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Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00Et notre invité dans la grande interview sur CNews et Européens, c'est Robert Ménard.
00:03Bonjour à vous.
00:04Bonjour Laurent Serrat.
00:05Maire de Béziers, parlons de Marine Le Pen, qui a donc annoncé sa candidature cette semaine,
00:09malgré sa condamnation en appel à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique
00:12dans l'affaire des emplois du Parlement européen.
00:15Sa peine d'inéligibilité a été ramenée à 15 mois ferme, elle a donc été purgée,
00:18elle a décidé de se pourvoir en cassation.
00:20Est-ce que le fait qu'elle puisse se présenter, qu'elle soit candidate,
00:23c'est une bonne nouvelle pour vous et pour la démocratie ?
00:25Mais bien sûr que c'est une bonne nouvelle.
00:26On peut penser, moi je ne pense pas du bien de ce qu'a fait le Rassemblement national
00:30avec cette histoire d'attacher parlementaire, mais ça c'est un problème.
00:35La deuxième, est-ce que, en l'occurrence, trois juges vont décider, eux,
00:39si vous, si moi, on peut voter ou pas pour quelqu'un ?
00:43Écoutez, si les gens pensent que c'est une faute morale, que ce n'est pas bien tout,
00:48ils auront l'occasion de le dire.
00:49Dans les urnes.
00:50Dans les urnes.
00:51Et je trouve que c'est une sage décision d'avoir remis au fond les clés à Marine Le Pen
00:55en disant, vous décidez ou pas ?
00:57Elle a décidé, ensuite chacun en pense ce qu'il veut.
01:01Mais évidemment que c'est une bonne chose.
01:03On ne peut pas confisquer.
01:04Ça a l'air des mots, mais ça n'en est pas.
01:06On ne confisque pas le vote des Français.
01:08En plus, attendez, là vous avez vu, il y a en gros plus d'un tiers des Français
01:11qui s'apprêtent à voter pour elle.
01:13Vous ne pouvez pas leur dire, mais écoutez, on ne va pas vous demander votre avis,
01:15c'est nous qui décidons.
01:16Alors après, vous pouvez dire, ce n'est pas bien et je ne vote pas pour elle.
01:19C'est autre chose.
01:20Mais il y a quand même une épée de Damoclès judiciaire qui continue de planer sur sa tête.
01:23Ce matin, Rémi Hetz, procureur général auprès de la Cour de cassation,
01:26qui a donc été saisi par Marine Le Pen, s'est dit, nous sommes en ordre de marche
01:30pour rendre la décision avant le scrutin.
01:32C'est-à-dire qu'on pourrait avoir une décision de la Cour de cassation
01:34à quelques jours avant le premier tour.
01:36Ah oui, mais ça, c'est le calendrier.
01:38Non, mais là, ça ne me choque pas.
01:40Parce que le RN, le nombre de fois où ils gueulent sur la lenteur de la justice,
01:45ce coup-ci, ils aimeraient qu'elle soit un peu plus lente,
01:48permettez-moi de sourire.
01:49Non, et puis, je vais vous dire, pourquoi je dis que ce n'est pas...
01:51En plus, je trouve que ça n'a aucune importance.
01:53Parce que je pense qu'aujourd'hui, que Marine Le Pen,
01:56pendant une semaine ou quatre semaines,
01:58bien sûr, ça va lui casser les pieds, ça va lui compliquer la vie,
02:00elle porte un bracelet électronique,
02:02ça choquera un certain nombre de gens.
02:04Mais je ne suis pas sûr qu'un certain nombre des électeurs du Rassemblement national,
02:07je les vois chez moi, ne disent pas, au fond,
02:09regarder ce qu'on lui impose.
02:11Vous savez, elle apparaît comme quelqu'un...
02:13Moi, je préfère que ce soit elle que Bardella,
02:15parce que je pense que...
02:16C'est une meilleure candidate, Robert Ménard ?
02:17Elle a d'abord une autre épaisseur.
02:20Elle a une vraie expérience.
02:21Elle n'est pas un gamin de 30 ans
02:24qui n'a jamais bossé dans sa vie.
02:25Pardon de dire ça aussi brutalement, mais c'est ça.
02:28Moi, j'ai des divergences avec Marine Le Pen,
02:31mais je lui reconnais une suite dans les idées.
02:34Enfin, il y a des combats sur l'immigration.
