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Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:02La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:07Et notre invitée dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Bruno Le Maire.
00:11Bonjour à vous.
00:12Bonjour Laurence Ferrari.
00:13Bienvenue ancien ministre de l'économie, auteur de ce livre « Le temps d'une décision »,
00:16aux éditions Gallimard, on va en parler.
00:18Vous n'êtes plus ministre depuis deux ans, Bruno Le Maire.
00:21Quand vous regardez aujourd'hui l'état de notre pays,
00:23la tragédie que représente la violence contre les mineurs,
00:26la violence entre les mineurs,
00:27qu'est-ce que vous dites ? Que nous sommes dans une société qui s'en sauvage,
00:31une société qui a perdu le sens commun, le sens du vivre ensemble, Bruno Le Maire ?
00:35Je pense qu'il y a un effondrement de l'état, que tout le monde constate.
00:40Qui se ressent sur les mineurs ?
00:41Qui se ressent aussi sur les mineurs, qui se ressent sur plein de choses.
00:44C'est les places de prison, c'est la lutte contre l'insécurité,
00:48c'est les trafics de stupéfiants qui gangrènent tout le pays,
00:52que ce soit les grandes villes, les petites villes ou les villes moyennes.
00:55Donc cet effondrement de l'état, il disloque la nation.
00:59Parce qu'en France, la nation et l'état, ça ne fait qu'un.
01:02Donc il faut restaurer l'autorité de l'état, c'est une priorité absolue,
01:05pour que la nation puisse retrouver sa paix et sa concorde.
01:09Mais par des mesures autoritaires, rétablir l'autorité de l'état, comment ?
01:13La première chose, si vous voulez rétablir l'autorité de l'état,
01:17c'est paradoxalement moins d'états.
01:19Si vous avez un état qui fiche la paix aux collectivités locales,
01:22qui leur donne l'autonomie fiscale, qui laisse les régions et le bloc communal
01:25avec la liberté de décider,
01:28l'état va retrouver sa crédibilité.
01:30Il va arrêter d'être celui qui pinaille surtout auprès de tout le monde,
01:34tout le temps, l'empêcheur de tourner en rond.
01:36La deuxième condition, c'est réduire ses missions aux régaliens.
01:39La sécurité, la justice, les armées bien entendu,
01:43et deux grands services publics que je mets dans le régalien,
01:46qui sont l'hôpital et l'école.
01:49Et la troisième condition, je l'ai dit à de multiples reprises,
01:52c'est rétablir des chaînes de commandement partout.
01:55Qu'on sache qui est responsable de quoi.
01:57J'ai proposé par exemple sur cette affaire,
01:59Liana qui a, je n'aime pas d'ailleurs ce nom d'affaire,
02:02c'est une mort d'une enfant qui a traumatisé,
02:06je pense, toute la population française.
02:09Il faut rétablir une chaîne pénale,
02:11une politique pénale pour protéger nos enfants,
02:14remettre en cause la loi Taubira de 2013,
02:17qui interdit aux gardes des Sceaux d'adresser des instructions aux procureurs
02:20pour qu'il y ait une chaîne de commandement,
02:23des décisions et des responsables.
02:25Ça veut dire, Bruno Le Maire, pour...
02:26C'est comme ça qu'un État est bien tenu.
02:28Et aujourd'hui, malheureusement, l'État n'est plus bien tenu.
02:31Mais le poisson pourrit par la tête,
02:33est-ce qu'il y a une mise en cause, encore une fois,
02:35des plus hautes hiérarchies de notre pays,
02:37du Président de la République ?
02:38Est-ce qu'il a une responsabilité dans l'État de la France aujourd'hui ?
02:41Mais la responsabilité, elle est évidemment partagée.
02:43Mais si vous voulez que sur chaque politique publique,
02:46et en mettant de côté toute politique politicienne,
02:49on puisse savoir qui est responsable de quoi,
02:51il va falloir changer en profondeur l'organisation de l'État.
02:54Qu'on puisse dire, voilà, un ministre est responsable d'une politique publique,
02:57il nomme ses directeurs, ses sous-directeurs,
02:59ça ne relève pas du Président de la République,
03:00et c'est lui qui est libre de les changer,
03:02de les sanctionner si jamais il ne répond pas à ses demandes,
03:06et sinon pas les résultats qui sont attendus.
03:07Je suis favorable également à ce que, pour avoir un État bien tenu,
03:12chaque ministre soit libre de recruter qui il veut,
03:14comme directeur ou comme sous-directeur,
03:16pas forcément quelqu'un issu de l'École nationale d'administration,
03:18pas forcément un haut fonctionnaire.
