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00:00Je voulais impérativement commencer par cette actualité qui fait polémique et qui sera bien évidemment sous-traitée.
00:06Mais ça dit tellement long sur l'état de notre société.
00:09Le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, Laurent Panifou, organise le 15 juillet prochain une réception
00:16à l'occasion de l'adoption de la proposition de loi relative à l'aide à mourir.
00:21Déjà la formule, elle ne dit pas son nom, c'est l'euthanasie, mais il ne faut surtout pas prononcer
00:26ce mot.
00:27Après plusieurs réactions politiques, Laurent Panifou s'est exprimé sur X, il déclare qu'il ne s'agit pas d
00:33'un cocktail ni d'une célébration
00:35comme le prétendait le CESE dans son mail d'invitation.
00:37Parce que tout part, et heureusement qu'il y a des lanceurs d'alerte, de Philippe Juvin qui est député,
00:43qui est également médecin
00:45et qui dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire puisque dans le mail d'information du
00:51CESE, on parle de cocktail de célébration.
00:54Ça y est, on célèbre l'administration de la mort en France.
00:58Allez, on va trinquer. On va trinquer parce qu'on a réussi à imaginer comment on allait administrer la mort
01:03sur notre sol.
01:05Dans le cadre de la loi, dans la fiche de renseignement du CESE, relative à l'aide à mourir,
01:10vous êtes convié en tant que membre de la Convention citoyenne sur la fin de vie
01:13à un cocktail de célébration le 15 juillet à 20h à Paris.
01:19Après cette alerte de Philippe Juvin, plusieurs responsables politiques de haut rang ont là aussi réagi.
01:26David Lissnard, Bruno Retailleau.
01:29J'ai vu également un ancien ministre réagir, je vous donnerai son nom dans quelques instants.
01:36Et puis, vous avez donc Laurent Panifou, le ministre, qui a préféré préciser
01:40« Ni cocktail, ni célébration dans mon ministère le 15 juillet.
01:44J'ai trop de respect pour le travail parlementaire, pour les différentes sensibilités sur un texte
01:48qui interroge nos convictions les plus profondes.
01:50Pour organiser un cocktail ou une célébration, il n'en a jamais été question,
01:54contrairement à ce que laisse penser le mail d'invitation.
01:56Thomas Bonnet, expliquez-nous un peu ce qui est en train de se passer. »
01:59C'est affligeant bien sûr, mais ça a le mérite d'une chose, ça a le mérite de la clarté
02:02et de nous montrer ce que cette loi constitue pour ceux qui sont favorables,
02:07c'est-à-dire un trophée politique, c'est-à-dire une victoire politique avant toute autre chose.
02:12Parce que je vous rappelle quand même qu'on est passé par un texte d'équilibre.
02:16Je vous reprends les termes qui avaient été employés, texte d'équilibre, texte de fraternité.
02:20Ça, c'était l'idée qu'on allait aller avec la main qui tremble sur ces questions-là.
02:23Or, cette réception à minima et ce cocktail, comme il avait été d'abord annoncé,
02:28montre bien que ces responsables politiques voient ce sujet comme un progrès sociétal,
02:33un trophée politique et finalement considèrent assez peu le reste et le fond du sujet qui est pourtant vertigineux.
02:41Mais vous imaginez l'état de notre société, c'est-à-dire qu'on imagine du côté du CESE un
02:47cocktail de célébration.
02:48Pour les auditeurs et les téléspectateurs, le CESE, parce que ça ne parle pas forcément à tout le monde,
02:53ça coûte cher, 40 millions d'euros par an. Mais qu'est-ce que c'est le CESE, Thomas ?
02:57C'est-à-dire comme une sorte de troisième chambre du Parlement, c'est le Conseil économique, social et environnemental.
03:01Et c'est en fait un peu un outil pour recaser les copains. C'est un peu comme ça qu
03:08'on peut le qualifier.
03:09C'est-à-dire que ceux qui n'ont pas trouvé de place ailleurs dans l'administration, parfois, sont recasés
03:12au CESE.