02:39Mais pas que sur l'immigration, sur l'identité,
02:42le fait que les Français se sentent menacés dans ce qu'ils sont,
02:45sur les questions de sécurité...
02:47Ça, vous le partagez avec elle.
02:47Attendez, elle a eu raison avant tout le monde.
02:49Elle posait cette question-là,
02:51elle disait le mot immigration,
02:54ou vous disiez le mot immigration,
02:55vous étiez le facho de service.
02:57Ce n'est pas vrai, c'est elle qui a raison.
02:58Et elle porte...
02:59Aujourd'hui, les Français le disent massivement,
03:02y compris même les autres partis politiques,
03:03qui se mettent à en parler, tiens.
03:05Robert Ménard, elle en est à sa quatrième candidature.
03:07Vous dites qu'elle est plus préparée
03:09que lors des dernières campagnes.
03:10Dans tous les cas de figure, dans tous les sondages,
03:13pour l'instant, elle semblerait en mesure de l'emporter.
03:16Est-ce que ce n'est pas un peu tôt par rapport à l'échéance ?
03:19Et qui redettez-vous le plus, en réalité, face à elle ?
03:22Attendez, deux choses.
03:24D'abord, on est, vous le disiez, presque un an.
03:27Si on s'amusait, là on ne le fera pas,
03:29mais à prendre les sondages des précédentes élections,
03:32enfin, je suis plus vieux que vous,
03:35et je me souviens d'un certain nombre de sondages
03:37qui disaient exactement le contraire de ce qui est arrivé.
03:39Donc, il faut faire attention.
03:41Deuxièmement, le Rassemblement national,
03:42quand même, quand vous regardez ses campagnes,
03:44il perd des voix pendant les campagnes,
03:46parce qu'il a tout le monde contre lui et tout ça.
03:50Troisièmement, qui, aujourd'hui,
03:52mais il n'y a personne face à elle ?
03:53Il n'y a personne.
03:54Il n'y a pas Jean-Luc Mélenchon, par exemple.
03:55Mais Jean-Luc, vous avez vu,
03:56je ne sais plus lequel de sondages le donne,
03:5970% pour elle au deuxième tour,
04:01contre 30% pour Jean-Luc Mélenchon.
04:04Dieu merci, il est disqualifié, je crois.
04:06Il peut être au deuxième tour, mais disqualifié.
04:08Moi, je pensais qu'il aurait pu y avoir
04:10une alternative de droite
04:13qui soit capable de dire,
04:15sur le terrain économique,
04:17on dit moins de bêtises que le RN,
04:18on est moins pro-russe que le RN,
04:21mais en même temps, sur les questions
04:23qui nous touffent, l'immigration et tout ça,
04:24on est capable de dire à peu près la même chose.
04:26Le problème, c'est qu'aujourd'hui,
04:28le seul qui pourrait un peu incarner ça,
04:31c'est Bruno Retailleau.
04:33Mais vous avez vu le parti qu'il a avec lui ?
04:35Mais attends, moi, j'ai ce parti,
04:36je me débarrasse du parti.
04:38Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis.
04:39Il te tue, ce n'est pas un boulet,
04:41c'est une enclume que tu as accrochée.
04:44Donc il est déjà condamné
04:46à se rallier à Édouard Philippe ?
04:48Je ne sais pas, moi, quand il me parle,
04:50il me dit jamais je le ferai.
04:51Je ne le traite pas de menteur,
04:53donc j'imagine qu'il ne le fera pas.
04:54Mais tant qu'il ne se débarrassera pas
04:57d'espèces de cohortes de gens derrière lui
05:01qui ne rêvent que d'une chose,
05:02c'est de lui foutre un coup de poignard dans le dos,
05:04il n'y arrivera pas.
05:04Et pourtant, c'est un homme de qualité et tout.
05:06Mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas encore.
05:09Mais Robert Bernard,
05:10est-ce qu'il ne faut pas que justement
05:10ces candidats qu'on appelle du bloc central,
05:12je ne sais pas ce que ça recouvre exactement,
05:14Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau,
05:16ils sont très nombreux,
05:17à un moment s'unissent et se disent
05:18« Allez, on se met en ligne de marche. »
05:21Mais il faut faire quoi ?
05:22Attendez, pour faire quoi ?
05:23Pour décider ?
05:24Vous croyez que, je ne sais pas,
05:26on prend l'exemple Gabriel Attal,
05:28c'est la rupture par rapport à Macron.