03:20Pour qu'on ait les meilleurs dans l'État,
03:22chacun étant responsable de cette politique,
03:24et rendant des comptes devant le ministre et devant le peuple français.
03:27Il y en a marre des énarques, Bruno Le Maire, il y en a trop,
03:29vous en êtes un, mais bon...
03:30J'ai dit dans le livre, je le redis,
03:32qu'il faut mettre fin à la monarchie technocratique.
03:34La monarchie technocratique, c'est la cooptation.
03:37C'est les places qu'on se passe les uns entre les autres.
03:40C'est l'absence totale de responsabilité.
03:43C'est des carrières qui sont jouées à 20 ans,
03:45parce qu'on a passé la bonne école,
03:47qu'on a le bon diplôme et qu'on a le bon titre,
03:49qui fait que pendant 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans,
03:51vous aurez un totem d'immunité
03:53parce que vous avez fait la bonne école.
03:55C'est les uns qui soutiennent les autres.
03:57Et c'est les nominations des copains
03:59à la tête de toutes les grandes institutions.
04:00C'est les nominations des uns ou des autres
04:03sans qu'il puisse y avoir, une fois encore,
04:07de comptes à rendre au peuple français.
04:08Plus personne n'est responsable aujourd'hui dans ce pays, Bruno Le Maire.
04:11Ce n'est pas simplement que plus personne n'est responsable,
04:13c'est un des grands sujets, vous avez parfaitement raison,
04:15mais c'est également que vous avez un système d'organisation de l'État
04:19qui ne permet pas d'avoir les meilleurs aux postes les plus importants.
04:23Donc si on tire le raisonnement jusqu'au bout,
04:25je pense qu'il faut supprimer le principe même
04:27de la haute fonction publique,
04:29c'est-à-dire de tous ceux qui occupent des postes de direction
04:31pendant 30 ans, 40 ans.
04:32C'est un modèle qui a marché quand il a été mis en place
04:35en 1958 par le général de Gaulle.
04:37Il a permis la reconstruction du pays,
04:39mais ce modèle désormais, il est fini.
04:41Il ne marche plus.
04:43Donc je propose des modalités de recrutement
04:45de ceux qui décident totalement différentes
04:47pour qu'on ait les meilleurs sur des postes de 5 ans.
04:50Ils rendront des comptes à la fin.
04:51S'ils sont bons, ils restent.
04:53S'ils ne sont pas bons, on les remplace.
04:54Bruno Le Maire, deuxième sujet d'actualité,
04:56cette canicule que nous avons déjà vécue,
04:58qui risque de reprendre à partir de ce week-end.
05:00Vous dites qu'on n'a pas été à la hauteur
05:02de l'adaptation au réchauffement climatique
05:04par pure idéologie.
05:05Quand vous dites nous,
05:06c'est nous ou ce sont les Verts, les écologistes ?
05:08C'est nous collectivement.
05:10Alors les Verts ont évidemment leur part de responsabilité.
05:12C'est les mêmes qui proposaient
05:13d'en finir avec l'énergie nucléaire.
05:15Alors on s'aperçoit que c'est probablement
05:16ce qui va nous permettre de lutter,
05:18ce qui nous permet de lutter avec efficacité
05:20contre le réchauffement climatique,
05:22tout en gardant de la croissance,
05:23de la prospérité et des emplois pour les Français.
05:26Mais je trouve que ce débat est typique
05:28de l'idéologie française.
05:30Cette incapacité à poser sereinement,
05:32de manière pragmatique, les problèmes.
05:33On nous dit qu'il faut atténuer
05:34le réchauffement climatique.
05:36C'est la priorité absolue.
05:36Je suis tout à fait d'accord avec ça.
05:38Bien sûr qu'il faut lutter
05:40contre le dérèglement climatique
05:42qui est une catastrophe.
05:43La France prend sa part dans ce combat-là.
05:44La France prend toute sa part.
05:45La France a même Laurence Ferrari,
05:47soyons en fière.
05:48Et remettons ce mot de fierté
05:49au cœur de notre ambition nationale.
05:51Nous avons les meilleurs résultats
05:53en nombre d'émissions de CO2 par habitant
05:56combinés à de la croissance.
05:57Et quand on parle climatisation,
05:59on nous traite d'aiatolac.
06:00La France apporte la preuve
06:01que nous pouvons conjuguer
06:03croissance et atténuation
06:05du réchauffement climatique.