03:13Alors je sais que parfois, on nous dit qu'ils produisent des rapports qui sont censés nous éclairer sur un
03:17certain nombre de sujets.
03:17En réalité, c'est une organisation qui a peu d'intérêt.
03:20Juste une chose pour M. Panifou qui dit, nous, on n'a jamais pensé à un cocktail, ni même à
03:26ce qu'il y ait de la nourriture.
03:27C'est le CESE, c'est une maladresse du CESE. J'ai le mail du ministère chargé des relations avec
03:33le Parlement.
03:33Je vous donne juste la première phrase. Nous vous remercions de bien vouloir confirmer votre présence par retour avant jeudi
03:399 juillet.
03:40Il faut le faire, c'est avant midi, messieurs les membres du CESE.
03:43Et le cas échéant, de nous indiquer vos éventuelles contraintes alimentaires.
03:47Donc à part si on fait un air dîner, vous savez, vous avez la air musique, faux dîner.
03:53Je ne vois pas pourquoi vous iriez préciser vos contraintes alimentaires, Charlotte Dornelas.
03:58La question a été posée au ministère, voyez-vous.
04:00Et le ministère répond que c'est une formule habituelle pour des raisons de sécurité.
04:05Je vous assure que c'est la réponse qui nous a été faite.
04:08Ils nous prennent pour des imbéciles.
04:10Ah c'est possible, je vous laisse conclure à votre guise.
04:13Quel intérêt de vous demander des contraintes alimentaires ?
04:14Au-delà de ça, le vrai sujet c'est que le CESE n'a pas sorti de nulle part l
04:18'idée que c'était plutôt festif, si je puis me permettre.
04:21Évidemment que le CESE a échangé avec le ministère avant d'envoyer le mail.
04:25Parce que le CESE envoie le mail avec l'invitation du ministre,
04:28disant aux participants de la Convention citoyenne sur la fin de vie
04:32qu'ils prendront en charge l'hébergement et le transport de ces personnes si elles veulent bien venir au ministère.
04:37Donc évidemment qu'il y a eu un échange avec le ministère et le CESE a compris de cet échange
04:41qu'il s'agissait de célébrer le vote de la loi.
04:44Ce n'est pas très étonnant dans la mesure où le ministre, en l'occurrence,
04:48milite très activement depuis deux ans en faveur de cette loi.
04:52Et de manière, je veux dire, c'est sa liberté.
04:55Mais il n'a jamais caché son engagement extrêmement favorable,
04:59non seulement à cette loi, non seulement sur le principe,
05:01mais également dans le détail d'un texte qui a été de plus en plus permissif au fil du temps.
05:07Donc il n'y a absolument aucun doute sur le fait qu'il s'agissait de fêter l'adoption de
05:12cette loi.
05:13C'est gênant de la part du ministre.
05:15Ça l'est encore plus de la part du CESE qui, je vous rappelle, à l'origine,
05:18était chargé d'organiser la Convention citoyenne avec des citoyens tirés au sort
05:23pour aboutir à peut-être ce qu'en pensent les Français.
05:26J'ai un petit doute, voyez-vous, sur l'organisation absolument transparente de cette discussion,
05:32ce qui avait déjà été évoqué par certains participants d'ailleurs à l'origine.
05:35Mais là, on comprend que le but était apparemment très clair pour tout le monde.
05:39David Lissnard a réagi à rebours de toute décence.
05:41Le Conseil économique, social et environnemental et le ministère des Relations avec le Parlement
05:45organisent un cocktail pour célébrer l'adoption de la loi sur l'euthanasie.
05:48Champagne, petit four, transport, hébergement sont pris en charge par les contribuables.
05:52Le CESE représente un coût annuel de près de 40 millions d'euros.
05:56Alors que les soins palliatifs manquent cruellement de moyens sur l'ensemble du territoire,
06:01nous les supprimerons.
06:03Bruno Retailleau a également régi.