05:30Enfin, qui peut vous faire croire ça ?
05:31Édouard Philippe aussi ?
05:32Mais pas plus que ça.
05:33Moi, je n'ai pas d'antipathie
05:34pour le maire du Havre.
05:37Mais enfin, vous avez un peu de mémoire comme moi.
05:40Il n'a pas été rien,
05:42il était Premier ministre de ce pays.
05:44Moi, je lui ai posé la question,
05:45il m'a dit « Oui, mais les choses sont différentes et tout. »
05:48Donc, si tu penses qu'on t'impose tous les matins
05:51parce que l'autre, il est chef de l'État,
05:53de faire ceci ou de ne pas faire cela,
05:55qu'est-ce que vous faites ?
05:55Vous vous tirez au bout d'un moment.
05:57Les types, ils voudraient aujourd'hui bénéficier
06:00du fait d'avoir été ministre ou Premier ministre
06:02et aujourd'hui dire
06:03« Ah oui, mais vous savez, j'étais contraint. »
06:06Tu n'es pas contraint dans la vie politique.
06:08Il n'est pas smicard et il ne peut pas quitter sa boîte.
06:11S'il veut arrêter d'être Premier ministre,
06:13tu arrêtes, tu dis « Je ne suis pas d'accord avec ceci et cela. »
06:16Et je le fais.
06:17Enfin, vous rigolez.
06:17Donc, vous nous dites ce matin, Robert Ménard,
06:19sur CNews d'Europe 1,
06:20« Il n'y a aucune chance que ces candidats du Bloc central
06:22se mettent d'accord.
06:22Ils vont y aller en ordre dispersé. »
06:24Donc, ça ouvre la voie à un second tour.
06:28RN, LFI, on est d'accord.
06:30Mais c'est en même temps le pire des scénarios.
06:33Vous avez envie de choisir ?
06:35Moi, je n'ai pas envie de choisir.
06:37Si j'avais à choisir, je vous le dis de suite,
06:39je voterais Marine Le Pen.
06:41Mais bien sûr, je ne suis pas jobant.
06:43Vous avez vu ces derniers mois,
06:44l'antisémitisme aujourd'hui, il n'est pas là.
06:46Il est de l'autre côté.
06:47Enfin, on ne va pas prendre tout ce qu'on peut reprocher
06:49à Jean-Luc Mélenchon.
06:50Bien sûr, je choisirais.
06:51Mais je voudrais me retrouver dans une autre alternative.
06:54Sauf que pour ça, pardon de ma vulgarité,
06:57il faut des gens qui en aient un petit peu,
06:59qui aient envie de dire...
07:00Du courage.
07:00Du courage.
07:01Voilà.
07:01Vous avez raison.
07:01Vous me sauvez d'une grossiété épouvantable.
07:04Donc, qu'il y ait du courage,
07:06qu'il y ait suffisamment...
07:07Ils ont des convictions, mais pas de courage.
07:08De rompre, à un moment donné, tu prends des risques.
07:11Je suis persuadé que les Français,
07:13ils attendent une voix forte
07:15qui ne soit pas enchaînée par des logiques de parti
07:18qui tombent sur un homme ou une femme
07:20qui leur disent
07:21« Voilà, je vous propose ceci.
07:23Ça ne va pas être facile,
07:24mais je vous donne de l'espoir.
07:25Vous verrez, vous pouvez me faire confiance.
07:27Je vous comprends.
07:28Je parle comme vous.
07:29Je comprends ce que vous dites. »
07:31Attendez, il y a une détestation.
07:33Marine Le Pen, elle surfe sur un truc facile.
07:36Non, ce n'est pas facile, mais évident.
07:38Il y a une détestation,
07:40pas seulement de M. Macron,
07:42mais de tout ce qui, de près ou de loin,
07:44vous rapporte à lui.
07:46Et puis l'idée, là,
07:47c'est pour ça que je trouve que pour le RN,
07:49c'est une meilleure solution.
07:50L'idée de tes jeunes,
07:51tu vas voir, tu vas montrer,
07:53ça, on a donné.
07:53On a donné avec Gabriel Attal,
07:55on a donné avec Macron.
07:56Je ne crois plus que ce soit une qualité.
07:57Pour les jeunes, c'est pour le journaliste.
07:58Pour le journaliste, c'est ça ?
07:59Bien sûr.
07:59Mais le ticket fonctionne pour vous ?