06:06Mais dans le même temps,
06:07on nous dit,
06:07si on fait l'atténuation,
06:08il ne faut pas faire l'adaptation.
06:09L'adaptation, c'est mal.
06:11On y met quasiment de la morale.
06:12Pas de climatisation,
06:13pas de transformation des villes.
06:16Mais moi, je suis favorable aux deux.
06:18Je ne choisis pas entre l'atténuation
06:20et l'adaptation.
06:22Je dis, il faut accélérer sur l'adaptation
06:24et continuer sur l'atténuation
06:27du réchauffement climatique.
06:29Donc oui, les climatiseurs
06:30sont absolument indispensables
06:31dans les écoles,
06:33dans les hôpitaux,
06:34dans les EHPAD,
06:34dans tous les lieux
06:35qui accueillent des personnes fragiles.
06:37Oui, il faut végétaliser les villes.
06:39Oui, il faut faire quelque chose
06:40sur les toits en zinc
06:40et dans la ville de Paris
06:41qui font des effets de cocotte
06:43et de bouilloire épouvantables
06:44pour ceux qui habitent sous les toits
06:46et qui en souffrent terriblement
06:47et qui se retrouvent
06:48dans des situations
06:49qui sont invivables.
06:50Sortons l'idéologie
06:52et regardons sereinement les problèmes
06:54pour y apporter des réponses concrètes
06:56pour nos compatriotes.
06:57La seule chose qui doit nous guider,
06:58c'est le bien-être de nos compatriotes.
07:00Bruno Le Maire,
07:00vous parlez des solutions dans ce livre,
07:02le temps d'une décision,
07:02je le disais,
07:03vous racontez cette expérience
07:04à Bercy,
07:05sept ans passées de 2017 à 2024.
07:08Vous décrivez les changements du monde,
07:10les grands chefs d'État
07:11que vous avez rencontrés
07:12et puis vous racontez des anecdotes.
07:13Moi, j'aime beaucoup cette scène,
07:14vous êtes à Chamonix
07:15où vous vous rendez régulièrement,
07:17dans un restaurant,
07:17il y a un père de famille
07:18qui refuse de vous serrer la main.
07:20Il dit,
07:20vous avez ruiné nos enfants,
07:22vous, je ne vous serre pas la main
07:23à cause de la dette.
07:24Qu'est-ce que vous lui répondez ?
07:25Vous passez votre chemin
07:26ou vous vous asseyez ?
07:27J'aimerais bien le revoir,
07:28ça tombe bien
07:28parce que je vais retourner
07:29faire de la montagne cet été,
07:30donc peut-être que je rencontrerai à nouveau
07:32et je pourrais lui dire,
07:33mais regardez,
07:34aujourd'hui,
07:34vous avez 285 milliards d'euros
07:36de dettes supplémentaires
07:37depuis que je suis parti.
07:38Donc c'est bien la preuve
07:39et d'ailleurs,
07:40je prends toute ma part
07:42de responsabilité.
07:43Sans doute qu'il aurait fallu
07:45encore plus de fermeté
07:47dans les messages que j'ai passés,
07:48dans les décisions que j'ai prises.
07:50Mais enfin,
07:50je les ai prises seules
07:51contre tout le monde,
07:52je le rappelle,
07:53pour sortir du bouclier de l'arrière.
07:53Vous auriez pu claquer la porte ici ?
07:55Oui, mais alors claquer la porte,
07:56je vais vous dire,
07:56c'est laisser les choses dans l'État.
07:58J'ai claqué la porte
08:00en partant en 2024,
08:00je regarde le résultat,
08:03285 milliards d'euros
08:03de dettes supplémentaires.
08:05Qu'est-ce que ça prouve ?
08:06C'est que le problème,
08:07ce n'est pas un problème de personne.
08:09Je vais vous dire,
08:10si mon départ a permis
08:11d'améliorer la situation,
08:12j'en aurais été le plus heureux
08:13parce que je pense
08:13à mon pays ou aux Français.
08:15Mais je constate
08:16que depuis mon départ,
08:17on a supprimé
08:18la réforme des retraites.
08:19On a augmenté les impôts
08:21sur les sociétés
08:21avec cette surtaxe à l'IS.
08:24On n'a plus de Covid.
08:25On n'a plus d'inflation.
08:27Et pourtant,
08:27on a 285 milliards d'euros de dettes.
08:30Rien ne le justifie.
08:31Moi, je peux vous dire
08:32que j'ai protégé les Français
08:33face au Covid.
08:34Il n'y a plus de Covid,
08:35il n'y a plus de pandémie,
08:35mais il y a 285 milliards d'euros
08:37de dettes supplémentaires.