06:04Je suis profondément choqué d'apprendre qu'un cocktail est organisé au sein d'un ministère
06:09pour célébrer le vote de la loi sur l'aide à mourir.
06:13Au-delà des convictions de chacun, ces sujets engagent notre conscience collective
06:17et notre conception de la dignité humaine.
06:19Ils les appellent le respect, l'humilité, la gravité.
06:23C'est à cette hauteur que les responsables politiques devraient tous toujours se tenir.
06:28Monsieur le ministre, comment vous réagissez, Pierre Lelouch ?
06:30Moi, je suis écœuré.
06:32Écœuré.
06:32Je suis de plus en plus écœuré par le fonctionnement de cette équipe gouvernementale.
06:36D'abord, le ministre des Relations avec le Parlement, il doit respecter le Parlement.
06:40Aux dernières nouvelles, la loi n'est pas encore votée.
06:42Donc, il est en train de sauter ce processus qui n'a aucune importance, qui s'appelle le vote.
06:50Deuxièmement, il y a un recours du président du Sénat.
06:53Donc, cette affaire est lourde.
06:55Comme le dit justement Retailleau, elle appelle beaucoup de gravité.
06:59Elle touche à la conscience de chacun.
07:01C'est tout sauf un truc à célébrer ou pas célébrer.
07:04C'est une affaire gravissime qui oriente notre société.
07:07Moi, j'observe que ce gouvernement protège moins les vivants que les morts.
07:13Et c'est ça qui l'intéresse, les morts.
07:15J'ai vu l'autre jour une vieille dame de 91 ans qui est morte derrière sa fenêtre
07:20parce que les volets avaient été supprimés et n'ont jamais été remis.
07:25Chers amis, il y a 32 minutes, je me permets de vous couper,
07:27mais c'est une information qui est essentielle.
07:29Afin de lever toute ambiguïté, dit le ministre Laurent Panifousse,
07:33sur la nature de cette rencontre, j'ai décidé de la reporter.
07:38Extraordinaire !
07:38C'est tombé il y a 32 minutes, je ne l'avais pas vu,
07:41mais signe que c'était là aussi problématique,
07:45choquant aux yeux d'une partie des Français,
07:48M. Panifou décide de reporter, Mathias Leboeuf, ce cocktail.
07:54Qu'est-ce qu'ils vont faire des petits fours ?
07:55Qu'est-ce qu'il va se passer avec les petits fours ?
07:57Ils ne pourront pas trinquer aux frais du contribuable français.
08:00Alors, moi je vais déjà dire d'où je parle.
08:03Moi, je suis plutôt favorable à cette proposition de loi.
08:05Donc, je suis probablement le seul autour de cette table.
08:09Je tiens à le préciser, parce que je ne partage pas votre point de vue
08:13sur cette proposition.
08:16La deuxième chose qu'il faut rappeler,
08:18c'est que le fait qu'il y ait des cocktails sous les ordres de la République
08:21pour fêter soit l'adoption d'une proposition de loi,
08:25soit le vote d'une loi, ça se passe tous les jours.
08:28C'est-à-dire que chaque fois qu'il y a une loi qui passe, qui est votée,
08:31les gens qui ont travaillé à l'élaboration du texte de cette loi,
08:35faite, avec plus ou moins de faste, l'adoption de la proposition ou de la loi.
08:41Oui, mais on ne parle pas de la 17ème millième loi alignée à 5, paragraphe 3,
08:46on parle juste de la mort.
08:48On parle juste de l'euthanasie, Mathias Lebas.
08:50Il y a un petit peu d'expérience parlementaire.
08:51Pierre Lelouch.
08:52Pardon, quand il y a effectivement des gens qui ont travaillé ce tour d'une loi,
08:55il y a un pot à la buvette, voire au groupe,
08:58mais on ne fait pas un cocktail en faisant venir les quatre coins de la France.
09:01On peut le discuter, il faut savoir s'il y a du champagne ou du champ de mince,
09:04mais toujours est-il que le fait que les textes,
09:07les gens qui ont travaillé sur l'élaboration d'un texte,
09:09faite ce texte,
09:13ce n'est pas en soi scandaleux, ça arrive tous les jours.