08:02Président de la République, Premier ministre,
08:03est-ce qu'ils nous vendent ?
08:04Oui, je m'en bat l'œil un peu,
08:06pour dire la vérité.
08:07Pour vous, ce n'est pas une bonne idée.
08:08Non, non, bien sûr,
08:09que pour eux, c'est une bonne idée.
08:10Je pense que le problème,
08:11et pourquoi je dis je m'en bat l'œil,
08:12parce que ce que j'ai envie de savoir,
08:14c'est est-ce que Marine Le Pen
08:15aura le courage de dire
08:16sur la situation financière de la France,
08:19qu'est-ce qu'on fait ?
08:20Parce que, attendez,
08:21moi, je le vois tout le temps,
08:22mais à mon petit niveau,
08:23à mon tout petit niveau.
08:25Quand tu es dans l'opposition,
08:26tu peux te dire à madame,
08:27n'importe quoi, n'importe quoi.
08:30Je veux dire, moi, oui,
08:31le SMIC, une augmentation du SMIC,
08:35l'essence pas chère,
08:36la retraite.
08:37Mais ça n'existe pas, madame.
08:39Vous le savez bien.
08:40Comment vous pouvez avoir en face de vous
08:42quelqu'un qui vous dise ce genre de promesses ?
08:44En plus, c'est méprisant par rapport aux gens,
08:46parce que je pense que les Français,
08:48ils ne sont pas assez cons
08:48pour ne pas savoir que tu ne peux pas à la fois
08:51baisser les impôts,
08:52augmenter les salaires
08:54et baisser la dette.
08:55Ça n'existe pas.
08:56Ça n'existe pas.
08:57Robert Minard,
08:58est-ce que vous accepteriez
08:59de participer à un gouvernement ?
09:00Ça ne se pose pas comme ça.
09:01Honnêtement.
09:02Si, ça se pose quand même.
09:03Non, ça ne se pose rien du tout, d'abord.
09:04Ça se pose ?
09:05Avec qui ?
09:05Alors, Jordan Bardella, Premier ministre.
09:08Enfin, attendez,
09:08ils viennent de présenter quelqu'un contre moi.
09:11Je veux dire,
09:11ils ne ratent pas une occasion
09:12de dire une saloperie.
09:14En l'occurrence, lui, plus qu'elle.
09:16Sur ça,
09:17ils se sont pris une raclée.
09:20Voilà,
09:20il faut qu'ils apprennent quelque chose.
09:22Au fond,
09:23le RN,
09:23ils ont un défaut
09:24exactement le même
09:25que l'extrême-gauche.
09:27Exactement le même.
09:27D'un sectarisme,
09:29de temps en temps,
09:30ils sont capables...
09:31Vous n'avez jamais dit
09:32une connerie,
09:32vous sur quelqu'un,
09:33et vous le regrettez,
09:34je suppose que ça vous est arrivé.
09:35Comme tout le monde.
09:36Je ne parle pas là.
09:37Là, ici,
09:37vous n'en dites jamais.
09:38Je parle dans la vie privée.
09:40Tu as un mot
09:40qui est désagréable
09:42et tu le regrettes.
09:44Mais ils n'oublient rien.
09:45Ils sont capables
09:46de vous ressortir.
09:47Mais quand eux,
09:47ils vous disent
09:48une saloperie sur vous,
09:50comment vous osez rappeler
09:51qu'ils ne sont pas clean ?
09:52La querelle n'est pas terminée.
09:54On parle du procès
09:55de Marine Le Pen.
09:56Non, j'ai une querelle
09:57avec M. Bardella.
09:59J'en ai infiniment moins
10:00avec Marine Le Pen
10:01pour qui j'ai infiniment
10:02plus de respect
10:04même si je suis en vrai désaccord
10:06sur un certain nombre
10:07de choses avec elle.
10:07On a parlé de la décision
10:08de justice là concernant.
10:10Il y en a une aussi
10:10qui pèse sur vous
10:11le 30 septembre prochain
10:13puisque votre mandat de maire
10:14est remis en cause
10:15par une décision de justice.
10:15Vous avez refusé
10:16de marier un OQTF.
10:18Est-ce que là encore,
10:19vous comprenez
10:20que c'est insupportable
10:22pour vos électeurs
10:23de voir que peut-être
10:24votre mandat va vous être retiré
10:25pour un acte
10:26que vous pensez illégal ?