08:38Et nous allons tout droit,
08:40Laurence Ferrari,
08:41faire 6% de déficit en 2027.
08:44Donc, c'est bien la preuve
08:46que le système est hors de contrôle,
08:49que la machine s'est emballée
08:50et que nous sommes désormais
08:52au bord du précipice financier.
08:55Pas simplement parce que
08:56telle ou telle personne
08:57n'a pas bien fait son job,
08:58mais parce que notre modèle économique
09:01et financier ne tient plus.
09:03Il a un nom.
09:04C'est l'État-providence.
09:05L'État-providence est fini.
09:07Il faut arrêter.
09:08L'État-providence,
09:08il faut arrêter.
09:09L'État-providence qui distribue
09:11des aides,
09:12des soutiens,
09:12qui indexe toutes les prestations sociales
09:15et des retraites sur l'inflation
09:16comme ne le fait aucun autre pays
09:18développé au monde,
09:20ça ne peut pas tenir.
09:21Vous pensez que les Français
09:21sont prêts à entendre ça ?
09:23Il se dit que ça fait 40 ans
09:24qu'on nous raconte des surnettes.
09:26Si, ce qui est mon cas,
09:28on aime de tout son cœur
09:29la France et les Français
09:31et qu'on a envie du meilleur
09:33pour la France et pour les Français,
09:35on dit les choses en face
09:36avec beaucoup de force,
09:38avec beaucoup de clarté,
09:39l'État-providence n'est plus tenable.
09:41Vous ne l'avez pas dit
09:42quand vous étiez ministre ?
09:42J'ai fait des alertes
09:44pendant des années et des années.
09:46Je ne l'ai pas sans doute
09:47dit aussi clairement.
09:47C'est peut-être pour ça
09:48que ça fait du bien
09:49de prendre du recul
09:51pendant deux ans,
09:52de regarder ce qui a marché,
09:53ce qui n'a pas marché,
09:53de voir la situation
09:54où nous en sommes.
09:55Et si je reprends la parole,
09:57ce n'est pas pour enfiler les perles.
09:58C'est pour dire avec clarté
09:59et fermeté
10:00qu'aujourd'hui,
10:01l'État-providence
10:02n'est plus tenable,
10:03qu'il faut un État
10:05qui soit puissant
10:06et dont l'autorité
10:07ne soit pas contestée,
10:08mais qui arrête
10:09de redistribuer des subsides
10:10à tout le monde.
10:11Et si nous voulons éviter
10:12que le train aujourd'hui
10:14ne déraille
10:14du point de vue financier
10:16et que nous soient imposés
10:17par la Banque Centrale Européenne,
10:19par des pays étrangers,
10:21par le gouverneur
10:22de la Banque Centrale Allemande,
10:24des choix que nous devons faire
10:25nous-mêmes,
10:26il faut les faire maintenant,
10:28pas dans un an,
10:29pas en 2027,
10:30dès le prochain budget.
10:31Il faut désindexer
10:32les pensions de retraite.
10:33Qui s'annonce
10:34à ces sportifs
10:34ce prochain budget,
10:35comme le dit Roland Escure.
10:36Je vous dis simplement
10:36ce qui me paraît nécessaire,
10:38désindexer les pensions
10:38de retraite,
10:39au moins pour les retraites
10:40les plus élevées,
10:42désindexer les minimas sociaux,
10:44retourner vers une réforme
10:45des retraites
10:46qui va inciter chacun
10:47à travailler plus longtemps.
10:50J'ai donné cet âge de référent.
10:52Si vous voulez partir avant,
10:52vous aurez une décote.
10:53Mais tous les autres
10:54pays européens
10:55sont à 67.
10:56Pourquoi est-ce que la France
10:57serait une île isolée
10:59qui serait si différente
11:00de ses autres partenaires européens
11:02alors qu'elle bénéficie
11:02de la protection de l'euro
11:04et de la Banque centrale européenne ?
11:06Donc je le dis
11:07avec beaucoup de clarté,
11:08il faut que l'État-providence
11:10cède la place
11:11à un État
11:12qui protège
11:13et qui arrête
11:14de dépenser tous azimuts.
11:15Tout ce que les candidats
11:15proposent aujourd'hui,
11:16c'est exactement l'inverse,
11:17Bruno Le Maire.
11:18Ça va exactement
11:19dans le sens
11:20de ce que veulent entendre
11:21les Français.