09:15Non, ça n'arrive pas tous les jours.
09:17Je ne sais pas juste les gens qui ont travaillé...
09:19Charlotte Dornelas.
09:20C'est eux, ils n'arrivent pas tous les jours.
09:22Non, mais c'est tous les Français qui ont participé à la Convention citoyenne.
09:23Je n'ai pas tous en même temps pour les auditeurs d'Europe 1.
09:25Charlotte, juste précisez ce que vous avez dit.
09:27Non, mais je précisez juste qu'il y avait tous les invités,
09:29ce sont les participants à la Convention citoyenne,
09:31qui n'ont pas directement par ce que j'allais l'élaboration.
09:33Je veux dire, c'est que le principe en soi
09:34ne me paraît pas forcément choquant.
09:37En revanche, effectivement, sur ce sujet,
09:40qui est un sujet délicat, qui est un sujet éthique
09:43et qui est un sujet qui a divisé le symbolique.
09:47Et le symbolique est important.
09:49Je trouve que là, il y a une forme d'indélicatesse
09:52de parler de célébration
09:53et effectivement de se réjouir d'un texte
09:59qui divise déjà et qui parle de choses très lourdes.
10:04Je trouve effectivement que c'est indélicat
10:06et que du coup, le ministre fait bien
10:08de suspendre ces festivités, au moins pour apaiser les choses.
10:12J'aime votre mesure, Mathias Leboeuf,
10:14parce qu'on parlait d'indélicatesse.
10:16Moi, je trouve ça proprement scandaleux.
10:18Lorsqu'on parle de cocktails de célébration,
10:20alors qu'on est sur le sujet de la fin de vie,
10:22de l'euthanasie, du suicide assisté,
10:25on parle de la mort, de l'administration de la mort.
10:29On a des soignants qui voient dans cette loi
10:32un bouleversement de leur objectif de vie,
10:36qui était d'accompagner jusqu'au bout les patients.
10:40et évidemment, c'était de sacraliser au maximum
10:44les soins palliatifs.
10:46Et aujourd'hui, on trouve une alternative à cela,
10:48Mathias Leboeuf.
10:48Les soins palliatifs, aujourd'hui,
10:50sont dans un état déplorable en France.
10:53Et on passe effectivement dans cette loi
10:55d'une euthanasie passive,
10:59parce que quand on vous sédate à mort
11:01en vous mettant sous morphine,
11:03qu'est-ce que c'est sinon l'euthanasie passive,
11:05à une euthanasie active ?
11:07Très bien, moi, personnellement, je ne suis pas pour.
11:10Vous savez, on a parlé de bouleversements
11:13de civilisation.
11:15Les stoïciens, sous la Rome antique,
11:18étaient pro-suicide.
11:20Donc, ce n'est pas un bouleversement civilisationnel,
11:23comme on veut bien le dire.
11:24Après, moi, je comprends que ça choque.
11:26On a fait quelques progrès depuis les Romains,
11:28si je peux le permettre, en civilisation.
11:30Je vous le précise, à toute façon utile.
11:32Ce n'est pas si certain que ça.
11:33J'espère que si, sur la mort, précisément,
11:35j'espère que si, oui.
11:36La députée que vous êtes,
11:38Laure Lavalette,
11:39comment elle regarde, justement ?
11:40Alors, attention, ça a été, il faut le dire,
11:42la réception.
11:43Et heureusement,
11:44et vous voyez comme quoi les médias
11:45peuvent avoir aussi un rôle.
11:47Vous avez un lanceur d'alerte,
11:48qui est Philippe Juvin,
11:49qui fait un travail admirable
11:51sur la question de ce projet de loi.
11:54Il alerte sur les réseaux sociaux,
11:58des politiques sans mêle.
12:00Très peu de médias en parlent.
12:02Très peu.