10:28Et que, attendez,
10:30et que 70, 75% des Français
10:33disent
10:33j'aurais fait
10:34exactement la même chose.
10:36Madame,
10:37je me serais retrouvé
10:38comme, voilà,
10:39exactement dans cette situation.
10:41Moi, maire,
10:42ici, de ce côté de la table,
10:43le monsieur en face de moi
10:45en situation illégale
10:46faisant l'objet
10:47d'une obligation
10:48de quitter le territoire.
10:49Une obligation de quitter le territoire.
10:50Et vous, vous le mariez.
10:51C'est-à-dire,
10:52qu'est-ce que vous faites
10:52quand vous mariez quelqu'un ?
10:53Vous rendez,
10:54en quasiment impossible
10:56l'expulsion de ce garçon.
10:58Non, je ne veux pas.
10:59Je ne veux pas le faire.
11:00Je ne le ferai pas.
11:01Je m'entête.
11:02Je dois être une bourroune,
11:03comme vous dites chez moi.
11:04C'est-à-dire,
11:04quelqu'un qui ne change pas d'avis.
11:06Non.
11:06On m'a dit,
11:06mais tu n'as qu'à le faire
11:07marier par un adjoint.
11:08Vous voyez,
11:09on parlait du courage.
11:10Ah non, je ne vais pas le faire.
11:12Mais écoute-toi,
11:13si tu voudrais me rendre un service,
11:14tu le fais.
11:15Mais il y a plein de maires
11:16qui feraient exactement
11:17la même chose que moi.
11:18Sauf que, vous le disiez,
11:19la menace est tellement
11:21terrifiante.
11:21Tu te rends compte ?
11:22Je viens d'être élu
11:23avec plus de 65% des voix.
11:24Je pourrais en septembre
11:25ne plus être maire de la vie.
11:27Et tu te dis,
11:28au fond,
11:29est-ce que ça vaut le coup ?
11:30De temps en temps,
11:31ça vaut le coup.
11:31La proposition de loi interdisant
11:33les mariages
11:33pour les étrangers
11:34en situation irrégulaires
11:35n'a pas été adoptée
11:36à l'Assemblée.
11:37C'est un regret pour vous,
11:38évidemment.
11:38Vous demandez peut-être
11:39que, justement,
11:40à l'avenir,
11:40les candidats s'engagent
11:42sur ce sujet-là ?
11:43Attendez,
11:43mais madame,
11:45ils se sont engagés.
11:46J'ai eu tous les partis
11:47du centre
11:48dont vous parliez tout à l'heure.
11:49Je les ai eus personnellement.
11:51Robert,
11:51ou Robert Ménard,
11:52suivant les cas,
11:53tu peux compter sur nous.
11:54Évidemment qu'on va la voter
11:56cette loi.
11:56On ne va quand même pas
11:57te laisser tout seul
11:58face à la justice.
12:00Le jour,
12:01alors là,
12:01que la gauche
12:02fasse de l'obstruction,
12:04on l'oublie.
12:05Vous y attendez,
12:06vous ne m'attendez pas.
12:07Mais que les partis,
12:08comme on dit,
12:08du centre et de droit,
12:10pas les LR,
12:12et le RN non plus,
12:13ils ont été hyper corrects
12:14là-dessus.
12:14Mais les autres
12:15ne se donnent pas
12:16les moyens
12:17de voter la loi.
12:18Mais enfin,
12:18ils se foutent de ma gueule.
12:20Moi,
12:21ce n'est pas trop important.
12:22Mais ils se foutent
12:23de leurs électeurs.
12:24Et ces gens-là
12:25vous disent,
12:26vous disent,
12:27aujourd'hui,
12:27il faut lutter
12:29contre l'immigration illégale.
12:31Donc,
12:31il faut virer
12:32un certain nombre
12:33de gens
12:34qui sont en situation
12:35illégale.
12:36Et quand ils ont
12:36l'occasion de dire
12:37un maire refuse
12:38de marier
12:39parce qu'il veut
12:39rendre possible
12:40ces expulsions,
12:42je ne suis pas là
12:43ou je ne fais pas le job,
12:45c'est se foutre du monde.
12:46Alors,
12:47on votera pour...
12:48En tout cas,
12:48je ne vais parler que pour moi,
12:49je ne suis pas dans la partie.
12:50Je voterai pour des gens
12:51qui ont un peu,
12:53comment vous dire,
12:54de figure.
12:55Qui s'engraissent clairement là-dessus.