11:22Est-ce qu'il y a quelqu'un
11:22qui aura le courage
11:23de dire ça,
11:23de dire,
11:24il faut renverser la table,
11:25il faut serrer la ceinture,
11:26c'est fini l'État-providence ?
11:27Il ne sera pas élu celui-là.
11:28Je crois que c'est
11:29ce que je dis ce matin
11:31et je pense qu'on sous-estime
11:32totalement la lucidité
11:33des Français.
11:34Je vois se multiplier
11:35les propositions
11:36tous azimuts,
11:37parfois un peu contournées,
11:39parfois très claires.
11:41Ce que je dis
11:42très simplement,
11:43c'est qu'aujourd'hui,
11:44si vous avez un chef de l'État,
11:45moi ce que j'attendrai
11:46de lui,
11:46c'est trois choses.
11:48Trois choses
11:48auxquelles je crois profondément.
11:49Trois combats
11:50qu'il faut livrer
11:50dans les dix années à venir
11:51qui sont les combats
11:53fondamentaux
11:53pour la nation française.
11:55Le premier,
11:56c'est un combat contre.
11:57C'est le combat
11:58contre l'appauvrissement
11:59de la France.
12:00Et le combat
12:00contre l'appauvrissement
12:01de la France
12:02passe par la liberté
12:02des entreprises
12:03et le travail.
12:04Le deuxième combat,
12:05on en a parlé longuement.
12:06Il faut travailler plus.
12:06Il faut évidemment
12:07travailler plus.
12:07Il faut faire rentrer,
12:08mais on ne va pas
12:09tout dévider,
12:10mais il faut en tirer
12:11les conséquences
12:12sur la formation des jeunes.
12:13Vous voyez bien
12:13que l'IA va détruire
12:14des dizaines de milliers
12:15d'emplois
12:16qui sont préparés
12:17dans des universités,
12:18qui sont des emplois
12:18dans le marketing,
12:19dans le conseil
12:20qui vont disparaître.
12:21Donc il faut transformer
12:21notre système éducatif
12:22pour que nos jeunes
12:23qui sont exceptionnels
12:24trouvent une place
12:25sur le marché du travail
12:26en revalorisant encore plus
12:28l'apprentissage
12:29et les métiers manuels.
12:30Ça, c'est le premier sujet.
12:32Combat contre.
12:33Contre l'appauvrissement
12:34de la France,
12:35contre l'appauvrissement
12:36des Français.
12:36Le deuxième combat,
12:37c'est un combat pour.
12:38On en a parlé longuement,
12:39c'est le combat
12:39pour l'autorité de l'État.
12:42Chef de l'État,
12:43ça a un nom.
12:44Il est chef
12:45et doit diriger l'État.
12:46Vous dites qu'il est impuissant
12:47à réguler la dette ?
12:48D'où l'importance,
12:50je le redis,
12:51de rétablir l'autorité de l'État.
12:52C'est le deuxième combat
12:53qui est un combat de dix ans.
12:54Et le troisième combat,
12:55c'est un combat avec.
12:57C'est le combat avec l'Allemagne.
12:59Pour que côte à côte
13:00avec l'Allemagne,
13:01je proposais une union
13:01franco-allemande,
13:02nous puissions faire face
13:03aux États-Unis
13:04et à la Chine.
13:06Je donne juste un exemple.
13:07Donc vous balayez
13:08la souveraineté de la France
13:09parce que vous proposez même
13:10qu'il y ait un ministre allemand
13:11dans notre gouvernement
13:12et l'inverse.
13:13La souveraineté n'existe plus
13:14pour vous, Bruno Le Maire ?
13:15Ça vous croit la souveraineté
13:15de la France
13:16si nous sommes rachetés
13:17par appartement
13:18par l'industrie chinoise
13:19et si nous sommes dominés
13:20en matière technologique
13:21par les États-Unis,
13:22elle vaut quoi ?
13:23Zéro.
13:24Donc on la bazarde.
13:25La vraie souveraineté,
13:25on la bazarde.
13:26La vraie souveraineté,
13:27c'est la capacité
13:28à dire non à Donald Trump
13:30et non à Xi Jinping.
13:32Et la lucidité,
13:33là encore,
13:34commande de dire aux Français
13:36que nous n'y arriverons pas seuls,
13:37que nous avons besoin d'alliés
13:39et que le premier allié
13:40le plus puissant,
13:41le plus naturel,
13:41c'est l'Allemagne.