12:02Personne, ce matin,
12:03va vous expliquer ce qui s'est passé
12:05avec, on a imaginé,
12:07un cocktail dînatoire
12:10pour célébrer, en quelque sorte,
12:12ou célébrer, je vais retirer ce mot,
12:14puisque ce n'est pas le mot du ministre,
12:15mais le CESE a imaginé célébrer,
12:18trinqué pour l'administration de la mort.
12:20Excusez-moi, on est chez les Mabouls.
12:21Laure Lavalette.
12:22Oui, on est chez les Mabouls,
12:23mais vous savez,
12:24les voeux de Yaël Braun-Pivet
12:26en janvier 2023
12:28annonçaient clairement la couleur.
12:29Elle disait
12:30la priorité de mon mandat,
12:32entre guillemets,
12:32sera de faire passer ce texte
12:34avec, j'allais dire,
12:35presque un fanatisme très étonnant.
12:36J'aurais préféré qu'elle me dise
12:37la priorité de mon mandat,
12:39c'est de mettre des soins palliatifs
12:40dans tous les départements
12:41et qu'en France, en 2026,
12:42on puisse mourir
12:44pas dans la douleur.
12:46Moi, vous savez,
12:46j'ai été une fervente défenseure
12:48de la vie
12:49et j'ai voté contre ce texte.
12:51On a eu l'occasion
12:52de le faire plusieurs fois.
12:53L'ambiance à l'Assemblée
12:54était très particulière
12:55parce que ça ramène à l'intime.
12:57C'est des sujets très délicats.
12:59Philippe Juvin,
13:00pour le coup,
13:00a vraiment élevé le débat.
13:02Il a fait partie de ces députés
13:03qui ont vraiment élevé le débat
13:04et qui ont éclairé
13:05nos consciences, je pense.
13:06Et nous, c'est assez drôle.
13:08On avait la liberté de vote
13:10pour tous les sujets sociétaux.
13:12Et c'est vrai que,
13:13de texte en texte,
13:14le nombre de partisans
13:16de ce texte ont diminué.
13:17Donc, je me dis que
13:18de s'expliquer
13:19et d'éclairer les consciences,
13:20ça fonctionne.
13:21Moi, je suis très choquée des termes
13:22parce que célébration,
13:24je n'ai jamais vu ailleurs
13:25pour autre chose
13:25un cocktail de célébration.
13:27Vous êtes invité à un cocktail,
13:28mais moi,
13:28je n'ai jamais été invité
13:29à un cocktail de célébration.
13:30La bonne nouvelle,
13:31Eliott Deval,
13:31c'est que si nous gagnons
13:32l'élection présidentielle,
13:34ils auront le temps rapide
13:35de faire un tout petit cocktail
13:36parce que le CESE
13:37va mettre la clé sous la porte
13:38puisque ça fait partie
13:39des économies
13:40que nous voulons faire.
13:41Je crois que ça a un peu baissé
13:42ces 34 milliards d'euros
13:43cette année.
13:44Millions.
13:44Millions.
13:48On me prévient également
13:53qu'il y a des CESE
13:54dans les régions
13:56pour un coût moyen
13:58de 4 à 8 millions d'euros par an
14:01et ça,
14:02évidemment,
14:02quand on dit faire des économies,
14:04imaginez,
14:04c'est comme ça petit à petit.
14:06Je peux faire 4 milliards
14:08d'économies très rapidement,
14:09mais je ne sais pas pourquoi
14:09je pense à 4 milliards.
14:10Charlotte Dornel.
14:10Je pense que dans la différence
14:12entre l'expression
14:13cocktail de célébration
14:14et la vôtre,
14:15à savoir d'y déceler
14:17une indélicatesse
14:18qu'eux n'ont pas décelée,
14:19je pense qu'il y a aussi
14:20une différence de vision
14:21sur cette loi.
14:22Je ne veux pas expliquer
14:25votre intention à votre place,
14:27mais vous allez directement
14:28sur la question de la souffrance
14:30et la réponse à la souffrance.