12:55Vous voyez,
12:56de figure.
12:56Vous voyez ce que ça veut dire,
12:57de figure.
12:58Vous voyez,
12:58t'as un peu de figure.
12:59Quand tu dis quelque chose,
13:00si je vous dis quelque chose
13:02en face de vous,
13:03je le fais.
13:04C'est juste ça.
13:05Donc,
13:05c'est ça.
13:05Des marqueurs forts
13:06sur les sujets régaliens,
13:08sur la dette,
13:09apurer la dette,
13:10prendre des décisions difficiles
13:11concernant la réponse publique.
13:12C'est ça,
13:14Madame Ferrari,
13:1833 500 milliards,
13:20l'an prochain,
13:22les intérêts de la dette,
13:23pas rembourser la dette,
13:23on ne rembourse pas la dette,
13:25on rembourse les intérêts de la dette,
13:26ce sera plus que les impôts
13:28que nous payons tous ici.
13:30Mais enfin,
13:30comment tu peux ne pas prendre en compte ?
13:32Alors,
13:32évidemment,
13:33dans une campagne électorale,
13:34t'as pas envie de dire ça.
13:35T'as pas envie de dire aux gens
13:36parce que 3 500 milliards de dettes,
13:39ça vous dit quelque chose à vous,
13:40rien à moi,
13:41rien du tout.
13:42C'est inimaginable.
13:43Donc,
13:43c'est tellement inimaginable
13:44qu'on ne sait pas en parler.
13:45Et donc,
13:46on ne sait pas en parler.
13:47Donc,
13:47vous verrez
13:47qu'une bande de lâches
13:48n'en diront pas un mot.
13:50On n'en parlera plus tard.
13:51Et non,
13:52il faut juste
13:52prendre des décisions là-dessus.
13:54Trois questions importantes
13:55pour terminer,
13:55Robert Ménat.
13:56Vous avez été choqué
13:57par le fait que
13:57Laurent Panifou,
13:58le ministre chargé des Relations
14:00avec le Parlement,
14:01organise le 15 juillet prochain
14:02un cocktail
14:03pour célébrer
14:04le vote de la loi
14:05sur la fin de vie.
14:07Ça,
14:07ça vous choque ?
14:08Mais vous ne trouvez pas
14:09que c'est honteux ?
14:10Vous imaginez ?
14:12Quelle que soit votre opinion,
14:13on ne pense peut-être
14:14pas la même chose sur ça.
14:15Vous avez envie
14:16de célébrer,
14:17célébrer la mort,
14:19madame.
14:20La mort.
14:21Vous savez,
14:21moi,
14:21j'ai une position particulière.
14:23Je ne suis pas
14:24contre
14:26l'euthanasie.
14:26L'euthanasie.
14:27Parce que j'ai aidé
14:28mon frère à mourir.
14:29Parce qu'il avait
14:30une maladie de charcot.
14:31Et c'est une merde absolue.
14:33Vous savez ce que c'est.
14:35Donc,
14:35je n'ai pas de position
14:36que vous avez tranchée.
14:38Je pense que chacun
14:39essaye de se dépatouiller
14:42comme tu peux.
14:42Tu vas chercher un médecin.
14:44c'était un médecin...
14:45Ça existe déjà.
14:45Ça existe déjà.
14:46Bien sûr,
14:47ça existe.
14:47Il manque des unités
14:47de soins palliatifs.
14:48Il faut des soins palliatifs.
14:50Mais le reste,
14:51il ne faut pas le faire.
14:52Il ne faut pas
14:53de nouvelles lois.
14:54Vous savez pourquoi ?
14:55Je ne réponds pas du tout
14:56sur un terrain moral.
14:57Vous avez bien compris.
14:58Je ne me passe pas
14:59du tout là-dessus.
15:00Vous savez ce qui va se passer ?
15:01Exactement ce qui se passe
15:02au Canada.
15:03C'est-à-dire que ça va être
15:04une loi pour les pauvres.
15:05Vous savez,
15:06payé.
15:06Elle est vulnérable.
15:07Dans ma ville,
15:08il y a des EHPAD.
15:09Je ne sais pas si vous savez,
15:10ça coûte cher un EHPAD
15:11quand vous avez un papa
15:13ou une maman.
15:13Tout le monde ne l'a pas.