13:42Si nous faisons front commun
13:44sur le domaine industriel,
13:46par exemple,
13:46et que nous prenons
13:48toutes les mesures nationales
13:49pour renforcer l'industrie,
13:51baisser les impôts de production,
13:52faciliter la vie des industriels,
13:54simplifier l'installation
13:55de nouvelles usines,
13:56je l'ai fait comme
13:56ils aient l'économie
13:57et je suis le seul
13:58depuis 40 ans
13:59à avoir obtenu
13:59une augmentation
14:00du nombre d'emplois
14:01industriels dans notre pays.
14:02Mais ça ne suffit pas.
14:03Si dans le même temps,
14:04vous n'êtes pas capable
14:05d'aller à Pékin,
14:07bras sous le bras
14:08du chancelier allemand
14:09pour dire à Xi Jinping
14:11nous allons mettre
14:12des tarifs douaniers
14:13sur les véhicules électriques
14:14chinois
14:14que vous avez lourdement
14:15subventionnés
14:16pendant 20 ans
14:16qui sont en train
14:17de détruire
14:18Stellantis,
14:19Renault et Volkswagen.
14:20Faire bloc
14:21pour être fort.
14:22Voilà ce que je propose.
14:23Que la France ait besoin
14:24de l'Allemagne,
14:25sans doute.
14:25Mais est-ce que l'Allemagne
14:26a besoin de la France ?
14:27Est-ce que vous voyez
14:27par exemple
14:28les commandes d'armement
14:29du côté allemand
14:30qui va vers les Etats-Unis
14:31quelque chose
14:32qui ressemble
14:33à de la solidarité
14:34avec la France ?
14:35Est-ce que vous pensez
14:35que la France,
14:37que l'Allemagne,
14:38pardon,
14:38peut s'en sortir
14:40sans l'énergie nucléaire française ?
14:42Non.
14:43Est-ce que l'Allemagne
14:44peut s'en sortir
14:45sans les capacités
14:46scientifiques
14:47et technologiques
14:48du CEA
14:50sur le domaine
14:51des semi-conducteurs ?
14:52Non.
14:53Est-ce que l'Allemagne
14:54peut s'en sortir
14:55sans la France,
14:57sans la capacité
14:58de rayonnement,
14:59sans la capacité
15:00culturelle française ?
15:01Non.
15:01Elle vient de mettre fin
15:02au projet d'avion SCAF,
15:03l'Allemagne.
15:04Je suis tout à fait d'accord
15:05mais vous voyez...
15:05Il faut voir les faits aussi,
15:06la réalité.
15:07Les faits sont préoccupants,
15:08c'est bien pour ça
15:09que je dis que le troisième
15:09combat majeur
15:10à ce que j'attends
15:11du président de la République
15:11et du prochain chef de l'État
15:13c'est qu'il aille à Berlin
15:14et que sa première discussion
15:15soit avec le chancelier allemand
15:17pour lui dire
15:17qu'est-ce que nous faisons ?
15:18Ils sont tous allés à Berlin,
15:19Bruno Lamerteau.
15:20Mais sans doute
15:20qu'ils n'ont pas posé
15:21les bonnes questions.
15:22Qu'est-ce que nous faisons
15:22avec les États-Unis ?
15:23Qu'est-ce que nous faisons
15:24avec la Chine ?
15:25Et qu'est-ce que nous faisons
15:26ensemble ?
15:27Mais ce que je veux vous dire
15:27c'est que quand je propose
15:28une union franco-allemande
15:29c'est une union
15:30d'égal à égal.
15:31On ne peut pas dire
15:32que le modèle allemand
15:32soit un grand succès aujourd'hui.
15:34500 milliards d'euros
15:34sur la table pour leur défense.
15:35On est à peine à 80 milliards.
15:37Mais vous pouvez faire
15:38des comparaisons sur ces chiffres.
15:40Ils sont tout à fait exacts.
15:42Je constate que la France
15:43a aussi augmenté
15:45son budget de la défense.
15:46On va atteindre
15:46100 milliards d'euros
15:47d'ici 2030.
15:49Donc nous avons une armée
15:50qui est puissante
15:51et qui est la plus respectée
15:52en Europe.
15:54Soyons fiers
15:54de ce que nous sommes
15:56et n'ayons pas peur
15:56des autres.
15:57L'Allemagne n'a pas
15:58un modèle qui est très rutilant
16:00du point de vue économique.
16:01Elle est quasiment en récession
16:01depuis trois ans
16:02et son modèle est fiché en l'air
16:04par la fermeture
16:04du marché chinois,
16:05par la fermeture de l'accès
16:07à l'énergie russe
16:08et par les difficultés
16:09avec les Etats-Unis.