14:31Je crois que nous avons affaire
14:33dans le gouvernement notamment
14:34avec la présidente
14:36de l'Assemblée nationale,
14:37avec certains membres du CESE,
14:38avec la DMD
14:39puisqu'ils ont mené les débats,
14:41de véritables militants.
14:43Et que vous le vouliez ou non,
14:44ils parlent eux-mêmes
14:45du basculement.
14:47Ils parlent eux-mêmes
14:48de ce changement,
14:50d'un homme qui se redéfinit
14:51lui-même jusqu'à choisir sa mort.
14:53Or là, la question,
14:54vous avez évoqué, vous,
14:55la question du suicide.
14:57Mais la question qui est posée
14:58aujourd'hui n'est pas
14:59la dépénalisation du suicide,
15:00c'est déjà le cas.
15:01Non mais,
15:02la question qui est posée
15:03par cette loi,
15:04c'est le comportement
15:06de la tierce personne,
15:07en l'occurrence,
15:07qui est la société,
15:08par rapport à la demande
15:09de suicide.
15:10Jusqu'à aujourd'hui,
15:11la civilisation,
15:13qui est la nôtre,
15:14répondait,
15:14nous allons trouver
15:15collectivement les moyens
15:16de vous convaincre
15:17que la vie vaut le coup.
15:19Et nous déciderons,
15:20si cette loi est votée,
15:21que pour certaines personnes,
15:23nous les accompagnerons
15:24au suicide.
15:24C'est un basculement
15:26que vous vouliez ou non.
15:26quelqu'un sur la vie
15:27qui est en phase terminale,
15:30qui souffre le martyr...
15:31Déjà, vous savez
15:32que ça, c'est pas dans la loi.
15:34Comment ça, c'est pas dans la loi ?
15:35Ah bah non,
15:35il n'y a pas la phase terminale
15:36dans la loi.
15:36Non mais la phase terminale,
15:37c'est moi qui le dis.
15:39Non mais quand vous êtes
15:40dans une souffrance insupportable,
15:41qu'elle soit psychologique,
15:43ou...
15:44Encore une fois,
15:45moi, je ne dis pas
15:45qu'il n'y a pas de débat.
15:46Je ne dis pas
15:47que les choses sont tranchées.
15:48Et je vais même vous dire,
15:50je trouve que c'est
15:51l'honneur de la France
15:53d'avoir ce débat.
15:54C'est l'honneur d'une société
15:58mature
15:58de réfléchir...
16:00Michel, nous avions
16:01une loi Léonetti.
16:02Moi, j'étais au parlement.
16:04Pardon,
16:04on ne découvre pas
16:05la lune ce matin.
16:07Ce sujet est traité
16:08par l'Assemblée
16:09depuis au moins
16:11deux décennies.
16:11J'ai participé
16:13avec Jean Léonetti
16:14à son travail,
16:15qui était un bon travail,
16:16bipartisan,
16:17qui trouvait le bon équilibre.
16:19Là, pour des raisons politiques,
16:21on en rajoute une couche
16:22et qu'on veut célébrer.
16:24Mais c'est ça le sujet.
16:25Certains rajoutent
16:26la politique
16:26et l'économique.
16:28Mathias Leboeuf,
16:29Permettez-moi de vous dire,
16:30je suis quand même
16:31au courant
16:31de la loi Léonetti
16:33et je n'ai pas
16:34la prétention
16:34de vous faire découvrir
16:35la lune.
16:36Donc, juste une chose,
16:37on passe d'une euthanasie
16:39passive
16:40avec la loi Léonetti
16:42qui,
16:43comment dire,
16:46soigne
16:46ceux qui vont mourir
16:49à une euthanasie active
16:50de ceux qui veulent mourir.
16:52et accorder des droits.
16:54Il y a des gens
16:55pour qui,
16:56à un moment donné,
16:57la seule solution
16:58d'être dans la dignité,
17:00c'est de partir.
17:01C'est une loi.
17:02Et ces gens-là,
17:03vous voulez leur priver
17:04de ce droit.
17:04Rapidement, les amis.
17:05Vous savez pourquoi ?