15:14Quand vous en répétez
15:15deux ou trois fois
15:16à quelqu'un en EHPAD,
15:18écoute, tu sais,
15:19c'est difficile,
15:20tes petits-enfants,
15:21il faut aller à l'école,
15:23tu sais,
15:23ça coûte cher,
15:24l'EHPAD et tout.
15:25Comment ça pèse ?
15:26Si tu te sens inutile,
15:28si tu sens que tu as
15:30une charge pour tout le monde
15:31et une charge pour tes enfants,
15:33pour tes enfants,
15:33vous avez vu l'explosion
15:35au Canada des gens ?
15:36Et célébrer ça,
15:37pour vous,
15:38c'est indigne et indécent ?
15:39C'est dégueulasse, madame.
15:42C'est immonde.
15:44Attendez,
15:44c'est un cocktail
15:45de célébration.
15:46Et le Conseil économique
15:47et social
15:48qui va y inviter
15:49les gens qui ont travaillé,
15:50comment ça s'appelait ?
15:51Je ne savais jamais.
15:52La Convention,
15:52la Convention sociale,
15:53au lieu de prendre
15:55tes responsabilités,
15:57tu vas demander aux autres
15:57de les prendre à ta place.
15:58Vous avez vu,
15:59ils ont écrit aux gens
16:00qu'ils allaient prendre en charge
16:01leur hébergement
16:02et leur déplacement.
16:05Mais tu prends en charge
16:07l'hébergement
16:07et le déplacement de gens
16:09pour affronter le Maroc
16:10en quart de finale
16:10de la Coupe du Monde.
16:11Au-delà du simple enjeu sportif,
16:13il y a un risque de débordement
16:14qui est réel,
16:15il y a un dispositif de sécurité
16:16qui est extrêmement conséquent.
16:17Le ministre de l'Intérieur
16:18l'a annoncé.
16:19On s'y habitue,
16:20il faut s'habituer.
16:21Non, je ne veux pas m'y habiter.
16:22Écoutez, moi,
16:22j'ai appelé la consule du Maroc
16:25à Montpellier
16:25parce qu'on a eu
16:27quelques petits problèmes
16:28lors du précédent match
16:29avec le Maroc.
16:30Moi, j'ai envie de faire la fête.
16:32Moi, je n'ai rien contre
16:33l'équipe du Maroc.
16:34Écoutez,
16:34quand il y a eu la finale
16:35de la Cannes,
16:36enfin,
16:37donc pour l'Afrique,
16:38il y avait un match
16:39entre le Maroc
16:40et le Sénégal,
16:41je suis allé
16:42avec les supporters marocains
16:43parce que,
16:44je vous le dis ici,
16:45je préférais
16:46le Maroc au Sénégal.
16:48Ce n'est pas gentil,
16:48mais c'est comme ça.
16:49Peut-être parce que
16:50que je suis né en Afrique du Nord
16:51et que c'est mon histoire
16:52et que j'aime bien le Maroc
16:52et tout ça.
16:53Donc, je n'ai aucun problème.
16:55Moi, simplement,
16:56comme maire,
16:57on a eu des réunions hier
16:59à la sous-préfecture
17:00pour éviter les débordements.
17:02Ça veut dire,
17:02vous avez compris,
17:03on a tous intégré
17:04le fait que demain,
17:06c'était hier,
17:07c'est ce soir,
17:08vous pouvez avoir des problèmes
17:10à cause d'une bande
17:10de petits cons
17:11qui ne représentent pas
17:12la communauté marocaine
17:13chez moi,
17:14mais qui sont là,
17:15qui sont de la deuxième
17:16ou de la troisième génération,
17:17qui vont aller foutre
17:18le bordel.
17:20Et puis,
17:20de façon dangereuse,
17:21vous savez,
17:22ils roulent en bagnole
17:23avec le drapeau,
17:24c'est ce que je disais
17:24à la consulie,
17:25je disais,
17:25vous avez envie
17:26qu'ils écrassent quelqu'un
17:27ou qu'ils se cassent la gueule
17:28et qu'ils meurent ce soir-là ?
17:29Moi, ça me tue qu'on soit là.
17:30Et encore,
17:31chez moi,
17:31c'est calme,
17:32personne ne va piller
17:33quoi que ce soit,
17:33va casser l'ombre du lit,
17:34ça n'arrive jamais,
17:35mais peut-être
17:36j'ai un goût de l'ordre
17:37tel que ça décourage
17:38n'importe qui.