16:10Donc nous avons des choses
16:11à dire aux Allemands
16:12et nous avons des positions
16:13à défendre
16:14qui sont puissantes.
16:15L'énergie nucléaire,
16:16nos capacités scientifiques,
16:17le rayonnement français,
16:19la dissuasion
16:20qui est indispensable
16:21pour protéger l'Europe
16:23à terme.
16:23Donc nous avons
16:24de quoi défendre
16:26nos positions
16:27et proposer
16:28quelque chose
16:28de fort aux Allemands
16:29pour résister
16:30à l'Empire chinois
16:30et à l'Empire américain.
16:31Bruno Le Maire,
16:322027,
16:33est-ce que vous y pensez
16:34en vous rasant le matin
16:35le temps d'une décision ?
16:36Est-ce que c'est
16:36un livre programmatique ?
16:37Est-ce que vous allez rajouter
16:38votre nom
16:39à la longue liste
16:40des candidats
16:40qui font qu'il y aura
16:42peut-être 10, 20 candidats
16:43dans le bloc central,
16:44ce qu'on appelle
16:44le bloc central,
16:45face à d'un côté
16:46le Rassemblement national,
16:47de l'autre côté
16:48la France insoumise ?
16:49Je vois beaucoup
16:49de candidats
16:50mais je vois peu
16:51de leaders.
16:53S'il y avait un leader
16:54qui avait émergé,
16:55sans doute qu'il y aurait
16:56moins de candidats.
16:56Edouard Philippe n'en est pas.
16:57Et s'il y a peu de leaders,
16:59c'est qu'il n'y a pas de projet.
17:01C'est aussi simple que ça.
17:02Et il y a une chose
17:03que je ne ferai pas,
17:05c'est soutenir
17:07des projets
17:08qui ne seraient pas
17:09à la hauteur
17:09de la gravité
17:10de la situation.
17:11Aujourd'hui,
17:11je le dis très simplement
17:12en matière d'idées,
17:14de projets,
17:14de projections du pays,
17:16le compte n'y est pas.
17:18Ni chez Edouard Philippe,
17:19ni chez Bruno Retailleau.
17:20Mais je vous le dis
17:22de manière générale,
17:23le compte n'y est pas.
17:25Et il y a une chose
17:26que je ne ferai pas
17:26parce que je suis trop âgé
17:27à 57 ans,
17:28j'ai trop d'expérience politique.
17:30J'ai trop vu
17:31à quoi nous avaient amené
17:32les reniements,
17:33les renoncements,
17:34les compromis
17:35pour ne pas dire les choses
17:36avec beaucoup de clarté
17:37et beaucoup de force.
17:38Il y a trois priorités,
17:40je le redis.
17:40L'autorité de l'État,
17:42l'appauvrissement des Français,
17:43la relation avec l'Allemagne.
17:45Ça va demander
17:46des changements systémiques.
17:47Notamment,
17:48on en a parlé
17:48sur la gouvernance,
17:49savoir qui dirige
17:50l'État en France
17:51et qui prend les décisions.
17:53Mais il y aura des noms
17:54sur une liste à la fin,
17:55au mois de mai,
17:57le 2 mai 2021.
17:58Mais les noms doivent venir
17:59à l'appui d'un projet
18:01et d'une idée
18:03que l'on se fait de la France.
18:04Sinon, ce n'est pas la peine.
18:05On est d'accord.
18:06Entre le RN et LFI,
18:07au second tour,
18:08vous votez LFI ?
18:09Je rappelle que
18:10tout le monde
18:11m'est tombé dessus
18:12il y a exactement deux ans,
18:13au moment des élections législatives,
18:15parce que j'avais refusé,
18:17contrairement à beaucoup d'autres,
18:19d'appeler à voter LFI
18:20pour faire barrage
18:21au Rassemblement national.
18:22Un moindre mal,
18:24un moindre mal,
18:25reste un mal.
18:27Et pour moi,
18:27le RN et LFI
18:28sont deux mots
18:29pour la France.
18:30Donc vous choisissez pas ?
18:30Je ne choisis pas
18:31le moindre mal
18:32parce que ça reste un mal.
18:33On l'oublie trop souvent.
18:34Donc on vote blanc
18:34et donc le pays reste à l'arrêt ?
18:36On va surtout faire en sorte
18:37qu'il y ait
18:38d'autres propositions
18:40et d'autres candidats
18:41et d'autres idées
18:42qui puissent émerger
18:43d'ici là
18:43pour desserrer les taux.
18:44Mais vous ne desserrez pas
18:45les taux des personnes.
