00:00Léonard Zerbib, Léonard Zerbib, s'il vous plaît.
00:02Il n'y a pas des motifs religieux.
00:03Moi, ce que je trouve doublement indécent dans cette histoire,
00:05c'est d'abord que, comme l'a dit Bruno Retailleau,
00:07mourir dans la dignité, et on voit que là,
00:09on a un comportement qui est tout à fait indigne,
00:11et surtout, la deuxième raison, c'est que ce texte
00:14n'est toujours pas adopté, et que
00:15Gérard Larcher a indiqué que dans tous les cas,
00:17il le soumettrait au Conseil constitutionnel.
00:19Qu'est-ce que ça veut dire de le soumettre au Conseil constitutionnel,
00:21Léonard Zerbib ? Je précise aux auditeurs d'Europe 1
00:23que vous êtes justement avocat en droit public
00:26spécialiste de la Constitution.
00:27Ça veut dire que la loi ne peut être promulguée
00:29tant que le Conseil constitutionnel ne s'est pas
00:31saisi de cette question. Il a un délai d'un mois
00:33pour examiner la constitutionnalité
00:36de ce texte par rapport à la Constitution.
00:38Donc, il va y avoir des arguments qui vont être invoqués.
00:40Par exemple, est-ce que ce texte est conforme
00:42à certains droits et libertés,
00:43aux droits à la vie, est-ce que la procédure parlementaire
00:45a été respectée ? L'égalité pour la loi.
00:48Par exemple, aussi à la question de l'égalité,
00:50etc. Donc, ça veut dire que le texte,
00:51on n'est pas du tout certain, même s'il est adopté
00:53le 15 juillet, et je rappelle à cette heure-ci
00:55qu'il n'est pas adopté par le Parlement,
00:58on n'est pas certain qu'il ressortira
01:00dans les mêmes conditions, et il peut être purement
01:02et simplement abrogé par le Conseil constitutionnel.
01:04Donc, je trouve que c'est en plus, non seulement
01:05indigne, mais très imprétant.
01:07Pourquoi, si je ne m'abuse, le Conseil constitutionnel
01:10a refusé que
01:11la question de l'euthanasie soit
01:14présentée par référendum, que la question
01:15soit posée directement aux Français,
01:17Léonard Zerbib ?
01:18Sur le référendum, c'est un point particulier, parce que le référendum
01:21est encadré par l'article 11
01:23de la Constitution. Donc, c'est-à-dire qu'en fait,
01:25on ne peut pas proposer un référendum
01:27sur tous les sujets. Ça pose des difficultés, puisqu'on le sait,
01:30à l'élection présidentielle, il y a un certain nombre
01:31de candidats qui proposent, par exemple, un référendum
01:33sur l'immigration. Et aujourd'hui, ce n'est pas possible
01:35parce que la Constitution ne le permet pas.
01:36Ça supposerait de réviser la Constitution.
01:40On est tout à fait dans l'article 11.
01:41Alors, non, non, c'est pas dans l'article 11.
01:43Bon, là, on va sur le terrain technique, mais c'est parce qu'on ne peut pas
01:45poser des questions, si je ne m'abuse,
01:47sur des questions économiques, c'est ça ?
01:51Pardonnez-moi, mais
01:51le terrain
01:54de la fin de vie,
01:56c'est des questions sociétales,
01:57des questions existentielles. Malheureusement,
01:59et on l'a vu dans plusieurs pays,
02:01vient la question économique. Et Thomas
02:03a eu raison de le rappeler.
02:06Laure Lavalette, 30 secondes avant
02:07une courte pause. 30 secondes, vous êtes gonflé.
02:09Tout le monde a parlé pendant très longtemps. Mais c'est Mathias Leboeuf
02:11qui a beaucoup parlé. C'est Mathias Leboeuf.
02:13Ni pour l'aide à mourir. Et je ne suis pas d'accord
02:15avec ce que vous avez dit en disant qu'il y a
02:17beaucoup de restrictions, mais c'est bien
02:18le problème. En fait, pas du tout. Nous avons...
02:21Enfin, le Parlement a voté la loi
02:22la moins restrictive d'Europe. Et on sait
02:24bien que dans tous les pays d'Europe où cette loi a été
02:26votée, le cadre a été élargi.
02:28C'est comme ça qu'en Belgique, on se retrouve avec
02:30des euthanasies d'enfants.
02:32Donc, ça pose quand même la question en Espagne.
02:35Vous avez raison.
02:36Et c'est vrai que les garde-fous n'y sont plus.
02:39Vous pouvez demander l'aide à mourir au bout d'un processus
02:40le lundi, mourir le mercredi.
02:42Quand vous achetez un truc sur Internet, vous avez 15 jours pour le rendre.
02:44Enfin, je veux dire, je sais bien que c'est un peu simpliste,
02:46mais ça pose quand même la vraie question
02:48de l'intensité qu'on a mis
02:50dans cette aide à mourir.
02:52Enfin, c'est déjà aide à mourir, je trouve que là aussi,
02:54les mots intensants, c'est...
02:56réfute.
02:57Et donc, le vote, ce sera définitif le 15 juillet
03:00prochain, normalement. Il est 9h25.
03:02On revient dans quelques instants. Je vous remercie pour ce débat
03:04parce que c'était absolument passionnant.
03:07Je comprends aussi,
03:08en traitant ce sujet, pourquoi
03:10certains veulent baïonner ces news.
03:12C'est-à-dire que c'est un sujet qui ne sera absolument pas
03:14traité ailleurs, ou très peu,
03:16dans la presse écrite, pourquoi pas.
03:19Mais vous ne le verrez pas
03:20sur des chaînes d'information.
03:22Il y a eu des débats intéressants à l'Assemblée, pour une fois.
03:24Mais bien sûr !
03:25On est étonnés, vu l'État de l'Assemblée.
03:26Mais bien sûr !
03:27Mais c'est un sujet tellement important.
03:29C'est vrai que c'est un sujet extrêmement important.
03:31Et la tenue et certaines interventions dans le débat,
03:34contrairement à d'autres, je le précise.
03:35Même M. Shishenstuhl, on a dit mal à dire le nom,
03:38mais a été...
03:39Depuis tes renaissances.
03:40Il y a vraiment eu des interventions passionnantes.
03:43A élevé le débat, oui.
03:45Je suis 100 fois d'accord avec vous, Charlotte.
03:47Je m'étonnais parfois que lors de ce débat
03:50sur la fin de vie,
03:52les bancs de l'hémicycle étaient parfois quasiment vides.
03:54Ça, c'est vrai.
03:54Trop vides.
03:55En tout cas, il y avait une ambiance...
03:56Lors la valette.
03:56Il y a quand même une ambiance très particulière
03:58quand on a tous ces textes-là,
03:59comme la constitutionnalisation de l'avortement.
04:01Enfin, finalement, les seuls textes sociétaux
04:03qui sont passés, les seuls grands textes
04:05sont des textes sociétaux.
04:06Ça veut aussi dire beaucoup quand même
04:07de ce que le gouvernement d'Emmanuel Macron
04:12aura laissé dans l'empreinte du Parlement.
04:16Je pense qu'on aurait pu aussi légiférer
04:18sur comment mieux protéger les Français.
04:20Je vois Eliott qui me dit de me taire.
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