17:39Mais dans les grandes huiles,
17:40vous êtes sûr
17:41qu'à Paris,
17:42il n'y aura pas le bordel ?
17:43Vous y mettriez
17:43votre main à couper ?
17:44Le préfet croit
17:46qu'il y aura des bordements
17:46et il y a un dispositif
17:47mais c'est terrible
17:48alors que ça va être une fête,
17:49même si, évidemment,
17:50j'ai envie que ce soit
17:50la France qui gagne.
17:52Dernière question,
17:54il y a évidemment
17:54un contexte géopolitique
17:55très lourd
17:56autour de cette élection
17:57en 2027,
17:58ce qui se passe en Iran
17:59avec la reprise,
18:01en tout cas,
18:01de certaines frappes iraniennes
18:02sur le Kouaït et le Paragne
18:03et puis l'Ukraine.
18:04Vous revenez,
18:04je crois,
18:05d'un voyage en Ukraine.
18:06Qu'est-ce que vous y avez vu,
18:08Robert Ménard ?
18:09D'abord,
18:09je suis allé saluer
18:10mes amis ukrainiens
18:11parce que ma ville
18:13jumelait avec une ville
18:13qui s'appelle Chorkiv
18:15en Ukraine
18:16parce que c'est terrible,
18:17madame,
18:17la guerre.
18:18Parce que les gens,
18:18ils parlent comme ça,
18:19peut-être parce que
18:20vous, moi,
18:21on sait ce que c'est,
18:22on y est allé et tout.
18:23La guerre,
18:23ce n'est pas
18:25la fleur au fusil,
18:26c'est des horreurs.
18:27Je suis allé dans les hôpitaux
18:29voir les blessés,
18:30ils sauront eux,
18:31quoi qu'il arrive,
18:32quand tu es amputé,
18:33tu restes amputé
18:34toute ta vie,
18:35c'est terrifiant.
18:36Les orphelins,
18:37enfin, vous êtes maman,
18:38vous savez ce que c'est,
18:39les femmes habillées
18:40toutes en noir
18:41parce qu'elles ont perdu
18:43leur mari
18:44et leur mari,
18:45souvent,
18:45c'est des jeunes papas.
18:47Donc, d'abord,
18:48leur dire ça
18:49parce que c'est facile.
18:50Je ne voulais pas simplement,
18:51j'ai mauvaise conscience,
18:51je ne voulais pas simplement
18:52dire,
18:53comme je peux vous le dire,
18:54que je suis du côté,
18:56évidemment,
18:56des Ukrainiens
18:57et pas que du côté
18:58des forces russes
18:59qui ont,
18:59je le redis pour tous ceux
19:01qui renvoient dos à dos,
19:02il y a un agresseur,
19:03un agressé,
19:04il y a un pays
19:05qui est envahi
19:06par un autre pays.
19:07Tu tournes,
19:07tu vires,
19:08c'est quand même ça
19:09la réalité.
19:09Donc, ça,
19:10c'était la première chose.
19:11La deuxième chose,
19:11ils m'ont amené au front
19:12et je suis allé
19:13dans un bunker,
19:14vous savez,
19:15où ils pilotent
19:16les drones
19:17et là,
19:18c'était terrible
19:19pour la première partie,
19:20la douleur
19:21et là,
19:21l'espoir,
19:22personne ne m'a dit
19:25on va gagner la guerre
19:26de façon russe,
19:27personne n'a cette prétention.
19:28Mais ils me disent tous,
19:29avec les drones,
19:31le rapport de fort a changé
19:32et les Russes ne gagneront
19:34pas la guerre.
19:34Et je trouve ça formidable
19:36parce que je suis de ceux
19:37qui pensent
19:38que les Ukrainiens,
19:39je sais le régime ukrainien,
19:41je suis allé 20 fois en Ukraine,
19:43je sais ce qu'il est,
19:43mais quand même,
19:44ils se battent pour,
19:46pardon madame,
19:47pour nos libertés,
19:48pour le fait
19:48qu'on puisse ici
19:49dire ce qu'on dit
19:50sans problème
19:51et sans menace.
19:52et rien que pour ça,
19:54rien que pour ça,
19:56ils méritent plus qu'un coup de chapeau
19:58notre admiration.
19:59Je suis admiratif.
20:00Merci beaucoup Robert Ménard
20:01d'être venu ce matin
20:02dans la maquilliale.
20:03C'est nous et Europe 1.
20:04Bonne journée à vous.
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