18:46Vous desserrez les taux
18:46avec une ambition française,
18:48avec une fierté nationale,
18:50avec la capacité
18:51à parler vrai,
18:54fort aux Français.
18:55Vous connaissez trop bien
18:55la France
18:56pour ne pas savoir
18:56que c'est la rencontre
18:57évidemment entre un pays
18:58et un homme ou une femme.
19:00Il faut incarner ces idées-là.
19:01Bien sûr.
19:02Est-ce que vous en serez ?
19:02Mais d'abord,
19:03mettez les idées
19:04et vous voyez
19:04qu'elles sont dans ce livre.
19:06Laissez les idées
19:08progresser
19:08dans l'esprit
19:09de nos compatriotes
19:09qu'ils en débattent.
19:10Il est trop tôt.
19:11Regardez les propositions
19:12que je viens de vous faire
19:13sur l'État-providence,
19:15sur l'alliance
19:15avec l'Allemagne.
19:16J'ai parlé de fédération
19:17d'État-nation.
19:18J'ai parlé
19:20sur l'organisation
19:21du pays
19:22C'est un candidat
19:23comme les vôtres au fond.
19:24Je vois certains
19:25qui disent
19:25il ne faut pas réorganiser
19:26les pouvoirs en France.
19:27Ben si,
19:27moi je propose
19:28qu'il n'y ait plus
19:28que trois échelons.
19:29État,
19:29région,
19:30bloc communal,
19:31rien d'autre.
19:32Débattons de ces sujets-là.
19:33J'ai proposé
19:34que le référendum
19:35devienne quelque chose
19:36de naturel entre pays.
19:37J'ai proposé
19:38que le référendum
19:39d'initiative citoyenne
19:40qui est attendu
19:41par tellement
19:42de nos compatriotes,
19:43qui a fait l'objet
19:43d'un débat tellement important
19:45il y a des années et des années.
19:46Qu'on nous a promis
19:47tant de fois.
19:47Qu'on a promis tant de fois
19:48mais qui a été remis
19:49sous le tapis
19:50parce qu'en fait
19:51ceux qui dirigent
19:52ne veulent pas
19:52que le peuple s'expérime.
19:53Ils ont peur des Français.
19:53Ils ont peur
19:54de l'expression
19:54du peuple français.
19:55Moi je suis favorable
19:56au référendum
19:57d'initiative citoyenne.
19:59Donc toutes ces idées
19:59vous le voyez
20:00avec beaucoup de liberté.
20:01Une liberté totale.
20:03Je vais les défendre
20:04dans les mois qui viennent.
20:05Et ça va être
20:05un beau moment.
20:07Une dernière question
20:08concernant Marine Le Pen
20:09qui connaîtra son sort
20:10la semaine prochaine,
20:127 juillet prochain.
20:13Vous comprendriez
20:14que ce soit les juges
20:15qui décident de l'affiche
20:16de la campagne présidentielle française ?
20:17Je ne pose pas
20:18les questions dans ces termes.
20:19Il y a un droit,
20:20il y a une justice
20:20et la justice applique le droit.
20:22Donc la pression
20:23qui est faite
20:24sur les juges,
20:26je ne la trouve pas acceptable.
20:28Les juges,
20:28jugent en droit.
20:30Il y a des règles.
20:30Elles s'appliquent
20:31à tout le monde.
20:32Elles doivent être respectées
20:33par tout le monde,
20:34y compris les responsables politiques,
20:36y compris Marine Le Pen.
20:37Et Marine Le Pen,
20:38c'est égal à Jordan Marnella
20:39pour vous ?
20:40Non,
20:40c'est deux personnalités différentes.
20:41Vous l'avez dit vous-même.
20:42Deux projets différents ?
20:43Cette élection,
20:43c'est la rencontre
20:44d'une personne
20:45et du peuple français.
20:46Donc dans cette élection,
20:47la personnalité,
20:48ce qu'on dégage,
20:49ce qu'on a au fond de soi,
20:50que les gens voient
20:51à travers l'écran,
20:51ils nous voient là,
20:52ils vous voient vous,
20:53ils me voient moi,
20:54ils comprennent,
20:55ils comprennent plus
20:55que ce qu'on dit,
20:56ils comprennent ce que nous sommes.
20:58Et c'est ça que jugent les Français.
21:00Bruno Le Maire
21:00a été notre invité.
21:01Merci beaucoup.
21:01Merci à vous.
21:02Le temps d'une décision
21:03aux éditions Gallimard.
21:04Bonne journée à vous
21:05sur nos deux antennes.
21:06C'est New Zero.
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