16et le RN non plus,
12:17ils ont été hyper corrects là-dessus.
12:19Mais les autres
12:20ne se donnent pas
12:21les moyens
12:21de voter la loi.
12:23Mais enfin,
12:23ils se foutent de ma gueule.
12:25Moi,
12:26ce n'est pas trop important.
12:27Mais ils se foutent
12:28de leurs électeurs.
12:29Et ces gens-là
12:30vous disent,
12:31aujourd'hui,
12:32il faut lutter
12:34contre l'immigration illégale.
12:36Donc,
12:36il faut virer
12:37un certain nombre de gens
12:38qui sont en situation illégale.
12:40Et quand ils ont l'occasion
12:41de dire
12:42un maire refuse de marier
12:43parce qu'il veut
12:44rendre possible
12:45ces expulsions,
12:47je ne suis pas là
12:48ou je ne fais pas le job,
12:50c'est se foutre du monde.
12:51Alors,
12:51on votera pour...
12:52En tout cas,
12:53je ne vais parler que pour moi,
12:54je ne suis pas dans la partie.
12:55Je voterai pour des gens
12:56qui ont un peu,
12:58comment vous dire,
12:59de figure.
13:00Clairement là-dessus.
13:00Vous voyez,
13:00de figure.
13:01Vous voyez ce que ça veut dire,
13:02de figure.
13:03Vous voyez,
13:03tu as un peu de figure.
13:04C'est-à-dire,
13:04quand tu dis quelque chose,
13:05si je vous dis quelque chose
13:06en face de vous,
13:07je le fais.
13:08C'est juste ça.
13:09Donc,
13:09c'est ça.
13:10Des marqueurs forts
13:11sur les sujets régaliens,
13:13sur la dette,
13:14apurer la dette,
13:15prendre des décisions difficiles
13:16concernant l'impôt public,
13:17c'est simple au clé d'engagement.
13:2233 500 milliards
13:25l'an prochain,
13:27les intérêts de la dette,
13:27pas rembourser la dette,
13:28on ne la rembourse pas la dette,
13:29on rembourse les intérêts de la dette,
13:31ce sera plus que les impôts
13:33que nous payons tous ici.
13:34Mais enfin,
13:35comment tu peux ne pas prendre en compte ?
13:37Alors,
13:37évidemment,
13:38dans une campagne électorale,
13:39tu n'as pas envie de dire ça.
13:40Tu n'as pas envie de dire aux gens
13:41parce que 3 500 milliards de dettes,
13:44ça vous dit quelque chose à vous,
13:45rien à moi,
13:46rien du tout,
13:47c'est inimaginable.
13:48Donc,
13:48c'est tellement inimaginable
13:49qu'on ne sait pas en parler.
13:50Et donc,
13:51on ne sait pas en parler.
13:51Donc,
13:52vous verrez qu'une bande de lâches
13:53n'en diront pas un mot.
13:55On n'en parlera plus tard.
13:56Et non,
13:56il faut juste prendre des décisions là-dessus.
13:59Trois questions importantes
13:59pour terminer,
14:00Robert Ménat.
14:01Vous avez été choqué
14:01par le fait que
14:02Laurent Panifou,
14:03le ministre chargé des Relations
14:04avec le Parlement,
14:05organise le 15 juillet prochain
14:07un cocktail
14:08pour célébrer
14:09le vote de la loi
14:10sur la fin de vie.
14:12Ça,
14:12ça vous choque ?
14:13Mais vous ne trouvez pas
14:14que c'est honteux ?
14:15Vous imaginez ?
14:16Quelle que soit votre opinion,
14:18on ne pense peut-être pas
14:18la même chose sur ça.
14:20Vous avez envie de célébrer,
14:22célébrer la mort,
14:24madame.
14:24La mort.
14:25Vous savez,
14:26moi,
14:26j'ai une position particulière.
14:28Je ne suis pas
14:29contre
14:31l'euthanasie.
14:31L'euthanasie.
14:32Parce que
14:32j'ai aidé mon frère à mourir.
14:34Parce qu'il avait une maladie de charcot.
14:36Et c'est une merde
14:37absolue.
14:38Enfin,
14:38vous savez ce que c'est.
14:40Donc,
14:40je n'ai pas de position
14:41que vous avez tranchée.
14:43Je pense que chacun
14:44essaye
14:45de se dépatouiller
14:46comme tu peux.
14:47Tu vas chercher un médecin.
14:49Moi,
14:49c'était un médecin...
14:49Ça existe déjà.
14:50Ça existe déjà.
14:51Bien sûr,
14:51ça existe.
14:52Il manque des unités
14:52de soins palliatifs.
14:53Il faut des soins palliatifs.
14:55Mais le reste,
14:56il ne faut pas le faire.
14:57Il ne faut pas de nouvelles lois.
14:59Vous savez pourquoi ?
15:00Je ne réponds pas du tout
15:01sur un terrain moral.
15:02Vous avez bien compris.