17:06Je suis désolée,
17:07jusqu'à maintenant,
17:08vous n'êtes pas contre
17:09la prévention du suicide
17:10dans la société.
17:11Non, bien sûr que non.
17:12Voilà.
17:13Donc, vous-même,
17:14vous voulez empêcher
17:15des gens qui veulent mourir
17:16de le faire.
17:16Non, Charlotte,
17:17vous ne pouvez pas laisser croire
17:18que cette loi...
17:19C'est factuel.
17:20Il ne suffit pas
17:20de vouloir mourir.
17:21Il y a des conditions
17:22qui sont extrêmement restrictives.
17:24Mais dis-en vous-même
17:24que vous voulez priver
17:26que je veux,
17:27enfin, que nous voulons,
17:28les gens opposés
17:29à cette loi
17:29veulent priver
17:30les gens qui veulent mourir
17:31de leur droit.
17:32Je vous dis aujourd'hui,
17:33est-ce que vous assumez
17:34que nous arrêtons
17:35d'envoyer les pompiers
17:36quand quelqu'un
17:37est en train de sauter d'un coup ?
17:38Ça n'a rien à voir.
17:39Ce sont des gens...
17:40Mais c'est exactement
17:41la même chose.
17:42Il y a quelqu'un
17:43qui est sur un lit,
17:44qui est son lit de mort,
17:45qui n'a aucune histoire...
17:46Mathias Lebeuf,
17:48pourquoi les médecins
17:49sont vends debout
17:50aujourd'hui
17:50contre cette proposition de loi ?
17:52Pourquoi les médecins...
17:53Parce que les médecins,
17:54vous qui êtes philosophe également,
17:57le propre du médecin,
17:59c'est de se battre
18:00jour et nuit
18:01pour aller au plus près
18:03du patient,
18:04le soigner
18:04et non le tuer.
18:06C'est comme ça
18:06que les médecins,
18:07aujourd'hui,
18:09font de leur métier
18:10leur boussole.
18:11Et ce n'est d'ailleurs
18:11pas un métier,
18:12ce n'est pas très souvent
18:12une vocation.
18:13Et vous qui êtes un homme de gauche,
18:15vous devriez être sensible
18:15aux logiques économiques aussi
18:16qui sont à l'œuvre,
18:17qu'on voit le lobbying
18:18des mutuelles
18:19sur cette question-là.
18:20Ça devrait être un argument.
18:21Donc m'abonné.
18:23C'est encore un autre problème.
18:26Sur les médecins,
18:27c'est très intéressant.
18:29Votre remarque,
18:30je vais vous dire pourquoi.
18:30Moi, je suis très gêné.
18:32J'ai suivi de près
18:33ces débats-là
18:34parce que philosophiquement,
18:35ils sont très denses.
18:36Et il y a une chose
18:36qui m'a frappé,
18:37c'est que tous les médecins
18:38qui montent au créneau
18:39montent avec la casquette
18:40de médecins
18:42en mettant en avant
18:43des arguments religieux.
18:45Et je pense notamment...
18:46Pas tous, Mathias.
18:49Et notamment...
18:50Pas tous, Mathias Leboeuf.
18:51Pas tous.
18:52On met au-delà
18:53des convictions religieuses.
18:54Justement,
18:55moi,
18:57j'ai été très frappé
18:58de voir
18:59que des gens intervenaient
19:01avec une double casquette,
19:03mais une qui était
19:04plus revendiquée que l'autre
19:05qui était celle de médecins,
19:06alors que derrière,
19:07il y avait un avis
19:10religieux
19:10qui se...
19:12Quel est l'argument religieux ?
19:14Qui se...
19:14On n'aide pas à mourir,
19:17ce n'est pas du ressort
19:18de l'homme
19:18de décider
19:19s'il doit partir ou pas
19:20en dernière instance.
19:21Un médecin qui a utilisé
19:22cet argument...
19:23Il y a aussi des personnes
19:23qui se sont posées.
19:24Léonard Zerbe.
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