15:03Je ne me passe pas du tout là-dessus.
15:04Vous savez ce qui va se passer ?
15:06Exactement ce qui se passe au Canada.
15:08C'est-à-dire,
15:08ça va être une loi pour les pauvres.
15:10Vous savez,
15:11payez-moi.
15:11Elle est vulnérable.
15:12Dans ma ville,
15:13il y a des EHPAD.
15:14Je ne sais pas si vous savez,
15:15ça coûte cher un EHPAD
15:16quand vous avez un papa
15:17ou une maman.
15:18Tout le monde ne l'a pas.
15:19Quand vous aurez répété
15:20deux ou trois fois
15:21à quelqu'un en EHPAD,
15:23écoute,
15:23tu sais,
15:24c'est difficile,
15:25tes petits-enfants,
15:26il faut aller à l'école,
15:28ça coûte cher l'EHPAD et tout.
15:30Comment ça pèse ?
15:31Si tu te sens inutile,
15:33si tu sens que tu as une charge
15:35pour tout le monde
15:36et une charge pour tes enfants,
15:37pour tes enfants,
15:38vous avez vu
15:39l'explosion au Canada ?
15:40Des gens...
15:41Et célébrer ça,
15:42pour vous,
15:43c'est indigne et indécent ?
15:44C'est dégueulasse,
15:46madame.
15:47C'est immonde.
15:48Attendez,
15:49c'est un cocktail
15:50de célébrations.
15:51Et le Conseil économique
15:52et social
15:53qui va y inviter
15:54les gens qui ont travaillé,
15:55comment ça s'appelait ?
15:56Je ne savais jamais.
15:56La Convention,
15:57la Convention citoyenne.
15:58C'est un procri,
15:59au lieu de prendre
16:00tes responsabilités,
16:01tu vas demander aux autres
16:02de les prendre à ta place.
16:03Vous avez vu,
16:04ils ont écrit aux gens
16:05qu'ils allaient prendre en charge
16:06leur hébergement
16:07et leurs déplacements.
16:10Mais tu prends en charge
16:11l'hébergement
16:12et le déplacement
16:13de gens
16:13pour participer
16:14à une fête
16:15sur un truc
16:16qui est quand même
16:16de près ou de loin,
16:17tellement lié à l'amour,
16:19tellement intime,
16:20tellement difficile à prendre,
16:22tellement compliqué.
16:23Mais qu'est-ce qu'ils ont
16:24dans la tête,
16:25madame ?
16:25Robert Ménard,
16:26on est sur CNews
16:26et sur Europe 1.
16:27Ce soir,
16:27à 22h,
16:28vous le savez,
16:28la France va affronter
16:29le Maroc
16:30en quart de finale
16:30de la Coupe du Monde.
16:31Au-delà du simple
16:32enjeu sportif,
16:33il y a un risque
16:33de débordement
16:34qui est réel,
16:34il y a un dispositif
16:35de sécurité
16:35qui est extrêmement conséquent.
16:37Le ministre de l'Intérieur
16:38l'a annoncé.
16:39On s'y habitue ?
16:40Il faut s'habituer ?
16:40Non, je ne veux pas m'y habiter.
16:42Moi, j'ai appelé
16:42la consul du Maroc
16:45à Montpellier
16:45parce qu'on a eu
16:47quelques petits problèmes
16:48lors du précédent match
16:49avec le Maroc.
16:50Moi, j'ai envie
16:50de faire la fête.
16:52Moi, je n'ai rien
16:52contre l'équipe du Maroc.
16:53Écoutez,
16:54quand il y a eu
16:55la finale de la Cannes,
16:56donc pour l'Afrique,
16:58il y avait un match
16:59entre le Maroc
17:00et le Sénégal.
17:01Je suis allé
17:02avec les supporters marocains
17:03parce que,
17:04je vous le dis ici,
17:05je préférais
17:06le Maroc au Sénégal.
17:07Ce n'est pas gentil
17:08mais c'est comme ça.
17:09Peut-être parce que
17:09je suis né en Afrique du Nord
17:10et que c'est mon histoire
17:11et que j'aime bien
17:12le Maroc et tout ça.
17:13Donc, je n'ai aucun problème.
17:15Moi, simplement,
17:15comme maire,
17:16on a eu des réunions
17:17hier à la sous-préfecture
17:20pour éviter
17:21les débordements.
17:21Ça veut dire,
17:22vous avez compris,
17:22on a tous intégré
17:24le fait que demain,
17:26demain, c'était hier,
17:27c'est ce soir,
17:28vous pouvez avoir
17:29des problèmes
17:29à cause d'une bande
17:30de petits cons
17:31qui ne représentent pas
17:32la communauté marocaine
17:33chez moi
17:34mais qui sont là,
17:35qui sont de la deuxième
17:36ou de la troisième génération
17:37qui vont aller foutre
17:38le bordel
17:39et puis de façon dangereuse.
17:41Vous savez,
17:41ils roulent en bagnole
17:43avec le drapeau,
17:44c'est ce que je disais
17:44à la consuline.
17:45Je disais,
17:45vous avez envie
17:46qu'ils écrassent quelqu'un
17:47ou qu'ils se cassent la gueule
17:47et qu'ils meurent ce soir-là ?
17:49Moi, ça me tue
17:50qu'on soit là.
17:50Et encore,
17:51chez moi,
17:51c'est calme.
17:52Personne va piller
17:53quoi que ce soit,
17:53va casser l'ombre du lit.
17:54Ça n'arrive jamais
17:55mais peut-être
17:56j'ai un goût de l'ordre
17:56tel que ça décourage
17:58n'importe qui.
17:59Mais dans les grandes villes,
17:59ce sera peut-être
18:00la même manière.
18:00Vous êtes sûr
18:01qu'à Paris,
18:01il n'y aura pas le bordel ?
18:02Vous y mettriez
18:03votre main à couper ?
18:04Le préfet croit
18:05qu'il y aura
18:06des bords de bords
18:06Il y a un dispositif
18:07Alors que ça va être une fête
18:09même si évidemment
18:10j'ai envie
18:10que ce soit la France
18:11qui gagne.
18:12Dernière question.
18:13Il y a évidemment
18:14un contexte géopolitique
18:15très lourd
18:16autour de cette élection
18:17en 2027.
18:18Ce qui se passe en Iran
18:19avec la reprise
18:20en tout cas
18:21de certaines frappes iraniennes
18:22sur le Kouaït et Bahreïn.
18:23Et puis l'Ukraine.
18:24Vous revenez,
18:24je crois,
18:24d'un voyage en Ukraine.
18:26Qu'est-ce que vous y avez vu,
18:28Robert Ménard ?
18:28D'abord,
18:29je suis allé saluer
18:30mes amis ukrainiens
18:31parce que ma ville
18:32jumelait
18:33avec une ville
18:36parce que c'est terrible
18:36madame la guerre.
18:37Parce que les gens
18:38ils parlent comme ça
18:39peut-être parce que
18:40vous, moi,
18:41on sait ce que c'est
18:41on y est allé et tout.
18:42La guerre,
18:43c'est pas la fleur au fusil.
18:46C'est des horreurs.
18:47Je suis allé dans les hôpitaux
18:49voir les blessés.
18:50Ils sauront eux
18:51quoi qu'il arrive
18:52quand t'es amputé
18:53tu restes amputé
18:53toute ta vie.
18:55C'est terrifiant.
18:55Les orphelins,
18:56enfin vous êtes maman
18:58vous savez ce que c'est.
18:59Les femmes habillées
19:00toutes en noir
19:01parce qu'elles ont perdu
19:03leur mari.
19:04Et leur mari souvent
19:05c'est des jeunes
19:06des jeunes papas.
19:07Donc d'abord
19:08leur dire ça
19:08parce que je voulais
19:10pas simplement
19:10j'ai mauvaise conscience
19:11je voulais pas simplement
19:12dire
19:12comme je peux vous le dire
19:14que je suis du côté
19:15évidemment des Ukrainiens
19:17et pas que du côté
19:18des forces russes
19:18qui ont
19:19je le redis
19:20pour tous ceux
19:21qui renvoient dos à dos
19:22il y a un agresseur
19:23un agressé
19:24il y a un pays
19:24qui est envahi
19:25par un autre pays.
19:27Tu tournes
19:27tu vires
19:28c'est quand même ça
19:28la réalité.
19:29Donc ça c'était
19:30la première chose
19:30la deuxième chose
19:31ils m'ont amené au front
19:32et je suis allé
19:33dans un bunker
19:34vous savez où ils pilotent
19:36les drones
19:37et là
19:37c'était terrible
19:39pour la première partie
19:40la douleur
19:41et là l'espoir
19:42personne ne m'a dit
19:45on va gagner la guerre
19:46de toute façon
19:46personne n'a cette prétention
19:48mais ils me disent tous
19:49avec les drones
19:50le rapport de force
19:51a changé
19:52et les russes
19:53ne gagneront pas la guerre
19:54et je trouve ça formidable
19:55parce que
19:56je suis de ceux
19:57qui pensent
19:58que les ukrainiens
19:59je sais le régime ukrainien
20:01je suis allé 20 fois
20:02en ukraine
20:02je sais ce qu'il est
20:03mais quand même
20:04ils se battent
20:05pour
20:05pardon madame
20:06pour nos libertés
20:07pour le fait
20:08qu'on puisse ici
20:09dire ce qu'on dit
20:10sans problème
20:11et sans menace
20:12et rien que pour ça
20:13voilà
20:14et rien que pour ça
20:15rien que pour ça
20:16ils méritent
20:16plus qu'un coup de chapeau
20:17notre admiration
20:19je suis admiratif
20:20merci beaucoup
20:21Robert Ménard
20:21d'être venu ce matin
20:22dans le matin
20:23c'est New Zealand
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